Prologue
Avant mes cinq ans, comme tout les autres enfants de mon âge, je croyais que les êtres surnaturels n'existaient que dans des histoires écrites pour nous effrayer. Mais le soir de mon anniversaire, alors que j'étais avec mes parents et mon grand frère face à mon gâteau, prête à souffler mes bougies avant de déballer mes cadeaux, des hurlements ont déchiré la nuit.
Jamais je ne pourrais oublier ce son, et surtout le galop qui en a découlé. On aurait presque pu croire que la terre tremblait. Ma mère nous a serré contre elle, mon frère et moi pendant que mon père regardait par la fenêtre pour voir ce qu'il se passait.
J'arrivais à le voir entre les bras de ma mère et quand je l'ai vu reculer, effrayée par le spectacle qui se jouait sous ces yeux, j'ai compris malgré mon jeune âge que quelque chose de grave se passait.
Des loups venaient de débouler dans notre village. Des loups majestueux et tellement plus imposants que ceux que j'avais pu voir au zoo. J'ai réussi à m'extirper de l'étreinte de ma mère pour rejoindre mon père.
À cette époque, je ne comprenais pas pourquoi il avait peur, à mes yeux, nous étions en sécurité dans la maison.
Seulement, d'autres créatures ont fait leur apparition. Ils avaient l'apparence d'humains mais seulement l'apparence. S'en suivit une bataille acharnée.
J'ai juste eu le temps de voir un énorme loup argenté sauter à la gorge d'une de ces créatures avant que ma mère ne m'attrape par le bras pour m'éloigner. Mais ça a été plus fort que moi, j'ai tourné la tête et à cet instant, j'ai croisé son regard rouge sang. Le loup a stoppé tout mouvements et l'espace d'une seconde j'ai cru que ces yeux changés de couleurs. Ma mère m'a emmenée dans ma chambre ou elle m'enferma avec mon frère.
J'étais trop petite pour comprendre quand j'ai entendu du bruit dans la maison. Trop jeune, pour réaliser que mes parents étaient en danger. Lucas mon grand frère, m'a suppliée de ne rien dire et nous nous sommes glissés sous mon lit dans l'espoir fou qu'on ne nous trouve pas.
Puis la porte a volé en éclat et ce qui ressemblait à un homme couvert de sang est entré dans ma chambre. Lucas a tout de suite posé sa main sur ma bouche en faisant pareil. J'avais peur, tellement peur.
J'ai tourné ma tête vers la fenêtre dans l'espoir que quelqu'un arrive pour nous sauver et à la place, le loup que j'avais aperçu plus tôt, était là. Je pleurais silencieusement, comprenant l'impératif de ne faire aucun bruit. Le loup a tourné sa tête comme si quelque chose le dérangeait puis un long hurlement à brisé la scène avant qu'il ne saute par la fenêtre pour massacrer la créature.
Quand il a soulevé le lit avec son museau, mon frère a poussé un petit cri, pourtant, il n'a pas cherché à nous blesser. Il s'est approché de moi et a posé sa truffe sur ma joue comme si il voulait me renifler alors finalement, il a frotté sa tête contre la mienne, essuyant ainsi mes larmes.
Lucas a essayé de m'attraper le bras pour me tirer en arrière mais aussitôt, le loup s'est mit à grogner, tellement fort que j'ai vraiment eu peur. Pourtant, quand il m'a regardé, ces yeux étaient triste et sans que je comprenne comment c'était possible, je me suis blottie contre lui avant de lui dire merci. Il a baissé sa tête vers moi et j'ai posé mes petites mains sur son immense museau, emmêlant mes doigts à sa fourrure si douce.
C'est étrange, je me rappelle qu'à ce moment là, je ne me souciais plus de mon frère, ni même de mes parents, je me sentais juste bien. Le loup a du entendre un son particulier, car ces oreilles se sont dressées. Il a tourné sa tête vers l'extérieur, puis vers moi et une nouvelle fois à l'extérieur. Alors, il a posé son museau contre ma joue en soufflant et a disparut comme il était venu.
Lucas m'a serrée contre lui avant de me dire :
- Qu'est ce qui t'a prit Lily. C'est un loup, il aurait put te tuer, dit il en pleurant.
Cette nuit là, aucune autre créature n'est rentré chez nous. Mon frère et moi et on est resté dans ma chambre et quand le jour s'est levé, Lucas a osé sortir de la pièce, pour essayer de trouver nos parents.
