L' accord que Marc avait signé avec Chloé, son amour de jeunesse, était une torture pour Adèle.
Si Marc la délaissait neuf fois, elle devrait lui céder sa place.
La neuvième fois est arrivée sous une pluie battante, alors qu' elle souffrait horriblement et qu' il l' a abandonnée sur l' autoroute pour rejoindre Chloé.
Le cœur brisé, elle a marché des heures, trempée, humiliée, pour trouver Chloé triomphante dans leur appartement, se moquant d' elle.
Elle a compris que Marc ne l' avait jamais aimée, qu' elle n' était qu' un pis-aller, et que leur mariage avait été une machination orchestrée par sa prétendue amie.
Accablée mais sereine, elle a signé les papiers du divorce, que Marc, aveuglé par Chloé, a signé sans même les lire.
Les jours suivants, Marc a tenté de la racheter par des cadeaux impersonnels, ignorant son absence.
Elle a découvert ses porte-bonheurs remplacés par des babioles de Chloé dans sa propre voiture, un mensonge de plus dans une litanie de trahisons.
Lors d' une réunion d' anciens élèves, Chloé a révélé que son mariage n' était qu' un « arrangement de convenance », la qualifiant de « distraction » pour Marc, son « amour éternel ».
Adèle s' est sentie piégée, un simple rôle dans une pièce écrite par Chloé.
Puis le piège s' est refermé : pour la sauver des flammes d' un accident, Marc s' est jeté sur Chloé, la serrant dans ses bras, la laissant gisant dans son propre sang.
L' indifférence de Marc à son chevet à l' hôpital, son empressement à rejoindre Chloé, et les photos qu' elle lui envoyait, étaient des poignards à répétition.
Le jour de sa sortie, elle a clairement dit au médecin : « Ce n' est plus mon mari. Nous avons divorcé. »
Marc est sorti avec des fleurs, l' air perdu, ne comprenant pas sa nouvelle froideur.
Elle a vidé l' appartement de ses affaires, jetant rageusement tout ce qui lui rappelait cette union toxique.
Son téléphone a sonné : Marc, accidenté, mais il s' agissait d' une course absurde contre l' ex de Chloé.
Marc a délibérément percuté la voiture de son rival, pour prouver son « amour » à Chloé.
De loin, elle a regardé cette farce grotesque, son dégoût grandissant pour ces deux pantins pathétiques.
Marc est rentré d' un « voyage d' affaires » forcé par Chloé.
Ce soir-là, enfin, Marc a ouvert la boîte cadeau qu' Adèle lui avait laissée, et a trouvé les papiers du divorce.
Le visage vide, il a compris que c' était fini.
Alors que Marc et Chloé juraient leur amour éternel, Paul Lambert, l' homme qui l' aimait secrètement, a surgi dans sa vie.
Il l' a secourue des manipulations de Chloé, l' a soutenue face aux accusations, et a protégé son honneur.
Marc, ruiné par sa chute, a supplié Adèle de revenir, mais elle l' a repoussé avec dégoût, « Tu es un homme pourri. »
Libérée, Adèle a choisi Paul, son refuge, et son amour, prouvant que le destin réserve parfois des secondes chances.
Un nouveau chapitre s' ouvrait, loin du passé toxique.
L'accord que Marc Dubois venait de signer avec Chloé Leclerc était d'une cruauté simple. Chloé, son amour de jeunesse, avait posé une condition. Si Marc choisissait de délaisser sa femme, Adèle, neuf fois pour la rejoindre, alors Adèle devrait lui céder sa place, sans condition.
Devant cet ultimatum, Adèle avait hoché la tête, acceptant le pari. Une partie d'elle, naïve et désespérée, croyait encore que Marc la choisirait.
La neuvième fois est arrivée un soir pluvieux. Ils étaient sur l'autoroute, loin de tout. Adèle s'était tordue de douleur sur le siège passager, ses règles venaient de commencer, la faisant souffrir atrocement. C'est à ce moment précis que le téléphone de Marc a sonné. C'était Chloé.
Marc a ralenti la voiture, ses yeux fuyant le regard suppliant d'Adèle. Il s'est garé sur la bande d'arrêt d'urgence.
« Descends », a-t-il dit, sa voix dénuée de toute chaleur.
Adèle le regarda, incrédule. « Quoi ? Marc, il pleut à verse, et je ne me sens pas bien. Où veux-tu que j'aille ? »
« Chloé a un problème, je dois y aller. » Il n'a offert aucune autre explication. C'était un ordre, pas une demande. Il a déverrouillé les portes.
Le cœur d'Adèle se brisa en mille morceaux. Elle est sortie de la voiture, la pluie glaciale s'abattant immédiatement sur elle, la trempant jusqu'aux os en quelques secondes. Elle a regardé Marc faire demi-tour sans un regard en arrière, les feux arrière de la voiture disparaissant dans le déluge.
Elle a marché. Pendant des heures, elle a marché le long de l'autoroute déserte, chaque pas une torture physique et émotionnelle. Le froid, la douleur dans son ventre, l'humiliation. Quand elle est enfin arrivée devant la porte de leur appartement, elle était une épave.
