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Ex-femme de milliardaire , devenue Luna

Ex-femme de milliardaire , devenue Luna

Auteur:: max htn
Genre: Loup-garou
Naël pensait avoir trouvé le bonheur aux côtés de Malik, son mari milliardaire. Mais après cinq ans de mariage, sa vie s'écroule lorsqu'elle découvre sa liaison avec sa propre meilleure amie. Trahie, humiliée, Naël disparaît, abandonnant luxe et illusions pour se réfugier loin du monde. Au cœur d'une forêt sauvage, elle croise le regard d'Hock, un Alpha mi-loup, chef d'une puissante meute. Lui la reconnaît immédiatement : elle est sa Luna, sa compagne destinée. Mais Naël, encore brisée, rejette cette connexion animale, refusant de se lier à nouveau. Pourtant, dans ce monde entre ombre et instinct, un danger surgit du passé. Malik la traque, bien décidé à ne pas la laisser partir. Naël devra alors choisir : fuir encore... ou embrasser sa vraie nature et devenir la Luna d'un Alpha impitoyable. Et peut-être, au cœur du chaos, trouver un amour plus sauvage, plus vrai, que tout ce qu'elle a connu.

Chapitre 1 Chapitre 1

Les contes de fées se terminent toujours au moment où la mariée dit « oui ». Personne ne parle jamais de ce qui se passe après.

La salle brillait d'or et de faux sourires. Naël, perchée sur des talons qui lui donnaient mal aux chevilles, affichait son masque habituel : celui de l'épouse comblée, la perle du milliardaire. Le gala battait son plein, organisé pour célébrer une nouvelle acquisition de Malik dans le secteur de l'énergie verte. Les journalistes défilaient, les flashs crépitaient, les coupes de champagne circulaient sur des plateaux d'argent. Et au centre de tout cela, il y avait lui, son mari. Parfait, impeccable, puissant.

Elle l'observait de loin, un demi-sourire figé sur les lèvres. Son regard glissait sur les visages trop maquillés, les rires trop aigus, les poignées de main trop appuyées. Elle n'avait jamais aimé ce monde, mais elle l'avait épousé en croyant que l'amour rendrait tout plus supportable. Cinq ans déjà.

Naël effleura machinalement la bague à son annulaire. Une émeraude rare, encadrée de diamants, offerte le jour de leurs fiançailles. Elle se souvenait encore de ses mots : * »Tu mérites ce qu'il y a de plus rare, parce que tu es unique. »* À cet instant, elle l'avait cru. Corps et âme.

Une main effleura son épaule. Elle se retourna.

- Tu es splendide ce soir, murmura Sirine, sa meilleure amie.

Naël lui sourit faiblement. Sirine portait une robe rouge carmin, fendue sur la cuisse, et un collier qu'elle ne lui avait jamais vu auparavant. Elle rayonnait. Trop.

- Merci... toi aussi.

Un silence étrange flotta entre elles. Sirine se pencha vers elle.

- Je dois te parler d'un truc, après. Seules.

- Bien sûr.

Mais Sirine s'éloigna déjà, attirée par un groupe d'hommes en smoking. Naël la regarda s'éloigner, son sourire figé glissant imperceptiblement vers quelque chose d'autre. Elle tenta de repousser l'inconfort qui naissait dans son ventre.

Son regard chercha Malik dans la foule. Il était près de la baie vitrée, en pleine conversation avec le PDG d'une autre multinationale. Son rire résonnait, chaleureux et assuré. Puis, sans prévenir, il posa sa main dans le bas du dos de Sirine, qui venait de le rejoindre. Un geste anodin, peut-être. Ou pas.

Naël sentit un frisson glacé lui grimper dans la nuque. Elle se força à détourner les yeux. Elle se répétait souvent qu'elle était fatiguée, trop stressée, trop sensible. Que ce monde la rendait paranoïaque. Que Malik ne lui avait jamais rien donné à douter.

Mais les gestes s'accumulaient. Les silences trop longs. Les absences inexpliquées. Les voyages d'affaires qui s'étendaient sans préavis. Les regards fuyants.

Naël avala une gorgée de champagne, puis une deuxième. Le liquide pétillant ne lui laissait aucune chaleur dans la gorge. Elle avait besoin d'air.

Elle quitta la salle et s'engagea dans le couloir vers les loges privées. Ses talons claquaient contre le marbre. Elle s'arrêta devant la pièce qu'ils utilisaient parfois pour se retirer des regards. La porte était entrouverte. À l'intérieur, deux voix.