Le loup est revenu dès que je me suis retrouvée seule. Je me souviens m'être dit que pour un animal aussi gros, il était vraiment silencieux. Il s'est assit en face de moi et j'ai vu qu'il était blessé au ventre. J'ai récupéré un draps par terre et je me suis approchée pour essayer de le soigner.
J'ai fais de mon mieux mais ça n'était pas facile, il était tellement grand et moi si petite. Pourtant, après avoir fait un nœud avec les deux extrémités du draps, le pansement était en place. J'ai eu l'impression qu'il me remerciait à sa façon, en posant sa tête contre la mienne, dès qu'il a entendu mon frère, il a disparut et dès que moi j'ai vu mon frère, j'ai comprit.
Dorénavant on était plus que tout les deux.
Après cette nuit, l'existence des créatures surnaturels a éclaté à la vue de tous et petit à petit, une sorte de cohabitation s'est faîte. Les loups étaient les plus forts, ceux qui dominaient tout les autres, si bien qu'à partir de cet instant, tout les êtres humains savaient qu'ils n'étaient plus au sommet de la chaîne alimentaire.
POV Lily
Je finis de me préparer. Pour une fois Anna sera contente. Elle ne pourra pas dire que je ne fais aucun effort. J'ai pris le temps de me maquiller et pour l'occasion j'ai même été acheter une robe. Elle n'a rien d'extravagante, mais, je l'aime bien. Je me regarde dans le miroir et suis assez satisfaite. Mes longs cheveux bruns tombent sur mes épaules dénudées, je tourne sur moi même. Ça va, la robe n'est pas trop courte, elle m'arrive juste au dessus des genoux. Un dernier point sur mon maquillage et je dois dire que pour une fois, Anna avait raison, un simple trait noir fait ressortir le bleu de mes yeux. Souriant, satisfaite du résultat, je prend mon sac et mon portable et file dans le salon.
- Lucas, magnes toi, on va arriver en retard.
Je vis avec mon frère depuis cinq ans. Il a du attendre d'être majeur pour m'adopter, quoi qu'il y ait des moments ou je continue à me demander lequel de nous deux est le plus gamin. Soufflant en regardant l'heure, je me permets un nouvel appel.
- Si dans cinq minutes tu n'es pas là. Je te jure que je pars sans toi.
- J'arrive, cri t-il de la salle de bain.
Je sais qu'il se fait beau pour sa petite copine mais moi, j'ai mes potes qui m'attendent, ce soir, on fête la réussite de nos examens. On a décidé de sortir en boîte, histoire de s'amuser un peu. J'envoie un message à Anna, ma meilleure amie, pour la prévenir que je suis prête et enfin mon frère fait son apparition.
- Tu vois, ça servait à rien de hurler, je suis prêt sœurette, allons faire la fête.
- Ouais, ce que tu veux c'est surtout te frotter de manière extrêmement provocante contre Héléna. Genre, t'as pas une chambre pour faire ça, dis-je faussement outrée.
- Mais je compte bien la ramener dans ma chambre après.
- Dégueulasse. J'ai aucune envie d'entendre ça. J'exige une chambre insonorisée.
- Même pas en rêve sœurette. Allez allons y, j'ai pas envie qu'un blaireau drague ma copine pendant mon absence.
- Allez c'est partie.
On prend un taxi et en dix minutes on arrive sur place. Aussitôt, Anna me saute dans les bras.
- T'es vraiment trop belle Lily. Tu vas faire des ravages ce soir.
Anna c'est un peu l'inverse de moi. Blonde aux yeux vert, sautant sur tout ce qui bouge, bon OK j'exagère un peu, mais elle a un sacrés palmarès. Elle me traîne jusqu'au videur qui nous connaît et nous laisse entrer.
On se dirige vers le bar ou nous attendent Louis et Mike deux garçons de notre promotion. Alors que Louis le grand blond saisit mon amie par la taille pour l'embrasser, Mike ma fait la bise en me complimentant sur ma tenue. On boit un verre, puis un deuxième et finalement, on file sur la piste de danse. J'ai bossé trop dur pour avoir cet examen j'ai vraiment besoin de me défouler.
Je bouge, danse, m'amuse avec Anna. À plusieurs reprises, je dois repousser des mecs qui viennent un peu trop près de moi. Au bout d'un moment, je décide de faire une pause et d'aller faire un tour au bar en laissant les autres sur la piste.
Alors que je commence à boire mon verre, un homme s'installe à mes côtés.
