Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Aventure > Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes
Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

Auteur:: Hannibal Lecteur
Genre: Aventure
Année 2222, Ouroboros est une ville possédée par le mal. La criminalité y est de 99 %. Tout se passe en pleine dictature totalitaire. Le gouvernement a alors décidé d'enfermer dans cette cité, tous les rejetés de la société dans ce cloître puant et ignoble, qui est enclavé par une grande muraille impénétrable. C'est à Ouroboros que vit Phoebus et la jeune femme, deux jeunes pauvres du quartier le plus malfamé de la ville et l'autre, qui l'est moins. Tous les deux voient leur vie basculer un soir où Phoebus rentre bourré chez lui et il secoure une belle jeune femme contre trois voyous. Jusqu'à ce qu'une éclipse anormale qui n'a lieu que tous les mille ans apparaisse. Cette éclipse appelée : "Lueur Divine" le baigne totalement de ses rayons lui ainsi que la jeune femme. Leurs destins sont intimement liés à partir de cette soirée fatidique et ils vont acquérir de mystérieux dons et une apparence étrange, par la suite. Super-pouvoirs obligent, ces dons vont complètement les chambouler et mettre en lumière leurs convictions profondes qui sont en totale contradiction avec l'ensemble de leur mode de vie, leur personnalité et leurs pensées. Enfants du soleil et de la lune, ils vont devoir unir leurs forces pour anéantir le mal, la criminalité, le chaos et la dévastation de leur ville et de la France entière. Y arriveront ils ? Que sont-ils? Que feront-ils pour annihiler le mal entre ses murs ? nul ne le sait. Mais vous le saurez en lisant cette histoire fantastique: pleine de rebondissements, d'actions, d'aventure, de suspens, de bastons et de super-pouvoirs

Chapitre 1 Un monde en perdition...

Le crime fait rage, le chaos et la désolation s'emparent des lieux avec férocité, ils dominent l'horizon de part en part. Ils régnent en maîtres sur la ville et le territoire tout entier. Ils mettent « Ouroboros » à feu et à sang. Nommée ainsi car la cité représente le serpent qui se mord la queue, c'est tout à fait ça ici. Voilà ce qu'est la signification de ce nom maudit, synonyme de malheur. En son sein, un cercle infini de mal qui agit entre ces murs, il est plus présent que n'importe quelle autre entité vivace, ici-bas. Cela ne s'arrête jamais, et empire d'année en année...

Le taux de criminalité est de quatre vingt dix neuf pour cent, la pauvreté, le chômage, la faim, la violence, la prostitution, la drogue, les trafics d'humains et d'organes, ainsi que la corruption et les pots de vin sont monnaies courantes. Ouroboros qui m'a vu naître et grandir, coure droit à sa perte. L'effroi, la misère, la violence, la souffrance et le désespoir s'amoncelent au-dessus de nos têtes, et une pénombre des plus obscures englouti cette cité, sans pouvoir s'estomper...

Les organisations criminelles veillent au grain, et poussent à foison dans la ville, comme des petits champignons. Elle font en sorte que chaque criminel ne puisse mot dire, et s'exécute quelle que soit la tâche ingrate qui lui est confiée. Ces grandes organisations font en sorte de se faire respecter auprès de celles qui sont plus petites, et ainsi de suite, comme ça la ville ne s'effondre pas sous nos pieds, elle est seulement au bord de sa chute prochaine et imminente. Cela va sans dire... La vermine pullule et grouille dans ces ruelles sombres et malfamées de la ville. Elle s'est formée et agglutinée à Ouroboros, comme un mollusque à son rocher, bien ancré dessus. Et cela depuis des années, petit à petit, le changement n'est pas immédiat au début, mais la cité à commencé à changer, sa population à être dirigée et terrorisée par ces malfrats sans nom !  

Puis, ce sentiment d'insécurité entremêlé de malaise, d'amertume et de désarroi, je le ressent tous les jours sur ma poitrine. Une douleur et une pression plus dure et plus présente chaque jour, à mesure que les semaines et les mois défilent. Une épée de Damoclès se tient fermement là et englobe de toute part cet endroit infâme et craint de tous. Une sorte de boulet qu'on doit traîner aux pieds, toute sa vie.  J'ai grandi là, dans un quartier miséreux de cette ville en ruine, et sans aucune échappatoire pour moi.... C'est un véritable coupe-gorge, et un crève-cœur d'habiter ici tous les jours... Un nid à emmerdes et à déchets, voilà ce que je pense à ce moment-là malgré moi.

C'est paradoxal, car cette ville je la désire tout autant que je la crains.  Je ne suis qu'un minable petit opérateur de station-service, dans un coin malfamé de la ville. Ma station s'est déjà faite braquée huit fois, dont cinq où j'étais derrière la caisse. Je peux dire que ça fait très peur, quand on nous pointe un flingue sur la tête ou la poitrine, qu'il soit chargé ou non. Ensuite, se faire braquer huit fois au même endroit, ce n'est certainement pas courant autre part ailleurs. Cependant ici, à Ouroboros, c'est devenu monnaie courante, et donc une situation des plus banales. Je me demande toujours pourquoi mon patron n'a pas fermé, d'ailleurs, sûrement par énergie du désespoir. Puis peut-être aussi parce qu'il va crever de faim comme tout le monde ici, s'il ferme... Pas le choix, il faut faire avec... Il a renforcé la sécurité avec des caméras de surveillance, mais malheureusement, elles ne fonctionnent pas tout le temps ici, sûrement par manque de moyens.  

Nous possédons une ancienne télévision, mais qui fonctionne encore. Tous les jours aux infos, y compris sur mon lieu de travail, je vois le crime se faufiler à travers chaque interstice, chaque entraille de cette ville, et s'y abattre tel un chien enragé. Une information un peu inhabituelle cependant, m'interpelle quand même un instant ce jour-là, en zappant les chaînes. La présentatrice annonçe que dans trois semaines, jour pour jour, va avoir lieu une éclipse à la fois lunaire et solaire. Que le phénomène est immensément rare, dû au fait qu'elle n'a eu lieu qu'une seule fois, et c'est il y a mille ans, et va se reproduire encore mille ans après notre siècle. Elle est sur le point d'expliquer comment se déroule le phénomène.  La lune et le soleil tournent autour l'un de l'autre, allant jusqu'à s'enchevêtrer profondément ensemble, pour ne former qu'un seul et même astre. Puis, une heure plus tard, ils se décroisent et repartent à leurs places initiales. Cette fusion qui provoque une éclipse anormale est appelée : « Lueur Divine », car ses rayons sont d'une couleur exceptionnelle, mélangeant toutes celles connues de l'arc-en-ciel, et d'une lueur chatoyante et incandescente. Cet éclat est tellement fort, que la circulation doit être arrêtée, ajoutée au fait que l'on doit rester chez soi. C'est une obligation plus qu'une recommandation. Puisque cette lumière peut nous brûler la rétine et nous rendre aveugles, en plus de nous cramer la peau au troisième degré. C'est un spectacle magnifique certes, mais à ne pas prendre à la légère toutefois.  

Cette éclipse va avoir lieu le samedi vingt-deux décembre de cette année deux mille deux cent vingt-deux. Coïncidence ou destin divin ? Nul ne le sait, pourquoi, à cette date précisément, mais elle a une connotation mystique. Je note toutefois l'information sans grande importance dans mon esprit, pour la laisser filer pratiquement aussitôt après. Puis j'éteins l'écran, car cet événement n'a pas du tout lieu d'être pour moi, je m'en fous.  

Cette parenthèse mise de côté, je repense déjà au sort désastreux, dans lequel se trouve ma ville. Je ne supporte pas de voir tout cela se produire, les forces de l'ordre et les autorités sont complètement dépassées par les événements, ils ne font rien pour ses habitants de France. Ou plus communément appelés les rejetés de la société, nous. Ils arrivent souvent trop tard, où n'ont pas le temps de réagir face à une situation d'urgence. Voici comment la pourriture a envahi notre communauté. Et c'est aussi pour cela que je ne regarde plus la télévision depuis un moment, toujours d'horribles nouvelles chaque jour, pour nous enfoncer un peu plus dans le mépris et le désespoir le plus total.  Je termine mon service de la journée, encore sur une note négative et éprouvante aujourd'hui. Nous ne sommes encore que mardi, il va me falloir encore beaucoup de courage pour affronter le reste de la semaine, qui s'annonce étouffante. J'étais déjà blasé face à tant de monstruosité que la France subit à cet instant. Comment en somme-nous arrivés là ? Je me pose souvent la question, sans jamais avoir de réponse, bien entendu... On est quand même en deux mille deux cent vingt-deux, la situation ne peut pas être pire que maintenant.  

Quand j'étais petit, ma grand-mère me racontait souvent, que sa mamie à elle, quand elle était plus jeune de son temps, les gens vivaient en harmonie. Ils se soutenaient les uns les autres, faisaient preuve de solidarité et d'humanité. La générosité, mais surtout la justice existait encore. Et les coupables payaient pour leurs crimes présents ou passés. Il faisait bon vivre. On n'avait pas peur d'affronter demain, de regretter hier, ou d'exister aujourd'hui. On a perdu tout cela depuis longtemps nous, et on ne connait pas ces sentiments positifs. Ces sentiments de sécurité, de joie de vivre, d'entraide, de solidarité et d'espoir, nous sont totalement étrangers, à nous les Français.

Je n'ai jamais ressenti un tel degré de béatitude de toute ma vie, la paix intérieure m'es totalement inconnue. C'est à un point de me demander ce que cela peut bien être. Je ne le sais pas et ne le saurais probablement jamais. Tout cela se termine en conclusion bien triste. Mais bon, vaille que vaille, il faut bien vivre et faire avec.  Une fois arrivé chez moi, je m'effondre d'épuisement sur mon lit, las de cette journée d'ennui et d'emmerdes infinis. J'habite un minuscule box aménagé en appartement. Parce que c'est comme ça qu'on fabrique les immeubles, d'abord pour le faible coût des matériaux et de l'installation, mais aussi par souci de recyclage. Le vieux avec le neuf et vice versa, car la ville n'a clairement pas les moyens de faire autrement avec autre chose.  

Je suis au dixième étage, eh bien évidement pas d'ascenseur, donc pour les courses, c'est bien galère. Obliger de tout me taper à pied, c'est l'histoire de ma vie. Une vie misérable, avec un boulot et un logement misérable... Le comble du comble, c'est que c'est riquiqui, même pas de quoi mettre un canapé ou un bureau ... Pas plus de quinze mètres carrés habitables dans cette boîte, serré comme une sardine, très clairement... J'avais juste de quoi pouvoir mettre mon frigo, un lit une place, une télévision et un micro-ondes. Eh bien-sûr la douche dans un coin, mais elle ne fonctionne qu'une fois sur deux. Pas de balcon, ni de terrasse pour souffler et prendre un peu d'air frais, même s'il fait très chaud l'été. En pleine journée, ça peut être un four là-dedans, dû à la taule métallique du container. Et les toilettes sont communes, et sur le palier par manque de chance, une fois de plus.  Puis, bien sûr, pas d'insonorisation ici, on entend tout et n'importe quoi tout le temps... Même quand un voisin va pisser, on est tout de suite au courant, ou quand quelqu'un se déplace, quand une dispute éclate, etc... On entend absolument tout, même le souffle de quelqu'un qui respire !  Mais ce qui est quand même sympathique et le top du top de mon appartement, c'est la vue imprenable sur Ouroboros. Cette ville a vraiment la forme d'un serpent qui se mord la queue. Je ne sais pas si les dirigeants de ce pays en ont fais exprès lors de sa construction et sur ses plans d'origine, mais c'était drôlement ironique à regarder. Surtout quand on sait dans quel cercle obscur elle se trouve. Néanmoins ce paysage est magnifique de jour comme de nuit à regarder, même si Ouroboros craint un max, j'aime cette vue. Elle me permet d'oublier ma vie si merdique, l'espace d'un instant, en tout cas. Je bois souvent une bière devant ce panorama, ça me calme toujours avant d'aller dormir.  

Mon immeuble est situé dans un des quartiers les plus malfamés d'Ouroboros, il y a souvent des trafics de drogue et des descentes de flics dans l'immeuble, même en plein milieu de la nuit. Je peux être réveillé par des bruits de sirènes et de gyrophares à trois heures du matin, mais je m'y suis habitué. Et puis il y a souvent des meurtres, et des règlements de compte ici, à cause de ça. De nombreux cadavres sont retrouvés dans et autour de la bâtisse. Il y en a tellement que maintenant on l'appelle la « Tour Maudite », parce que le bâtiment forme une tour, et que plus personne n'ose s'approcher de cet endroit. Sauf les dealers et les squatteurs en tout genre, vu que personne n'y prête attention et n'ose s'y aventurer. Même la quasi-totalité des appartements est désertée, la plupart des gens ont déménagé à cause de la peur et le sentiment d'insécurité qui régnent ici.  Tous sauf moi, car je n'ai pas les moyens de partir.

Et que je n'ai aucun autre endroit où aller, vu que je suis orphelin depuis tout petit. Je ne connais pas mes parents biologiques, ni si j'ai des frères et sœurs. Mais c'est très bien comme cela, je n'ai clairement pas envie de savoir s'ils mènent la même existence dissolue et crève-la-faim que moi. Cette idée à elle seule suffit à avoir raison de moi. J'ai papillonné de foyer en foyer toute ma vie, cependant, j'étais content maintenant d'avoir enfin trouvé un endroit à moi, mon chez-moi ! Même si c'était en ruine, insalubre et minuscule, ça reste ma maison avant tout. Je m'y sens comme un coq en pâte.  Ouroboros est situé dans le sud de la France à dix minutes de Bordeaux. Elle a été créée deux cent ans auparavant, pour y foutre tous les rejetés de la société et les déchets de l'humanité selon le « Gouvernement de France ». Il n'y a plus de démocratie depuis deux cents ans. Elle a été remplacée par une dictature totalitaire dans le pays entier. Une autre révolution française a eu lieu, au moment où l'État changeait de régime politique. Des millions de morts, que ce soit du côté des civils où des forces armées, même du côté des gens riches hauts placés et des politiciens de l'époque. L'état a décidé après moult débats, de purifier la race humaine en incluant toutes les anormalités qu'ils avaient décidé d'isoler en grand nombre et concentrées en un seul et même point.  Pour la sécurité et le bien-être des Français, pour qu'aucun autre conflit ou qu'aucune autre guerre n'éclate encore à nouveau...

Cette décision du gouverment a été prise bien avant la naissance de ma grand-mère, il y a hyper longtemps. Mais celle-ci tient cette histoire de la sienne, qui elle-même la tient de la sienne et ainsi de suite jusqu'à remonter deux cents ans en arrière dans l'arbre généalogique... Puis, ils ont fini par bâtir une immense muraille tout autour de la ville, pour ne laisser rentrer et sortir personne, de cet endroit maudit et sordide. Ouroboros représente toute l'imperfection, la faiblesse, l'ignominie et l'iniquité de l'humanité.  Cette concentration injuste inclue pauvres, chômeurs, handicapés mentaux et physiques, gitans, gens du voyage, romanichels, voleurs, violeurs et tueurs en série, les noirs, les arabes, les homosexuels, les transsexuels, les travestis et autres Drag Queens, ainsi que les dealers, les prostituées, les Polonais, les Turcs, les Russes, les Chinois, les immigrés clandestins, les asiatiques, les malformés physiquement et les orphelins. Tous ceux qui ne sont pas qualifiés de « normaux », et bien intégrés à la communauté française, se voient châtiés et passés leur vie ici, puis y mourir.

A l'intérieur de cette tombe abyssale dont personne ne va ressortir, et qui vous crève littéralement à petit feu... C'est sordide comme endroit, mais c'est là où je vis, je ne connais rien d'autre, ni qui que ce soit ici... Il faut vivre, enfin survivre malgré tout, je me le dois, je ne suis ni un lâche ni un fuyard. Je suis là, je n'ai d'autres choix que de continuer à y être malgré tout. C'est aussi simple que cela.  Ce monde a besoin d'aide, une aide gratuite et pleine d'espoir. Quelqu'un qui sans contrepartie, vient secourir tous ceux qui en ont besoin. Rétablir l'ordre et la justice en ce bas monde, voilà quelle est la priorité pour sauver Ouroboros. Néanmoins, c'est plus facile à dire qu'à faire. Et personne ne sait comment s'y prendre, il faut que quelqu'un leur montre le chemin ou la voie à suivre. Quelqu'un ou plusieurs individus d'ailleurs, peu importe la façon dont il ou elle va s'y prendre. Le plus important est qu'on agisse, au nom de tous et pour le bien de chacun dans cette ville, mais aussi dans notre pays en perdition. L'acte, la bravoure ainsi additionnées à la justice, voilà qui va donner un cocktail détonnant d'espoir. Ce dont nous avons le plus besoin, c'est de ça pour pouvoir avancer, retrouver une paix intérieure et un sentiment de sécurité. Ce qu'aucune personne ici-bas, ne connait ou ne ressente. Il faut trouver un emblème, ou un personnage qui représente tout ça à la fois, mais où le trouver ? Telle est la question, qui est des plus difficiles à résoudre. Malgré tout, je pense qu'on va mettre du temps à y répondre.  

La vie reprend tranquillement son court quotidien, et je continue d'aller bosser en me demandant quel est le but de ma vie ici, et pourquoi, dans cette ville minable. J'enchaîne les clients et je ne vois pas le temps défiler. Il passe à vitesse fulgurante, je ne m'en suis même pas aperçu. Trois semaines s'écoulent calmement et avec ça, ses lots de problèmes et de criminalité habituels rien de nouveau. Cependant, nous sommes déjà le week-end, et je ne travaille pas ce samedi soir.

