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Esclave des vampires

Esclave des vampires

Auteur:: Ewan
Genre: Romance
Bon, alors. Parlons peu, parlons bien ! Tout a commencé quand... Je ne sais pas vraiment en fait. C'est à cause de cette histoire de charme qui altère la mémoire. Pas pratique. Donc euh... Nous dirons que tout a commencé quand je me suis réveillée dans un endroit... inadapté, et loin des 5 étoiles, pour faire dans l'euphémisme. Et puis, les vampires sont arrivés, et ils ont foutu le bordel (comme toujours, j'ai envie de dire !). Ils sont deux. Deux frères. Ils m'ont dit que j'étais là pour mon bien, ma sécurité. Évidemment, je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils en font leur priorité. Apparemment, ils m'ont achetée. Oui, parce que au 21ème siècle, ce sont des pratiques encore très courantes et parfaitement légales ! Ils l'ont fait pour mon bien, admettons. C'est déjà bien difficile à gober, même pour un petit cerveau comme le mien. Mais alors bon, franchement, si ils ne me disent absolument rien et me cachent autant de secrets que d'animaux qui sont montés sur l'Arche de Noé, comment diable voulez-vous que je leur fasse confiance !? Et pourtant... Merci madame la malédiction qui ramollit complètement pauvre cerveau, j'oublie ce que je voulais dire à cause de toi. Bref, moi, c'est Lisa. Lisa la sorcière qui est censée sauver le monde vampirique avec des pouvoirs à la traîne. Autant dire qu'ils sont mal barrés

Chapitre 1 01

-Noé !?

C'est pas vrai mais qu'est-ce qui m'a pris de le suivre dans cette foutue forêt !?

Ses paroles résonnent encore dans ma tête. " Aller viens, c'est le soir d'Halloween alors c'est pile le bon moment pour faire un test de courage, non ?"

Courage tu parles ! Il a à peine entendu un petit bruit qu'il s'est enfui en courant, en me laissant là toute seule.

Et moi qui comptais en profiter pour m'aggriper à lui dès le moindre petit bruissement, c'est raté ! Et en plus c'est lui qui avait la lampe de poche... Il fait un noir d'encre, je ne vois pas trop où je vais, et je trébuche sur une racine une fois sur deux.

"T'aurais du écouter Ruby quand elle te disait de rester à la fête".

Tu dis ça maintenant mais tu me soufflais de suivre les beaux yeux verts de Noé tout à l'heure. Alors maintenant tu la ramène pas !

Et voilà que je deviens folle, à me parler à moi-même.

La bonne nouvelle, c'est qu'il y en a des autres qui ont été assez stupides pour faire ce test de débiles. Je dois juste les trouver et tout ira bien.

Un bruit de feuillage loin d'être rassurant se fait entendre derrière moi.

Je sursaute. Encore ce bruit, celui qui a fait fuir Noé. Calme toi ! C'est sûrement une bête ou je ne sais quoi !

Je décide de faire appel au peu de courage que j'ai et je m'avance doucement dans la direction d'où venait le bruit.

Je me dis que c'est sûrement les autres allégories de la stupidité, mais ma foutue raison me dit que si c'était le cas, j'entendrais des voix. Or, tout ce que je perçois actuellement, c'est le bruit de mes pas et mon coeur qui bat la chamade.

Ma respiration s'accélère et tous mes membres tremblent. J'ai de plus en plus de mal à marcher mais si je n'y vais pas, je ne serai jamais fixée.

J'arrive dans une clairière et je distingue un tronc d'arbre au milieu. Je décide de m'en approcher pour m'y asseoir. J'ai les jambes en compote.

C'est exactement à ce moment que ma mémoire décide de me jouer des tours. Je me rappelle en effet, qu'il y a quelques années de ça, il y a eu de nombreuses disparition dans cette forêt. C'est sans doute pour ça que plus personne n'ose s'y aventurer

Enfin si, il y a toujours ces espèces de patates à varier qui ont décidé d'y faire un test de courage pour Halloween.

Mais pourquoi est-ce que je fais partie de ces patates !?

J'arrive au niveau du tronc et je remarque que en fait, ce n'est pas un tronc d'arbre. On dirait plutôt.... Un corps humain !?

Non, calme toi Lisa. Respire. C'est sans doute un effet de la fatigue ou d'optique ou je ne sais quoi ! En plus dans l'obscurité on ne voit pas grand chose.

Je prends mon portable et éclaire le... Le tronc ou le corps ? Enfin bref, j'éclaire la chose.

Nom d'une fleur farcie aux choux !

C'est bien un corps humain !! Mais attends...Peut-être qu'il est plement tombé de fatigue ou alors il était complètement bourré. C'est une hypothèse plausible non ?

