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Douce Amertume

Douce Amertume

Auteur:: Orion Faye
Genre: Romance
Julien, chef pâtissier de génie, voyait le fruit de son travail s'envoler. Trois mois qu'il était un fantôme dans sa propre pâtisserie, sa femme Élodie et son jeune protégé Léo s'attribuant ses créations. Son nom, partout absent, contrastait avec le sourire parfait d'Élodie et la suffisance de Léo, couronné de succès qui n'étaient pas les siens. Le coup de grâce ? Alors qu'Élodie annulait leur week-end d'anniversaire sous de faux prétextes, elle s'affichait le lendemain sur Instagram, main dans la main avec Léo, dans ce même domaine viticole de Bordeaux qu'elle lui avait montré. La photo, son alliance au doigt de Léo, clouait Julien dans un vide glacial. Il avait tout donné, pour leur futur, mais n'avait été qu'une ombre, un secret honteux. La douleur, le dégoût, écrasaient son âme. Pourquoi cette trahison ? Pourquoi un tel aveuglement de la part de celle qu'il aimait ? Assez. Cet homme docile, cette ombre soumise, venait de mourir. Aujourd'hui, un nouveau Julien allait naître. Mais comment faire payer le prix de leur imposture ? Et surtout, comment se reconstruire après un tel naufrage, lorsque tout ce que l'on tient pour acquis s'effondre ?

Introduction

Julien, chef pâtissier de génie, voyait le fruit de son travail s'envoler. Trois mois qu'il était un fantôme dans sa propre pâtisserie, sa femme Élodie et son jeune protégé Léo s'attribuant ses créations. Son nom, partout absent, contrastait avec le sourire parfait d'Élodie et la suffisance de Léo, couronné de succès qui n'étaient pas les siens.

Le coup de grâce ? Alors qu'Élodie annulait leur week-end d'anniversaire sous de faux prétextes, elle s'affichait le lendemain sur Instagram, main dans la main avec Léo, dans ce même domaine viticole de Bordeaux qu'elle lui avait montré. La photo, son alliance au doigt de Léo, clouait Julien dans un vide glacial.

Il avait tout donné, pour leur futur, mais n'avait été qu'une ombre, un secret honteux. La douleur, le dégoût, écrasaient son âme. Pourquoi cette trahison ? Pourquoi un tel aveuglement de la part de celle qu'il aimait ?

Assez. Cet homme docile, cette ombre soumise, venait de mourir. Aujourd'hui, un nouveau Julien allait naître. Mais comment faire payer le prix de leur imposture ? Et surtout, comment se reconstruire après un tel naufrage, lorsque tout ce que l'on tient pour acquis s'effondre ?

Chapitre 1

Julien sentait le sucre collé à ses doigts. Trois mois. Trois mois qu'il travaillait en silence, un fantôme dans sa propre cuisine. La pâtisserie, sa pâtisserie, brillait sous les néons du Marais, mais son nom n'était nulle part.

Élodie, sa femme, se tenait près du comptoir, son sourire aussi parfait que les glaçages qu'il préparait. À côté d'elle, Léo, le jeune protégé, posait pour une photo, tenant l'entremets que Julien venait de finir.

C'était la pièce maîtresse pour le Grand Prix de la Pâtisserie. Une sphère de chocolat blanc délicate, renfermant une mousse au yuzu et un cœur de framboise. Des heures de travail, de tests, de nuits blanches.

« C'est magnifique, Léo. Ton génie est sans limite, » dit Élodie, sa voix forte pour que les autres employés entendent.

Léo sourit, un éclair de suffisance dans ses yeux. Il ne savait même pas comment tempérer le chocolat correctement.

Julien se retourna et commença à nettoyer son plan de travail. Le bruit du métal contre le marbre était le seul son qu'il pouvait contrôler. Il avait protesté, il y a trois mois. Élodie l'avait regardé avec une pitié froide.

« Julien, mon amour, sois raisonnable. Léo est l'image de la marque. Il est jeune, il est beau. C'est du marketing. C'est pour notre futur. »

Son futur. Pas le leur.

Ce soir-là, après la fermeture, Élodie le trouva dans la cuisine vide. Elle était euphorique. Léo avait gagné. Enfin, ils avaient gagné.

Elle posa ses mains sur ses épaules. « Je savais que tu finirais par comprendre. Tu es le meilleur mari. Pour fêter ça, et notre anniversaire que nous n'arrêtons pas de repousser, je t'emmène en week-end. »

Elle lui montra son téléphone. Une réservation dans un domaine viticole de luxe près de Bordeaux. Un château, des vignes, des dégustations privées.

« Juste toi et moi, » murmura-t-elle. « Comme avant. »

Julien la regarda. Il ne sentit rien. Pas de joie, pas d'excitation. Juste une immense fatigue. Mais il hocha la tête. Peut-être qu'un week-end loin de Léo, loin de la pâtisserie, pourrait changer quelque chose. Il voulait y croire.

