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Douce Vengeance, Sublime Héritage

Douce Vengeance, Sublime Héritage

Auteur: Em K
Genre: Romance
Trahie le jour de ses fiançailles par l'homme qu'elle aimait et par sa propre demi-sœur, Jacqueline Mercier voit son univers s'effondrer. Humiliée et reniée par sa famille, elle refuse pourtant de se poser en victime. Décidée à reprendre le contrôle de son destin, elle se lance dans l'industrie du divertissement en prenant la tête de l'agence NexGen Media pour bâtir un empire et orchestrer sa riposte. Sa trajectoire bascule définitivement lorsqu'elle porte secours à un inconnu blessé par balle. Cet homme n'est autre que Noé Marchand, un milliardaire aussi puissant qu'énigmatique. Leur alliance inattendue et leur mariage secret offrent à Jacqueline un soutien sans pareil pour affronter ses ennemis. Entre manipulations familiales, rivalités dans le show-business et jeux de pouvoir passionnels, elle prépare une vengeance méthodique contre ceux qui ont cherché à la détruire.
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Chapitre 1

Dans une chambre aux murs rose pâle, Jacqueline Mercier était assise près de sa coiffeuse. Entre ses doigts, elle faisait tourner une montre masculine ornée de diamants, observant les reflets que la lumière de la suspension en cristal faisait danser sur son cadran.

C'était une pièce rare, un modèle produit en quantité limitée dans le monde entier. Elle avait passé beaucoup de temps à la choisir dans une grande boutique du centre commercial. Pour elle, ce cadeau représentait bien plus qu'un simple objet. Elle était convaincue que Joël Sarrazin serait heureux de la recevoir.

Alors qu'elle admirait encore la montre, son téléphone vibra. L'appel vidéo venait de sa sœur, Ghislaine Mercier.

Jacqueline accepta l'appel. Quelques secondes plus tard, le visage de Ghislaine apparut à l'écran. Elle affichait un sourire étrange, presque satisfait, comme si elle attendait ce moment depuis longtemps.

« Tu crois vraiment aux excuses de Joël ? » demanda Ghislaine d'un ton moqueur. « Tu penses vraiment qu'il est simplement trop occupé et qu'il ne rentrera que demain ? »

Jacqueline fronça les sourcils, incapable de comprendre où elle voulait en venir.

« De quoi parles-tu exactement ? »

Le sourire de Ghislaine s'élargit. Son regard était rempli de mépris.

« Tu es vraiment naïve. Après tout ce temps, tu n'as toujours rien remarqué ? Tu mérites de connaître la vérité. Regarde bien, c'est mon cadeau pour toi. »

Quelques instants plus tard, une vidéo apparut sur l'écran.

Jacqueline resta immobile.

L'image montrait Ghislaine et Joël étroitement enlacés. D'après le décor visible derrière eux, ils se trouvaient dans le salon de Joël, assis sur son canapé.

Son esprit refusa d'abord d'accepter ce qu'elle voyait.

Joël... l'homme qu'elle aimait depuis sept ans... était avec Ghislaine ?

Depuis l'âge de onze ans, Joël avait occupé une place particulière dans son cœur. Il avait été son premier amour, celui qu'elle avait toujours considéré comme son rêve de jeunesse. Pendant toutes ces années, elle lui avait accordé une confiance totale.

Elle lui avait donné son affection, son avenir, toute son énergie.

Elle avait toujours cru qu'il serait différent des autres.

Dans la vidéo, Ghislaine regarda la caméra avec une expression provocatrice.

« Joël, tu as vraiment pu rester avec Jacqueline aussi longtemps ? »

L'homme à côté d'elle répondit sans hésitation :

« Ne me parle pas d'elle. Rien que d'y penser me donne envie de vomir. Tu crois vraiment que je pourrais encore ressentir quelque chose pour cette femme ? »

Puis il embrassa Ghislaine sans même se rendre compte que la caméra enregistrait chaque seconde.

Jacqueline sentit son cœur se déchirer.

Chaque mot prononcé dans cette vidéo était comme une lame qui s'enfonçait lentement dans sa poitrine.

Elle avait du mal à respirer. Ses doigts tremblaient tandis qu'elle fixait encore l'écran.

Finalement, elle leva les yeux vers le miroir placé devant elle.