Je décide donc d'aller dans un bar pour m'amuser un peu, et surtout me détendre, après encore une semaine bien éprouvante... Le bar en question s'appelle « le Mortifère », un bouge très connu par-ici. Je le connais bien, j'ai souvent mes habitudes là-bas. Et tout le monde me connait également, surtout le personnel. Je m'installe au comptoir tranquillement, en saluant la barmaid et les serveurs au passage. Je commande mon cocktail habituel, une Pinnacolada assez douce, à base de rhum et de liqueur à la noix de coco. J'ai beau être un homme, j'adore tout ce qui est sucré, et cette boisson en fait parti, un breuvage de femme. Ou peut-être ai-je gardé mes goûts enfantins, allez savoir. La barmaid me le prépare tranquillement, pendant que je régle la note. L'intérieur est bondé de monde et d'agitation en tout genre. Tellement de bruit que c'est la cacophonie là-dedans. On ne s'entend plus parler. La musique assez ambiancée, du genre électronique, couvre l'entièreté de la pièce, avec les cris et les discussions environnantes. J'aime vraiment voir tout ce beau monde en cohésion totale, et de bonne humeur. Cela me rempli de joie, voilà pourquoi j'adore venir ici, et que je passe souvent dans le coin pour boire un verre. On a pas l'impression que la ville est sous le joug des criminels et si torturée par le mal-vu d'ici.

Une fois mon rafraîchissement servi, je bois à peine une gorgée que je me tourne vers l'immense écran plat de huit cents centimètres, devant moi. Juste à côté du bar, dans un coin qui prend tout un pan de mur. Il faut bien cela pour une télévision de cette envergure ! Puis, j'observe avec attention les informations diffusées à ce moment-là, je ne sais pas pourquoi, mais le contenu m'est familier. Ils parlent d'une éclipse lunaire et solaire, qui va avoir lieu à vingt-deux heures ce soir. La « Lueur Divine » l'appelaient-il, étrange comme nom, mais ça ne m'étonne guère plus que cela, car tout est bizarre et démesuré dans cette ville. Je n'y prête pas vraiment attention, quand soudain, un ami à moi fait son apparition, et s'assied à côté de moi. Il s'appelle Mike, mais tout le monde l'appelle Miky. Il est assez gras du bide, costaud mais pas très grand. Il est également très bavard et assez pervers sur les bords, il adore faire des blagues salaces et il est très imbu de lui-même. Mais sans manquer cruellement d'humour, c'est son esprit qui lui fait défaut, il n'est ni intelligent, ni cultivé, mais gentil et on peut lui faire confiance. C'est le plus important le concernant, car c'est mon seul ami à Ouroboros. Il me tape dans le dos et me prend par surprise, je suis saisi de peur, car je ne m'y attend pas.

Il commande une bonne bière et on commence à discuter :

« - Alors Phoebus ? Comment ça va ? Je m'inquiète pour toi, ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu dis-moi ! Alors quoi de neuf ?

– Salut Miky, ben écoute je vais bien ma foi. Désolé si on n'a pas pu se voir avant, mais je suis super occupé avec mon boulot. Les heures supplémentaires, tu sais ce que c'est. Je bosse pratiquement tous les week-ends, je n'arrête pas. Là, c'est vraiment exceptionnel que je ne travaille pas ce soir, j'en ai profité pour t'inviter à venir boire un petit coup avec moi ! Et toi ça va ?

– Ouais, moi super. Ce n'est pas grave je comprends, ton patron te fait bosser comme un forcené, il sait que tu es le bon pigeon ! Il peut compter sur toi pour travailler à sa place ou celle de tes collègues. Alors toi toujours à boire ta boisson de femmelette à ce que je vois ! Tu me fais bien rire, tu ne changes pas d'un pouce, tu aimes toujours autant le sucré dis-moi ?! Allez buvons un verre, ça va nous déstresser un peu, et te faire le plus grand bien ! Buvons à notre santé ! Et en un instant, il buvait d'une traite la moitié de sa bière.

– Eh oui, comme tu vois les habitudes ça ne s'oublie pas aussi facilement, j'adore toujours autant ça ! Tu as raison ! Détendons-nous et rigolons un peu ! J'ai envie de m'enivrer jusqu'au bout de la nuit !! »

Je fais de même que Miky avec ma Pinnacolada, puis, s'en suit une autre, et une autre, et encore une autre à n'en plus finir... La soirée passe à une vitesse folle, sans encombre, on s'est bien marré avec Miky. Mais, il est tard désormais, je dois rentrer chez moi. Wow, je suis bien enivré mais je tiens encore bien la cadence, mon esprit et ma vision sont encore très claires...

Je suis arrivé sous les coups des dix-huit heures, je n'ai même pas mangé. Et là, il doit être vingt et une heure trente passé, il faut que je parte rapidement. En général, je me couche tôt pour ne pas avoir un rythme de sommeil décalé par rapport à mon poste, car je commence souvent très tôt le matin. Mais heureusement, le lendemain, dimanche, je ne travailles pas non plus. Je fais signe à Miky qu'on devait y aller, il me salue pour me dire au revoir. Nous cheminons un moment ensemble avant que chacun parte de son côté. On se sépare à la lisière d'une forêt, qui n'était pas loin du bar. Elle est un peu isolée, mais rafraîchissante et superbe la nuit. Mon appartement se situe à quinze minutes de là à pied. C'est le raccourci idéal, et le plus rapide que j'ai pour regagner mon foyer.  

J'emprunte le chemin qui remonte et coupe à travers bois pour rentrer, quand soudain j'entends des cris et des appels à l'aide. Je titube tout en me dirigeant en direction des voix, quand tout à coup, je vois une jeune femme d'une vingtaine d'années se faire agresser ! Elle est tenu en échec par trois hommes, Ils ont l'air aussi baraqués les uns que les autres. Je voyais trouble et je marchais de traviole mais j'arrive à réfléchir encore à la situation inconfortable dans laquelle elle se trouve. Ils se permettent de la toucher à des endroits inappropriés. Ils lui tiennent aussi les mains, et l'ont plaquée contre un arbre, pour qu'elle ne puisse pas bouger ou s'enfuir. Elle pleure et crie sans cesse de désespoir, que quelqu'un vienne l'aider plus que jamais ! Elle les supplie et les implore d'arrêter ça et de la laisser partir, qu'elle ne va rien dire à personne.

Ils ont bien choisi l'endroit ces salopards, elle est clairement en danger, faut que je fasse quelque chose et vite... Ici, c'est un lieu isolé, que seuls les habitués de mon coin connaissent. C'est alors que je reconnais les voyous de mon quartier, des dealers sans aucun scrupule ni empathie pour personne. Ils sont connus déjà pour avoir un casier judiciaire long comme un bras, auprès des forces de l'ordre. Cependant, des criminels ça reste des criminels pas vrais ? Peu importe le nombre d'années qu'ils peuvent passer en taule, ça ne leurs sert jamais de leçon, apparemment, comme d'habitude à ces putains de fils de pute ! Je l'entends appeler au secours :

" - Au secours ! Aidez-moi !! Je ne veux pas, non !!!! Pitié, que quelqu'un vienne m'aider, peu importe qui mais que quelqu'un vienne je vous en supplie, tout mais pas ça !!! Je vous en prie, arrêtez, arrêtez !! NON !! NOOOOOOOOOONNNNNNNNNNN !!!!!!!

– Ça ne sert à rien de t'agiter comme ça ma jolie, personne ne viendra te sauver, dans un coin si reculé de la forêt. T'es toute seule maintenant, mais on va bien s'occuper de toi, fais nous confiance, huuummmmmm.... »

Ils arrachèrent soudainement un ou deux boutons de son chemisier avec leur cran d'arrêt. Ils apercevaient son décolleté large et profond, au travers de leurs yeux lubriques et de leurs mains malsaines.  

Elle est en pleurs, traumatisée, et rempli d'effroi, je le vois à travers ses yeux larmoyants. Elle essaye de se débattre, mais est menacée avec un couteau sous la gorge. Elle ne peut rien faire de plus, à part attendre qu'une personne puisse l'aider. Une aubaine que je passe par ici à ce moment-là ! Me suis-je dis. Ni une ni deux, je m'empresse de lui porter secours. Mes jambes, me portent toutes seules dans sa direction. Je fonce aussi vers ces sales rats, mais dans l'état d'ébriété avancée où je suis, je ne sais pas ce que je fais, ni ce que j'espére franchement... Je leurs crie dessus de ma voix la plus féroce, et les insulte de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables qui me viennent à l'esprit. En leurs sommant immédiatement, de la laisser tranquille, ou sinon que ça va être mal barré pour eux ! Ils se mettent à halluciner, au début, puis à se foutre de moi quand j'arrive à leur hauteur. Un combat à mort s'engage alors mais je hurle à la jeune fille de partir, pendant que je fais diversion. Ils ont des armes, un couteau à cran d'arrêt, et un poing américain.

Fort d'une grande gueule criarde, habituelle à toutes celles des mecs bien bourrés, je continu de leur chercher la merde alors que je sens mes jambes flageller... Enfin, mon courage vient de se faire la malle loin d'ici, et m'abandonner lâchement ! Mais je dois le faire, il le faut, peu importe les conséquences...

« - Hé, vous là, bande de pecnots sans scrupules ! Vous n'avez pas honte, de vous en prendre à une jeune femme sans défense et innocente ?! Attaquez-vous en à quelqu'un de votre taille, bande de fils de pute. Bâtards, sales chiens des enfers, pourritures, ordures, sales déchets humains que vous êtes ! Vous êtes que des merdes, les vrais hommes ne s'en prennent jamais aux femmes ! Relâchez là tout de suite où vous allez le regretter amèrement, je vous le garantis ! Je les regarde noir, en leur montrant de magnifiques doigts d'honneur, avec bien évidemment, les bras les accompagnants. Le roi de la provocation, mais qu'est-ce que j'espère à agir ainsi. Moi qui est d'un tempérament calme et introverti. C'est comme si une barrière invisible en moi a cédée, et laisse place à un torrent déferlent de témérité jusque là insoupçonnée. Et à un grain de stupidité, je l'avoue, même si je sais l'issue fatale qui m'attends. Je ne vais pas rester là sans réagir face à la détresse de cette femme.

Je suis à moins de deux mètres d'eux. J'ai très peur, mais il n'y a plus de retour en arrière possible. Je vais devoir assumer mes paroles, et les actes qui s'en suivent, jusqu'au bout...

– Ah, ah, ah. Mais regardez-moi ce petit avorton là, toi tu peux être sûr que ça va être ta fête ! Tu es bien sûr de toi. Tu es tout seul et nous trois, tu espères quoi, hein dis-moi ?! On ne se fout pas de notre gueule et on ne nous insulte pas impunément, sans en payer les conséquences ! C'est toi qui vas le regretter amèrement, occupez-vous de lui les gars ! Et montrez-lui ce que c'est, que d'être un vrai bonhomme ! Tu ne peux pas nous échapper... Ils se dirigent vers moi, prêts à en découdre. Avec Le corps imposant et l'allure menaçante. Ils se désintéressent complètement de la jeune fille d'un coup, et relâchent subitement leur emprise brutale. Leur attention n'est plus portée que sur moi, à présent. Je regarde la femme de loin, pendant qu'ils s'approchaient de plus en plus.

– Allez-y, je vous attends, bande de raclures ! Mais laissez-la partir, elle n'y est pour rien dans cette histoire ! Vas-y vite, enfuis toi, cours pendant qu'il en est encore temps ! » Criais-je à la demoiselle au loin, qui est terrorisée et m'observe avec un regard de remerciement mais empli d'inquiétude tout de même.

Je pense que mon sort l'inquiète plus que le sien. Ils me saisissent avec fermeté et détermination, pour que je ne puisse pas m'échapper également. Je suis devenu leur seule et unique cible. Mais je sais, que je vais prendre la plus grosse dérouillée de toute ma vie. Néanmoins je m'en fous royalement, car mon objectif principal est atteint... Soudainement, ils se jetèrent tous sur moi, avec un aplomb inconsidéré et démesuré ! Comparable à des lions s'abattant sur leur proie ! Je n'ai aucune chance de m'en sortir indemne, c'est sûr. Mais au moins, j'ai pu gagner l'attention que j'attendais. Et, profitant de ce moment de distraction de la part de ses détracteurs, la jeune fille s'enfuit à toute jambe, sans demander son reste. Je la scrute partir rapidement, avec un petit rictus de satisfaction en coin, sur mon visage. Elle me jete un dernier regard mélancolique et désespéré, avant de disparaître dans la nuit noire. Je suis en train de bien me faire casser la gueule, en attendant, moi, pour une fille que je ne connais même pas, quelle effronterie insensée ! Me suis-je murmuré alors, dans mon esprit. Néanmoins, je ne peux clairement pas rester ici, la regardant se faire agresser, sans rien faire pour l'aider. Même si je sais que le dénouement va être malheureux pour moi.

C'est comme ça, c'est dans mes veines depuis tout petit, mais je n'ai jamais eu le courage de sauver quelqu'un jusque maintenant. La peur me paralyse à chaque fois où j'ai essayé, sans succès. Mais cette fois-ci je dois le faire, et je l'ai fait, enfin ! C'est comme si mes jambes ont bougé d'elles-mêmes, sans que je ne m'en rends compte. Bien-sûr, je suis aussi anesthésié par l'alcool, donc je ne sens pas trop les coups s'abattre sur moi avec fracas et vigueur. Cependant, on peut dire que ceux-ci pleuvent, partout sur mon corps. Celui-ci est tuméfié, couvert d'hématomes, de plaies ensanglantées, de boursouflures et d'os brisés en tout genre. Je suis sûr que je fais peine à voir à ce moment précis... Je crache du sang, attendant qu'ils terminent leur sale besogne de criminels à deux balles. Ce qui clairement pour eux, n'est rien d'autre qu'un jeu !

Cependant je m'en fous putain, je n'avais que deux pensées en tête, la première, d'espérer que la femme a pu rentrer saine et sauve chez elle et qu'elle y soit en sécurité. Et la deuxième, que ce supplice se termine vite, car j'ai grave envie de dormir et de rentrer chez moi. Après ce qui me semble durer une éternité, l'un de mes bourreaux, aperçoit l'heure sur sa montre, par inadvertance pendant la baston. Il s'arrête aussi sec lui et ses amis, de me cogner. Il leurs signifie que j'ai ma dose, et que je vais pas me relever de sitôt, que j'ai compris la leçon.

Il était vingt et une heure cinquante-trois, et la "Lueur Divine" va bientôt entrée en scène. Ils doivent tous rentrer sur le champ, car l'éclipse va arriver, et il ne vaut mieux pas être dehors au moment où elle va apparaître de derrière les nuages. Ils ne veulent pas finir à la fois aveugles, et cuits comme du poulet grillé. Ils courent en tout hâte chez eux, me laissant là, abandonné, tout seul, dans un état pitoyable au milieu de nulle part. J'essaye de me relever tant bien que mal, mais c'est impossible, je pense que j'ai un bras et une jambe de cassés à la suite de mon passage à tabac... Et à mon avis, je dois avoir pleins d'autres trucs de cassés ou de perforé au passage, car j'ai mal absolument partout et j'entends mes os craqués à l'intérieur de moi.... Je n'arrive pas à bien respirer et à bouger les côtés de mon corps. Puis, aucun son ne peut sortir de ma gorge, j'ai le souffle court et coupé. Même si je veux crier de tout mon soûl. Je ne peux ni parler, ni appeler à l'aide, car mon téléphone portable se situe dans la poche arrière de mon jean. Je tente de l'atteindre tant bien que mal, en vain. Je suis seul et personne ne sait où je suis, ni dans quel état. Je n'arrive plus à bouger, je suis immobile sur l'herbe verte de ce bois humide.

Allongé sur le dos, raide comme une planche de bois, face à face avec le ciel nocturne, esseulé. Je le regarde profondément, avec les yeux les plus ouverts que je peux maintenant. Mais c'est difficile avec tous les coquards que je me tape... Je me dis qu'à ce moment-là tout est calme et paisible dans l'abîme de cette nuit douloureuse, et que je n'ai certainement pas à regretter de mourir maintenant, même brûlé vif.

Puisque j'ai sauvé une vie, et pour moi, c'est le plus important. Rien d'autre ne compte plus à mes yeux que cela, à cet instant précis. Enfin, c'est également un soulagement grandissant, car je n'ai plus subir les affres de cette vie inutile, je suis en paix avec moi-même, sans aucun regret comme je ne l'ai jamais été auparavant.

La faucheuse n'a plus qu'à venir m'emporter à présent... Je suis on ne peut plus prêt...

Chapitre 2 La transformation

Je vois le soleil se rapprocher de plus en plus de la lune et se fondre profondément en elle. Le spectacle est vraiment magnifique, il faut le voir au moins une fois dans une vie pour pouvoir le comprendre ! Même si je sens mes yeux se carboniser à petits feux, je ne peux pas détourner le regard. Cette fusion, cette lueur divine est à couper le souffle ! Des rayons d'une multitude de couleurs lumineuses englobent tout mon environnement. Entremêlé à cela un nombre infini de paillettes scintillantes qui tombent au sol comme des flocons de neige.

Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie. Bizarrement, et je ne sais pour quelle raison je me sens un peu mieux et mes globes oculaires ne me brûlent plus. Les rayons envahissent tout le ciel et la terre tels des feux d'artifices cent fois plus puissants. Soudainement, un de ces halos de lueur m'enveloppe tout entier dans son étreinte il est chaud et doucereux à la fois. Puis, il me frappe tel un éclair foudroyant ! Il me transperce et envahit tout mon être de part en part. Une profonde chaleur parcoure tout mon corps à ce moment-là. Celui-ci dégage une lumière aveuglante plus blanche que blanche. Même moi, je dois fermer les yeux tellement c'est éblouissant. Cela ne dure qu'un instant, mais j'ai l'impression du contraire que ça fait une éternité. Cependant, ça a dû se passer pendant quatre ou cinq minutes pas plus.... Pendant ce laps de temps, mon être est soulevé hors du sol telle une lévitation de magicien. Mais ce n'est pas une illusion ou un tour de passe-passe cette fois-ci, c'est bel et bien réel ! Je peux sentir que je suis léger comme une plume. Je suis à deux mètres du sol, comme s'il n'y a pas de gravité dans ce halo lumineux qui m'entoure. L'émotion de cet événement suivit de mon agression, est trop vive et je tombe dans les vapes... Je ne me souviens de rien après cela. Ma mémoire est brouillée et mes souvenirs envolés...

