Une pensée particulièrement forte aux êtres
qui m'ont encouragé à finaliser ce projet d'écriture.
Préface
Pour quelles raisons, penser à soi serait égoïste ?! Rien, je pense, tant que cela est modéré et justifié. Pendant très longtemps, j'ai pensé que la meilleure des choses était d'être altruiste à s'en oublier (presque entièrement). Au fil des années, cette idée s'est modifiée, je crois.
Quelque part, est-ce que l'altruisme est une forme d'égoïsme caché ? L'on agit pour l'autre avant soi, pour « avoir bonne conscience » ? Ou est-ce que l'on fait passer les désirs ou besoins de l'autre pour attendre, inconsciemment, un retour ? Ou encore, l'on met l'autre devant soi parce que c'est réellement ce que l'on veut. Que son prochain soit satisfait, pour soi-même être content d'avoir servi à quelque chose. Que son prochain soit content, pour penser à soi paisiblement ?
À mon (humble) avis, vouloir que tout son entourage ne manque de rien est une forme d'altruisme, qui est modéré lorsque l'on s'inclut dedans. C'est-à-dire, que l'on s'inclut dans ce souci de bien faire pour un bien-être commun.
Ici, il ne s'agit pas de paroles philosophiques, mais d'idées inachevées puis nourries et développées selon ma compréhension. J'écris car peut-être que d'autres que moi, réfléchissent de la même manière. Je vagabonde d'un état à un autre.
Et puis nous ne sommes que des mortels, constamment, presque contents, voire satisfaits, de notre insatisfaction. Trop compliqué ? Et pourtant.
Chapitre 1
Du soleil et des lunettes
Octobre 2013
Nous sommes un jour d'automne où le soleil se couche de bonne heure. Après mûre réflexion, je décide d'entamer l'écriture de quelques mots dans un format tout autre que ma tête. Me voilà devant ma feuille à me demander ce que je pourrais bien écrire. Non, par où vais-je commencer ? Je pourrais faire un monologue jusqu'à la fin de ces quelques pages à décrire quelque chose de vague, juste pour remplir le blanc du papier. Mais je vais m'arrêter là et commencer par il était une fois, moi. Une personne différente des autres ou plutôt comme tout le monde, un peu quelconque et bizarre. Après tout, qui ne se qualifie pas de bizarre, voire authentique. Nous sommes tous les mêmes à quelques variantes près. Nous tous mortels, de passage, pour tenter de mener à bien son petit bout de vie avec ce qui nous entoure.
Il y en a qui ont ce genre de discours : « je me suis construit.e tout.e seul.e, si j'en suis arrivé.e jusqu'ici, c'est uniquement grâce à moi-même. Je n'ai pas besoin des autres dans ma vie ! ». Que l'on se dise les choses clairement, si ces personnes en sont arrivées à ce stade dans leurs vies, c'est sûrement dû aux rencontres plus ou moins furtives qu'elles ont faites. J'entends bien que tout le monde s'est déjà retrouvé seul face aux autres, sans aucune aide. Mais justement, c'est grâce à cela que l'on en ressort que plus requinqué qu'auparavant. Imaginons que le schéma inverse se serait effectué, un chemin sans embûches, ni rien, qu'en serait-il du résultat actuel ? Nous ne sommes pas en mesure de répondre à cela, car chaque parcours de vie est propre à chacun et que même les dessins animés ont leur lot d'inconvénients. Mais voilà, le fait est que c'est justement grâce aux autres que l'on est ce que l'on est. Pour ma part, je suis reconnaissante de chaque personne que j'ai pu rencontrer jusqu'alors. À force, cela m'a construite et a fait la personne que je suis actuellement.
Quelques années avant 2000
Depuis toute petite, j'ai pris l'habitude de m'accrocher à ces êtres que j'aime profondément mes parents et mes frères. Mon père a mis un point d'honneur à toujours être aimant et présent pour nous. Ma mère une femme de qualité aussi qui favorise la communication et l'amour inconditionnel. Mes frères, au nombre de trois, assez peu démonstratifs, parfois des prises de tête (comme dans plusieurs fratries), soutenants et motivants à souhait.
