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Dilemme : Mon bonheur ou celui de ma mère ?

Dilemme : Mon bonheur ou celui de ma mère ?

Auteur:: NANDITÉ
Genre: Romance
PROLOGUE « Mon fils n'envie personne dans ta vie. Ne sois pas pressé. Je sais que c'est difficile de trouver du boulot actuellement dans ce pays mais tôt ou tard ça viendra. N'échange jamais ta dignité, ton éducation, ta foi pour quoi que ce soit. Surtout ne vend jamais ta dignité pour l'argent. Aies toujours confiance en toi et dis toi tant que y'a la vie, il y'a toujours l'espoir ». Les propos de ma mère quand j'venais de terminer mes études. Je m'appelle Chérif (nom d'emprunt bien sur). J'ai la trentaine et j'suis un V.A.U.C (Victime des Années à l'Université pour Chômer). Ma mère n'a ménagé aucun effort pour ma réussite. Elle est une brave dame et elle n'a jamais cessé de m'encourager. Malheureusement, un bon travail tarde à venir. J'ai collectionné des stages les uns après les autres sans être embauché. Le pire, c'est la maman qui me donnait le transport. Ne pouvant plus accepter que maman ne vit que pour moi avec son âge avancé, j'ai arrêté les stages et j'faisais de petits boulots. J'me suis lancé dans la vente du café Touba dans le coin du quartier en premier temps avant d'ajouter des beignets. La place était occupée aussi par d'autres vendeuses, y'avait Mère Nabou (vendeuse de Tiéré "Couscous", Mère Bator (vendeuse d'arachide "Guerté khott"). Une complicité s'est liée entre nous. Nous étions comme une famille. J'ai fini par faire la connaissance de Néné la fille de Mère Nabou. Une jeune fille bien éduquée, gentille, calme et posée. Avec le temps, j'suis tombé amoureux d'elle pour différentes raisons que j'évoquerai dans l'histoire. Au fil du temps, j'ai rencontré Diary, une fille qui est tombée en panne avec sa voiture devant notre lieu de travail tard dans la nuit. J'ai aidé à dépanner en appelant le mécanicien du quartier qui était un ami à moi. Elle était contente et nous avions échangé nos contacts. Avec le temps, elle est devenue proche de moi et me donnait de temps en temps un coup de main. Cette connaissance allait bouleverser ma vie paisible et simple que j'avais auparavant. Elle a fait changer le discours de maman. « Tu ne peux pas et tu ne dois pas rendre nul les efforts consentis durant des années dans la maison de ton père. J'ai sacrifié ma vie pour vous et il est temps que vous me rendez l'ascenseur. Tu ne peux pas rejeter cette belle opportunité qui vient à nous. J'vais voir si tu tiens vraiment à mon bonheur ou tu vas imposer ton égoïsme ». Tels sont les propos de ma mère à mon encontre. L'argent, encore l'argent, toujours l'argent, il a encore fait des dégâts. « Quand l'argent parle parfois la raison se tait pour l'écouter ». Bref, vous aurez les détails. Merci à Nandité d'avoir accepté de partager mon histoire.

