Il était sept heures du matin lorsque j'entendis ma mère monter le grand escalier qui menait à ma chambre.
- Debout, Lydia ! Il est déjà tard, si tu ne te lèves pas maintenant, tu...
Elle se stoppa net quand elle se rendit compte que j'étais réveillée et habillée
Je la regardait d'un air lasse en ajoutant :
- Je suis déjà debout, par contre le petit monstre ne l'est toujours pas, vas la réveiller elle!
- Lydia! Soupira-t-elle, bon...Très bien, mais descend au moins prendre ton petit-déjeuner.
Ma mère n'aimait pas que je traite ma petite sœur, Avery, de monstre. Elle disait souvent que la famille était plus forte que tout. J'étais entièrement d'accord avec elle, cependant Avery pouvait vraiment agir comme une petite peste parfois. Ma petite sœur aimait vraiment me pousser à bout.
Comme, par exemple, la fois où elle subtilisa mon baladeur mp3 et le cassa en s'amusant à le lancer chez les voisins, pour que nôtres vieux chien, Rex, aille jouer à « vas chercher la balle ». Elle me faisait souvent sortir de mes gonds, mais elle restait ma sœur. Elle n'avait que huit ans je ne pouvais pas lui en vouloir trop longtemps. Je l'aimais bien plus que je ne le laissais paraître.
Une fois mes longs cheveux blonds bouclé coiffer, je descendis dans la salle à manger, là où ma mère avait préparée le petit-déjeuner pour la famille.
Mon père était là, lui aussi.
Tiens, je trouvais ça étrange. Je ne comprenais pas ce qu'il pouvait encore faire ici. Il aurait déjà dû être au travail. Ses horaires aléatoires avaient toujours soulever une part de curiosité en moi.
- Tu n'es pas encore à ton bureau, papa?
Il me regarda avec un sourire et ses grands yeux bleus. J'étais très fière d'avoir héritée des mêmes yeux. Mon père m'avait une fois raconté qu'il avait des origines hollandaises. Ce qui expliquait pourquoi toute sa famille était blonds aux yeux bleu. Et cela était valable pour moi aussi. Ma mère quant à elle était originaire de cette île. Les boucles de mes cheveux ne peuvent venir que d'elle.
- Non pas encore, j'ai rendez-vous ce matin à huit heures trente pour discuter de mon prochain reportage qui doit se dérouler en Asie, me répondit-il en buvant une gorgée de son café.
Mon père était journaliste, ou plus précisément envoyé spécial. Vous savez, le genre de personne que l'on apercevait à la télévision quand il se passait une galère ou un fait divers quelque part dans le monde. Il était donc souvent absent à cause de son travail, ce qui ne nous empêchait pas d'être une famille unie ! Il arrivait même parfois à ma mère de l'accompagner durant ses missions qui duraient normalement une à deux semaines. Dans ces cas-là, ils faisaient appel à une nounou qui nous gardait, moi et ma petite sœur, et ce même si j'estimai être assez âgée pour surveiller Avery toute seule.
- Ah! Super, ça sera pour combien de temps, cette fois?
J'étais assez curieuse de nature, et je voulais savoir si ma mère allait partir avec lui.
- Normalement deux semaines, mais je dois en discuter au boulot, je vous en parlerais quand vous rentrerez de cours toi et ta sœur, en attendant dépêche-toi de manger ou tu vas rater ton bus, m'avertit-il en fronçant les sourcils.
- D'accord, Chef!
Je m'exécutai, buvant mon bol de lait d'une seule traite tout en rangeant ma pomme dans mon sac. Une fois le petit-déjeuner pris, je montai à la salle de bain me brosser les dents, je croisai ma sœur dans les escaliers qui me fit une petite grimace à mon passage.
Je restai bouche bée. Il était d'une beauté renversante. La première chose qui me frappa chez lui fut ses yeux d'une couleur que je n'avais encore jamais vu, ils étaient d'une rare couleur émeraude tirant sur le miel doré. Et ses cheveux plus noir que noir. Il était grand, imposant même, la peau hâlé rappelant l'éclat d'un caramel de caractère, vêtu d'un débardeur noir faisant ressortir ses muscles et ses yeux de jade ainsi qu'un short blanc. Il tenait fermement une des bretelles de son sac qui pendait quelque peu sur son flanc droit. Cela ne faisait que affiner sa silhouette déjà très sportive.
Balayant la pièce du regard, l'individu s'avança avec aisance vers l'institutrice afin de la regarder droit dans les yeux.
-Désolé pour le retard... J'ai eu un problème avec mon bus, dit-il en arborant un sourire destiné à mademoiselle Hélène.
Il semblait sûr de lui, mais réellement désolé de son retard. Son charme ne sembla pas déstabiliser que moi, l'enseignante mit plusieurs secondes à reprendre ses esprits, encore ébahie du spécimen ce tenant devant elle.
-Je... Je t'en prie, ce n'est pas grave, nous étions en train de nous présenter et je pense que c'est à ton tour, qu'en penses-tu ? S'empressa-t-elle de répondre sûrement pour cacher son embarras.
Le jeune homme acquiesça de la tête et prit place devant le tableau qui faisait face à l'ensemble de la classe.
-Je m'appelle Icare Lilith, je suis née sur cette île et j'ai actuellement dix-sept ans, dit-il d'une simplicité déconcertante.
Il ne bégaya pas, ne mâcha pas ses propres mots.
Icare dégageait une sorte d'aura mystérieuse. Son regard, sa voix, sa façon de marcher avec simplicité et son sourire dévastateur. On aurait vraiment dit la personnification de la beauté elle-même. Son charme n'avait rien a envié au plus grands mannequin. J'étais hypnotisée. Comme happée par son attraction naturelle.
Mais...Lilith... Ce nom me disait vaguement quelque chose...
Je buvais chacune de ses paroles, comme toute la classe d'ailleurs. Sa voix sonnait comme une mélodie qu'on ne se lassait d'entendre.
- Bien, Icare, c'est un bien joli prénom que tu as là, prends place, nous pourrons ainsi continuer les présentations.
Il s'exécuta en passant près de moi pour s'installer au seul bureau qui était libre, mais s'arrêta net devant moi, huma l'air et continua son chemin. Je pus sentir l'odeur qu'il répandait à chacun de ses pas. Une délicate odeur de jasmin embaumait son espace.