Ma mère, comme beaucoup me direz-vous, est une femme forte, compréhensive et généreuse à la fois. Je l'admire mais je ne le lui dis pas souvent. Pourquoi avons-nous beaucoup de réserve avec les êtres qui nous sont si chers ? Je me souviens d'un jour de festivité, j'étais en grande section de maternelle. Cette fête que chaque enfant attend pour s'amuser, courir partout, manger et gagner plein de cadeaux : la kermesse ! C'était une belle journée de juin, une matinée de samedi, quelques années avant le nouveau millénaire. Il faisait beau, le soleil me faisait des chatouilles sur mes bras et mes petites jambes. J'avais un short qui descendait légèrement plus bas que les genoux et un haut à manches courtes. Je me sentais bien. J'avais fière allure. En me préparant, j'étais heureuse jusqu'à ce que ma mère m'ôtât les lunettes et plaçât ce fichu pansement sur mon œil droit, comme tous les matins depuis un certain temps maintenant. « Il faut que ton œil gauche travaille, ma chérie », me disait-elle de sa voix si mélodieuse. Je n'aimais pas ce pansement. Il me grattait. Et en plus de ce pansement, je devais porter mes grosses lunettes beaucoup trop grandes et déformantes pour mon visage d'enfant. J'étais persuadée que l'ophtalmologue avait fait un complot pour je sois la plus ridicule et la plus moche de tous les enfants. Soit dit en passant, j'étais diagnostiquée myope quelques années après ma naissance. Mes yeux initialement de force égale, ont commencé à se déséquilibrer du jour au lendemain. De telle sorte que l'œil droit se trouvait presque seul à fonctionner, bien que faible.
En route pour cette matinée ! Je tenais fermement la main de ma maman. Sur le chemin, nous rencontrions des parents avec leurs enfants, tous avec de grands sourires. Je me demandais ce qui les rendait si heureux.ses. Le fait de ne pas avoir école, courir et manger s'en dilater le ventre n'avait rien de si excitant. J'avais peur, peur de la foule, du fait que ce ne serait pas un jour comme les autres. Je tenais toujours fermement la main de mère. Elle baissa la tête de temps en temps comme pour se rassurer que j'étais toujours présente. J'étais silencieuse. J'étais heureuse de sortir avec ma maman mais je ne voulais pas aller à cette fête avec tous ces gens insignifiants pour moi. J'avais quatre ans et demi... je paniquais comme une grande.
Aujourd'hui, je n'ai pas vraiment changé, je n'ai plus peur des autres, mais je suis toujours aussi méfiante. Les autres sont, pour moi, une énigme sans réponses. Est-ce que c'est normal de penser comme cela ? Peut-être bien que c'est moi qui suis une énigme pour les autres.
Vouloir comprendre les autres et les aider sans pour autant se comprendre soi-même, c'est étrange n'est-ce pas ?! Eh bien c'est comme cela que j'ai fonctionné pendant de longues années, c'est-à-dire jusqu'à l'écriture de ces quelques mots. D'aussi loin que je me souvienne, j'accorde du temps pour écouter les autres. Lorsque j'étais au lycée, une fille me dit : « Et toi qu'est-ce qui ne va pas ? » Je lui ai répondu : « actuellement, je pense que les gens ont davantage besoin d'être écoutés pleinement que d'entendre les problèmes des autres. » Et elle clôtura froidement la conversation en me rétorquant : « c'est un choix. » Peut-être qu'elle était vexée que je ne lui expose pas ma vie. Mais c'était ma vie, elle avait plein de soucis et je pensais que lui déballer les miens ne l'arrangerait pas davantage. Je pensais qu'elle n'était pas en mesure de m'entendre et me conseiller. J'ai conclu hâtivement car je ne voulais pas déranger, je voulais tout simplement garder tout pour moi. Et sincèrement, je suis toujours convaincue que les personnes ont besoin d'une oreille attentive et une épaule solide sur laquelle s'appuyer. Je voulais être cela. Aujourd'hui, en suivant les conseils que j'ai pu avoir c'est ce qui me pousse sans doute à écrire, je pense que cela me dérange d'avoir ce processus d'autocloison. À mon sens, c'est un problème. Le corps humain dans son ensemble est comparable à une éponge qui absorbe ce que son environnement lui offre. Au bout d'un certain moment, il est indispensable d'essorer, pour évacuer toute l'eau retenue. Selon moi, le corps humain agit de la même manière. Pendant très longtemps, j'ai gardé l'habitude de toujours faire passer les besoins d'autrui avant les miens. Pensant qu'il était rare de trouver une personne qui sort de son égocentrisme inné, pour être présente auprès de son prochain. Je voulais être cette personne, qui soit un soutien.