Chapitre 1 01

1ère Partie : Présentation et connaissance

Je m'appelle Chérif 2ème fils d'une famille modeste composée de 4 personnes (2 garçons et 2 filles). L'aîné de la famille est une femme et elle est mariée. Son mari est un gorgorlou (débrouillard). Nous avions du mal parfois à joindre les deux bouts. Je ne me plains pas, nos parents nous ont appris à accepter la volonté divine. Malgré les difficultés de la vie, nous avons toujours gardé notre dignité. Avec le départ de ma sœur, j'suis devenu l'aîné de la famille. Mon père était un agent de la Mairie. Rattrapé par l'âge, il a pris sa retraite. Comme la plupart des vieux, il passait tout son temps à la mosquée du quartier. Il ne revenait que le soir. Maman était vendeuse de légumes. Franchement, les mamans sont braves. Elles se soucient le plus de la situation familiale. Je n'ai jamais entendu maman se plaindre de quoi que ce soit. Elle a accepté la situation difficile qu'elle vivait. Elle a toujours gardé espoir que tôt ou tard, elle sortira de cette situation. J'avais les larmes aux yeux quand j'entendais chaque matin, le bruit de maman avec ses bagages, se préparait pour aller au marché. A l'approche de la fin du mois, c'était plus difficile. Nous étions en location. Papa n'a pas pu avoir une maison. Pour des raisons que j'ignore ce qui est sur, il avait la possibilité d'en avoir mais avec certains anciens vieux, ils étaient préoccupés à faire la fête que de penser au futur de leurs enfants. Je ne me permettrai jamais de juger mon père mais il est responsable en grande partie de la situation que nous vivons. Bref, je ne vais pas trop entrer dans les détails. Maman faisait la porte à porte des bonnes volontés. Ça fleurait l'aumône. Elle ne dormait pas à l'approche de la fin du mois. Elle était sous pression et s'énervait trop vite. Ça se comprenait aussi. La location est une chose difficile. J'prie que vous ne découvriez jamais cette pression. Même si nous sommes croyants, il nous arrive à se poser des questions sur l'existence de Dieu. Je me demandais pourquoi nous ? Pourquoi, je ne peux pas avoir ne serait-ce que 2.000F à donner à ma maman ? C'était compliqué de mon côté, trop compliqué même. J'avais honte de demander le petit déjeuner. Je me réveillais et j'buvais du café qui était déjà prêt. J'avais dit à maman de ne plus m'acheter du pain que j'allais me débrouiller. Mais comme vous le savez, le cœur d'une maman est tellement grand, que même si elle devait se sacrifier, elle le fera pour le bien de ses enfants. Le pain était toujours dispo à la maison. J'postulais de gauche à droite des boulots sans succès. Lassé d'attendre, j'ai enchainé les petits boulots pour aider mes parents surtout ma maman. Durant tout mon cursus scolaire et universitaire, j'ne voyais qu'elle. Par son courage, elle a su m'accompagner. Je ne pourrai jamais payer le 1/10ème des efforts de ma maman. Je ne peux que prier pour qu'elle ait une longue vie. Je ne me décourageais pas, chaque matin, j'faisais le tour des sociétés à pied pour déposer mon CV. La chance ne me souriait toujours pas. Je me suis lancé enfin dans la vente du café Touba et des beignets. Alhamdoulilah, j'parvenais à économiser un peu d'argent qui m'aidait à donner la dépense quotidienne. Comme on le dit au Sénégal «Yalla dou téthie bountou téthie palentère (Dieu ne fermera pas toutes les opportunités)». J'avais dit à maman d'économiser son argent pour payer la location de la maison. Quant à la dépense quotidienne, je m'en chargerai. Elle était trop contente et formulait des prières. J'sortais chaque jour à 6h du matin, pour vendre mon café au coin du quartier. J'descendais à 12h. J'repartais le soir à 16h et j'rentrais à 0h ou 1h du matin. Je n'étais pas seul, y'avait déjà Mère Nabou et Mère Bator. Elles admiraient ma bravoure et mon courage. Elles ne cessaient de m'encourager à continuer sur cette lancée. Avec le temps, elles me conseillent d'ajouter des beignets pour fortifier ma vente. J'ai donné de l'argent à Mère Nabou pour qu'elle me prépare des beignets. Avec l'aide de cette dame, j'ai pu augmenter mon business. J'avais un coup de pouce du destin, ma vente m'aidait bien, trop bien même. J'arrivais même à participer pour la location. Au début, j'donnais la moitié avant de finir par couvrir tout le loyer. Tout en assurant la dépense quotidienne. Les beignets s'écoulaient trop vite. J'avais même augmenté la quantité des beignets. Tellement, j'avais des clients. Au fur et à mesure, ma sœur venait me donner un coup de main à sa descente d'école, parce qu'elle faisait une formation. Elle vendait les beignets et je me m'occupais du café. Le bonheur de ma maman passait en premier. Quand j'repense à la joie de maman, lorsque je l'ai tendu le reçu de mon premier paiement de loyer. Cette joie est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie jusque-là. Je n'avais plus de temps. Je me consacrais entièrement à la vente de café et des beignets. Avec l'aide de Dieu, j'ai fini par avoir une cantine pour me couvrir du froid. Mes collègues que sont autres que Mère Nabou et Mère Bator en profitaient trop bien aussi. Les connaissances de papa à la mairie ont facilité les choses. Je n'avais pas de problème avec les agents de la mairie. J'avais une autorisation de poser ma cantine dans ce coin qui est devenu le point de rencontre des jeunes du quartier.