- Continuons ! À toi jeune fille, enchaîna notre enseignante en me désignant de la tête.
C'était le moment. Le stress s'installa en moi à une vitesse folle en sachant qu'un tel individu se trouvait juste derrière moi. Il était très attirant, certes, mais il dégageait quelque chose de... Malsain ?
Non, je ne devrais pas le juger sans le connaître, même si, pour une raison que j'ignorais, une petite partie de moi me suppliait de m'éloigner le plus vite possible de lui.
Je devais absolument garder mon sang-froid.
Ne m'étant toujours pas levée, je pouvais quand même sentir tous les regards braqués sur moi.
Bon j'exagérais peut-être un peu, mais je sentais très particulièrement le regard d'une personne toute proche de moi, je crus même entendre un grognement s'échapper de la poitrine d'Icare.
Un grognement ? Reprend-toi, ma pauvre fille, le stress te fait totalement délirer.
Me chargeant de courage, je plaçai mes mains moites dans mon dos avant de me lever et de prendre la parole.
- Je m'appelle Lydia Spencer, je... je viens de Toulouse en France, j'ai seize ans et je suis installée sur cette île depuis trois semaines maintenant.
J'avais la voix tremblante, je crus que mes jambes allaient se dérober sous mon poids.
Je me rassis aussitôt, le pire étant derrière moi. Je pris alors une grande inspiration le plus discrètement possible pour essayer de reprendre mon calme.
Mademoiselle Hélène me remercia tout en m'assurant que j'allais passer d'excellents moments ici, chose dont je ne doutais absolument pas.
Une fois les présentations terminées, nous devions commencer le premier cours de l'année qui allait porter sur la mythologie grecque.
Notre professeure avait mis un point d'honneur pour que Icare nous raconte l'histoire d'où était tiré son prénom, car je cite « Il est rare d'avoir des élèves aillant des prénoms issus de la mythologie grecque» avait-elle assurée.
L'intéressé commença donc son récit, qui avait même scotché mademoiselle Hélène et la classe par la même occasion. Sa voix était si envoûtante, je ne pouvais m'empêcher d'écouter le moindre mot qui sortait de sa bouche. Alors que beaucoup s'était tournés vers lui afin de l'écouter, moi je n'avais pas bouger d'un millimètre. Craignant de croisée ses iris des déstabilisantes.
Ce qui n'échappa pas à Katy qui me dévisageait avec un sourire narquois.
- Il te plaît hein ? ! M'avait-elle chuchoté à l'oreille.
- Quoi ? ... Tsss ! Non, pas du tout ! Essayai-je de mentir alors que je me sentais déjà rouge comme une tomate.
- Mouais... Tu ne rougirais pas autant si ce n'était pas vrai.
Je voulus répondre, mais notre professeur annonça que nous allions partir en excursion dans la forêt durant quatre jours à partir de la semaine prochaine.
- Nous allons y étudier la faune et la flore endémique de cette île. Pour ce faire je vais vous passer cette petite fiche vous expliquant le déroulement de la sortie, papier qui, je vous avertis, doit obligatoirement être signée par vos parents.
Elle me désigna pour distribuer la paperasse au reste de la classe, c'était bien ma veine, ça !
Je ne pouvais m'empêcher de trembler, spécialement arrivée à la table d'Icare. Et enfin... Ce que je craignait le plus arriva fortuitement. Nos yeux se croisèrent et je crus que tout autour de moi allait s'écrouler tant son regard était persan.
Il me fixa et je fis de même. Ce petit échange dura quelques secondes, secondes durant lesquelles il ne paraissait plus respirer. Sa façon de m'observer, on aurait dit qu'il lisait au plus profond de moi. Ou qu'il voulait ma mort.. dure à savoir dans mon état. Mon cœur se serra dans ma poitrine. Affolé.
Je lui tendis d'une main tremblante une des feuilles qu'il attrapa aussitôt avant d'ajouter sèchement :
- Merci.
Je n'osai pas répondre, j'étais beaucoup trop intimidée pour lui demander ce qu'était son problème. Qu'est-ce que j'avais pu dire ou faire qui justifie ce ton froid ?
Puisque c'était comme ça, je passerai mon tour la prochaine fois au moment de la distribution.
La fin de l'heure passa relativement vite, je n'avais même pas remarquée qu'il était temps d'aller déjeuner.
En sortant de la classe, Katy m'attrapa le bras en m'entraînant dans les escaliers qui menaient au réfectoire doublant au passage quelques personnes dans la précipitation.
-Dépêche-toi, il y a toujours foule et c'est pénible d'attendre, j'ai faim, moi !
-Je te signale que je ne peux pas aller plus vite que mes jambes...
Elle rigola et me tira de plus belle. Sérieusement, cette fille était vraiment pleine d'énergie, beaucoup trop même. Mais elle était comme ça et une part de moi adorait ça.
Quelques personnes attendaient déjà devant la porte du réfectoire, nous nous mîmes derrières elles.
Nous étions quelques instants plus tard, rejointes par Gareth et Victor, qui nous proposèrent de manger avec eux, étant donné qu'ils ne connaissaient pratiquement personne ici.
Plus les minutes passaient, plus du monde arrivait, je me ne sentais pas vraiment à l'aise avec tous ces inconnus autour de moi, qui plus est dans un espace aussi réduis.
La porte s'ouvrit, c'était l'heure. Tout le monde se précipita à l'intérieur, bousculant tout sur leur passage. J'appris qu'il ne fallait pas sous-estimer une bande de lycéens affamés.
Katy m'agrippa la main, pour ne pas que l'on soit séparées.
Soudain, une odeur qui me semblait familière vint me titiller les narines, une odeur de fleur que j'appréciais énormément. Je compris qu'Icare n'était pas loin. Je le cherchai de la tête mais impossible de le trouver parmi toute cette foule. Compressée comme je l'étais, je ne pouvais même pas voir Katy qui me serrait pourtant la main de plus en plus fort derrière moi. J'étais plutôt petite, c'était fichu d'avance, je n'aurais jamais pensée me perdre dans un marée humaine aussi facilement.
