............. Risette .............
Une semaine plus tard.
Je suis à l'hôtel depuis quelques heures avec mon homme, le père de mon second enfant et de celui que je porte actuellement. Nous venons de nous donner du plaisir, j'en profite enfin pour lui dire ce qui me tient à cœur.
- Chéri, je pense qu'il est temps qu'elle sache pour nous deux, je ne supporte plus de vous voir ensemble.
- Tu sais que c'est ce que je désire aussi mais c'est impossible. Elle nous tuera tous les deux, si jamais elle sait que nous avons une relation.
- Elle n'est pas ton épouse mon amour, tu n'es lié en rien à elle. Pourquoi donc avoir peur d'elle ?
- C'est une longue histoire ma belle, je préfère juste que nous restons comme toujours discret et que tout continue comme avant.
- Gabriel veut plus que ce que tu lui donnes pour se faire passer pour mon homme.
- Je rêve là, il me coûte trop cher ce monsieur. Je le prends entièrement en charge depuis plus de six ans et maintenant monsieur exige encore autres choses ? Oublie t-il que je prends aussi soins de sa fille ?
- Je lui ai tout rappelé mais il s'en fou de ce que tu peux penser ou dire ; il veut une nouvelle voiture d'ici la fin du mois ou, il nous laisse tomber.
- Je pense que c'est le mieux à faire, cet homme exagère, qu'il aille au diable, je ne lui donnerai rien Risette.
- Je pense que nous n'avons pas le choix, je suis enceinte et nous avons une fois encore besoin de lui.
- Cet enfant ne peut pas naître Risette. C'est trop risqué pour nous deux. Une fois suffit mais pas deux stp, ne tentons pas le diable, elle ne nous pardonnera jamais, si elle le découvre.
- Je me fou bien de ce qu'elle pensera ; mais, mon enfant verra le jour. J'aime déjà cet enfant que je porte en moi, et je refuse de me débarrasser de lui pour faire plaisir à une personne qui se fiche de tout le monde.
- (Se mettant à genou face à moi) ne fait pas ça stp, elle est capable de tout quand elle se sait en danger, tu la connais mieux que moi, ne la provoquons pas mon amour.
- Cette fois elle devra assumer sa défaite comme elle l'a fait il y a une semaine. Elle ne peut pas tout avoir dans la vie. Tu ne peux me convaincre du contraire, lève-toi maintenant et pense à la manière de lui dire la vérité ou tu continues à satisfaire les caprices de Gabriel. Personnellement, moi je souhaite au-delà de tout qu'elle le sache une bonne fois pour toute.
- On ne peut pas se mettre à nue, pas maintenant mon amour, je te propose d'aller en Europe, dans le pays de ton choix pour quelques mois. Tu pourras accoucher là-bas sans rien lui dire et ....
- Non non et non , n'y pense même pas. Je ne bougerai pas de mon pays, tu es un homme mon amour, assumes tes actes pour une fois. Je refuse de fuir ma patrie pour une raison aussi futile. D'ailleurs, je dois y aller, j'ai des choses à faire cet après-midi avec des copines. Je te revois demain ici à la même heure. Ne t'avise surtout pas de me poser un lapin maintenant qu'elle est rentrée sinon, je serai obligée de tout lui dire.
- Risette, tu me menaces maintenant ?
- Prends le comme tu veux mon amour, maintenant donne-moi l'argent dont je t'ai parlé il y a deux jours.
Sans rien dire, il ouvre son attaché de caisse et me tend une enveloppe que je prends en souriant.
- Merci mon amour, tu es un ange. Je vais rapidement prendre un bain et filer.
Il ne me répond toujours pas, je pense bien qu'il est fâché mais, je me fou de ses humeurs. Cet homme est unique en son genre. S'il m'était donné de trouver des mots pour décrire sa personnalité, je dirai simplement « le feu et la glace ». Le feu en affaire et la glace en relations amoureuses (sourire). Il se laisse facilement dominer par les femmes de sa vie. C'est la première fois que je rencontre un homme aussi puissant en affaire qui se comporte comme un toutou devant la femme (rire).Je dois quand même avouer qu'il est très efficace au lit, c'est d'ailleurs pour cette raison que je suis folle de lui et de son argent bien sûr (sourire). Avec lui, j'ai tout ce qu'il me faut, il me couvre d'argent et d'attentions quand l'autre n'est pas là.
Ce qui me gêne maintenant c'est le fait de rester dans l'ombre.Je veux m'afficher avec mon homme, crier au monde mon bonheur et surtout faire des jaloux (sourire) ; mais il dit qu'on doit encore attendre à cause de l'autre qui commence sérieusement à m'énerver à force de vouloir tout contrôler dans la vie des autres. Je sors de la salle de bain toute nue et passe devant mon chéri qui lève le regard en me voyant venir à lui dans une démarche sensuelle. Je sors ma crème corporelle de mon sac à main avec un sourire en coin. Je me positionne devant lui les jambes légèrement écartées et m'abaisse de manière à lui offrir une belle vue sur mon derrière bien rebondi et l'entrée de mon minou en enduisant mon corps de ma crème l'air de rien (sourire). Le bon monsieur me rejoint très rapidement en introduisant un doigt en moi.