Novembre 2013
Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'être dans un entre-deux de ma vie, ce passage où l'on passe un certain cap. Que définissons-nous comme « entre-deux » ? Ne sommes-nous pas souvent dans cette phase-là ? Dans une période où l'on passe d'un extrême à un autre. J'ai l'impression que nous passons plus de la moitié de notre vie sur les bancs de l'école, à passer dans un entre-deux, parmi les différents stades scolaires. Nous commençons par la crèche (établissement qui accueille enfants de deux mois à trois ans), puis la maternelle (jusqu'à cinq ans), le primaire (jusqu'à dix ans), le collège (jusqu'à quatorze ans), le lycée (jusqu'à la majorité à peu près en fonction de l'évolution de chacun), les études supérieures au niveau du baccalauréat.
Je suis en début de deuxième année d'études supérieures dans le social. J'ose espérer qu'à la fin de ces trois ans, je puis continuer à apprendre tout en étant en parallèle à mon métier en devenir, pour en savoir plus, toujours plus. J'ai eu différents parcours scolaires. Légèrement habile de la main droite, j'ai voulu emprunter le chemin d'artiste peintre ou de photographe pour attraper la nature et voyager à travers le monde. Dessiner ou photographier ce que je pouvais voir selon ma vision. Capturer un instant. Profiter du temps où je vois. Je n'y pense pas tous les jours mais je me dis qu'il est possible que mon œil droit autant que le gauche et qu'il se fatigue donc je profite pour observer encore et encore. Mais bon et si j'arrêtais de penser « au pire » pour une fois.
Pour en revenir à mes premiers amours artistiques, en art plastique, j'étais dans les premiers, je l'ai pris en option lors de ma seconde terminale. Mon esprit vagabonde au regard de verdures. Au-delà du fait que le vert est ma couleur favorite, un paysage aussi banal soit-il peut me dépayser en un rien de temps. Chaque fois que je regarde à la fenêtre, je mets à dessiner, je m'imagine partir à l'aventure munie d'un sac à dos et d'un appareil photo à me remplir la tête d'images toutes aussi splendides les unes que les autres. J'avais postulé dans une école pour peaufiner cet apprentissage, j'ai été admise mais comme l'école se trouvait loin, mes parents m'ont conseillé de me rabattre sur mon ancienne passion pour la langue espagnole. Toujours première dans cette matière, j'excellais vraiment comme personne. Deux années à la faculté pour me réorienter dans ce que j'aimais le plus : venir en aide aux plus vulnérables de la société. Suis-je altruiste ?
L'avenir appartient à ceux qui rêvent trop
Grand Corps Malade
Une ampleur vaste
Janvier 2014
Ce vendredi-là, je ne me sentais pas bien, je crois. En fait, je ne sais pas. J'étais entourée, mais seule. Cette sensation étrange de ne pas vraiment savoir vers qui se tourner lorsque l'on ne contrôle plus rien. Cette vaste sensation de vide infini en soi.
Je sentais que j'avais le visage inexpressif et rempli de rien. J'avais le sentiment d'être comme dans un film ou l'actrice principale est dans un moment où l'on complètement perdu, où l'on oublie le sens de sa propre vie. Il faudrait que je puisse prendre le temps de me recentrer sur moi-même. De penser à évoluer.
Pourquoi j'écris déjà ? Parce que je ne sais pas me confier aux personnes, par méfiance et peur du jugement. Je ne suis pas le genre de personne qui se confie à la première personne venue. Mais je sais qu'un jour j'évoluerai. J'y crois et j'ai espoir en moi-même. Je saurai exprimer davantage ce que je ressens et ce que je pense. Mon visage exprime, malgré moi, mes émotions négatives. Il renvoie le sentiment intérieur de ce que j'ai. Sans pour autant expliquer ce que j'ai, mon visage le dira à ma place. Donc je trouve dans la solitude, une volonté de ne pas déranger autrui. Mais en faisant cela, je pense que je me dérange personnellement.