Son reflet lui apparut.

Elle ne ressemblait plus à la jeune femme admirée autrefois par toute la ville. Son corps avait changé. Elle avait pris beaucoup de poids, son visage était marqué par de nombreuses taches de rousseur.

Elle était devenue méconnaissable.

Pourtant, Joël lui avait juré que cela n'aurait jamais d'importance. Il lui avait dit qu'elle avait changé uniquement parce qu'elle s'était sacrifiée pour lui et qu'il ne l'abandonnerait jamais.

Elle avait cru chacune de ses paroles.

Mais maintenant, elle comprenait.

Elle avait été trompée.

La colère remplaça peu à peu la douleur.

Sans réfléchir davantage, Jacqueline prit ses clés et quitta la maison. Elle monta dans sa voiture de sport et conduisit directement jusqu'à la villa de Joël.

Lorsqu'elle entra, les deux personnes présentes dans le salon furent surprises de la voir.

Joël se leva lentement.

« Pourquoi es-tu venue ici ? »

Son visage ne montrait aucune culpabilité. Il semblait seulement légèrement contrarié d'être découvert.

Il enfila tranquillement son peignoir avant de s'approcher d'elle.

« Puisque tu as déjà tout vu, je n'ai plus besoin de cacher quoi que ce soit. Jacqueline, nous devons nous séparer. La personne que j'aime est Ghislaine. »

Ces paroles furent plus douloureuses que tout ce qu'elle venait de voir.

Ghislaine, qui était derrière lui, attrapa son bras avec assurance. Elle portait la chemise de Joël et regardait Jacqueline comme si elle n'était qu'une étrangère.

« Joël en avait assez depuis longtemps. Il n'osait simplement pas te le dire », déclara-t-elle froidement.

Jacqueline sentit son dernier espoir disparaître.

Elle aurait dû comprendre plus tôt.

Depuis qu'elle avait perdu son ancienne apparence, Joël n'était plus le même. Mais elle avait toujours trouvé des excuses pour lui. Elle s'était convaincue qu'il était seulement fatigué, qu'il avait trop de pression au travail.

Elle s'était menti à elle-même.

Joël reprit la parole avec indifférence.

« Même si tu n'avais rien découvert aujourd'hui, je comptais te parler demain. Jacqueline, tu dois accepter la réalité. Tu n'es plus la femme qu'il me faut. »

Il marqua une pause avant d'ajouter :

« Ma famille ne veut plus de ce mariage. Ils attendent depuis longtemps que je mette fin à cette relation. »

Puis il poursuivit :

« Tu diras à ton père que c'est toi qui as décidé d'annuler le mariage. Fais-lui croire que c'est ton choix. »

Jacqueline resta figée.

Elle se souvenait de tout ce qu'elle avait fait pour eux.

À l'époque, la mère de Joël était gravement malade et avait besoin d'une greffe de rein. Sans hésiter, parce qu'elle aimait Joël, elle avait accepté de lui donner le sien.

Elle avait sauvé une vie au prix de sa propre santé.

Après l'opération, la mère de Joël avait retrouvé la santé, mais Jacqueline, elle, avait gardé de lourdes conséquences. Son corps avait changé rapidement. Elle avait pris énormément de poids et son visage avait perdu sa beauté d'autrefois.

Elle était passée de la jeune femme admirée de tous à une personne que les autres regardaient avec mépris.

Et au lieu d'être reconnaissants, Joël et sa famille avaient fini par la détester.

Il l'avait trahie.

Ils voulaient maintenant faire passer la victime pour la coupable.

À cet instant, Jacqueline ressentit une haine immense.

« Vous êtes vraiment cruels... » dit-elle d'une voix tremblante. « Vous savez pourquoi je suis devenue comme ça ? C'était pour vous ! »

Folle de rage, elle leva la main vers Joël.

Mais elle n'eut même pas le temps de le toucher.

Ghislaine attrapa son poignet et la poussa violemment au sol.

Avant que Jacqueline puisse réagir, le talon fin de Ghislaine écrasa sa main.

La douleur fut immédiate.

Ghislaine appuya encore davantage tout en la regardant avec froideur.