Ce soir-là, la jeune fille n'a pas pu se résoudre à s'enfuir chez elle à l'abri et en sécurité. Tout en laissant derrière elle le vaillant jeune homme qui est venu à sa rescousse quinze minutes plus tôt. Il est en piteux état et mal en point à présent. Elle revient sur ses pas, culpabilité oblige et pour lui porter secours car elle est cachée derrière un arbre. Puis, à quatre ou cinq mètres face à elle, la jeune femme voit un étrange phénomène se produire. La lune et le soleil, ces astres magnifiques commencent à entamer une danse endiablée, celle de leur union symbolique. Il est vingt-deux heures dix, et elle a complètement oubliée l'éclipse ! Ça lui est complètement sortit de l'esprit, à cause des événements qui se sont déroulés auparavant. Elle est complètement paniquée, et ne veut pas finir aveugle ou brûlée vive ! Mais elle ne peut décemment pas se résoudre à le laisser tomber encore une fois, pour sauver sa peau. Même s'il lui a ordonné de le faire.

Les rayons commencent à entourer tout le bois et à se projeter telle de la foudre au sol. Un spectacle magnifique mais tout aussi dangereux, elle voit l'homme paralysé qui l'a sauvée commencé à flotter dans les airs, enveloppé d'une aura multicolore et lumineuse. Elle ne sait pas ce qui se passe mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est ni anodin ni normal comme situation. Elle observe qu'il est conscient, mais ne peut pas bouger. Jusqu'à ce qu'une lumière blanche jaillissante émane de tout son corps ça la rend aveugle deux ou trois minutes sur le moment. Elle est tellement puissante qu'elle illumine toute la forêt comme un sapin de noël enchanté. C'est comme si le soleil lui-même s'invite au rendez-vous et est ici par surprise sur terre.

Elle n'en croit pas ses yeux mais elle sent à son tour un faisceau étincelant qui l'assiège totalement. Il s'abat sur elle à une vitesse folle et avec une force vertigineuse. Dans le champ de portée de celui-ci, pareillement il n'y a plus de gravité à l'intérieur. Ensuite, un arc-en-ciel chatoyant de couleurs et d'éclats luminescents se dessine autour d'elle. La jeune fille commence alors à être soulevée dans les airs à son tour. Elle est consternée par ce qu'elle vit, et essaye de se débattre de cette emprise irréelle sans y parvenir. L'incompréhension la gagne aussitôt. Faute de raison apparente, la demoiselle ne se consume pas sur place comme prévu la veille aux informations. Elle voit parfaitement bien et ni ses yeux ni sa peau ne brûlent. Aucune douleur non plus d'annoncée au programme. Elle n'en croit pas ses mirettes et est un peu terrifiée. Mais la lueur la pénètre de part et d'autre profondément à l'intérieur d'elle. La femme déborde alors de clarté pure comme de l'eau de roche et un froid intense parcoure tout son corps. Une effervescence éclatante d'un bleu violine pailletée émane d'elle. Elle ne comprend rien à ce qu'il se passe mais cette sensation imperceptible au fond d'elle-même est des plus agréables. Froide et douce à la fois comparable à un igloo frais, ou une brise glaciale et agréable un soir d'été. Cette sensation lui rappelle également la fraîcheur d'un bonbon à la menthe sucré. La lueur de sa peau est trop puissante pour pouvoir garder les yeux ouverts et de même la froideur aussi. Pour autant, elle ne ressent aucun froid ce qui est très inhabituel car elle touche quelques-uns de ses membres qui eux sont gelés.

Soudainement elle s'évanouit et le lendemain matin ne se rappelle rien de cette soirée hors-du-commun des mortels. Sa mémoire est altérée, et ses souvenirs assez brouillés également...

Mademoiselle s'éveille donc à treize heures passées, sans se douter un seul instant de ce qui vient de se passer la veille. La matinée a filé à une vitesse folle sans qu'elle ne s'en rende compte. C'est la sensibilité de sa peau au froid d'hiver de décembre qui la saisit d'un coup sur tout son corps qui la sort de son sommeil. Elle frissonne. Même si elle se souvient de certains détails, le pourquoi de sa venue ici demeure trouble. Cependant, la jeune femme sait que c'est pour une raison importante qu'elle est là, dans ce bois isolé au milieu de rien sans pouvoir en connaître les raisons précises. Elle se rappelle néanmoins l'éclipse et son entourage lumineux, ainsi que sa montée hors du sol jusqu'à cette sensation indicible qu'elle ressent encore à l'intérieur d'elle. Mais cette fille ne se sent pas bien du tout elle a des vertiges, des nausées et une boule qui fait pression sur l'estomac. Elle a en plus la sensation qu'une énorme barre pesante s'est logée sur son crâne au milieu du front. En comparaison à une forte migraine. Elle se relève trop rapidement et a la tête qui tourne follement. Elle s'appuie alors rapidement contre l'arbre derrière lequel elle s'est cachée avant puis, vomit de tout son soûl. Elle transpire abondamment à grosses gouttes et a des sueurs froides qui la parcoure. Celle-ci est vraiment malade comme un chien, sans en connaître les raisons exactes et décide de rentrer aussitôt même si elle titube en marchant. Son cœur bat à tout rompre, la fille est complètement essoufflée comme si elle a couru un marathon de plusieurs trentaines de kilomètres. Puis, avec un trajet qui semble durer trop longtemps après vingt bonnes minutes, elle atteint enfin son domicile sans soucis. Enfin, elle s'écroule sur son lit exténuée après qu'elle se soit déshabillée et prend une aspirine contre ses symptômes. Elle s'endort juste après...

Je me réveille le lendemain après-midi je ne sais pas quelle heure il est exactement, mais le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Et je me sens patraque, avec une sorte de nausée et de boule au ventre en me relevant doucement. Mais je constate avec le plus grand des effarements, que je n'ai plus mal nulle part. Mon bras et ma jambe, ainsi que mes os brisés ont complètement guéri... C'est à n'y rien comprendre, je n'ai plus aucuns bleus, de plaies ensanglantées ni de boursouflures sur moi. J'écarquille alors de grands yeux de surprise en vérifiant absolument partout ! Il n'y a littéralement plus rien ! Pouf ! Envolées les blessures ! Et je ne ressens plus la moindre douleur, ou ayant mal où que ce soit. Comme si, je me suis auto-régénéré dans la nuit... Je suis pourtant sûr de ne pas avoir pu me relever la veille ni de pouvoir bouger le petit doigt, car j'étais paralysé. Alors que maintenant je me suis levé sans problème, aussitôt après m'être réveillé. Cette situation est des plus cocasses et incompréhensibles, que j'ai pu voir et vivre jusqu'à présent. Sous mon regard ahuri, je ne comprends rien à tout ce qui se passe là... Je suis étranger à tout cela et complètement confus. Cependant, je suis clairement sain et sauf et cela ne fait aucun doute. Je reprends donc le chemin vers chez moi, après avoir tergiversé un long moment et retrouvé mes esprits. Ce qui était, je veux bien l'admettre assez long...

Je regagne alors mon foyer, quand j'aperçois du coin de l'œil l'heure sur ma pendule il est quinze heures passées ! Comment je peux dormir aussi longtemps sans m'en rendre compte ?! C'est inconcevable pour moi d'être aussi négligent ! Moi, qui est pragmatique et méticuleux jamais une situation pareille ne peut se produire ! Même si je bois trop car d'habitude je supporte très bien l'alcool après une soirée arrosée ! Puis le fait d'être guéri miraculeusement, après un passage à tabac assez violent et intense je l'avoue, me laisse très perplexe. Comment je peux me remettre aussi vite ? Car je ne me souviens de rien après la « Lueur Divine ». Il est vrai que le fait d'avoir été transporté dans les airs et d'être enveloppé par ces magnifiques rayons solunaires (contraction de lunaire et solaire) multicolores et scintillants, me fait me sentir très bien dans tout mon corps. Alors que ces faisceaux de lumières doivent me brûler de part en part. Les autorités ont-elles mentis à ce sujet, comme le reste ? Quel intérêt ont-elles à faire cela ? Je n'en sais pas plus que ma mystérieuse guérison, et ce sentiment au fond de moi me titille assez fort. Parce que je ressens qu'un changement opère au fond de moi depuis cette nuit particulière. Mais sans pouvoir l'expliquer pour autant...

Puis, je repense à cette jeune femme que j'ai réussis à libérer du joug de ses agresseurs. Où est-elle ? Que fait-elle ? Est-elle en sécurité ? A-t-elle réussi à rentrer chez elle, sans encombre et saine et sauve avant que l'éclipse ne frappe ? J'espère qu'elle a couru sans éprouver de culpabilité, à m'abandonner là dans cet état miteux tout seul. Qu'elle ne ressente pas de pitié et surtout, qu'elle n'est pas revenue sur ses pas pour savoir comment j'allais. Cette seule pensée suffit à m'inquiéter pour elle, sans savoir pourquoi d'ailleurs... Je ne me suis jamais inquiété pour personne jusqu'à présent à part moi-même. Cependant, c'est sûrement dû à la satisfaction grandissante d'avoir sauvé quelqu'un pour la première fois de ma vie. C'est un acte héroïque que je ne vais jamais oublier. Mon alter égo en ressort remplit de joie. Cela me réchauffe le cœur rien qu'à l'idée que cette personne puisse être en vie et en bonne santé quelque part grâce à mon intervention. Ça ne peut pas être le cas autrement car elle n'était pas en mesure de se débrouiller seule face à ces trois voyous.

Après avoir cogité à ça et d'être de bonne humeur, je vais prendre une bonne douche et manger un petit-en-cas. Puisqu'il faut bien l'admettre le lendemain d'une cuite, on a souvent très faim. Et moi en plus, je n'ai pas mangé du tout depuis hier midi. J'en profite également pour prendre mon remède anti-gueule de bois, car je ne me sens pas très bien. Des vertiges, des nausées et des sueurs froides m'assaillent de toute part. Je vais me reposer un peu après, et flâner avant de reprendre le boulot le lendemain matin... Je suis un peu fatigué encore. Je m'affaire donc à mes affaires, puis une heure et demie plus tard je vais me reposer dans mon lit et faire une petite sieste. Le temps passe très vite, et je me réveille en sursaut parce que d'horribles cauchemars s'invitent dans mon inconscient. Je suis en sueur et à bout de souffle ! Complètement paniqué et assoiffé, je vais donc boire un peu d'eau. Je reprends tranquillement mes esprits et je me rhabille complètement. Je décide d'aller faire un tour dehors afin de prendre un peu l'air et de me changer les idées.

Je sors donc de chez moi je vois le ciel bien dégagé, et le soleil à son zénith, sans nuages à l'horizon. Je marche tranquillement le long d'une ruelle, menant à un parc plus loin. Et là, je vois deux jeunes délinquants pickpockets s'en prendre à un adolescent grassouillet, boutonneux et avec des lunettes en cul de bouteille. Ses yeux ressortent dix fois plus gros à cause de ces loupes monstrueuses. Pas étonnant que ces connards s'en prennent alors à lui. Celui-ci a l'air faible et se laisse clairement marcher sur les pieds. Il file tout son argent à ces ordures qui le dépouille sans vergogne par le biais d'intimidation forcée. Je déteste au plus haut point ces manières de malfrat, il faut leur donner une bonne leçon à ces petits cons. Des petits cons certes, qui se font passer pour des grosses brutes mais ça va cesser tout de suite, croyez-moi. Pour que ça ne dégénère pas avec le gamin en face de moi. Et je ne vais avoir aucun mal à les maîtriser, car ce sont tous des adolescents pas très malins à posteriori. Je viens dans leur direction pour les interpeller puis je leurs crie d'arrêter tout de suite où sinon, que je vais tout de suite m'occuper de leurs cas.

Ouroboros est vraiment un nid à emmerdes, toujours des agressions à chaque coin de rue... Les plus forts s'en prennent aux plus faibles la loi de la jungle règne en maître ici, et ça me déplais au plus haut point. De jour comme de nuit, on voit ça tout le temps ce genre de criminel n'a peur de rien et surtout pas d'être inquiété, vu que les autorités s'en foutent éperdument... C'est devenu une habitude pour ses habitants, la plupart du temps il font comme de rien en voyant ce genre de chose, pour ne pas subir de représailles et sauver leur peau mais pas moi ! Puisque cela ne peut plus continuer ainsi, j'en ai marre de tout ce bordel voire les gens terrorisés et se faire agresser comme ça sans rien dire ou faire n'est pas dans ma nature. Et je décide donc d'intervenir, à chaque fois que l'occasion se présente. Parce que je ne peux plus rester les bras croisés et faire semblant d'ignorer leur souffrance plus longtemps à tous ces gens, que la société a laissé tomber. Vivre dans le mensonge comme les autres moutons, et suivre le même dictat que la société vous enseigne depuis tout petit. Enfin, disons le franchement être hypocrite comme tous les autres juste pour pouvoir sauver sa vie, est indigne de moi. Puis cela ne fait clairement pas parti de mon code d'honneur. Il en est absolument hors de question.

Une fois arrivé devant eux, je sens une énorme chaleur se propager à travers tout mon corps. Je brûle littéralement de l'intérieur, sans me consumer ou ressentir de la douleur. Bien au contraire, je suis en super forme comme je ne l'ai jamais été auparavant. Je sens une force invisible, incommensurable me gagner et monter en moi comme une sorte d'adrénaline. Cependant, à la différence qu'elle est mille fois plus forte. Inopinément, je monte les yeux au ciel sans raison apparente et regarde le soleil sans l'expliquer, pendant que ces têtes de cons me parlent dans le vide. Je suis irrémédiablement attiré par lui, impossible de détacher le regard tellement l'attraction pour cet astre est puissante... Ils voient bien que je ne leurs réponds pas et ça les agacent grandement. Après tout, je ne les prends pas au sérieux. Ils s'apprêtent à se jeter tous les deux sur moi pour en découdre. Quand, brusquement, la chaleur que j'éprouve se renforce et augmente à toute vitesse j'ai très très chaud et je ne sais pas pourquoi. Un rayon de soleil immense et enflammé, apparait soudainement de nulle part dans le ciel et s'abat sur moi avec fracas d'un coup d'un seul. Tout mon corps dégage une lumière extrêmement forte et aveuglante, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire je règle leurs comptes à ces vauriens. Ils sont grandement éblouis et j'en profite pour leur filer deux ou trois coups bien placés. Je bouge tout seul à une vitesse inouïe toujours, avec cette lueur plus blanche que blanche qui parcoure mon être. Même moi, je n'y vois absolument rien, mais j'arrive à discerner leurs présences autour de moi sans pouvoir mettre des mots sur ce qui m'arrive maintenant... J'illumine entièrement la ruelle et les alentours et mes membres bougent d'eux-mêmes tous seuls hâtivement, pendant que je leurs assène le coup de grâce. Sans les tuer, bien entendu. Je ne suis pas un meurtrier et je vaux bien mieux qu'eux. C'est comme si j'étais aussi rapide que la vitesse de la lumière. Je me mouve comme dans un dessin-animé mes gestes sont fluides, impétueux et vifs comme le vent. Je sais à l'instant même où ses bâtards me frappent, sans explications aucune. Je réussis à anticiper chacun de leurs mouvements, et à frapper cinq minutes avant qu'eux ne le fassent. La victime ne peut pas me regarder, elle est accroupie au sol les bras devant les yeux, car l'éclat que je diffuse est beaucoup trop intense vu que j'éclaire tout le quartier. Il ne voit pas mon visage. En moins de temps que je ne le pense, ces abrutis sont au sol inconscients, inertes et dans les vapes.

Je les ai bien battus ces cons là ! Et je récupère l'argent dans leur poche qu'ils viennent de voler. Je le rends à la personne concernée, même si elle garde les yeux fermés. Il n'en croit pas ses yeux quand il voit ses deux ennemis jurés au sol, inconscients. Il me remercie très chaleureusement plusieurs fois en pleurnichant comme un bébé. Il se demande pourquoi je suis aussi illuminé de part et d'autre de mon être. C'est très étrange et il n'a jamais vu cela se produire de sa vie entière ! Je n'ai aucune explication à lui fournir. Puisque moi-même, je n'en connais pas les raisons exactes ni le pourquoi du comment. Je lui fais jurer de se taire sur son sauvetage, pour pouvoir protéger mon identité qui doit restée secrète même s'il ne peut pas me voir. Il ne me regarde pas dans les yeux en discutant. Seuls les contours de mes yeux, de ma bouche, mon nez et mes oreilles sont visibles. Rien d'autre.

Il accepte ma requête sans broncher et ne demande rien en échange de son silence. Car je viens de lui sauver la vie. Rien ne compte plus pour lui que cela. Il est admiratif et complètement soulagé. Je lui fais signe que je dois partir, pour qu'on ne puisse pas me repérer à cause de ma luminescence trop visible. Je lui dis de faire attention par là où il passe, et le met en garde contre les gens qui ont l'air louches et de fuir systématiquement. Puisqu'ici, tout le monde est sans pitié avec lui. Il prend en compte mes conseils, me salut et repart dès que je quitte la ruelle. Il prend le temps d'appeler la police juste avant, qui est déjà arrivée sur les lieux pour les mettre sous les verrous. Mais ils passent par la case petit séjour à l'hôpital avant, pour guérir de leurs blessures. Vu qu'ils sont salement amochés et en piteux état à cause de moi il faut bien l'avouer. Ça me fais bien rire rien que d'y penser, ils n'ont rien vu venir ces gros cons !

Je fuis les lieux aussi vite que possible pour ne pas me faire voir par qui que ce soit où que ce soit ! Heureusement, avant de sortir de chez moi je prends toujours mon grand manteau qui est assez long et bien couvrant, puisqu'il fait froid vu qu'on est en hiver. Il arrive à dissimuler mon illumination, juste le temps que je puisse rentrer chez moi. Cependant ma veste ne couvre pas du tout mon visage, on ne voit que cela mon étincellement ! Et même à travers ce vêtement, mon rayonnement transparait au loin je dois faire vite. Je presse le pas pour ne pas me faire remarquer. Je n'ai pas besoin qu'on me dévisage en plus de me trouver bizarre avec une tenue pareille... Je coure en toute hâte et m'enferme à clé le temps que ce phénomène passe... J'enlève ma veste et me déshabille complètement, puis, je me regarde dans le miroir.

