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Douleurs et plaisirs

Douleurs et plaisirs

Auteur:: SAPHIR
Genre: Romance
Que faire quand douleurs et plaisirs s'en mêlent, tel un cocktail 🍹 molotov ?

Chapitre 1 Chapitre 01

Partie 1 :

- Maria ! Maria !

Des pas rapides, puis la porte s'ouvre sur une femme brune, rondouillette, très avenante et souriante.

- Madame, vous m'avez appelée.

- C'est prĂŞt ou pas ?

- Oui, madame.

- Mon époux n'aime pas boire l'eau du robinet.

- J'ai renouvelé le stock de bouteilles Tangui.

- Et les fromages, il aime les fromages.

- J'ai acheté du Bleu.

- Oui, celui qui sent fort.

- Oui, madame.

- As-tu acheté le follon , comme demandé ?

- Oui, madame.

- Pour le poisson, mon mari n'aime pas le maquereau.

- Oui, madame.

- Il dit qu'il a le gout du poisson sur lequel, on a uriné.

- Oui, madame.

- Le thé.

- La cassette est pleine.

- C'est bien. Je vais me changer.

Sans un regard pour elle, je me lève, lisse machinalement les plis de ma robe en satin et allonge le pas, remerciant au passage, le couple ONDO, mes parents pour la transmission de leur plus beaux gènes. J'ouvre la porte de ma chambre, m'arrête au seuil et souris en regardant le luxe synonyme de confort.

J'avance à petits pas, profite de la vue, tends la main et touche les draps en satin. Je souris bêtement, contourne le lit et frôle la statue MING aux pieds de mon lit. Je souris rêveusement, me redresse et m'apprête à m'asseoir lorsque mon téléphone clignote.

- Oui, André.

- Nous avons un souci.

Je me mords les lèvres, je déteste cette phrase. A chaque fois que je l'entends, cette phrase, je crois avoir des aigreurs d'estomac.

- Combien ?

- 1 500 000 fcfa.

- Demain.

- Comme d'habitude ?

- Oui.

Je raccroche, tire sur la fermeture-éclair de ma robe que je laisse choir sur le sol dans un bruit mat. Quelques minutes plus tard, en regagnant mon immense salle de bain, mes sous-vêtements vont tenir compagnie à la robe.

- Bien.

Je souris en rentrant dans le bain, pensant à Marie, ma dame de ménage. En deux ans, elle ne m'a jamais déçue. En quelques mois, elle a su s'adapter à mon mode de vie et prévenir mes moindres désirs. Le temps de m'installer et fermer les yeux, un bruit et quelques secondes plus tard, ma porte couine ; un seau à champagne et une flute en cristal, apparaissent.

- Merci Marie.

- De rien, madame.

Elle tourne les talons. Elle a la main sur la poignée de la porte, lorsque je m'en souviens.

- Au fait, ta fille.

- Elle a accouché, madame.

- Quand ?

- Il y a de cela un mois.

- Excuse-moi, j'avais complétement oublié.

- Ce n'est pas grave.

- Regarde dans mon dressing, derrière la porte coulissante.

- Oui, madame.

- Le trolley rouge.

- Je ne comprends pas.

- C'est pour ta fille.

- Merci madame.

- Dans le tiroir de ma table de chevet, la deuxième enveloppe.

- Je ne peux pas accepter, madame, c'est trop.

- Marie, tu es plus qu'une dame de ménage pour moi et tu le sais.

- Merci madame.

Elle s'en va et rouvre la porte deux minutes plus tard.

- Euh...madame.

- Oui, Marie. Qu'y a-t-il ? Dis-je en vidant le contenu de ma flute.

Elle rentre et baisse automatiquement les yeux.

- Je suis certes ta patronne mais loin d'être ton égale. Je dois avoir l'âge de ta fille.

- Je t'ai toujours remerciée pour cela.

- Qu'y a-t-il ?

- C'est mon retour après une semaine.

- Je n'y vois aucun souci, Marie.

- Madame, j'ai laissé trainé mes oreilles.

- Et ?

Le vrombissement de la voiture nous oblige à observer silence, durant quelques instants. Marie quitte la pièce sans un mot. Je secoue la tête et me souviens avoir une lueur dans son regard. Je ferme les yeux et profite de mon bain à remous.

TOC...TOC...TOC...

- Oui, entrez !

- Je te cherchais.

- Je suis lĂ . Je ne t'attendais.

- Je sais, je sais.

- Que s'est-il passé ?

Il se penche et m'embrasse langoureusement et pose son mobile sur la petite table de la salle de bain. Mes tétons durcissent et mes mains tire machinalement sur la fermeture de son pantalon. En quelques secondes, il est nu et me rejoint dans la baignoire. ...Et ce qui devait arriver, arriva.

UN QUART D'HEURE PLUS TARD...

Son mobile sur la table de chevet vibre, je fais celle qui n'entend rien. Il se retire, contourne le lit et décroche. Un coup d'œil furtif vers moi, je détourne le regard et le laisse filer à la salle de bain.

- Humm...Les hommes, de vrais chiens.

Je prends une robe en coton rayé, sans manches et encolure dans mon dressing-room, après avoir passé la crème.

- Excuse-moi pour tout-Ă -l'heure.

- Pas besoin de te sentir coupable, Edouard. Le boulot, je suppose.

- Euh, oui, oui, le boulot.

- Humm.

- Bébé, je promets te consacrer plus de temps à mon retour.

- Comment ça ?

- Je dois repartir.

- Comment ça ?

- Une mission.

- Tu viens à peine d'arrivée, Edouard.

- Ecoute, ne rends pas les choses plus compliquées.

- Edouard, quand restes-tu Ă  la maison t'occuper de ta femme et ta fille ?

- Le luxe dans lequel tu vis, a un cout.

- Humm.

Je me parfume, me rends en cuisine et demande Ă  Marie de me faire un plat. Je vais prendre place sur les chaises en rotin, dans le jardin et mange dans le calme.

- Chérie, fait-il quelques secondes plus tard.

- ...

- Pardon mais il faut que je m'en aille.

- ...

- Je reviens bientĂ´t...Dans deux semaines...

- ...

- Je vais en mission en France, pour deux semaines...Je reviens bientĂ´t.

- ...

- Je t'aime.

Il me prend le plat des mains et le pose sur la table. Je lève les yeux vers lui. Il se penche, veut m'embrasser, je tourne la tête. Il se redresse, me regarde dans les yeux et s'en va. Je fais un rapide sms et elle débarque une demi-heure plus tard.

- Eeeeeeeh, madame le Percepteur Général.

- C'est Edouard, le Percepteur Général de Douala.

Elle m'embrasse, s'assied et termine mon plat.

