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Douleur d'Hier, Amour de Demain

Douleur d'Hier, Amour de Demain

Auteur:: Bev Garnett
Genre: Romance
Alexandre Dubois et Sophie Moreau, mercenaires d'élite du "Cercle Noir", étaient inséparables, leurs vies entrelacées par le danger et un amour silencieux qu'Alexandre nourrissait depuis des années. Mais l'arrivée de Marc Fournier, leur nouveau client, riche héritier charismatique, a brisé cette illusion de normalité. Sous les yeux d'Alexandre, Sophie s'est transformée, affichant une tendresse inédite, ignorant les règles pour Marc, allant jusqu'à lui offrir leur précieux symbole, une douille gravée de leur sacrifice commun. Comment Sophie a-t-elle pu jeter aux orties une décennie de loyauté, d'amour et de sang partagé pour un homme qu'elle venait à peine de rencontrer ? Détruit par cette trahison, Alexandre choisit la vengeance : il simule son homosexualité devant Sophie et Marc, dans une tentative désespérée de la blesser en retour, avant de clore ce chapitre douloureux.

Introduction

Alexandre Dubois et Sophie Moreau, mercenaires d'élite du "Cercle Noir", étaient inséparables, leurs vies entrelacées par le danger et un amour silencieux qu'Alexandre nourrissait depuis des années.

Mais l'arrivée de Marc Fournier, leur nouveau client, riche héritier charismatique, a brisé cette illusion de normalité.

Sous les yeux d'Alexandre, Sophie s'est transformée, affichant une tendresse inédite, ignorant les règles pour Marc, allant jusqu'à lui offrir leur précieux symbole, une douille gravée de leur sacrifice commun.

Comment Sophie a-t-elle pu jeter aux orties une décennie de loyauté, d'amour et de sang partagé pour un homme qu'elle venait à peine de rencontrer ?

Détruit par cette trahison, Alexandre choisit la vengeance : il simule son homosexualité devant Sophie et Marc, dans une tentative désespérée de la blesser en retour, avant de clore ce chapitre douloureux.

Chapitre 1

Alexandre Dubois et Sophie Moreau formaient le duo de mercenaires le plus redoutable du "Cercle Noir". Depuis des années, ils opéraient en tandem, une machine parfaitement huilée dans l'ombre des conflits internationaux. Leurs noms étaient une légende, murmurés avec un mélange de peur et d'admiration. Pour le monde extérieur, ils étaient des partenaires inséparables, leur efficacité sur le terrain n'ayant d'égale que la complicité qu'ils affichaient. Ils étaient les meilleurs, tout simplement.

Leur vie était une succession de missions à haut risque, de balles qui sifflent et d'explosions lointaines, un quotidien anormal qu'ils avaient fini par considérer comme leur normalité.

Après chaque mission, ils avaient leurs rituels. Ils se retrouvaient dans leur appartement sécurisé, un lieu anonyme dans une ville toujours différente. Alexandre nettoyait méticuleusement leurs armes pendant que Sophie préparait un verre. Ce soir-là, l'air était encore chargé de l'odeur de la poudre et de la tension de l'opération qu'ils venaient de conclure avec succès. Assis sur le canapé usé, ils buvaient en silence, le corps d'Alexandre encore vibrant de l'adrénaline. Il la regardait, comme toujours. Sophie, les cheveux noirs coupés courts, le visage aux traits fins et durs, était en train de faire tourner le liquide ambré dans son verre, le regard perdu dans le vide. C'était dans ces moments de calme précaire qu'Alexandre se sentait le plus proche d'elle, une proximité qui était à la fois son plus grand réconfort et sa plus profonde blessure.

Soudain, Sophie a posé son verre sur la table basse avec un bruit sec. Elle s'est étirée, baillant sans se couvrir la bouche.

« Je suis crevée. Je vais me coucher. »

Sa voix était neutre, presque indifférente. Elle s'est levée et s'est dirigée vers sa chambre sans un regard en arrière. C'était toujours comme ça. Elle prenait ce qu'elle voulait de leur relation – le soutien, la protection, la camaraderie au combat – mais ne donnait rien en retour sur le plan personnel. Elle le traitait avec une familiarité brutale, comme un outil fiable ou un meuble confortable, toujours là, toujours utile, mais jamais vraiment considéré.

Alexandre est resté seul dans le salon faiblement éclairé. Il a fini son verre d'une traite, sentant l'alcool brûler sa gorge. Depuis leur adolescence, depuis leurs premières années d'entraînement intense où ils n'avaient que l'un et l'autre, il l'aimait. Un amour secret, patient, qui avait grandi dans l'ombre de leur vie dangereuse. Il s'était toujours dit qu'un jour, quand ils quitteraient enfin le Cercle Noir, il lui avouerait tout. Il rêvait d'une vie normale avec elle, loin des armes et du sang. Une vie où il pourrait enfin être plus que son partenaire, plus que son ombre protectrice. Il attendait le bon moment, mais ce moment ne semblait jamais venir.