- Tu vas finir par tout lui dire ?

- Pas encore. Elle est fragile.

- Tu l'as dit toi-même, non ? Qu'elle vit dans son monde de petite épouse parfaite ?

Le sang de Naël se figea. La voix de Sirine. Et celle de Malik. Une chaleur brutale lui monta aux joues. Elle n'aurait pas dû écouter. Elle aurait dû reculer. Mais elle resta. Figée.

- Elle commence à avoir des soupçons, ajouta Sirine, sa voix adoucie.

- Laisse-la douter. Elle s'accrochera plus fort. C'est ce qu'elle fait. Elle déteste perdre.

Un rire étouffé. Puis un silence. Un baiser ?

Naël recula d'un pas. Puis d'un autre. L'air manquait. Elle se retourna à moitié et se cogna contre le mur. Son souffle devint court. Elle chancela légèrement, mais resta debout. Son cœur battait dans ses tempes.

Elle s'avança dans une autre aile du bâtiment, les jambes en coton. Son regard tomba sur la veste de Malik, posée sur un fauteuil. Son téléphone dépassait de la poche intérieure.

Elle savait que c'était mal. Elle savait que c'était une limite. Mais quelque chose, en elle, criait plus fort que la morale.

Elle prit le téléphone. Pas de mot de passe. Bien sûr. Malik était sûr de lui. Trop sûr. Elle ouvrit la galerie. Une vidéo récente. Une main sur un drap blanc, un gémissement. Puis une voix. La sienne.

Sirine.

La vidéo était courte. Brutale. Intime. Irréfutable.

Naël ne pleura pas. Pas encore. Elle reposa le téléphone. Le monde autour d'elle s'était figé, comme suspendu dans une glace invisible. Un hurlement muet se déchaînait sous sa peau. Et pourtant, elle resta droite.

Elle quitta la pièce, marcha lentement dans les couloirs, puis sortit sans prévenir personne.

La pluie tombait à verse. Elle n'avait ni parapluie, ni veste. Sa robe en soie beige se colla à sa peau. Elle marcha, les cheveux détrempés, les talons s'enfonçant dans les flaques. On l'interpella derrière elle. Un agent de sécurité. Elle n'entendit rien. Ou elle ne voulut pas entendre.

Elle marcha jusqu'à la rue. Des klaxons, des phares, la ville en bruit de fond. Son maquillage coulait. Elle leva la tête vers le ciel, la pluie ruisselant sur son visage comme si elle voulait l'effacer.

Elle pensa à sa mère, morte trop tôt. Elle pensa à son père, parti sans un mot. Elle pensa à toutes les versions d'elle-même qu'elle avait tuées pour plaire. Pour survivre. Pour aimer.

Elle pensa surtout à cette petite voix qu'elle avait toujours tue. Celle qui criait qu'elle méritait mieux.

Les passants la regardaient, certains avec pitié, d'autres avec curiosité. Une femme en robe de gala, trempée, seule dans la nuit.

Elle n'avait nulle part où aller. Et pourtant, elle savait que rester n'était plus une option.

Elle retira ses boucles d'oreilles, une par une. Elles tombèrent dans un caniveau. Elle décrocha la bague. La contempla. Puis la jeta dans une bouche d'égout.

Il n'y avait plus de conte de fées. Il ne restait qu'elle.

Et ce soir, elle choisissait de ne plus se mentir.

Chapitre 2 Chapitre 2

- Tu fais une scène pour si peu ?

Naël ne répondit pas. Son regard glissait sur Malik, en costume trois pièces, les cheveux encore mouillés par la pluie, comme si rien de ce qu'il avait fait n'avait d'importance. Elle tenait le téléphone entre ses doigts, écran noir, vidéo supprimée depuis longtemps, mais son esprit en boucle.

- Tu couches avec ma meilleure amie depuis combien de temps ?

- Ça n'a pas d'importance, répondit-il en haussant les épaules. On s'ennuyait, toi et moi. C'est humain.

- Humain ? répéta-t-elle, la voix étranglée.

- Arrête, Naël. T'es pas une sainte. Tu savais très bien qu'on s'était éloignés.

- Alors tu règles ça entre ses cuisses ?

Malik se pinça l'arête du nez. Il n'aimait pas perdre le contrôle, encore moins face à elle. Il n'aimait pas qu'on touche à son image, même en privé.