- Encore toi, Isa. Tu arrives et termines, sans demander mon avis.

- Aka, fiche-moi la paix ! Je suis chez moi ici et si tu t'amuses mĂŞme, je te pique ton gars.

- Sa mère ne l'a pas circoncis pour moi.

- La preuve, la, photo de son kiki se balade dans tout Yaoundé.

- Lui, il est surement né à 5h du matin.

- Ha ha ha ah tu es folle.

- Ma chérie, tu as bien entendu parler de la position de 5h du matin.

- N'est-ce pas ? Tu es folle, Isa.

- Pas plus folle que toi. Au fait, où est ta moitié ?

- Marie !

Elle arrive moins de trente secondes plus tard.

- Un plat pour Isa et du vin blanc.

- De suite, madame.

- Merci Marie, dit Isa en souriant.

Ella a à peine tourné le dos qu'Isa se tourne vers moi.

- Ma chère, j'ai un nerveux japap pour toi.

- Franck a demandé que je lui fasse un enfant.

- Euille ! fais-je en ouvrant grandement les yeux.

- Je te dis.

- Il est marié, Isa.

- Et puis quoi ?

- Isa, il faut quitter derrière les problèmes.

- Je n'ai appelé personne. Je n'ai dragué personne.

- La solidarité féminine, Isa.

- Quelle solidarité ? Si elle ne garde pas bien son mari, est-ce de ma faute ?

- Isa, tu vaux mieux que cela.

- Raison pour laquelle, ton mari se balade, le phallus sur la main dans tout Yaoundé.

- Isa,

- Isa, quoi ?

Marie arrive, installe une table en rotin entre nous, s'en va et revient rapidement avec un plat. Je soupire m'adosse et l'observe en silence.

- Désolée, ma chérie.

- ...

- Tu sais, je n'ai jamais eu de chance avec les hommes. A chaque fois que j'ai cru à une relation sérieuse, ils se sont toujours servis de moi.

- Je sais. Isa, tu devrais arrĂŞter ce cycle infernal.

- Je verrais. Laisse-moi manger et accompagne-moi.

- OĂą ?

- Tu verras.

- Humm, Isa.

- Non, ce n'est pas un plan foireux.

- Humm.

- Où est ton époux.

- Sur la route de l'aéroport.

- Encore, fait-elle en levant les yeux.

- Oui. Mission de deux semaines en France.

- Tu peux dormir chez moi.

- Ouais.

- Bien.

DEUX HEURES PLUS TARD...

- Mimi, je te présente mon homme, Franck.

- Ravie de faire votre connaissance, Franck.

- Franck, je te présente, Mimi, ma copine.

- Miranda, dis-je en corrigeant.

- Excuse-moi ma belle, Miranda.

- Enchanté, Mimi. Pourrait-on faire fi du protocole ?

- Bien sûr, fais-je en souriant.

Un signe de la main et un serveur vient déposer un seau à glace devant nous. Il ne fait pas dans la bagatelle, 3 bouteilles de champagnes grand cru, deux bouteilles de whisky et le reste.

- Merci bébé, dit mimi en posant la main sur la cuisse de son homme.

Je prends le verre tendu par le serveur, intercepte le regard de Franck et souris.

- Bébé, merci pour la table ; Isa dépose un baiser sur sa joue.

- Merci, Franck. Dis-je en prenant une gorgée de champagne.

- Franck que l'on voit à la télévision est différent de celui dans l'intimité, lâche Isa.

- Il est vrai que le personnage public semble arrogant et froid mais ce n'est qu'une image ; il me fixe encore.

- Je comprends, Franck.

Je pose mon verre sur la table et récupère mon sac sur la table-basse.

- Excusez-moi, une envie pressante.

- Prends ton temps, mimi.

- Ok, Isa.

Je me presse et sens un regard glisser sur mon corps. Je rentre dans les toilettes, remplis la petite bouteille qui ne me quitte jamais et rentre dans un des box. Je fais ma petite affaire, me rince, vais laver mes mains et rejoins la table. Isa n'y est pas, je regarde Ă  gauche et Ă  droite, mais ne la vois pas.

- Si tu cherches Isa, elle échange avec une de ses cousines à l'extérieur.

Il s'assied près de moi, trop près et posa sa main sur mon épaule.

- Je n'aime pas qu'on me touche.

Je recule jusqu'au fond du canapé, il se rapproche et pose la main sur ma cuisse.

- Tu vaux mieux qu'Isa. Tu es fraiche, belle et intelligente.

J'enlève sa main, me lève et récupère mon sac-à-main. Il pose la main sur ma fesse. Je vois rouge, me retourne et le gifle.

- Que se passe-t-il ici ? Demande Isa.

- Ton mec est un crétin !

- Désolé, je crois avoir bu un coup de trop.

Je quitte la salle et compose le numéro de ma mère dans la voiture.

- Je n'arrive pas Ă  l'avoir, maman.

- Elle dort déjà. Elle est épuisée.

- Je vois.

- Quand comptes-tu arranger la situation ?

- Maman, laisse-moi encore du temps.

- Cela fait 4 ans, Miranda.

- Je sais, maman.

- Tu devrais savoir où sont tes priorités, ma fille.

- Je sais, maman.

- En plus de t'occuper de ton enfant, tu devrais aussi penser à gérer ta famille.

- Maman, je le fais déjà. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai terminé les 5 millions qu'il fallait pour le concours à l'ENAM de Jao. J'ai aussi envoyé le million pour l'ESSEC de Marina.

- Je sais et moi ? Tu oublies que je m'occupe de la petite.

- Je t'envoie 250 000 chaque mois pour les dépenses de la maison, paie tes factures de courant et d'électricité.

- Je sais mais ce n'est pas suffisant.

- Maman, je ne peux pas faire plus.

- J'ai besoin de brésiliennes, d'une tenue entière et,

- Pourquoi ?

- Ma copine se marie avec un blanc dans deux semaines.

- Maman,

- Je me suis sacrifiée pour vous après le départ de votre père. Je me suis empêchée de vivre. J'aurais pu faire comme d'autres femmes, vous laisser au village et aller me chercher en Europe. Je serais aujourd'hui mariée à un blanc.

- Maman,

- Non, Miranda. Je ne demande pas trop. Renvoyez-moi maintenant l'ascenseur.

- Maman, je ne suis pas ton seul enfant et pourtant, je m'occupe de toute la famille depuis des années.

- Tu peux faire plus.

- Maman,

- Edouard t'a installée chez lui, pourquoi ?

- Maman,

- Avec ta beauté, tu aurais pu épouser un ministre mais as choisi aller vivre chez lui.

- Maman, je ne travaille pas.