Je pus enfin apercevoir Icare lorsque plusieurs personnes me laissèrent un peu de place pour pouvoir me mouvoir. Sa grande taille et l'aura qu'il dégageait naturellement le rendait plus facilement reconnaissable. Cependant, il était bien plus proche de moi que je ne l'avais imaginé, et pour une raison que j'ignorais, il me fixait et paraissait surpris. Sa bouche était même légèrement entre-ouverte.
Je compris ce qui provoqua cette réaction chez lui quand il fit glisser ces yeux vers le bas, je suivie automatiquement son regard pour voir que je lui tenais la main... LA MAIN?
- Euh... Ex... Excuse-moi, tentais-je d'articuler en lui lançant sa propre main. Je...Je.. pensais que... C'était Katy.
J'étais très embarrassée, je devais lui avoir tenu la main depuis au moins trois bonnes minutes et je n'avais rien remarqué. Il n'avait même pas râlé non plus. Sa peau était d'une douceur... Et ses grandes mains si fermes... Comment je n'ai pas pu me douter de quoi que ce soit ?!
Il me fixa et parut hésiter à réagir, il réfléchissait ? Je n'en savais trop rien, Icare faisait partie du genre de personne avec lesquelles on ne savait jamais ce qu'elles pensaient.
- Ne t'excuse pas, ce n'est pas grave, finit-il par dire en souriant sincèrement.
Il venait de me parler, avec un sourire cette fois, alors que plus tôt c'était tout le contraire.
Je sentais déjà mes joues rougir, je me retournais afin qu'il ne le remarque pas et tombai nez à nez avec Katy, qui elle, me regardait avec un air triomphant.
- Toi ! Prépare-toi à des représailles hostiles, lui chuchotai-je.
- Bouh ! Aidez-moi, par pitié, simulât-elle.
Nous avancions dans la file en prenant chacun un plateau avant que les cuisiniers ne nous servent.
Aujourd'hui, menu spécial rentrée: Steak et frite. Ils n'étaient pas allés chercher l'idée bien loin.
Nous nous installions à une table libre et commençons à parler du cours qui venait de se dérouler et de la sortie qui allait avoir lieu prochainement.
Mais étrangement, je ne pouvais m'empêcher de penser à Icare. D'ailleurs, où était-il ?
Je balayai le réfectoire d'un rapide coup d'œil. Rien... Je me demandais bien où il était passé. Katy sembla remarquer que j'avais l'esprit ailleurs.
- Si c'est Icare que tu cherches comme ça du regard, il est parti.
- Comment ça, parti ? Il ne mange pas ? Fis-je, perplexe.
- J'en sais rien, rajouta-t-elle, je l'ai vu sortir du réfectoire avec son plateau.
Étrange... Cela dit, je ne l'avais vu parler avec personne hormis moi tout à l'heure. Peut-être était-il seul et que manger sans compagnie le déprimait. Personnellement, je pensais que personne ne méritait d'être seul. Je me sentais triste pour lui. Je devrais lui donner la pomme que j'ai pris avec moi ce matin... Non ? Raaah... Je ne savais pas comment agir avec lui et ça compliquait sérieusement les choses.
Nous terminions de manger,en silence, Gareth semblait être particulièrement intéressé par Katy. Vu la façon dont il la regardait pendant tout le repas, ça ne faisait aucun doute. J'avais le nez pour se genre de chose. Enfin... Quand il s'agissait des autres. Moi je n'avais jamais eu ne serait-ce que l'ombre d'un petit-ami.
Le reste de l'après-midi passa également très vite, les cours allaient se terminer à quinze heures trente, exceptionnellement, aujourd'hui. Pendant toute l'après-midi je me demandais ce à quoi Icare pouvait bien penser, il semblait se tenir éloigné des autres. Je l'avais même vu totalement ignorer les quelques filles qui s'étaient armées de courage pour venir lui adresser la parole. Pourquoi faisait-il cela ? Cherchait-il vraiment à éviter le moindre contact social ? Je n'en savais trop rien, pourtant il m'avait bien souris lorsque je lui avais pris la main... Grr! Tout cela allait me rendre chèvre, c'est fou, comment une personne pouvait-elle prendre autant de place dans mon esprit en si peu de temps ?
La sonnerie annonçant la fin des cours retentit.
Katy me raccompagna à l'arrêt de bus, bien qu'elle ne le prenne pas avec moi. Son frère allait la ramener en scooter. J'aperçus également les jumeaux au loin et leurs fis un signe de la main pour leur dire au revoir. Ils me répondirent tous deux avec un grand sourire.
Mon bus arriva quelques minutes plus tard, une dizaine de personnes montèrent à bord et le trajet de retour me parut bien plus rapide que l'aller ce matin.
Une fois arrivée chez moi, je montai directement dans ma chambre et m'affalai sur mon lit en soupirant. Si toutes les journées ressemblaient à celle-là, je devais me préparer psychologiquement, cette journée avait été un véritable ascenseur émotionnel. J'étais cependant très heureuse d'avoir fait la connaissance de Katy et des Jumeaux, j'avais ce qui, pour le moment, se rapprochait le plus d'une bande d'« amis » et j'étais assez fière de ça.
Il n'était que seize heures, pourtant je sentais la fatigue me gagner.
Il n'y avait personne chez moi, mes parents devaient sûrement être à leur boulot respectif. Quant à Avery, elle devait toujours être à l'école.
Je restai donc là, sur mon lit, à rêvasser, me remémorant les moments de cette journée.
- Icare... Lilith, chuchotais-je à moi-même, en enfonçant ma tête dans un coussin pour cacher mon embarra.
Il est vrai que son nom me disait vaguement quelque chose... J'avais tendance à beaucoup trop me prendre la tête. Quand je voulait savoir un truque, je ne lâchais rien avant d'obtenir ce que je désirais..
Je me levais de mon lit et parcourus ma petite bibliothèque personnelle, en feuilletant tous mes livres un à un. Rien.
Je descendis dans le salon histoire de vérifier parmi les livres qui s'y trouvaient.
Rien également.
Il ne me restait plus qu'une seule solution ; la chambre de mes parents. Heureusement que personne n'était à la maison, ils n'aimeraient pas que j'aille fouiner dans leur antre. Je remontai alors le grand escalier et me dirigeais vers leur chambre.
