Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Docteur charme - Tome II : Les tumultes du passé
Docteur charme - Tome II : Les tumultes du passé

Docteur charme - Tome II : Les tumultes du passé

Auteur:: promotion
Genre: Romance
Louka et Anna, follement amoureux, s'installent à Paris, décidés à profiter de leur amour. En découvrant l'univers de celle qu'il aime, Louka prend conscience du manque d'argent et de soutien auxquels la jeune femme a dû faire face avant son arrivée en Afrique. Ces deux amants passionnés devront apprendre à gérer les ombres de leur passé, au risque de tout perdre, pour réussir à écrire leur propre histoire. Une vie emplie d'espoir et de projets à laquelle les amis de toujours ainsi que les nouvelles rencontres apporteront des moments de joie, de sérénité, mais aussi, peut-être, la résilience tant attendue. Biographie de l'auteur Bien qu'elle soit très éclectique en matière de gout littéraire, Rébecca Lesens a un penchant particulier pour la new-romance. L'inspiration qu'elle a tirée de ses nombreuses lectures l'a conduite à rédiger la duologie Docteur charme. Les tumultes du passé en est la seconde partie.

Chapitre 1 Anna

Je fronce le nez en reniflant l'odeur désagréable de renfermé puis j'ouvre la fenêtre et pousse rapidement les volets.

Je respire avec soulagement l'air de l'extérieur.

La lumière de ce milieu d'après-midi éclaire mon appartement et je scrute les lieux sans indulgence.

L'unique pièce de mon studio, d'une vingtaine de mètres carrés, est telle que dans mon souvenir : triste et sans vie.

Le mur du fond est occupé par un canapé et une table basse bon marché. Une armoire et une étagère qui croulent sous le poids des livres complètent le coin salon, tandis que sur le mur d'en face, une kitchenette vieillotte en bois foncé est installée depuis, semble-t-il, une éternité.

Dans un coin près de l'entrée, quelques cartons toujours emballés trônent ajoutant un aspect un peu plus confiné encore.

Louka entre en trainant nos deux grosses valises à roulettes et ses yeux font rapidement le tour de l'appartement.

Je lui lance un petit regard désolé :

- Si tu préfères t'installer à l'hôtel en attendant que l'on trouve un logement plus décent, je comprendrais, dis-je gênée en mordillant ma lèvre inférieure.

- Non merci, répond-il d'un ton ferme. À moins que tu viennes avec moi ?

Je secoue la tête aussitôt, car mon budget ne me le permettrait pas de toute façon, mais je n'en parle pas à Louka. Celui-ci ferme la porte d'entrée et me rejoint en quelques enjambées près de la fenêtre en m'enlaçant amoureusement :

- Ça va aller, bébé, dit-il gentiment. Tant qu'on est tous les deux, ça me suffit.

Je lui souris en croisant son sublime regard mordoré.

Mon docteur charme frotte son nez contre le mien et sa bouche trouve la mienne pour un long baiser langoureux. D'un coup, la fatigue du voyage et le découragement devant mon appartement misérable s'envolent et je lui rends son baiser avec fougue en sentant la chaleur se répandre dans mon corps. Mes mains se nouent instinctivement autour de son cou, je m'entends soupirer de plaisir, le cœur plus léger.

Lorsque nos lèvres se quittent, Louka me couve d'un regard incendiaire qui me fait fondre.

Je lui murmure doucement :

- Je t'aime.

- Moi aussi, dit-il en m'enlaçant plus fort.

Il me berce quelques minutes contre lui puis je me détache doucement de son étreinte en lui plantant un léger baiser dans le cou.

J'ouvre les volets de la seconde fenêtre et je la laisse grande ouverte pour aérer l'appartement. Il fait doux, mais les bruits de circulation dans la rue m'agressent un peu.

Je vais devoir réapprendre à vivre à Paris !

Louka ouvre l'unique porte située dans l'entrée et découvre la minuscule salle de douche et les toilettes attenantes.

Je ne peux m'empêcher de sourire, un peu amusée, en imaginant le jeune médecin prendre sa douche dans la cabine exiguë. Quand je lui en fais la remarque, il me lance un clin d'œil coquin :

- Moi qui pensais que l'on pourrait enfin prendre une douche tous les deux après notre vie en communauté à Soko, c'est raté, je crois !