- Je viens de te dire que je dois y aller mon amour, enlève stp ta main de là stp (ce qu'il fit).
- Tu ne peux pas me provoquer et penser t'en aller Risette dit-il en me dévorant des yeux. J'ai encore envie de toi Risette, tu sais comment me rendre fou.
- Si c'est le cas fais le ménage dans ta vie mon chéri, je veux être connue de tous.
- Ce n'est pas si facile mon amour, il y a beaucoup de choses à prendre en compte dit –il en envoyant son doigt à nouveau en moi. J'ai beaucoup de raisons de te tenir dans l'ombre ma belle, fais-moi confiance stp et profite du bonheur de m'avoir dans ta vie.
- Je veux...
Il m'interrompt en prenant mes lèvres dans sa bouche. Il m'embrasse fougueusement pendant que ses doigts me donnent du plaisir. Il m'entraine au lit et se retrouve très rapidement au-dessus de moi.
- Fais attention mon amour, ne faisons pas du mal au Bébé.
- Je vais essayer d'aller doucement même-ci j'ai plus envie de baiser que de faire l'amour.
- Je suis tout à toi mon roi.
La chambre d'hôtel devient rapidement témoin d'un corps à corps d'enfer dans un combat mortel des plus sensuels. Les gémissements et les soupirs fusent de partout. La sueur perle sur le torse de mon bébé, pendant qu'il donne tout ce qu'il a en lui pour me donner du plaisir. Je m'agrippe fermement à lui, lui griffant même le dos sans pour autant l'arrêter dans son élan. Il se déverse un moment plus tard dans ma cave en criant mon prénom et un « je t'aime comme un fou ». Il se laisse enfin tomber sur moi, je le garde au creux de mes bras en lui caressant tout doucement la tête. C'est le moment pour moi de faire ma demande car à ce moment, il dit toujours oui à tout ce que je lui demande (c'est mon homme et j'ai appris à le connaître).
- Mon amour, je veux que tu m'achètes une maison.
- Je demande à mon agent immobilier de se mettre en relation avec toi dès demain pour t'aider à trouver quelque chose qui te correspond mais que diras-tu à ta mère pour quitter la maison ?
- J'ai déjà trouvé ce que je veux mon amour. J'ai trouvé la maison de mes rêves.Concernant maman, n'aie aucune crainte, Gabriel s'occupera de tout.
- Il te faut combien alors pour acquérir ta maison ma reine dit-il en vibrant sous l'effet de mes caresses?
- Quatre Cent millions (400.000.000) de francs CFA pour la maison et cent cinquante millions (150.000.000) francs CFA pour l'équiper, je veux que mon bébé naisse dans un bel environnement.
- Tu auras cet argent dans trois jours mon amour,dis-moi maintenant où se situe cette maison.
- Dans la Zone de l'Aéroport International Cardinal GANTIN mon amour, c'est l'une des villas présidentielles en vente actuellement.
- Je dois avouer que tu as bon goût Risette mais ta mère ne sera jamais convaincue par Gabriel sur ce coup là.
- On lui dira qu'on la prend en location, elle n'a pas besoin de savoir que la maison est à moi mon amour. Je m'occupe de tout, n'ai aucune crainte.
- Si tu le dis, je te crois ma belle.
- Tu es un ange mon chéri et je t'aime chaque jour un peu plus.
- Moi je t'adore ma Risette.
- Je suis heureuse de l'entendre dis-je en lui donnant un baiser tendre auquel il répond avec passion comme toujours.
-Il faut vraiment que je parte maintenant, je ne veux pas laisser en plan mes copines qui doivent surement déjà m'attendre pour notre après-midi entre filles.
- Tu me rassures par ton dernier mot, tu es à moi seul Risette GANTI.
- Tout mon corps et toute mon âme t'appartiennent mon tendre chéri.
- Content de le savoir ma belle petite chérie. Vas-y maintenant sinon, je risque de changer d'avis.
Je me lève en lui faisant mon plus beau sourire et retourner dans la salle de bain, cette fois juste pour me nettoyer. Je remets ensuite mes vêtements sous le regard toujours admiratif de mon homme et sors enfin de l'hôtel le sourire aux lèvres. Je dois aller retrouver Anita, Marlène et Viviane, mes bonnes amies, dans un restaurant au bord de la plage. C'est un petit rituel entre femmes que nous avons instauré depuis plus de deux ans. Anita est la maîtresse d'un député fortuné qui se pli toujours en quatre pour satisfaire ses caprices de femme ; Marlène est la quatrième épouse d'un homme d'affaire qui est plein aux as, super jaloux qui fait tout pour acheter son amour ; et enfin Viviane, la maîtresse d'un ministre au gouvernement qui ne se gêne pas pour s'afficher avec ses conquêtes et les couvrir de cadeaux. Nous ne faisons pas les choses à moitié dans notre groupe d'amies (sourire).
