Un accroché à son pied, deux dans ses bras et une dizaine à ses côtés, elle les souriait tous, elle avait beaucoup d'affection pour ses enfants. Eh oui ! Ses enfants.
- Chatouille moi aussi, dit une petite voix.
- Tu veux que je te chatouille, et c'est parti pour des guili-guili, dit la jeune femme en exécutant les désirs de la petite.
Comme elle le disait, tous ces anges étaient pour elle ses enfants et elle n'avait pas tort quand on considérait tout ce qu'elle fit, faisait et fait pour eux : elle s'assure qu'ils ne manquent jamais de rien, ni vivres ni affections, que les pauvres petits privés de parents puissent s'épanouir sans s'apercevoir de ce vide, que ceux dont les mères se trouvaient dans le centre puissent manger à leur faim, que ceux rejetés des leurs pour maladie puissent voir dans ses yeux ainsi que dans ceux de toutes les personnes présentes dans le centre qu'ils étaient aimés et considérés.
- Oumou.
- Oui.
- On a besoin de toi dans la grande salle.
- Ok j'arrive.
Elle dit aurevoir à ses enfants et prit le chemin de la salle en question. En passant elle saluait de la main ou d'un léger sourire tous ceux qu'elles croisaient.
Dans son centre il n'y avait pas que des orphelins mais aussi tous ceux qui pouvaient être dans le besoin, des jeunes ainsi que des vieux recueillis dans les rues, les abandonnés, les délaissés... Au début ça n'a pas été facile de faire passer certains des rues pour le centre parce qu'ils craignaient et n'avaient pas confiance. Ils ne pouvaient pas imaginer que quelqu'un puisse penser à eux et encore moins à les donner des abris et des lits douillets, à les protéger, à les instaurer dans la vie sociale et à les aider à voir plus qu'ils ne l'imaginaient et surtout de sortir de la fosse dans laquelle ils étaient.
À son âge, elle a fait beaucoup, sûrement facilité grâce à sa détermination et à son envie d'aider son prochain et surtout grâce à Dieu. Dès sa plus tendre enfance elle avait ce projet de construire une grande orphelinat, un habitat pour les démunies, un centre pour former les uns, pour créer de l'emploi afin de réduire le taux de chômage et contribuant ainsi au développement de son pays, le Maliba.
Stupéfaite elle posa ses mains sur sa bouche faisant son fort pour ne pas pleurer. Ils lui avaient fait une surprise, la salle était pleine et tout le monde l'applaudissait. Un des plus vieux s'approcha d'elle et posa sa main sur son épaule, elle le reconnut aussitôt, il était l'un des premiers à intégrer le centre et celà faisait deux ans maintenant qu'il était installé hors du centre, il avait maintenant une maison, s'était marié et avait même adopté trois enfants, un jeune avec qui il s'entendait bien et des jumeaux qui avaient perdus leur mère à la naissance, la pauvre était arrivée dans le centre presqu'à terme sans jamais avoir eu de soins ni être suivie, elle n'avait personne pour l'aider. Mais le moment n'était pas aux attristements mais plutôt à la réjouissance.
- Félicitations ma fille. Bientôt six ans. Allah k'i sara, I ye an djigui fa Allah k'i djigui fa, I ye an dusu suma Allah k'i dusu ma (Que Dieu te le rende, tu as comblé nos espoirs, que Dieu comble les tiens, tu nous as apaisés, que Dieu t'apaise) Que jamais tu ne sois laisser aux mains de ceux qui te veulent du tort, Que tes ennemis soient humiliés devant toi et surtout ne perds jamais foi en Dieu car il n'abandonne jamais personne et encore moins celle comme toi.
La salle résonnait sur les amina et les bénédictions faites pour la jeune Oumou qui seulement à vingt-huit ans avait accompli une telle œuvre qui lui attribue toutes les reconnaissances possibles. Des larmes avaient réussi à couler de ses yeux, elle ne s'y attendait pas. Elle n'est pas au centre tous les jours mais elle fait tout pour passer au moins plus de quatre fois par semaine et celà pour rester au moins deux ou trois bonnes heures, ça dépendait de son emploi du temps car en plus du centre, elle avait son entreprise qu'elle était entrain d'étendre, ce qui lui permettait de bien gérer le centre en plus de quelques aides et surtout de sa belle sœur enfin l'une de ses belles sœurs qui injectait de grosses sommes d'argent dans le centre et cette dernière aussi passait souvent. D'ailleurs les deux jeunes femmes avaient rendez-vous maintenant au centre.
- Désolée je suis en retard, désolée, désolée, criait sa belle sœur en courant presque avec son fils qui faisait pareil.
- J'ai filmé pour toi sa réaction.
- C'est pour ça que je t'aime bien Ra.
- Je sais Eva.
- Dilika dans mes bras, exclama la jeune Eva en ouvrant ses bras afin de recevoir Oumou.
- Tu étais au courant de la surprise, demanda Oumou.
- Eh oui.
- Cachotière ! Tu dois être félicitée aussi, trois ans que tu participes au bon fonctionnement du centre.
- Mais c'est toi qui mérites tout, quand je suis arrivée tu te débrouillais très bien en plus dès la première année tu as fait des exploits. C'est ton centre et tu mérites l'entière reconnaissance.
- Merci ma Dina.
- C'est normal ma Dili.
- Maintenant, laisse moi embrasser mon neveu chéri, dit elle avant de se détacher d'Eva. Alors mon bonhomme prêt pour les vacances ? Demanda t-elle en le prenant.
- Quelles vacances ? Il a deux ans tous les jours sont des vacances pour lui.
- Tu ne changeras jamais toi, vous partez en vacances non ?
- Eh j'ai pas réussi à convaincre ton frère, toi-même tu sais.
- Mais hier tu étais déterminée à le faire changer d'avis.
- Tu connais ton frère plus que moi, il aime trop faire traîner les gens.
- Je sais, rigola t-elle.
- Bon, on organise cette fête d'anniversaire non ?
- Oui oui, je n'arrive pas à croire que dans une semaine ça fera six ans.