Je suis jaune et orange vif comme le soleil et j'illumine tout mon appartement comme un éclairage de quartier. Mais je peine à voir cet éclat sans me brûler les yeux. C'est incroyable et je suis rentré en moins de deux minutes à peine, alors que le temps de trajet de là où je me trouve est de dix minutes à pieds minimum. Je brille de mille feux tel un lever de soleil flamboyant ! Je n'arrive pas à contrôler cette luminosité, de plus, je bouillonne à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour preuve, mon manteau vient littéralement de fondre sous cette chaleur extrême, à peine j'ai le temps de l'enlever. Je ne comprends pas ce qu'il se passe, mais c'est incroyable ! J'ai une telle forme mais cette luminescence et cette chaleur en moi, d'où viennent-elles ?! Je suis si excité que je ne tiens plus du tout en place ! Je pète le feu !!

Il faut que je me calme car je reprends le boulot le lendemain matin ! Comment je fais dans cet état-là ?! C'est impossible pour moi d'y aller comme ça, impossible ! Je vais me faire repérer de très loin, c'est sûr. De plus, je ne veux certainement pas être un cobaye ou le rat de laboratoire pour le gouvernement, non. Ça, il en est hors de question ! Je dois trouver une solution au problème rapidement, sinon je risque de me faire virer et le peu d'argent que je gagne je le perds c'est sûr et je ne peux plus garder mon appartement. Il est déjà vingt heures trente, je réfléchis depuis longtemps pour trouver une solution mais rien ne vient... Puis, à vingt et une heure précise, le soleil se couche et laisse place à la nuit noire. Aussitôt que celui-ci disparait, mon rayonnement se tue avec lui ! Vraiment étrange, de plus mes forces me quittent également. Comparable à une vieille pile usée, comme si j'épuise toute mon énergie d'un coup d'un seul. Je me mets au lit rapidement, harassé par cette journée et ce week-end trop intenses pour moi. C'est trop d'émotions et je ne comprends rien à ce qu'il se passe. Comme on dit, la nuit porte conseil et je vais y voir plus clair demain matin et trouver une solution avant d'aller au travail, pour sûr.

La jeune femme se réveille alors d'un long sommeil qui a duré toute l'après-midi, jusqu'à vingt et une heure. La même nuit, elle se lève et se sent beaucoup mieux qu'auparavant. Elle regarde sa pendule, et n'en revient pas d'avoir dormi aussi longtemps ! C'est incroyable sachant qu'elle n'est pas une grande dormeuse, même en étant malade comme un chien. Heureusement, la demoiselle ne travaille pas le lendemain matin. Puisque désormais, elle n'a plus sommeil elle se déshabille après avoir dîné et va se doucher. Quinze minutes plus tard, elle sort de la cabine de douche. La femme se montre devant le miroir, pour pouvoir brosser ses longs et magnifiques cheveux châtains. Subitement, elle sursaute en découvrant son reflet dans la glace, elle n'en croit pas ses yeux ! A travers la fenêtre derrière elle, un rayon de clair de lune l'enveloppe de part en part, la jeune femme éclaire toute la pièce ! Sa peau brille et scintille comme dans un conte des mille et une nuits. Sa chair est d'une couleur violine opaline et bleutée magnifique entremêlée d'un éblouissement pailleté. Elle ressemble à la voie lactée, avec ce tapis étoilé qui la recouvre de toute part. Ces petites parcelles d'or forment des constellations sur son derme. De plus, son anatomie dégage une lueur des plus pures et des plus éclatantes qu'elle n'a jamais vu de toute sa vie jusqu'à présent. On dirait qu'elle descend tout droit de la lune ! Elle illumine tout son appartement et elle n'arrive pas à éteindre sa peau, elle est hors de contrôle. Même si elle fait tout pour, elle se touche et se caresse les membres pour tenter de l'éteindre, sans succès. La fille enlève alors la serviette de douche qui l'entoure entièrement. Toute son anatomie est parsemée de clair de lune étoilée et luit d'un rayonnement extraordinaire. Elle ne peut s'empêcher de s'admirer de la tête aux pieds. Elle est disons-le franchement, magnifique ! Une vraie beauté solunaire !

Elle n'en revient pas et trouve cette situation des plus incroyables ! Comment son physique peut-il dégager tant de grâce et de lueur divine ! Cependant, un flash-back lui vient à l'esprit tout à coup elle fait tout de suite le lien avec ce qu'il s'est passé la veille. Lors de l'éclipse du soleil et de la lune, elle se rappelle un peu ces événements étranges, même si ses souvenirs sont encore désordonnés et fragmentés. Le fait de baigner dans ce faisceau bizarre et d'être soulevée dans les airs. Persuadée que ce qui est en train de lui arriver maintenant est intimement lié à cet événement insolite et marquant. Cependant, elle doit faire avec même si elle a subi des mutations génétiques c'est devenu évident. Comment la jeune fille va-t-elle faire elle aussi pour pouvoir travailler sans problèmes avec une couleur et un scintillement pareil ?! Elle doit trouver une solution rapidement, même si elle ne va pas bosser le lendemain matin. Elle ne contrôle pas du tout ce nouveau don des dieux qui lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe et sans raisons particulières. Mais elle doit faire quelque chose pour que personne ne le découvre, jamais... Cela doit devenir un secret perpétuel, car elle craint pour sa vie et sa sécurité avec ce nouveau pouvoir.

Surtout à Ouroboros : « le serpent qui se mord la queue », ici, tout peut arriver et bien évidemment le pire surtout... Sans le laisser paraître sauf devant son reflet, elle est encore traumatisée par son agression qui s'est déroulée un jour auparavant. Elle en tremble encore de peur, rien qu'à imaginer leurs sales pattes dégueulasses sur elle ! Néanmoins, peut-être qu'avec cette nouvelle transformation ça va devenir différent ? Pense-t-elle. Elle n'y prête pas plus d'attention sur le moment et décide donc de se mettre en pyjama rapidement, tout en restant devant sa glace. Même son visage est luminescent, on ne distingue plus ses traits et on ne voit que de la lumière. On aperçoit seulement le contour de ses yeux, de son nez, de ses oreilles et de sa bouche !

Rien d'autre ne se manifeste alors sur sa figure, même ses longs cheveux sont devenus méconnaissables... Leur teinte est colorée de blanc et mêlée de violine. Sa chevelure laisse entrevoir parmi chaque fibre capillaire les mêmes parcelles d'or qui parcourent son corps. Elle ne ressemble plus qu'à une boule à facette version humaine, s'est-elle dit à cet instant précis. Sur le ton de la rigolade, elle pouffe un petit rire de stupidité. Même si elle badine sur le moment, cette apparence lui fait quand même froid dans le dos elle est terrifiée et elle sait que dorénavant rien ne va plus jamais être comme avant. Elle n'est plus la fille normale d'il y a deux jours. Oui, elle en est intimement bien consciente malgré tout. Cependant, la femme décide tout de même d'arrêté de se tracasser à ce propos plus longtemps. Puisque cela ne sert clairement a rien à part lui causer davantage de soucis et de stress. Puis ça, elle n'en a vraiment pas besoin celle-ci a déjà son agression sur la conscience, sans en rajouter encore une couche par-dessus. Ensuite, la fille regarde la télévision une heure ou deux avant de retourner se coucher. La nuit lui porte conseil et une nouvelle journée s'annonce demain, elle va avoir les idées plus claires à ce moment-là.

Six heures tapantes sonnent au réveil, je me mets debout après être resté cinq minutes dans le lit. Tranquillement, je me dirige vers le miroir, ma peau est revenue à sa couleur originelle semble-t-il. Je ne sais pas pourquoi mais tout parait de nouveau normal. Sauf ma coiffure délirante un vrai punk ! Je décide tout de même de me préparer au cas où ça ne recommence pas. Je prends mon petit-déjeuner lentement et me lave juste après. Je m'habille et m'apprête à partir au travail, il est six heures quarante-cinq du matin. J'ouvre ma porte d'entrée d'emblée, quand je vois l'aurore qui pointe à l'horizon. Le ciel se pare de ses plus belles couleurs matinales jaune, rouge et orangé. Je m'arrête donc un instant pour admirer ce splendide spectacle que la nature m'offre à perte de vue. Au fur et à mesure que le soleil se lève, ses rayons brûlants surgissent sur mon corps tout entier. Ils m'assaillent de part en part et une chaleur extrêmement puissante se fait alors ressentir. Elle s'écoule absolument partout à l'intérieur de moi. Je sens mes vêtements au contact de ma peau fondre comme neige au soleil ! Et une énergie si vigoureuse et intense que je me sens littéralement pousser des ailes. Cette force, je l'ai déjà éprouvée auparavant quand je me suis battu contre ces deux petits voyous hier. C'est épouvantable ça recommence de plus belle ! Ma chair commence alors à luire et à scintiller de plus en plus fort ! Comme une lampe halogène, dont on peut augmenter l'intensité lumineuse. Quand le soleil est haut dans le ciel après qu'il se lève, ma surbrillance est devenue un véritable éclairage de quartier ! J'en suis un à moi tout seul !

Je décide donc de rentrer immédiatement et de fermer toutes mes fenêtres et ma porte à double tour. Y compris les stores aussi. Je me barricade complètement pour être bien certain que personne au dehors ne peut m'apercevoir. Ou bien juste m'entrevoir ne serait-ce qu'un tout petit instant. C'est beaucoup trop risqué pour moi de mettre le nez à l'extérieur pour le moment... Je n'en reviens pas, de nouveau placé devant la glace je suis un véritable néon humain !! Comment je peux faire pour aller au boulot sans qu'on puisse avoir des soupçons sur ce qui se trame sous mes vêtements ?! Et puis surtout, sans être nu comme un ver ?! A cause de la chaleur surpuissante qui émane de moi ?! C'est vraiment chose impossible !! J'appelle tout de suite mon patron pour lui dire que je suis malade comme un chien. Ainsi, je me fais porter pâle un certain temps pour que je puisse trouver une solution à ce gros problème.

Mais comment puis-je appeler sachant que je fais fondre tout ce que je touche ?! Je vois un assez gros morceau de brique au sol, sûrement un débris tombé de mon plafond en ruine. Je le prends rapidement et compose difficilement mais sûrement le numéro de mon supérieur avec un des coins de celui-ci. Je lui explique alors la situation, que j'ai attrapé une gastro-entérite aiguë ce week-end et que je dois absolument me reposer. Parce que je ne me sens pas bien du tout. Je n'arrête pas de vomir et d'aller à la selle toutes les cinq minutes et en même temps. Il me prie sur le champ de bien vouloir lui épargner absolument tous les détails et le pourquoi du comment. Puis, il accepte mon arrêt maladie temporaire car je travaille quand même assez dur dernièrement. Alors que je suis toujours là pour lui dès qu'il a besoin de moi, ainsi que mes heures supplémentaires qui tombent souvent tard le soir ou très tôt le matin... Il m'accorde alors sept jours de répit à la suite vu que la gastro-entérite dure entre deux et quatre jours. Cela me laisse le temps de voir venir par rapport à mon état physique. Ça va être juste le temps que je trouve le moyen de régler la question qui se pose alors.

Je pousse un soupir de soulagement, cela m'enlève une grosse épine du pied. Je n'en peux plus du tout de ce stress et de ces pressions liées à ma condition. C'est consternant ce qui se passe maintenant, et je ne comprends pas du tout pourquoi cela m'arrive à moi. Je ne fais jamais rien de mal et ne cause de tort à personne. Je sens que ma nouvelle transformation va entièrement chambouler ma vie entière. Néanmoins, je ne sais pas encore jusqu'à quel point à ce moment-là. Cependant une chose est certaine, rien ne va être plus jamais comme avant. Puisque je suis en mesure de le savoir au fond de moi sans pouvoir l'expliquer à voix haute... Ça m'angoisse terriblement car je ne peux pas du tout contrôler ce nouveau pouvoir, voilà d'où vient ma peur indicible. Je suis un trouillard invétéré, déjà face à l'adversité dans laquelle j'ai grandis et j'ai vécu mais également maintenant. Avec cette situation des plus rocambolesque et la métamorphose incongrue de mon corps. Il faut que je m'habitue rapidement, vu que je vais devoir faire avec malencontreusement... Je me déshabille alors et jette mes fringues à la poubelle vu qu'elles sont toutes fondues... Je ne peux vraiment pas me permettre de perdre encore une tenue comme ça, à l'avenir... C'est encore une grosse énigme à résoudre, car je ne peux pas non plus aller travailler à poils...

Je me renseigne donc sur internet pour découvrir ce qui peut me permettre de sortir à la fois à l'extérieur sans être totalement nu, et recouvrir entièrement mon corps sans qu'aucune lumière ne puisse traverser... Cela va être difficile à trouver, mais je suis prêt à tout tenter pour que personne ne puisse découvrir ce qui se cache là-dessous. Je n'ai vraiment pas d'autres choix à ce moment-là. Ça doit être fait et trouvé rapidement, j'ai un délai de sept jours pour régler ça et pas un de plus. Le temps est imparti et le décompte déjà en marche. Il faut que cela fonctionne car ma vie et mon avenir au sein d'Ouroboros sont en jeu. Je ne dois faillir à aucun moment. C'est ma devise, mais aussi la ligne de conduite que je m'efforce de suivre. Il ne peut en être autrement... Je m'installe donc à mon bureau, à l'intérieur du cagibi dans lequel je vis et me mets au travail illico-presto ! Car je ne baisse jamais les bras !! Je prends le petit débris de plafond dont je me suis servi toute à l'heure pour ne pas liquéfier mon ordinateur. Je m'assois à mon siège et commence à pianoter sur les touches de mon clavier...

Au même moment vers six heures trente chez la jolie jeune femme, l'alarme sonne. Elle s'éveille tranquillement au son des oiseaux qui gazouillent après avoir éteint son réveil. Eh oui, c'est une lève-tôt. Elle déteste par-dessus tous les grâces matinées, elle aime pouvoir profiter tranquillement et pleinement de sa journée. Elle va faire des choses diverses et variées. Puis, la jeune femme adore voir le soleil se lever vu qu'elle est debout aux aurores. C'est ce qu'elle fait tout en mangeant son petit-déjeuner devant sa baie vitrée. Elle habite un grand appartement au sud de la ville, un des quartiers les moins pauvres et les moins dangereux d'Ouroboros. Le nombre d'agressions et de meurtres là-bas se limite à une vingtaine par jour. Alors que dans les autres quartiers et aux alentours partout ailleurs, il est question d'une soixantaine par jour. Le calcul et le choix d'y vivre sont vite fais. Ses parents lui ont cédé le logement à leurs morts, douze ans plus tôt. Elle n'est alors âgée que de huit ans au moment des faits. Ils sont décédés devant ses yeux lors d'un braquage à main armée d'une supérette qui a mal tourné, au moment où ils font leurs courses. Elle est devenue orpheline en une fraction de seconde et traumatisée par cet acte qui la marque à jamais au fer rouge. Ensuite elle est élevée par une famille d'accueil et à sa majorité hérite du logement. Ils ont travaillé très durs toute leur vie pour construire ce bel appartement, lumineux et spacieux. Cependant, si à la fin du mois ses parents biologiques n'avaient pas grand-chose à manger dans leurs assiettes, ils se privaient eux-mêmes de nourriture pour pouvoir nourrir leur fille à la place. Pour eux, c'était le plus important à ce moment-là, elle passait et va passerait toujours en priorité même s'ils souffraient de la faim. Enfin, c'est le seul héritage qu'elle possède d'eux et le dernier cadeau qu'ils lui ont offert....

Elle va s'admirer dans le miroir, sa couleur de peau scintillante et bleutée n'a pas disparue depuis la veille au soir. Elle s'illumine et brille toujours mais moins puissamment qu'auparavant. La demoiselle remarque alors qu'elle a la peau très froide, voire gelée... Alors qu'elle ne ressent aucune fraîcheur au contraire elle a chaud. Puis dès que quelque chose ou quelqu'un touche sa peau, pouf !! Celui-ci est totalement congelé sur place de la tête aux pieds, tel un glaçon. Comme un vrai bloc de glace sur la banquise au Pôle-Nord... Elle vient d'en faire l'expérience à l'instant quand elle a voulu prendre sa brosse à cheveux. A peine l'a-t-elle effleurée que celle-ci s'enveloppe instantanément d'une couche de gel incommensurable... Hier, c'est ce qu'il s'est passé aussi, quand elle a voulu prendre une casserole pour se préparer à manger. Mais cette fois-ci, la force d'expansion et l'épaisseur de sa glace sont en totale recrudescences sans raison apparente... Elle gèle tout ce qu'elle touche sans vouloir ni pouvoir le contrôler ! Elle n'en croit pas ses yeux ! Comment est-elle en arrivé là ?! Elle ne trouve clairement pas de réponses à cette question... Mais elle doit chercher une solution et vite avant qu'elle ne transforme entièrement son habitation en banquise géante ! La jeune fille ne comprend pas du tout ce qui lui arrive et cela l'effraie tellement qu'elle en pleure aussitôt après... Elle angoisse beaucoup, à tel point que son niveau de stress amplifie son mal-être et par la même occasion son pouvoir... Elle est en train de geler tout son appartement ! Son souffle glacial commence à gagner du terrain, ppppppssssssscccccchhhhhhhhhh !!! Elle doit se reprendre et faire quelque chose sur le champ ! C'est d'elle et de ses émotions que dépend l'expansion de sa force destructrice elle vient de le comprendre à l'instant même. Elle décide de se reprendre et de se détendre un bon coup pour évacuer toute cette pression.

Elle prend son courage à deux mains et inspire, expire, inspire, expire, inspire et expire encore et toujours tout en fermant les yeux, et elle se concentre par la même occasion. La nana insiste sur chaque souffle qui la submerge alors tout en relâchant la pression au même moment. Quinze minutes plus tard, le froid sur elle et dans son environnement proche a totalement disparu. Envolée la glace. Elle s'est rendu compte de ça dès qu'elle ouvre ses paupières. La jeune femme réussit à maîtriser son don sans le vouloir et à faire dissiper toute cette glace d'un coup d'un seul. La fille n'en a pas l'air comme cela mais elle dispose à sa guise d'un pouvoir incontrôlable et très puissant. Il est également très dangereux, elle doit faire attention de ne pas l'utiliser à mauvais escient surtout sans le vouloir. Le soulagement et la détente font maintenant place au reste dorénavant, elle peut souffler un peu... Sept heures passées, le soleil commence à être haut dans le ciel.

