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Entre ses Griffes

Entre ses Griffes

Auteur:: Orion Fable
Genre: Romance
Élena, une jeune femme prise dans les rouages d'un monde violent, se retrouve au cœur d'un conflit entre résistants et mafieux. Alors qu'elle cherche à échapper à la guerre et aux manipulations, elle croise la route d'Aleksandr, un homme charismatique et dangereux, à la tête d'une organisation criminelle impitoyable. Leur relation complexe, faite de passion et de trahison, l'entraîne dans un tourbillon de pouvoir, de loyauté et de conflits internes. Alors qu'Élena se retrouve tiraillée entre son amour pour lui et ses idéaux, elle découvre des vérités déchirantes sur son passé et sur ceux qui l'entourent. Les alliances changent, les trahisons se multiplient, et les vies se brisent sous le poids des décisions. Dans un monde où le sang et le pouvoir dictent tout, Élena doit choisir entre son amour pour Aleksandr, le destin de son enfant et la survie de ceux qu'elle aime. Chaque décision la rapproche de l'inéluctable confrontation, où le passé et l'avenir se mêlent dans une lutte sans fin. Mais le destin est cruel, et malgré les sacrifices, le cœur d'Élena reste pris entre l'espoir et la peur d'un avenir incertain.

Chapitre 1 Chapitre 1

La pluie tombait à torrents, frappant le sol d'un bruit sec, comme une menace invisible. Élena se tenait près de la fenêtre, les mains posées sur le verre froid. Elle observait les éclats des éclairs dans la nuit noire, mais son esprit était loin de la tempête qui dévastait l'extérieur. Son regard, vide et perdu, suivait les gouttes d'eau qui dévalaient la vitre, comme si elles pouvaient emporter ses pensées et son angoisse avec elles. Le silence lourd qui régnait dans la pièce n'était interrompu que par le crépitement lointain du tonnerre.

Elle avait entendu des murmures à propos de cette rencontre, des discussions chuchotées qui l'avaient laissée sur le qui-vive. Mais rien ne l'avait préparée à ce qu'elle allait découvrir.

Le bruit de la porte qui s'ouvrait en douceur la fit sursauter. Elle se retourna lentement, son cœur battant dans sa poitrine comme un tambour de guerre. Son père, l'homme qui l'avait toujours protégée, celui qui lui avait appris à marcher, à parler, à rêver, se tenait dans l'embrasure de la porte. Mais aujourd'hui, il semblait étranger, comme un homme qu'elle n'aurait jamais voulu connaître.

« Élena, il faut que tu comprennes... » commença-t-il, la voix tremblante, comme s'il avait du mal à articuler ses mots.

Elle ne le laissa pas finir. Un flot de questions jaillit, impulsif, incontrôlable. « Que se passe-t-il, père ? Pourquoi as-tu l'air si étrange ? Pourquoi... pourquoi tout ceci ? Qu'est-ce que tu m'as caché ? » Elle désigna la pièce autour d'elle d'un geste ample, comme si la pièce elle-même était complice du secret qu'il lui avait dissimulé.

Il baissa la tête, et ses mains, qu'il avait toujours utilisées pour la protéger, se tordirent nerveusement. « Écoute-moi bien, Élena. Tu ne peux pas tout savoir. Il y a des choses... des dettes que j'ai contractées, des promesses que j'ai faites. Et tu... tu es la seule façon de m'en sortir. »

Un frisson glacé parcourut le dos d'Élena, mais elle n'eut pas le temps de réagir. Il s'avança, l'air fatigué, comme s'il portait un poids qu'elle n'avait pas encore compris.

« Je... je t'ai vendue, Élena, » murmura-t-il enfin, d'une voix brisée.

Elle se figea. « Quoi ? »

« Je t'ai vendue à Aleksandr Volkov. Le roi du crime. » Il la regarda droit dans les yeux, mais il n'y avait plus de honte dans son regard, seulement de la peur. « Il est celui qui peut effacer toutes nos dettes. Il... il veut de toi. Et il a accepté de prendre en charge tout ce que je lui dois en échange. »

La pièce sembla se déformer autour d'elle, ses yeux se brouillant alors qu'elle luttait pour comprendre ce qu'il venait de dire. « Tu... tu m'as vendue ? » souffla-t-elle, les mots comme un poison dans sa gorge.