- Salut ma belle, dit-il en s'approchant de moi.
Je soupire en tournant ma tête vers lui. Sérieux, c'est quoi cette manie de venir aborder une nana à chaque fois qu'elle est seule. Feignant de l'ignorer, je continue de siroter mon verre tranquillement, mais visiblement, il ne compte pas lâcher l'affaire. Il attrape mon bras pour que je me tourne vers lui.
- Hé bien ma jolie, on ne t'as pas apprit les bonnes manières. Quand quelqu'un te salue, tu dois le saluer en retour.
- Lâches moi! maintenant !
Le regard que je lui lance lui montre que je ne plaisante pas, pourtant, il ne relâche pas sa prise et au contraire, se permet même de sourire, sûr de sa supériorité. Le barman intervint et réussit à faire dégager ce mec. Je le remercie de m'avoir aidée et finit mon verre légèrement tremblante. J'ai besoin de prendre l'aire, je jette un regard vers la piste pour voir mes amis qui s'amusent. Mon frère doit être dans un coin à peloter sa petite copine. J'envoie deux messages, l'un à Lucas et l'autre à Anna, pour les informer que je sors deux minutes.
Après avoir passé cinq minutes à me frayer un chemin dans la foule, j'arrive enfin à l'extérieur. Je respire une grande bouffée d'aire frais et presque aussitôt, j'ai la tête qui tourne.
C'est comme si un tsunami s'abattait sur moi. Mon corps me brûle à m'en faire mal, mes jambes se mettent à trembler. J'essaye de distinguer que ce qu'il y a autour de moi mais ma vision se brouille. J'entends des voix, comme si on me parlait pourtant, je ne comprends rien. J'ai l'impression que je marche, mais j'en suis pas vraiment sûr et puis tout à cou, je m'écroule sur le sol.
J'essaye de focaliser mon attention, mon regard sur un point précis, mais, mes yeux se ferment et c'est le noir complet.
Quelqu'un me porte, mon corps est en feu, chaque touché déclenche en moi une vague de frissons. Je m'accroche à un vêtement sans réussir à ouvrir les yeux, me respiration s'accélère à mesure qu'un étrange parfum m'enivre. L'odeur de pin et de mousse, l'odeur de la forêt, c'est suave et puissant. Je fais tout pour me rapprocher de cette odeur sans en comprendre la provenance, avant de sombrer à nouveau.
J'ai l'impression qu'on me dépose sur un lit, délicatement. Je fais un effort surhumain pour ouvrir les yeux et tombe sur un regard doré qui passe au rouge sang en une fraction de seconde. Si jusqu'alors, mon corps était en feux, en le voyant, une décharge me traverse, me laissant tremblante et haletante.
Je n'ai aucune idée de qui il est, mais son visage est magnifique, des cheveux presque argenté avec une peau légèrement bronzé. Il a un grain de beauté sous l'œil gauche et sans réaliser ce que je fais, je porte ma main à sa joue. Sa peau est si douce, ce simple contact m'électrise et je m'entends gémir sans réussir à me retenir. Son sourire fait descendre me yeux sur ces lèvres, charnues, pulpeuses, des lèvres que j'ai envie d'embrasser, des lèvres que j'ai envie de découvrir.
Je crois qu'il essaye de placer une couverture sur moi. Il ne comprend pas que j'ai déjà trop chaud, tellement chaud. Mes mains agrippent le tissus pour le repousser loin de moi, je n'arrive pas à bouger comme je le voudrais mais je parviens à faire glisser les brettelles de ma robe. J'essaye de parler mais je dois m'y reprendre à plusieurs fois pour réussir à lui dire.
- J'ai tellement chaud.
- Je sais ma douce. Ça va aller, calmes toi et essayes de dormir.
Le simple son de sa voix finit de m'achever et sans aucune retenue, je laisse mes mains parcourir mon corps. À chaque caresse, chaque effleurement, je m'entends gémir. Un grognement de satisfaction me fait ouvrir les yeux alors que je tremble un peu plus. Ces yeux sont magnifiques, qu'ils soient rouge ou doré, ils sont tout simplement magique. J'essaye de m'y accrocher mais les mots passent la barrière de mes lèvres.
- Je t'en prie, aides moi.
- Dors ma douce.
Sa voix me fait frémir une nouvelle fois et pourtant, je me sens sombrer et je ferme les yeux.