Néanmoins, à partir du moment où il apparait à l'aube, la peau de la demoiselle se stoppe aussi net de briller et sa lumière se tue... Elle n'a alors plus la possibilité de faire manifester sa glace dans les parages à nouveau. Ceci la rassure profondément... Mais pour combien de temps encore ?! Car un problème plus grand se pose là aussi, comment dissimuler son gel ainsi que sa peau de voie lactée au monde extérieur ? Et plus particulièrement à son travail ?! Puisqu'elle doit reprendre le lendemain matin, comment ses collègues peuvent réagir en la voyant si lumineuse et froide à la fois quand elle va arriver ?! Impossible !! Jamais cela ne doit se produire même si pour le moment ça s'est arrêté. Cependant, jusqu'à quand ?! Elle s'en inquiète davantage bien plus que de perdre son emploi si jamais elle n'y va pas plusieurs jours d'affilés... La femme doit résoudre cette difficulté et plus rapidement que prévu, sa vie et son avenir en dépendent ! Rien n'est plus important au monde pour elle que de mener une vie normale ! Et ça, même si son état physique en est fortement affligé, la jeune fille ne veut pas que sa vie soit compromise pour une chose pareille. Rien ne doit être affecté, sinon elle va être considérée comme un monstre ou un rat de laboratoire. Elle le sent au fond d'elle-même, tout change et elle ne peut nullement y faire quoi que ce soit... C'est inévitable... Cependant, elle a la capacité de contrôler ce qu'elle est en mesure de pouvoir le faire. C'est à dire, son environnement et sa manière de l'aborder. Ça, elle peut le changer à sa manière. Elle cogite alors pendant plus d'une heure et demie sur sa situation sans trouver de réponse concrète. La jeune femme décide donc de sortir se baladé pour se changer les idées en attendant d'en avoir une bonne qui lui vienne à l'esprit. Et puis, elle doit prendre l'air un peu car elle a la sensation d'étouffer sous une pression insupportable. Comme si une épée de Damoclès se tient fermement au-dessus d'elle sans faillir. Il faut qu'elle prenne un peu de bon temps et oublié tout cela jusqu'à son propre mal-être. Mademoiselle prend son petit-déjeuner, se lave puis s'habille au bout de quarante minutes. Après tout, c'est peut-être juste temporaire, ça ne va sûrement pas durer, non ? pense-t-elle. Vu que sa lueur est éteinte tous les espoirs sont permis, pas vrai ? Elle se rassure autant que faire se peut puis par la suite, enfile son manteau et s'évade dehors. Elle doit partir où sa tête va littéralement exploser. Son cerveau est énormément pris par toutes ces pensées négatives et obsédantes. Elle coure donc en direction du porche tout en claquant la porte.

Déjà six jours qui se sont écoulés sans trouver de réelles réponses à mes questions... Mes recherches sur le net sont infructueuses et décevantes... Malgré avoir cherché jour et nuit... Normal, qui voudrait cacher sa peau de la lumière du jour parce que cette même peau-là lui fait défaut ?! Personne n'a dans sa manche un corps brillant scintillant et brûlant comme le mien ! II faut bien se l'avouer ! Puis, avec une anatomie qui fait fondre tout ce qui croise son chemin !! Qui ou quoi peut cacher un truc pareil tout en menant une vie normale ?! Rien, ni absolument personne, bien-sûr ! Quelle ironie... Aucun d'entre eux ne va gober une histoire pareille !! Et même les gens que je connais et qui m'apprécient ne vont pas me reconnaître du tout ! Ils vont me voir comme un monstre et être tétanisés par la peur ! Ils vont tous prendre leurs jambes à leur cou et s'enfuir en toute hâte ! Je suis la risée de cette ville, et le pire déchet qui la compose c'est moi ! Rejeté et mal aimé de tous, une horreur de la nature, un pestiféré... Personne ne va comprendre et aucun d'entre eux ne peut le faire... Je vais être un extra-terrestre ! Pour moi, c'est impossible c'est encore pire que de perdre mon emploi... Je ne désire pas qu'on me voit sous cette forme affreuse et monstrueuse. Alors qu'à l'origine je suis un homme quelconque, lâche, trouillard et ennuyeux à souhait... L'image de l'être que je veux transmettre n'est pas celle du pire déchet humain qu'Ouroboros puisse accueillir ! Encore faut-il que je sois encore « humain » également je n'en suis plus si sûr à présent... Je ne vais pas m'en relever si cela se réalise pour sûr !

Putain de bordel de merde !! Ressaisis-toi !! M'écriais-je à voix haute. Tout en médisant et en jurant, je me mets une grande claque dans la gueule pour me réveiller et arrêter de me faire des films. Il faut que je me reprenne je ne peux pas continué à paniquer et à divaguer. La déprime n'est pas de mise et je ne peux pas me permettre de me laisser aller ! On ne doit pas découvrir mon secret peu importe comme il m'en coûte, j'ai le devoir de me préserver vaille que vaille ! La clé, la clé du mystère, voilà ce que je dois trouver... La solution à ma difficulté de pouvoir m'exposer à l'extérieur, que faire...

Je lis sur la toile que certains métaux très lourds peuvent résister à la chaleur au-dessus d'une certaine limite. Néanmoins sur ma peau, la chaleur est beaucoup trop puissante ça va fondre aussitôt sur moi. Je n'ai plus qu'un jour pour découvrir ce qui peut dissimuler mon pouvoir sans crainte aux yeux du monde et sauver ma peau même si elle me cause que des problèmes, putain... Je dois faire vite je n'ai pas le choix. Que faire, que faire ? Tout en réfléchissant à la question, je me sers un petit plat de pâtes accompagné d'un cordon bleu bas de gamme. Le met du pauvre comme on dit ici je mets mon assiette à réchauffer au micro-onde avec du papier aluminium le recouvrant. Deux minutes top chrono avant que je mange. Je regarde la magnifique vue d'Ouroboros par la fenêtre pendant que ça chauffe, tout en réfléchissant à mon dilemme... La sonnerie de fin de chauffage sonne donc pendant que je continu d'admirer cette ville en perdition à perte de vue.

J'entends d'ici les cris de désolation des victimes d'agressions diverses au loin. C'est cela au quotidien ici, les cris et les pleurs on en est bercé chaque jour. Cependant, ça n'a rien avoir avec l'écoute d'une chanson mélodieuse à mes oreilles... Entendre ces gens se tordre de douleur chaque jour me fends le cœur je n'en peux plus ! Il faut faire quelque chose ça ne doit plus se reproduire ! Je sors mon assiette du micro-onde à l'aide de grosses pierres récupérées à l'extérieur la veille tout en enlevant le papier sulfurisé. Je m'en suis servi pour réchauffer mon plat deux minutes auparavant. Il est d'ailleurs bien chaud et sent divinement bon, je l'attaque d'une traite tellement j'ai l'estomac vide. A la place de mes couverts normaux, j'ai taillé deux longs cailloux que j'ai aiguisé avec une pierre plus grosse. Je n'ai pas le choix car sinon tout le reste se dessoude à mon toucher, quelle tuile je vous jure...

Puis, inopinément j'observe plus attentivement l'aluminium posé en face de moi sur la table. Perdu dans mes pensées, je zieute le moindre aspect de son enveloppe et la touche scrupuleusement pour en déterminer sa composition physique. Il ne se liquéfie pas au contact de la paume de ma main alors que celle-ci est bouillonnante. Je la triture dans tous les sens et constate avec stupeur que la feuille ne faiblie pas ni ne se déstructure à mon contact ! BINGO !! Ça y est, je viens de trouver et de résoudre mon énigme ! Mon salut est juste là sous mon nez depuis tout ce temps et je ne l'ai pas vu venir ! Putain, quel con !! C'est la matière qui me manque et dont j'ai le plus besoin là, maintenant ! Encore faut-il déterminer comment je travaille ce matériau un peu spécifique... Je dois y réfléchir attentivement avant de reprendre le travail lundi prochain. Il faut que je réussisse à créer une combinaison ininflammable et assez couvrante. Ainsi, je peux me balader tranquillement dehors sans avoir à me tracasser de qui que ce soit. C'est une idée à creuser plus en profondeur, et je n'ai plus qu'une journée à tout cassé pour réaliser ce projet. Je dois me dépêcher car je n'ai plus assez de temps... Putain, quel merdier me tombe sur la gueule, putain, c'est vraiment pas ma veine d'Ouroborien c'est sûr, ah ah ah !

Chapitre 3 Le commencement du fils du soleil...

La nana reprend le travail, elle est vendeuse dans une toute petite parfumerie à la conception artisanale. Parfums et produits de beauté en tout genre se succèdent alors sur les étagères de la boutique. Des senteurs sucrées et florales embaument toute la pièce. C'est le début de matinée en ce commencement du mois de janvier. Noël et les fêtes de fin d'années sont passées et avec elles les événements de cette nuit fatidique. La femme se rappelle alors plus distinctement comment cette soirée s'est déroulée.

Les souvenirs s'invitent à elle depuis une semaine, chaque nuit les rêves de cet événement la submergent pleinement... Elle se rappelle tout en ce lundi matin à huit heures tapantes. Le visage de ce jeune homme fait alors à nouveau son apparition dans son esprit. Tout est clair comme de l'eau de roche maintenant elle esquisse une moue de consternation sur son visage !

Elle reste dans la lune pendant bien dix bonnes minutes pendant qu'une cliente est devant elle pour acheter un parfum. Elle l'appelle encore et encore jusqu'à ce qu'elle sorte complètement de sa léthargie. La vendeuse s'excuse donc et l'encaisse tout de suite. La cliente règle sa commande et part juste après.

Assise sur sa chaise, la demoiselle se souvient donc de cet homme frêle et sans allure. Il l'a sauvée un soir de décembre contre trois voyous deux semaines auparavant. Alors même qu'il était complètement soul et sans envergure, il a tout de même osé s'opposé à ces trois hommes à ce moment-là ! Une témérité à toute épreuves, il n'a rien à envier à personne et elle n'a même pas pu le remercier ce soir-là ! Elle sait que quelqu'un est venu à son secours lors de cette soirée mais elle a oublié son visage. Comment peut-elle omettre un détail si important ?!

Son cœur se serre d'inquiétude à cette idée car elle ne sait pas du tout ce qu'il devient. Après tout, elle est partie le lendemain matin de l'agression en ayant complètement mit de côté sa présence. Elle s'est levée sans se retourner et n'a pas regardé par-dessus son épaule, la culpabilité l'envahit alors sur l'instant jusqu'à en perdre haleine. Elle commence à se lamenter sur place et à larmoyer. Elle s'en veut terriblement d'avoir laissé cet inconnu blessé et qui avait besoin d'aide derrière elle, seul et sans défense à terre.

Par fierté, elle ravale de suite au fond d'elle-même ses pensées dramatiques, son inquiétude ainsi que ses larmes. Car elle est au travail et ne peut pas se permettre d'être triste et que les gens découvrent son mal-être. Les problèmes doivent rester au placard à partir du moment où on franchit la porte de la boutique même si c'est très dur pour elle là maintenant. Elle est comme ça cette jeune demoiselle de vingt ans. Forte, fière, courageuse et une vrai battante depuis que ses parents l'ont quittée douze ans auparavant.

Elle ne montre jamais ses émotions pour que personne ne ressente de pitié envers elle, même si elle avait besoin d'aide à cette époque plus que quiconque au monde. Sa détresse et sa tristesse elle les a compartimentées et rangées dans un tiroir à l'abri des regards indiscrets, loin, enfouies au fond de sa mémoire depuis ce jour funeste.

Lors de leurs enterrements, elle n'a pas versé une seule larme et n'a rien dit. Elle s'est enfermée dans un mutisme profond pendant plusieurs années jusqu'à qu'elle retrouve la parole à l'adolescence. Ça l'a tellement traumatisée que la femme pensait que si elle ouvrait de nouveau la bouche à l'époque d'autres malheurs surviendraient dans sa vie, même bien plus tard.

Sa vie est semée d'embûches et d'épreuves douloureuses à surmonter depuis petite... Néanmoins, elle s'en remet avec brio et se tient debout fièrement pour affronter la vie. Ainsi, elle peut tourner la page et mettre de côté ces drames. Puisqu'elle ne se laisse pas abattre pour si peu cette jeune femme-là. Elle est bien plus forte que quiconque puisse l'imaginer.

Sa peau ne scintille plus depuis le lever du soleil ce même matin. Ses parcelles d'or meurent avec la venue de l'aurore. Et pareillement, son pouvoir glacial ne fait plus effet aussitôt après. Elle a compris pendant le week-end d'avant que dès que le soleil est haut dans le ciel, son anormalité cesse immédiatement d'exister. Cependant elle réapparait toujours au crépuscule, son corps luit de nouveau après vingt et une heure passée.

Et les rayons de clair de lune à travers les nuages pointent toujours sur elle, laissant transparaître cette voie lactée splendide et éclatante chaque nuit à la fin de chaque jour. Ensuite à son tour vient la glace, voilant son environnement proche via son souffle glacial impénétrable... Et ça dès qu'elle touche ou effleure un objet avec ses petits doigts fins. Tout à coup, l'air devient alors brumeux, humide et froid. Les flocons de neige apparaissent ensuite toujours autour d'elle, dès que sa chair reluit sous les halos lumineux lunaires.

Elle se demande si quelque chose du même genre est déjà arrivé au garçon ce soir-là. Elle ne peut donc pas s'empêché de penser à lui et par la même occasion de s'inquiéter. Parce qu'elle l'a vu être soulevé dans les airs lui aussi. Alors que la « Lueur Divine » de l'éclipse l'atteint pourtant sans lui faire le moindre mal cependant. Juste avant de s'évanouir, elle se souvient qu'il n'a pas brûlé du tout similairement à elle. Tout en y réfléchissant et en ayant la tête dans les nuages, elle poursuit son travail de caissière et de mise en rayon au besoin.

Elle enchaîne les clients et les articles du même temps que la journée qui passe à une vitesse folle. Elle finit à dix-huit heures et elle commence donc à préparer ses affaires pour rentrer chez elle. Ça a été rude et intense mais c'est fini maintenant... Journée harassante avec beaucoup de clients. Enfin, pour se détendre et décompresser un peu ses collègues de travail ainsi que sa chef d'équipe décident alors d'aller boire un verre après le travail.

Elle se donnent toutes rendez-vous devant le bar « le Mortifère » à vingt heures trente tapantes, elles invitent donc comme à l'accoutumée la jeune femme à y participer aussi, sans succès. Parce que celle-ci décline à chaque fois qu'elles le lui proposent, prétextant une excuse de courses urgentes à faire. Cependant, cette raison semble toujours bien bidon aux yeux de tout le monde. Évidemment, elles le savent toutes mais agissent sans mot dire comme toujours... Ses consœurs baissent alors le regard et acquiescent face à elle en faisant mine de comprendre, comme à leurs habitudes.

La jeune femme leur fait de la peine puis, elles finissent par partir sans elle et sans se retourner en même temps que leurs chemins qui se séparent à l'arrière de la boutique.

Pendant ce temps, la vendeuse chemine tranquillement seule jusqu'à son appartement. Ce n'est pas pourtant pas la première fois qu'elle refuse ce genre de sortie nocturne avec les autres. Mais ça lui provoque quand même un petit pincement au cœur, car elle aimerait beaucoup aller s'amuser avec elle mais c'est chose impossible ! Car elle n'a d'autres choix que de s'exécuter amèrement. Depuis deux semaines, elle est comme une luciole dans la profonde noirceur de la nuit. Elle s'apparente à un phare guidant les navires au loin qui rentrent au port grâce à elle. A la différence qu'elle n'aide personne et qu'elle est seule et aussi esseulée que cela puisse paraître.

La jeune femme ne peut vraiment pas en parler à quiconque malheureusement. Elle sent alors le poids énorme de ce secret, ce fardeau sur ses épaules ainsi que sur son moral. C'est très dur pour elle qui a tout fait pour vivre une vie normale depuis le décès de ses parents. Pour que personne ne puisse la regarder avec ces yeux-là, ceux qu'on lui a jeté froidement à leurs morts. Ce regard emplit de pitié, d'amertume et compatissant qu'elle déteste par-dessus tout... Oh que oui ! Elle le connait par cœur ce regard-là avec les condoléances faussement jouées et ces sentiments des plus hypocrites que les autres ont soi-disant pour vous. Enfin, cette phrase chimérique vide de sens et amère qui revient sans cesse entre leurs lèvres de je m'en foutiste : « Je sais très bien ce que tu ressens ».

Pure foutaise, pure calomnie et pure connerie putain !!! Personne ne sait ce qu'elle éprouve au fond d'elle-même et va éprouver tout au long de sa vie qui est déjà pleine de souffrance ! Puisqu'ils ne l'ont jamais vécu et ne vont sûrement jamais le vivre, que des hypocrites à perte de vue qui se permettent de se mettre une seconde à sa place. Cependant, ils ne ressentent pas un dixième de sa peine ni à quel point cette douleur déchirante fait mal. Une perte colossale pour un début de vie d'insouciance et d'innocence gâché pour toujours et à jamais...

Une absence qui ne va pas être comblée par qui que ce soit dans ce monde, et une plaie éternellement béante et profonde. Cet événement et cette tristesse sont gravés dans la pierre à tout jamais elle ne l'oublie pas. Aucune chose dans ce monde ne savait la rendre plus heureuse que ses parents. Mademoiselle sanglote discrètement sur le chemin du retour jusqu'à chez elle, elle se rappelle tout le bonheur qui l'a envahi quand elle était plus petite aux côtés de ses parents. Oh oui, elle s'en souvient très distinctement de cette vie d'avant ce drame qui l'a changée pour toujours.