« Arrête de parler de ce don de rein comme si tout le monde t'avait forcée. Tu l'as fait volontairement. Personne ne t'a obligée. »

Elle continua d'un ton méprisant :

« Si ton corps n'a pas supporté l'opération, ce n'est pas la faute des autres. Beaucoup de personnes donnent un rein, pourquoi serais-tu la seule à réclamer qu'on te plaigne ? »

Le talon s'enfonça dans sa peau. Une vive douleur traversa Jacqueline et du sang apparut sur sa main.

Mais cette souffrance physique n'était rien comparée à la douleur qu'elle ressentait dans son cœur.

Elle tenta de se défendre.

Cependant, Joël intervint.

Au lieu de l'aider, il lui donna un coup de pied dans le ventre.

« Ça suffit, Jacqueline. »

Elle le regarda avec incrédulité.

Elle n'arrivait pas à croire que l'homme qu'elle aimait depuis tant d'années puisse rester là et participer à son humiliation.

Ghislaine sourit alors à Joël.

« Je ne pensais vraiment pas qu'un jour je verrais Jacqueline dans cet état », dit-elle avec une fausse compassion.

Puis elle ajouta d'une voix douce :

« Joël, on reprend là où on s'était arrêtés ? »

Joël répondit simplement avec un sourire :

« Bien sûr. »

Ghislaine regarda Jacqueline une dernière fois.

« Mais avant, débarrasse-toi d'elle. Je ne supporte pas de la voir ici. »

Joël attrapa alors Jacqueline par les cheveux et la traîna jusqu'à l'extérieur.

Elle n'eut même pas droit à un dernier regard.

La porte se referma brutalement derrière elle.

Longtemps, Jacqueline resta assise devant la villa, incapable de bouger.

Puis, comme une personne sans âme, elle finit par rejoindre sa voiture.

Elle démarra et quitta les lieux à toute vitesse.

Ses blessures lui faisaient souffrir, mais la douleur dans son cœur était encore plus forte.

Quelques minutes plus tard, son ventre, frappé par Joël, recommença à lui faire terriblement mal. Sa vision devint floue.

Chapitre 2

La voiture qu'elle conduisait perdit progressivement le contrôle.

L'instant suivant, elle quitta la route et percuta violemment un grand arbre.

Comme elle n'avait pas attaché sa ceinture, son corps fut projeté hors du véhicule et Tristanba dans un tas de neige au bord de la route.

Elle essaya de se relever.

Elle voulait continuer à vivre.

Mais son corps ne répondait plus.

Le froid l'envahit peu à peu tandis que la neige Tristanbait sur elle et recouvrait progressivement son corps.

Personne ne savait que cette silhouette abandonnée dans la neige appartenait autrefois à Jacqueline Mercier, la femme dont tout le monde parlait dans la ville.

La douleur se répandait dans chaque partie de son corps.

Sa conscience diminuait lentement.

Elle comprit qu'elle était peut-être arrivée au bout de sa vie.

Quelle ironie.

Elle n'avait jamais imaginé que son histoire se terminerait ainsi.

Mais si elle survivait à cette nuit...

Elle ferait payer chacun de ceux qui l'avaient détruite.

Même au prix du sang.

Alors que ses yeux allaient se fermer définitivement, elle aperçut une paire de chaussures en cuir noir s'approcher d'elle.

...

Cette nuit-là, Jacqueline disparut.

La seule chose qu'elle laissa derrière elle fut un message adressé à son père, Alain Mercier, dans lequel elle expliquait simplement qu'elle partait voyager quelque temps.

Après cela, plus personne n'eut de nouvelles.

Personne ne savait où elle était partie.

Les rumeurs se répandirent rapidement dans toute la ville.

Mais finalement, ce fut Joël qui révéla une version qui choqua tout le monde.

Selon lui, Jacqueline serait partie avec quelqu'un d'autre.

Pour la famille Mercier, cette histoire devint une véritable humiliation.

Trois ans plus tard.

Allongée sur un grand lit particulièrement confortable, une femme d'une beauté remarquable ouvrit doucement les yeux. Encore plongée dans la fatigue, elle s'étira lentement avant de laisser échapper un léger soupir.

Son corps entier lui faisait mal, comme si elle avait passé la nuit à lutter contre quelque chose. À cela s'ajoutait le bruit régulier de l'eau qui coulait dans la salle de bains voisine. À travers la paroi en verre opaque, une silhouette masculine se dessinait, bougeant légèrement derrière la vapeur.