« Oui, Élena. Je n'avais pas le choix. Je... je devais le faire. » Il posa une main tremblante sur son épaule, mais elle la repoussa violemment. « Il faut que tu comprennes... il peut nous protéger. Il peut nous sauver tous. Mais toi, tu dois... tu dois accepter ce qu'il te demande. »

Ses jambes se dérobèrent sous elle, et elle s'effondra sur la chaise la plus proche. « Tu m'as trahie, » murmura-t-elle, les larmes envahissant ses yeux, mais elle ne les laissa pas couler. Elle se leva brusquement, comme si bouger pouvait chasser la douleur. « Je ne le ferai pas, père. Je ne vais pas... »

« Tu n'as pas le choix ! » s'écria son père, sa voix s'élevant pour la première fois. « C'est lui ou nous tous. Il ne m'a pas laissé d'autre option, Élena. Tu crois que j'aurais fait ça autrement ? Mais il n'y a plus de chemin arrière. C'est toi ou la ruine. » Il baissa la tête, les larmes se mêlant à la poussière sur son visage fatigué. « Je t'en prie, fais-le. Fais-le pour nous. »

Élena le regarda, le cœur brisé, mais quelque chose dans la voix de son père, quelque chose de désespéré, fit sauter ses derniers espoirs. Elle n'avait plus de choix, pas vraiment. Elle comprenait enfin qu'elle n'avait jamais eu aucun pouvoir sur ce qui se passait.

Elle tourna les talons et sortit précipitamment de la pièce, sans un mot. Elle courut à travers les couloirs sombres de la maison, ignorant les regards curieux des domestiques et des serviteurs qui se taisaient dès qu'elle passait. Elle n'avait aucune destination en tête, juste l'instinct de fuir, de s'échapper de ce piège invisible qu'on venait de lui tendre.

Mais son père était déjà trop loin dans cette décision. Il savait que tout était déjà joué.

Elle arriva sur le perron, respirant l'air humide de la nuit. Une voiture noire stationnait juste en face, une silhouette se détachant dans l'ombre de l'entrée. Un homme grand, vêtu d'un manteau sombre, se tenait là, immobile comme une statue. Elle sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine.

L'homme s'avança lentement, son regard dur et impitoyable fixé sur elle. Il ne disait rien, mais sa présence imposait un respect froid.

« Élena, » dit-il enfin, d'une voix calme, mais glaciale, « je suis Aleksandr Volkov. Et désormais, tu es à moi. »

Elle resta figée. Aleksandr Volkov... celui qu'elle avait entendu mentionner dans les pires rumeurs, celui qui dirigeait tout, contrôlait tout, et qui n'avait aucun scrupule à écraser quiconque se trouvait sur son chemin.

« Je ne veux rien de toi, je ne suis pas ce que tu penses, » dit-elle, la voix tremblante. Mais elle savait, au fond d'elle-même, qu'aucune résistance ne changerait le cours des événements. Elle l'avait vu dans les yeux de son père. Elle l'avait vu dans la lumière froide de la voiture qui l'attendait.

Aleksandr la regarda sans sourire. « Tu n'as pas de choix, » dit-il simplement. « Tu fais partie de l'accord. Et l'accord est la seule chose qui compte ici. Nous avons un contrat, toi et moi. »

Élena sentit une boule d'angoisse se former dans son estomac. « Un contrat ? »

« Oui. Tu me donneras un héritier. » La voix d'Aleksandr était ferme, implacable. « C'est ce que tu m'as promis. C'est la seule chose qui m'intéresse. Un enfant, Élena. Et rien d'autre. »

Les mots frappèrent Élena comme un coup de poing. Un héritier ? Ce qu'il voulait d'elle, ce n'était pas de l'amour, pas de la compassion. C'était un simple instrument, un moyen de solidifier son pouvoir.

Elle recula d'un pas, son regard cherchant une issue, mais la voiture était là, imposante et menaçante. « Je ne le ferai pas, » dit-elle, une lueur de défi dans les yeux, mais elle savait au fond d'elle que la réalité était bien plus complexe.