Je touche le corps, il est encore assez chaud. J'essaye de sentir le pouls. Rien. Ça c'est une très mauvaise nouvelle.

Je retourne avec répulsion le cadavre pour voir le visage du défunt. Curiosité morbide, sans doute.

Je reste pétrifiée. Mes jambes sont soudainement en coton et j'ai la nausée. Je ne peux pas y croire.

Non pas lui ! Pas Noé ! Il était pourtant avec moi y'a 10 minutes. C'est un rêve ! Ou plutôt un cauchemar ! J'ai trop bu, je me suis endormie et maintenant je fais ce cauchemar !!

Ses yeux sont tout vitreux, écarquillés et un filet de sang coule le long de sa bouche. Des petites perles de larmes sont apparues le long de ses yeux et son visage est crispé de douleur. Il a l'air d'avoir souffert pourtant je ne vois aucune blessure. Ah si ! Une toute petite au niveau du cou, mais c'est seulement si on regarde bien.

Je sens un courant d'air froid passer rapidement derrière moi et je me rends soudain compte que ce que je fais est très malsain.

Je suis en train d'analyser avec beaucoup d'attention le cadavre de mon ami. Enfin j'aurai voulu qu'il soit plus que mon ami mais c'est pas le moment de parler de ça. En plus... Bah c'est trop tard.

Mes yeux ne parviennent pas à quitter le cadavre et je ne sais pas quoi faire. Des gouttes de sueur coulent le long de mon dos et j'ai soudainement affreusement froid.

"Je t'avais bien dit qu'il y avait très peu de tissus dans ton costume de sorcière".

Oh toi, c'est pas le moment. Et puis, dis tout de suite que je suis habillée comme une traînée !

"C'est pas le moment de parler de ça ! Tu devrais bouger ton postérieure et sortir d'ici avant que l'assassin ne te trouve !"

Tu as raison, je devrais sortir de cette forêt au plus vite et avertir les autres.

Je veux bouger, mais mes jambes n'écoutent pas mon cerveaux.

Bon les jambes, c'est pas le moment de vous rebeller !

Mes jambes ne répondent rien.

Mais c'est pas vrai ça ! Vous allez bouger oui ?

Rien à faire, elles ont décidé de faire la sourde oreille.

Un autre courant d'air glacial passe à côté de moi. Cette fois, je sens une présence derrière moi.

Je veux me retourner mais ma tête a rejoint mes jambes dans leur rébellion.

En fait, tous mes membres s'opposent à mon cerveaux. Ils se contente de laisser mes os jouer des claquettes.

Des frissons me parcourent lorsqu'un corps froid se colle au mien et qu'une grande main glacée attrape mes deux petits poignets et les immobilise derrière mon dos.

Je dirais bien à mon agresseur que c'est inutile de m'immobiliser vu que tous mes membres font la grève mais son autre main a déjà couvert ma bouche. Pour m'empêcher de crier, sans doute.

Je sens qu'il me renifle et je remarque que sa tête est toute proche de mon cou. Je vais sans doute finir comme Noé. Cette idée de mourir ici me fait perdre tout mes moyens et je craque.

Des larmes coulent le long de mes joues et finissent par rattraper la main de l'homme derrière moi. Enfin je suppose que c'est un homme vu la force qu'il met dans sa poigne.

Lorsque enfin ces larmes touchent sa main, il la retire vivement de ma bouche et je sens quelque chose de visqueux et mouillé sur ma joue.

Non mais c'est une blague !!?

Je ne comprends pas quel plaisir on puisse prendre à lécher les larmes d'autrui. C'est salé.

Sur une échelle de 1 à 10, ça psychopathie atteint facilement les 400 !

Je voudrais en profiter pour appeler au secours mais aucun son n'accepte de sortir de ma bouche.

Je m'agite dans tout les sens, mais rien n'y fait, je vais rejoindre Noé. C'est sûr.

Si tôt... J'aurai au moins voulu atteindre 18 ans....

-Ne t'inquiète pas, me chuchote une voix désagréable à l'oreille, tu es une proie de choix. Tu ne mourras pas tout de suite.

Il passe quelque chose sous mon nez. Une odeur sucrée et aigre à la fois envahit peu à peu mes narines. J'ai soudain la tête lourde.

Un voile noir passe devant mes yeux, je ne vois plus rien puis peu à peu, je m'abandonne au sommeil sans pouvoir résister.

J'entends vaguement des voix. J'ouvre doucement les yeux. Il fait noir, je ne vois rien.

Oh Seigneur ! Je crève de mal à la tête ! Ça me rappelle la première fois que j'avais bu. Ou plutôt le lendemain, quand je me suis réveillée entourée de plein d'autres gens bourrés et aussi de beaucoup de vomis un peu partout.