Une fois à l'intérieur, le lit imposant fut le premier objet qui attira mon attention. Sur la droite, se trouvais un bureau que je reconnus comme appartenant à mon père et juste à côté, dans un coin de la pièce, se trouvait une étagère avec plusieurs livres qui y étaient rangés. Bingo !
Je ne fit même pas attention à l'odeur de sauge et lavande qui provenait des petit ballotins d'herbes sécher que ma mère avait prit soins de réaliser pout les suspendre aux fenêtres de la pièce. Je me précipitai à l'intérieur et commençai alors à farfouiller parmi la vingtaine de livres sous mes yeux, tout en essayant d'ignorer les atroces motifs floraux du papier-peint.
Ces derniers étaient rangés de façon précise, l'étage du haut était exclusivement réservé aux livres appartenant à mon père, il y avait toutes sortes de livres à suspens ou des romans policiers.
Juste en dessous se trouvait ceux appartenant à ma mère qui, avait des goûts bien plus... sombres ? Je dirais, oui. Je pouvais lire des titres comme : Dracula : L'éveil des morts, Apparitions, etc.
La liste était encore longue.
Mais tout en bas, j'aperçus un livre plus épais et légèrement plus grand que tous les livres présents ici. Je le pris dans mes mains afin d'en lire le titre, et là, ce fut comme une révélation. Je connaissais ce livre ! Et je l'aimais beaucoup. Il regorgeait d'histoires, de contes et de légendes.
Lorsque j'étais enfant, je m'amusais à me glisser dans la chambre de mes parents pour pouvoir lires ces histoires qui me plaisaient tant, bravant l'interdiction de mon père de le lire toute seule. Je me souviens encore de ses avertissements, « Dans ce livre, il n'y a pas que des histoires de princesse et de licornes, Lydia, ma puce, il y a aussi des histoires qui ne sont absolument pas faite pour une fille de ton âge ».
Le livre disparu lorsque mes parents comprirent que rien n'y faisait. Et avec le temps, j'avais fini par l'oublier. Mais, il était là, entre mes mains et je n'avais qu'une hâte, c'était de connaître les parties les plus sombres que ce livre contenait.
Disons que j'avais hérité de ma mère et de ses goûts louches pour l'horreur et le surnaturel.
Sur la couverture rouge, une inscription jaunâtre y était inscrite.
On pouvait y lire : Bestiaire, encyclopédie de démonologie.
Je ne pouvais attendre, mes parents pourraient très bien rentrer d'un moment à l'autre, je devais me dépêcher. Ce bouquin venait de réveiller une grande part de curiosité enfouie en moi.
Je pris alors le livre et me précipitais dans ma chambre, m'allongeant sur mon lit pour commencer ma lecture.
Il était chargé d'images et de textes les accompagnants, concernant des démons, ou toutes autres sortes de créature allant de la mythologie égyptienne aux loups-garous d'aujourd'hui.
C'était passionnant, je dévorais littéralement ce livre. Certaines pages étaient carrément dans des langues qui m'étaient totalement inconnues, plusieurs images de créature défilaient sous mes yeux.
Quand soudain, une image retint particulièrement mon attention. Le portait d'une femme au teint blafard avec de longs et magnifique cheveux noirs. Ce n'était qu'une image, mais la personne qu'elle représentait était tout bonnement dotée d'une rare beauté. Ses longs cheveux noirs faisaient ressortir ses grands yeux d'un vert éclatant. Un vert qui m'était étrangement familier... Cette femme... Elle ressemblait trait pour trait à Icare. Enfin... Ce charmant jeune homme avait la peau café au lait, mais la ressemblance était tout de même très significative. Je m'empressai de lire le descriptif qui lui était accordée.
Sous son portrait, on y lisait : Lilith.
J'en étais sûre ! Ce nom me disait réellement quelque chose ! Mais une autre inscription figurait juste en dessous de son nom, je la lus à voix haute.
- Succube, reine originelle et mère de tous les démons.
Un long frisson me parcourut le dos. Les pensées se bousculèrent dans ma tête. Le fait que cette femme ressemble étrangement à Icare et qu'elle porte le même nom que lui, n'arrangeait en rien la situation.
Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Je voulais garder la tête froide et ne pas m'imaginer de choses incongrus. Mais faut avouer qu'il y avait de quoi secouer une personne.
Je secouai la tête pour reprendre mes esprits, cela allait définitivement trop loin. Ce genre de bêtise n'était que des contes que l'on racontait pour faire peur aux enfants qui n'étaient pas sages. Je n'étais pas encore tout à fait adulte, mais même !
Je ne connaissais pas Icare plus que ça, encore moins sa famille, comment serait-il possible qu'un démon, ou quoi que cela puisse être, datant de l'époque biblique, puisse être sa mère ou un quelconque membre de sa famille ?
Je me sentais idiote rien que d'y avoir pensée.
Je retournai dans la chambre de mes parents pour remettre le livre à sa place, ni vu, ni connu. Parlant d'eux, je pouvais entendre le moteur de la voiture de mon père entrée dans le garage. Je courus vite dans ma chambre pour ne pas qu'il me trouve là-bas.
- Lydia ? Je suis rentré, cria-t-il pour que je l'entende depuis ma chambre à l'étage.
Je me mis à descendre les escaliers l'air le plus naturel possible en triturant maladroitement ma chevelure dans un geste purement nerveux. Je m'efforçai d'ignorer ce que j'avais lu il y avait cinq minutes de cela.
- Bonsoir papa, lui dis-je en l'enlaçant.
Il déposa un baiser sur mon front et alla déposer sa sacoche près de la porte.
Avery, elle, venait de rentrer dans la pièce elle aussi, elle se rua vers moi pour m'enlacer et me raconter sa journée.
Je ne pouvais que l'envier... Une journée en classe de CE2 était si... Tranquille. Loin de toutes sortes de pressions... Comme... Comme un bel adonis débarquant dans sa classe et qui met la pagaille dans son esprit tant il était.. Séduisant. Non !
Je devais vraiment me ressaisir, je n'allais pas laisser Icare devenir le centre de mes pensées.
Et merde. C'était trop tard.