Les mois passèrent et je m'en sortais très bien. Je ne voulais plus voir maman se levait tôt pour aller au marché mais c'était peine perdue. J'ai pu négocier avec elle, pour qu'elle arrête de partir le soir au marché. Nous avions fini par nous entendre sur le fait qu'elle ira le matin et le soir, elle allait se reposer. J'étais beaucoup plus proche de Mère Nabou, parce que nous étions les derniers à rentrer. Je l'accompagnais chez elle avant de rentrer chez moi. Mère Nabou avait une fille du nom de Néné bien éduquée, gentille, posée, sage, pieuse et calme. Elle était d'une noirceur indescriptible. Elle n'était pas dans certaines choses malgré sa beauté. Elle pouvait abuser de sa beauté pour s'en sortir mais elle a su garder les pieds sur terre. Elle n'avait pas de complexe. Elle portait la calebasse de couscous de sa maman sur sa tête chaque soir pour l'amener au lieu de travail. Elle partait à l'école mais n'empêche qu'elle attendait jusqu'à 0h pour revenir aider sa maman avec ses bagages. Je l'ai demandé de ne plus revenir la nuit, que j'allais m'occuper de sa maman. Chaque soir, nous rentrons ensemble. J'étais pressé de frapper à la porte de chez Mère Nabou pour voir Néné ouvrir la porte. J'commençais à tomber amoureux d'elle. Ma proximité avec Mère Nabou ne me permettait pas de jouer le mauvais garçon dans sa propre famille. J'ai avoué à Mère Nabou mes sentiments envers sa fille. De toute façon, Mère Nabou n'est pas née de la dernière pluie. Elle était la première à me faire la remarque « Sérif (comme la majorité des sénégalais, elle a un problème de "CH" au lieu de Chérif, elle disait Sérif), tes yeux brillent quand tu regardes ou tu parles à ma fille. Ne me dit pas que tu es amoureux de ma Néné chérie ». J'souris et j'ai avoué sans tourner autour du pot. « Mère Nabou, je ne vais pas te le cacher. J'suis tombé sous le charme de ta fille. J'aimerai bien l'avoir comme femme. C'est la première fois que j'ressens ce genre de chose. J'suis novice sur ce domaine. Quand j'vois ta fille, je ne sais plus quoi faire. J'veux qu'elle reste là pour toujours. Je ne veux pas rentrer quand je t'accompagne. Tu as donné une bonne éducation à ta fille. Sa sagesse, sa simplicité, sa douceur, sa piété, sa noirceur et surtout son éducation m'ont vraiment séduit ». Elle ne cessait de sourire « Waouh, tu ne blagues pas. Les étoiles sortent de tes yeux. Hey, tu n'es pas devant Néné, j'suis sa mère. On dirait que tu es devant ma fille. Ça saute aux yeux que tu es vraiment amoureux mais le dernier mot ne me revient pas mon fils. Toute maman rêvera surement d'avoir un beau fils comme toi. Tu es travailleur, responsable et bien éduqué aussi. Je te demande de lui faire ta demande directement. Je ne vais pas m'initier dans sa vie privée. Elle est certes ma fille mais je ne m'abuserai jamais de son respect envers moi pour peser sur sa décision. J'préfère qu'elle prenne sa décision toute seule. Elle accepte tout ce que je lui demande mais je ne vais pas en abuser. J'ai toujours rêvé de voir ma fille, choisir son propre mari. A l'avenir, elle ne pourra pas m'en vouloir. Il faut juste suivre derrière cette nouvelle génération. J'espère que tu me comprends. Personnellement, tu as mon autorisation de discuter avec ma fille. J'suis une femme jalouse et j'ai toujours veillé sur mes enfants. J'ai une confiance aveugle envers toi. Tu es comme un fils pour moi. Les portes de la maison te seront grandement ouvertes. J'vais t'avouer une chose, c'est elle qui prépare les beignets pour toi. Elle a fait une formation en restauration. Maintenant, à toi de tenter ta chance». J'ai aimé la franchise de Mère Nabou, ça me conforte sur ma décision de prendre sa fille comme épouse. L'autre problème est que je n'avais pas le courage de me mettre devant Néné pour déclarer mes sentiments. Un soir, en accompagnant Mère Nabou, j'ai profité de l'occasion pour demander le numéro de téléphone de Néné. Elle me le donne sans hésiter. Le lendemain, je l'ai appelé pour faire ma déclaration à distance. Vous ne rêvez pas j'avais peur de le faire face à face « Salamaleykoum Sokhna Néné. Peut-être, tu étais surprise hier quand je te demandais ton numéro de téléphone mais tu ne devrais pas. Depuis le premier jour que j'ai croisé ton regard, j'suis tombé sous ton charme. Je ne suis pas venu pour jouer. Je te veux comme femme. J'veux faire de toi la mère de mes enfants. J'en ai déjà parlé à ta maman pour te prouver la sincérité de mes propos. J'viens de savoir que tu préparais les beignets pour moi». Elle met un long temps de silence, signe qu'elle est aussi surprise de ma proposition « Chérif, pour être honnête avec toi, je ne m'attendais pas ça de toi. Je te considère comme mon propre frère. Rien que pour le respect que tu voues à ma maman, je ne peux que tomber sous ton charme et ta gentillesse. Ça se limite qu'à ça. Tu es un bon mec, travailleur et brave. Je n'en doute pas, tu seras un bon mari mais pour le moment, j'préfère être ta sœur, parce que tu es comme un frère pour moi ».