Son ton est ironique, j'acquiesce en feignant une vive déception :

- Mince alors ! Il faut qu'on déménage vite dans ce cas !

Il me prend dans ses bras et me susurre, son regard rivé au mien :

- Oh oui alors, notre premier appartement rien que pour toi et moi !

Les deux grandes valises nous narguent dans l'entrée alors j'entreprends de faire de la place dans ma vieille armoire pour y loger nos vêtements. L'entreprise se révèle plus délicate que prévu et quand nous arrivons finalement à caser tous nos effets personnels, il se fait tard.

Louka propose d'aller faire quelques courses dans le quartier pour notre diner et tandis que je m'active pour finir de ranger nos affaires, il part en emportant les deux grosses valises pour les stocker à la cave.

« Voilà c'est pas mal », me dis-je en contemplant l'appartement un peu encombré mais praticable.

J'allume mon ordinateur portable en m'installant sur le canapé puis je vérifie mes mails.

Ravie, je constate que ma tante Isa m'a envoyé un dossier de photos sur son séjour à Londres chez Louis et son boy-friend Arthur. Je les regarde en souriant et en admirant le charisme de mon cousin, puis je tape un SMS pour ma tante et son mari Georges ainsi qu'un autre pour Louis afin de les informer de mon retour à Paris.

J'ai très envie de les revoir, j'ai hâte de les présenter à Louka aussi !

Je sursaute légèrement quand il entre dans la pièce, un grand sac à provisions dans la main.

- Le repas de mademoiselle Selnes est servi, s'exclame-t-il joyeusement.

Tandis qu'il ouvre le petit congélateur pour déposer une bouteille de champagne, je l'aide à déballer ses achats : salades composées, saumon fumé, pain frais, lait, biscuits et thé à la vanille, mon préféré !

Devant mon petit cri de joie, le jeune homme me sourit tendrement :

- Demain soir, nous fêterons notre retour au restaurant, mais pour ce premier repas en tête-à-tête à Paris je te propose de célébrer avec un peu de champagne.

Pendant que la bouteille refroidit, je lui montre les photos que ma tante m'a envoyées, puis nous installons notre festin sur la table basse en nous asseyant côte à côte par terre sur des coussins. Louka lève son verre en se tournant vers moi :

- À notre avenir mon amour, à notre bonheur à tous les deux, dit-il d'un ton grave et le regard brillant de sincérité.

- À notre amour, soufflé-je le cœur empli d'émotion à l'idée de passer le reste de ma vie avec cet homme merveilleux.

Nous dinons au son d'une musique douce puis je propose à Louka de déplier le canapé pendant que je fais rapidement la vaisselle. Le jeune médecin s'exécute en quelques minutes et trouve des oreillers, des draps et une couette dans son coffre ; il fait le lit naturellement.

La vue du canapé occupant maintenant une grande partie de la pièce me fait soupirer :

- C'est la première fois que je me rends compte à quel point cet appartement est étroit, surtout avec le lit, dis-je doucement.

Louka semble perplexe en me demandant :

- Tu ne dormais pas ici ?

- Si bien sûr, mais je dormais sur le canapé avec une couverture. Je n'ai jamais pris la peine de l'ouvrir pour en faire un vrai lit.

J'ai honte en avouant cela, d'autant plus que les cartons qui encombrent l'entrée laissent entrevoir à quel point j'allais mal avant de partir en Afrique.

« Quel signe de faiblesse ! » me dis-je un peu gênée.

Après quelques secondes d'hésitation, mon docteur charme me tend la main en s'asseyant sur le lit :

- Viens voir comme notre lit est confortable bébé, me lance-t-il avec un grand sourire plein de promesses.

Je prends sa main et m'allonge près de lui tandis que ses lèvres s'emparent des miennes avec passion. Nous nous embrassons à en perdre haleine, bercés par la musique douce de ma playlist qui tourne en boucle.