Elle fronça légèrement les sourcils, puis se retourna avec difficulté avant de demander d'une voix douce :

« Pénélope... quelle heure est-il ? Et pourquoi est-ce que j'ai mal partout comme ça ? »

Sa voix était délicate, presque apaisante, avec un charme naturel qui aurait facilement pu attendrir quelqu'un.

Quelques secondes plus tard, la porte de la salle de bains s'ouvrit.

Un homme apparut devant elle.

Il n'avait autour de lui qu'une simple serviette blanche nouée à la taille. Son torse parfaitement dessiné, ses épaules larges et ses muscles visibles témoignaient d'un corps entretenu avec rigueur. Une petite goutte d'eau glissa lentement depuis ses cheveux humides jusqu'à son cou, accentuant encore son apparence attirante.

Pourtant, malgré son physique impressionnant, ce qui frappait le plus était son expression froide. Son visage fermé et l'aura distante qui l'entourait donnaient immédiatement envie de garder ses distances.

Jacqueline resta figée.

Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle réalisa qu'elle n'était pas seule dans la chambre. Elle attrapa rapidement la couverture pour se protéger et demanda avec méfiance :

« Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous dans ma chambre ? »

L'homme ne répondit pas immédiatement. Il s'approcha lentement, son regard posé sur elle avec une assurance troublante.

« Vous devriez plutôt vous demander ce que vous faites ici, non ? »

Sa voix était basse et glaciale.

Ses yeux profonds ne laissaient rien deviner de ses pensées. La pression qu'il dégageait était si forte que Jacqueline eut presque du mal à respirer.

En entendant ses paroles, son esprit se mit à fonctionner à toute vitesse.

Puis, soudain, elle comprit.

Une sensation de honte l'envahit.

C'était elle qui avait causé cette situation.

Elle n'aurait jamais dû boire autant.

Alors maintenant, après avoir passé une nuit avec un autre homme, était-elle considérée comme une femme infidèle ?

Le plus absurde dans tout cela, c'était qu'elle était mariée depuis deux ans... mais elle ne connaissait même pas l'apparence de son propre mari.

Pourtant, ce mariage n'était pas faux. Leur union existait réellement, tout comme l'accord qui les liait.

La veille au soir, elle était sortie boire un verre avec Pénélope dans un bar. Comme elles avaient toutes les deux trop bu pour reprendre la route, elles avaient décidé de louer une chambre dans l'hôtel situé au-dessus du bar.

Une fois la chambre préparée, Pénélope était montée en premier.

Mais quelques instants plus tard, elle avait commencé à se sentir mal et était redescendue seule pour aller aux toilettes.

Pendant ce temps, Jacqueline avait fini par monter à son tour.

Fatiguée et complètement désorientée, elle était entrée dans une chambre, avait aperçu un verre d'eau posé près du lit et l'avait bu parce qu'elle avait la gorge sèche. Ensuite, sans réfléchir davantage, elle s'était allongée dans l'obscurité.

Après cela, son corps avait recommencé à lui faire mal.

Elle avait donc dû se tromper de chambre.

Cette explication était la seule qui avait du sens.

Prenant une inspiration, elle regarda l'homme devant elle et dit :

« Très bien, j'admets que c'est mon erreur. Je suis prête à assumer mes responsabilités. Dites-moi simplement combien vous voulez. »

L'homme haussa légèrement les sourcils.

Un léger sourire moqueur passa dans ses yeux avant de disparaître aussitôt.

« De l'argent ? Vous pensez vraiment pouvoir payer ce genre de chose ? »

Son ton resta aussi froid qu'avant.

Cette femme était vraiment particulière.

Qui croyait-elle avoir devant elle ? Un simple employé venu livrer un colis ?

Jacqueline serra les dents.

Elle ne voulait pas que cette histoire prenne de l'ampleur. Avec son statut actuel, un scandale ne lui apporterait rien de bon. La solution la plus simple était donc de régler cela rapidement.

« Cinq cent mille. C'est le maximum que je peux donner. Même si vous êtes une personnalité connue, cela devrait être largement suffisant. Alors prenez l'argent et oubliez cette histoire, d'accord ? »

L'homme la fixa sans émotion.