Le lendemain matin, alors que Julien préparait sa valise, le téléphone d'Élodie sonna. Il entendit des cris étouffés, puis la voix suppliante de Léo.

« Si je ne suis pas la priorité, je m'en vais ! Je dirai à tous les journalistes que cette pâtisserie est une arnaque ! »

Julien s'arrêta, une chemise à la main. Il connaissait ce chantage.

Élodie entra dans la chambre, le visage crispé. Elle ne le regardait pas.

« Julien, je suis désolée. Il faut annuler. »

« Pourquoi ? » sa voix était plate.

« Une urgence. Un client très important, une commande de dernière minute pour un mariage. C'est une opportunité énorme. On ne peut pas refuser. »

Elle mentait. Il le voyait dans ses yeux fuyants.

« Les affaires avant tout, mon chéri. Toi, en tant que mon mari, tu devrais comprendre. »

Elle se pencha pour l'embrasser sur la joue, un baiser froid et rapide, puis elle partit.

Deux heures plus tard, Julien reçut une notification. Une story Instagram de Léo. Une photo de la route, le volant d'une voiture de sport. La main d'Élodie, avec sa bague de fiançailles, était posée sur la sienne.

La légende disait : « En route pour un week-end d'inspiration à Bordeaux. Le travail acharné paie toujours. »

Une autre photo suivit. Léo et Élodie, des verres de vin à la main, souriant devant le château qu'elle lui avait montré. Leurs têtes étaient proches. Trop proches.

Julien regarda la valise à moitié faite sur le lit. Il la referma lentement, puis la poussa sous le lit. Il ne ressentait plus de colère. Juste un vide immense et froid. C'était fini. Il le savait maintenant.

Chapitre 2

Le lundi matin, la pâtisserie bourdonnait d'une énergie fausse et excitée. Les employés parlaient du « voyage d'affaires » d'Élodie et Léo.

« Ils sont tellement dévoués, » dit une jeune apprentie. « Partir à Bordeaux sur un coup de tête pour trouver l'inspiration. C'est ça, la passion. »

Julien passa devant eux sans un mot, son tablier propre plié sous son bras. Il se dirigea vers le petit bureau à l'arrière. Sur l'ordinateur, il ouvrit le portail des ressources humaines.

Il cliqua sur « Démission ». Motif : « Départ immédiat ».

Il n'y avait aucune émotion. C'était juste une tâche administrative. Une case à cocher pour mettre fin à des années de mensonges.

Il laissa son tablier sur le bureau, avec les clés de la pâtisserie. En sortant, il croisa le regard de quelques collègues. Ils chuchotaient, certains souriaient avec mépris. Pour eux, il était juste le mari effacé, l'ombre sans talent. Son départ n'était rien, une anecdote amusante à raconter à Léo et Élodie à leur retour.

« Il n'a pas supporté la pression, » entendit-il l'un d'eux dire. « Léo est un vrai génie, ça a dû être dur pour son ego. »

Julien ne répondit pas. Il sortit dans la rue parisienne, l'air frais lui sembla nouveau. Il marcha sans but pendant une heure, puis il s'assit à la terrasse d'un café. Il sortit son téléphone et composa un numéro qu'il avait gardé précieusement.

« Allô, Monsieur Dubois ? Julien au téléphone. J'accepte votre offre. »

Il y eut un silence, puis une voix chaleureuse et satisfaite. « Excellente nouvelle, Julien ! Nous sommes ravis de vous accueillir comme chef pâtissier. Le salaire est bien le double de ce que nous avions discuté. Quand pouvez-vous commencer ? »

« Demain, » répondit Julien.

En raccrochant, il sentit un poids quitter ses épaules. Un hôtel de luxe sur les Champs-Élysées. Une nouvelle cuisine. Une nouvelle équipe. Son nom sur le menu.

Pendant ce temps, à Bordeaux, Élodie sirotait un verre de Sauternes au bord de la piscine. Léo était à côté d'elle, se plaignant de son téléphone.

« Il est trop lent pour mes stories. »

Élodie reçut une notification sur son téléphone professionnel. « Approbation de démission requise ». Elle l'ouvrit distraitement. Elle ne lut pas le nom. Elle voyait des démissions de commis et de plongeurs toutes les semaines. Elle cliqua sur « Approuver » sans même y penser.

« Voilà, c'est réglé, » dit-elle à Léo. « Maintenant, choisis la montre que tu veux. C'est mon cadeau pour ta victoire. »

Elle lui tendit sa tablette, ouverte sur le site d'une marque de luxe.

Julien, de son côté, regardait le ciel de Paris. Pour la première fois depuis des années, il se sentait libre. La moquerie de ses anciens collègues ne l'atteignait pas. Leur opinion était basée sur un mensonge qu'il avait laissé grandir. Mais ce mensonge était mort aujourd'hui. Et il était prêt à commencer à vivre sa propre vérité.

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