- Ce genre de crise, c'est indigne de toi. Et franchement, tu devrais remercier Sirine. Elle m'a aidé à supporter tes absences, tes silences, ton obsession de tout contrôler.

- C'est moi le problème ?

- C'est nous deux. Le mariage, ça s'use. Et puis, tu exagères. C'est pas comme si je l'aimais.

Une autre gifle, mais verbale cette fois. Naël resta droite.

- Et elle ? Tu crois qu'elle m'aimait, elle ?

Il haussa les épaules.

- Sirine a toujours été un peu... compétitive.

- C'est ça que tu veux dire ? Elle m'a volé mon mari pour gagner ?

Une voix retentit dans le couloir.

- Voler ? Ma chérie, ton mari n'était pas attaché à toi. Il errait déjà, j'ai juste tendu la main.

Sirine apparut dans l'encadrement de la porte, parfaitement maquillée, un air amusé au coin des lèvres.

- Et arrête de jouer à la tragédie grecque. T'as eu cinq ans de conte de fées, non ? Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Naël la regarda, les mains tremblantes.

- Je t'ouvrais ma porte. Tu mangeais à ma table.

- Et tu m'ennuyais à mourir, répliqua Sirine. Toujours à te plaindre, à chercher des drames. C'est peut-être ce que tu veux au fond, non ? Être victime.

Un rire sec. Un échange de regards entre eux deux. Naël comprit. Ils s'étaient choisis. Peut-être pas pour l'amour, mais par besoin, par complicité, par vice. Et elle... elle n'était qu'un obstacle à éliminer.

- Très bien, souffla-t-elle. Gardez-vous. Gardez tout.

- Attends, fit Malik, sur un ton plus grave. Ne dramatise pas. On peut parler. Tu veux un arrangement ? Une pause ? On règle ça en adulte.

- Je ne veux rien de toi.

Elle se détourna. Il la saisit par le poignet.

- Tu ne peux pas juste claquer la porte. Ce n'est pas une série Netflix ici.

- Regarde-moi bien, Malik. Je ne suis plus ton personnage secondaire.

Elle s'arracha à son emprise et partit. Cette fois, elle ne pleura pas.

*

Le lendemain matin, elle était dans le bureau de leur conseiller financier. Un homme nerveux au crâne dégarni, qui tapotait sur son clavier avec l'air de vouloir disparaître sous son bureau.

- Madame... êtes-vous certaine ? Tous les comptes, même celui à Dubaï ?

- Oui.

- Les titres de propriété ? Les actions ? Le trust en Afrique du Sud ?

- Tout ce qui est à mon nom. Transférez-le à Malik. Qu'il garde tout.

- Il faudra signer.

- Alors faites-les venir.

Il hésita.

- Madame, je vous parle d'un patrimoine de plusieurs dizaines de millions. Sans parler du réseau, du standing, de...

- D'une cage dorée, monsieur. J'ai trouvé la clé.

Il acquiesça, vaincu. Elle signa.

En sortant, elle envoya un message à son assistante : *Je ne reviens pas. Vends mes affaires, reverse le produit à une fondation pour femmes battues. Efface mes profils. Merci pour ta discrétion.*

Puis elle éteignit son téléphone. Elle l'enveloppa dans un foulard et le jeta dans une poubelle publique, sans un regard.

*

Sur l'autoroute, elle conduisait une voiture de location. Petite, anonyme, sans GPS connecté. Un sac de sport sur le siège passager. Vêtements simples. Un carnet. Quelques billets. Un permis de conduire à son nom de naissance. Plus de carte bancaire. Plus de montre de luxe. Plus de bijoux.

À chaque kilomètre, elle sentait un poids fondre. Ce n'était pas encore la liberté. Mais c'était la fin des chaînes.

Elle ne savait pas où elle allait. Elle avait simplement tourné le dos à la ville, au béton, au marbre poli, aux couloirs tapissés de mensonges. La route était son seul témoin. Et chaque mètre avalé était une revanche silencieuse.

Elle roulait depuis six heures quand la voiture commença à toussoter. Un bruit sec, un grincement. Le tableau de bord clignota. Elle essaya d'ignorer, accéléra. Mauvaise idée.

La voiture s'éteignit. Elle freina juste à temps, en bordure d'une route étroite, entourée de grands arbres qui s'étiraient comme des sentinelles.