Louka ôte mon t-shirt et mon soutien-gorge pour embrasser mes seins, je soupire de plaisir sous ses assauts délicieux. Il défait ma ceinture, déboutonne mon jean et le fait glisser jusqu'au sol en se levant sans me quitter des yeux. Ceux-ci assombris de désir me contemplent tout entière alors que je suis uniquement vêtue d'une petite culotte en dentelle noire.

J'ondule sous son regard ; je me redresse sur les coudes pour le contempler à mon tour.

- Docteur Williams, vous êtes beaucoup trop habillé, dis-je d'un ton provocant.

- Déshabille-moi si tu veux, me propose-t-il sur le même ton.

Je m'assieds au bord du lit et j'obéis avec enthousiasme à sa proposition.

Une fois le jean et le caleçon retirés, je me lève et m'attaque au t-shirt que je fais passer au-dessus de sa tête en collant mon corps tout contre le sien. Louka attrape mes hanches et me soulève contre lui, contre son sexe dur, en me fixant de son regard avide de désir.

Ses frottements contre le bas de mon ventre vont me rendre dingue !

Mes jambes se nouent instinctivement autour de sa taille puis je passe mes mains dans ses cheveux en bataille en le dévisageant gravement :

- Louka, j'ai tellement envie de toi, dis-je d'une voix presque désespérée.

Mon docteur charme me dépose avec douceur sur le lit, lentement ses mains baissent ma petite culotte jusqu'à m'en débarrasser complètement. Ses lèvres remontent doucement le long de ma jambe, de ma cuisse, pour finir entre mes jambes où sa langue commence une délicieuse torture en m'explorant langoureusement.

Je gémis en serrant les draps dans mes mains :

- Hum, Louka.

Ma respiration s'accélère et l'orgasme est tout proche de m'engloutir.

- Viens maintenant, s'il te plait, dis-je d'une voix rauque que je reconnais à peine.

Aussitôt, le jeune homme se redresse et son corps remonte vers moi.

Il me murmure, le regard incendiaire :

- Bébé, j'ai très envie d'être en toi.

À ces mots, il glisse entre mes jambes puis commence à bouger dans un long mouvement de va-et-vient qui nous arrache soupirs et gémissements.

Ses mains plaquent les miennes contre le matelas à hauteur de mon visage et nos doigts s'entrelacent délicatement.

Mes jambes se nouent très haut sur sa taille, mon corps bouge au même rythme que le sien dans un ballet parfait. Nous nous regardons, sans nous embrasser, dans le plus profond abandon ; cela me bouleverse.

Voir Louka prendre autant de plaisir et l'entendre gémir en me fixant, les yeux dans les yeux, galvanise mon propre plaisir alors j'accélère la cadence en gémissant de plus belle.

L'orgasme monte en moi comme une vague qui déferle et je plisse les paupières en renversant la tête en arrière envahie de spasmes douloureusement exquis.

- Non, bébé. Regarde-moi, je veux te voir jouir, murmure-t-il d'une voix suppliante.

- Louka, Louka, marmonné-je en braquant mon regard éperdu dans le sien.

Il ne faut que quelques secondes pour qu'il pousse un long râle et que son corps se contracte à son tour alors qu'il continue de me fixer inlassablement sans chercher à me cacher son visage crispé par le plaisir.

Nos lèvres se retrouvent enfin et nous échangeons un long baiser tandis que nos deux corps ralentissent leur rythme et que la plénitude me submerge complètement.

Jouir ensemble les yeux dans les yeux sans pudeur m'a littéralement excitée et alors que je me blottis contre mon amant, le visage calé contre son torse, je lui susurre :

- J'aime te voir prendre du plaisir, tu sais.

- Pareil pour moi. Contempler ton visage au moment de l'orgasme est le plus beau cadeau que tu puisses me faire, ma douce. Je veux te combler, Anna, je veux prendre soin de toi.

Sa voix est sincère et sa déclaration m'émeut tant que je lève un regard embué de larmes vers lui :

- Tu me combles au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer, mon amour.

- Toi aussi, dit-il à voix basse.

Chapitre 2 Louka

Je ferme les yeux, mais le bruit de la circulation parisienne au bas de l'immeuble me perturbe un peu ; je n'ai plus séjourné dans la capitale depuis plus d'un an.