J'étais trop déçu de cette réponse. Je n'avais pas d'expérience en matière de drague. J'ai juste accepté sa décision en le remerciant avant de raccrocher. Je n'étais pas trop affecté. J'ai décidé de tourner la page et d'avancer. L'essentiel est que j'ai sorti ce que j'avais en moi. J'me suis concentré à nouveau dans mon business. J'avais fait un compte rendu à Mère Nabou qui m'a encouragé de ne pas abandonner si j'tiens vraiment à Néné. Elle me conseille de l'ignorer un peu et si elle m'aime, elle ne tardera pas à venir vers moi. Mère Nabou voulait vraiment que cette relation existe entre sa fille et moi. Elle savait que je n'étais pas expérimenté et elle a voulu me donner un coup de main. J'ai suivi ses conseils. Je n'ai jamais changé mes habitudes. Chaque nuit, j'accompagnais Mère Nabou chez elle, Néné ouvrait la porte et je donnais la calebasse et le banc avant de retourner. Rien n'avait changé entre elle et moi. J'saluais comme auparavant et j'rentre automatiquement. Les conseils de sa maman portaient ses fruits. Néné avait changé d'attitude envers moi. Elle m'envoyait des SMS pour prendre de mes nouvelles. Chaque jour, j'recevais des texto venant d'elle. Comme ça ne suffisait pas, elle venait chaque nuit s'assoir près de sa maman prétextant l'aider. Sa présence ne me dérangeait pas. Au contraire, j'étais plus motivé. Elle était devenue ma source de motivation. A la descente, je les accompagnais tous les deux chez elles. Sa maman nous devançait et nous suivions derrière. Une complicités' est nouée entre nous. J'ai senti qu'elle ne pouvait plus se passer de moi. Parfois, j'faisais exprès en parlant d'une autre fille. J'sentais de la jalousie dans ses propos. Ne pouvant plus jouer au chat et à la souris, un mois après ma déclaration, elle me fait sa propre déclaration « Chérif, j'ai pris le temps nécessaire pour penser à ta proposition. J'sais que j'suis allée trop vite en refusant ta demande. Avec toute franchise, j'veux être ta copine. Si tu tiens toujours à ta proposition ». Je n'ai pas cherché à jouer au dur « Néné, je t'aime beaucoup plus qu'avant. Tu ne sais pas l'honneur que tu me fais en acceptant d'être ma copine. Je n'ai jamais cessé de penser à toi. Malgré mon amour, je ne pouvais pas me permettre de te déranger tout le temps. J'ai préféré garder le silence pas parce que ça ne me tenait pas à cœur mais parce que je n'aime pas déranger. Sache que je ne te décevrai pas et j'serai à la hauteur de tes attentes. J'veux une relation sérieuse qui pourrait aboutir au mariage si tu n'es pas prête, tu me le dis et on arrête sans même commencer ». Elle me sourit, j'pouvais admirer cette déesse qui sera désormais à moi « Tu penses que j'suis une fille qui se lance dans des relations sans lendemain. Dans ma vie, je n'ai eu qu'un seul copain et quand j'ai senti qu'il n'était pas prêt pour le mariage, j'ai rompu sans hésitation. Si j'doutais de ta maturité, je n'allais jamais accepté de sortir avec toi. Sur ce point, aies la conscience tranquille, si tu veux demain même, tu peux envoyer tes parents pour te montrer que je n'ai pas de temps à perdre ». Nous sourions ensemble et j'prends sa main pour la première fois. Je ne voulais pas rentrer mais il le fallait. Mère Nabou est entrée directement dans sa maison et nous étions devant la porte pour terminer la discussion. J'ai fait demi-tour, la joie et le sourire au fond de moi. J'étais tellement content et fier de moi. Ce sera ma première expérience en amour. Quand j'étudiais, j'avais des petites aventures mais je ne les appellerai pas relation amoureuse. J'étais beaucoup plus préoccupé de ma réussite et de la situation familiale que des relations amoureuses. Le lendemain, j'en ai parlé à ma mère et elle voulait connaitre la fille d'abord. J'ai exécuté et elle m'a donné sa bénédiction. Notre relation a commencé avec l'aval de nos mamans respectives. Tout avait bien commencé jusqu'à la rencontre de Diary qui était tombée en panne de voiture devant ma cantine... A suivre...