Elle sortit. Un silence absolu, seulement rompu par le craquement de ses pas sur les cailloux.

Elle ouvrit le capot, l'observa, sans rien comprendre. Évidemment. Elle n'avait jamais eu à s'occuper d'un moteur. Elle était la femme qu'on conduisait, qu'on entourait, qu'on protégeait - ou plutôt qu'on contrôlait.

- Merde...

Elle se laissa tomber contre la portière, épuisée. Son regard se tourna vers la forêt. Dense, sombre, mais étrangement paisible. Elle n'avait jamais aimé les bois. Trop imprévisibles. Trop... vivants.

Mais ce soir, elle n'avait plus peur.

Elle récupéra son sac, verrouilla la voiture, et s'avança vers la lisière. Les arbres semblaient la regarder. Comme s'ils savaient. Comme s'ils l'attendaient.

Elle avança encore.

*

Il faisait froid, l'air était plus pur. Chaque pas dans les feuilles mortes la ramenait à son corps. À sa vérité. Elle n'était plus madame Black. Plus la vitrine d'un empire. Elle était une femme qui venait de perdre tout ce qu'on lui avait volé.

Elle marcha longtemps. Sans repère. Sans destination.

Mais ce n'était plus de la fuite. C'était une quête. Une rupture. Un saut.

Elle n'avait pas encore trouvé où elle allait.

Mais elle savait ce qu'elle laissait derrière.

Et ce soir, pour la première fois depuis des années, elle ne voulait pas revenir.

Chapitre 3 Chapitre 3

Ses pieds s'enfonçaient dans l'humus, mouillé et glissant, mais elle ne s'arrêtait pas. La nuit avalait les formes, effaçait les chemins. Aucun panneau, aucun repère, juste les battements sourds de son cœur, et l'impression de pénétrer dans un monde qui ne voulait pas d'elle.

Chaque pas faisait craquer les branches sous ses semelles. Chaque son semblait amplifié, comme si les arbres eux-mêmes retenaient leur souffle pour mieux écouter. Elle avançait à l'aveugle, le sac sur l'épaule, les jambes lourdes d'épuisement, sans savoir si elle tournait en rond.

Puis, soudain, elle s'arrêta. Pas à cause de la fatigue. Pas à cause de la peur. Mais à cause de cette sensation.

Quelque chose l'observait.

Ce n'était pas rationnel. Pas visible. C'était un frisson qui ne venait pas du froid. Une tension dans la nuque. Un sixième sens, brutal et primitif, comme une alarme dans sa colonne vertébrale.

Elle tourna sur elle-même. L'obscurité était totale. Le vent faisait bouger les feuillages. Mais rien. Aucun bruit distinct. Aucun pas. Et pourtant...

- Y a quelqu'un ?

Sa voix résonna, un peu plus forte qu'elle ne l'aurait voulu. Elle regrettait aussitôt de l'avoir laissée sortir.

Silence.

Elle reprit sa marche, plus vite. Son souffle devenait court. L'air sentait la mousse et quelque chose d'autre, plus âcre. Elle n'avait jamais cru aux contes, aux esprits, aux légendes de la forêt. Elle était née dans une ville de béton et de comptes en banque. Mais ici, tout semblait différent.

Plus ancien. Plus... animal.

Un craquement à sa droite. Elle s'immobilisa net.

- Si c'est une blague, c'est pas drôle.

Aucune réponse. Juste une ombre qui semblait se déplacer entre les arbres, trop fluide pour un cerf, trop basse pour un homme.

Elle fit un pas en arrière. Et un autre. Puis elle se mit à courir. Pas comme on court pour attraper un bus, mais comme on fuit quelque chose qui n'a pas besoin de lumière pour vous suivre.

Son souffle s'accéléra. Une racine la fit trébucher, elle se rattrapa de justesse, repartit. Les arbres s'épaississaient. Elle ne savait plus d'où elle venait. Elle ne savait plus où elle allait.

Elle déboucha dans une clairière sans l'avoir vu venir. Un espace ouvert, circulaire, où les étoiles perçaient enfin à travers la cime. Au centre, une pierre plate, moussue, comme un autel oublié. Elle s'arrêta, haletante. Aucun bruit. Aucun mouvement.

Mais la présence... toujours là.

Pas menaçante.

Juste... insistante.

Elle s'avança lentement vers la pierre. Sa main effleura la surface. Elle y sentit des rainures, comme des gravures anciennes. Incompréhensibles. Mais curieusement familières.