- Eh oui, félicitations ma belle.
- Merci.
Les deux DiDi restèrent un moment avec tous les autres pour célébrer avec eux puis allèrent s'installer dans le bureau pour entamer les préparatifs de la fête. Elles s'échangeaient leurs idées afin de trouver de meilleures avant de l'exposer à tous les autres membres qui étaient composés majoritairement de leur famille. Ce centre pour Oumou était aussi un moyen de placer tous ses frères/sœurs et cousins/cousines qui n'avaient pas d'emploi. Certains directeurs de quelques structures, d'autres formateurs, accompagnateurs, médecins en chef, et tout sorte de métier car le centre lui-même regorgeait de tous ces domaines, y'avait un complexe scolaire, un centre de santé, un centre de formation professionnelle, des logements, tout celà en plus de l'orphelinat. Une véritable chaîne !
Mais nous ne nous attarderons pas sur cet exploit qu'est son centre. Cet exploit qui justifie de sa noblesse de cœur.
***
Un dimanche matin, plus précisément à dix heures, elle était entrain de rejoindre sa voiture quand on l'interpella.
- Oui.
- Comment tu vas ?
- Bien Dieu merci et vous ?
- Mais non je t'ai dit que tu peux me tutoyer. Je vais bien et ta mère ?
- Oui je vais y arriver répondit-elle en souriant. Elle va bien aussi Dieu merci.
- Ah mais elle n'est pas venue à la messe ?
- Non rien de grave, elle a juste eu un empêchement.
- Ah je vois. Tu la salues de ma part.
-Oui.
- Bon dimanche ma fille dit l'homme en tendant sa main.
- Merci bon dimanche tonton dit-elle en lui répondant et en saisissant sa main.
Ils finissent et elle continuait son chemin quand sa belle sœur sortit de derrière elle.
- Ah oui ton éternel admirateur est déjà passé, dit-elle en rigolant.
- T'es folle Eva.
- Ne me dis pas que t'as pas remarqué comment cet homme te regarde ? C'est ton fan number one à l'église.
- Mon Dieu cette Madina !
- C'est vrai mais il ne trouve pas que tu es trop jeune pour lui ?
- Tu délires. Je vais rentrer.
- Je rentre avec toi, ton frère il dit qu'il a une course à faire.
- Et il est où mon bébé ?
- Avec son père, attends je vais le chercher.
- Vas-y. Je sors la voiture.
Après quinze minutes de trajet, ils arrivent à la maison et rejoignent les parents dans le salon en les saluant.
- Aw ni baradji. (Bien de bénédictions à vous) répondit le père de famille.
- N'sé.
- Et la messe ? Demanda la mère.
- Oui bien passée.
Puis les deux jeunes femmes sortirent du salon, Dilika pour sa chambre et Madina pour sa maison en haut.
Maintenant ils se trouvaient dans l'après midi, Oumou était devant la télé avec sa mère et son père était entrain de prier dans la chambre. Elle se rappela des salutations du vieux qu'elle devait passer, on oublie souvent ces salutations, et elle les passa à sa mère.
- Ah il va bien Jo ?
- Oui.
- Bien.
- Dili, reprit sa mère.
- Oui maman.
- Tu sais tu prends de l'âge et ce n'est pas bien que tu ne sois toujours pas mariée. Avant tu avais toutes sortes de raisons pour décliner les demandes mais maintenant tu n'en as pas. Si ce sont les études, tu en as fini avec. Si c'est le travail, tu en as un meilleur. Si ce sont tes projets, tu les a tous réalisés. Tu as tout ce que tu voulais. Il ne te reste qu'une seule chose maintenant : fonder une famille.
- Ça va venir.
- Pas tant que tu ne veux pas. Tu es la seule à ne pas être mariée. Ta petite sœur s'est mariée y'a deux ans et n'en parlons pas de tes grandes sœurs. Une fille ne peut pas être éternellement auprès de sa mère.
- Je sais.
- Donc à la prochaine demande en mariage, tu te marieras.
- ...
- Tu te marieras Dili.
- ...
- Oumou, muso dambe ye furu de ye (c'est le mariage la dignité d'une femme), tu veux porter ton enfant et à moins que tu ne commettes le péché de la chair je ne vois pas comment tu veux réaliser ce rêve si tu n'es pas mariée.
- Je vais me marier.
- Donc à la prochaine demande.
- ...Ni Allah sonna a ma (Si Dieu le veut).
- Voilà.
- Je vais terminer un travail que j'avais commencé, dit-elle en se levant.
- Ok.
Et au moment où elle s'approchait du seuil de la porte sa mère l'interpella.
- Oui.
- Y'a une demande en mariage pour toi de la part de Jo....
______
Intro
Mouna ne ka chronikiw tchama la ne be furugnongomaw ko fô ?
O tè dowère ye, barissa ne be fei k'anw ka jamana de ko fô, k'anw ka djien ta bolo de ko fô. Olu dun te se ka kei ka sôrô ne ma tèmè furu ko koumaw fei barissa o ye an ka dunia ta bolo ba de ye barissa an ka jamana ye furu jamana de ye. "Furu de be Mali la, an be o de don wa o de be laban !"
"Sungunruya tilé be ban, kameleya tilé be ban ka laban to furu de ma."
Qu'on ne me dit pas que je ne sais pas parler en bambara hein !
In french non ?
Pourquoi dans la plupart de mes chroniques je fais référence aux époux ?
Ce n'est pas pour autre chose, c'est parce que je veux parler de notre pays, de notre manière de mener notre existence. Et sans passer par le thème du mariage on ne pourrait relater ces deux points car le mariage est l'un des plus grands concepts de notre vie parce que notre pays est un pays de mariage. "C'est le mariage qui existe au Mali, c'est ce que nous connaissons et c'est ce qui demeure !"
"Le temps de la jeunesse passera en laissant place au mariage."
...
Les personnes ne sont pas pareilles, les couples ne sont pas pareils ! Chaque couple à sa propre réalité et y'en a des milliers de réalité.
..