- Tu comprends pourquoi je t'avais demandé de refuser sa demande en mariage. Tu aurais eu la possibilité de gérer plusieurs dossiers à la fois et de maximiser.

- Maman,

- Aujourd'hui, je ne vivrais pas dans cette bicoque.

- La bicoque de bastos avec tout le confort possible.

- C'est le moins que tu puisses faire pour ta maman. J'ai sacrifié ma jeunesse pour vous et souffert plus de neuf heures pour que ta grosse tête sorte de mon intimité. J'ai eu une épisiotomie et,

- Maman, j'ai compris. Cela fait 4 ans que tu as 250 000 fcfa tous les mois sans compter les enveloppes d'Edouard et les miennes.

- Ce n'est pas parce que tu donnes que je dois te rendre compte de comment je gère.

- Si tu n'es pas contente, viens donc la récupérer.

- Maman,

Elle raccroche. Je soupire et démarre en secouant la tête. Ma vie est en chantier depuis quelques années. J'ai quitté les bancs en classe de troisième, après le troisième échec à l'examen. J'ai préféré faire la vie et m'occuper de mes frères, pendant que ma mère était en vadrouille dans tout le Cameroun, à la recherche du bon gars. A 22 ans, il ne serait pas abusé de dire que j'ai une vie remplie.

LE LENDEMAIN MATIN...

TOC...TOC...TOC...

- Quoi encore ?

Je tire la couette, m'y enfonce, ferme les yeux et les rouvre lorsque je reconnais la voix de Thérèse.

- Qui es-tu pour m'empĂŞcher de rentrer dans la maison de mon fils ?

- Thérèse, il ne

- Qui t'a donné l'autorisation de m'appeler par mon prénom ? Depuis quand une domestique peut appeler la mère du patron par son nom ?

- Pardon, madame.

- A son retour, tu seras virée !

- Pardon madame.

- Aka dégage d'ici ! Où est la fainéante et avorteuse femme de cette maison.

- Elle dort encore.

- Elle dort qu'elle fait mĂŞme quoi dans cette maison ? Depuis qu'elle est ici, incapable de donner un enfant Ă  mon fils.

- Madame, vous ne pouvez pas entrer.

- Aka, dégage !

Des pas rapides et ma porte s'ouvre à la volée.

- Miranda, sors de lĂ  !

Merde ! Il a fallu que je tombe sur une femme comme elle. La porte couine. Merci Seigneur, elle est repartie. Je me rendors et suis réveillée quelques minutes plus tard par un vent froid sur mon corps, suivi d'un jet d'eau glacé.

- Mon Dieu ! Tu n'as pas le droit.

- J'ai tous les droits dans la maison de mon fils.

- Je suis aussi chez moi, maman.

- Tu sers Ă  quoi dans cette maison ? Depuis 4 ans que tu manges l'argent de mon fils avec ta famille, tu nous sers Ă  quoi ?

- Maman, c'est Dieu qui donne.

- Quel Dieu qui donne ? Dis plutôt que tu as passé le temps à avorter et maintenant, tu es incapable de donner un enfant à mon fils.

- Maman,

- Ne m'appelle plus maman, je ne suis pas la mère des avorteuses !

Je me lève en tremblant et me frottant les mains. Elle se rapproche de moi, se penche, fronce les yeux et se pince le nez.

- Tu as bu, la veille. Tu es dans un foyer et dès que mon fils n'est plus là, tu sors faire la fête avec ta pute de copine et reviens saoul.

- Isa fĂŞtait,

- Eh eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeh je ne veux pas avoir avec qui tu étais ! Je ne veux pas savoir avec combien d'hommes tu as couché.

- Je ne te permets pas.

- Tu ne me permets pas quoi ? Tu es une pute et une roulure.

J'ai les larmes aux yeux.

- Ce n'est pas parce que je n'arrive pas donner un enfant à ton enfant que tu dois me traiter de cette façon.

- Qui es-tu pour me donner une leçon ?

- Ta fille.

- Je ne suis pas la mère des prostituées. Toutes mes filles sont des intellectuelles, de même que mes fils. J'ai toujours dit à Edouard que ne lui correspondais pas.

- Maman, tes filles ne se sont pas mariées vierges.

PAF !

- Ne parle plus jamais de mes filles !

J'arrĂŞte ma joue et la regarde, surprise par son aplomb.

- Heureusement que mon fils a compris son erreur et commencer à m'écouter.

- ...

- Le week-end dernier, il doté la fille de ma collègue, avocate.

Je crois avoir mal entendu et ferme les yeux durant quelques secondes, le temps pour l'information de faire son chemin.

- Ils sont allés se reposer en Egypte pour deux semaines.

- ...

- Tu as la chance que mon fils veuille toujours t'épouser mais comme deuxième femme.

- ...

- Tu as intérêt à te ressaisir et être droite sinon je te foutrais à la porte !

Elle quitte la pièce en pestant, je m'assieds sur le lit gorgé d'eau.

Chapitre 2 Chapitre 02

Partie 2 :

- Mimi ! Mimi !

- Elle n'est pas encore levée.

- Mama Marie, ça ira, ne t'inquiète pas.

La porte s'ouvre, des pas dans la pièce, un filet de lumière dans la pièce et la couverture qui disparait. J'ouvre els yeux et protège mes yeux, des mains.

- Qu'y a-t-il ?

- Bin bin beck ! Qu'y a-t-il de quoi ?

- Isa, le bruit !

- Aka mouf ! Quel bruit ?

- Tire les rideaux, s'il te plait.

- Non.

- Tsuippp !

Je me redresse, m'assieds, ouvre les yeux et les habitue à la lumière du jour.

- Cela fait 3 jours que n'arrive pas Ă  t'avoir.

- Je n'avais envie de voir personne.

- Depuis quand ?

- Isa, ce n'est pas le moment.

- Mimi, que t'arrive-t-il ?

- Rien.

Je descends du lit et me dirige vers la salle de bain, lorsqu'elle m'attrape par le bras.

- Mimi,

- Quoi, Isa ?

- Regarde-moi, Mimi ! Regarde-moi !

Elle tire tellement sur ma main que je me retourne.

- Quoi, Isa ?

- Tes yeux sont enflés...Comme si tu avais pleuré.

- ArrĂŞte de dire des bĂŞtises, Isa.

- Pas à moi, Mimi, pas à moi ! J'ai tellement eu le cœur brisé que je sais reconnaitre une personne qui souffre.

- Non, Isa.

- Mimi.

- J'ai mal Ă  la tĂŞte, s'il te plait.