POV Logan
Elle s'est enfin calmée. J'en profite pour la regarder avec plus d'attention. 14 ans qu'il y a toujours un de mes hommes derrière elle. J'ai du attendre 14 ans pour enfin la retrouver auprès de moi. Mon loup est intenable, si je l'écoutais, je devrais la faire mienne maintenant, mais je sais que le mec que j'ai tabassé à la sortie de la boîte lui a mit un truc dans son verre et il est hors de question que je la marque comme ça.
Elle doit être pleinement consciente de ce qu'il se passe, elle doit accepter la marque de son plein grès. C'est vitale, pour nous tous.
Je l'ai attendu trop longtemps pour tout gâcher maintenant. 14 longues années, même pour les miens c'est hors norme. Pourtant, elle n'était qu'une enfant quand je l'ai reconnu. Une toute petite fille qui malgré la taille de mon loup, n'a pas eu peur de moi. Je n'ai pas pu me résoudre à l'emmener avec moi ce jour là. Ces parents venaient de mourir à cause d'un groupe de vampires, si je l'avais prise avec moi, elle en serait sûrement morte de chagrin. Alors j'ai patienté, attendu qu'elle soigne ces blessures auprès de son frère. Je l'ai vu grandir, aller au lycée, devenir une femme tout en éloignant toujours les hommes qui l'approchaient, à croire qu'au fond de son cœur, elle savait déjà qu'elle m'appartient.
Quand John m'a contacté pour me prévenir qu'il y avait un problème, mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai filé en lâchant tout ce que je faisais. Heureusement, je suis arrivé à temps, seulement je ne m'attendais pas à la trouver droguée.
Bien entendu j'ai étalé le mec qui lui a fait ça en moins de deux minutes mais surtout, j'ai réussis à lui résister. Alors qu'elle était presque nue dans mon lit, se caressant lascivement, frissonnant à mon contact, j'ai retenu la bête en cage et j'ai préféré utiliser mes capacités pour l'endormir.
Avant de la rejoindre dans mon lit, je file prendre une douche, froide, très froide même. Dès que j'entre dans le lit, elle vient se blottir contre moi. J'inspire profondément son odeur, la même qu'à l'époque, une bouquet de muguet à peine fleurit avec quelques notes de poivres, subtile et puissant, comme elle.
Mon loup continue de hurler mais je l'ignore et finit par m'endormir en la serrant contre moi. Enfin, elle est à mes côtés.
POV Lily
Avant même d'ouvrir les yeux, je peux déjà dire que je me sens bien, même si j'ai le souvenir d'avoir fait un rêve étrange. Il y avait un homme avec les même yeux que le loup que j'ai vu la nuit de la mort de mes parents. Des yeux apaisant mais aussi terriblement attirant.
Je bouge un peu cherchant à m'enrouler dans ma couette quand je réalise que c'est impossible. Tout mon corps est étroitement emmêlé à un autre corps. Durant un court instant, je panique. Putain mais qu'est ce que j'ai foutu hier soir ? Comment Anna ou Lucas à pu me laisser partir avec un inconnu ?
J'ouvre les yeux mais au même moment, cet homme remonte sa main le long de mon dos et je me sens fondre sur place. Ces mains sont grandes et chaudes, puissantes et douces en même temps, je ne peux m'empêcher de frissonner à son contact. Je réalise alors que ma main est sur son torse , un torse avec des abdos en bétons. Je relève un peu la tête et constate que cet homme est juste magnifique, je n'avais jamais vu une couleur de cheveux pareil. Ma main se lève, sans que je n'y fasse attention et je déplace une mèche qui barre son front.
N'importe quoi, à quoi je pense sérieux. Je suis dans le lit d'un paraît inconnu et tout ce que je trouve à faire c'est le recoiffer ? Je pourrais me gifler pour mon geste et pour autant je ne me recule toujours pas. Je comprends pas ce qu'il se passe, mon corps refuse de m'obéir. Une part de moi me hurle que je suis enfin à ma place.
La sonnerie de mon portable me tire de ma contemplation et je réussis à m'extirper de sa prise pour réaliser que ma robe est en partie baissée avant de la remettre rapidement. Je vérifie en panique que je porte toujours mes sous vêtements et soupire de soulagement en réalisant que c'est le cas. Je vois mon sac posé au pied du lit et me précipite dessus pour en sortir mon portable.