« Une personnalité connue ? Cela ne représente rien pour moi. »

Son regard devint encore plus sombre.

À ce moment-là, son téléphone se mit à vibrer.

Sans ajouter un mot, il prit l'appareil et entra dans la salle de bains.

Quelques secondes plus tard, Jacqueline entendit sa voix froide derrière la porte.

« Dans ce cas... faites-le. »

Puis la porte se referma.

Le silence reTristanba dans la chambre.

Jacqueline sentit un frisson parcourir tout son corps.

Que voulait-il dire par là ?

Son imagination commença à s'emballer.

Et s'il appartenait réellement à un milieu dangereux ?

Et s'il était quelqu'un capable de tuer sans hésitation ?

Un homme comme lui aurait presque pu devenir un chef dans ce genre d'organisation...

Quelle perte.

Elle ne voulait absolument pas avoir affaire à ce type de personne.

Sans attendre davantage, Jacqueline quitta rapidement le lit. Elle enfila ses vêtements, prit un stylo et rédigea un chèque d'une valeur de cinq cent mille avant de le déposer soigneusement sur le lit.

Alors qu'elle allait partir, son regard fut attiré par le grand miroir de la coiffeuse décoré d'or et de pierres brillantes.

Son reflet apparut devant elle.

En trois ans, elle avait beaucoup changé.

Ses longs cheveux noirs légèrement bouclés Tristanbaient jusqu'à sa taille, lui donnant une apparence presque irréelle. Son visage avait gagné en maturité, et elle ne ressemblait plus à la jeune femme qu'elle était autrefois.

Mais elle n'avait pas le temps de penser à cela.

Elle détourna rapidement les yeux, enfila ses talons et quitta la chambre précipitamment.

La porte se referma derrière elle.

Avant de disparaître dans le couloir, elle aperçut le numéro inscrit sur la porte.

8808.

Elle s'arrêta un instant.

Hier soir, Pénélope lui avait pourtant dit que leur chambre était la 8809.

Elle s'était donc vraiment trompée de chambre.

Mais une question lui traversa l'esprit.

Pourquoi cet homme avait-il laissé un verre d'eau près du lit ?

C'était tout de même étrange...

À l'extérieur, le vent glacial venu du nord soufflait avec violence, tandis qu'un épais manteau de neige recouvrait les rues.

Elle frotta ses doigts engourdis pour tenter de retrouver un peu de chaleur avant de prendre place dans sa Maserati rouge. À peine installée, son téléphone vibra. Un nouveau message venait d'apparaître sur l'écran.

« La cérémonie de fiançailles entre Joël Sarrazin, le jeune dirigeant du Sarrazin Food Group, et Ghislaine Mercier, héritière du Mercier Properties Group, aura lieu à l'hôtel Glorious Horizon. »

« L'événement réunira de nombreuses personnalités influentes : des figures importantes du monde politique et économique ainsi que plusieurs célébrités du milieu artistique. »

« Selon certaines informations, Joël devait à l'origine épouser Jacqueline Mercier. Mais après que celle-ci aurait quitté la ville avec un autre homme, il aurait finalement choisi de se fiancer avec Ghislaine. »

Chapitre 3

Ces quelques lignes eurent l'effet d'un coup brutal. Les mots semblaient rouvrir une blessure qu'elle croyait refermée. En un instant, les souvenirs de cette période sombre, trois ans auparavant, revinrent la frapper de plein fouet, réveillant une colère profonde qui lui brûlait encore le cœur.

Alors ces deux personnes avaient réellement obtenu tout ce qu'elles désiraient ? Après l'avoir salie publiquement, elles pouvaient maintenant apparaître au grand jour et célébrer leurs fiançailles sans aucune honte.

Elles devaient certainement être satisfaites.

Jacqueline trouvait cela presque ironique. Joël avait toujours réussi à se faire passer pour un homme irréprochable, alors qu'en réalité il n'avait jamais hésité à utiliser les autres pour parvenir à ses fins.

Elle ne comprenait toujours pas comment elle avait pu aimer un homme pareil autrefois.

À ce moment précis, Pénélope l'appela.

« Mademoiselle Mercier, qu'avez-vous fait depuis ce matin ? Quand je me suis réveillée, vous n'étiez déjà plus là. »

Pénélope semblait ne pas savoir que Jacqueline n'était pas revenue dormir dans leur chambre la veille.