Aleksandr haussait légèrement les épaules, comme si la résistance n'avait aucune importance. « Tu n'as pas le choix, Élena. L'accord est déjà signé. Et maintenant, tu es à moi. »

Il tendit une main vers elle, un geste précis et impérieux. Elle le fixa intensément, la colère et la peur se mêlant dans son cœur. Mais il n'y avait plus de retour en arrière.

Chapitre 2 Chapitre 2

Élena s'assit dans le siège en cuir noir de la voiture qui la transportait vers un destin qu'elle n'avait jamais choisi. La route défilait sous les roues sans fin, le vent battant contre la vitre fermée. À l'intérieur du véhicule, l'atmosphère était oppressante, lourdement marquée par le silence glacial d'Aleksandr. Il était là, devant elle, mais pourtant si lointain. Comme un fantôme, il semblait ignorer sa présence, se concentrant sur la route avec une intensité effrayante.

Ses yeux, d'un bleu glacial, brillaient d'un éclat froid qui ne lui ressemblait pas. Elle se souvenait d'un garçon. Un garçon qui avait été son ami, son confident, son premier amour. Mais cet homme qui se tenait devant elle n'avait plus rien à voir avec celui qu'elle avait connu autrefois. Il était devenu une créature implacable, une ombre menaçante qui régnait sur l'obscurité du crime.

Elle le scrutait, essayant de discerner des vestiges de l'enfant qu'elle avait aimé, mais elle ne trouvait que des cicatrices, des marques de la brutalité du monde dans lequel il s'était forgé. Elle hésita, les mots brûlant ses lèvres, mais quelque chose la retenait, comme si elle avait peur d'ouvrir une porte qu'elle ne pourrait jamais refermer.

C'est lui qui brisa le silence en premier, sa voix basse et froide résonnant dans l'habitacle.

« Tu dois être surprise de me voir, Élena. »

Elle tourna lentement la tête vers lui, son cœur battant la chamade. « Surprise ? » Elle s'étrangla, cherchant à maîtriser ses émotions. « Je ne comprends même pas pourquoi tu es là. Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi moi ? »

Aleksandr lâcha un léger rire, sans chaleur, sans émotion. « Pourquoi toi ? » répéta-t-il, comme s'il pesait ses mots, mais qu'il savait déjà la réponse. « Parce que je ne suis pas celui que tu pensais. Je ne suis plus le gamin naïf qui courait avec toi dans les champs, Élena. Je suis devenu ce que je devais être pour survivre. »

Elle sentit un frisson glacer ses veines à l'évocation du passé. Les souvenirs affluaient, puissants, comme un torrent qu'elle ne pouvait contenir. « Je... je me souviens de toi, Aleksandr. Tu étais... » Elle s'arrêta, la gorge nouée. « Tu étais tout pour moi. Mais ce n'est plus toi. Celui que j'ai aimé n'aurait jamais... » Elle se tut, incapable de finir la phrase.

Il tourna légèrement la tête vers elle, ses yeux perçant. « Ce garçon, Élena, il est mort. Tu veux savoir pourquoi ? Parce que dans ce monde, il n'y a pas de place pour la faiblesse. J'ai appris à mes dépens que le pouvoir est la seule chose qui compte. Le pouvoir et l'argent. Rien d'autre. »

Elle le regarda, bouche bée, l'incroyable froideur de ses paroles la frappant de plein fouet. « Le pouvoir ? » répéta-t-elle, abasourdie. « Mais tu étais... tu étais celui qui avait des rêves, qui voulait changer les choses. Et maintenant, regarde où tu en es. »

Aleksandr tourna la tête vers elle, un éclair de colère traversant brièvement ses traits avant qu'il ne le cache derrière son masque de glace. « Tu ne comprends pas, Élena. Le monde que tu vois aujourd'hui n'est pas celui que tu crois. Il est gouverné par les hommes comme moi, ceux qui ne craignent rien ni personne. Ceux qui ont tout sacrifié pour atteindre le sommet. » Il marqua une pause, un sourire amer se dessinant sur ses lèvres. « J'ai grandi dans la rue, Élena. J'ai vu des choses que tu ne pourrais même pas imaginer. Des choses qui m'ont forgé, qui m'ont poussé à devenir celui que je suis. Il n'y a pas de place pour la pitié dans ce monde. »