On a tous notre vie et elles sont toutes différentes les unes des autres mais en général elles sont toutes faites de bonheur ainsi que de malheur, y'a des jours heureux et y'a des jours malheureux, y'a des jours de joie et y'a des jours de peine, y'a des jours avec et y'a des jours sans... Dunia be tan de ! (Telle est la vie !).
Souvent on mène tous notre vie comme on veut mais la réalité de la vie finit toujours par nous rattraper. Ainsi va la vie !
_________
Mes salutations à tous !
Heureuse de vous retrouver sur une nouvelle histoire ! J'espère que cette chronique vous plaira car j'espère vraiment de tout cœur répondre à vos attentes et ne pas vous décevoir sur celle-ci !
Bonne lecture ♡
___________
[ Oumou Marie Sanogo
28 ans
Malienne
Fille de Nouhoum
et de Regina Dembélé
Célibataire sans enfants
Financière ]
- Oui.
Maman : Y'a une demande en mariage pour toi de la part de Jo...
Je fixe ma mère sans prononcer un seul mot.
Maman : Tu acceptes de te marier à la prochaine demande as-tu dit. N'est ce pas ?
Elle m'avait eu ! C'est parce qu'elle savait que y avait déjà une demande qu'elle m'en avait parlé. Je sais qu'elle le fait pour moi-même, je m'approche de la trentaine et elle veut me voir marier comme n'importe quelle mère. Moi aussi je veux me marier mais pour l'instant j'y pensais pas, jusque là je n'ai pas voulu me marier parce que mes projets étaient naissants et surtout parce que tous les hommes qui m'ont fait part de leur intérêt pour moi ne répondaient pas sûrement à mes aspirations car dans ma tête en voyant bien un homme je peux déjà m'imaginer s'il peut être un frein pour moi dans mes projets ou pas et sans mentir aucun d'eux ne me paraissait encourageant.
Et pour dire vrai ces hommes n'étaient pas le problème c'était moi car je me plaisais et je me plais toujours dans ma bulle, ce qui fait que je trouve toujours des raisons pour ne pas avoir un homme dans ma vie. Et j'avoue que j'avais peur de me perdre et d'oublier mes objectifs en me mariant. Et aussi les hommes ne sont pas des êtres en qui il faut se fier. Combien d'entre eux ne font que faire souffrir les femmes ? Combien d'entre eux croient que nous ne sommes pas plus que des souffre-douleur ?
En réalité à mon âge, malgré que j'ai vécu plein de choses et que je suis passée par toutes les épreuves pour réaliser mes projets, j'ai peur de m'engager, de m'attacher les pieds dans une union et enfin d'aimer car j'ai remarqué que c'est l'amour qui nous rend plus faible qu'on ne l'est déjà. Oui je suis une femme qui n'est pas loin d'être faible, je suis celle qui est toujours dans son monde, celle qui a peur de souvent parler, celle qui préfère écouter sans broncher et celle qu'on qualifie de timide, de réservée, de pudique et d'introvertie, j'ai souvent du mal à montrer mes sentiments, je préfère ne déranger personne avec mes ressentis. En ce moment je me surprend moi-même à tant parler de moi. C'est juste en parlant de toutes choses relatives à mes réalisations que je me libère.
Maman : N'est ce pas Dili ?
Je ne peux qu'accepter mais celà dit ma mère ne serait-elle pas entrain de me faire une blague ? Cet homme il doit être dans la même tranche d'âge que mon père c'est à dire dans les soixante-dix ans. Elle doit sûrement me tester.
- Mais maman, tonton Jo il a l'âge de papa, la demande ne peut pas venir de lui.
Elle rigole, je pensais bien qu'elle voulait me tester.
Maman : Elle vient bien de lui.
- ...
Maman : Oui. Il te veut pour son fils.
- ..mais maman, son fils là ne doit pas avoir plus de 25 ans.
Maman : Il a 27 ans pour dire vrai.
- mam..
Maman : Il est déjà fiancé et celui-là n'est pas son fils mais son neveu. Son fils tu ne le connais pas. Il n'est pas ici.
- ...
Maman : J'en ai déjà parlé à ton père. N'est ce pas que tu veux bien ?
Et si je me donnais une chance d'aimer ou d'être aimée. C'est sûrement une belle opportunité pour moi de prendre courage afin de me lancer une bonne fois pour toute dans la concrétisation de mes rêves : finir ma vie au côté d'un mari aimant et d'avoir mes propres enfants, ceux que je porterai dans mon ventre. Rien que pour celà j'accepte de me lancer dans cette vie qui est le socle de notre existence malgré qu'elle soit difficile et surtout que je ne connais rien de cet homme.
- Ils peuvent venir, le chemin est libre.
Maman se lève en souriant et me prends dans ses bras.
Maman : Je suis très heureuse, ma Dilika va se marier.
Voilà comment j'ai accepté de me marier à un homme que je connaissais pas et que je ne connais toujours pas. Après celà, je me suis vite fait éclipsée pour ne pas plus parler. On discutera plus tard de cet homme, pour l'instant je dois m'entretenir avec ma propre personne pour savoir si je suis bien sûre de moi.
***
Ma porte se fait ouvrir par ma mère, elle entre et s'assied. Je dépose ma Bible que je lisais et attends de l'écouter.
Maman : Je suis venue te parler de ton futur époux. Ça fait trois jours maintenant que tu as accepté et les fiançailles sont prévues pour le dimanche prochain. Par mégarde j'ai oublié de te parler de lui et toi tu ne m'as rien demandé sur lui, ça ne se fait pas Oumou. Ou tu as changé d'avis ?
Les fiançailles ont déjà été entamé ça se finalise le dimanche. Ce tonton Jo était vraiment pressé, les trois colas n'ont pas attendu plus de deux jours et l'arrivée du panier est prévue pour samedi.
- Je croyais que tu allais le faire plus tard.
Maman : Hali ola ! E toun kankan ka n'gninikan. (Même avec ça ! Tu devais me demander.)
- ...
Maman : Je veux te voir marier mais pas plus que de te voir heureuse donc j'ai peur que tu penses que je te force la main. Si c'est le cas on annule tout. C'est l'histoire de toute une vie qui ne peut pas être prise à la légère. On arrête si tu n'es pas prête.