Elle me lâche à contre-cœur. Je vais m'enfermer dans la salle de bain, m'assieds sur le trône et ferme les yeux, durant quelques minutes. J'a l'impression de rêver ou être spectatrice de ma vie. D'un coup, tout me revient en mémoire. Les larmes qui ne sont jamais loin, resurgissent. Je laisse couler puis els essuie avec rage.

- Mimi ! Mimi ! Tambourine Isa sur la porte.

- Lâche-moi, un peu !

- Ok.

Je fais couler un bain, m'y prélasse et finis par perdre la notion du temps. La froideur de l'eau, m'oblige à quitter la baignoire et enrouler une serviette autour de moi. En rentrant dans la chambre, je ne trouve personne. J'ouvre la porte menant au couloir.

- Isa ! Isa !

- Partie, madame. Répond Marie.

- Ok.

Je ferme la porte et m'assieds sur le lit. Machinalement, je me tourne vers la table de chevet et regarde mon mobile, aucun appel ni message d'Edouard. Je l'imagine en train de lui faire l'amour. Mon cœur se serre, la douleur que je ressens est intense.

TOC...TOC...TOC.

- Oui, Marie, entre.

- Ce n'est pas Marie, c'est maman.

- Ah ok. Bonjour maman.

- Bonjour Mimi.

- Comment vas-tu ?

- Bien, merci et toi ?

- Ca peut aller, merci.

- Marie m'a dit que tu n'es pas sortie de la chambre depuis 3 jours.

- J'étais malade.

- Ah bon ?

Elle touche ma joue et observe.

- Ce qui tendrait Ă  justifier la trace de la main sur ta joue ?

- Maman, ne va pas chercher des problèmes où il n'y en a pas.

- Humm, Mimi. Depuis quand me caches-tu des choses ?

- Je ne te cache rien.

Je me lève, me passe la crème et m'habille dans un silence. Ma mère m'observe et la connaissant, elle est comme un pitbull et ne lâche jamais sa proie.

- Mimi, que se passe-t-il dans ta vie ?

- Edouard a doté une autre femme, il y a de cela une semaine. Ils sont en Egypte pour un voyage en amoureux.

- Eukieeee, d'oĂą sors-tu encore cela ?

- Thérèse, elle-même, me l'a dit ?

- Comme ça ?

- Oui, comme ça.

- C'est la responsable de la trace sur ta joue ?

- Il n'y a aucune trace sur ma joue, maman.

- Humm.

- Maman, s'il te plait.

- Humm.

- Allons déjeuner.

- Avant de partir, j'ai besoin d'un parfum.

- Maman, cela fait à peine 3 mois que je t'ai donné 3 parfums de luxe.

- C'est fini.

- Fini, comment ?

- Mes copines ont pris et j'ai aussi utilisé.

- Maman, tu ne sais pas comment je saignes pour avoir ces parfums.

- Ton mari a l'argent.

- Regarde oĂą tu sais.

Je quitte la chambre, vais prendre place dans l'immense salle à manger et fais signe à Marie. Je prends la télécommande et pianote l'esprit ailleurs. Marie apporte le nécessaire du petit-déjeuner, je mange en regardant la télévision sans la voir.

- J'ai besoin de 300 000 fcfa, dit ma mère en s'asseyant.

- Maman, tu ne vas pas recommencer.

- J'ai besoin d'argent.

- Je t'ai donné l'argent du mois et plus.

- Je n'ai plus rien.

- Maman, je ne peux rien pour toi.

- Tu vas laisser ta mère mourir de faim ?

- Pas de chantage, maman, cela ne marchera pas.

- Après tout ce que j'ai fait pour toi ?

Je lève la main et la regarde dans les yeux.

- Maman, en 4 ans j'ai fait trop de sacrifices pour gaspiller l'argent comme ça.

- Chacun son tour chez le coiffeur.

- Maman, tu exagères.

- De quel droit, me parles-tu sur ce ton ? C'est l'argent de ton mari qui te monte Ă  la tĂŞte ?

- Maman, excuse-moi.

- Tu dois t'occuper de la famille parce que c'est toi le chef de famille, après moi.

- Justement maman, tu m'as longtemps abandonnée tes responsabilités.

- Que voudrais-tu que je fasse, ma fille ?

- T'occuper de tes enfants, jouer ton rôle de mère.

- C'est ce que je fais.

- Non, maman. Je devrais pouvoir m'appuyer sur toi mais je ne peux pas.

- Si, tu peux.

- Non, maman.

- Mimi, si tu ne peux me faire confiance, Ă  qui le feras-tu ?

- Je me débrouillerais.

- Tu sais pertinemment que ta copine, Isabelle, n'est pas digne de confiance.

- Maman, depuis que je la connais, elle ne m'a jamais déçue.

- Le sang reste le sang, Mimi.

- Maman, oĂą en es-tu concernant ce que tu sais.

- La femme m'a demandé d'attendre un peu.

- Attendre quoi ? Cela fait deux ans que j'ai donné 10 millions à cette femme, comme demandé.

- Mimi, ces choses prennent du temps.

- Un titre foncier ne prend pas autant de temps.

- Mimi, fais-moi confiance.

- Maman, j'irais au cadastre voir ce qui ne va pas. Puis-je avoir le numéro de téléphone de ton contact ?

- Je ne l'ai pas dans mon mobile mais l'ai noté quelque part à la maison.

- Maman, voilĂ  ton mobile.

- Tu sais comment je suis avec les mobiles, je les perds Ă  tour de bras.

- Envoie-moi son numéro, une fois à la maison.

- Ok.

- J'irais voir la dame du terrain, demain.

- Cela ne servira Ă  rien.

- Pourquoi ?

- Elle n'habite plus lĂ -bas.

- Comment ça ?

- Elle est rentrée dans son village.

- Humm. Et son numéro de téléphone ?

- Je vais te l'envoyer ?

- Ok.

- Huhum. Fais-moi confiance, ma chérie.

- Humm.

- Je sais, Edouard ne doit rien savoir.

- C'est mieux. Maintenant, mange.

- Merci.

- Maria ! Maria !

Deux minutes plus tard, elle apparait.

- Apporte des cerises pour ma mère, s'il te plait.

- Oui, madame.

- Merci Marie, dit ma mère.

Nous mangeons en silence durant quelques minutes.

- Comment va ton chéri ?

- Quel chéri, Mimi ?

- Marc.

- Quel Marc ? Ce n'était pas Marc mais Fernand.

- Oui, oui, Fernand. Comment va-t-il ?

- J'ai étudié son cas et l'ai viré.

- Pourquoi ?

- Toujours prêt à ma grimper dessus mais plus foiré qu'un rat d'église.

- Humm.

- Ouiiiiii n'est-ce pas je lui ai parlé du projet de la maison.

- Je ne comprends pas.