Il est presque deux heures du matin et Anna dort profondément contre moi.

La lumière bleue du radio-réveil, posé près du canapé, éclaire suffisamment pour que je distingue son visage serein aux traits délicats

Je me tourne doucement vers elle pour la contempler, mais mes pensées sont ailleurs.

J'ai eu un choc cet après-midi en entrant dans cet appartement !

Découvrir l'univers d'Anna – celui d'avant notre rencontre – m'a profondément troublé, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter de ce retour aux sources.

Peut-être que j'aurais dû lui proposer de vivre à Seattle près de ma propre famille ?

Le studio respire la tristesse, certes, mais surtout je me demande si la jeune infirmière n'a pas manqué d'argent. C'est vrai, la vétusté des meubles, le manque de confort matériel m'a frappé plus encore que l'absence de photos ou de décoration intérieure.

Avant de venir ici, je savais qu'Anna n'avait pas été entourée par sa famille ou ses amis, mais en débarquant aujourd'hui je me demande jusqu'à quel point la jeune femme a été privée financièrement également. J'ai cru comprendre que son ex-mari avait gardé leur appartement, mais je doute à présent qu'Anna ait eu sa part !

Me contenant à peine, je serre les mâchoires et sens la colère monter en moi en songeant à Vincent et aux parents d'Anna.

Nous déambulons main dans la main le long du canal Saint-Martin en profitant de ce dimanche ensoleillé. Je propose à ma petite amie de prendre un verre à la terrasse d'un bistrot et elle accepte en souriant.

Pendant que nous attendons nos boissons, j'observe machinalement les couples et les familles se promener autour de nous, puis mon regard se pose sur Anna, ravissante dans sa petite robe noire aux fines bretelles et au joli décolleté.

Je lui demande d'un ton un peu plus sec que je ne voudrais :

- As-tu des nouvelles de tes parents ?

Elle ne peut s'empêcher de grimacer à leur évocation, mais elle me répond d'un ton sincère :

- J'ai envoyé un SMS à mon père ce matin pour lui dire que je suis bien arrivée hier.

- À ton père ? dis-je perplexe.

- Oui. Mes précédents SMS adressés à ma mère sont restés sans réponse alors je tente sur le portable de mon père.

Devant son air résigné, je secoue la tête et je lève les yeux au ciel, agacé :

- Ils ne te méritent pas, Anna. Comment peuvent-ils t'ignorer de cette façon?

Puis j'ajoute plus doucement :

- Pardon, je ne veux pas te faire de peine.

Elle pose une main sur la mienne et m'explique gentiment :

- Je me suis promis de ne plus les laisser me juger, mais...

Le serveur l'interrompt en déposant mon jus d'orange et le diabolo menthe commandé par Anna.

Voyant qu'elle ne reprend pas la parole, je poursuis :

- Je sais bien que ce sont tes parents, tu as eu raison de les prévenir de ton retour.

Elle me fixe de ses grands yeux verts, mais ricane, un peu amère :

- Remarque, je n'ai pas de nouvelles depuis presque six mois ! Je ne sais même pas si je les reverrai un jour ou plutôt s'ils daigneront me revoir devrais-je dire... C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ne sont même pas au courant pour toi et moi.

Je saisis sa main et lui dépose un baiser dans le creux de sa paume

Ses yeux brillants captent mon regard.

- Je t'ai dit que tu es sublime aujourd'hui ? lui demandé-je pour changer de sujet.

- C'est pour vous plaire, docteur Williams, répond-elle avec un merveilleux sourire.

- C'est réussi.

Nous continuons notre promenade proche du canal quand mon attention se porte sur ce quartier très agréable du dixième arrondissement.

- On pourrait peut-être trouver un appartement près d'ici non ?

Contre toute attente, ma petite amie se montre plus mesurée :

- Oui pourquoi pas ? À condition qu'il soit dans notre budget...

Manifestement, l'aspect financier inquiète la jolie infirmière !

Pour couper court à ses inquiétudes, je lui propose de la prendre en photo pour les envoyer à Sue, Marc et Jérémy.