- ..je suis prête maman. Il faut bien que je me marie un jour ou l'autre sinon je serais devenue religieuse il y'a bien longtemps.
Maman : Ça c'est bien vrai.
- Oui. Donc il est comment ?
Maman : Attends que je te montre sa photo.
Elle me passe son téléphone et la photo y était déjà. Je regarde, il était en costume, son visage affichait un léger sourire et il a l'air d'un homme élégant avec une grande prestance, il est bien sur la photo. Je regardais encore tous les traits de son visage quand ma mère fait sa présentation.
Maman : Il devait te contacter mais il ne l'a pas encore fait, ton oncle me disait qu'il est trop pris en ces temps-ci. C'est un médecin, il a quarante ans.
Je regarde ma mère. Sur la photo il n'a pas l'air d'un quadragénaire.
- Il est divorcé ?
Je me demande qu'à quarante ans il ne soit toujours pas marié.
- Ou veuf ?
Maman : Aucun des deux, rigole-t-elle. Pourquoi tu dis ça ? Il est comme toi, jamais marié.
- Ah.
Maman : Mais celà dit, il.. il a des enfants.
- Des enfants ?
Maman : Oui deux, je sais que tu peux bien te débrouiller avec eux. Je sais de quoi t'es capable, tu sais prendre soin des autres et parlons pas de tes proches.
- ..Ce sont des enfants d'une même femme ?
Maman : Oui enfin je crois parce que Jo m'avait bien expliqué que son fils vivait en concubinage avec une femme de qui il avait eu deux enfants un garçon de 16 ans et une fille de 9 ans.
Dans quoi je m'embarque ? S'il vivait avec une autre femme et qu'ils ont eu deux enfants, celà signifie tellement de choses. En plus vivre en concubinage pendant des années c'est que cet homme ne doit pas être très pieux.
- Ça fait longtemps qu'il n'est plus avec cette fem.. euh non enfin il est consentant pour le mariage ?
Maman : Oui, bien-sûr. Tu crois quoi ? Il est bien consentant et il a lui-même dit à son père de lui chercher une femme ce qui a enchanté Jo car ça faisait longtemps qu'il pensait à te donner à son fils. Il m'en avait déjà parlé.
- Ok.
Maman : Tu veux savoir quoi d'autres sur lui ?
- ...
Maman : Ou de toute façon vous prendrez contact donc tu sauras tout ce que tu veux.
- Il vient vivre au Mali n'est ce pas ? Vu qu'il n'est pas ici.
Maman : Oui. C'est le but même pour son père car il doit se poser dans sa patrie.
- Bien.
Maman : Tu me demandes pas son nom ?
- Eh oui.
... : Ne ko tu fais quoi fourrer dans ta chambre deih ?
Elle s'arrête en voyant maman qui s'est retournée puis elle commence à se faire petite. C'est Eva, ma belle sœur. On a le même âge et elle est mariée à mon ainé de deux ans. Elle est très aimable et on s'entend très bien limite c'est ma meilleure amie et ma confidente.
Eva : Ah t'es là maman, je reviens plus tard, je vous laisse parler.
Maman : Non reste Eva, on a déjà fini, dit-elle en se levant.
Eva : Ah ! Ok maman.
Eva s'assied et maman s'approche de la porte pour sortir.
Maman : Ah oui j'oubliais, il s'appelle Moïse.
Il a fallu qu'en plus de tomber sur un homme de douze ans mon ainé avec deux enfants à la suite, il puisse s'appeller Moïse. Les Moïse/Moussa ne font jamais rien de bon enfin la plupart d'entre eux, ils sont têtu, obstiné et tout, je n'invente pas, leurs réputations les précèdent.
Je regarde ma Dina.
Eva : Qui s'appelle Moïse ? Ton futur ?
- Oui.
Eva : Tu as enfin demandé des trucs sur lui. C'est bien ça !
- Maman m'a parlé de lui pour dire vrai.
Eva : Mais Dili ! T'es pas la peine quoi. Bon alors ?
- Il a douze ans de plus que moi, c'est un médecin et il a deux enfants.
Eva : Douze ! Ça va ça va on a pas dépassé, donc 40 ans. Douze c'est bien.
- Dis madame qui a deux ans d'écart avec son mari.
Eva : Tu as oublié mon vécu là. Si c'était pas ton frère je ne voyais même pas les hommes de cet âge mais bon j'avais énormément appris et grandi quand j'ai accepté Aimé dans ma vie, l'âge ne compte pas en vrai.
Elle s'était déjà mariée une fois avant de l'être avec mon frère. Vu qu'on s'est très attachée, elle n'a pas hésité une seconde à me parler de son ex-mariage. Je peux dire que je connais plus sur cet épisode de sa vie que son propre mari.
Eva : Il doit être très mature donc tu n'as pas de soucis à te faire en plus t'es toi-même tellement mature et calme que c'est impossible d'avoir des problèmes avec toi.
- ...
Eva : T'inquiètes tout va bien se passer. Reste juste toi-même, tu verras, tout le monde t'aime donc pas de soucis avec les enfants aussi.
- ..j'espère.
Eva : Allez souris la femme du docteur.
***
Deux semaines plus tard après les fiançailles ma mère vint me prévenir que le mariage est prévue pour le mois d'octobre, nous sommes à moins de deux mois d'octobre, mon fiancé il arrive dans une semaine. Et pour clore le tout elle me dit que le mariage se fera juste civilement et non religieusement.
- Maman, pourquoi donc ?
Maman : Il veut un mariage à la mairie. En plus ils sont deux à se marier le même jour, son cousin et lui.
- Tu sais que j'aime pas trop m'interposer mais je veux me marier à l'église. Je ne veux pas d'un mariage qui ne sera pas reconnu par l'église. Toi-même tu es très impliquée côté religion pourquoi permets-tu celà ?
Maman : J'en ai beaucoup discuté avec ton beau-père, lui-même n'était pas d'accord mais c'est ton fiancé qui insiste. Vous pourrez toujours faire le religieux plus tard.