- Je lui ai demandé de me trouver l'argent pour acheter un terrain, il m'a dit qu'il n'a rien.

- Tu l'aimes ou pas ?

- C'est l'argent qu'on mange ?

- Maman, tu ne changeras jamais.

- J'ai un autre. Il est beau et friqué mais,

- Il est marié.

- Maman !

- Et ca arrĂŞte qui de nos jours ?

- Il doit avoir de grands enfants maman.

- Aka Mimi, je n'ai appelé personne. S'il m'achète une parcelle et la mets en mon nom, est-ce mauvais ?

- Non.

- S'il est marié sur la communauté des biens, sa femme pourra récupérer.

- Elle n'en saura rien.

- Comment ?

- Je vais voir quelqu'un pour un travail, il va manger dans ma main.

- Humm.

- Si tu l'avais fait, Edouard ferait aujourd'hui tes 4 volontés.

- Maman, l'amour ne se force pas.

- Tant que tu ne reverras pas tes ambitions Ă  la hausse, les hommes te verront toujours comme leur tapis.

- Humm.

- Mimi, concernant Edouard, maintenant qu'il a doté une autre femme, il va falloir jouer serré.

- ...

- Il vous a doté toutes les deux. Maintenant c'est à qui se fera remarquer, qui se fera appeler madame.

- Je ne me battrais jamais pour un homme.

- Et pourtant, tu devrais.

- ...

- Dis-moi que tu n'as rien vu venir.

- Je savais qu'il avait une maitresse, comme toujours, mais rien de sérieux.

- Quelle a été ta réaction ?

- J'ai fait comme tu m'as appris, celle qui ne voit pas.

- ...

- A chaque fois qu'il me trompait, je mettais mes genoux au sol et priais pour que le Seigneur touche son cœur. Je me faisais plus belle maitrisais toutes les positions du kamasutra mais cela n'a rien changé.

- Un tour au village et on le rendrait droit.

- Non, maman, pas de maraboutage.

- Tu sais que le maraboutage ne marche que s'il y a déjà l'amour ?

- Maman, je n'en veux pas.

- Ok. Que vas-tu faire Ă  son retour ?

- Discuter avec lui.

- Moi Ă  ta place, je me tairais et tirerais le maximum.

- Non, maman.

- Voilà ce qui différencie la nouvelle génération de l'ancienne. Nos mamans savaient s'armer de patience et manœuvrer afin d'avoir tout ce qu'elles voulaient.

- Maman, non.

- Je t'ai donné mon avis. C'est à toi de décider.

- Huhum.

- Connaissant ton caractère, vas-y doucement avec ton homme.

- Ok.

- As-tu de ses nouvelles ?

- Non.

- As-tu essayé de le joindre ?

- Oui.

Son mobile sur la table, vibre. Elle décroche et sourit en écrivant.

- Je vais y aller, Mimi.

- Ok.

- Avant de prendre toute décision, n'oublie pas que le bien-être de la famille repose sur tes épaules.

- Humm, maman.

- Au fait, quand comptes-tu changer de véhicule ?

- Pourquoi ?

- J'aimerais récupérer ton véhicule. Demande à Edouard de t'en acheter un autre.

- Maman, cela fait un an qu'il me l'a acheté.

- Débrouille-toi !

Elle se lève, récupère son sac-à-main sur la table et s'en va. Je vais devoir occuper mon temps libre avec le sport et d'autres activités.

DIX JOURS PLUS TARD...

Je suis entrain de me faire les ongles, lorsqu'Edouard fait son entrée. Je ne bouge pas et fais mine d'être absorbée par ce que je fais.

- Miranda, chérie, tu pourrais quand même venir m'accueillir.

- ...

- Ne me dis pas que tu boudes encore.

- ...

- Je sais, je revenais Ă  peine.

Il s'avance vers moi, s'approche et se baisse pour m'embrasser. J'évite ses lèvres et recule.

- Miranda, qu'y a-t-il chérie ?

- ...

- Tu m'as manqué ?

- ...

- Mes bagages sont encore devant la porte.

- ...

- J'ai faim, Miranda.

- ...

- Ca doit être très grave pour que tu ne me répondes pas.

- ...

- Ok, je vois.

Il s'en va, je soupire, termine et vais dans le jardin profiter du soleil. Maria m'apporte un verre de vin. Edouard me rejoint un quart d'heure plus tard, rasée et aussi frais qu'un gardon.

- Et si tu me disais, pourquoi tu boudes.

- ...

- Miranda, chérie.

- ...

- Je t'aime.

- Comment a été ton voyage ?

- Bien, bébé.

Il se penche, veut m'embrasser mais j'esquive.

- Bébé, que se passe-t-il ?

- Comment a été ton voyage ?

- Bien, merci. Tu m'as manqué ?

- ...

- Comment ferais-je pour vivre sans toi ?

- Alors cette mission, raconte.

- Super.

- Et si tu me disais ce que tu as fait durant cette mission.

- Le train-train habituel, tu sais, la vie d'un percepteur.

- Non, explique.

- Des conférences, séminaires et autres. Il a fallu signer des contrats.

- Je vois. C'est ce qui tendrait Ă  expliquer le fait que tu sois injoignable.

- Un souci avec mon mobile.

- Humm.

- Je l'ai changé ; il me montre son mobile, dernier cri.

- Bien.

- VoilĂ , tu sais tout.

- As-tu échangé avec ta mère, depuis ?

- Non, pourquoi ?

- Le lendemain de ton départ,

- Elle était là.

- Exactement ! Et devine, ce qu'elle m'a dit.

- Tu connais ma mère. Elle aboie beaucoup mais ne mord pas.

- Ses morsures sont très dangereuses.

- Ecoute, Miranda.

- Ce voyage en amoureux de deux semaines en Egypte, a été ?

- De quoi parles-tu ?

- Il y a de cela deux semaines, tu as doté une autre femme.

- ArrĂŞte tes conneries.

- Edouard,

- Ecoute, Miranda, si tu ne veux pas remplir ton devoir conjugal, je comprendrais.

- La meilleure défense est l'attaque.

- Je le tiens de ta mère.

Il observe le silence, baisse les yeux, se lève et arpente la pièce durant quelques minutes.

- Miranda, commence-t-il en se tournant vers moi.

- Oui, Edouard, je t'écoute.

- J'aime les femmes et ne m'en suis jamais caché.

- ...

- Tu me rends heureux, Miranda. Tu as des qualités qu'un homme ne pourrait trouver ailleurs.

- Et des défauts.

- Comme tout le monde.

- Pourquoi, Edouard, pourquoi ?

- Elle m'a plu, j'en suis tombée amoureux.

- Tu nous a dotées toutes les deux.