Nous avons un Slogan de trois mots qui résume notre vie « Tout ou rien ». Je suis Risette GANTI comme vous le savez déjà. Depuis mon adolescence, j'ai toujours eu un penchant pour les hommes d'âge mur. Mon premier, mon professeur de Mathématique avait le double de mon âge. J'ai ensuite connu trois autres hommes tous beaucoup plus âgés que moi avant d'avoir le coup de foudre pour Gabriel le père de mon premier enfant. J'aime bien cet homme mais il est d'un ennui de cadavre. Rien dans la tête et tout entre les jambes, j'ai toujours regretté de l'avoir connu jusqu'au moment où j'ai rencontré mon actuel petit bijoux qui a émis l'idée de trouver une couverture pour cacher notre liaison.
J'ai alors mis Gabriel dans la confidence, et ce pauvre idiot a accepté sans hésiter du moment où, on s'occupe entièrement de lui. C'est donc à la sueur de mes fesses, que Monsieur GBAVO vit depuis plus de 5 ans. Il ne se gêne pas pour faire sa loi et demander à tout moment des choses qu'il ne pourrait jamais acheter avec son propre argent. La sonnerie de mon téléphone me ramène à la réalité. Je me gare sur le bas-côté de la rue pour prendre l'appel de madame ma mère.
- Bonsoir maman dis-je en décrochant le téléphone.
- Risette dis-moi exactement où tu es en ce moment.
- En ville maman, pourquoi cries-tu sur moi ?
- Je suis à la maison depuis plusieurs heures et les enfants me disent que tu es sortie depuis ce matin sans dire où tu allais.
- Je suis une grande fille maman, mère de deux enfants et je pense avoir le droit d'aller et venir comme je veux, nous sommes dans un pays de droit maman.
- Une grande fille qui habite toujours sous mon toit à 37 ans qui laisse ses enfants sans surveillance toute une journée pour aller se promener en ville mérite qu'on la ramène sur le droit chemin.
- Tu n'auras plus à te plaindre de ma présence chez toi maman, Gabriel vient de me proposer d'aller habiter avec lui. Nous allons bientôt fonder un foyer pour notre petite famille.
- Il était temps, enfin il se comporte comme un homme mais, pour le moment tu rappliques car tu habites encore chez moi. J'ai besoin de te parler de ton frère et de son obsession pour cette guinéenne de malheur.
- Maman laisse cette femme en paix stp, elle ne nous a jamais rien fait de mal et tu en es consciente. Je suis fatiguée de te soutenir dans le faux. J'ai aussi une fille et ma prière c'est qu'elle ne tombe jamais sur une belle-mère comme toi.
- Tu deviens folle Risette, c'est de moi que tu parles ainsi ? As-tu fumé quelque chose en mon absence ?
- Je n'ai rien fumé maman, je dis juste la vérité et même si elle est dure à entendre souffre de m'écouter. Aminata est une innocente à qui nous avons rendu la vie impossible sans raison. Je doute jusqu'à ce jour, de cette histoire d'infidélité qui l'a éloigné de Marcus car au fond, je savais qu'elle aimait réellement mon frère. Avec du recul, je regrette de t'avoir soutenue dans cette guerre que tu lui as livré il y a quelques années.
- Arrête de dire des absurdités Risette, je ne t'ai pas appelé avec mes unités pour t'entendre me parler ainsi de cette femme, tout ce que je te demande c'est de rentrer tout de suite.
- Je ne peux malheureusement pas maman, j'ai encore des choses à faire en ville, on se retrouve ce soir.
- Risette ...
- Au revoir maman dis-je en coupant l'appel.
Je mets ensuite le téléphone sur silencieux car je sais que madame GANTI me rappellera. Ce qu'elle ignore c'est que je ne prendrai plus son appel (sourire). Elle ne va pas me gâcher mon après-midi à cause de son aigreur. Mon rendez-vous de cet après-midi est très important pour moi et personne ne m'empêchera d'y aller.
............Agathe..............
Je regarde sans cesse ma montre en tournant dans mon salon. Je me rends compte que ça fait plus de quatre heures que j'attends Risette ; ma fille a complètement changé depuis maintenant cinq ans. Je suis rentrée de Parakou cet après-midi, lasse de faire des allers retours entre l'hôtel et la prison où séjourne mon fils à cause de cette guinéenne qui est portée disparue et c'est ce à quoi je suis confrontée maintenant (soupir). Je pensais trouver ici à la maison mon unique fille pour me consoler mais elle n'est nulle part. Ce qui m'énerve c'est que depuis quatre jours, Pierre ne décroche plus mes appels. Plus rien ne va dans ma vie depuis quelques semaines. Marcus mon fils qui a toujours fait ma fierté a complètement perdu la tête maintenant à cause de cette femme qui a gâché pendant plus d'une décennie sa vie.
Ma fille Risette se moque royalement de moi et me traite de mauvaise mère. Charles, mon dernier, est complètement perdu et pour couronner le tout Adjoua cette adolescente que j'ai moi-même choisi pour devenir il y a quelques années l'épouse de mon fils, me fait du chantage et me manque de respect maintenant après tout ce que j'ai fait pour sa famille et elle. Je me demande bien ce que j'ai fait de mal pour que tout aille de travers dans ma vie aujourd'hui. Il y a encore quelques mois, je me sentais heureuse et fière de voir ma famille si épanouie mais là tout semble s'effondrer. Je soupire longuement en entendant les enfants de Charly entrer dans ma maison en faisant un boucan. Je vois entrer dans mon salon Charnelle, la fille aînée de Charles, habillée comme une vulgaire prostituée.