Bref ! Le brouillard qui empêche mon cerveau de fonctionner se dissipe peu à peu.

Où suis-je ?

J'essaye de bouger, je n'y parviens pas. Je viens de remarquer que mes mains sont attachées à une barre métallique derrière mon dos. Je pense que je suis vraiment dans la mouise là..

Mes yeux s'habituent peu à peu à la pénombre. Je suis... Dans une cage ? Oui, dans une cage blanche et ronde comme celle de Titi mais en plus grande. Forcément, je ne suis pas un canari, moi.

Je remarque aussi que si je ne vois rien, c'est parce qu'on a mit un drap sur ma cage. Je suis assez fière de ma perspicacité, j'avoue.

J'entends toujours des murmures autour de moi. Ça résonne fortement dans cette salle en fait.

Un bruit couvre soudainement tous les autres. Un bruit de raclement de gorge. Probablement quelqu'un qui veut qu'on l'écoute.

Bonté divine. Mais que se passe-t-il ici ?

-Bienvenue mesdames et messieurs, dit un homme. Ce soir, je vous présente un article de choix. Nous allons vous le montrer dès maintenant.

Plus un seul bruit. Seulement celui de talons qui se rapproche de ma cage. Je commence à paniquer. Des frissons imperturbables s'emparent de tout mon être. C'est moi l'article dont il parle !? Oui sûrement. Je fais quoi ? Je fais quoi !?

En fait, ça semble évident ! Je fais semblant d'être encore endormie pour être sûre qu'ils ne me feront rien.

Un bruit de drap se fait entendre suivi de nombreuses exclamations et murmures. Je tends l'oreille. Ça y est, il recommence à parler.

-Et oui mesdames et messieurs, reprend le même homme, quand je vous disais que nous avions là un article rare ! C'est un de nos chasseurs qui l'a dénichée par hasard dans la forêt. C'est une jeune humaine.

Euh oui humaine je pense que c'est assez normal d'être humaine non ? Pourtant toutes les personnes présentes dans la salle ont l'air impressionnées vu tous les murmures que je peux entendre.

-Regardez-la bien, ses beaux cheveux violets et ondulés, sa tenue,...

Tiens d'ailleurs maintenant qu'il parle de ma tenue, je porte toujours mon costume de sorcière, non ?

Et... Et cette magnifique culotte Hello Kitty....

-N'hésitez pas mesdames et messieurs, continue la voix, je vous assure qu'elle est très obéissante, vous pouvez vous en servir comme esclave, animal domestique ou si la consommation finit par la tuer, comme objet décoratif.

Punaise de punaise mais c'est quoi son problème !? Depuis quand je suis un animal domestique ou un objet décoratif, hein !? Je suis tombée dans un espèce de rassemblement de psycopathe ? Une secte ??

-Les enchères commencent à 1 000 €.

Les enchères ? C'est officiel, je suis devenue égale à un lampadaire.

-1 500 ! Qui dit mieux ? Vous monsieur ? 2 000 ! Aller mesdames et messieurs c'est un magnifique spécimen ! 3 000 pour la dame ! Sentez comme elle sent bon ! 5 000 pour vous ! Qui dit mieux ? 5 000 une fois... 5 000 deux fois...

-J'offre 20 000, dit une voix au milieu de l'assemblée.

-20 000 ?? Très bien, 20 000 une fois... 20 000 deux fois... 20 000 trois fois. Adjugé pour le numéro 27 !

J'entends de nombreux applaudissements et de nouveau des bruits de talon qui s'approche de moi.

Je viens d'être vendue à un homme !? Il va sûrement se servir de moi comme esclave ou me tuer ou me violer.

"Il va sûrement faire les trois"

Ce que j'aime chez toi, très chère deuxième moi, c'est ton côté positif et rassurant.

Bon si je regarde le bon côté des choses comme me l'a toujours appris maman, c'est que je vaux 20 000€.

C'est une bien maigre consolation, je dois dire...

Un bruit de clé se fait entendre et ma cage se soulève soudain. Je fais de mon mieux pour ne pas crier ni pleurer, même si ça, c'est déjà fait depuis un moment.

La cage en mouvement s'arrête soudain et on me dépose au sol. Le rythme de mon coeur s'accélère de plus en plus. J'ai l'impression qu'il court les derniers 100 mètres d'un marathon. Je me demande où je suis tombée. Les clés se font à nouveau entendre.

L'homme qui m'a achetée est en train d'enlever les menottes qui me retiennent prisonnières.

C'est pile le bon moment. Dès qu'il ouvre la cage qu'il a volée à Titi, je me barre en courant.

La porte s'ouvre doucement, en grinçant.