- Bonne idée, lance-t-elle en retrouvant son sourire. Ça fait bizarre d'être séparés d'eux non ? Ils me manquent beaucoup.

- Oui, c'est vrai. Ils me manquent aussi... Mais bon d'ici quelques semaines, ils rentrent en Europe et nous pourrons nous revoir tous ensemble.

- J'espère être disponible avec le travail, dit-elle tout à coup. J'ai rendez-vous demain avec mon DRH pour voir comment réintégrer mon poste dans mon ancien service...

Son visage s'est assombri et Anna me semble contrariée à cette perspective.

Je m'arrête subitement de marcher puis je me tourne vers elle :

- Tu dois avoir des congés à prendre bébé ! Après tout, tu n'en as pas pris pendant tes cinq mois à Soko.

- Oui, c'est vrai, renchérit-elle en opinant de la tête. Je vais voir demain si je peux les poser avant de reprendre mon poste.

Cette éventualité la rassure, je le constate aussitôt à son visage soulagé.

Je réfléchis l'espace de quelques secondes, je comprends aisément que retrouver ses anciens collègues et le service où elle a vécu l'enfer ne l'enchante pas du tout.

Je lui propose sur un ton bienveillant :

- Peut-être que tu pourrais changer de service non ?

- Oui peut-être... Je n'ai pas envie de retourner là-bas pour les raisons que tu connais et j'aimerais bien faire autre chose aussi, dit-elle en réfléchissant.

- Quel genre ?

- Les urgences peut-être... Oui, je pense que cela me plairait bien !

J'acquiesce de la tête puis nous reprenons le chemin de son studio après avoir pris une bonne dizaine de photos pour nos amis restés en Afrique.

Chapitre 3 Anna

Je sors du bureau du DRH le sourire aux lèvres et le cœur plus léger. J'ai obtenu sans difficulté de cumuler les congés que je n'ai pas pris depuis le début de l'année, et cela me permet de ne reprendre mon travail que dans trois semaines, tout en pouvant prétendre à une semaine de vacances à la fin de l'été pour envisager un voyage avec Louka.

Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, ma candidature pour intégrer le service des urgences a beaucoup intéressé le DRH – car il est apparemment en sous-effectif – et il ne devrait pas y avoir de soucis pour mon transfert.

Mon téléphone vibre, je reçois un SMS de mon docteur charme qui me demande si tout s'est bien passé. Il vient de sortir de l'agence immobilière et me propose de se retrouver dans un restaurant sympa près de l'hôpital Saint-Louis pour déjeuner.

Je lui réponds aussitôt et pars vers le lieu indiqué, un sourire toujours scotché aux lèvres.

Le temps est un peu maussade aujourd'hui aussi j'enfile ma veste noire par-dessus ma robe fluide rouge foncé. D'un regard, je repère mon amoureux assis derrière la baie vitrée du restaurant ; il me fait un signe de la main.

Dès que j'arrive à sa hauteur, je lui dépose un tendre baiser sur la bouche puis je m'assieds en face de lui.

- Tout s'est bien passé apparemment ! me lance Louka un large sourire flottant sur ses lèvres.

- Oui, je suis très contente ! J'ai trois semaines de vacances et je vais pouvoir travailler aux urgences. Le manque d'effectif a bien joué en ma faveur, dis-je excitée par ces bonnes nouvelles. Et toi ? L'agence pense pouvoir nous trouver un petit nid d'amour ?

- Oui Mademoiselle ! Nous allons pouvoir visiter des biens très rapidement ; j'ai joué de mon charme auprès de la dame de l'agence, dit-il avec un sourire irrésistible.

Je le contemple un instant et je ne peux que confirmer qu'il a vraiment un charme indéniable. Ce matin, le jeune médecin a enfilé un costume gris foncé sur une chemise blanche et on dirait qu'il sort tout droit d'un magazine. L'éclat de ses yeux ambrés me sonde tout entière et je repense en rougissant à notre soirée de la veille au restaurant d'abord puis à nos ébats dans mon appartement.

Le regard amusé, Louka me taquine :

- Je donnerai cher pour lire dans tes pensées ma douce, bien que j'aie suffisamment d'imagination... Tu es adorable quand tu rougis, ajoute-t-il avec un regard appuyé.