Elle m'annonça que dans un mois, elle allait faire une classe de mer avec son école, ce qui me fit immédiatement penser à ma propre sortie, qui elle, était prévue dans quelques jours.
J'en informai donc mon paternel en lui donnant le document à signer, ce qu'il fit sans même prendre la peine de lire ce que je venais de lui passer.
Je ne lui en voulais pas. Après tout, il venait sûrement de rentrer d'une dure journée au bureau, il devait avoir d'autres choses en tête.
Je rangeai le petit papier de couleur orangée dans mon sac et allai mettre la table avant l'arrivée de ma mère.
Cette dernière rentra une trentaine de minutes plus tard, aidant mon père à cuisiner.
À table, nous racontions chacun notre tour notre journée. Mon père, lui, annonça à tout le monde que son déplacement en Asie avait été reporté et qu'il ne partirait pas de si tôt.
Je prenais cela comme une bonne nouvelle. Bien évidemment, savoir que mon père est très loin de nous, pour une durée indéterminée ne m'enchantait pas du tout. Je préférais le savoir ici, avec nous et avec ma mère surtout. Tous deux n'aimaient pas être loin de l'autre et pour cela, je les enviais beaucoup. Être capable de trouver une personne qui nous convienne et toujours éprouver des sentiments forts à son égard et ceux, même après plusieurs années de vie commune. Je trouvais cela admirable. Et oui, j'étais du genre à prendre exemple sur mes parents, en ce qui concerne l'amour du moins.
Le repas terminé, Avery m'aida à débarrasser la table. Une fois cela fait, je souhaitais bonne nuit à tout le monde et allai m'enfermer dans ma chambre, prétextant une fatigue soudaine.
Je voulus d'abord prendre un bain, bien chaud, pour me relaxer et me changer les idées.
Je voulais rester seule. Heureusement, ma chambre possédait sa propre salle de bain. J'allumai l'eau et la laissa couler dans la grande baignoire. Pendant qu'elle se remplissait, je regagnai ma chambre afin de préparer mon sac pour les cours du lendemain.
Je me précipitais dans l'eau presque bouillante de ma baignoire pour y plonger mon corps entièrement.
C'était juste, génial. Je me détendis sous la chaleur de l'eau et lâchai un long soupir. Je voulais rester ici, durant des heures entières.
Je me sentais tellement bien que je m'étais fait avoir par cette maudite Morphée ! Rah... Si je l'attrape celle-là !
Hurm... La seule chose qui vint troubler ma sieste semi-aquatique fut le bruis d'un craquement au sol. Plus précisément venant de la porte qui était entre-ouverte. Le souffle étrange d'un animal se fit entendre, ajoutant une couche de panique supplémentaire.
J'ouvris les yeux paniquée. J'avais eu la désagréable sensation d'être observée et je n'ai pas du tout aimer cela.
Je pris la peine de sortir de mon bain. Nue, le corps mouillé, les membres tremblants. J'enroula la serviette autour de moi avant d'entrée en furie dans ma chambre, prête à en découdre.... Ou mourir, je ne savais pas encore trop.
Ma chambre était vide. Il n'y avait que moi, mes angoisses et la légère brise tiède qui entrait par la fenêtre que je laissais tout le temps ouverte.
Je soupirais de soulagement.
-Tu perds vraiment la tête ma pauvre fille... Lançais-je en souriant déjà noyer dans mes pensées silencieuses.
Le reste de la semaine se déroula sans événements particuliers. J'appréciais de plus en plus mademoiselle Hélène, elle était si gentille et débordante de joie.
Les jumeaux, eux, faisaient désormais partie de notre « bande », enfin si je pouvais vraiment appeler ça comme ça. Nous mangions et partagions toutes nos récréations ensemble depuis la rentrée, ce qui n'était pas du tout désagréable. J'aimais bien la compagnie de Victor et Gareth, ils étaient si drôles, à toujours se disputer entre eux pour un rien. C'était amusant.
Icare, quant à lui, n'était pas venu les trois jours aillant suivis la rentrée. Mais il fît une apparition le dernier jour de cours de la semaine, afin de rendre le document l'autorisant à venir durant la sortie qui allait se dérouler le lundi qui suivait.
Il ne nous adressa pas un seul regard. Son expression neutre ne laissait paraître aucune émotion. Peut-être vivait-il des moments difficiles, ça expliquerait son absence cette semaine. Je n'osais plus lui adresser la parole depuis cet incident volontairement produit par Katy lundi dernier.
Cette dernière étant venue passer le week-end chez moi, histoire d'apprendre à mieux se connaître elle et moi, aussi afin de préparer nos projets, pour l'excursion se déroulant juste après ces deux jours passés ensemble. Elle en profita pour me faire visiter tous les petits coins qu'elle connaissait aux alentours, allant de la plage au petit café-bistrot, en passant par des petits chemins de terre menant à une petite forêt se situant à quelques minutes seulement de ma maison. Cette île était vraiment remarquable. De la musique dans les rues, des gens souriants et agréables, les odeurs de nourritures, d'épices et de vanille locale m'avait conquise.
Katy finit par rentrer chez elle le dimanche en fin d'après-midi, en m'assurant que demain allait être le début d'une semaine géniale. Ce petit week-end passé en sa compagnie m'avait fait énormément de bien et il nous avait plus ou moins rapprochées. Mes parents étaient ravis que je me fasse une amie aussi vite.
Je n'avais presque pas pensé à Icare. Oui, presque, pour une raison que j'ignorais, une petite partie de mon subconscient refusait catégoriquement de le sortir de ma tête.
Après une nuit paisible, le jour J était arrivé. Je m'étais levée un peu plus tôt aujourd'hui, j'étais excitée à l'idée de passer quatre jours en pleine nature, en compagnie de mes amis et aussi pour m'assurer n'avoir rien oublié. Il faut un minimum de préparation pour partir camper en pleine forêt, même si le séjour n'était pas très long. Une fois fin prête, je descendis dans la salle à manger et rejoignis ma mère qui m'attendait avec impatience.
- C'est le grand jour ! Tu n'es pas excitée ? Fît-elle enthousiaste.
Je ne lui prêtai pas particulièrement attention, mon père était déjà parti travailler depuis un petit moment et j'avoue que cela me peinait quelque peu de ne pas pouvoir lui dire au revoir. J'avais la tête dans mes céréales lorsque ma mère attira mon attention.