-Je sais que tu ne dors pas, dit la voix froide, alors je vais te laisser sortir et toi tu va monter dans la voiture bien sagement d'accord ?

Je ne réponds rien. Je n'ouvre même pas les yeux. Je me précipite hors de la cage en poussant le psychopathe et je cours le plus rapidement possible. Ce qui équivaut à la vitesse d'une tortue handicapée parce que je suis nulle en sport.

C'est dans ces moments là qu'on regrette d'avoir séché les cours d'éducation physique.

Je suis très vite essoufflée et je me retourne pour voir si l'inconnu dérangé me suivait. Ce n'est pas le cas mais par prudence, je vais me cacher dans une petite ruelle perpendiculaire pour reprendre mon souffle.

D'abord, déterminer où je me trouve. Puis, courir et appeler la police.

Je regarde mon portable qui est miraculeusement encore en vie ; on est le premier novembre et je n'ai jamais eu autant de messages et d'appels manqués. Mon entourage se demande sans doute où je suis.

Je n'ai même pas le temps de regarder mes messages ou d'appeler quelqu'un qu'un puissant bras viens m'étrangler tandis qu'une main viens saisir mon portable et l'agite juste sous mon nez. J'entends un ricanement derrière moi.

-Tu croyais vraiment que ta petite tentative de fuite fonctionnerait ? Les humains sont décidément stupides.

-Laissez-moi partir s'il vous plaît, implorai-je en larmes, je n'ai pas d'argent ni rien qui puisse vous satisfaire.

L'homme rit de plus belle. Son rire est décidément plus insupportable que des ongles sur le tableau.

-Si je ne me trompe pas tu as bien plus de valeur que n'importe quel diamant, petite.

Mais quel taré ce type ! Je me débats mais je n'arrive pas à le faire lâchez prise. Très utile, ces cours d'aikido.

-C'est peine perdu, reprends l'inconnu. Maintenant, tu vas te calmer et te laisser faire.

Ses paroles envahissent mon esprit et je ne parviens pas à résister. Je cesse de me débattre.

-C'est bien, dit-il, brave fifille. Maintenant, laisse toi aller au pays des rêves.

Ma tête retombe lourdement et le psychopathe me prend sur son épaule. La dernière chose que je vois avant de perdre complètement conscience, c'est le sol pavé et humide.

*****************************

Chapitre 2 02

Je me réveille au sol. Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé. Le dernier souvenir que j'ai, c'est que j'étais dans la forêt devant... un tronc d'arbre je pense. Où est Ruby ? Mais qu'est ce que j'ai fais à cette soirée d'Halloween !? Maman va me tuer si je ne rentre pas rapidement...

Je suis où ?

Dans une petite pièce carrée.

Une sorte de cachot .... ?

Oui, sûrement. Ça ne m'a pas vraiment l'air de n'être qu'une blague de mauvais goût.

Je tremble un peu à cette idée.

Qu'est-ce que je fais là ?

J'ai vraiment l'impression d'avoir oublié des choses essentielles.

Je regarde mieux autour de moi. Il n'y a que des briques et une porte en bois en face de moi. Même pas une foutue fenêtre. Seulement un chandelier pour éclairer un peu. D'ailleurs, ces bougies n'ont pas l'air de fondre. Vous ne trouvez pas ça bizarre vous ?

Je ne sais pas qui m'a enfermé là, mais j'ai plutôt intérêt à me tailler en vitesse. Dans les livres que j'ai lu, qu'est-ce qu'ils faisaient dans ces situations-là ?

Je vais commencer par voir si la porte est ouverte. C'est un bon début.

Je me lève rapidement mais je m'étale quasi instantanément au sol.

-Oh ma tête, nom d'une carotte en baskets !!

Je me met à genoux et prends ma tête entre mes mains. Je dois avoir bu, un troupeau de licornes sauvages est en train de faire des claquettes sur mon crâne.

Je me relève mais plus doucement cette fois-ci. Je m'avance à petites enjambées vers la porte et abaisse la poignée. La porte ne s'ouvre pas, elle est fermée à clé.

Bizarrement j'étais sûre qu'elle allait s'ouvrir toute seule. Je suis vraiment trop naïve.

Qu'est-ce que je peux bien faire ? Je ne vais pas rester là, à me tourner les pouces quand même !? Râh ! Ça me frustre !

De la colère explose soudain en moi sans que je sache vraiment pourquoi. Tant pis pour la discrétion, je me lève rageusement et tambourine sur la porte en criant.

-Hey ! Y'a quelqu'un !? Ouvrez-moi cette porte et laissez moi partir ! Je... Je vous jure que ous allez le regretter. Montre toi sale pervers sinon....

Je sens une présence derrière moi et de puissants bras viennent attraper mes poignets pour que je cesse mon boucan. Comment c'est possible ? Il n'était même pas dans cette pièce avant !