Elle serra les poings, se sentant à la fois désespérée et impuissante. « Et tu m'as trahie, Aleksandr. Tu m'as trahie en devenant cela. En devenant ce monstre. »

Un éclair de douleur traversa son regard, mais il le refoula aussi rapidement qu'il était venu. « Ce n'est pas moi qui t'ai trahie, Élena, » répondit-il d'une voix grave. « C'est la vie. C'est le monde qui t'a trahie. Mais tu peux encore choisir de me suivre, de me rejoindre. Si tu me donnes ce que je veux, tout sera à toi. Tout ce que tu as jamais désiré. »

Elle détourna les yeux, repoussant les images de ce qu'il lui proposait. « Tu crois que je vais te donner un héritier, simplement parce que tu me l'ordonnes ?" Elle rit amèrement, presque hystériquement. « Je suis prisonnière, Aleksandr. Et tu penses que tu peux me manipuler comme ça ? »

Un silence lourd s'installa entre eux, alors que la voiture s'engageait dans un long chemin bordé de murs de pierre. L'air était épais de tension, chaque mot, chaque geste semblait être une prise de position. Élena avait l'impression de suffoquer dans cet environnement oppressant.

« Tu peux essayer de fuir, Élena, » dit-il soudainement, sa voix un murmure presque invisible. « Mais tu n'iras pas loin. »

Elle le fixa, déglutissant difficilement. « Tu es vraiment devenu cela, hein ? Un homme sans cœur, sans scrupule. » Elle secoua la tête. »Mais je ne serai jamais une pièce dans ton jeu. Jamais. »

Il ne répondit pas tout de suite, se contentant de fixer la route, son regard dur comme de l'acier. Finalement, il parla d'une voix basse mais menaçante. « Tu veux fuir, Élena ? Tu veux me défier ? Essaye. Mais sache que je serai toujours plus rapide que toi. Toujours. »

La voiture s'arrêta devant un imposant manoir. La bâtisse se dressait, imposante, austère, avec ses murs de pierre noire et ses fenêtres comme des yeux dénués d'âme. Élena frissonna. Cet endroit, ce manoir, était la prison où elle allait être enfermée.

Avant même qu'elle ne puisse réagir, deux hommes en costume noir surgirent de l'ombre et ouvrirent la porte de la voiture. Sans un mot, ils la saisirent, la faisant sortir du véhicule avec une brutalité glaciale. Élena chercha à se débattre, mais les poignes de fer des hommes étaient trop puissantes.

« Je vais m'échapper, » murmura-t-elle à elle-même, bien que son cœur fût lourd de doute.

Ils la conduisirent à l'intérieur du manoir, où un silence de mort régnait. Tout était grandiose, trop grandiose. Des meubles anciens, des tapisseries délavées, mais chaque détail semblait calculé pour imposer la domination d'Aleksandr. Elle ne pouvait pas se permettre d'avoir peur, pas encore.

Une fois à l'intérieur, les deux hommes la poussèrent dans une pièce sans fenêtres, une chambre froide et austère. Une porte se referma derrière elle, l'enfermant dans sa solitude.

Elle tourna sur elle-même, cherchant une issue, mais tout semblait conçu pour la tenir prisonnière. Rien n'était laissé au hasard. Mais son esprit, toujours aussi vif, chercha un plan. La clé de sa liberté résidait peut-être dans une autre porte, une porte qu'elle n'avait pas encore vue.

Elle attendit la nuit. Attendre était la seule chose qu'elle pouvait faire.

Elle s'approcha lentement de la porte de la chambre, l'esprit en effervescence. La tentative de fuite serait risquée, mais elle n'avait pas le choix. Alors qu'elle s'apprêtait à essayer de forcer la serrure, un bruit sourd se fit entendre dans le couloir. Des pas.

Elle se figea, le cœur battant. Elle savait qu'Aleksandr ne la laisserait pas partir sans une traque impitoyable.