Un murmure, très bas. Elle se retourna brusquement.

Rien.

- Si tu veux me faire peur, c'est réussi. Bravo.

Elle parlait dans le vide, mais sa voix tremblait. Et pas de fatigue cette fois.

Elle ferma les yeux. Se força à respirer. Une, deux, trois fois.

Puis elle le sentit.

Juste derrière elle.

Une chaleur, presque animale. Une odeur de terre, de fourrure, de bois brûlé. Elle se retourna lentement. L'espace était vide. Et pourtant, elle savait. Quelque chose était là. Invisible. Immobile.

- Je... je sais pas ce que tu es, murmura-t-elle. Mais je ne suis pas ton ennemie.

Un silence.

Puis un frôlement d'air, à sa gauche. Elle se retourna trop tard.

Une silhouette. Rapide. Floue. Entre les troncs. Grande. Agile. Une forme noire, massive, presque humaine... ou pas tout à fait. Elle recula d'instinct, les jambes fléchies.

- Attends ! Qui... qui es-tu ?

Un grognement. Pas animal. Pas humain non plus. Un son guttural, chargé de quelque chose d'étrange... une colère retenue. Ou un avertissement ?

Elle recula encore.

- Je suis pas venue pour voler quoi que ce soit. Je suis juste...

Une pause.

- Perdue.

Un autre silence. Puis un murmure. Cette fois, elle l'entendit vraiment. Pas dans l'air. Pas autour.

Dans sa tête.

*Naël...*

Elle resta figée. Le prénom résonna en elle comme une note familière jouée sur un instrument qu'elle n'avait jamais vu.

Elle chancela.

- Qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi tu connais mon nom ?

Un souffle. Comme une brise. Puis plus rien.

Elle resta là, les bras ballants, le cœur battant dans ses tempes. Elle aurait pu croire à un rêve. À une hallucination. Mais ce n'était pas un délire. C'était trop précis. Trop réel.

Elle retourna sur la pierre, s'assit. Ses jambes ne la portaient plus.

Quelque chose veillait ici.

Quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Mais qui, étrangement, ne la faisait pas fuir.

Au contraire.

Elle ferma les yeux. Et pour la première fois depuis des jours, elle sentit son corps céder. Pas par peur. Pas par faiblesse.

Mais parce qu'elle n'était plus seule. Pas tout à fait.

Des yeux brillaient entre les arbres. Un, deux, trois. Puis une dizaine. D'abord tapis, puis debout, les loups sortirent un à un de l'ombre comme si une main invisible les avait appelés. Leurs pas étaient silencieux, fluides, presque irréels. Leurs regards fixés sur elle, impassibles. Aucun grondement. Aucun grognement. Juste cette tension suspendue entre elle et eux.

Naël se leva d'un bond, chancelante. Son dos heurta la pierre derrière elle. Elle n'avait nulle part où fuir. Son souffle s'accéléra, mais son instinct lui cria de ne pas bouger. Ses mains tremblaient. Pourtant, aucune bête ne s'approcha.

Ils s'écartèrent.

Lentement. Comme un rideau qui s'ouvre. Elle ne comprit pas immédiatement ce qui se jouait. Aucun d'eux ne la fixait avec faim. Aucun ne montrait les crocs. Ils la contournaient. Comme si elle n'était pas proie. Comme si elle était... attendue.

Son regard se brouilla.

Le monde tourna, d'un coup.

Elle porta une main à sa tempe, mais la nausée arriva plus vite. Le sol tangua sous elle. Sa vision se rétrécit en un tunnel mouvant. Les battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles, plus forts, plus désordonnés. Ses genoux fléchirent.

Elle tenta de murmurer un mot, un appel peut-être, mais seul un souffle sortit de sa bouche.

Et l'obscurité l'engloutit.

Elle ne heurta jamais le sol.

Deux bras la saisirent au vol, puissants et chauds. Un torse contre le sien, un souffle rauque au-dessus de sa tête. L'odeur qui l'enveloppa n'était pas étrangère. Terre, bois, cendre. Il n'y avait plus de peur, juste cette étrange paix qui envahit son corps alors qu'elle perdait conscience.

Elle sentit une main lui effleurer le front. Puis un murmure, grave, presque un grondement, pourtant doux comme un serment.

- Tu es rentrée, Luna.

Et tout sombra.

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