NB: Les jours de publications resteront les mêmes... Mercredi et Samedi

Chapitre 2 02

2ème Partie : Connaissance avec Diary

Le lendemain, j'en ai parlé à ma mère et elle voulait connaitre la fille d'abord. J'ai exécuté et elle m'a donné sa bénédiction. Notre relation a commencé avec l'aval de nos mamans respectives. Tout avait bien commencé jusqu'à la rencontre de Diary qui était tombée en panne de voiture devant ma cantine.

Une nuit, après avoir raccompagné Mère Nabou, j'suis revenu prendre quelques bagages que j'avais laissés à la cantine. J'tombe sur une fille qui avait un problème avec sa voiture. Le véhicule refusait de démarrer. Elle était seule et elle avait l'air d'avoir peur du milieu. Je me suis rapproché d'elle pour discuter. Elle était à l'intérieur de sa voiture et avait sécurisé toutes les portes. Elle est intelligente « Bonsoir Madame comment tu vas ?» Elle hésitait à me répondre « Heeeeuuu.... » J'comprenais sa crainte « Madame, j'sais que tu as peur et tu as raison parce que nous ne nous connaissons pas mais il fait tard et j'suis le propriétaire de cette cantine. J'vais rentrer chez moi mais j'aurai aimé te donner un coup de main. Ce n'est pas sur de rester seule ici. Je ne connais rien en mécanique mais j'peux appeler un mécanicien qui habite dans le coin ». Elle est un peu rassurée mais toujours à l'intérieur de sa voiture, elle descend un tout petit peu la vitrine de sa voiture « Merci monsieur, je ne sais pas ce qui se passe mais la voiture refuse de démarrer. Un mécanicien fera l'affaire surement ». J'pars appeler Bouna le mécanicien un ami à moi. Malgré l'heure tardive, il s'est levé pour venir aider. Moins de 2mn, nous sommes arrivés, la fille sort de sa voiture. En le voyant, on peut facilement deviner qu'elle revenait d'un évènement avec ses boubous traditionnels et ses bijoux en or. Cette fille se suicide. A cette heure, elle ose rentrer seule avec tous ses bijoux en or dans son corps. Bouna fait le diagnostique de la voiture. Pendant ce temps, la fille est un peu sur la défensive. Elle parlait à peine. Il faisait presque 1h du matin, son téléphone sonne et elle hésite à répondre « Madame ou mademoiselle, tu peux répondre surement c'est ton mari, ta maman ou ton père qui t'appelle. Tu n'as rien à craindre. Si nous voulions te faire du mal, on pouvait le faire depuis longtemps. Décroches ton téléphone et rassures tes proches ». Elle décroche « Oui maman ça va. J'suis tombée en panne mais heureusement y'avait une bonne volonté et un mécanicien disponible. Il est entrain de me dépanner ». Après quelques secondes de discussion, elle raccroche son téléphone et me remercie. J'ouvre la cantine et l'invite à s'assoir pour s'échapper du froid. Bouna ne pouvait pas dépanner la voiture à cette heure, déjà, il se fait tard et il n'a pas tous ses matériaux à sa disposition. Il s'approche de la fille « Madame, j'suis désolé mais je ne peux pas terminer le dépannage. La voiture mérite une bonne réparation. J'peux te trouver un taxi, demain, tu passes récupérer ta voiture si tu nous fais confiance bien-sur ». Elle était un peu hésitante au début, ce qui est normal d'ailleurs, parce qu'on ne se connaissait pas. Je ne voulais pas l'imposer de nous faire confiance « Madame, d'ailleurs, c'est comment ton nom ? » Elle me répond « C'est Diary ? »