- C'est ta première sortie non ? Alors qu'est ce qui ne va pas ?
Je ne pus m'empêcher de sourire, je me demandais souvent comment une mère sentait que son enfant était préoccupé par une chose en particulier. Je remettais souvent ça sur le compte de l'instinct maternel, instinct que je ne suis pas encore en mesure de comprendre bien évidemment.
- Boh.. Je ne peux pas dire au revoir à papa, je pars quatre jours et je me disais que vous alliez me manquer.
- Même moi ? Demanda ma petite sœur qui était assise non loin de moi.
- Oui, même toi petit monstre ! Dis-je en me précipitant pour l'enlacer.
Ma mère pressa ma sœur pour qu'elle aille finir de se préparer. Moi, je devais sortir de chez moi ou j'allais rater le bus, encore... Je m'avançai donc vers ma mère afin de lui dire au revoir, mais elle fut plus rapide et avant que je ne comprenne quoi que ce soit, je me retrouvais dans ses bras.
- Passe une bonne semaine ma chérie, fit-elle en déposant un baiser sur mon front.
- Merci maman, toi aussi.
Je m'estimai très chanceuse d'avoir un lien aussi fort avec ma mère. À tel point que je m'étais promis de tout faire à fin d'être aussi proche de mes enfants un jours.
Quelques minutes plus tard, j'attendais patiemment à l'arrêt de bus, quand soudain une silhouette que je reconnus vite comme étant Icare, vint patienter en s'asseyant sur le banc juste à côté de moi. Cela voudrait-il dire qu'il allait prendre le même bus que moi ? Bon c'était évident, mais quand bien même... Pourquoi ne l'avais-je jamais vus jusqu'à maintenant ?
Lorsque je levais la tête discrètement vers lui, je vis qu'il m'observait déjà. Un frisson inhabituel me chatouilla la nuque, comme s'il venait de me toucher la nuque avec son simple regard. Je restait pétrifiée face à sa prestance. Lorsqu'il leva un sourcil, sûrement surpris que je ne baisse pas les yeux pour une fois, je crus voir sa bouche s'ouvrir pour articuler quelque chose mais l'arrivée du bus le déconcerta. Pas un son ne sorti de sa bouche.
Il fronça les sourcils visiblement agacé mais eu la gentillesse de me laisser passer avant lui. Sans réclamer mon dû et après un minuscule et quasiment silencieux "merci" je m'assis à la première place qui s'offrait à moi à l'avant du bus.
Durant ce week-end passé chez moi en compagnie de Katy, j'avais renoncé à essayer de le comprendre, cela ne faisait que m'embrouiller l'esprit.
Icare quant à lui, continua son chemin normalement et prit place tout au fond du bus. J'étais impatiente de retrouver Katy et les jumeaux. À la descente du bus, je vis Garett et Victor qui m'attendaient de pied ferme. Je n'eus même pas le temps de les saluer, qu'ils m'attrapèrent chacun un bras pour me tirer de force je ne sais où, Icare lui, suivait le pas derrière nous.
- Coucou les garçons, moi aussi je suis contente de vous voir, mais on va où comme ça ?
Ils m'ignorèrent totalement. J'étais déjà épuisée par leur comportement, et dire que j'allais passer quatre jours avec eux...
Je voulus m'énerver lorsque je compris enfin où nous nous dirigions. Nous arrivâmes devant un groupe d'élèves que je reconnus comme étant ma classe. Mademoiselle Hélène me vit, et afficha son plus grand sourire. Derrière elle, se trouvait Katy, qui trépignait d'impatience.
- Aaahh ! Voilà les retardataires, un peu plus et nous partions sans vous ! Lança notre enseignante en soupirant.
Je n'avais pas réalisée que j'étais si en retard que ça. Tout le monde m'attendait, enfin NOUS attendait, moi et Icare. J'étais embarrassée à l'idée d'avoir fait patienter autant de personnes. Je lançai un regard discret en direction d'Icare, cette situation ne semblait pas le déranger plus que ça. Il arborait une expression beaucoup plus neutre que tout à l'heure, ses poings étaient desserrés. Il me fixait étrangement, comme s'il s'attendait que j'explique les choses moi-même. Je n'y prêta pas attention et m'empressai de m'excuser auprès de mademoiselle Hélène.
- Excusez-nous, notre bus a pris du retard...
Il fallait que je parle à sa place ? Tss... Il ne manquait pas de culot celui-là.
- Ne t'excuse pas, l'essentiel c'est que vous soyez là après tout !
Elle n'avait pas tort. Katy me rejoignit afin de m'annoncer qu'elle voyagerait assise aux côtés de Garett.
- Tu es sûre que ça ne te dérange pas Lydia ?
- Oui, ne t'en fais pas pour moi, c'est qu'un trajet en bus d'une vingtaine de minutes, la rassurai-je et puis, je suis sûre que Victor sera de bonne compagnie.
L'intéressé me regarda d'un air gêné avant de prendre la parole.
- Hum.. En fait, j'avais déjà prévu de me mettre avec Emily... Mais tu sais, je peux toujours ...
- Non ! Le coupai-je, ne t'inquiète pas, comme je l'ai dit à Katy, ce n'est qu'un trajet en bus, il n'y a pas mort d'homme.
Cette dernière lui lança un regard noir. Je la vis commencer à ouvrir la bouche pour l'engueuler mais mademoiselle Hélène lui coupa la parole.
- Bien, maintenant que tout le monde est là, nous allons monter à bord du bus, le premier que je surprends à bousculer tout le monde, aura affaire à moi. Dit-elle avec un petit sourire narquois. La classe monta alors dans le bus deux par deux, voulant à tout prix éviter de s'attirer les foudres de notre enseignante.
Comme prévu, Katy s'installa à côté de Garett. Je voulus m'asseoir sur le siège juste derrière eux, mais je vis que Victor y était déjà installé. Il devait sûrement attendre Emily... Je me résignais donc à aller au tout au fond du bus. Je devais quand même avouer que même si je feignais l'indifférence, le fait d'être toute seule me peinait quelque peu... Je n'aimais pas vraiment la solitude, voir même pas du tout. Cependant, je ne voulais pas être une sorte de boulet que l'on traîne avec obligation.