Le pire c'est qu'elle est accompagnée de sa jeune sœur et de l'un de ses frères. Je me lève toute furieuse pour aller à sa rencontre. Je ne comprends toujours pas ce besoin qu'elle ressent de s'habiller comme une fille légère.
- Charnelle n'as-tu pas honte de t'habiller de façon aussi vulgaire? Oublies-tu que tu as des sœurs ici dans cette maison qui pourraient prendre exemple sur toi ?
- Je ne vois pas ce que tu reproches à ma tenue Mamie, elle m'a couté très chère.
- Je me fou de combien tu as mis dans l'achat de ce bout de tissu, tout ce que je te demande c'est de t'habiller de façon décente dans ma maison.
- Mamie, mes habits n'ont rien de vulgaire, c'est ce qui est à la mode maintenant et c'est ce que mes amies portent. Je ne peux pas être rétro juste pour te faire plaisir.
- Charnelle n'as-tu pas honte ? Tu as 19 ans et toujours en troisième, tout ce qui t'importe c'est de t'habiller, d'être à la mode comme tu le dis, de manger et de te promener dans tout Cotonou, as-tu envie de devenir un échec comme ton père ?
- Tu traites tout le temps mon père de vaurien mais lui au moins est toujours en liberté.
- Qu'insinues-tu Charnelle ? Qui t'a dit que mon fils est en prison ?
- Tout le quartier le sait mamie, il parait qu'il a essayé de tuer un jeune homme qui sort avec son ex, tout le monde en parle ici depuis quatre jours.
- Comment la nouvelle est venue à leurs oreilles Charnelle ? Personne n'était censée le savoir. Je veux connaître la personne qui a divulgué l'information.
- Le fils du voisin est dans l'armée mamie, en service à Parakou, je suis sûre que ça vient de lui.
- Mon Dieu, comment les gens vont me regarder désormais ? Moi qui me vantais tout le temps auprès d'eux de la réussite professionnelle de mon fils. Qu'ai-je fait à Dieu pour mériter ce châtiment ?
- Tu es la seule à pouvoir répondre à cette question mamie mais tata Risette dit que ...
- Tais-toi petite insolente, je ne veux plus t'entendre parler disparait de ma vue tout de suite.
- Je m'en vais mamie, ne déverse pas ta colère sur moi, je n'en suis pour rien dans cette affaire.
Elle me fait un sourire narquois avant de me libérer de sa présence. Je me laisse tomber sur un tabouret tout près de la porte en me tenant la tête dans les mains. Je suis à bout, vraiment à bout. Je voulais cacher cette histoire à tout le monde dans mon entourage pour préserver mon image de marque mais là c'est fichu. Je ne sais plus si j'aurai le courage de sortir la tête haute de chez moi. Je comprends pourquoi la voisine m'a accueilli cet après-midi avec cet air ironique et si radieux alors que d'habitude elle me parle toujours avec respect et admiration. Je dois trouver rapidement le moyen de m'éloigner de cette ville. Le mieux c'est d'aller à l'extérieur du Bénin pour les deux prochaines années au moins.
Me faire oublier de tout le monde pendant un moment est la solution que je viens de trouver à mon problème. Je me fou de ce qui peut bien arriver à ces ingrats d'enfants en mon absence. Le plus important à partir de ce moment c'est mon bien-être. Quand je me souviens de toutes les âneries que Marcus m'a raconté le premier jour où je suis allée le voir en prison, j'ai la rage. Je me demande pourquoi il est toujours autant obsédé par cette femme qui ne vaut rien. Depuis qu'il a quitté cette femme, il y a plus de quatre ans, il n'a plus jamais été heureux. J'ai pourtant tout fait pour lui redonner en vain le sourire mais rien n'y fit. Même ses deux enfants n'ont jamais pu lui apporter la paix intérieure.
Je suis même retournée à plusieurs reprises voir cet homme chez qui j'avais trouvé la solution pour me débarrasser du bâtard que portait cette étrangère à leur arrivée au Bénin, mais il disait que Marcus était lié par une promesse et un vœu à cette chose de Aminata et qu' elle serait la seule à le libérer.
Je n'ai jamais parlé de cette histoire de lien à Marcus et je ne suis pas disposée à le faire, je ne veux plus de cette femme dans la vie de mon fils. J'étais prête à en finir avec elle de mes propres mains si je l'avais rencontré au cours de mon séjour à Parakou. De toutes les façons, je m'occuperai d'elle à mon retour de Londres. Il faut qu'elle disparaisse de la surface de la terre. J'ai toujours le pagne pris dans la maison qu'elle occupait avec mon fils avant de nous libérer de sa présence. Je vous raconterai comment, j'ai fait pour l'obtenir et surtout ce que j'en ai fait un de ces jours. Laissez-moi d'abord préparer mon voyage et le reste viendra après.