-Sinon quoi ?

-Lâchez-moi ! Espèce de dérangé !

L'homme me libère et je me retourne, prête à lui bondir dessus. Il m'arrête aussitôt dans mon élan.

Je m'attendais à un vieux psychopathe de 50 ans super frustré, mais là... La vingtaine, tout au plus. Musclé, traits trop parfaits, abominable petit sourire en coin, cheveux bruns. Ce qui m'a perturbé, ce sont ses yeux. Certes magnifiques, mais rouges sang... Non. Ce sont sûrement des lentilles. Après tout, c'était Halloween, il n'y a pas si longtemps.

-Sinon quoi, répète-t-il à moitié agacé.

C'est vrai ça, sinon quoi ? Pour une fois, je décide de ne pas trop réfléchir et attrape au vol la première parcelle d'idée qui traverse ma petite tête.

-Sinon... Sinon... Bah j-je me tue !

Mais qu'est-ce qui m'a pris de dire ça !? Il est sûrement là pour me tuer alors il en a juste rien à cirer.

J'ai froid, je suis crevée, je tiens à peine sur mes jambes et j'ai faim...

Non ! Ne dis pas ça ! Tu n'as pas faim !

J'ai beau penser ça très fort, je peux très clairement entendre l'appel du plateau remplis de soupe, de fromage, de charcuterie et de pain qui se trouve devant moi.

-Allez, me dit ce plateau, viens manger ! Je sais que tu en meurs d'envie !

Ça fait depuis hier matin que ce plateau nargue mon estomac qui quand à lui n'arrête pas de râler.

-Donne-moi à manger, me dit celui-ci, j'ai tellement faim ! S'il te plaît !!

-Non ! Tu n'auras pas ce plateau ! Si je fais la grève de la faim, ils me libèreront sûrement et là, je te promet que tu auras tous les gâteaux que tu veux et promis, je ne me préoccuperai pas de l'impact que cela aura sur mes fesses !

Mon estomac continue de ronchonner.

-Et bien puisque c'est comme ça, tu n'auras même pas de donuts !

Je dois vraiment être fatiguée pour parler à un plateau et à mon estomac... Faut dire qu'un sol tout dur dans un pièce froide et humide, j'ai connu plus confortable pour dormir. En plus, j'ai souvent trop peur qu'ils viennent profiter de mon sommeil.

Ça fait déjà trois ou quatre jours que je suis ici, dans ce trou à rat. Tous les matins, Maxime viens m'apporter un repas mais je n'y touche jamais.

Ça n'a pas l'air de l'affecter tant que ça. Je le soupçonne même de trouver ça drôle. Ils doivent sûrement parier là-haut, pour savoir quand je vais craquer. Mais je ne craquerai pas.

-T'entends ça le taré !? Je ne craquerai pas !!

J'ai crié en détachant bien chaque syllabes et à vrai dire, je ne sais même pas pourquoi.

En quoi le fait de m'entendre m'égosiller comme un goret dans ce que je suppose être sa cave le toucherait hein !?

Enfin bon, maintenant qu'il sait que je ne dors plus, il ne devrait pas tarder à débarquer.

Je dois absolument trouver un moyen de me barrer d'ici avant que ce psychopathe n'arrive. Je me creuse les méninges mais les rouages de mon cerveau ont bien du mal à se mettre en route. Ils tournent et travaillent pendant 5 minutes avant de produire une idée.

Je suis bête de ne pas y avoir pensé plus tôt ! Mon portable bien sûr ! Mon bébé, celui qui renferme toute ma vie et sans qui je ne pourrais vivre. Je n'exagère absolument pas, je dirai même que c'est le prolongement de mon corps, il fait partie intégrante de moi !

Je glisse ma main dans ma botte droite, c'est toujours là que je le range. Ne jugez pas mon sens du rangement !

Tiens, il n'est pas là ? Mince, ne me dites pas que je l'ai encore paumé !? C'est vraiment pas le moment là ! Comment je vais faire pour appeler la police maintenant !?

-Est-ce cela que vous cherchez si désespérément ?

Je lève la tête, un autre vampire au corps de rêve mais qui est plus vieux se tient devant moi en regardant mon portable d'un air perplexe.

Je hoche timidement la tête, peut-être qu'il est sympa lui.

-J'accepte de vous le rendre, dit-il en souriant.

Un sourire niais s'affiche sur mon visage.

-Merc...

Il me coupe aussitôt.

-Si vous mangez le contenu de ce plateau.

C'était trop beau...

Je dois avouer qu'il est fort. Ça devrait être interdit d'être aussi sournois. Je ne sais pas quoi faire.