Je pris place sur mon siège et attendis que le bus ne commence sa course. Ce qu'il fît, au bout de quelques secondes. Je rêvassais, tête contre vitre, lorsqu'une voix suave et mélodieuse attira mon attention.
- Tu n'as pas l'air très joyeux dis-moi...
Je tournai la tête pour faire face à mon interlocuteur lorsque j'aperçus Icare, là, assis à côté de moi. Je me figeais net. Je ne comprenais pas ce qu'il faisait ici... Ce matin il n'avait pas osé s'exprimer, pourquoi diable s'assoirait-il à côté de moi maintenant ?
- I... Icare ? !
L'intéressé parut intrigué, il arqua un sourcil avant de me répondre avec un sourire des plus ravageurs.
- Hum... Oui, à moins que je sois quelqu'un d'autre, mais ça m'étonnerait.
À la vue de son visage aussi proche du mien, mon cœur rata un battement. Je pouvais clairement sentir mes joues s'empourprer à une vitesse folle, ma peau commençait à chauffer. Je devais me calmer, ou il allait me prendre pour une cinglée ou pire... Comprendre que j'ai un petit faible pour lui. Je ne devais pas penser à son odeur si envoûtante, sa voix angélique, son regard qui me faisait fondre et à son sourire qui découvrait légèrement ses dents d'une blancheur absolument parfaite. Il semblait sortir tout droit d'un conte de fée...
Reprends-toi Lydia, arrête de t'extasier devant lui. Mon cœur battait à toute allure, je ne pouvais pas m'arrêter de trembler. Pourquoi me faisait-il cet effet-là ? ! C'était insupportable.
- Et pourquoi est-ce que tu es... Là ?
- J'ai vu que tu étais assise seule, sans tes amis, je me suis dit que tu voudrait un peu de compagnie pour le trajet, ça ne te dérange pas au moins ? Je peux toujours.... finit-il en commençant à se lever
- Non pas du tout ! M'empressai-je de répondre peut être, avec un peu trop d'enthousiasme.
Je le vis se rassoire en souriant bêtement comme un enfant. Brrr... C'était quoi cette sensation étrangement agréables que j'éprouvais lorsqu'il était près de moi ?
- Tu sens vraiment très bon Lydia.
Non. Il ne pouvait pas faire ça. Mon cœur allait lâcher à tout moment. Me complimenter était une chose ! Mais dire prénom avec autant sensualité en était une autre. J'étais certaine de virer au rouge fluo si je ne me reprenait pas très vite.
- M...Merci, bafouillais-je encore sous l'effet de surprise de l'enchaînement des récents événements. C'est le parfum que ma petite sœur a fabriquer avec sa classe alors... Je n'ai pas du le choix !
Il semblait... Différent. C'était la première fois que je le voyait sourire aussi longtemps. Était-ce un vrai sourire pour une fois ? Et enfin pourquoi il ne parlait jamais de la sorte avec n'importe qui d'autre ?! Je mourais d'envie de lui poser ces questions... Cependant il m'intimidait tant que je n'eu tout simplement pas le courage.
- Du parfum ? Je n'en sens pas une goutte sur toi pourtant, affirma-t-il en rapprochant son visage un peu plus prêt pour me sentir davantage.
Une violente décharge electric dans mon bas ventre me fit me courber en deux, me penchant en avant retenu par la ceinture.
C'était quoi ça ?!
- Lydia ? Ça va ?! Tu vas...
Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Lorsque je tournais la tête enfin vers lui. Je vis ses yeux s'ecarquiller d'une drôle de façon. J'aurais jurée voir ses pupille se dilater automatiquement, faisant assombrir le reste de son iris.
Lorsque je sentis des gouttes couler sur ma main, je compris d'où venait son expression de surprise. Mon nez saignait quelque peu.
- Oh, mince ! La vue du sang te dérange ? Je suis désolée ! Dis-je en me dépêchant de sortir un paquet de mouchoir afin de stoper le léger écoulement en me tournant coter vitre pour lui épargner un spectacle sanglant dégoûtant.
Je remarquai qu'il ne semblait pas vouloir répondre à ma question. Le sang est la phobie de certaines personnes, c'était probablement son cas...
- Tout... Vas bien? Demandai-je innocemment en le regardant curieusement.
Il me répondit en hochant de la tête avant d'ouvrir la bouche enfin.
- Oui. Ne t'en fait pas pour moi. J'espère que toi tu vas bien... Tu m'as juste surpris, se défendit-il en détournant son regard.
J'étais folle de joie de faire le trajet en compagnie d'Icare. J'allais pouvoir en apprendre un peu plus sur lui. Du moins, c'était ce que je croyais... La vingtaine de minutes que j'avais prédite pour le trajet en bus, c'était transformé en une bonne heure. Bon je n'allais pas m'en plaindre, cela m'avait permis d'apprendre au moins une chose sur Icare : il avait le mal des transports, quelques minutes après notre discussion, il passa le reste du trajet la tête dans un sac, vraisemblablement prêt à vomir à tout moment. Ce qui m'arracha un petit rire.
Le bus termina sa course à l'entrée d'un sentier qui s'enfonçait dans la nature luxuriante de la forêt. Il était environ neuf heures dix. Mademoiselle Hélène pria tout le monde de l'attendre à la sortie du véhicule. Elle fut la dernière à en descendre, avant de remercier le chauffeur et de se tourner dans notre direction.
- Nous y sommes, nous devons marcher encore quelques minutes pour atteindre le camp qui vas nous accueillir durant notre séjour.
Elle se plaça en tête de file et nous commençâmes notre marche. Je ne pus apercevoir Katy, ni Garrett ou son frère. Ils devaient probablement être au-devant du rang. Je soupirai... Ils ne m'avaient pas attendue... Heureusement qu'Icare était avec moi, je me sentais moins seule. Posant instinctivement mon regard sur lui, pour voir s'il allait mieux. Une chose me frappa, la couleur de ses yeux, ils étaient passés du doré fatigué de tout à l'heure à un vert plus ou moins sombre...
Il marchait d'un pas rapide, comme s'il cherchait à fuir quelque chose. Ce quelque chose c'était moi ?... Mais non, j'avais tendance à m'affoler pour un rien, ça devait sûrement être mon imagination. Je suivie son rythme pour ne pas trop m'éloigner de lui, mais me risqua tout de même à lui poser une question.