Je ne tiendrai pas jusqu'au bout de la journée. Je rentrerai chez moi, m'isolerai et réfléchirai en silence, en regardant le sol rouge et blanc de ma pièce faussement gaie. La solitude, j'aime ça parfois. Soudainement, une douleur aiguë me monte à la tête, un fil de fer invisible partant de mon œil droit, allant jusqu'à l'arrière de ma chevelure, me tiraille. Une migraine commençait à émerger de ce vacarme assourdissant que mes pensées faisaient entre elles.
Je monte à l'étage et préviens ma responsable de l'école en études supérieures, que je ne tiendrai pas la journée. Elle m'autorise à quitter les locaux, et pendant cette pause de midi je m'en vais. Je suis rentrée sans un mot, sans un regard ni un au revoir. Je ne suis pas au meilleur de moi-même et personne ne le sait mais tout le monde le voit.
J'ai conscience qu'une partie de moi n'est plus mon « moi » que j'étais et je ne sais pas jusqu'où cela ira. Cette formation me transforme, je le sais, je le vois. Je ne peux pas faire machine arrière car je rejette l'idée de pouvoir renoncer à terminer.
Et si j'avais été peintre ou photographe, est-ce que je serais dans ce désarroi ? Comment faire pour ne plus me laisser aller sur tout ? Remplie de négation à mon sujet je réfute l'idée d'être une fille... une femme spéciale. Je suis quelconque, dans la foule, dans la masse d'individus qui sont remplis de chair et d'os tout aussi quelconque. Sombre état d'âme que j'ai là n'est-ce pas ?!
Fade est l'état dans lequel je me trouve car une migraine m'avait prise tout entière. Je n'arrivais plus à penser, je me demandais vraiment quand tout cela aller cesser. Parfois, je voudrais sauter complètement les épisodes nuls de ma vie, accélérer le temps et n'avoir que les bons moments. Mais c'est impossible, on n'est pas sur le mode d'un magnétoscope (engin génial d'une époque).
Je suis restée plusieurs heures ou jours chez moi. Aucune envie de rien, très loin j'étais, perdue dans mes pensées interminables. Et les larmes ne coulaient pas, et pourtant je voudrais extérioriser. Lundi, je devais retourner sur mon lieu de professionnalisation, je n'avais pas le choix. Je devais faire face, tenir bon et faire comme si tout allait bien. Quand j'allais en cours théoriques, c'était une pause psychologique ou je pouvais ne pas parler, juste prendre les cours, regarder par la fenêtre, me laisser vagabonder ici et là. Je n'avais de comptes à rendre à personne, je n'étais pas obligée de me justifier. Et lorsque l'on me demandait si j'allais bien, je disais « et toi ? ». Toujours pour détourner la conversation, pour ne pas me plaindre, pour ne pas me risquer de craquer en public. Selon moi, parler de soi, surtout lorsque cela ne va pas fort, est signe de faiblesse et cela m'attaque au moral. Et vous savez quoi, lorsque je réponds « et toi », personne, je dis bien personne ne remarque je n'ai pas répondu, ce qui confirme ce j'abordais quelques lignes auparavant, généralement, les personnes apprécient parler d'elles-mêmes, au détriment des autres.
Dans ma période de vide absolu, je me suis rendu compte que parfois l'on tombe sur des personnes qui paraissent être des perles mais qui ne sont que des cailloux lorsque l'on s'approche de plus près. Ce vendredi-là, à la suite de mon départ précipité, en début d'après-midi quelques personnes se sont souvenues qu'elles avaient mon numéro dans leur répertoire. Avec du recul, je me dis que ce n'était que de la curiosité et non pas de l'inquiétude sincère. Elles m'ont envoyé un message sur mon mobile, juste pour se rassurer que je n'allais pas prendre la décision de quitter ces études. En état de faiblesse, je leur ai dit que je n'allais pas bien mais sans développer, du moins ce que j'ai dit à chacune de ces personnes n'est rien de ce que je vivais réellement. Oui, après tout, qui n'est ne s'est pas retrouvé.e seul.e. e avec des situations familiales étranges, ou encore des difficultés dans les lieux professionnels et des soucis avec ses soi-disant ami.e.s qui ne le sont pas. Bref un « truck machin-chose » commun et sans équivoque n'est-ce pas ?!