Leur nouvelle mission a tout changé. Ils ont été chargés de protéger Marc Fournier, le jeune et richissime héritier d'un empire financier. Il était la cible d'un cartel concurrent et le Cercle Noir avait été payé une fortune pour assurer sa sécurité. Dès la première rencontre, Alexandre a senti un malaise. Marc était charismatique, séduisant, avec une confiance en lui qui frôlait l'arrogance. Il représentait tout ce qu'Alexandre n'était pas : un homme du monde, habitué au luxe et au pouvoir facile.

Et Sophie a été immédiatement fascinée. Alexandre l'a vu tout de suite. Il a vu la façon dont ses yeux, d'habitude si froids et calculateurs, s'adoucissaient quand elle regardait Marc. Il a vu le sourire rare et timide qu'elle lui adressait, un sourire qu'il n'avait jamais reçu en plus de dix ans. Pour la première fois, il a vu de la douceur dans les gestes de Sophie, une tendresse qu'il n'aurait jamais cru possible chez elle. Elle riait à ses blagues, écoutait attentivement ses histoires sur la haute finance, un monde qui leur était totalement étranger.

Un soir, alors qu'ils étaient dans la villa ultra-sécurisée de Marc, ce dernier a demandé à Sophie si elle pouvait lui apporter un verre d'eau. Une demande banale, mais qui violait une de leurs règles fondamentales : ne jamais se séparer du client, ne jamais baisser sa garde. Sophie, sans hésiter, a quitté son poste de surveillance pour aller à la cuisine. Elle a laissé Alexandre seul pour garder un œil sur les moniteurs. C'était une petite entorse au protocole, mais pour Alexandre, ce fut un séisme. Sophie n'avait jamais enfreint une seule règle, pas même pour lui. Pour Marc, elle l'a fait sans même y penser.

À cet instant précis, en voyant Sophie revenir avec le verre d'eau et le tendre à Marc avec un regard presque dévoué, Alexandre a compris. Il a compris avec une clarté brutale et douloureuse. Le désir de Sophie, ses aspirations, ses rêves secrets, rien de tout cela ne lui avait jamais été destiné. Il n'était pas l'homme qu'elle voulait. Il n'était qu'un partenaire, un frère d'armes. La femme qu'il aimait depuis toujours était amoureuse d'un autre. Son monde s'est effondré en silence.

La douleur était si intense qu'elle l'a laissé vide. Toute sa vie, tous ses sacrifices, tous ses espoirs venaient de se réduire en cendres. Il ne pouvait plus rester. Il ne pouvait plus la regarder être avec un autre homme, jour après jour. Il devait partir. Quitter Sophie, quitter le Cercle Noir, quitter cette vie qui n'avait plus aucun sens. C'est alors qu'une vieille idée, une issue de secours qu'il avait toujours repoussée, lui est revenue en mémoire. Une promesse faite à sa famille, une famille qu'il avait fuie pour rejoindre le Cercle.

Il a sorti son téléphone crypté et a composé un numéro qu'il n'avait pas utilisé depuis des années. La voix de son grand-père, autoritaire et vieillissante, a retenti à l'autre bout du fil. Alexandre a pris une profonde inspiration, le cœur lourd mais l'esprit étrangement calme.

« Grand-père, c'est moi, Alexandre. »

Il y eut un silence surpris, puis la voix s'est adoucie.

« Alexandre... »

« À propos de ce mariage arrangé... L'offre est-elle toujours valable ? »

Un autre silence, plus long cette fois. Puis la réponse est tombée, scellant son destin.

« Oui. Elle t'attend. »

Il a raccroché. Il allait épouser Hélène Delacroix, une femme qu'on lui avait décrite comme simple d'esprit, une fille effacée issue d'une famille alliée. C'était sa porte de sortie. Une fuite vers une vie sans amour, mais aussi, il l'espérait, une vie sans douleur.

Chapitre 2

Le lendemain matin, Alexandre a de nouveau appelé son grand-père pour confirmer sa décision. Sa voix était ferme, sans la moindre hésitation.

« Je quitte ma vie actuelle. Je reviens. Préparez le mariage. »

Son grand-père n'a pas posé de questions. Il a simplement dit :

« Bien. Nous t'attendons. »

En raccrochant, Alexandre se sentait vidé, mais aussi soulagé. La décision était prise. Il n'y avait pas de retour en arrière possible.

Plus tard dans la journée, alors qu'il faisait une ronde de surveillance, il est passé devant le salon. La porte était entrouverte. À l'intérieur, Sophie était assise sur le canapé, près de Marc. Elle lui montrait comment démonter et nettoyer un pistolet, une de ses spécialités. Mais ce n'était pas une leçon technique. C'était un jeu de séduction. Ses doigts effleuraient les siens, son visage était si proche du sien qu'il pouvait presque sentir le parfum de ses cheveux. Elle lui parlait à voix basse, avec une intonation qu'Alexandre n'avait jamais entendue. C'était une scène intime, presque insupportable à regarder. La douleur qui avait commencé à s'estomper est revenue, plus vive que jamais. Cela a renforcé sa résolution. Il devait partir, et vite.