« C'est une histoire assez compliquée. Je t'expliquerai plus tard. »

« La liste des sujets les plus populaires est sortie. Vous pouvez aller la consulter maintenant. »

« D'accord. »

Après avoir raccroché, Jacqueline ouvrit immédiatement la page des tendances. Le sujet intitulé #La trahison de Joël occupait la première place, attirant une quantité impressionnante de réactions.

Elle appuya dessus et découvrit les informations publiées par plusieurs comptes spécialisés dans le marketing et les révélations.

« Jacqueline Mercier, l'ancienne fiancée de Joël Sarrazin, aurait été rejetée par celui-ci après avoir subi une ablation du rein afin de sauver sa mère. Après cette opération, son apparence aurait changé, elle aurait pris du poids et serait devenue différente aux yeux de Joël. Peu après, ce dernier aurait commencé une relation avec Ghislaine Mercier, la sœur de Jacqueline. Incapable de supporter cette trahison, Jacqueline aurait disparu pendant trois ans. »

Mais ce n'était pas tout.

Une conversation enregistrée entre Joël et Ghislaine circulait également sur Internet. Dans cet échange, les deux personnes parlaient ouvertement de ce qu'elles avaient fait subir à Jacqueline.

La réaction du public fut immédiate.

Les internautes étaient furieux. Ils condamnaient violemment Joël et Ghislaine, les accusant d'être des personnes sans morale et promettant de ne jamais leur pardonner.

« Si la haine des internautes est une tempête, alors je veux être celui qui ajoutera la dernière goutte d'eau. Comment peut-il encore jouer le rôle de l'homme amoureux après ce qu'il a fait ? »

« À quel moment Jacqueline et Ghislaine vont-elles disparaître de ce monde ? J'aimerais demander au roi des enfers de préparer deux places pour elles. »

« J'espère que ces deux personnes connaîtront bientôt la même souffrance qu'elles ont infligée à Jacqueline. Tout mon soutien va vers elle. »

En plus des insultes et des critiques, certains internautes allèrent encore plus loin en publiant des images de faux avis de décès sur Weibo.

Sur ces publications, on pouvait lire :

« Joël Sarrazin et Ghislaine Mercier sont décédés durant l'hiver 2019. »

Les comptes Weibo de Joël et Ghislaine furent rapidement envahis par des milliers de commentaires remplis de colère et de reproches.

En voyant tout cela, Jacqueline ressentit enfin une certaine satisfaction. Les souvenirs douloureux qui l'avaient tourmentée pendant des années semblèrent perdre leur pouvoir sur elle.

Elle fixa l'écran avec un regard calme.

« Joël, Ghislaine... le véritable spectacle ne fait que commencer. »

Son expression devint froide en prononçant ces mots. Son visage n'avait plus rien de la femme blessée qu'ils avaient connue autrefois.

C'est alors que Pénélope la rappela.

« Mademoiselle Mercier, pensez-vous que nous devrions révéler que Ghislaine entretenait une relation avec l'homme qui finançait Joël derrière son dos ? »

« Si cette information sort, leur mariage sera complètement détruit. Votre sœur sera humiliée publiquement et elle n'aura plus aucune chance de vous nuire. »

« Après tout, une personne aussi mauvaise mérite d'être avec quelqu'un qui lui ressemble. »

Pénélope marqua une pause avant de demander :

« Mais pensez-vous qu'il vaut mieux que Joël découvre simplement la vérité et la quitte, ou qu'il continue à vivre sans savoir qu'il a été trahi ? »

Jacqueline resta silencieuse quelques secondes. Son visage demeurait paisible, son regard difficile à lire.

« Il vaut mieux qu'il ne sache rien pour le moment. »

Pénélope approuva immédiatement.

« Je suis d'accord. »

Jacqueline regarda par la fenêtre, les yeux légèrement brillants d'une détermination nouvelle.

« Pour l'instant, gardons cette information pour nous. Laissons-les continuer à croire qu'ils ont gagné... Nous verrons ensuite ce qui arrivera. »

Dans la grande salle de réception de première classe de l'hôtel Glorious Horizon, l'ambiance était toujours aussi animée après la cérémonie des fiançailles.