- ...
Je commence à douter de l'issu de ce mariage car la plupart de ceux qui refusent le mariage religieux à l'église sont ceux qui ne sont pas sûrs de se marier parce que l'église catholique condamne le divorce, se marier c'est pour toute la vie. Pour avoir l'annulation c'est pratiquement impossible, même quand Eva m'a dit qu'elle l'avait eu avec son précédent mari je n'en revenais pas mais leur cas aussi était très différent car ce dernier avait pris une autre femme ce qui ne se fait pas chez nous et en plus avait changé de religion.
Un dimanche matin, à mon huitième jour de vie, avant que les premières lueurs du jour environnent le paysage, l'imam m'appela du nom de Oumou.
Un autre dimanche, des années plus tard, le prêtre me confirma dans la grâce reçue à mon baptême du nom de Marie.
D'un père musulman et d'une mère chrétienne, je suis née. J'ai connu ces deux religions monothéistes qui tous deux reconnaissent un seul Dieu, le Tout-Puissant. 1 Corinthiens, 12:6 - Il y'a diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.
J'ai lu la Sainte Bible ainsi que le Saint Coran. Mon cœur s'est attaché au christianisme raison pour laquelle j'en ai fait ma religion. Étant donné que la religion est un choix personnel et que mon père lui-même connaît les deux religions il ne s'opposa nullement à mon choix, quand à ma mère elle n'est jamais intervenue dans ces choix car en faisant celà on pouvait penser qu'elle avait quelque chose à avoir.
Maman : Dili ?
- Ok. Il m'avait contacté mais il ne me l'avait pas dit.
Y'a deux jours, c'était notre troisième fois de parler en deux semaines. On ne se dit pas grand-chose sûrement par manque de temps. Quand il me parle et que je lui réponds il faudrait que j'attende des heures et des heures pour qu'il me réponde encore.
Maman : Et vous avez sympathisé ? Il est gentil ?
- ..oui.
Enfin je ne sais pas trop, je ne le connais pas. Il ne m'a semblé ni sympathique ni antipathique, il est neutre avec moi.
Je ne sais même pas si je suis sûre de l'épouser. Je devrais me rétracter.
Dois-je le faire ?
________
- Tu ne veux pas te maquiller ?
Dili : Je suis déjà maquillée tu vois.
- Justement je ne vois rien.
Dili : ...
- C'est vrai que je n'en fais pas beaucoup non plus mais pour toi c'est pire. Aller, remets une petite couche.
Dili : Eva xaah.
[ Eva Madina Niamé(Traoré)
28 ans
Malienne
Mariée avec un enfant
Gestionnaire des Ressources Humaines ]
- Fais pas la désirée avec moi hein, ton mari t'attend donc faut qu'il voit comment t'es magnifique et la chance qu'il a de t'avoir.
Elle, c'est ma belle sœur. Une merveilleuse femme avec un cœur en or. J'ai de nombreuses belles sœurs toutes gentilles mais Oumou les dépasse tous vu qu'elle fait partie de mes meilleures amies. Auparavant, j'avais tant cherché dans ma vie ce genre de relation que maintenant que je l'ai, ça me semble irréel.
Bref son fiancé est rentré hier et aujourd'hui enfin ce soir ils se rencontrent en face à face pour la première fois.
Dili : Ça va maintenant.
- Non attends.
Elle soupire et je rigole.
- Tu peux parler hein.
Dili : ...
- Comment tu m'énerves des fois à être calme et ne rien dire.
Dili : Parler pour quoi dire ?
- Bah faut se bouger un peu. D'habitude les Oumou sont des pipelettes et les plus nangaraba mais toi souvent j'ai envie de te frapper.
Dili : Vas-y alors.
- Pff, bon on y va.
On se lève et sort de la chambre pour rejoindre tout le monde dans le salon de ma belle-mère. Je rentre la première et vois un homme vraiment très bien mis, de toute façon nobody ugly. Il est parfait pour ma Dilika. Il discutait avec les parents. On s'avance et le salue en prenant sa main. Je pars m'asseoir près de mon Aimé qui a mon petit prince à côté de lui et Dili au lieu de s'asseoir à la place libre près de son homme, elle vient s'asseoir près de nous. J'avoue elle est timide en plus y'a les parents, mon petit beau-papa, mon prince est l'homonyme de mon beau-père, passe se mettre sur les pieds de sa tante.
... : Excusez-moi.
Il se met débout et s'en va répondre à l'appel qu'il venait de recevoir. J'ai direct regardé Dili, ah oui sa voix ! On le suit du regard. Elle ne pouvait pas mieux tomber. Un téléphone sonne, il s'avère être aussi celui de M. Camara.
[ Oumou Marie ]
Un téléphone sonne de sur le canapé où était Moïse, je suppose que c'est le sien donc je me lève avec mon neveu dans les bras et saisis le portable afin d'aller lui remettre. Je sors du salon puis le trouve sous la véranda. Je m'avance et il était de dos. L'appel se coupa avant que je n'arrive près de lui, il était toujours au téléphone et parlait d'une douce voix comme pour dorloter.
Lui : Alors dis-moi ce que tu veux.
... : ..
Lui : Je t'apporte ça après. Ok ?
... : ..
Lui : Promis.
... : ..
Le téléphone se remet à sonner et avant que je ne l'interpelle il se tourne vers moi tout en parlant.
Lui : Moi aussi princesse. Euh maintenant soit sage. Je rentre bientôt.
Je lui tends son téléphone, il finit avec l'autre mais l'appel du second était déjà coupé.
Lui : Merci.
Je lui fais un léger sourire et retourne sur mes pas. Je m'arrête à l'entente de sa voix.
Lui : Je relance cet appel puis on y va.
- Pas de problème, dis-je avant de regagner le salon.
Dix minutes plus tard, il vint me chercher et on s'en va ensemble dans sa voiture.
Moïse : Euh au fait je sais que ce n'était pas prévu mais ça ne te dérange pas si on passe dans ma famille ?
- ...non.