La serveuse nous interrompt en nous confiant la carte des menus et je détourne les yeux de mon bel amoureux, les joues encore brûlantes

Nous déjeunons sereinement en discutant de notre futur appartement. Louka m'apprend qu'il possède un grand garde-meuble où il a entreposé de nombreux effets personnels dont du mobilier que l'on pourrait utiliser pour notre logement.

- On ira cette semaine si tu veux, me propose-t-il, comme ça tu pourras choisir ce qui te plait ou ce que l'on jette.

J'en profite pour parler d'un sujet qui me met particulièrement mal à l'aise, mais qu'il est nécessaire que j'évoque avant notre emménagement :

- C'est plutôt une bonne nouvelle que tu possèdes des meubles, ça nous fera des frais en moins, surtout avec la location. Je ne suis pas difficile, tout fera l'affaire...

Puis j'ajoute dans une tentative vaine pour faire de l'humour :

- Tu as vu ma déco, non ?

À ces mots, Louka se penche vers moi avec un air grave :

- Anna, je veux que l'on se sente bien dans cet appartement et que tu le décores comme tu le souhaites sans penser à la dépense. D'ailleurs puisque tu parles d'argent, je souhaite partager le loyer de ton studio – ça me parait normal puisque j'y vis – et tous les autres frais aussi.

Son ton est empreint de douceur et son regard me scrute comme s'il souhaitait me poser des questions. Je devine sans peine que la vétusté de mon appartement ne l'a pas trompé ce qui me contrarie et me gêne à la fois. En lisant mon journal intime, j'ai confié à Louka mes pires démons et il sait que la stérilité et le rejet de mon ex-mari m'ont profondément blessée, l'indifférence de mes parents aussi

Soudain, je n'ai pas envie de rajouter un fardeau de plus sur la liste, car j'ai la désagréable impression de n'être plus qu'un lot de problèmes et cela me blesse.

Je sursaute légèrement alors qu'il pose une main rassurante sur la mienne et commence à parler calmement :

- Je crois surtout que tu n'as pas pu faire autrement non ?

- Oh, Louka, ce n'est pas grand-chose, ce n'est que du matériel de toute façon.

Mon docteur charme me fixe un instant puis il me demande doucement :

- Anna, pardonne-moi de te poser la question... Est-ce que tu as dû faire face à des difficultés financières suite à ton divorce ?

Je lui réponds un peu sèchement :

- Qu'est-ce que cela change ? L'argent n'est pas important, tu le sais bien.

- Sauf si tu en manques au point de devoir te priver dans la vie de tous les jours... Anna, Vincent t'a bien donné la part qui te revenait sur votre appartement non ? insiste-t-il encore.

Je le dévisage en pâlissant, mais je vois à son expression que ses doutes se confirment.

- Il mériterait une bonne raclée ce sale type, dit-il les dents serrées.

Je secoue la tête et explique d'une voix basse :

- J'étais d'accord avec lui pour renoncer à ma part, après tout je ne pouvais pas porter son enfant et c'est une forme de préjudice...

- C'est une plaisanterie non ? me coupe-t-il. Je ne peux pas croire que tu te blâmes encore de ne pas avoir pu tomber enceinte !

Je comprends son irritation bien sûr, car je sais à quel point il est malsain de me rendre responsable de ma stérilité. Pourtant, je n'ai pas envie que mon docteur charme ait pitié de moi, je baisse la tête ne sachant que répondre.

- Anna, tu n'es responsable de rien, ne crois pas cet abruti, je t'en prie. Tu es une jeune femme merveilleuse et c'est lui qui a tort, dit-il d'un ton convaincant.

Il se penche et pose sa main sous mon menton pour que je relève les yeux vers lui. Il me sourit tendrement et me propose d'aller marcher un peu.

Les nuages s'accumulent dans le ciel de Paris et je songe avec tristesse que le temps, à l'instar de mon moral, s'est assombri.

Nous marchons main dans la main en direction du métro, mais le silence qui persiste entre nous est assourdissant.

Je sais bien que Louka a raison au fond.