La porte s'est ouverte avant même qu'elle ne puisse trouver ses clés. Chloé se tenait là, un sourire triomphant sur les lèvres, parfaitement sèche et élégante.
« On dirait que j'ai gagné », a-t-elle lancé d'un ton mielleux.
Adèle n'a rien dit. Elle est entrée, laissant des flaques d'eau sur le parquet. La défaite était totale, son cœur n'était plus qu'une plaie ouverte. Le divorce était la seule issue.
Les souvenirs ont afflué, douloureux et clairs. Leur rencontre, leurs premiers rendez-vous, tout avait été orchestré par Chloé, qui était alors sa colocataire et sa prétendue amie. Chloé avait façonné leur histoire, présentant Marc comme l'homme idéal, poussant Adèle dans ses bras. Adèle y avait cru. Elle avait cru à cet amour, à leur mariage, jusqu'à ce que Chloé, après avoir disparu pendant un temps, ne réapparaisse, réclamant son dû.
Adèle a compris. Marc n'avait jamais oublié Chloé. Il n'avait jamais été vraiment à elle.
Sans un mot, elle s'est dirigée vers le bureau, a pris les papiers du divorce qu'un avocat avait préparés par précaution quelques semaines plus tôt, et les a signés d'une main tremblante. Elle a ensuite tendu le dossier à Chloé.
« Tu as gagné. Donne-lui ça. »
À ce moment-là, la porte s'est ouverte de nouveau. Marc est entré, son visage s'illuminant en voyant Chloé. Il n'a accordé qu'un regard distrait à Adèle, trempée et misérable.
Chloé lui a tendu les papiers avec un sourire enjôleur. « Regarde, Marc. Adèle et moi t'avons préparé une petite surprise. »
Marc a pris le stylo, ses yeux fixés sur Chloé. Il a signé le document sans même lire le titre, persuadé qu'il s'agissait d'un contrat pour un cadeau quelconque, un voyage ou une voiture. Il ne voyait que Chloé.
Marc, complètement indifférent au document qu'il venait de signer, ne prêta aucune attention à Adèle qui le regardait avec une curiosité morbide. Son seul souci était Chloé.
« Je te raccompagne », a-t-il dit doucement à Chloé, ignorant totalement la présence de sa femme.
Ils sont partis, laissant Adèle seule dans l'appartement silencieux, encore trempée et frissonnante. Elle n'était même plus triste, juste vide. L'indifférence de Marc était une vieille habitude. Elle a ramassé le document signé, l'a soigneusement rangé dans un tiroir du bureau et est allée prendre une longue douche chaude avant de se coucher.
Marc est rentré bien plus tard cette nuit-là. Adèle a fait semblant de dormir. Elle l'a entendu fouiller dans la commode de leur chambre. Il a ouvert le tiroir où il gardait ses affaires et y a rangé une boîte de préservatifs fraîchement achetée. Le bruit du tiroir qui se referme a été comme un coup de poignard.
Il s'est ensuite glissé dans le lit et a tenté de la prendre dans ses bras.
« Pas ce soir, Marc », a-t-elle murmuré, le dos tourné. « J'ai mes règles. » C'était la vérité, mais c'était aussi la meilleure des excuses.
Il a soupiré, un semblant de remords dans la voix. « Je suis désolé de t'avoir laissée sur l'autoroute. Chloé avait vraiment besoin de moi. »
Des remords superficiels. Des mots vides. Adèle n'a pas répondu.
Le lendemain matin, Adèle s'est réveillée et a trouvé Marc dans la cuisine. Il lui avait préparé son petit-déjeuner préféré et une tasse de thé au gingembre bien chaud, exactement comme il le faisait au début de leur relation, quand il essayait encore de la séduire.
« J'ai pensé que ça te ferait du bien », a-t-il dit avec un sourire qu'il voulait charmant.
Mais Adèle n'était plus la femme naïve qui se laissait berner par ces petites attentions. Les illusions étaient mortes la veille, sur le bord de cette autoroute.
« Je n'ai pas faim », a-t-elle répondu froidement. Elle a pris son sac et ses clés. « Je vais au bureau. »
Elle est partie seule, le laissant avec son petit-déjeuner et son faux air contrit. En montant dans sa voiture, elle a remarqué quelque chose sur le rétroviseur. Ses petits porte-bonheurs, des babioles qu'elle collectionnait, avaient disparu. À leur place se balançaient deux petites peluches, le genre de choses que Chloé adorait.
Le soir, quand Marc est rentré, elle lui a demandé des explications.
« Oh, ça ? » a-t-il fait, visiblement mal à l'aise. « J'ai dû faire nettoyer la voiture en urgence, et ils ont dû les enlever. Je t'en rachèterai d'autres. »
Un mensonge pathétique. Adèle n'a même pas pris la peine de le contester. Elle était juste fatiguée. Fatiguée de ses mensonges, fatiguée de son existence fantomatique dans la vie de son propre mari.