Risette veut déménager, ça tombe donc à pic qu'elle s'en aille comme elle le dit avec ses deux enfants. Je ramènerai à Charles ses quatre gosses car il est temps qu'il prenne ses responsabilités de père. Je veux prendre du temps pour moi-même et c'est ce que je compte faire à partir de ce jour. Comme ces enfants pensent qu'ils n'ont plus besoin de moi et bien qu'ils se débrouillent sans moi donc. Je prends mon téléphone et appelle la première épouse de ce chien de Pierre. Il pense que j'allais le laisser se moquer de moi sans rien faire, et bien il se trompe. Je vais lui apprendre qu'on ne se moque pas d'Agathe GANTI sans en subir les conséquences. Il a le culot d'ignorer mes appels, je vais donc lui donner une bonne leçon.
- Bonjour Madame dis-je dès que j'entends la voix de l'autre idiote au bout du fil. Je suis la maitresse de votre mari depuis bientôt sept ans et je voudrais vous faire une confession.
- Je ne veux rien entendre de vous pauvre garce, vous appelez surement parce qu'il en a eu assez de vous. Gardez pour vous votre maudite confession.
- La garce sait au moins ce qui vous arrive depuis plus de 11 ans et pourquoi vous n'avez qu'un seul enfant aujourd'hui malgré les multiples grossesses que vous avez portées.
- Que dites-vous madame répondit-elle d'une voix tremblante.
- Oups, je crois que j'ai trop parlé, toutes mes excuses Madame NOUKOU pour le dérangement, je garde ma maudite confession pour moi comme vous me l'avez conseillé il y a un moment. Prenez soins de vous et votre échantillon de fils. A très bientôt ma belle.
Je raccroche en riant aux éclats. C'est vrai que je suis méchante, oui, je le sais. Plus besoin de me dire ce que je sais déjà. Je me fou bien de ce que vous pensez de moi. Comme toujours, je demande à vous cher(e)s lecteurs/lectrices de me jeter la pierre si vous n'avez jamais pêché dans la vie. Je suis comme je suis et j'assume mes actes. Il était temps que cette bonne femme (rire) sache que son mari s'est enrichi en faisant son malheur depuis plusieurs années. Je lui rends simplement un service, elle se sentira désormais moins coupable de n'avoir pas gardé jusqu'à termes ses bébés. Je connais vraiment beaucoup de choses sur la vie de Pierre mais, il s'amuse à s'attirer ma colère au lieu de continuer à s'incliner pour moi comme il le fait si bien depuis plusieurs années.
Je suis sûre qu'il me rappellera bien vite, et je pourrais alors lui donner mes conditions pour continuer à garder le silence. Il ne peut pas s'en prendre à ma vie car, nous avons fait des choses ensembles qui nécessitent pour son bien, que je reste en vie (sourire). Je peux donc faire de lui ce que je veux et rien ne pourra m'arriver. C'est tellement bien de savoir que l'on a de l'emprise sur les autres dans la vie.
............. Risette.............
Le lendemain.
Je me réveille en sursaut. Je tourne le regard vers la porte d'entrée en rage, j'espère bien que ce n'est pas l'un de mes enfants qui vient me réveiller de si bonne heure. Je me lève pour aller ouvrir la porte en poussant plusieurs jurons. Je suis surprise de voir maman toute habillée à ma porte. Elle me toise pendant un moment sans rien dire.
- Que me veux-tu de si bonne heure maman ? Tu viens d'interrompre mon sommeil et maintenant que je t'ouvre la porte, tu me regardes comme si tu ne m'as jamais vu ?
- Je suis chez moi Risette et je peux taper à toutes les portes à n'importe quelle heure de la journée.
- Profites-en très bien parce que dans une semaine, je quitte définitivement cette maison répondis-je en murmurant presque.
- Risette, je suis ta mère pas ta camarade ; en plus de cela il est déjà neuf heure passée? Je me demande bien si tu es capable d'éduquer toute seule les enfants que Dieu t'a donnés.
- Maman, comme tu viens de le dire ce sont mes enfants, je saurai me débrouiller avec eux. Laisse tomber stp et dis-moi ce qui t'emmène vers moi à cette heure.
- Je voudrais te dire que je voyage dans cinq jours pour un long moment. Mais avant, je voudrais que tu quittes la maison, je compte la mettre en location pour le temps que je ferai hors du pays.
- Où vas-tu maman dis-je étonnée de l'entendre parler de long voyage ?
-J'ai envie de changer d'air Risette, ne me demande pas où je vais. Sache juste que je voyage et qu'il faut que tu te dépêches de rejoindre ton homme. Demain, je ramène les enfants de Charles à leur père, il se débrouillera également avec eux. La nounou que je suis vient de prendre sa retraite.
- Je vais m'organiser avec Gabriel dès aujourd'hui et nous verrons ce qu'il y a lieu de faire maman.
- C'est parfait, je te laisse maintenant, j'ai des choses à faire avant mon voyage.
Je la regarde s'éloigner avant de refermer ma porte. Je prends mon téléphone pour appeler Gabriel à qui j'explique la situation, ce sale profiteur exige encore de moi l'argent avant de venir voir maman. J'appelle ensuite mon agent immobilier à qui je donne rendez- vous dans deux heures pour visiter la maison et discuter des conditions d'achat. Je finis ma série d'appels par mon homme qui m'annonce que le virement de l'argent sera fait dans la journée sur mon compte. Il s'excuse de ne pas pouvoir honorer notre rendez-vous de ce jour à cause d'une affaire urgente qu'il doit régler mais je sais très bien que c'est l'autre qui l'occupe. Je le remercie malgré tout et lui fais promettre de m'appeler très rapidement pour un autre rendez-vous. De toutes les façons, je serais très occupée ces jours avec l'achat de ma maison et mon aménagement.