J'ai déjà rencontré ma belle famille parce que je connais déjà mon beau-père et qu'on m'avait fait appel là-bas y'a deux jours, mais ma belle-mère n'y était pas, elle vient d'arriver du vieux continent avec mon fiancé vu qu'elle était chez lui. Ma rencontre officielle avec elle était prévue pour demain contrairement à ce soir.
Moïse : Merci bien.
- De rien.
Il roule encore deux minutes avant de se tourner vers moi.
Moïse : Tu ne sais pas où on peut trouver de la glace sur cette route ?
- Sur cette route ? Euh à la première alimentation qu'on trouvera, ils doivent sûrement vendre des glaces de Sandra.
Moïse : Ah je vois, merci, on s'arrêtera là-bas avant d'y aller.
- Ok.
Puis le silence régna dans la voiture et je regardais par la vitre. Je suis nulle pour lancer la conversation et lui non plus n'avait pas l'air de vouloir converser. Très vite on trouve une alimentation, il descend faire ses achats et remonte.
Moïse : C'est ma fille qui me prend la tête, elle fait des caprices.
- Je comprends bien, enfant rime avec caprice.
Moïse : Pour elle c'est pire, elle fait même des chantages émotionnelles pour avoir ce qu'elle veut s'il te plaît.
Je laisse échapper un petit rire, ils sont tellement éveillés les enfants d'aujourd'hui ! En tournant la tête, nos regards se croisent et il me fait un sourire. Je fuis son regard et baisse les yeux. Il démarre la voiture.
Moïse : Elle me contrôle cette petite, j'arrive très rarement à lui résister à mon grand age surtout quand elle me fait les yeux doux, ce n'est pas une enfant elle, elle...
Il continue à parler d'elle tout en roulant, souvent je sentais son regard sur moi et je le regardais aussi pour pas qu'il pense que je me désintéresse de ce qu'il dit alors que personne ne peut être indifférente à l'entente de tous les mots qu'il disait à propos de sa fille, limite ses yeux brillaient car un sourire rayonnait son visage dans tout son monologue puis il commença à parler de son fils. C'est la première fois que je l'entends vraiment parler comme ça. Ça se voit que c'est un père aimant. Je ne faisais que le fixer, je n'entendais même plus ce qu'il disait.
Moïse : Et toi ?
- ...euh..moi ?
Moïse : Oui. Tu aimes les enfants ?
- ..les enfants ?
Moïse : Oui les enfants.
Est-ce une question qu'on pose même ? Du coup je retrouve ma voix car ce sont mes amours les enfants.
-Qui ne les aime pas ? Pour ma part tous ceux qui n'aiment pas les enfants devraient être enfermés dans un asile. Il faut être fou/folle pour ne pas les aimer. Les enfants, c'est le bonheur même avec les cris et les coups de tête.
Moïse : J'aime bien ta manière de penser.
- C'est mon mode de vie en fait.
Moïse : Ah ! J'aime.
Je lui souris et il tourne la tête vers la route.
Moïse : Ma vie se limite à mon travail et à mes deux enfants. À part eux, tout le reste est sans importance pour moi, absolument tout.
Je le regarde et il fixait toujours la route sans aucune expression du visage. Cette déclaration en dit peut-être long.
On arrive chez eux et je le suis dans la maison, on arrive dans leur salon, y avait tonton Jo et un garçon, qui ressemble plutôt à Moïse sûrement son fils, je ne connais pas ses enfants car il m'a ni envoyé ni montré aucune photo d'eux et par oubli et manque de temps je n'ai rien cherché sur lui sur les réseaux sociaux.
Nous : Bonsoir.
Tonton Jo : Ah ma fille ! Bonsoir.
Je m'approche et prends leur main à chacun, mon beau-père m'invite à m'asseoir et je m'assieds.
T.Jo : Tu as vite retrouvé la maison Moï ?
Moïse : Oui c'était pas trop compliqué, l'explication était claire.
T.Jo : Bien alors.
Moïse : Elle est où ta sœur Isaac ?
Isaac : Avec mami dans l'autre maison.
Moïse : Ok. Viens on les rejoint.
Isaac : Non je reste avec papi.
Moïse : Comme tu veux alors.
Il partait quand son père l'interpelle.
T.Jo : Vas-y avec ta femme non ?
Moïse : J'y vais à pied.
T.Jo : C'est à deux pas d'ici. Elle t'a dit qu'elle ne sait pas marcher ?
Isaac : C'est elle que papa va épouser ?
T.Jo : Oui, c'est elle.
Isaac : Ah.
Cet "ah" était plutôt neutre, j'aurais voulu savoir ce que ce jeune garçon de 16 ans pouvait bien sous-entendre.
Moïse : On y va Marie.
Je m'exécute en le suivant. Il était bien pressé, j'essaie de tenir le rythme. Trois minutes plus tard on arrive dans la maison en question, d'où la voix d'une petite fille raisonnait.
Elle : Non papa a dit qu'il va rentrer bientôt ! Je vais pas me coucher maintenant et c'est ici que je veux rester. Hier on a dormi avec papa ici.
Moïse : C'est qui qui parle comme ça ?
Elle voit son père et vient hâtivement à sa rencontre. Je souris. Ma future belle-mère se tourne vers nous et je m'approche d'elle pour la saluer.
- Bonsoir tantie.
Tantie Odette : Bonsoir, répondit-elle intriguée.
Moïse : C'est elle, Marie.
Tantie Odette : Ah je vois. Tu vas bien ?
- Oui et vous ?
T.Odette : Bien.
Moïse : Je t'ai amené ta glace poupée.
Sa fille : Paapa ! M'appelle plus comme ça j'ai dit... surtout devant des gens.
Moïse : D'accord, je m'excuse ma princesse.
T.Odette : Elle n'est pas mal ta fiancée, Moï.
Sa fille relève la tête vers moi et me regarde un long moment. Elle tourne la tête vers son père en lui tendant la main.
Elle : Ma glace papa.
Son père la lui donne et elle se met à le regarder aussi.