- Tu marches un peu vite, non ?
Il posa son regard sur moi, avant de serrer ses poings et de baisser rapidement les yeux afin de fixer le sol. Il m'ignorait. Encore. Ça n'allait pas se passer comme ça. J'étais décidée à le faire réagir.
- Icare ! Dis-je en lui donnant un petit coup d'épaule pour obtenir une réponse.
- Désolé... Finit-il par lâcher au bout de quelques secondes de silence. J'étais distrait !perdu dans... de mauvaises pensées.
Des mauvaises pensées ? Une partie de moi fut soulagée d'entendre ces mots. Pas que je sois heureuse qu'il ait des problèmes, mais cela le rendait plus... Humain. Cela me rassurait d'entendre qu'une personne comme lui, pouvait aussi avoir quelques mauvaises passes. Cependant, même si c'était lui, je n'aimais pas voir les gens mal. Je m'empressai de lui répondre.
- Des mauvaises pensées ? Tu veux en parler ... Peut être ?
- Ne t'en fais pas, ce n'est rien de bien méchant et puis c'est assez personnel tu comprends ?
D'un air gêné il plaça sa main derrière sa tête avant de me sourire timidement. Il avait l'air embarrassé. Plus les minutes passaient, plus le silence régnait. C'était gênant. Cependant, quelque part je m'estimais heureuse d'être en sa compagnie. Il y avait en lui une part de mystère et un calme que je trouvais particulièrement attirant.
Nous arrivions au camp, après une quinzaine de minutes à marcher dans cette forêt verdoyante sous les fort rayons du soleil. Heureusement que j'avais mon petit short spécial pour ce genre d'occasions. C'est alors que mademoiselle Hélène regroupa la classe pour annoncer notre arrivée.
Deux grands totems de bois, taillés avec précision, étaient reliés par une pancarte ou était inscrit : Camp GreenWood. Derrière cela, un petit pont, en bois également, rejoignait l'autre rive qui était séparée de là où nous étions par un imposant cours d'eau.
On pouvait apercevoir plusieurs sortes de cabanons, sûrement nos logements pour la nuit, éparpillés juste après le petit pont. Cependant, la forte végétation y restait présente, que ce soit sur les murs des cabanons ou sur le petit chantier qui s'enfonçait plus loin dans le camp, tout cela était recouvert de plantes grimpantes ou de fleurs tropicales en tous genres. C'était très joli à voir. Je n'arrivais pas à croire que nous allions passer plusieurs jours ici.
A peine arrivée, notre enseignante jeta littéralement son sac de randonnée au pied d'un totem avant de se retourner dans notre direction en sautillant. Elle débordait d'énergie, son visage affichait un sourire des plus radieux, quant à son corps, elle ne pouvait pas l'empêcher de gigoter dans tous les sens. L'étrange collier en forme de plume qu'elle portait à son cou n'allait pas tenir bien longtemps si elle continuait de bouger ainsi.
- Voilà ! Nous y sommes enfin ! Dit-elle débordante d'excitation. C'est ici que nous allons rester durant ces quatre jours. Alors, encore un peu de patience, je vais vous montrer où nous allons dormir.
Elle reprit son sac et traversa le pont, suivie de l'ensemble de la classe. Elle emprunta le sentier que j'avais vu plus tôt et nous mena au pied d'un arbre gigantesque.
- Whaaoow ! M'exclamais-je.
C'était un spécimen magnifique. Cet arbre devait être âgé de cent ans au moins. Icare qui avait observé la scène juste derrière moi, ne put retenir son rire melodieux.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? M'offusquai-je
- Rien, on aurait dit que c'est la première fois que tu voyais un arbre, désolé, mon rire est sorti tout seul.
Au moins j'aurais réussi à lui décrocher un petit rire. Il était bien plus beau lorsqu'il souriait. Je n'osai pas lui répondre et pourtant le désir de caresser ses lèvres avec les miennes était bien là...Calme toi Lydia ! Ça suffit.
Mademoiselle Hélène nous laissa quelques minutes, avant de revenir avec un moniteur qui se prénommait Jackson. Tous deux avaient les bras chargés de sacs bleus.
- Bien, fit-elle, nous allons installer les tentes pour notre séjour.
Elle déposa au pied de l'arbre l'ensemble des sacs qui devaient contenir nos tentes, que le campement devait sûrement nous prêter. Tout le monde lâcha un râle, on espérait tous passer nos nuits dans ces cabanons que l'on avait vu plus tôt. Mais elle ne se laissa pas décourager par les remarques de quelques adolescents mécontents.
- Ce sont des tentes très faciles à monter, vous serez au maximum deux par tente, donc prenez la vôtre et allez la monter. Elle enchaîna. Mais pour ce faire, toutes les filles se placent à ma droite, quant aux garçons, placez-vous à gauche. Nous n'allons pas former de camp mixte, sait-on jamais.
Elle venait de terminer sa phrase par un clin d'œil chargé de sens qui, j'en étais certaine n'échappa à personne. Je tournai alors la tête pour saluer Icare, mais ce dernier était déjà parti rejoindre le groupe des garçons, sans se retourner.
Durant la formation des deux parties, je retrouvai Katy qui s'excusa de ne pas m'avoir attendue lors de la descente du bus. En peu de temps, les groupes étaient formés. Notre professeur, nous distribua nos tentes une à une, avant de tracer une ligne au sol avec un bâton. Le message était clair : chacun doit rester de son côté, seuls nous séparaient une branche d'une finesse ridicule et le fameux emplacement du feu de camp, qui était pile au milieu des deux parties.
Sous les directives de mademoiselle Hélène, tout le monde s'attaqua au montage de tente. Chose close en une vingtaine de minutes, la majorité des adolescents s'en étaient plutôt bien sortie.
- Bien, voilà une bonne chose de faite ! Elle regarda sa montre avant d'enchaîner. Il est dix heures, alors je vous donne quartier libre jusqu'au repas à onze heures trente, cependant ne dépassez pas les limites du camp.
Génial ! Un peu de temps libre avant de devoir travailler, rien de mieux pour ce motiver.