Je dois aller à Dubaï et aussi en Chine pour mes achats. Mon amie Viviane, viendra avec moi. Elle vient avec moi pour faire également quelques achats. Je ne compte pas dire à maman que je voyage encore moins que je suis enceinte. Je compte bien lui faire la surprise. Elle me verra très ronde ou avec mon bébé à son retour. Je suis une grande fille et je compte désormais voler de mes propres ailes et prendre ma vie en main. Je suis fatiguée de voir mon homme dans des hôtels. Si je déménage c'est pour permettre à mon chéri de me rendre visite comme il veut et quand il veut. La prochaine étape sera de m'afficher à ses bras. Tout le monde doit savoir que je suis désormais un cœur pris(sourire).
............ Lucas DAGBA ...............
Des jours plus tôt à Parakou.
Je suis au domicile du couple DATOU, où Chimène et son homme m'accueillent comme un roi. Son homme prend congé de nous pour aller régler une affaire urgente et je me retrouve seul avec Chimène. Elle me demande de venir avec elle dans leur immense jardin où elle m'installe en souriant.
- Attends-moi Lucas, j'ai quelque chose pour toi.
- Ok, je t'attends mais après nous devons parler de quelque chose de très important.
- Je serai toute à toi dans quelques instants mais avant, je dois faire quelques chose que tu aimeras surement.
Elle s'éclipse en me faisant un clin d'œil et revient plus tard avec un verre à cocktail, contenant ma boisson préférée.
- Je n'ai pas oublié ta préférence Lucas, je veux que tu saches que malgré toutes ces années passées sans nouvelle de toi, j'avais toujours une petite pensée positive pour toi.
- Merci Chimène dis-je tout ému en prenant le verre qu'elle me tend avec un large sourire.
Je porte ce verre contenant du sirop de Menthe, du lait frais et de rhum avec quelques glaçons aux lèvres et en prend une petite gorgée en lui faisant un sourire forcé. La culpabilité me ronge encore plus à cet instant précis. Cette femme que j'ai trahi un jour, est aux petits soins pour moi et cela me fend le cœur de la voir me sourire et me remercier si sincèrement d'exister dans sa vie et surtout d'avoir pris soins de son fils la dernière fois à l'hôpital. Si la vie d'une personne ne dépendait pas de moi, je ne serais jamais assis ici ce jour pour faire ce que je m'apprête à faire. J'espère qu'elle trouvera en elle la force de me pardonner et qu'elle continuera à me voir comme un ami.
Je sais que je n'ai plus le choix et que l'heure de la vérité vient de sonner alors je prends une profonde inspiration et me lance comme un grand en puisant le courage nécessaire en moi.
- Chimène, pourrais-tu m'accorder quelques minutes d'attention ? J'ai quelque chose de vraiment important à te dire.
- Je t'écoute Lucas, pourquoi es-tu tout d'un coup aussi sérieux ? nous sommes amis alors parle-moi sans détours.
- (Gardant toujours mon air sérieux) Merci Chimène. je suis ici pour te demander une faveur et surtout pour ...
- Vas droit au but mon ami, si c'est pour une question d'argent, tu peux être tranquille, tu l'auras, nous avons les moyens de t'aider maintenant et nous sommes prêts à le faire avec joie. Je m'en veux toujours de n'avoir pas pu t'aider au moment où tu avais le plus besoin de moi, si la vie me donne une autre chance de me racheter, je le ferai sans me faire prier dit-elle en m'interrompant.
J'ai encore plus du mal à lui avouer que je me suis servie d'elle pour arriver là où je suis en ce moment.
- Il ne s'agit pas de soutien ou d'aide Chimène. Je veux juste t'avouer qu'il y a plus de 18 ans je me suis servi de toi pour atteindre mes objectifs et qu'aujourd'hui, je m'en veux cruellement d'avoir agi de la sorte en pensant uniquement à moi.
- Je ne comprends ce que tu dis Lucas, sois plus explicite stp.
- Ce soir-là à l'hôpital, le jour où tes enfants venaient au monde, j'ai ...
- Ne me rappelle pas ce jour stp, je me sens toujours coupable d'avoir manqué de force pour pousser correctement. Si j'avais été plus forte ma fille serait peut-être ici avec moi en ce moment.
- Ta fille n'est pas morte Chimène lui répondis-je la tête baissée.
- Arrête stp de dire des absurdités Lucas. Je vous ai vu la sortir de mon ventre après mon fils, elle n'a pas crié à sa naissance, et tu m'as dit toi même qu'elle ne vivait plus. Pourquoi me faire revivre tous ces mauvais souvenirs aujourd'hui mon ami ?
- Ta fille n'a pas pleuré à sa naissance, elle avait du mal à respirer mais, nous l'avons aidé à le faire. Tu as sombré juste après l'accouchement des enfants et ...
- Et tu as fait quoi ? Dit Isidore son mari que je n'ai pas vu venir à nous.