Elle : Le reste c'est pour moi non ? Pourquoi tu me donnes qu'une ?
Moïse : Non je t'ai acheté qu'une, demain on ira en acheter ensemble.
Elle : Ok, dit-elle en prenant le chemin pour partir.
Moïse : Tu vas où Ana ?
Ana : Je monte.
Moïse : Ana !
Elle ne répond pas et s'en va, son père la suit. Maintenant dans le salon y'a que ma belle-mère et moi. Elle avait un sourire au coin qu'elle effaça.
T.Odette : Assieds toi.
Je m'exécute et elle commence à bien me regarder, cette famille ne fait que me regarder depuis que je suis là. Cette dernière après m'avoir scruté me pose des questions. Quand elle finit, elle s'en alla dans l'autre maison. Je me demande si je suis la bienvenue.
Après une vingtaine de minutes assise seule dans ce salon, je vois passer celui avec qui je suis censée passer la soirée. Il revient sur ses pas, sûrement parce qu'il venait de me voir aussi.
[ Moïse Camara
40 ans
Malien
Célibataire avec deux enfants
Médecin ]
Je partais à la cuisine me chercher un verre d'eau quand je m'aperçois vite fait que Marie était au salon. Je reviens sur mes pas. Sans mentir je l'avais à moitié oublié cette femme.
- Oh tu as dû t'ennuyer seule ! Désolé.
Marie : Non ce n'est pas grave.
- Ok, viens je te sers un verre d'eau.
Elle se lève et me suit dans la cuisine.
- Ça fait longtemps que ma mère est partie ?
Marie : Oui un peu.
- Ah, mais vas-y assieds toi, fais comme chez toi enfin c'est chez toi.
C'est ma maison et vu qu'elle sera ma femme c'est la sienne également, peut-être même qu'elle sera plus la sienne que la mienne. Elle s'assied je lui sers avant de me servir puis je m'installe à côté d'elle et engage la conversation, on commence à réellement converser. Ça se voit qu'elle est très réservée peut-être même trop à mon goût.
- Ah j'oubliais !
Je me dirige vers le réfrigérateur et prends deux glace. J'en avais acheté pour nous ainsi que les enfants.
- Tiens c'est pour toi.
Marie : ...mais non garde la pour les enfants.
- Je l'ai acheté pour toi donc prends le.
Je saisis sa main, elle me fixe et je place la glace dans sa main.
- Vas-y mange.
Marie : Merci.
Je me réinstalle et attaque la mienne, cette femme n'avait toujours pas ouvert la sienne.
- Tu veux que je te l'ouvre ?
Elle rigole et je lui souris. Elle dit non mais je la lui prends quand-même et la lui rends après l'avoir ouvert. Elle commence à manger.
- Comment on dit déjà ?
Marie : Quoi ?
- Ah oui je me souviens "fen min kadi denmisenni da a kadi môgôkôrôba fana da." (Ce qui est délicieux à la bouche des enfants l'est aussi à celle des adultes.)
Puis je rigole et elle fait pareil, je m'arrête une seconde et l'observe, elle a une belle bouille d'ange cette jeune femme, y'a encore de l'innocence dans ses regards et gestes. J'aime bien son physique.
- Attends !
Elle arrête de rigoler et me regarde, j'avance ma main et nettoie délicatement avec mon pouce le coin de ses lèvres.
- Y'a de la glace.
Ma main est toujours en contact avec son visage, elle relève la tête et mon regard se plonge dans ses yeux. Je retire doucement ma main en caressant son visage, elle baisse les yeux en tournant la tête. Je retire donc complètement ma main.
- Tu es belle.
Marie : ...
- Tu l'es je le répète.
Marie : ..merci.
- Tu peux me regarder tu sais. Je ne suis pas moche je crois.
Elle fait un rire timide, je place ma main sous son menton et relève sa tête.
- Je t'intimide ou quoi ? Vas-y lâche toi, je ne suis pas difficile.
... : Papa.
Je me retourne et y avait Isaac à la porte.
- Oui.
Isaac : Mami dit qu'elle t'appelle mais tu ne réponds pas.
- Ah oui, mon téléphone est en haut.
Isaac : Pour une fois qu'il n'est pas dans tes mains.
- Toi ne recommence pas.
Isaac : J'ai rien dit pff.
- Bref, je vais le chercher. Attends moi Marie.
[ Oumou Marie ]
Moïse : Bref, je vais le chercher. Attends moi Marie.
- Oui.
De toute façon où vais-je aller ? Il s'en va et son fils s'avance vers moi et se met à me regarder aussi, je dépose ma glace.
Isaac : T'es pas jeune pour mon père ?
Surprise par sa question avant que je ne réponde il prit la parole de nouveau.
Isaac : Enfin ça ne me regarde pas, c'est ton choix. Donc on doit t'appeler comment ?
- C'est comme tu veux. Tu veux m'appeler comment ?
Isaac : Ça te dit si je t'appelle "la femme de mon père" ?
J'ai fait les gros yeux, ah oui c'est comme ça.
Isaac : Tu vois que c'est pas comme je veux, dit-il en rigolant.
- En fait tu es un taquineur.
Isaac : Hum il se peut. Bref prise de contact fait et le résultat est plutôt bon.
Je rigole. À première vu c'est un garçon qui s'en fout de tout vu comment il me regardait.
Isaac : Mais crois pas que le tout est gagné. Tu as l'air juste sympa donc j'ai vérifié, la suite on verra.
- Ok, on verra.
Isaac : Si on a le temps bien-sûr.
- Pourquoi ?
Isaac : On retourne la semaine prochaine avec ma sœur, c'est la rentrée pour nous.
- Ah je vois. Vous ne serez pas là pour le mariage alors ?
Isaac : Non. Espérons que le marié aussi soit présent !
- ...
Isaac : Je plaisante. Tu peux rigoler.
Il se retourne pour partir puis il s'arrête un moment.
Isaac : En fait pourquoi tu veux te marier avec papa ?
- ...
Est-ce que je suis consciente de la réponse à cette question ?
Isaac : Quel idiot je fais ! Tu dois l'aimer.