Je vole au dessus d'une forêt. Je vole !? Je suis sûrement en train de rêver. Pourtant, tout paraît très réel et j'ai beau me pincer, je ne parviens pas à me réveiller.

Je commence à descendre. Et j'atterris au sol. Cette forêt, c'est celle dans laquelle je me trouvais avant d'avoir un gros trou noir et de me retrouver au milieu de vampires détraqués.

Un chat noir arrive en courant et commence soudainement à se frotter à mes jambes. Je le prends dans mes bras. Il est mignon. Il a des yeux violets. Je ne savais pas que c'était possible. Enfin, dans un rêve, tout est possible me direz-vous.

Le chat saute de mes bras et retombe au sol. Il me fait signe de le suivre avec sa tête. Je m'exécute. Nous marchons dans les bois, et enfin, nous arrivons devant une petite cabane en piteux état. Le chat miaule et la porte s'ouvre d'elle même. Il me fait signe de le suivre à l'intérieur.

-Hey gamine !

J'ouvre soudain les yeux. Maxime est penché vers moi et a son visage à 10 centimètres du mien. Par surprise, je recule le mien. Il se redresse d'un air satisfait.

Il me tends un plateau. Voulant toujours faire la grève de la faim, je n'y touche pas.

-Tu es toujours décidée à faire sans repas, hein, souffle-t-il désespérément. Malheureusement pour toi, aujourd'hui je suis assez pressé.

-C'est pas mon problème, lui répondis-je sèchement.

Une lueur d'un rouge plus intense traverse les yeux de mon interlocuteur. On dirait qu'il n'a vraiment pas envie de rigoler. Il s'accroupit à mon niveau et prends ma mâchoire dans sa main.

-Écoute petite, j'ai pas envie de négocier avec toi alors je te propose une chose, si tu mange ce plateau, je veux bien accomplir trois de tes Demandes, si elles ne sont pas trop excentriques.

Il se prend pour le génie de la lampe, ou quoi ?

-Et si je ne te fais pas confiance ?

-Je tiens toujours mes promesses, me dit-il d'un air sérieux.

-Quel jour sommes-nous ?

Il a l'air déconcerté.

-Si c'est cela ta première demande, nous sommes le samedi 6 novembre. Maintenant mange.

Je m'exécute et mange le contenu du plateau en faisant bien durer l'action pour l'enquiquiner au maximum. Ça a l'air de fonctionner, il ne cesse de soupirer et de renifler en tapant du pied. De temps en temps, il regarde l'heure sur sa montre à gousset. Une montre à gousset !!? Je savais que ça existait encore ces machins.

C'est plutôt classe, quand on y pense.

Une fois le plateau vide, je le regarde d'un air mauvais.

-Pourquoi tenez vous absolument à ce que je mange ?

Le vampire se racle la gorge avant de répondre.

-Parce que le sang est meilleur après qu'un humain ait mangé quelque chose...

Ah bah oui, c'est évident ! Je me demandais à quoi je pourrais leur servir mais maintenant j'ai très bien compris, je ne suis que de la nourriture pour eux. Bonjour, je m'appelle Lisa et je ne suis qu'un bidon remplis de sang !

-Et... On a besoin de toi en vie, articule-t-il difficilement.

Mon coeur fait un bon dans ma poitrine et mes joues prennent feu. Je suis devenue un peu plus que du gibier. Chouette !

-Pourquoi vous avez besoin de moi ?

-Je ne peux pas répondre à cette demande.

-Pourquoi ?

Chapitre 3 03

Ça y est, aujourd'hui c'est dimanche. C'est le jour J mais je ne sais pourquoi. J'attends avec appréhension mon heure. Depuis hier, je suis restée assise avec la gorge serrée et une boule au ventre à regarder fixement la porte. J'ai perdu tout espoir de m'en sortir indemne. Pour moi, il est clair que mon chemin va s'arrêter dans les heures qui suivent.

J'essaye de me remémorer mes jours heureux, mais pour une raison que j'ignore, je ne parviens pas à faire ressurgir ne serait-ce qui seul petit fragment ridicule. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à prononcer le nom de quelqu'un que je connaissais ni à me rappeler d'un visage.

Les seuls noms qui acceptent de faire surface sont Lisa, Maxime, Vincent et Noé. Noé... Je me rappelle de ce nom, mais curieusement, je ne parviens pas à l'associer à un visage. Était-il important pour moi ? Sûrement puisque son nom s'agrippe désespérément à ma mémoire et ne veut en aucun cas lâcher prise.

Je ne me rappelle pas avoir été ailleurs qu'ici. Ai-je une famille ? Des amis ? Des animaux ? Je n'en sais rien. Que faisais-je avant d'atterrir ici ? Où habitai-je ? Tant de questions s'amusent à défiler comme un cortège dans ma tête que je ne saurais toutes les énoncer.