- J'en épouserais une, c'est vrai.

- Et l'autre ?

- Restera ma femme devant notre société.

- Que me reproches-tu, Edouard ?

- Tu prends soin de toi et es une femme présentable. Tu es une bonne fée du logis, une bonne cuisinière et excellente amante.

- Mais,

- C'est tout ce que j'attends ou peux attendre de toi.

- Pour m'occuper, j'ai besoin d'avoir des activités lucratives.

- Lucratives, un nouveau mot pour toi. Quand l'as-tu appris ?

- Edouard, je ne suis pas idiote !

- Je ne l'ai jamais pensé.

- J'ai besoin d'un fond de commerce, Edouard.

- Non, tu ne pourras pas gérer.

- Qu'en sais-tu ?

- Tu fais partie des femmes qui savent profiter de l'argent de leur mari et rien d'autres.

- Permets-moi au moins de reprendre les études.

- Je n'ai pas d'argent pour ça.

- Edouard, tu m'achètes des sacs, des parfums et vêtements des marques de luxe mais n'as pas d'argent pour m'envoyer à l'école ?

- Je n'ai aucune envie d'investir mon argent dans ce qui ne m'apportera rien.

- Moi, j'en profiterais.

- Miranda, tais-toi et fais-toi belle.

Je soupire et maitrise le tremblement de ma voix.

- Je n'ai plus d'argent pour mes besoins.

- C'est noté.

Il tourne les talons et se dirige vers la porte.

- Edouard,

- Oui, Miranda.

- L'argent, j'en ai besoin.

- Fais la liste de tes besoins, chérie, une personne t'accompagnera pour les courses.

- J'ai pour habitude de le faire seule.

- Je sais.

- Je savais que tu comprendrais.

- Edouard, j'ai besoin de liquidités.

- Fais la liste, prends tout ce que tu voudras dans les magasins, je paierais.

- Non, Edouard.

- Je te laisserais ma carte bleue pour les paiements en ligne.

- Edouard, s'il te plait.

- Il n'y a pas d'Edouard qui tienne.

- Je suis une femme foyer, bonne Ă  faire la cuisine et satisfaire tes besoins libidineux.

- De nombreuses femmes, le sont.

- J'ai besoin de plus.

- Et moi, j'ai besoin de trouver une femme à la maison quand je rentre, un repas prêt et un lit chauffé.

- Edouard, je n'ai que 22 ans. J'ai besoin de plus dans la vie.

- Non ! Il est hors de question que tu ailles travailler et qu'un autre pose les yeux sur toi.

- Quand tu m'as rencontrée, je me débrouillais.

- Je t'aime, t'entretiens et entretiens ta pique-assiette de famille !

- Ma famille n'est pas une famille de pique-assiette ! Tu devrais respecter ma famille, comme je respecte la tienne.

- Miranda, tu gagnes ta vie Ă  la sueur de tes fesses !

- Edouard, je ne te permets pas.

- Maintenant que les bases sont posées, tu fermes ta gueule et profites de mon argent.

- Je ne pourrais pas, Edouard.

- Tu pars, Miranda, tu t'en vas avec ce dont tu es venue...Rien !

- Cela fait 4 ans.

- La voiture, les vĂŞtements, les tissages et tout ce que tu as, m'appartiennent.

- ...

- Miranda, tu ne partiras avec rien.

- Qui est-elle ?

- Pas besoin de le savoir.

- ...

- Sache que vous êtes toutes deux, les faces d'une même pièce de monnaie.

Il quitte la pièce en souriant et fait claquer la porte.

Chapitre 3 Chapitre 3

Partie 3 :

Je me nettoie les mains et la rejoins, en souriant. Cette coupure me fait un bien fou. Après le climat pesant de la maison, c'est relaxant. Je m'assieds et porte mon verre de Mojito à mes lèvres et prends deux gorgées.

- Comme ça, je suis celle qui te sort de prison.

- Il ne faut pas exagérer non plus.

- N'est-ce pas ?

- Humm.

- Que vas-tu faire ?

- Me battre à coté pour chercher de l'argent.

- Tu veux dire que tu n'as rien mis de côté, depuis ?

- No ooooo.

- Pourquoi ? Nous ne pourrons plus manger dans les grands restaurants, maintenant ?

- Si si si puisqu'il m'a laissé une carte bleue.

- Montre.

Je la lui tends, elle prend et sourit.

- Ton mec-lĂ  n'est pas n'importe qui non plus.

- C'est vrai mais son nouveau système, je ne comprends pas.

- Suis seulement.

- Il ne veut plus me donner les espèces et préfères tout gérer par carte bleue ou une personne m'accompagne.

- Il peut te surveiller et savoir ce que tu fais avec l'argent.

- Ca ne me convient pas.

- En mĂŞme temps, tu n'as que 22 ans.

- Je songe Ă  partir, Isa.

- Partir, what ? Tu as tout Ă  la maison et tu veux chercher quoi dehors ?

- Je ne peux pas évoluer, tu le vois.

- Il a juste eu peur que tu ne t'envoles. Donne-lui le temps de digérer.

- Si je fais le bilan de ces 4 ans, qu'y a-t-il eu de positif ? Rien !

- Tu as 22 ans, Miranda. Tu as encore toute la vie devant toi.

- Non, je veux plus.

- Donne-toi encore 3 ans et vis au jour le jour.

- Tu ne peux pas comprendre.

- Explique.

- Tu as 26 ans, Isa. As-tu un terrain ?

- Non. Et je ne suis pas pressée.

- C'est ce qui fait la différence entre nous.

- Quoi ?

- Tu n'es pas ambitieuse.

- Tu veux dire que je vais finir pauvre ?

- Non, ne me prĂŞte pas des mots.

BRRRR....BRRRR...BRRRR....

Isa baisse les yeux et regarde le mobile sur la table, curieuse.

- A chaque fois que nous sommes ensemble, c'est un numéro inconnu qui t'appelle. Qui est-ce ?

- Je reviens.

Je me lève, m'éloigne et décroche.

- Oui, j'écoute.

- Nous avons fait le bilan, 1 500 000fcfa n'est pas suffisant.

- Comment est-ce possible ?

- Il faudra venir voir.

- Je passerais ce soir, si j'ai le temps.

- Ok.

Je rejoins Isa et m'assieds, pensive.

- Qui était-ce ?

- Une amie qui vit en Mbeng.

- Et elle t'appelle toujours en numéro masqué ?

- Oui, pour sa sécurité.

- Humm ; elle n'est pas convaincue.

- C'est la go d'un boss.

- Et tu ne m'as jamais parlé d'elle ?

- Pour quoi faire ?

- Mimi, je ne suis plus ta copine ? Ou tu as une autre ?