Vincent a su jouer de ma douleur psychologique pour me culpabiliser et s'approprier les bénéfices financiers de notre appartement. Pire encore, il a utilisé la fonction d'avocat de son père pour me convaincre que juridiquement j'étais responsable de notre divorce.

Je m'arrête brutalement de marcher, mon petit ami se tourne vers moi perplexe. Tout à coup, je me rends compte que mon retour à Paris a fait ressurgir mes doutes quant à mon estime de moi et je ne veux pas faire machine arrière sur la résilience que je suis en train d'accomplir !

- Tu as raison, dis-je à Louka sur un ton déterminé. C'est minable ce que Vincent a fait et honnêtement, je suis bien contente de ne plus être mariée avec lui.

- Tu me surprendras toujours mon amour, me répond-il le regard empreint de fierté en m'enlaçant au beau milieu du trottoir.

Le temps de rentrer, la pluie s'est mise à tomber et nous arrivons trempés dans mon petit studio. Pendant que je sèche mes cheveux dans la salle de douche, mon docteur charme nous prépare un thé bien chaud.

Manifestement, mon petit ami n'a pas passé toute la matinée à l'agence immobilière, car je constate que le frigidaire est plein alors que je sors une bouteille de lait. Un joli bouquet de fleurs apporte une belle touche de couleurs sur le plan de travail de la cuisine.

Charmée par cette attention, je l'enlace en lui déposant un long baiser sur les lèvres.

- Merci, mon amour, dis-je tout contre sa bouche. J'ai beaucoup de chance de t'avoir dans ma vie.

- Je t'aime tellement, bébé.

Son baiser est doux et tendre, mes mains caressent ses cheveux tout naturellement.

Il pose son front contre le mien en me lançant un regard charmeur :

- J'ai envie de passer l'après-midi au lit avec toi, chuchote-t-il en passant ses mains dans mon dos pour me rapprocher encore de lui.

À ces mots, le désir flambe immédiatement dans mes veines et je me contente d'acquiescer de la tête puis de déposer des petits baisers dans le creux de son cou. Je remonte lentement vers sa mâchoire jusqu'au lobe de son oreille que je prends entre mes lèvres comme une gourmandise.

- Hum, bébé, soupire de contentement le jeune médecin tandis que sa main trouve la fermeture éclair de ma robe.

Celle-ci tombe à mes pieds et je l'enjambe machinalement tout en déboutonnant la chemise de mon docteur charme, les doigts tremblants d'impatience.

Comme toujours, son regard, sa peau, son odeur me chavirent complètement et je ne peux plus penser qu'à une seule chose : que cet homme magnifique me prenne le plus rapidement possible pour nous emmener vers l'extase.

Louka attrape mes épaules puis me tourne afin de dégrafer mon soutien-gorge. Sa langue trace de délicieux sillons le long de mon dos et je devine qu'il s'est agenouillé tandis qu'il fait glisser minutieusement ma petite culotte rouge jusqu'au sol.

Je suis nue, offerte, dos à lui et ma respiration s'accélère alors que sa langue reprend son chemin vers mes épaules et que son torse nu se presse contre mon dos répandant un peu plus de chaleur encore dans mon corps. Ses mains glissent vers mes seins qu'il se met à titiller délicatement jusqu'à ce que les pointes durcissent.

- Surtout, ne t'arrête pas, chuchoté-je en penchant ma tête en arrière pour laisser sa bouche explorer mon cou.

Sa main s'aventure entre mes jambes.

N'en pouvant plus, je me tourne pour lui faire face et lui lance un regard langoureux en déboutonnant son pantalon de costume pour le laisser tomber à ses pieds, puis je passe ma main à l'intérieur de son caleçon pour caresser son sexe dressé. Louka s'empare de mes lèvres avec fougue et baisse lui-même son caleçon pour s'en débarrasser et laisser libre champ à ma main qui accélère la caresse jusqu'à le faire gémir dans ma bouche.

- Oh, Anna, je ne peux pas me rassasier de toi, murmure-t-il tout contre mes lèvres.

Le voir s'abandonner ainsi m'excite au plus haut point, je m'agenouille à mon tour pour prendre son pénis dans ma bouche et le caresser avec ma langue. Mes mouvements s'accentuent peu à peu, Louka gémit mon prénom et quelques mots incompréhensibles en caressant mes cheveux.