Le choc, 40 appels en absence et presque autant de messages. Je tourne rapidement la tête vers l'homme étendu dans le lit. Voyant qu'il dort encore, je regarde mon portable, mon frère et Anna s'inquiètent. Pestant contre cette foutue soirée dont je ne me rappelle rien, j'envoie un message rapide. « Tout va bien. Je vais arriver. » Je passe mes mains sur mon visage en me maudissant et finis par me relever. Seulement, je ne sais pas pourquoi, tout à cou, j'ai la tête qui tourne. J'essaye d'avancer, distinguant vaguement une porte mais après deux pas, mes jambes flanchent et je me sens tomber.
POV Logan
J'ai sentis quand elle s'est réveillée, quand elle a paniqué et surtout, la douce caresse de sa main sur mon front. Je sais qu'elle a peur, elle ne comprend pas ce qu'il se passe ni comment elle est arrivée ici. Je ne compte pas l'effrayer, elle m'est bien trop précieuse, alors refoulant mon loup et son besoin de possession, je la laisse agir, je fais comme si je dormais mais au fond de moi, sa chaleur me manque déjà.
Elle se lève du lit, mais quelque chose ne va pas. Je peux le ressentir. Je la rattrape avant qu'elle ne tombe sur le sol et enfin je peux plonger dans ces yeux.
- Doucement ma douce. La drogue que t'a donnée ce mec hier va peut être laisser des traces pendant encore quelques heures.
Je vois à ces yeux qu'elle a peur. Elle se demande ce qu'il lui est arrivé et recommence à paniquer.
- Ne t'en fais pas. Il ne t'a pas touché. Personne ne t'a touché.
- Je..Merci. Je dois partir. Mon frère...
- D'abord tu dois manger un morceau et ton frère viendra te chercher. Il est hors de question que je te laisse partir dans cet état ma douce.
Je lis la surprise dans son regard en m'entendant l'appeler ainsi, mais rien n'est aussi délectable que le doux frisson qui la parcoure en entendant ma voix. Elle est si belle et mon loup me confirme qu'elle lui plaît vraiment. Il s'agite, incapable de tenir en place après l'avoir attendu si longtemps et mes yeux changent de couleur sans que j'arrive à l'arrêter.
POV Lily
Ces yeux. Ce rouge, c'est le même, celui de cette nuit, celui qui nous a protégé. Mes doigts se posent sur sa joue. C'est vraiment les même. Protecteurs, et en même temps possessifs. Il ne lui manque que cette belle fourrure argentée. Je me relève et quitte ces bras. Aussitôt un vent froid me parcours mais je dois m'éloigner. Il est dangereux, il veux me faire penser que c'est lui, mais je n'y crois pas.
Un voile de tristesse traverse son regard et mon cœur se serre pourtant, il n'est pas lui.
- J'ai l'impression que tu m'as protégé hier soir alors merci pour tout mais je vais partir maintenant. Désolé de t'avoir dérangée, bien que je ne me souvienne de rien.
Je récupère mon sac et commence à me diriger vers l'une des deux portes de la chambres. À mi parcours, je soupire en demandant quelle est celle qui mène à la sortie. Voyant qu'il ne me répond pas, je me dirige vers la plus proche pour tomber sur une salle de bain classieuse. Je referme et file vers la deuxième quand j'entends un grognement.
Mon geste s'arrête alors que mon corps se retourne automatiquement et là, à la place de cet homme, je le vois. Ce loup, celui qui m'a sauvé, celui qui a sauvé mon frère est face à moi. Mon corps se détend aussitôt, c'est bien lui. Il reste assis comme si il m'attendait et je ne résiste pas à l'envie de m'approcher.
- C'est bien toi n'est ce pas ? Toi qui nous a sauvé mon frère et moi.
Le loup se lève et s'approche de moi avant de frotter son museau contre moi. Mon cœur se remplit de joie alors que je me serre contre lui.
- Bien sûr que c'est toi. Lucas n'a jamais aimé parler de toi mais moi je ne t'ai jamais oublié.
Je sens le loup frémir contre moi et je ferme les yeux en me gorgeant de son odeur. Une odeur de pin, de mousse, de forêt.
- Tu m'a tellement manqué.
Mes mots me surprennent, mais en même temps, c'est vrai. J'ai rêvé de lui si souvent, même quand je ne dormais pas, je le dessinais. Qu'importe les rumeurs sur les loups, dans mon esprit, il était possible qu'une poignée d'entre eux ne soit pas si mauvais que ça. Il me pousse doucement et j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi mais son regard me rassure et je m'assieds devant lui.
- Enfin tu es devant moi.