- Ne raconte pas de bĂŞtises.

- J'ai l'impression que tu ne me fais pas confiance.

- Chacun, son jardin secret. Toi-mĂŞme, ne me dis pas tout.

- Avant, tu ne me cachais rien. Si je ne te conviens plus comme amie, dis-moi et je me retire.

- Isa, elle est comme une sœur. Elle est très méfiante et ne se confie qu'à moi.

- C'est la go de qui ?

- Je n'ai pas le droit de t'en parler.

Une voiture gare et une femme descend, elle est très belle et apprêtée.

- Elle brille, lâche Isa admirative.

- Ah ça ! L'argent est bien.

- Du Gucci, Channel et Prada, je crois.

- Tout ça en une fois, c'est trop.

- Elle a l'argent mais pas de gout.

Elle contourne la voiture, rentre au niveau de la terrasse et enlève ses lunettes de soleil. Je cligne des yeux, elle se tourne vers moi, sourit et vient vers moi.

- Miranda !

- Loulou !

- Bah dis donc, le monde est petit.

Je me lève en souriant, l'embrasse et me tourne vers Isa.

- Isa, je te présente, Louise et Louise, Isabelle.

- Enchantée.

- Enchantée.

- Que fais-tu ici ? M'enquis-je en me rasseyant.

- J'avais envie de m'aérer le cerveau après la semaine de dingue que j'ai eu.

- Assieds-toi ou tu préfères prendre une table ?

- Je ne sais pas si ca va déranger ta copine, mimi ; elle regarde Isa.

- Mais non, Louise. Susurre Isa.

- Merci ; elle s'assied, pose ses lunettes de soleil et sa pochette sur la table.

- Vous êtes belle et bien habillée. Fait remarquer Isa.

- Merci, Isa.

- De rien, de rien ; elle boit.

- Modeste avec ça. Tu as toujours été une fashion addict depuis le collège.

- C'est vrai.

- Que deviens-tu, ma belle ?

- Je suis là et profite de ma liberté retrouvée.

- Comment ça ?

- Les joies du mariage.

Je regarde sa main gauche et constate qu'effectivement, il n'y a aucune trace de bague.

- J'avais ouïe dire que tu t'étais mariée.

- Oui mais j'ai vécu l'enfer dans ce mariage. J'ai tenu 2 ans et demandé le divorce.

- Seigneur !

- Ne sois pas pressée, Mimi. Fais le bon choix sinon tu risques regretter.

- Que s'est-il passé ? Demande Isa.

- Euh...

- Désolée, si je me suis montrée indiscrète.

- Je suis une bamiléké née et ayant grandi à Yaoundé, j'ai tout d'une Beti.

- Huhum, fais-je en buvant.

- J'ai épousé un Bassa, un pur Bassa. Il y a eu trop de problèmes, je te dis.

- Pourquoi ne regardes-tu pas du côté de tes frères ? Repart Isa.

- Honnêtement, je n'ai jamais été attirée par mes frères. Chaque essai s'est soldé par un échec.

- Dis donc, lâche Isa.

- Je vais surement finir avec un Beti.

Nous éclatons de rire. Je lève la main, une serveuse vient prendre la commande de Louise.

- Et maintenant ?

- Le divorce a été compliqué. Je recommence à vivre et me bats pour garder la tête hors de l'eau.

- Tu as toujours été une battante, Loulou.

- Pendant des années, j'ai été entretenu par un homme et cajolée. Difficile de s'en sortir seule.

- Mais tu y arrives.

- J'essaie, Mimi.

- Il te verse quand même une pension alimentaire conséquente ?

- Non.

- Il fait livrer des denrées pour notre enfant chez moi et donne le minimum pour son enfant.

- Mais il est friqué.

- Et je l'ai quitté.

- Je vois.

- Comment fais-tu pour t'en sortir ?

- Un peu de tout.

- Explique.

- Elevage de porcs et autres.

- Ah bon ?

- N'est-ce pas salissant ? Demande Isa.

- Il faut savoir se salir les mains pour assurer son avenir. Répond Louise.

Le téléphone d'Isa sonne. Elle s'excuse, se lève et va répondre plus loin.

- Pourrais-tu m'en dire plus ?

- J'ai rencontre une dame qui vend un porcelet Ă  40 000 fcfa. J'ai pris 6 femelles et 4 males.

- C'est beaucoup pour un début.

- Oui, Mimi.

- Sachant que c'est une race dont la portée est en moyenne de 15, le calcul est vite fait.

- 75 porcelets et ainsi de suite.

- Où comptes-tu les écouler ?

- Au Gabon et Guinée Equatoriale.

- Tu as tout prévu, ma chérie.

- C'est tout un processus et ce n'est qu'un aperçu de mes activités.

- Bravooo, tu es très dynamique.

Son mobile clignote, elle prend, lit le message, vide son verre d'une traite et se lève.

- Tu vas m'excuser auprès de ta copine, il faudrait que j'y aille.

- T'excuser, pourquoi ? Demande la concernée.

- Un imprévu, je dois y aller.

Elle ouvre sa pochette et me tend une carte.

- Tous mes numéros y sont, appelle-moi et nous continuerons cet échange.

- Merci, Loulou.

- Ca m'a fait du bien de te revoir, Mimi.

- Moi aussi, Loulou.

- Isa, Ă  la prochaine ; elle lui serre la main.

- A la prochaine !

Elle s'assied, pose son mobile sur la table et me fixe.

- De quoi avez-vous parlé ? J'espère qu'elle ne s'en va pas à cause de moi.

- Non, non. Elle a une urgence.

- De quoi avez-vous parlé ?

- De ses activités.

Je regarde sa carte et la mets dans mon sac.

- J'espère qu'elle ne t'a pas mis des idées bizarres dans la tête.

- Pourquoi le dis-tu, Isa ?

- Elle est divorcée, Mimi. Il n'est pas bon pour une femme mariée de trainer avec une divorcée. La poule ne parle jamais des affaires de dents, elle va te rendre rebelle.

- Isa, Loulou est une amie.

- Je suis ton amie et une vraie amie, prévient toujours en voyant un danger arriver.

- Tu exagères.

- Mimi, oublie vite ces idées d'activités parallèles, cela ne te mènera à rien.

- Isa,

- La rébellion ne te mènera nulle part. Ton homme n'est pas dans de bonnes dispositions à ton égard pour le moment, ne l'oublie pas.

- Qu'en sais-tu ?

- Il n'aurait pas doté une autre femme, Mimi.

- ...

- Reste tranquille et comporte-toi comme une gentille épouse, soumise et très à l'écoute. Tu verras, il te reviendra.

- Humm. Et avec ton homme ?