Elle était heureuse à l'époque, mais la fille ne va plus jamais connaître un tel épanouissement et une telle joie dans sa vie, elle en est persuadée. Elle ne connait plus que la souffrance, la tristesse et la colère qui l'ont submergées plus jeune. Elle n'est plus guillerette ni souriante, sauf au travail. Sourire forcé devant le client oblige pour vendre c'est indispensable. Et l'agression l'a achevée niveau moral. Il est dans ses chaussettes et elle fait tout pour ne le laisser paraître aux yeux de personne. C'est très difficile mais elle y parvient souvent. Puisqu'elle est comme cela : introvertie, douce, et également forte et puissante émotionnellement, elle ne laisse absolument rien entrevoir de ses émotions, c'est un vrai cœur de pierre aux yeux du reste du monde ! Un stoïcisme à toutes épreuves, même si elle ne sourit pas elle n'en donne pas un air triste pour autant. Elle est énergique et vive d'esprit. Néanmoins au fond d'elle-même, elle sait qui elle est vraiment et c'est ça le plus important pour qu'elle ne se perde pas de vue.

Trois heures passent et comme à l'accoutumée, les ténèbres font place à la clarté du jour. Et avec eux, leurs somptueux rayons de clair de lune purs comme de l'eau de roche. Son corps commence alors à resplendir de mille feux d'un éclat magique et féérique. Puis, s'en suit le froid glacial habituel d'un matin de décembre sous la neige. Il envahit alors son être de toute part cependant, elle-même ne ressent que chaleur douce et envoûtante au fond de son être. Elle décide tout de même de sortir mais à l'abri des regards indiscrets. La jeune fille regagne le lieu qui a changé sa vie et son destin, mais elle ne le sait pas encore.

Elle marche alors une bonne demi-heure avant d'atteindre ce sous-bois isolé que seuls les habitants du coin peuvent connaître. Elle décide donc de s'essayée et de s'exercer à son nouveau don de la nature qui l'effraie plus que tout. Néanmoins, il l'attire tout autant que l'attraction cosmique et glaciale de la lune envers la terre. Un désir irrépressible et inextinguible l'assaille alors chaque soir venu. Une force et une énergie démesurées presque irréelles s'emparent d'elle de part en part à ce moment-là. Une aura miraculeuse l'enveloppe alors et sa lumière divine s'en retrouve presque mystique, à tel point qu'elle est incroyable ! C'est quelque chose d'inexplicable qu'aucun scientifique ni même une personne sensée et saine d'esprit ne peut comprendre. C'est unique et ça vous prend aux tripes tout de suite, une sensation qui s'en va à chaque aurore matinale et revient à chaque crépuscule. La demoiselle devient alors une divinité solennelle et est plus vive, plus forte, plus impétueuse et plus rapide que le vent lui-même.

La femme commence à relâcher toute cette froideur et à la propulser hors de son corps à travers ses mains délicates, les bras tendus loin devant elle. La glace s'est instantanément formée et expulsée hors de ses doigts de pianiste à une vitesse effrénée ! Des paillettes de flocons de neige, sont laissées sur son passage. La température alentour chute brusquement et l'air est instantanément glacial et embrumé. La puissance de son souffle est telle qu'elle pétrifie tout sur son passage ! Le gel se propage alors à vingt kilomètres en face et autour d'elle à une vitesse de cent kilomètres à l'heure. On se croit littéralement dans une véritable patinoire mais à la différence qu'il y a des pics de glace absolument partout, pas du tout comme sur la banquise.

Les arbres et l'herbe environnantes sont alors prisonniers de ce froid intense. Tout est absolument congelé sur place et figé dans le temps et l'espace. Heureusement, aucun civil ou inconnu à l'horizon ne se prend dans cette toile raide et gelée, elle est vraiment impénétrable et inviolable. Quiconque peut être prit dans ses filets ne peut s'en dégager aussi facilement. La jeune femme s'amuse follement et décide de totalement se lâcher ! Elle s'éclate de trop et en rigole à pleins poumons ! C'est tout bonnement incroyable ! Une sensation indescriptible ! Une liberté et un bien-être absolus voilà ce qu'elle ressent là tout de suite ! Tout cela mêlé à l'adrénaline, son cœur bat à tout rompre et elle n'entend que ça car elle est trop excitée ! Toute sa frustration, sa colère et sa tristesse refoulées depuis toutes ces années se déversent à travers son froid au fur et à mesure qu'elle l'utilise.

Elle en met vraiment partout, mais décide d'un coup de changer de stratégie. Elle place alors ses bras et ses mains devant et en dessous d'elle. Elle s'éjecte tout à coup hors du sol à une vitesse extrême et à une hauteur vertigineuse, c'est comme avoir des chaussures à propulsions ! Elle est tout en haut dans les airs touchant presque les nuages, et sent la brise fraîche du soir lui fouetter le visage. Les cheveux aux vents et des papillons dans le ventre, sa béatitude est à son apogée.

Elle est alors au septième ciel, loin de la cime des arbres c'est le paradis sur terre... Elle continue à utiliser sa glace pour voir jusqu'où elle peut aller. Personne ne la voit de là où elle est, heureusement vu c'est trop éloigné de la terre ferme. Et les Ouroboriens ne regardent jamais vers le ciel mais plutôt vers le sol, toujours pour éviter les ennuis, quelle tristesse... Elle se projette un temps, et décide d'utiliser son gel autrement. Elle se créer alors un pont de glace face à elle pour pouvoir se déplacer avec aisance et sans encombre dessus. Elle gigote ses bras dans tous les sens, c'est absolument divin et c'est à sa portée. Elle se déplace et glisse le long du ruban de glace qui s'offre loin sous ses pieds. Cependant elle demeure dans les airs hors de celui-ci de temps à autre.

Elle n'en croit pas ses yeux et se demande si tout cela est bien réel. Si la fille n'est pas en train de rêver rien de tout cela est normal après tout, pense-t-elle. Elle vole pour de vrai et au sens littéral du terme ! Mais pour rien au monde, elle ne peut vivre cette expérience folle et hors-du-commun si elle a été comme avant ce soir fatidique qui l'a littéralement transformée. Et pour rien ne monde, elle ne souhaite redescendre de là où elle est c'est hors-de-question, mais force est de constater qu'il faut qu'elle le fasse tôt ou tard ! Elle pense quand même que c'est un fardeau lourd à porter, et une tension nerveuse qui est palpable dans tout son corps. Néanmoins un petit prix à payer pour pouvoir vivre cette expérience hallucinante !

Elle n'en peut plus et n'en croit toujours pas ses yeux ! Elle glisse le long de son souffle glacial. Et pour elle c'est comme si elle vole, c'est du pareil au même !!! Elle aperçoit l'horizon sous ce ciel étoilé s'étendre à perte de vue. Aucun nuage à l'horizon et la brise est rafraichissante. Un spectacle naturel absolument magnifique s'offre alors loin devant elle. Les maisons, les immeubles, les quartiers glauques et craignos ainsi que la ville d'Ouroboros en elle-même, sont minuscules vus d'ici. Cette cité semble inoffensive et paisible à cette hauteur. Les lumières sont comme des guirlandes de noël formant des bandes colorées et lumineuses interminables au loin.

La lune et les étoiles scintillent dans la pénombre sous un ciel dégagé. Puis, la peau violine de voie lactée de la jeune fille miroite de mille feux dorés. De même que les parcelles d'or étoilées parsemées sur tout son corps, elles brillent sous le clair de lune qui l'inonde alors de ses rayons. Sa longue chevelure sauvage et indomptable flotte dans les airs, luisante de paillettes. La fille est absolument splendide, magnifique. Elle représente toute la beauté cosmique et mystique de la lune ; entrecroisée de celle de la galaxie. Jamais personne partout dans Ouroboros, ne peut voir pareille magnificence, une telle perfection emplie d'élégance et de charme ! Elle est unique en son genre dans le monde entier et en va en faire craquer plus d'un, c'est certain...

Elle doit toutefois se montrer vigilante autant que faire se peut le soir, pour que personne ne remarque son anormalité. Parce qu'avec cette beauté divine, elle va se faire remarquer sans même le vouloir. C'est dangereux pour elle. Néanmoins, à cet instant précis, elle se sent enfin revivre depuis bien longtemps. Tous ses problèmes et ses tracas quotidiens envolés, disparus au loin dans la stratosphère de cette nuit idyllique... Avant que tous ces événements tragiques n'aient lieux dans sa vie. Elle est libre, se sent pousser des ailes sous ce ciel nocturne glacial et infini. Cependant, c'est surtout elle qui est plus heureuse que jamais elle ne l'a été auparavant. Cette sensation d'apaisement, elle ne va jamais l'oublier, jamais.

Et tout en se baladant dans les airs, elle se dit qu'elle est capable du pire comme du meilleur avec ce pouvoir étrange. Ça va être dur à dissimuler mais surtout à assumer. Puisque la demoiselle doit toujours se contrôler pour ne pas laissé échapper le moindre souffle glacial en dehors d'elle. Et la fille s'en sent pleinement capable et avec le temps va parvenir très certainement à le maîtriser. Elle n'a pas vraiment le choix non plus, elle le doit. Sinon sa vie quotidienne tranquille va être fichue à tout jamais, elle ne peut clairement pas se le permettre.

Étant trop la tête dans les nuages, elle s'arrête aussitôt de glacer l'air et soudain son corps se déséquilibre ! La jeune femme a perdu l'équilibre l'espace d'un court instant et chute tout droit vers le plancher des vaches plus vite qu'elle le croit ! Elle se ressaisit tout de suite et à moins de cinq mètres du sol, se rattrape sur une couche de glace à la fois épaisse et moelleuse. Parce qu'elle peut aussi moduler sa dureté en fonction de ses envies. Elle a eu chaud putain !!! Elle doit faire très attention à l'avenir. Elle se fait très peur mais expire tout de même un souffle de soulagement une fois l'effroi de la situation passé ! C'est moins une à deux minutes près.

Une fois l'émotion passée, Elle reste là, passive, à cogiter un moment allongé avant de décider de regagner son foyer deux heures plus tard. Elle profite bien et va renouveler l'expérience de nouveau à l'avenir, pour sûr, elle ne peut tout simplement pas s'arrêter là juste comme ça. Puisque ce pouvoir la dépasse totalement de très loin et bien plus encore, c'est impossible de faire autrement.

Pendant ce temps-là, lors de la même soirée je viens de reprendre le travail. Retourner à ma vie morne et pathétique est d'actualité, mais ces termes péjoratifs j'en suis désormais débarrassé. Pendant les deux nuits et la seule journée précédant ma reprise, je réussi à me confectionner tant bien que mal une tenue entièrement recouvrante et isolante. Je suis plutôt doué de mes mains car quand on est orphelin, faut savoir se débrouiller tout seul très tôt. Et on ne peut compter que sur soi-même et pas du tout sur les autres, surtout à Ouroboros ou la philosophie de vie dominante est « Chacun pour sa gueule » ! Après celle de la loi du plus fort. Dans un trou à rats pareil, on se forge vite un caractère ! Donc tout ça pour dire je sais coudre mes propres vêtements et bricoler également.

Mon costume se constitue de fibres de carbone pour la légèreté de la matière ainsi que sa flexibilité face à de très fortes vitesses de sprint. Mais surtout, composé d'aluminium très épais, puisque je dois protéger mes vêtements et les autres de ma chaleur extrême, au vu du fait que tout fond à mon contact. Mon habit est donc fabriqué à partir : de couvertures de survie qui gardent la chaleur à l'intérieur et de beaucoup, beaucoup de papier en alu. Ils sont superposés entre toutes les couches de tissu carbone. Ce vêtement recouvre entièrement mon corps, et ne laisse entrevoir aucune lumière. Elle ne peut pas s'en échapper. Celle-ci est prisonnière tout comme ma chaleur. Je porte aussi un bonnet de la même matière, et un masque ne laissant dévoiler que mes yeux et ma bouche. Aucun fragment de ma peau n'est exposé au monde extérieur, c'est comme la panoplie complète d'un ninja. Pour ma sécurité et pour ne pas éveiller les soupçons sur mon apparence étrange, je mens à mon patron sur les causes exactes de mon accoutrement. Je lui dis que j'ai été victime un accident de voiture pendant ma semaine d'arrêt, et que je suis brûlé au troisième degré sur les trois quarts de mon visage. Je lui explique aussi que je suis défiguré, et que pour ne pas faire fuir les clients que je suis obligé de camoufler entièrement ma tête de cette façon. Pour ne pas les effrayer.

J'ai du mal à le convaincre, mais avec patience et détermination, il finit par me croire au bout d'une vingtaine de minutes d'explications.... Force est de constater que j'ai l'air dans mon état normal, donc il passe l'éponge. Je reprends donc le boulot l'air de rien, et reste dissimulé derrière ce vêtement hors-norme. Il me permet malgré tout d'être moi-même et de pouvoir vivre une vie normale. La tâche est quand même des plus ardues, mais je me convaincs de réussir tout de même à vivre avec envers et contre tous. Il n'y a pas d'autres choix possible de toute manière.

Ma journée passe tranquillement, malgré le regard inquiet et moralisateur des clients, terrifié pour certains mais mon excuse tient bien la route. Il faut dire aussi que je suis bon acteur. Je n'ai aucun mal à leur faire gober mon histoire à la noix. Cependant, je dois faire très attention au fait de garder à tout prix cet affublement sur moi, toujours. Peu importe la raison, il fallait vraiment que je ne l'enlève sous aucun prétexte. C'est très important pour que personne ne puisse voir mon anormalité et par la même occasion le dire à tout le monde... Mon identité doit demeurer secrète, il en va de ma vie et de mon avenir. Les clients défilent toute la matinée et quelque part ailleurs aussi, les problèmes.

J'observe les informations avec attention. Il est bientôt midi et demi, l'heure de ma pause déjeuner. Les images vidéo du flash spécial à la télévision montrent qu'un braquage à mains armées a lieu dans une petite supérette bon marché, non loin d'ici. Ça doit être à dix ou quinze minutes de ma station essence, ni plus ni moins. Les flics et le commando armé du GIGN sont sur place. Et ils sont aussi sur le pied de guerre. Le RAID est sur le point d'intervenir mais le nombre d'individus et leurs motivations restent inconnus au bataillon. Enfin, c'est ce qu'eux croient cependant, moi je ne vois pas du tout les choses de la même façon.

Mon esprit analyse soudain frénétiquement les images visuelles saccadées qui se présentent sous mes yeux. Je peux discerner dix étrangers masqués et cagoulés pour certains, par quelques grandes fenêtres dégagées. Ma vision est sans failles, et je peux percevoir chaque détail de leur apparence et chaque mouvement qu'ils font. Une vraie vue d'aigle. Trois d'entre eux possèdent deux kalachnikovs à chaque bout de bras, et de grands couteaux de cuisine à l'intérieur de leurs vestes. Cinq autres ont des grenades dans leurs poches de pantalon, ainsi que des flingues dans chaque main, accompagnés de poings américains. Les deux autres se portent comme kamikaze autoproclamés. Des bombes à retardement avec de la dynamite jonchent leurs poitrines. Je peux discerner des fils de différentes couleurs, ainsi qu'un minuteur électronique pour le compte à rebours et une télécommande pour déclencher le tout dans une main, et de l'autre un fusil à pompe. Des couteaux de chasse appelés des « dagues », accrochées à leur ceinture. Ils ont l'air redoutables, et il est certain qu'ils se sont bien préparés avant. Ils ont bien prévu leurs coups ces salopards...

Quant aux otages je distingue quinze personnes, toutes réunies autour des caisses, hommes femmes et enfants, personne n'est épargné par ces vils criminels. Ces bâtards vont faire d'eux de la chair à canon putain ! Ils sont tous terrorisés avec une expression faciale de souffrance et de désespoir sur leurs visages graves, ils sont certains d'y passer. Leurs cris et leur désarroi m'envahissent de part en part, je ressens leur douleur d'ici dans tout mon corps mais également dans mon esprit. J'entends leur appel, ils prient et supplient que quelqu'un leur vienne en aide.

Le RAID et les forces armées sont là mais ils ne lèvent même pas le petit doigt par peur de représailles, comme c'est pathétique... En plus, ils n'ont aucune information probante pour les aider dans leurs tâches concernant les braqueurs ou la prise d'otage. C'est pitoyable, j'enrage de haine envers eux tellement ils sont inutiles ! Ils n'en ont clairement rien à foutre des Ouroboriens (habitants d'Ouroboros). Je ne sais pas expliquer comment je peux savoir tout cela ni comment je fais pour entendre leurs voix. Peut-être un instinct de survie sur développé qui m'envahit ou un sixième sens, qui sait.

Mais je dois faire quelque chose envers et contre tous, on ne peut clairement pas compter sur le gouvernement pour agir. La situation est bien trop critique et il va y avoir des morts. C'est sûr et certain, j'en suis intimement persuadé au fond de moi... Dix minutes passent jusqu'à ma pause déjeuner et avec elle ma réflexion sur les événements en train de se dérouler juste sous mes yeux. Il faut s'exécuter rapidement putain, leurs vies sont en danger là, ça craint un max ! Je ne peux pas laisser faire ça et que des innocents meurent sous le joug de la cruauté et de la malfaisance de ces scélérats, c'est inenvisageable point barre ! Hors de question que ça arrive de nouveau sans rien faire juste sous mes yeux !

Mon cœur est déterminé et ma soif de justice refait surface à l'instant où j'aperçois le mal dans un face à face diabolique ! Depuis tout petit j'ai appris une bonne leçon, la vie n'est pas facile et il faut se surpasser pour réaliser ses rêves les plus chers et parvenir à s'en sortir envers et contre tous. Mais la lumière est au bout du chemin comme on dit. Si le monde entier te laisse crever tout seul sans t'aider alors c'est toi qui dois te sauver tout seul contre la planète toute entière s'il le faut ! Et te battre de toutes tes forces, voilà ce que j'apprends depuis que je suis né. Je ne laisserais jamais tomber rien ni personne, jamais !!