Une voix raisonne dans ma tête, je sais que c'est lui, ça façon de me regarder, d'incliner la tête, il cherche à savoir si je le comprend.
- J'arrive à t'entendre, comment c'est possible ?
- Tu me comprenais déjà à l'époque, à ta façon. Maintenant tu entends les mots, mais avant ça, tu sentais déjà mon cœur.
- C'est pour ça que je n'ai pas eu peur de toi ?
- Pas tout à fait. À l'époque tu étais trop jeune pour le sentir mais maintenant que tu es une femme, tu dois le savoir.
- Savoir quoi ? Je sors avec des amis pour fêter mon diplôme et je me retrouve là, avec un homme que je ne connais pas, puis la minute d'après, tu es ici, à mes côtés.
- Et toi, tu es enfin là.
- Comment ça enfin là ?
- Je t'ai attendu depuis si longtemps. Toi, la seule qui puisse me compléter, me rendre plus fort. La seule capable de mener ma meute au sommet. Mais, il a voulu attendre. Mon humain, il a dit que tu devais te remettre et que tu étais bien trop jeune, pourtant, je le savais, tu es as moi, a moi seul. Rien qu'à moi, dit-il en s'approchant.
Sa démarche en ferait reculer plus d'un mais je sais qu'il ne me veux pas de mal et je me permets même de sourire avant de le regarder dans les yeux.
- Tu comptes vraiment essayer de m'impressionner ? Je n'avais déjà pas peur de toi enfant, pourquoi j'aurais peur de toi maintenant ?
Il s'arrête un instant, comme si j'étais parvenu à le troubler, et contre toute attente me demande.
- Tu vas essayer de partir ?
- Loin de toi ? Jamais, dis-je en me blottissant contre lui, tant que tu voudras de moi, je resterais près de toi.
- Tu ne comprends toujours pas ? Tu arrives à me comprendre, je ne t'effraie pas, tu es à moi Lily. Tu es ma compagne. Ma moitié, la seule qui sera combler ma vie. De temps à autre, je serais plus dur, tu dois le savoir, et personne ne pourra t'approcher mais, tu es à moi et c'est toi qui détiens le pouvoir de ma meute. Tu seras ma Luna et je ferais tout pour que tu sois heureuse.
- Tu crois vraiment que je suis ta compagne ? Je veux dire, depuis le temps j'ai entendu des histoires, j'ai vu des filles disparaître mais à chaque fois, il y avait quelque chose d'autre, dis-je un peu gênée.
- Tu parles de la marque ?
- C'est ça, on dit qu'en prenant une compagne, un loup la marque et qu'après, ils s'accouplent, alors elle devient sienne à jamais.
- C'est vrai, mais, personne n'aurait pu penser que tu serais plus à l'aise avec ma forme de loup.
- C'est donc ta forme humaine avec qui je dormais.
- C'est ça, c'est lui qui m'a empêché de te revoir et en même temps, c'est lui, qui m'a empêché de te marquer hier soir, dit-il les oreilles légèrement en arrière.
- Pourquoi a t-il fait ça ?
- Parce qu'il veut être sûr que tu le veuilles. Que tu le veuilles vraiment.
- Bien sûr que je veux rester avec toi. Tu m'a sauvé, moi et mon frère.
- Tu es sûr de toi, car après, tu ne pourras plus revenir en arrière. Tu m'appartiendras, pour toujours, dit-il en faisant miroiter une lumière dorée dans son regard. Pour toujours et à jamais. Tu seras à moi. À moi, répéta t il en grognant.
Sans vraiment savoir pourquoi, je lui souris. J'ai confiance en lui. Je sais qu'il ne me fera jamais de mal. Je pose mes mains sous ces yeux et le regarde avant de lui répondre.
- Tu n'as pas besoin de revendiquer ce droit. Ni même de grogner pour ça, je t'appartiens déjà et ça depuis très longtemps. Si tu veux me marquer, je te laisserais faire. Je ferais tout ce qu'il faudra tant que je peux rester avec toi.
Encore une fois, mon corps réagit de lui même. J' incline la tête pour lui laisser un accès à mon cou. Il me renifle et rien qu'à le sentir près de moi je souris. Enfin il est là, près de moi. Si près de moi.
Quand ces crocs s'enfoncent dans mes chaires, j'ai l'impression que je vais mourir tant la douleur est insoutenable et pourtant, après quelques secondes, une vague de chaleur m'envahit et mes cris se transforment en gémissements.