- Pardonnez-moi svp, ce jour-là en fait, juste avant d'aider Chimène à accoucher, nous l'avons fait avec une dame qui a accouché d'une fille mort née. Elle ne pouvait malheureusement plus jamais concevoir à cause des complications dues à l'accouchement. Elle m'a alors proposé de l'aider et je ...
- Tu lui as donné notre fille dit Isidore en me regardant avec haine et dédain.
- Le frère de la dame, paix à son âme était le responsable du service gynécologique à cette époque-là et ils m'ont tous les deux convaincu de le faire contre une forte somme d'argent.
- Tu as donc vendu ma fille Lucas, je te faisais totalement confiance, mais tu m'as trahis de la plus cruelle des façons dit Chimène en pleure.
- Je te demande pardon dis-je en m'agenouillant à ses pieds, pardonne moi stp, je m'en veux tellement si tu savais.
- Où se trouve ma fille Lucas dit son mari en criant presque, me faisant trembler de peur.
- Elle est actuellement hospitalisée dans une clinique de la place, elle ne va pas bien.
- Ma fille souffre de quoi Lucas ? dit Chimène toujours en pleure.
- Elle a une leucémie qui nécessite une greffe lui répondis-je tristement.
- Je veux la voir Lucas, je veux voir ma fille.
- Laisse-moi appeler sa mère, euh celle qui l'a élevé pour savoir où elle se trouve exactement dis-je en prenant mon téléphone.
- Nous irons la voir et après cela, j'irai porter plainte contre toi Lucas, tu dois payer pour ce que tu as fait.
- J'en suis conscient et je suis prêt à tout endurer pour me faire pardonner. Je suis profondément désolé.
J'appelle Célestine pour avoir les indications sur la clinique où elle se trouve avec sa fille. Elle me répond toute joyeuse de savoir que je me suis enfin décidé à faire ce qu'elle m'a demandé. Elle me donne l'adresse et le nom de la clinique que je note avant de raccrocher. Je vais attendre dehors la mine triste, le couple qui se prépare surement pour sortir.
..............Chimène................
Je frappe à la porte de Maël, mais personne ne me répond. J'ouvre tout doucement la porte, et je remarque qu'il dort à poings fermés avec son casque à l'oreille, certainement en train d'écouter sa chanson fétiche du moment. Malgré la douleur que je ressens en ce moment, je suis heureuse de pouvoir rencontrer ma fille que je croyais morte. Je voulais partager la joie avec Maël, mais il dort comme un bébé. Je sais qu'il sera heureux de connaître sa sœur et qu'il pourra enfin penser à autre chose qu'à son amour malsain pour Armelle. Je m'approche de lui pour poser un baiser sur son front et lui prendre le casque mais il m'empêche de le faire en émergeant de son sommeil.
- Que veux-tu maman ?
- Je suis venue te parler de quelque chose de très important te concernant mon fils.
- Je sais déjà que ça a rapport avec mes études, donc pas la peine de le dire, papa m'a informé ce matin que vous avez déjà pris le billet et que je pars dans une semaine.
- Ce n'est pas de ça que je veux te parler Maël c'est que...........
- Il faut y aller mon amour dit Isidore en faisant son entrée dans la chambre de notre fils.
- Bonsoir papa, maman disait qu'elle avait quelque chose d'important à me dire me concernant, donne nous juste quelques minutes pour parler.
- Je m'excuse mon fils, mais ta mère doit venir avec moi, vous parlerez plus tard, nous devons y aller maintenant.
- Je te parlerai en rentrant mon chéri, ton père a raison, nous devons y aller. Ce que je veux te dire peut attendre.
- Si tu le dis maman, j'espère que ce n'est rien de grave et que ça n'a rien à avoir avec Mel, je le dit à cause de ton expression et cette petite mine que tu as. Je ne vous pardonnerai jamais si vous me cacher une information concernant la femme de ma vie me dit-il en me regardant de façon insistante un peu comme son père quand il essaie de lire dans les pensées des autres.
- Ça n'a rien à avoir avec Armelle mon chéri, je te le promets. Mais c'est quelque chose de très important qui te rendra surement heureux. J'en ai assez de te voir triste et de parler à Rock tout le temps comme s'il était une personne capable de te comprendre.
- Il est le seul dans cette maison qui partage ma douleur et si je pouvais, je l'emmènerai avec moi. Il est le seul souvenir que je garde de ma déesse qui me manque toujours cruellement.
- Tu finiras par l'oublier par la grâce de Dieu.
- Je n'en suis pas sûr maman, maintenant dites-moi où vous allez tous les deux un dimanche midi ? Habituellement vous vous reposez toujours après l'église.
- Oui mon chéri, nous allons régler une affaire vite fait en ville lui dis-je en le quittant pour les bras de mon mari.
- A plus tard, revenez vite de votre sortie mystérieuse monsieur et madame DATOU, votre fils vous attend sagement à la maison.
- A plus tard fiston, lui répondit Isidore en sortant.
Il lui répond par un signe de la main. Nous sortons de sa chambre et allons dans la nôtre.
- Pourquoi ne veux-tu pas que je dise à Maël qu'il a une sœur jumelle?