Je ne réfléchis pas plus longtemps et ni une ni deux je fonce hors de la station à toute vitesse après avoir pris mes affaires dans mon casier et laissé ma tenue de travail au vestiaire. Ma décision est prise et elle est unanime, je vais définitivement sauver tout ce beau monde qu'ils le veuillent ou non, que les forces de l'ordre soient là ou non. Telle est ma détermination et mon appétence pour la justice. Ouroboros va changer et je vais y veiller personnellement, croyez-moi. Je trace donc ma route en toute hâte en direction de l'épicerie à une allure phénoménale qui n'est point humaine. On dirait que mes jambes me portent toutes seules en direction du lieu en question. Je ne peux pas l'expliquer, c'est ahurissant !! Je suis aussi rapide que la vitesse de la lumière, je ne vois pas mes mouvements tellement ils sont fluides et fugaces.

Je sens cette énergie s'écouler en moi et cette force inimaginable que je n'arrive plus à contenir à cause de la colère que je ressens à cet instant précis ! Je me sens libre et à la fois prisonnier d'un don dont je ne maîtrise encore presque rien et dont je ne sais rien. Un pouvoir qui est en train de chambouler complètement ma vie. Ce sentiment de toute puissance et d'acte de bravoure mêlés au besoin de justice que j'ai au fond de moi, Ouroboros en a désespérément besoin et je suis là juste devant elle à présent pour combler son vide intersidéral ! Son appel au secours a été entendu ! Entre temps, j'ai pu retirer en vitesse ma combinaison ignifugée et la jeter derrière les locaux poubelles de là où je travaille. Toujours à l'abri des regards indiscrets bien-sûr.

La lumière de mon être illumine tout le quartier et enveloppe Ouroboros d'une lueur d'espoir pure et éblouissante. Une traînée de cramée noircie par la chaleur intense que je dégage défile derrière moi au fur et à mesure que je coure. On ne peut pas savoir qui je suis car mon éclat surpuissant ne définit rien d'autre de mon visage que les contours de mes yeux, de ma bouche, de mon nez et de mes oreilles. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'arrive sur le lieu du crime.

Un monde incroyable est sur place, les forces de l'ordre mais aussi des journalistes et un tas de civils curieux du phénomène sous leur regard de commère invétéré. Pendant le trajet, des tas de gens me regardent et me prennent pour un fou ! Je suis une bête de foire, ils n'en reviennent pas ! Ils sont abasourdis, pestant pour d'autres et terrifiés pour certains. Il faut dire qu'ils ne voient jamais pareille monstruosité dans le coin de toute leur vie après tout. Je peux comprendre, car moi-même je ne sais pas ce qui se passe en moi et pourquoi je suis comme ça. Mais je le suis, point à la ligne et je vis avec.

J'arrive derrière le bâtiment au niveau du parking. Il n'y a personne, l'endroit est désert car la majorité du peuple se trouve devant l'enseigne du magasin. C'est pour couvrir le scoop et contribuer à la panique et la psychose collective. Une aubaine pour moi sur le moment car personne ne me voit de là-bas, les regards et les attentions sont tournés sur le braquage même avec mon éclairage de quartier, je passe inaperçu pour l'instant. Je dois vivement en profiter pour provoquer l'effet de surprise et instaurer un climat d'incompréhension et de terreur envers les agresseurs.

J'ai aperçu sur les images de la caméra aux informations, une petite fenêtre branlante qui est sur le point de se briser en mille morceaux. Elle n'est pas fermée à clé, et je le vois d'ici elle donne sur le sous-sol ou plutôt la réserve du magasin. Je ne sais pas trop, mais c'est par là que je décide alors de m'infiltrer discrètement. A l'insu de la population, de la police et des cambrioleurs, je me faufile sans un bruit à l'intérieur. Ce n'est pas très bien éclairé et l'humidité ainsi que la moisissure envahissent vraiment les lieux. J'entends les pleurs et les cris des otages venant d'en haut, martyrisés et traumatisés par les braqueurs. Je dois me la jouer finement, pour ne pas me prendre de balle ou crever sur le coup. Il faut que je trouve un plan d'action et vite avant que qui que ce soit ne se blesse. Et puis bien-sûr ne pas me faire repérer, car je risque aussi d'y passer si je fais trop dans la précipitation et que je fonce tête baissée dans la gueule du loup. Car il peut survenir des dommages collatéraux fatals à tout moment face aux victimes qui risquent fortement d'en pâtir. Je dois réfléchir à une solution et rapidement sans pour autant laisser le temps d'agir aux cambrioleurs.

J'entends soudain quelqu'un descendre par l'escalier principal de la réserve, je me planque immédiatement derrière un Rolle assez grand de produits secs. Il y a une des victimes accompagnées d'un de ces criminels pointant une arme dans son dos. Elle va aux toilettes visiblement une envie pressante, il reste au pied de grue devant la porte pour faire le guet. Cinq minutes plus tard, ils remontent tous les deux sans m'apercevoir, heureusement... Le voyou n'a pas non plus remarqué la fenêtre cassée par laquelle je suis entré. Il n'y fait pas attention car elle est dissimulée elle aussi derrière d'autres étagères de produits. La chance est au goût du jour, et surtout à mes côtés. Ils sont vraiment trop stupides de ne pas surveiller l'entièreté du bâtiment ou en désignant l'un d'eux pour le faire. Il faut croire que c'est leur tout premier grand délit apparemment, des amateurs et pour ma part mon jour de chance... Je comprends très vite qu'ils ne sont pas de taille face à moi. Je vais les prendre à leur propre piège et les surprendre par derrière, mais je ne vais avoir qu'un seul et unique essai. Je ne dois pas prendre cela à la légère bien au contraire.

Je les entends parler entre eux et crier sur les otages de rester bien à terre, ventre face au sol et bras derrière la tête. Je peux voir tout ce qu'il se passe là-haut dans mon esprit, sans pour autant l'expliquer une fois encore. Ils parlent au vendeur face à eux pour mettre tout le fric qu'il y a dans la caisse dans un sac de voyage. Puis, il lui ordonne sans plus attendre d'aller prendre le reste de l'argent du coffre-fort. Il est derrière une fausse bibliothèque réversible dans le bureau du patron de l'épicerie. Manifestement, ils sont venus faire du repérage plusieurs jours avant leur coup d'aujourd'hui car seuls les employés connaissent cette planque. Il y a aussi des caméras de surveillance mais qui bizarrement sont inactives. Ils ont dû les couper en même temps que leur arrivée sur les lieux.

Les flics à l'extérieur engagent alors des négociations au haut-parleur avec les ravisseurs, sans succès. Ils s'en battent clairement les couilles et ne leurs répondent pas ni au téléphone ni à travers les fenêtres en envoyant un de leurs sbires répondre. Ils ont des gilets par balles et sont habillés comme des militaires près à l'assaut final. Ils font peur à voir pour des criminels débutants, mais pas à moi. La foule crie à en perdre haleine dehors c'est insupportable pour moi. Une pression de réussite et de justice m'envahit alors ostensiblement encore plus. Je suis tellement stressé que j'ai le souffle coupé, la sueur perle à grosses gouttes sur mon visage et des frissons apparaissent le long de ma colonne vertébrale. Je suis un mec ordinaire et un lâche après tout, je n'ai jamais fait ça de toute ma vie auparavant ! C'est ultra oppressant pour ma part.

Cependant, il faut le faire et ne pas hésiter plus longtemps car les gens là-haut et au dehors, ainsi que tout Ouroboros comptent sur moi. Je ne dois pas faillir, à aucun moment ce n'est envisageable. Le désarroi, la désolation, le crime et l'insécurité régnaient en maîtres ici, pour l'instant seulement. Par mes actes, je vais créer au sein des Français l'espoir, la joie, la justice et ce sentiment de sécurité que la population ne connait plus depuis bien trop longtemps maintenant. Ainsi que répondre à l'appel à l'aide de cette ville qui attend désespérément depuis tout ce temps quelqu'un pour venir la sauver. Je décide que ça va être moi et personne d'autre ! Cette cité ne peut plus se permettre d'attendre plus longtemps son sauveur, elle va le trouver maintenant ! Fini de laissé tomber, je vais définitivement agir pour le bien de tous et l'avenir d'Ouroboros ! Ma métropole, celle que j'aime temps et que je décide de prendre sous mon aile pour ne pas la laisser dépérir à petit feu. Il y a déjà trop de souffrance mais maintenant ça va être définitivement terminé !

Je viens seulement d'en prendre conscience à cet instant précis dans une situation des plus désespérée, c'est triste mais mieux vaut tard que jamais pour s'en rendre compte, comme on dit. Mon engagement pour cette population va être sans faille, je viens de me le promettre à jamais. De plus une fois que je vais être engagé dans la bataille, aucun retour en arrière n'est envisageable je dois aller jusqu'au bout des choses. Il faut que je fasse un truc maintenant et agir rapidement dans un court laps de temps. Pour que personne n'a le temps de voir venir mes actions prochaines. Que faire, que faire ?

Un kamikaze est à l'entrée à monter la garde, et l'autre braque le caissier pour prendre l'argent. Ils prévoient de se faire la malle en vitesse en sortant par la porte qui mène au parking sous-terrain. Celle-là même qui donne également dans la réserve. J'entends parfaitement et distinctement toutes leurs conversations de là ou je suis, sans pour autant les espionner ou tendre l'oreille. Mon ouïe est surdéveloppée mais seulement la journée, le soir elle redevient normale. Ce n'est pas ma faute, c'est comme ça. C'est dû à mon anormalité je pense, ça fait trois jours que je peux entendre ce que disent mes collègues alors que je suis dans une pièce à l'exact opposé de la leur.

Je trouve ça vraiment incroyable, on doit croire que je suis le superman moderne remastérisé d'il y a deux cents ans comme dans les comics, venu secourir tous ces innocents en otage ah ah ah, quelle connerie oui. Ils mettent leur plan à exécution, les trois qui possèdent les kalachnikovs sont autour de deux ou trois victimes chacun pour les garder. Ensuite, les trois autres avec les grenades gardent d'autres otages eux aussi mais encerclent le tour de la boutique et les deux autres du même acabit sont sur le toit, guettant les moindres faits et gestes des forces de l'ordre en bas de l'immeuble. C'est sans doute pour que personne ne puisse les atteindre du ciel ni grimper par les murs du bâtiment. Ils communiquent ensemble exclusivement par talkie-walkie, pendant ce temps-là les flics continuent à leur crier des négociations inutiles.

J'entends alors un agent du GIGN à l'instant, ils passent à l'action d'ici quinze minutes si les criminels ne veulent pas entendre raison. Ça va être trop risqué pour eux d'attendre plus longtemps, sinon ça sera une véritable boucherie s'ils ne maîtrisent pas la situation rapidement. C'est aussi une opération suicide pour eux, mais ils n'ont pas d'autres choix que de s'exécuter à la tâche ! Ils n'en ont quand même rien à foutre qu'ils tuent des civils, c'est évident. Sinon ils attendraient plus longtemps, quelle poisse ! Il faut que j'agisse maintenant ! L'assaut est bientôt imminent. Ces fumiers de force de l'ordre je les déteste au plus haut point, ils sont pires que ces criminels car ils sont prêts à laisser mourir des innocents pour le bien commun c'est hors de question !! Mon plan dans ma tête est tout tracé de toute manière, je dois faire vite et court. De plus, ma pause déjeuner se termine dans une heure et je meure déjà de faim il faut que je retourne bosser sous peu. Donc il faut que je termine cette sale besogne rapidement avant de reprendre bientôt. On va enfin voir comment je me débrouille dans une situation aussi critique pour la première fois avec mes nouveaux pouvoirs...

Ma force et mon énergie sont vigoureuses, je me sens surhomme, surpuissant et prêt à affronter tous les dangers qui se bousculent à ma porte à ce moment-là. Ils redoublent d'intensité grâce à ma détermination infaillible et ma soif de justice. Ma lumière ainsi que la fonte de ma peau, sont sans égales toujours plus fortes et ardentes que jamais. Je suis aussi lumineux que le soleil, lui-même ne peut pas faire mieux. Pareillement, ça me défonce les yeux bien comme il faut encore, je les garde donc fermés. Néanmoins, grâce à mon sixième sens je n'ai pas besoin de voir pour savoir où sont mes adversaires et ce qu'ils préparent, j'ai toujours deux ou trois coups d'avance sur eux. L'affrontement qui a eu lieu avec les pickpockets auparavant me l'a confirmé sans nul doute.

Subitement d'un coup d'un seul, je monte en quatrième vitesse par l'escalier principal et fais fondre la poignée de la porte en deux secondes avant de la défoncer d'un coup de pied. Je la projette à trois mètres devant moi, là où est un des braqueurs qui garde l'entrée du magasin, il est de dos. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il est assommé sur le coup et il n'a rien venu venir le pauvre. Quelle misère d'être aussi faible, pauvre blaireau à la con. Il croit se la jouer caïd ou terroriste de mes deux mais finalement là il ressemble juste à une carpette toute plate...

La porte défoncée fait un bruit monstre et les autres criminels se retournent en même temps dans ma direction. La poussière au sol provoquée par la porte, lance un nuage et se propage à travers les lieux. Ces bâtards ainsi que les victimes au travers de leurs doigts tremblants de peur, observent sans comprendre la scène qui se déroule là sous leurs yeux consternés. Ils toussent tous à cause des particules et ont également les yeux clos. Ils ne voient rien et j'en profite aussitôt pour me déplacer à la vitesse de la lumière sans crier gare. En deux secondes chronométrées, je me dirige vers les assaillants qui veillent au grain sur les otages et je décide de les désarmer en premier lieu. Puis, je démantibule leurs armes en deux avec fracas. Ils comprennent que dalle ces bouffons, ah ah ah ! Cette situation me fait trop rire, je vous jure c'est désopilant ! Si vous voyez leurs têtes au moment où je démolis leurs joujoux, vous allez êtres morts de rire vous aussi !

Ils voient que dalle ces glandus à deux balles, mon éclairage de quartier les aveugle totalement et ils n'ont pas le temps de dire ouf, ils ne peuvent pas communiquer entre eux ni réagir face à moi. Un par un les uns après les autres, je les démonte tous ces fils de pute purement, simplement et proprement, ils volent à l'autre bout de la pièce. Comme quoi un bandit ça vole haut, je ne savais pas avant de l'avoir vu de mes propres yeux là maintenant, ah ah ah !

Cela ne me prend pas beaucoup de temps mais trois autres balles viennent tout à coup se loger à travers mon corps : bras, jambe et thorax sont touchés. Mais je ne défaille pas et bien au contraire ma force et mon énergie solaires sont bien plus fougueuses et enragées qu'auparavant ! L'adrénaline est à son paroxysme, je suis surexcité bordel de merde ! Je réplique automatiquement et ils tirent sans me voir, Ils n'arrivent pas à me distinguer vraiment et c'est un coup de chance pour moi, car ce qu'ils viennent de me faire c'est clairement une atteinte personnelle à mon corps. C'est aussi une déclaration de guerre ! Le sang goutte et perle partout sur le sol à chacun de mes mouvements. Néanmoins, même ensanglanté et dépourvu de toute logique et de raison par rapport à l'état catastrophique dans lequel je suis, ils ne vont pas s'en tirer comme ça les scélérats !

Mes coups de poings ainsi que mes coups de savate s'abattent sur eux comme une pluie de lave ardente ! Je veille bien tout de même à ce qu'il n'arrive rien aux victimes pendant mon combat. Je les isole donc en même temps une à une, dans un coin reculé de la pièce après que je batte chacun de leurs ravisseurs les uns après les autres. Je les rassure alors autant que faire se peut, et je leurs intime promptement l'ordre de se diriger vers la réserve en bas, où la fenêtre cassée les attend. Pour qu'ils puissent s'enfuir sans encombre, retrouver les forces de l'ordre devant le bâtiment ainsi que leurs familles inquiètes. Je ne les touche pas pour ne pas les brûler au troisième degré, cependant, je ne me retiens pas face à ces voleurs sans scrupule.

Leurs visages, leurs bras et certains autres de leurs membres sont bien cramés. Ils ont fondu comme s'ils ont reçu de l'acide sulfurique au visage. Ils sont méconnaissables et brûlés au troisième degré pour certains mais avec parcimonie heureusement. Car j'ai retenu difficilement mes coups ainsi que la chaleur que je dégage pour ne pas leurs briser les os ou les liquéfier totalement. Bien-sûr ils sont toujours vivants et conscients à la différence qu'ils ont des séquelles et des cicatrices à vie maintenant. C'est le petit cadeau de bienvenu dans cette boutique que je décide de leurs léguer, un petit souvenir de notre rencontre et de l'altercation avec l'homme du soleil c'est-à-dire : moi.

Ils essayent de m'esquiver mais en vain. Les balles de leurs flingues et de leurs kalachs fusent dans toutes les directions sans pouvoir me viser, car je suis toujours plus rapide que la vitesse de l'éclair et aussi vif qu'une tornade. Un cocktail de plomb à l'arsenic, non merci ça ne sera pas au goût du jour, je vous remercie de la petite attention bande de cons ! Au bout d'une vingtaine de minutes, ils sont à court de balles.

Ils sortent donc leurs couteaux de chasseur de leur veste pour pouvoir m'avoir et m'achever mais c'est bien mal me connaître mes petits gars, vu qu'ils ne savent pas exactement où je suis car ils ont toujours les yeux clos. Et vu que j'ai déjà été bien touché auparavant, je ne vais plus me faire avoir par ces petites bites, tout est fini pour eux. Ils ont déclaré leurs arrêts de mort au moment même où ils me tirent dessus. La ruse ne fonctionne plus et je les vois venir des kilomètres à la ronde et des heures à l'avance.

Je me mouve si rapidement que je ne regarde pas mes propres attaques mais je sais qu'elles sont fluides et expéditives. C'est le cas de le dire bordel et certains objets à côté de moi fondent sans explications aucune. Sûrement, parce que je dégage une chaleur insoutenable mais je fais attention à ce qu'elles ne touchent aucun otage ni criminel. Car je ne suis définitivement pas un meurtrier, je ne fais que rendre la justice divine au travers de mes poings d'expiation éternelle ni plus ni moins que ça, vu que la justice des hommes est stérile... Leur châtiment n'en est que plus doux croyez-moi, en taule à Ouroboros ils vont souffrir beaucoup plus que ça. Ils vont faire pénitence ces pêcheurs, ils se le tiendrait pour dit cette fois ! Je continue donc à me battre quand le dernier voyou près de la caisse me prend subitement à revers et tire dans mon dos, je prends une autre balle et je suis encore blessé.