Bref, ces collègues de formation, remplis de semblants, à dire les phrases bateau « ah courage ». Personne ne pense être en mesure de m'étayer. En même temps, je ne leur donne pas la possibilité de le faire, car je n'ai pas confiance. Toujours cette fichue méfiance vis-à-vis des autres que moi. Et puis ils/elles me prenaient faussement en pitié en disant « trouve quelqu'un à qui parler ça te soulagera blablabla ». Un.e professionnel.le ?! En clair, une personne totalement inconnue qui étudierait ton mal-être pour essayer de t'aider. Non je ne suis pas prête. Je ne veux pas. J'ai voulu faire confiance et je me suis arrêtée à temps. Ou du moins, je me suis éloignée de tout le monde. Je ne regrette pas, car grâce aux erreurs que j'ai commises, je n'arrive plus du tout à faire confiance à qui que ce soit. Est-ce une « réussite » de ne plus avoir confiance aux autres ? Et pour quelles raisons j'emploie le verbe « arriver »... Il s'agit d'un accomplissement d'arriver à ne plus faire confiance aux autres ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. De nature réservée, je garde volontairement un mystère tout autour de ma personne. Cette année, je suis consciente d'être en train de changer totalement. En somme, de me reformater.
Je n'attends plus rien de la vie qu'une suite de papiers à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je ne sais où, et c'est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau.
Gustave Flaubert
Être ce que l'on n'est pas
Mars 2014
Là, tout de suite maintenant, je veux écrire. Seulement écrire. Tout ce que je ne puis dire de vive voix. Le mettre sur papier pourrait m'aider à me libérer ?! C'est redondant et cela prend du temps, de trouver son rythme et ce que l'on veut sincèrement. Je ne sais pas si cela sera utile, mais ça me permettra peut-être de voir comment cela fait. Et si je me mettais à me faire confiance de temps en temps. Je crois que tout part de là. Si je n'ai pas confiance en moi, je ne peux pas faire confiance aux autres. Écrire est une thérapie pour l'âme d'après certain.e.s. Et si cela me soulageait ?! Et puis, j'ai toujours voulu être écrivaine donc autant continuer à écrire car cela m'a toujours plu ! Mais en anonyme, c'est sûr. Il faudrait que je trouve un nom d'auteur vraiment top et pas commun, tout en étant simple. Aligner des mots les uns avec les autres pour décrire une émotion ou tout un tas de trucks, c'est ce que je veux faire en parallèle de mon altruisme particulier. J'aime écrire, car j'aime lire depuis petite. Mes parents, nous (mes frères et moi-même) ont donné le goût des livres en nous emmenant chaque semaine à la bibliothèque. Cet endroit merveilleux où il y a tout un monde d'univers divers. L'odeur du papier, le bruit du froissement des feuilles lorsque l'on tourne une page, l'imaginaire qui nous anime à chaque chapitre terminé. Écrire c'est vital pour moi, de plus la langue française est riche et nous offre tout un champ multiple des possibles.
Je savais que j'étais différente des filles de ma génération, étrangement j'avais du mal à m'intéresser aux relations amoureuses. Je ne sais pas pourquoi, mais sans doute ce souci de faire confiance aux autres encore une fois. Je pouvais conseiller les autres mais me concernant, c'était difficile. Bizarrement et malgré mon manque d'expérience, mon avis comptait énormément pour les autres qui venaient se confier à moi. Je ne pense pas être davantage spéciale que quiconque, d'ailleurs qui pourrait me comprendre moi, et me prendre pour une spécialité. Alors à force de regarder des films et séries télévisées, et des documentaires, il m'est arrivé de m'imaginer des histoires à l'eau de rose périmée. Je ne crois pas en l'amour mais j'aime trouver des solutions à mon entourage.