- Je préfère que nous allions voir la petite de nos yeux avant de le dire à Maël qui, sera surement très affecté par la nouvelle. Il vient de traverser une situation douloureuse et je voudrais que nous le préparions à cette nouvelle.
- Je comprends mais, j'ai pensé que ce sera pour lui une occasion de penser à autre chose que ce qui le préoccupe en ce moment.
- Tu as sans doute raison, mais je préfère voir cette jeune fille avant que notre fils ne soit au courant.
- Si tu penses que c'est le mieux à faire pour lui, faisons le donc.
- Je voudrais aussi te dire que si notre fille est vraiment très malade comme vient de dire l'autre traite, je vais l'évacuer en Europe le plus rapidement possible pour qu'on prenne correctement soins d'elle. Je veux qu'elle reçoive les meilleurs soins qui soient et qu'elle guérisse très vite.
- Je comprends Isidore, je suis aussi de ton avis, mais nous devons en discuter avec ses parents avant toutes choses.
- Ses parents c'est nous Chimène, ces gens nous ont volé notre bébé, et tout ce qu'ils méritent c'est d'être punis mon amour. Ils sont aussi coupables que ce médecin de pacotille qui se disait être notre ami.
- Je partage la même douleur que toi Isidore, mais nous ne devons pas juger les gens sans savoir. Lucas a mal agis mais je suis sûre qu'il est un homme bon qui a du cœur.
- Tu fais trop confiance aux gens, tu vois où ta confiance aveugle nous a emmené avec Armelle ou Amina? Elle nous laisse un fils en pleine dépression amoureuse qui est devenu l'ombre de lui-même. Quand il ne parle pas tout seul c'est qu'il le fait avec un chien, le chien de cette femme que tu lui permets de garder chez nous malgré tout ce qu'elle nous a fait. Tu oublies que nous avons failli perdre notre fils par sa faute et tu continues à l'aimer comme avant, ne le nie surtout pas dit-il en voyant mon expression étonnée, je t'entends souvent prier la nuit pour que Dieu la protège ou qu'elle soit en ce moment.
- Excuse-moi mon chéri si je ne vois que le bien dans les personnes que j'aime, mais c'est plus fort que moi et tu le sais. Quand j'apprécie une personne et que je me rapproche d'elle, je lui voue une affection sans bornes. Cela ne veut pas dire que je suis aveugle au point de laisser entrer de mauvaises personnes dans nos vies Isidore. Armelle est une bonne personne, je le sais pour l'avoir côtoyée ces dernières années. Qui sommes-nous pour la juger mon chéri ? Elle est un être humain, tout comme nous deux, faible et exposé au péché en permanence. Pas que je cautionne ce qu'elle a fait parce que je ne la laisserai jamais retourner avec Maël, mais je ne peux la haïr car elle m'a beaucoup apporté à certain moment de ma vie. Je comprends aussi que tu considères Lucas comme un traite pour ce qu'il a fait mais ce n'est pas à nous de rendre justice ou de le blâmer. Je ne te refuse pas de porter plainte contre eux. Fais-le si cela peut t'aider à avoir moins mal, je te soutiendrais même si je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure chose à faire. Notre fille est en ce moment très malade selon Lucas et elle a surement besoin de toutes les personnes qu'elle aime à ses côtés pour aller mieux. Si tu fais emprisonner ses parents et Lucas, cela ne changera rien puisque de toutes les façons, nous avons déjà perdu 18 ans loin d'elle. Pour ma part, je me concentre sur la relation que j'ai envie d'établir avec elle. Je veux l'aimer, prendre soins d'elle et gagner peu à peu son affection si elle s'ouvre à moi. C'est ce que j'ai de mieux à faire et je pense sincèrement que c'est ce que tu dois aussi faire mon amour. Tu es une très bonne personne et c'est d'ailleurs pour cela que je t'aime autant, ne te laisse pas gagner par la rancœur et toutes ces vilaines choses qui avilissent l'âme. Si j'ai accepté que l'ex de Armelle soit mis en prison c'est juste pour protéger notre fils et en même temps Aminata. Je m'en veux toujours un peu pour cela, car malgré tout je me dis que cet homme a juste besoin d'un psychiatre étant obsédé par une femme et agissant plus par jalousie que par méchanceté.
- Tu n'arrêteras jamais de m'étonner Chimène, tu es une personne extraordinaire, que j'ai toujours du mal à cerner malgré toutes les années que je passe à tes cotés et tout ce que nous partageons. Parfois je me dis que j'ai bien de la chance de t'avoir dans la vie. je te comprends, mais je suis différent de toi, merci de m'accepter tel que je suis. Maintenant partons, l'autre que je préfère ne plus qualifier par respect pour toi, nous attend dehors.
- Allons-y mon amour lui dis-je en lui prenant la main.
Nous sortons en silence rejoindre Lucas, qui nous regarde avancer avec une mine de chien battu. J'ai juste pitié de lui car il fait de la peine à voir. Je suis certaine qu'il est rongé par la culpabilité et je peux vous dire que c'est le plus grand des châtiments pour quelqu'un de normal qui a une conscience. Ne dit-on pas souvent que « la conscience est un juge et un punisseur inévitable » ? Je laisse donc la vie et Dieu rendre justice à sa façon car j'ai mieux à faire en ce moment.