Même s'il n'a aucune idée dans quelle direction il tire. Il sait juste qu'il est en danger et doit faire quelque chose rapidement avant d'y passer à son tour comme ses confrères, dix minutes plus tôt. Il à la peur au ventre et ne veut pas crever comme le sale rat qu'il est, une merde a plus de décence que lui... Après que je me retourne soudainement, je réussis donc à le maîtriser lui aussi en lui balançant un bon uppercut du droit bien placé dans sa face et un bon coup de grolle dans ses petites couilles molles ! Là, pour sûr il comprend tout de suite la vraie signification du mot « valseuses », faites-moi confiance. Ma blessure saigne abondamment mais je ne n'éprouve aucune douleur, juste la satisfaction que justice est rendue. Je redonne l'argent au caissier après l'avoir fait évacuer vers la sortie, comme les autres.

Il ne me reste plus qu'à balayer d'un revers de manche, les deux derniers fumiers qui restent sur le toit. On y accède par un escalier de service situé au fond de la boutique. Je me précipite immédiatement dans celui-ci, après avoir bien pris le temps d'attacher ces monstres pieds et poings liés. Puis, je les enferme dans un placard à balai situé derrière la caisse, assez grand pour les contenir tous les huit. Je les empile les uns sur les autres comme des saucisses. Je leurs bâillonne la bouche pour que le bruit de leurs plaintes gutturales et étouffées ne me dérange pas pour la suite des opérations. J'entends la foule au dehors déchaînée et voient les familles des victimes par une fenêtre, rassuré et serrer dans leurs bras la personne pour qui ils s'inquiètent plus que tout au monde.

Les journalistes sont en furie et les flics investissent les lieux d'une minute à l'autre, d'après leurs paroles que j'entends distinctement. Ma mission est cependant partiellement réussie, car je dois encore m'occuper du cas des deux autres bandits là-haut. Il faut que je fasse vite avant que les forces de l'ordre et les paparazzis ne me prennent au dépourvu et s'aperçoivent de ma présence en ces lieux. Bien qu'avec tous les flashs des objectifs présents qui clignotent autour de la bâtisse, ça doit déjà être chose faite ou ce n'est qu'une question de temps encore avant que ça ne le soit. Les caméras filment en direct la scène qui se déroule là depuis le début de la prise d'otage. Je ne le sais pas jusqu'à ce que j'en vois deux ou trois avec leur petite lumière rouge d'activée au loin et le temps qui défile à leur écran. Oui, j'ai une putain de vue très perçante...

Je fonce brusquement tête baissée sans regarder derrière moi, je dois me délester de ces pourritures maintenant pendant qu'il en est encore temps... Mes jambes se faufilent à travers l'escalier avec un aplomb et une vélocité foudroyante ! Autonomes et intrépides, mes pieds me dirigent droit devant comme une flèche sur mes agresseurs. Je défonce à grands coups de savate la porte de secours menant au toit, la gauche puis la droite tout en les alternant avec acharnement telle une furie.

Il n'en faut pas plus pour que la porte s'envole dans les airs et soit projetée droit au sol à une vitesse fulgurante devant la foule ahurissante ! Heureusement, personne ne se trouve en-dessous à ce moment-là, pensais-je rassuré. Je n'y vais pas de main morte visiblement, désolé pour tous ces civils innocents mon pied vengeur n'en a pas fait exprès ! Un grand BOUM éclate alors sur le gratte-ciel sans que les malfrats puissent savoir d'où cela vient. Je ne le remarque que maintenant à cause de la hauteur du bâtiment puisque je ne pouvais pas voire avant.

Mais ils ont des snipers et comptent bien s'en servir dans la foule pour pouvoir s'échapper librement sans les flics à leurs trousses ! Les petits enculés de mes deux, plus lâches au monde on ne fait pas bande de fils de pute ! Leur plan machiavélique est désormais percé à jour et il faut que je fasse quelque chose et que j'y mette un terme rapidement ! Les braqueurs contemplent brusquement à travers la lunette de leur viseur une lueur puissamment vive et voilée d'un halo de chaleur inouï ! Sur le toit, tout n'est désormais plus que sauna, désert aride du Sahara avec une fournaise caniculaire. Le béton goudronné sous nos jambes, se déforme sous le feu ardent que j'émane. La flamme brûlante de ma rage se propage à travers toute la plateforme. L'odeur de bitume brûlant emplit les lieux asphaltés... Le sol est tellement bouillonnant qu'aucun des deux bandits ne peut tenir ne serait-ce qu'une seconde debout sur leurs pieds. Ils se brûlent au travers de leurs pompes. A la place, ils vont aussitôt se réfugier là où le peu d'ombre pointe encore le bout de son nez...

En deux minutes, mon être furtif sort de l'ombre du couloir de l'escalier. Ils commencent à ouvrir le feu sur ma personne en ne sachant pas vers où tirer. Quelle ironie, quelle faiblesse et quelle inconscience ces abrutis du dimanche ! Puisque je suis définitivement trop éblouissant pour leur vue minable. Les balles filent comme le vent en face, sur les côtés et en-dessous de moi. Sans parvenir à m'atteindre, parce que je les esquive avec une facilité déconcertante. Je ne sais trop comment là encore, mais j'acquière semble-t-il depuis un moment sans le savoir une souplesse et une agilité félines. Car tout en courant vers ma cible, je me baisse le haut du corps en arrière pour ne pas être touché une fois de plus, tout en restant les jambes debout bien dressées. Je sens mon énergie et ma force se décupler bien plus qu'avec les autres agresseurs survenus plus tôt...

D'un pas supersonique d'une seconde à peine je suis déjà à côté du sniper numéro un, étant furtif et sans bruit il ne m'a pas vu venir ce connard. Derrière lui, je tiens son arme de la main droite d'une poigne de fer et la fait fondre littéralement sous ses yeux. La température dépassant celle du soleil et de très loin sans exagération aucune. Ma surbrillance l'aveugle alors totalement mais il sent tout bonnement partir son sniper à l'intérieur de ses mains, il se liquéfie de part en part comme neige au soleil... Il lui file entièrement entre les doigts au sens propre du terme... C'est vraiment trop comique, car l'absurde de la situation me fait rire au plus haut point, génial.

En un coup de pied du droit dans sa face de scélérat, il tombe immédiatement par terre sonné comme le gong. Je viens de le frapper fortement je dois bien l'admettre. Le deuxième en profite pour se carapater durant la baston, il se glisse vers l'escalier... La peur et la terreur s'affichent son visage grave, tordu par le désespoir. Ce même sentiment que les victimes ressentent à l'encontre de cette prise d'otage à la con... Cette même expression là se manifeste sur sa frimousse, celle quand on sait que tout est fini que tout espoir est perdu à jamais. Et qu'il n'y a plus aucune solution et qu'on doit fuir pour sauver sa vie quoi qu'il en coûte, puisque personne ne viendra à leur secours malheureusement là tout de suite... Puis abandonner ceux qui restent à leur propre sort funeste, sans aucun scrupule ni remord et encore plus son propre partenaire... ça me mets dans une de ses rages moi putain de merde ! Et ça me débecte tellement ce comportement de pauvre type qui ne mets pas ses couilles sur la table au moment venu et qui ne pense qu'à sa petite gueule de merde ! Un putain de gros lâche en somme, ni plus ni moins que ça ! Une sous-merde de la pire daube au monde qui soit, la pire espèce d'Ouroborien de mes deux ! Je déteste au plus haut point ce genre d'attitude méprisable, il est dégueulasse !

Car je la connais très bien cette attitude, c'est celle-là même qui a abandonnée Ouroboros à son triste sort et qui la parasite de l'intérieur jusqu'à ses propres racines ! Celle qui n'en a rien à foutre et qui la laisse crever comme un chien sans réagir ! Une tumeur sans non la ronge de l'intérieur et c'est ce crime environnant mais surtout ces gangsters qui en sont la cause et n'en ont rien à foutre du destin de cette cité ! C'est le genre de personne dont on doit se débarrasser sans regret parce qu'Ouroboros n'en a pas besoin. Parce que c'est de ce genre d'immondice de l'humanité dont on se soustrait en un claquement de doigt ! Je suis putain de bien décidé à faire le ménage ici-bas et à supprimer toute cette vermine ambiante. Je suis plus déterminé et enrager que jamais je ne l'ai été auparavant...

Les sourcils froncés, le visage fermé et tiré, les dents et les poings serrés et le diable au corps, je détale en toute hâte dans la direction de ce truand de mes couilles ! Ensuite, je me jette sans vergogne sur lui qui est en train de prendre ses jambes à son cou pour déguerpir loin d'ici. Néanmoins, mon emprise reste quand même la plus forte c'entre nous deux. En peu de temps qu'il n'en faut pour le dire, je l'intercepte et maîtrise mon adversaire sans la moindre difficulté. Je suis sur lui, cependant je n'ai pas le temps de voir venir ce qu'il se trame sous sa veste qu'il en sort déjà tout à coup un énorme poignard d'au moins quinze centimètres de long.

Une lutte effrénée s'engage alors entre lui et moi, nous faisons des roulis-boulis avec nos corps pour tenter de nous maîtriser l'un l'autre, en vain. Nous approchons du bord du toit, là où il n'y a ni barrière ni aucune sécurité pour nous protéger du néant ! Ma tête n'est désormais plus soutenue par aucune surface solide où que ce soit, rien, nada. Merde, fais chier, dans quelle situation je me suis foutu moi encore, quel con ! Je continue à retenir difficilement de mon avant-bras droit le couteau qui va servir à m'égorger ou m'achever... A moins que je ne finisse par me défenestrer avec le corps en miettes et les os brisés en mille-morceaux trente-mètres plus bas !

L'adrénaline et la peur de mourir sont à leur paroxysme. Ma détermination et mon courage sont les plus forts malgré. Le combat est acharné, violent au possible et je sens de plus en plus l'arme blanche se rapprocher dangereusement de ma poitrine... Cependant, mon ennemi se brûle d'un coup les mains sur les miennes en pressant de toutes ses forces mais ma chaleur le déstabilise alors soudainement. Il pousse brusquement un cri rauque audible à plusieurs kilomètres à la ronde. Je réussis à prendre l'avantage d'un coup d'un seul en le basculant promptement en arrière avec la toute-puissance de mes jambes ! Il chavire donc par-dessus mes épaules et tombe aussitôt dans le vide, mais il réussit tout de même à s'agripper au bord du toit dans la précipitation. Ouf, il est sain et sauf, je le désarme avant qu'il ne tombe en arrière et je jette le poignard au loin sur le sol... Je me hâte de lui porter secours en quatrième vitesse pour qu'il ne chute pas mortellement.

Mais le problème est que je suis trop lumineux pour que sa rétine ne le supporte. Même durant tout le temps qu'a durée la lutte, il ne m'a pas observé une seule fois... Je lui tends alors la main de bonne grâce en le regardant droit dans les yeux avec une brique à l'intérieur de ma paume en toute connaissance de cause si jamais il m'entube. C'est pour qu'il ne se crame pas les doigts à mon contact en remontant. Subrepticement, il se met à murmurer un dialecte incompréhensible dans une autre langue et refuse alors ma main si gentiment tendue pour lui pendant une minute. Je suis de plus en plus inquiet à son propos car son index et son pouce glissent déjà du rebord et il ne lui reste plus que trois doigts encore actifs à présent, mais qui sont en train de s'enlever eux-aussi.

Je lui tends de nouveau le bras bien en évidence en face de lui, pour qu'il comprenne qu'il n'a rien à craindre venant de moi et il fait mine tout à coup de la prendre. Néanmoins, au dernier moment et à la dernière minute, il se ravise aussitôt et m'agrippe brusquement pour me projeter à terre avec une rapidité incroyable. Je n'ai pas le temps de réagir car tout va bien trop vite. Je panique quand je vois mon corps partir en avant la tête la première et baissée dans le vide. La mort m'accueille à bras ouverts maintenant sur le plancher des vaches trente mètres plus bas. J'entrevois alors ma vie défiler devant mes yeux et la sensation que tout est désormais fini, terminé en un instant. Je tombe à pic à une vitesse affolante et le pire est que je ne peux rien y faire.

Est-ce que je suis mort ? Est-ce que je vais mourir ici, comme ça et de cette façon ? Ne vais-je rien faire d'autre de bien dans ma vie ? Toutes ces questions fugaces emplissent pleinement mon esprit de milles tourments là tout de suite, juste avant la chute fatale... Je ne pense à rien d'autre qu'à ça maintenant... Le criminel s'écrase avec fracas à terre cinq minutes avant moi, je le regarde il a les os brisés, la nuque en mille morceaux et du sang est éparpillé partout autour de lui. C'est quand même une vision d'horreur pour moi qui n'a jamais vu de cadavre de toute ma vie jusqu'à présent. Nous sommes tombés derrière le bâtiment et heureusement. Ma descente aux enfers s'arrête d'un coup aussi nettement que lui, je viens de m'écraser au sol instantanément.

Un brouhaha assourdissant se fait alors entendre au loin et un énorme trou béant très profond et de la forme de mon corps s'est formé. Mais je me trouve à l'intérieur de ce bitume fumant dû à l'impact de l'écrasement et aussi à ma chaleur. Ça sent le goudron chaud c'est à la fois fort, toxique et ça schlingue beaucoup putain. Cette cavité est causée par ma chute titanesque du sommet de l'immeuble, trente mètres de hauteur nous ont séparés du sol. Cependant à présent, vingt mètres de profondeur nous en rapprochent pleinement... J'ai littéralement fendu les airs et pris une vitesse effrénée avec l'altitude dont je ne me suis pas rendu compte en tombant...

Je suis un peu étourdi mais je ne subis aucun dommage, aucune séquelle irréversible en apparence. C'est quand même rassurant, je suis vraiment soulagé de rien avoir ! Pas d'os brisés, de côtes fracturées ou de meurtrissures blêmes en dehors de mes plaies ensanglantées où les balles se logent, tout va pour le mieux. Je n'ai mal nulle part et mon corps se porte à merveille, malgré les douilles. Je commence frénétiquement à remonter le long du cratère avec force, vigueur et rapidité. Je sors de celui-ci en faisant un énorme bond de dix mètres pour atterrir de nouveau sur ce sol Ouroborien que j'aime tant. Et qui je dois bien l'avouer m'a grandement manqué durant tout le temps où je suis tombé.

Putain c'est fou ! Quelle chute de dingue je viens de faire là en regardant juste derrière moi au niveau du trou. Et rien pas une égratignure, attention le fils du soleil est dans la place les gars ah ah ah ! Je me ressaisis aussitôt car je dois me dépêcher, il est déjà treize heures dix passées et je reprends le travail à quatorze heures tapantes ! La flicaille commence à investir les lieux je dois prendre la poudre d'escampette au plus vite avant que qui que ce soit ne me voit ! Je les observe en train de rentrer dans l'épicerie grâce à ma vue. J'illumine toujours autant mon environnement et en plus je suis à poils depuis le début, mais ça ne se voit pas à cause de ma lueur trop forte heureusement !

Et l'avantage c'est que personne ne sait qui je suis vu que l'on ne peut pas distinguer mon visage. Je vais rentrer sans problème, tranquilou loulou sans que qui que ce soit ne me reconnaisse ni vu ni connu je t'embrouille. Mais fais quand même chier tout le monde va me voir, faut que je file là sinon ils vont remarquer ma présence et se demander ce que je suis et ce que je fous là ! Je décampe donc en quatrième vitesse à travers les ruelles étroites et sombres d'Ouroboros pour regagner la face arrière de ma station. Il faut absolument que je remette mon pare-soleil voilà comment je le nomme cet accoutrement. D'un coup d'un seul je suis arrivé sur place en peu de temps qu'il n'en faut pour le dire et je réenfile ma tenue. Je me dépêche de rentrer chez moi pour pouvoir grignoter un petit casse-croûte avant de retourner bosser.

Il ne me reste que très peu de temps, il faut faire vite ! Putain fais chier, ils me mettent en retard ces gros bâtards de braqueurs à la mord moi le nœud ! Presto je retraverse une partie de la ville pour regagner mon foyer. Ma porte d'entrée se claque aussitôt pour se refermer soudainement avec mon dos appuyé dessus. Les mains derrière moi, j'expire tout de même un soupir de soulagement et de satisfaction après cette bataille acharnée et dangereuse. Je peux me détendre à nouveau après tout ce remu ménage, je suis content que les victimes soient toutes en vie et saines et sauves. Je suis en joie et un rictus apparaît sur le coin de mes lèvres. C'est quand même ma première bonne action de la journée par le biais de mes super-pouvoirs et bien évidemment d'autres vont suivre par la suite.

Ce n'est qu'une question de temps de toute façon avant qu'un autre fait-divers ne survienne encore ici, pour encore en faire place à une autre et ainsi de suite. A Ouroboros, les crimes s'enchainent les uns après les autres et suivent tous le même scénario, être le mal absolu et faire régner la dévastation et le chaos de force envers et contre tous. Mais ils ne me connaissent pas encore, malheureusement pour eux et fort heureusement pour ma part ah ah ah. Toutefois chaque jour à chaque heure, à chaque minute et à chaque seconde je vais être là pour les contrer et faire régenter la justice en ces lieux français. Où le peuple souffre, où le peuple se meurt et où le peuple est totalement gagné par l'ignominie. Cette France je vais la faire revenir à son état d'origine, la faire reconstruire proprement, la faire revivre et la faire resplendir de nouveau comme jamais elle ne l'a été depuis deux cents ans maintenant, sa gloire d'antan n'est pas encore perdue. Et cette ville va être son plus beau joyau croyez-moi, les gens d'ici vont se le tenir pour dit et s'en souvenir d'Ouroboros ! Je me dirige donc vers mon frigo pour voir que ce j'ai comme restes de bouffe et ainsi apprécier la magnifique vue de mon serpent favori à travers ma fenêtre.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022