Je sais qu'en me réveillant ici il y a quelques jours, j'avais un petit trou noir. Désormais, ce petit trou est devenu grand, très grand. Grand comme... Grand comme quelque chose de grand.

Un éléphant ? Non plus grand.

Une maison ? Oui, on s'en rapproche doucement.

Retenons simplement que ce trou est si grand que je ne sais même plus ce que j'aime ou ce que je n'aime pas.

Soudain, la porte s'ouvre et les deux frères entrent sans plateau repas à ma grande déception.

-Bonjour Lisa, me dit aimablement Vincent.

C'est étrange. Je ne me souviens pas de lui avoir donné mon nom.

-'Jour, grogne Maxime obligé de se montrer courtois suite au regard lancé par son frère.

Je ne réponds rien. Je voudrais, mais je ne peux pas. L'idée de me faire assassiner à cet instant même me terrifie et fais barrage afin d'éviter à tout son de s'aventurer hors de ma bouche. Celle-ci reste donc grande ouverte, prête à accueillir les mouches qui passeraient par hasard dans le coin.

Mes muscles tremblent tous et de violents frissons parcourent tout mon corps. Je n'ai jamais ressenti pareille peur. Vincent s'avance vers moi et caresse délicatement ma joue de son index et son majeur. Ses doigts glissent bien vite vers mon cou et ma gorge. Je suis incapable de faire un seul mouvement pour l'en empêcher et le laisse donc faire voyager sa main à sa guise. Heureusement, celle-ci ne descends pas plus bas que mon cou.

L'expression actuelle sur son visage est indéchiffrable. On dirait un mélange de malice, de cupidité et d'envie. Il prend la parole d'une voix mieulleuse.

-Vous savez pourquoi nous sommes là n'est-ce pas ?

-O-oui, mentis-je.

-Très bien, dit-il doucement, dans ce cas cessons de tourner autour du pot et finissons-en.

Je ferme les yeux et laisse quelques larmes s'échapper. Vincent dégage la partie gauche de mon tee-shirt et mon épaule se retrouve donc découverte. Il enlève quelques mèches trainant là et approche son visage.

-Surtout, chuchote-t-il à mon oreille, ne vous agitez pas. Ça ne ferait qu'augmenter la douleur.

-Qu'est-que...

À peine a-t-il finit sa phrase que je sens ses lèvres sur ma peau.

-Arrête ça !! Je veux pas !

La lanterne de mon cerveaux s'éclaire soudainement. J'avais oublié que c'était un vampire ! Il... Il va me mordre et je vais... devenir comme lui... Je refuse catégoriquement cette idée. J'essaye de me débattre en lui donnant des coups de pieds, mais il vient bien vite bloquer mes jambes avec les sienne.

-Je vous ai dit de ne pas bouger, me menace-t-il.

Une douleur aigue transperce alors le côté gauche de mon cou. Il a enfoncé ses crocs dans ma peau et est désormais en train de boire mon sang. Mes mains se crispent et je ne peux retenir un cri. Au bout de quelques instants, il enlève enfin sa mâchoire de ma peau et se recule. Je prends appui sur le mur, essoufflée.

-Un véritable nectar, dit-il en se léchant les lèvres.

Je reste interdite. Je passe mon index sur mon cou encore endolori, et celui-ci me revient rouge de sang. Je reste choquée. Un filet de sang s'écoule le long de mon coup jusque sur ma poitrine. Des frissons parcourent tout mon corps. Je vais devenir un vampire ?

Pas le temps de répondre à cette question, Maxime s'avance lui aussi vers moi avec son sourire en coin. Il me colle à son tour contre le mur et saisit mon poignet sans que j'ai le temps de réagir.

-À mon tour de goûter.

Il amène ma main devant ses lèvres et met en bouche mon index couvert de sang. Je retire vivement ma main en le foudroyant du regard ce qu'il ne fait qu'élargir son beau sourire.

-Hé ! protestai-je.

Il tire à son tour mon tee-shirt et lèche le sang qui coulait le long de ma poitrine. Pendant que sa langue traçait lentement le trajet allant de mes seins à mon cou, je ne pouvais m'empêcher de trembler comme une feuille. Il est en train de lécher mes seins ce sale pervers dérangé ! Je ne parviens pas à articuler une phrase tellement mon coeur bat fort.

Il émet un petit ricanement et vient chuchoter quelques mots à mon oreille.

-Tu tremble, dit-il d'un ton arrogant, serait-ce de peur ou d'excitation ?

Le rouge me monte aux joues et mon rythme cardiaque accélère encore. De quoi il parle là !? Je m'énerve contre lui et essaye de la faire lâcher prise mais en vain. À quoi ça sert d'essayer de résister à un vampire ? Ils ont une force qui dépasse l'entendement.