- J'irais revoir le nganga, ce soir.

- Isa !

- Chacune, sa méthode.

- Humm. Que fais-tu après ?

- Rien. Pourquoi ?

- J'aimerais que tu m'accompagnes ?

- OĂą ?

- Tu verras.

Nous vidons nos verres. Isa se lève avec brusquerie, fait tomber mon sac-à-main qui se vide sur le sol.

- Désolée, Mimi ; elle se courbe et ramasse.

- Ce n'est pas grave.

Je paie et nous quittons la terrasse en souriant. Je récupéré ma Hummer et mets le cap sur Ahala, à la sortie de Yaoundé. Après une demi-heure, je gare enfin devant la concession. Nous descendons. Je suis étonnée par la propreté des lieux et l'entretien des bâtiments. Un jeune homme passe devant le portail.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Pourriez-vous m'aider, je vous prie ?

- Je vous écoute.

- Je cherche madame Ndzana.

- Il n'y a pas de madame Ndzana, ici.

- Je ne peux pas me tromper. Je parle de la propriétaire de cette maison.

- Le propriétaire de la maison est monsieur EKANI.

- Puis-je lui parler ?

- Pourquoi ? Qui ĂŞtes-vous pour lui ?

Son regard est explicite.

- Non, non. Je ne suis pas la maitresse ou sa copine. Non non, insistai-je avec grandiloquence.

- Je suis son fils.

- J'avais versé de l'argent à madame Ndzana et depuis, silence-radio.

- Je vois. Attendez, s'il vous plait.

Il regarde de gauche à droite et aperçoit une jeune fille portant une mini-jupe et un chemisier, de couleur noire.

- Flo, tu connais une madame Ndzana ?

Elle s'arrête, s'avance vers nous et nous dévisage sans gêne, Isa et moi.

- C'est la dame qui habitait là, avant. Que lui voulez-vous ? Demande-t-elle méfiante.

- J'avais commencé à lui verser l'argent pour le terrain, je viens solder.

- Ok. C'est ma tante.

- Ok.

- Elle habite Ă  10 minutes en voiture, d'ici.

- Vous pouvez venir avec nous, suggère Isa.

Elle hésite, regarde le jeune homme.

- Je vais prendre une photo de la plaque d'immatriculation. Flo, vas-y ! Si dans un quart d'heure, tu ne réponds pas, j'irais voir la police.

- Ok.

- Nous ne sommes pas des ritualistes, dis-je en souriant.

- Ils ne le disent jamais, rétorque le jeune homme.

Elle grimpe dans le véhicule, s'assied sur la banquette arrière et nous indique le chemin. Dix minutes plus tard, je braque, prends à droite et m'enfonce dans la foret. Nous garons au milieu d'une clairière. Une dame aux tempes grisonnants, pile les feuilles de manioc avec une ribambelle d'enfants, autour d'elle.

- C'est elle, dit la petite.

Nous descendons, les enfants arrivent en courant vers nous et touchent le véhicule.

- Ils vont salir la voiture avec leurs mains sales, s'énerve Isa.

- Ce sont des enfants, répliquai-je en souriant.

- C'est toi qui as l'argent. Tu iras Ă  la laverie. Moi, quoi ?

La vieille dame se redresse en grimaçant, observe le véhicule et nous fixe du regard.

- Mema Alice, la dame voulait te voir.

- Pourquoi ? Demande-t-elle méfiante.

- Elle avait commencé à verser l'argent et veut solder le reste.

- Ahaaaaaaaan fait-elle en souriant. Mes filles, bonjour.

- Bonjour maman. Dis-je en la saluant.

Isa secoue la tête et nettoie le morceau de bois, servant de tabouret. Elle le regarde d'une drôle de façon et grimace en s'asseyant.

- Ce sont mes petits-fils. Ils jouent et viennent verser tout ce qu'ils ramassent dessus.

Isa s'est levée, comme si elle était piquée par un scorpion. Je serre le rire et détourne le regard. La jeune fille éclate de rire ainsi que tous les enfants.

- Ma fille, tu disais venir me donner l'argent ? Repart La vieille dame.

- Je suis la fille de madame Ondo.

- Qui ça, Clarisse ?

- Oui.

- Comment va-t-elle ? Cela fait des années que nous ne nous sommes pas vues.

- Je croyais qu'elle t'avait rencontrée, il y a de cela deux semaines.

- No oooo peut-ĂŞtre mon fantĂ´me.

- Mais,

- Ma fille, vous buvez les mengbwal ?

- C'est quoi les mengbwal ? ne pus-je m'empĂŞcher de demander.

- Le vin de palme, répond la jeune fille.

Son mobile sonne. Elle s'éclipse rapidement en souriant.

- Ta mère, que devient-elle ?

- Elle est lĂ .

- Toujours debout debout, Ă  la recherche du bonheur.

- Oui.

- Ma copine-lĂ  est un cas. J'ai souvent eu du mal Ă  la comprendre.

- Pourquoi ?

- Ma fille prend le chiffon, tu poses dessus et tu t'assieds. Dit-elle à l'attention d'Isa qui s'exécute aussitôt.

- Pourquoi le dis-tu, maman ?

- Elle était venue me voir, disant que sa fille coulait acheter un terrain.

- Moi.

- Nous nous étions entendues sur 8 millions pour 800 mètres carrés.

- Je les avais tous versés.

- Ta mère avait fait deux versements, celui de 5 millions et un autre de 3 millions. Il en restait deux.

- Je ne comprends pas.

- J'avais consenti à lui vendre 800 mètres carrés à 8 millions.

Ma mère m'a toujours dit, 10 millions...Purée !

- Ok.

- Après les deux versements, elle est revenue un soir disant qu'elle avait besoin d'argent et rapidement. Elle voulait que je lui rembourses. J'avais refusé.

- Et ?

- Finalement, nous avons conclu un marché.

- Lequel ?

- Je lui rendais 7 millions sur les 8 versés.

- Quoi ?

- Oui, oui. Elle avait pris.

- Quand ?

- Cela fait plus d'un an et demi.

- Maman, je ne doute pas de ta bonne foi mais,

Elle essuie les mains sur son caba usé.

- Grégoire ! Grégoire !

- Oui, mema Alice.

Un garçon d'une quinzaine d'années, apparait. Il nous salue et se tourne vers la vieille dame.

- Apporte-moi le sac bleu, au-dessus de mon lit.

- Ok.

Il revient avec une sacoche bleue en cuir vieilli, poussiéreuse. Elle souffle dessus, caresse le cuir et l'ouvre avec délicatesse. Elle compulse plusieurs documents et finit par nous tendre un feuillet.

- C'est une copie. Tu peux la garder, ma fille.

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