Il me redresse, le regard chaviré de désir :

- Viens sur moi, dit-il en m'entrainant sur le canapé où il m'assied sur lui à califourchon.

Je me glisse sur son sexe délicieusement puis je ferme les yeux par la sensation de plaisir que cela me procure.

Je chuchote tout contre son oreille :

- J'aime tellement faire l'amour avec toi.

Il agrippe mes hanches fermement et nous entraine dans un rythme infernal qui nous fait gémir à l'unisson. Mes mains se posent sur ses épaules, ma joue frotte contre la sienne alors qu'il me fait monter et descendre inlassablement. Le plaisir monte en moi, la chaleur envahit mon ventre et je suis proche de jouir, tellement proche que la sensation est presque douloureuse. Louka me chuchote d'une voix rauque :

- Oh oui, Anna, c'est bon. Je t'aime, mon amour.

- Moi aussi. Encore, encore.

Je bascule enfin dans un orgasme puissant en gémissant longuement, puis je sens le corps de mon amant se contracter à son tour. Il m'allonge brusquement sous lui en continuant à une cadence frénétique ses mouvements de va-et-vient. Je serre très fort mes jambes autour de sa taille, incapable de résister au plaisir de l'orgasme qui n'en finit pas.

Lorsque nos corps sont apaisés, le thé est froid et Louka, uniquement vêtu de son caleçon, apporte les deux tasses en riant vers le micro-ondes. J'enfile une nuisette et me love dans le canapé, alanguie comme une jeune mariée après sa nuit de noces. La pluie martèle les vitres de l'appartement, mais mon humeur est définitivement à l'opposé de la météo.

Une fois installés tous les deux en train de siroter notre thé, il me demande gentiment si je veux bien lui expliquer pourquoi je me suis retrouvée sans argent après le divorce.

- Vincent et son père ont réussi à me convaincre de renoncer à mes droits sur l'appartement en me culpabilisant, dis-je calmement. Toutes mes économies étaient passées dans l'achat de ce bien, et du coup je me suis retrouvée sans rien. Une fois le loyer payé, la caution, l'achat de quelques meubles d'occasion il me restait peu de budget pour autre chose que la nourriture.

- Ta tante et ton oncle ne se sont rendu compte de rien ?

- Si, je pense qu'Isa et Georges se faisaient du souci pour moi. Ils ont posé pas mal de questions à cette période, mais je me suis arrangée pour les rencontrer à leur domicile et qu'ils ne viennent pas dans mon minuscule studio. En fait, Isa m'a même emmené faire du shopping avant mon départ pour l'Afrique, elle m'a offert presque toute une garde-robe, j'avais beaucoup maigri alors...

Quand je finis de lui raconter tout cela, mon petit ami ne s'emporte pas devant la perfidie de Vincent comme à son habitude. Je vois bien qu'il se contient et je lui en suis grée : après tout, pourquoi donner de l'importance à tout ça ?

Mon portable sonne et je constate, ravie, que justement c'est Isa qui m'appelle.

Je prends la communication en lançant un regard joyeux à mon amoureux qui me sourit en retour puis s'éclipse poliment vers la salle de douche.

Quand il en ressort un peu plus tard, j'ai raccroché et j'ai une excellente nouvelle :

- Isa et Georges nous invitent tous les deux à diner chez eux demain soir. J'ai vraiment hâte de te les présenter !

Il s'assied près de moi, les cheveux encore trempés de sa douche :

- Je suis ravi de les rencontrer, me dit-il avec enthousiasme. Ce serait sans doute plus pratique si j'allais louer une voiture pour les prochaines semaines.

- On peut prendre un taxi demain soir tu sais, pas la peine de dépenser...

La phrase m'a échappé, mais je vois à l'expression du visage de mon docteur charme qu'il a très bien compris que c'est compliqué pour moi de dépenser de l'argent après mon expérience difficile.

Il pose une main sur ma joue et caresse tendrement la courbe d'un de mes sourcils.

- Comme tu veux mon amour, murmure-t-il d'un ton rassurant.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022