Les pas s'arrêtèrent juste devant la porte. Le verrou se tourna lentement. La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre.

Les yeux d'Élena s'agrandirent, une nouvelle peur grandissant dans sa poitrine. Mais il était déjà trop tard pour reculer.

Chapitre 3 Chapitre 3

Élena s'éveilla dans un lit somptueux, entourée de drapés de soie noire. Elle n'arrivait pas à se souvenir de comment elle était arrivée ici, de la manière dont la porte de sa chambre s'était fermée derrière elle, ni des heures passées dans l'obscurité, à tourner et retourner les possibilités de fuite dans son esprit. Tout était trop silencieux, trop calme. Mais elle savait, au fond d'elle, qu'elle n'était pas en sécurité. Ce n'était pas une chambre, c'était une prison déguisée en sanctuaire.

Elle se leva lentement, les pieds nus frôlant le sol froid et poli. La chambre était immense, décorée de meubles anciens aux détails dorés et aux bois précieux, des tapis orientaux recouvrant le sol. L'odeur de la cire et des roses fanées flottait dans l'air. Tout ici avait été pensé pour l'impressionner, pour l'envoûter, pour la faire sentir qu'elle était une princesse. Mais Élena savait que c'était là tout le piège, une cage dorée.

Elle se dirigea vers la fenêtre, mais lorsqu'elle souleva les rideaux, une barre de fer en bloquait la vue. L'extérieur était invisible, comme si ce manoir avait été coupé du reste du monde. Il n'y avait ni jardin, ni rue. Juste des murs, denses et opaques. Il n'y avait nulle part où aller.

Un bruit de pas retentit dans le couloir. Élena se figea. Une silhouette féminine, vêtue d'une robe de chambre élégante, apparut dans l'embrasure de la porte. L'inconnue la regarda avec un regard froid, presque mesquin.

« Alors, c'est ici que tu es destinée à vivre, » dit la femme d'une voix froide, sans accueil. Elle n'avait pas l'air particulièrement amicale, mais ses yeux avaient un éclat que Élena ne parvint pas à comprendre. « Je m'appelle Katarina. »

Élena la scruta. La femme semblait avoir une autorité naturelle, un air d'élégance glacée. Ses cheveux étaient coiffés en une haute chignon parfait, et son regard, perçant et assuré, ne trahissait aucune émotion. Une maîtresse en apparence, mais la maîtresse d'Aleksandr. Un frisson parcourut le dos d'Élena à l'idée de ce lien.

« Tu es la... maîtresse d'Aleksandr ? » demanda Élena, son ton hésitant, la colère se mêlant à une lueur de défi. Elle n'était pas certaine de ce qu'elle espérait obtenir de cette confrontation.

Katarina la regarda de haut, un sourire mince et cruel se dessinant sur ses lèvres. « Oui, c'est moi, » répondit-elle tranquillement. « Et toi ? Je suppose qu'Aleksandr t'a dit pourquoi tu es ici. »

Élena baissa les yeux, la honte brûlant sa gorge. « Oui, » dit-elle d'une voix qui se voulait calme. « Mais je ne vois pas pourquoi vous devez... m'imposer cela. »

Katarina haussait les épaules, comme si elle ne se souciait guère des plaintes d'Élena. « Pourquoi ? Parce que c'est ainsi que fonctionne ce monde, chérie. Nous avons tous un rôle à jouer. » Elle fit une pause, la froideur de ses mots pesant sur l'air. « Et tu es là parce qu'Aleksandr en a décidé ainsi. »

Élena se leva d'un coup, trop agacée pour rester calme. « Il ne peut pas me contrôler comme ça ! » hurla-t-elle, sa voix brisée par l'émotion.

Katarina ne se départit pas de son sourire froid. « Tu as tort, » dit-elle d'un ton presque amusé. « Il a déjà commencé à te contrôler. Regarde-toi, tu es déjà sous son emprise, et tu ne vois même pas comment. Il a ce pouvoir, Élena. C'est lui qui commande ici. C'est lui qui mène le jeu. »

La froideur dans sa voix fit se tordre le ventre d'Élena. Elle n'avait aucune envie de se soumettre, mais elle savait que ses options étaient limitées. Elle serra les poings, essayant de contenir la colère qui grondait en elle.