Chérif : Diary, actuellement, seule la confiance peut faire la différence. Personnellement, j'dois me lever à 5h30 du matin pour préparer mon café. Déjà, il est 1h du matin passé. Tu n'as pas trop le choix. La voiture refuse de démarrer et Bouna est un professionnel en la matière. S'il te dit qu'il ne peut pas la dépanner à l'instant, tu peux le croire. Maintenant, tu es devant ma cantine. Demain, tu peux venir et je t'amènerai au garage de Bouna. Ce qui est sur, est qu'il va réparer la voiture. Tu peux lui faire confiance. Au cas échéant, tu vas devoir te débrouiller toute seule.

Diary : Ok. J'vous fais confiance. Aide-moi à trouver un taxi. J'veux rentrer chez moi. Demain, j'repasserai Inchallah.

Nous échangeons nos contacts. Nous trouvons un taxi, elle pouvait partir. Elle habitait à Dieuppeul J'aide Bouna qui poussait la voiture pour la déplacer. J'ai regagné chez moi à 2h30 du matin. J'voyais les appels en absence de ma Néné chérie. Je ne pouvais pas la rappeler parce qu'elle se faisait tard. Mon portable était en mode silencieux. Il me fallait un bain parce que j'avais fais des efforts en aidant Bouna. Avant de me coucher, j'reçois l'appel de Diary.

Diary : Bonsoir Chérif. J'voulais te remercier pour ton aide même si ça n'a pas pu aboutir comme tu le souhaitais. Ce geste me va droit au cœur. Tu as perdu tout ton temps en m'aidant sans même me connaitre. Tu es une bonne personne et je n'oublierai jamais cet acte. Tu pouvais profiter de ce moment pour m'agresser ou me faire du mal. J'ose témoigner un jour que tout ce qui se dit à la banlieue n'est pas vrai à 100%.

Chérif : Certes, nous ne sommes pas des saints en banlieue, mais nous sommes loin des diables. Comme dans tout quartier, y'a de bonnes personnes comme de mauvaises personnes. En plus, je ne me permettrai jamais de laisser ma sœur dans la rue dans une heure pareille. Je t'ai considéré comme ma propre sœur qui était dans la même situation. Je ne pouvais pas et ne devais pas rester insensible à ta peine. Je te promets que demain Inchallah, Bouna réglera ton problème. C'est un grand professionnel.

Diary : Merci encore. Demain, vers les 11h, j'viendrai Inchallah. Bonne nuit. Il ne te reste plus beaucoup de temps pour te lever. Vu que tu te réveilles à 5h30mn. Je te laisse bonne nuit. Toutes mes excuses à ta femme.

J'souris et j'raccroche. Le lendemain, comme convenu, vers les 12h, un taxi s'arrête juste devant ma cantine. J'pouvais voir Diary descendre avec jeans et un haut, des lunettes scotchées aux yeux. Je n'avais pas remarqué la beauté et le teint clair de cette fille qui sautaient aux yeux. Elle était vraiment belle Mashallah. Une belle forme bien gâtée par dame nature. Il me fallait revenir sur terre. Elle n'est pas faite pour moi. ki allalou borom dolé leu. Meunouma dieund saax diwam. Nitt dey kham bopam (elle est faite pour les riches. Je ne pourrai même pas acheter son lait de corps). Elle s'approcha de la cantine.

Diary : Bonjour Chérif. Excusez mon retard avec les embouteillages ce n'est pas du tout facile. J'vois que tu t'apprêtes à descendre. Je te dérange une fois de plus.