De quoi je tremble ? Je tremble de peur évidemment ! Comment vous réagiriez si un vampire psychopathe était sur le point de vous transformer en monstre hein !?

"Menteuse !"

Voyant qu'il attend une réponse, j'essaye tant bien que mal d'articuler quelques mots.

-Je... Je...T-tais-toi !

Il sourit et ricane puis, il replonge sa tête dans mon cou. Il pose ses lèvres sur les marques laissées par son frère et se contact froid m'apaise légèrement.

-Aaaah !

Il replante ses crocs dans ces anciennes marques ce qui engendre une douleur beaucoup plus intense. Ma respiration est coupée et des larmes ruissèlent le long de me joues. Je n'arrive pas à prononcer un mot.

Il met fin au supplice après plusieurs secondes qui me parurent des heures. Mes jambes sont en coton et j'ai la nausée. Je ne sais pas quelle quantité de sang j'ai perdu mais une chose est sûre, suffisamment pour me faire tomber dans les vapes.

Ma vision devient légèrement trouble et je retombe sur mes genoux je respire tant bien que mal et je lève la tête pour regarder les vampire droits dans les yeux. Je vois de moins en moins bien et je chuchote quelque chose d'inaudible avant de m'effondrer sur le sol crasseux complètement inconsciente.

******************

Je suis à nouveau dans cette forêt en train de suivre ce chat aux yeux violets. On arrive devant la petite maison et la porte s'ouvre d'elle même. Je rentre à l'intérieur.

Wow ! C'est beaucoup plus spacieux que ça en a l'air. De l'extérieur, on voit une vielle cabane abandonnée toute pourrie et quand on rentre, on se retrouve dans un véritable palais.

Je cherche le chat du regard, il n'est plus là. J'entends des bruits de pas derrière moi. Je me retourne et une jeune femme aux cheveux bleus ondulés tombant élégamment jusqu'au creux de ses reins s'avance vers moi. Elle porte une tenue de femme de chambre et paraît terriblement intimidée.

-Bonjour mademoiselle Malvina... Je vous remercie infiniment de la part de ma maitresse. Merci de nous avoir rejoins ! Votre talent nous sera indispensable.

Quoi !? Mais... Est ce que ce serait un souvenir de ma vie avant ? Non, elle m'a appelé Malvina et moi, je suis presque sûre de me nommer Lisa.

Et puis de quel talent elle parle ? Je ne me souviens pas avoir un quelconque talent. J'ai même l'impression que c'est l'inverse. Je commence à m'agiter dans tous les sens pour trouver une sortie.

-De quoi vous parlez !? Vous vous trompez ! Moi je ne suis pas Malvina ou je ne sais quoi ! Laissez-moi m'en aller !!

La jeune femme a l'air de paniquer.

-Calmez-vous je vous en prie ! Si vous continuez, ma maitresse va se fâcher et me renvoyer.

Elle a presque les larmes aux yeux alors je prends une grande inspiration et je me calme.

-Merci beaucoup mademoiselle ! Laissez-moi vous conduire jusqu'à votre chambre.

Je me réveille subitement quand je sens un grand choc. Tiens, le sol a changé ! Il est moins froid et il est plus doux. Ah, c'est un tapis en fait. Mais qu'est ce que je fabrique sur une carpette !?

Je me lève subitement. En apercevant le grand lit au milieu de la pièce, je comprends enfin que je suis tombée de ce lit.

-Bonjour, me dit une voix féminine.

Je balaye la pièce du regard. Je suis dans une chambre très spacieuse et luxueuse. Ça change un peu de mon précédent lieu de logement. Je vois une grande penderie, j'espère qu'elle est pleine de vêtements. Histoire de pouvoir me changer. J'aperçois également de grands rideaux violets. Je suppose qu'il y a une fenêtre derrière.

Je regarde partout mais je ne vois personne. Pourtant je ne suis pas folle, on m'a bien parlé à l'instant !? Ou alors, c'est que je commence à entendre des voix. Peut-être que j'ai un don qui me permettrait de communiquer avec les morts !

"Esprit ! Es-tu là ? Si c'est le cas, manifeste toi !"

Je sursaute. L'esprit s'est manifesté ! J'ai senti un frottement sur mes jambes !

-Je disais donc bonjour, reprend cette voix féminine d'un air irrité.

-Bon-bonjour !

Je dis ça en tremblant tandis que je regarde à nouveau dans tous les coins de la pièce pour voir une quelconque forme ou apparition spirituelle.

Je sens à nouveau un frottement au niveau de mes mollets. Je baisse le regard et aperçois un chat... Un chat !? Oui, un chat tout mignon tout doux.

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