Pour l'instant ça serait tôt, on ne se connaît pas. Il n'a pas été avec moi quelqu'un qu'on peut détester mais je ne crois pas non plus avoir des sentiments pour lui.
Isaac : Lui par contre il n'aime personne, il semble inhumain je te dis. J'espère pour toi que ça serait différent car c'est un égoïste cet homme.
- ...
Isaac : Je ne blague pas cette fois-ci.
Je le regarde partir. Que dois-je comprendre ici ?
Une minute plus tard Moïse vient avec sa fille sur le dos qui rigolait avant de me voir.
Ana : Ah elle est toujours là elle !
Moïse : Tu arrêtes toi.
Ana : Bref désolée.
Moïse : Viens on va partir. On te raccompagne ensemble.
- Ok.
Moïse : Et je vais me rattraper sur cette soirée.
***
Il s'est rattrapé et pas que sur cette soirée mais sur tous les points, on discute plus ensemble au téléphone, il ne prend plus d'éternité pour répondre aux messages et il est bien plus aimable quoique je m'aperçoive souvent qu'il n'est pas totalement intéressé ou peut-être c'est parce que j'ai du mal à le saisir, à saisir son caractère. Des semaines se sont passées et il m'a rendu plutôt contente de me marier avec, il me donne envie de partager ma vie avec lui bien qu'il soit assez mystérieux enfin je ne suis pas loin de l'être aussi vu que je ne laisse rien paraître. J'ai fêté mes 29 ans et lui ses 41 ans, il se trouve que le lendemain de mon anniversaire est le sien donc il m'a invité et on les a fêté ensemble. Il est maintenant assez gentil pour moi.
***
Cette fois il n'y a plus de retour en arrière, notre acte de mariage vient d'être signé à la mairie il y'a plus de deux heures. Nous sommes à la réception, au déjeuner, moi seule sur la table d'honneur, mon mari entrain de discuter ça et là, les deux autres mariés (le cousin de mon mari et sa femme) ensemble dans les bras de l'un et de l'autre entrain de faire le tour des tables. Je m'ennuyais vite fait à vrai dire quand Farida, mon amie vint à mes côtés.
Farida : T'es bien pensive hein madame Camara.
- Mais non.
Farida : Mais si. Tu fais quoi même seule ? Vas-y près de ton mari non ?
- Je suis fatiguée.
Farida : Fatiguée ? Ça n'a même pas commencé.
- Sérieux, je veux aller même à la maison, me reposer avant la cérémonie du kounkoli.
Farida : Je ne te connaissais pas si paresseuse hein enfin juste un peu. Bon bref on se lève puis tu rejoins ton homme.
Elle me traîne avec elle, on part rigoler avec quelques membres de la famille et des amis puis elle me pousse à aller rejoindre Moïse. Il était avec quelqu'un que je pense reconnaître enfin je le reconnais on s'est salué et il s'est avéré être le cousin de Moïse. Il me sourit.
Moïse : Oui ?
- ..non rien.
Il se penche et me parle à l'oreille.
Moïse : Tu n'as pas besoin de me coller enfin de venir à moi car je le ferai tout seul si besoin attends donc ce soir.
Il finit en souriant et je ne savais plus quoi dire ni que penser de lui ou de ses mots.
... : Moïsé tu sembles bien heureux hein ! Je comprends aussi, c'est l'effet Marie.
Je tourne la tête vers Kassim, toujours perdue par Moï.
Moïse : N'est ce pas que vous vous connaissez vous ?
Kassim : Oui oui, on était dans le même lycée.
- Je retourne m'asseoir.
Moïse : Oui vas-y.
***
De mes premiers approches avec lui jusqu'au jour du mariage je devais comprendre que cet homme n'avait pas trop de temps pour moi, comme il l'avait dit son travail et ses deux enfants sont ce qui importent pour lui. Je l'ai compris quand après notre nuit de noce, après être devenu sa femme dans tous les sens du terme, deux jours plus tard soit le troisième jour de notre kôgnôso en plein jour même, il prit un billet d'avion pour quitter le pays disant pour une urgence. Il m'a en quelque sorte abandonner dans la chambre nuptiale. Cela fait maintenant quatre semaines que je suis installée chez mon mari, et durant ces semaines il m'a appelé que deux fois. Mon beau-père même ne sait plus comment me faire face, il pensait que son fils était de retour pour un long moment. Ma belle-mère après m'avoir accueilli dans ma maison pour juste être présente pour les minansiri et les tilé tan ni duru est repartie rejoindre son fils. En tout, en un mois et une semaine de mariage aucune célibataire n'a rien à m'envier. Ça en valait peut-être la peine que je me marie avec lui ? Cet homme s'en fout de moi, même après m'avoir fait sienne, il ne culpabilise même pas. J'aurais peut-être dû refuser cette prochaine demande. Pourquoi a-t-il demandé à son père de lui trouver une femme pour l'abandonner ?
Devant tout le monde je continue d'avoir mon visage souriant alors qu'à l'intérieur cette situation me dépasse car il fallait mieux que je reste célibataire que d'avoir été séduite, charmée par un mari que sur papier pour finir avec un vide car je commençais à avoir des sentiments pour ce type. Épouser une femme et partir sans donner signe de vie, voilà que ma vie est devenue plus triste que je ne l'imaginais. De tel mariage devrait cesser !
[ Eva Madina ]
- Arrête de courir !
Ce petit, il ne fait que courir dans toute la boutique. Il veut me faire courir aussi mais il a intérêt à arrêter avant que je ne m'énerve vraiment, j'ai déjà fini mes achats, Dili m'attends chez elle et lui il fait des bêtises tchrr. Je me précipitais à sa poursuite quand je fonce sur un homme. Il me rattrape faisant que sa main se pose sur mon ventre.
L'homme : Attention !
À l'entente de cette voix qui me semble un peu familière je relève la tête et vois quelqu'un que j'aurais voulu ne pas croiser. Il me regarde intensément et je retire direct sa main de sur mon ventre et m'éloigne. Ce dernier m'attrape par la main.
... : Attends Eva !
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