Chérif : (J'souris). Non ne t'inquiète pas. Tu es venue à la bonne heure. J'allais fermer. J'devais juste aller me reposer avant de revenir le soir à 16h. Ne perdons pas de temps, partons chez Bouna.

Nous prenons le chemin de chez Bouna. Il n'est pas loin de ma cantine. 10mn de route, nous y voila. Bouna avait déjà fini de réparer la voiture. Le pot de la voiture avait pété et l'huile manquait. Il a soudé le pot et acheté de l'huile. Ce n'était pas si diable que ça. Diary reconnait avoir accéléré sur un dos d'âne sans faire attention. Bref, elle demandait la main d'œuvre mais vu que Bouna est une longue connaissance, il a juste demandé à Diary de donner ce qu'elle peut. Cette dernière insistait à savoir le prix. Je me suis abstenu à tout commentaire. Après quelques détails entre eux, Diary a sorti 100.000 pour donner à Bouna. Ce dernier disait que c'était trop. Il voulait prendre que 30.000F mais Diary ne l'entendait de cette oreille. Elle insiste pour qu'il prenne les 100.000 parce qu'elle l'avait dérangé la veille et ce matin aussi. Elle pouvait prendre tranquillement sa voiture. Elle voulait savoir mon domicile. Je monte dans sa voiture et nous nous dirigeons chez moi. Maman était déjà présente ainsi que ma sœur. Diary foule le sol de la maison. Nous habitions dans une maison modeste à l'ancienne mais le sol était propre. Nous n'étions pas riches mais la propreté est une obligation chez nous. J'présente à Diary la famille et explique comment on s'est connu. Diary prend la parole à son tour pour bombarder d'éloges « Maman, tu as un bon et gentil fils. Il a osé perdre son temps pour m'apporter son soutien sans même me connaitre. Ses genres de personne manquent cruellement dans la société. Sister toute sœur rêve d'avoir un grand frère comme Chérif. Il m'a carrément dit qu'il me considérait comme si c'était sa sœur qui était tombée en panne de voiture. C'est un signe d'amour, de respect et d'estime. Franchement merci. J'ai tenu à connaitre sa famille pour témoigner ma gratitude. J'vais rentrer à la prochaine » Comme toute bonne mère sénégalaise, maman a insisté pour qu'elle attende le déjeuner. Après insistance, maman finit de convaincre Diary à attendre le repas. Je les laisse discuter et j'vague à mes préoccupations. J'prépare mon café. Diary et maman étaient assises sous l'arbre. J'constatais qu'elle jetait un regard admirateur à mon encontre. Je me donnais à fond sur ce que j'faisais. J'prépare mon café, nettoie ma cafetière, remplis mes seaux d'eau avant de ranger tranquillement sur le couloir de la maison. J'peux attendre tranquillement mon heure. Je ne badinais pas avec mon travail. J'étais dans ma chambre une trentaine de minute pour parler à ma Néné chérie. On m'appelle pour le déjeuner. A la fin du repas, ma sœur prépare le thé vite fait. Il ne manquait plus que quelques minutes pour repartir à la cantine. Diary a compris lorsqu'elle m'a vu nettoyer une fois de plus mes accessoires de travail. Elle se lève et dit au revoir à la famille. Elle laisse une somme à maman, Téranga sénégalaise oblige. Je ne connaissais pas la somme. Je n'ai même pas cherché à savoir. Elle me propose de me déposer avec mes bagages, vu qu'ils sont un peu nombreux. J'faisais chaque jour 2 allers et retour pour mes bagages. D'un seul coup, nous avons amené tous les accessoires. Elle me tend aussi une enveloppe « J'ne te connais pas trop bien mais j'peux deviner facilement que tu es digne et que j'aurai du mal à te convaincre. Je t'en supplie sur l'amour que tu as envers ta maman. Accepte cet argent. Je ne peux pas payer ton temps d'hier mais c'est juste un signe de reconnaissance. Je ne le fais pas pour te montrer que j'ai une meilleure situation que toi mais juste parce que je t'en suis reconnaissante de ton comportement d'hier. Ce que j'ai vu chez toi et le témoignage de ta maman force l'admiration. J'ne sais pas si tu as des fans, mais j'aimerai