Il a poussé la porte et est entré dans la pièce. Le bruit les a fait sursauter. Sophie s'est redressée, l'air agacé. Marc, lui, affichait un petit sourire suffisant.

« Qu'est-ce que tu veux, Alex ? » a demandé Sophie, sur un ton sec.

Alexandre a ignoré Marc et a fixé Sophie.

« C'est nouveau, ça. Tu partages tes secrets professionnels avec les clients, maintenant ? »

Sophie a haussé un sourcil.

« Marc était curieux. Et puis, ce n'est pas comme si je lui apprenais à construire une bombe. C'est juste un pistolet. »

« Notre règle est de ne jamais impliquer les clients dans nos méthodes. Jamais. »

Sophie a souri, un sourire condescendant qui a mis Alexandre hors de lui.

« Oh, allez, Alex. Détends-toi. Ce n'est pas la même chose. C'est un homme. »

« Un homme ? »

La phrase a résonné dans la tête d'Alexandre, absurde et cruelle.

« Et moi, je suis quoi ? Tu te souviens quand j'ai voulu te montrer comment désamorcer ce nouveau type d'explosif, la semaine dernière ? Tu m'as dit de ne pas t'embêter avec des "détails de mecs". Mais pour lui, soudainement, ça ne pose plus de problème ? »

Son ton était glacial, accusateur. Il voyait bien qu'il avait touché un point sensible. Le visage de Sophie s'est durci.

« Ce n'est pas comparable. »

« Ah non ? Et pourquoi ? Parce qu'il est riche et charmant ? Parce qu'il te plaît ? Tu mets notre sécurité et celle de la mission en danger pour un flirt, Sophie. C'est indigne d'une professionnelle. »

La vérité de ses paroles l'a frappée de plein fouet. Furieuse, Sophie s'est levée et s'est approchée de lui. Elle a attrapé son bras, ses doigts s'enfonçant dans sa chair.

« Retire ce que tu viens de dire. »

Sa voix était un murmure menaçant. Alexandre a senti une vague de dégoût le submerger. Il a violemment arraché son bras de sa prise.

« Ne me touche pas. »

Son rejet l'a surprise. Jamais il ne l'avait repoussée. Jamais. Son visage s'est décomposé, passant de la colère à une sorte de mépris glacial.

Elle a fait un pas en arrière et l'a toisé de la tête aux pieds, un rictus mauvais sur les lèvres.

« Tu sais quel est ton problème, Alex ? Tu n'es pas un homme. Pas un vrai. Tu es un garde du corps, un chien de garde loyal. Tu obéis, tu protèges, mais tu ne désires rien. Tu n'as pas de couilles. C'est pour ça que tu ne comprendras jamais. »

Chaque mot était une insulte, une humiliation publique devant l'homme qu'elle désirait. Alexandre a senti le sol se dérober sous ses pieds. Sa tête tournait. Il n'a rien trouvé à répondre. La blessure était trop profonde, trop violente. Il était paralysé par la douleur.

Voyant son silence, Sophie a eu un geste de dédain. Elle l'a attrapé par le col de sa chemise et l'a traîné sans ménagement hors du salon.

« Sors d'ici. Tu nous déranges. »

Elle l'a poussé dans le couloir et a claqué la porte derrière lui. Le bruit a résonné comme un coup de feu, marquant la fin définitive de leur relation. Il est resté là, immobile, le dos contre le mur froid, essayant de reprendre son souffle.

Quelques instants plus tard, la porte s'est rouverte. Ce n'était pas Sophie, mais Marc. Il se tenait sur le seuil, l'air faussement désolé.

« Ça va ? Elle peut être un peu... intense, parfois. »

Alexandre l'a regardé. Il a vu le visage lisse et parfait de Marc, ses vêtements chers, son sourire calculé. Il s'est vu lui-même, avec ses cicatrices, ses mains calleuses, son regard fatigué. Il a compris pourquoi Sophie ne l'avait jamais désiré. Il n'était pas comme Marc. Il n'était pas ce genre d'homme. Il était juste un soldat, un outil. La prise de conscience était amère.

« Ne vous inquiétez pas pour elle, » a continué Marc d'un ton léger. « Elle a juste besoin de se calmer. Vous devriez peut-être lui laisser un peu d'espace. »

Le conseil était si absurde, si déplacé, qu'Alexandre a failli éclater de rire. Un rire amer et sans joie. Laisser de l'espace à la femme qui venait de détruire son cœur en mille morceaux. C'était une ironie cruelle.

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