Avant qu'elle ne puisse répondre, un bruit léger à la porte attira son attention. Elle tourna la tête pour voir une servante entrer, une jeune femme aux cheveux noirs et aux yeux sombres, vêtue d'un uniforme simple et discret. Elle semblait être la plus ordinaire des servantes, mais son regard trahissait quelque chose de plus. Il y avait de la douceur dans ses gestes, mais aussi une certaine résolution.

« Excusez-moi, » dit la servante d'une voix calme, « je suis Ivana. Je viens vous apporter des vêtements frais. »

Katarina la regarda un instant, ses yeux se durcissant légèrement. « Laisse-les ici et va faire ton travail ailleurs, » ordonna-t-elle, un ton autoritaire dans la voix.

Ivana s'inclina respectueusement, sans répondre, puis se tourna vers Élena. Un léger sourire fugace apparut sur ses lèvres, un sourire qui semblait dire quelque chose que Katarina ne pouvait pas voir. Élena, bien qu'étonnée, se força à ne rien laisser paraître.

« Merci, Ivana, » dit-elle simplement, alors que la servante déposa les vêtements sur la chaise près du lit.

Ivana jeta un dernier regard furtif à Élena avant de se retirer sans un mot, disparaissant derrière la porte.

Katarina, qui avait observé cette interaction avec un air de dédain, se tourna vers Élena avec un regard glacial. « Tu crois vraiment qu'elle te veut du bien ? » dit-elle, le sourire qui accompagnait ses paroles dévoilant une certaine malveillance. « Rien n'est gratuit ici. Personne n'agit sans raison. »

Élena n'eut pas le temps de répondre. Ses pensées se trouvaient ailleurs. La mystérieuse Ivana semblait offrir quelque chose de différent, un peu de chaleur dans ce froid glacial. Mais elle ne pouvait pas encore lui faire confiance.

Alors que Katarina se dirigeait vers la porte, Élena se leva brusquement. « Je dois sortir de cet endroit, » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour sa « rivale » en costume de soie.

« Tu penses que tu peux échapper à Aleksandr ? » lança Katarina d'un ton de défi. « Tu te vois vraiment le battre ? Tu n'es qu'un pion, Élena. Juste un pion. »

Élena se tourna vers elle, le regard brûlant de défi. « Je ne suis pas son pion, Katarina. Et je ne vais pas me laisser briser par lui. »

Katarina éclata de rire, un rire sec et amusé. « Tu t'en rendras vite compte. Mais laisse-moi te dire une chose : tu n'es pas la première à avoir tenté de s'échapper. Et je ne crois pas que tu sois la dernière non plus. »

Un sentiment de frustration monta en elle, mais elle n'eut pas le temps de réagir. Katarina laissa échapper un dernier regard froid avant de quitter la pièce, laissant Élena seule dans cette cage dorée.

Élena se sentait piégée, mais dans son esprit, un plan commença à se former. Elle n'était pas prête à se résigner. Elle devait trouver un moyen de s'échapper. Peut-être qu'Ivana, cette mystérieuse servante, pourrait l'aider. Elle ne pouvait pas l'oublier, ce regard furtif, ce léger sourire. Quelque chose chez elle laissait entendre que, peut-être, elle n'était pas simplement une servante.

Elle attendit quelques heures, surveillant chaque mouvement, chaque bruit, jusqu'à ce que la nuit tombe. Ce fut alors que, dans le silence de la maison, elle entendit des voix étouffées au bout du couloir. Curieuse, elle s'approcha discrètement de la porte, son cœur battant plus fort à chaque pas. À travers le léger espace entre les portes, elle aperçut deux silhouettes, l'une familière, l'autre non.

C'était Aleksandr, sa voix grave et autoritaire, et un autre homme, plus âgé, au visage marqué par les années. « Les ennemis de l'intérieur sont de plus en plus audacieux, » entendit-elle Aleksandr dire. « Il faut agir vite, avant qu'ils ne prennent le dessus. »

Élena retint son souffle.

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