(Marche arrière) Septembre 2012
Je suis en études supérieures, plus précisément en réorientation. Après le bac, je me suis perdue dans des études que j'ai fini par laisser. Dans ces études dans le social, je me retrouve avec des personnes de tout âge et de parcours tout aussi divers que surprenants. C'est dingue, parce que de nos jours, à tout moment, on peut se dire que le métier que je fais depuis des mois, voire des années, je l'abandonne pour en apprendre un autre. Reprendre les bancs de l'école n'est pas évident, mais pour certaines personnes, je leur tire mon chapeau parce que c'est dur après avoir longuement travaillé sur le terrain professionnel. La théorie peut sembler être lointaine. J'ai la chance d'avoir eu ce déclic jeune, donc au bout de tout cela, je vise le Diplôme d'État et me lancer dans la vie active dans une profession que j'affectionne au moment je termine de rédiger cette phrase. Je ne suis pas là pour passer du bon temps, juste travailler et réussir. Il m'arrive de me considérer comme un robot programmé dans un seul but : réussir pour rendre fière ma famille et exercer dans un milieu plus que favorable à mon propre bien-être.
Lors de ma première année, je me disais que comme je ne connaissais personne, j'aurais pu être qui je veux, et que personne ne pourrait me juger sur ce que je suis. Je voulais être remarquable tout en discrétion. Comme on dit « chasser le naturel, il revient au galop ». Ma nature simplement complexe est revenue car je ne peux moduler mes attitudes si je ne savais pas réellement qui j'étais à la base. Et puis, pourquoi changer pour se mettre une énième carapace sur le dos. Je voudrais avoir confiance en moi et aux autres pour avancer dans un nouveau chapitre de ma vie. En même temps, cette formation de longue durée dans le social prend un tournant que j'appréhende. C'est beaucoup se donner, pour recevoir peu ou tout autant. Cette forme d'altruisme particulier. Je ne veux pas en être dégoûtée. Je crains d'être dégoûtée ou de me détruire l'esprit à vouloir trop bien faire pour les autres dans le besoin. Je ne veux pas me rendre dans un lieu de travail en ayant la boule au ventre. Je veux être épanouie et vivre bien. Si à un moment, je ressens le début de « symptômes » liés à une overdose de travail (ce qui n'est pas improbable vu le milieu vers lequel je me dirige), eh bien.. Il sera temps de changer, avant la fatigue mentale, avant le « burn-out » (mot anglais, toujours l'anglais, cette langue qui m'agace un peu).
Juin 2014
Selon moi, la langue française n'a pas assez de vocabulaire, bien qu'elle soit opulente. Comment décrire de manière simple et compréhensible un « truck machin-chose » sans passer par l'anglais ? Nous avons là une belle langue et souvent nous passons par l'anglais pour exprimer quelque chose. C'est dommage n'est-ce pas ?
Par exemple, sur le plan sentimental, je vais essayer de décrire une chose simple : un « bidule difforme » retourne ce petit muscle qui rythme notre vie. Plusieurs mots viennent se bousculer à la fois : manque, possessivité, envie, jalousie, énervement... N'y aurait-il pas un seul mot qui puisse définir l'ensemble ?
Ici, le mot « amour » est beaucoup trop fort. Alors on peut parler de « sentiments », mais ici encore, c'est vaste et inadapté. S'agirait-il d'affects », ce mot presque dur rien qu'à la sonorité ? Après tout, qu'importe... Ressentir un souffle au cœur pour une personne est particulier, voire singulier. Ce vent d'espoir, qui secoue tout son être, amène ce chatouillis à l'estomac qui frémit les pulsations cardiaques. Un fil d'électricité que l'on sent passer dans les mains quand sa pensée effleure notre imaginaire. Lorsque les regards se croisent, les sourires s'échangent, une pensée traverse l'un et parvient à l'autre sans ouvrir la bouche. Cependant, pourrions-nous ne faire qu'un ? Au-delà de toutes nos similitudes contraires.
Bref, en réalité, aujourd'hui encore, je caresse à peine l'idée de pouvoir un jour ressentir la moindre chose pour une personne de ce bas monde. Qu'elle serait l'idée de pouvoir se sentir exceptionnelle pour une seule personne, en dehors de sa propre famille. Une personne qui de prime abord, étrangère, deviendra peu à peu la personne qui nous connaîtra le mieux. Comment décrire cet état...
Alors peut-être que je me trompe, mais à mon humble avis, je trouve que la langue française est limitée en vocabulaire (par moment), ou beaucoup trop compliquée (sur certains plans). Car je n'arrive pas à décrire de manière simple et compréhensible que je suis une énigme pistanthrophobe1
On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes sans doute, il y en a une et c'est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.
Jean-Jacques Rousseau