Ghislaine et Joël accompagnaient leurs parents pour aller de table en table, levant leurs verres avec les invités et recevant leurs félicitations.

Pourtant, derrière les sourires affichés en surface, beaucoup de regards étaient remplis de mépris et de jugement.

Mais ni Ghislaine ni Joël ne semblaient remarquer quoi que ce soit. Ils continuaient à sourire avec assurance, persuadés que cette soirée leur appartenait.

Le visage soigneusement maquillé de Ghislaine affichait une satisfaction évidente. Ses yeux reflétaient une certaine fierté, presque provocatrice. Sa longue robe rouge de chez Dior mettait parfaitement en valeur son allure élégante et attirait facilement l'attention.

La famille Sarrazin faisait partie des plus grandes entreprises alimentaires du monde, avec une influence largement supérieure à celle de la famille Mercier.

Devenir l'épouse de Joël représentait pour Ghislaine une véritable ascension. Dans son cercle social, elle pensait qu'elle deviendrait bientôt l'objet de toutes les envies.

Quant à Joël, il était convaincu d'avoir fait le meilleur choix. Après s'être débarrassé de Jacqueline, qu'il considérait autrefois comme une femme sans charme, il pensait avoir enfin obtenu une compagne digne de son statut : une femme riche, belle et admirée.

Cependant, certaines épouses issues des familles fortunées présentes dans la salle connaissaient la vérité depuis longtemps. Elles échangeaient des regards amusés et se moquaient silencieusement du couple.

« Je savais bien que Ghislaine n'était pas aussi innocente qu'elle voulait le faire croire. Maintenant, tout le monde peut le voir. »

« Joël donne pourtant l'impression d'être un homme respectable. Comme quoi, l'apparence peut vraiment tromper. »

« Je plains vraiment Jacqueline... Elle a beau ne pas avoir été parfaite physiquement autrefois, elle avait un bon cœur. Elle a simplement aimé la mauvaise personne. »

Lorsque Jacqueline entra dans la salle, son regard se posa immédiatement sur Joël et Ghislaine.

En observant l'expression satisfaite de Ghislaine, elle comprit rapidement qu'elle ignorait encore ce qui venait d'être révélé.

Et, contrairement à ce qu'elle aurait pu imaginer, Jacqueline n'éprouvait aucune colère en entendant les compliments adressés à sa rivale.

Sa robe longue aux nuances champagne, décorée de petits détails brillants comme des étoiles, soulignait sa silhouette avec élégance. Ses cheveux bouclés Tristanbaient naturellement sur ses épaules, lui donnant une apparence à la fois raffinée et douce.

Elle ne portait qu'un maquillage discret, mais cela suffisait à révéler toute sa beauté naturelle.

Elle avait cette présence particulière qui attirait instinctivement les regards. Même sans chercher à se faire remarquer, elle semblait être au centre de la pièce.

Rapidement, plusieurs hommes s'approchèrent d'elle pour faire sa connaissance.

Ils se présentèrent les uns après les autres, la complimentant sur son apparence et cherchant à savoir de quelle famille elle venait.

Cinq ans auparavant, Jacqueline avait déjà vécu ce genre de scène. Mais aujourd'hui, elle ressentait quelque chose de différent.

Elle avait changé.

Elle adressa simplement un sourire poli avant de tenir légèrement sa robe et de marcher vers Joël et Ghislaine.

À l'instant où Joël la vit, son expression changea complètement.

Il resta immobile, incapable de cacher sa surprise.

Cette femme... était-ce vraiment Jacqueline ?

La même Jacqueline qu'il avait connue ?

Comment était-ce possible ?

Son corps autrefois rond et critiqué par tout le monde avait complètement changé. Elle était devenue une femme élégante, belle et impressionnante.

Joël n'arrivait pas à détacher son regard d'elle.

Le plus troublant était qu'elle n'avait presque rien fait pour cela. Elle portait seulement une robe, sans bijoux extravagants ni maquillage sophistiqué.

Pourtant, elle éclipsait facilement Ghislaine, qui avait pourtant passé beaucoup de temps à se préparer.

Ghislaine était jolie, mais ses traits manquaient de cette perfection naturelle que possédait Jacqueline.

Chaque détail du visage de cette dernière semblait harmonieux.

Un profond regret envahit soudain Joël.

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