être en tête de liste. Stp, je ne veux pas qu'on se tiraille. Accepte cette enveloppe pour l'amour de Dieu ». Je n'ai pas hésité. J'ai pris l'enveloppe « Merci mais tu n'étais pas obligée de le faire. Je le faisais gratuitement. Ma conscience ne me permettait pas de laisser une pauvre fille seule dans ce coin à cette heure. C'était naturel. Comme tu insistes, j'vais accepter sans hésitation. Que le Bon Dieu te le rende au centuple. Allez bonne fin de journée. Le boulot m'attend ». J'descends de la voiture et elle redémarre. Une heure de temps après son départ, j'ouvre l'enveloppe et j'vois une somme de 50.000F. Avec cet argent, j'me suis procuré deux autres cafetières et des verres pour mon business. Vers les 19h, Mère Nabou faisait son apparition avec ma belle Néné. J'étais aux anges de voir ma plus que belle Néné. Il suffit d'un regard pour que j'sois hors de moi. Walahi cette fille va me tuer. Elle s'approche de moi, elle me salue en fléchissant un genou. Digne d'une vraie sénégalaise. Je l'invite à boire un verre de café. Elle sort une pièce de 50f pour payer. J'ai refusé et elle me lance la pièce et se sauve. J'souris et remercie Mère Nabou d'avoir mis au monde une si belle et gentille fille. Cette dernière me répond « Tu es juste amoureux mon fils. Que le Bon Dieu vous garde ». La journée se passait bien. Nous recevons nos clients habituels. A l'heure de la descente, nous confirmions nos habitudes. J'vois ma belle Néné chez elle avec un pagne. Maintenant, j'entrais à l'intérieur de la maison pour déposer les bagages. Rien qu'en voyant Néné, me suffisais pour avoir une nuit en couleur. Plus de deux semaines après ma connaissance avec Diary, je n'avais plus de nouvelles d'elle. D'ailleurs, je n'en ai pas cherché. Un dimanche après midi, elle m'appelle au téléphone « Bonjour monsieur gentil, j'vois que tu n'as même pas le temps de faire signe à tes connaissances pour les saluer. Je te taquine. C'est normal, le travail avant tout. J'voulais prendre de tes nouvelles. Au faite, j'voulais t'inviter un de ses quatre pour te présenter ma famille. Je leur ai parlé de toi et de ton aide. Comme j'suis fille unique papa insiste pour te rencontrer. Je ne sais pas si t'auras le temps pour te libérer, ne serait-ce qu'un après midi. J'paierai ta journée si jamais l'absence t'allait causer du tort pour tes économies». J'souris au bout du fil avant de répondre « D'accord Diary. J'viendrai le week-end prochain Inchallah si tu veux ». « BINGO. Ce sera un réel plaisir de te recevoir». J'confirme l'invitation. Durant la semaine, j'avais complètement oublié l'invitation, heureusement, qu'elle m'a envoyé un texto le vendredi pour me demander à quelle heure j'comptais venir. J'ai répondu à 18h si ça l'arrange. Elle accepte. J'ai dit à Néné et Mère Nabou que le samedi j'devais m'absenter. Ma sœur allait s'occuper de la cantine le temps d'un soir. Elles n'ont pas cherché à savoir où est-ce que j'allais. Le samedi, j'me suis bien habillé. Un tenu africain simple mais trop beau. Mon physique me permettait beaucoup de chose. J'ai mis mes lunettes d'intellectuel et j'ai pris un taxi, direction, Dieuppeul. Elle avait expliqué au taximan la destination. Une heure de route, le taximan s'arrête devant l'église des Martyrs. Moins de 2 minutes, j'vois Diary avec une mini robe. Elle est vraiment le contraire de Néné en mode habillement. Elle me salue et j'suis derrière elle. Quelques minutes, nous voila devant une grande maison bien construite. Franchement, y'a des richards dans ce pays. Au premier coup d'œil j'peux comprendre qu'elle faisait partie d'une famille de riche. A suivre...

Chapitre 3 03

3ème Partie : Visite chez Diary

Franchement, y'a des richards dans ce pays. Au premier coup d'œil j'peux comprendre qu'elle fait partie d'une famille de riche.

Devant la porte, un gardien était assis juste à l'entrée. Elle fait les présentations et m'invite à entrer. Malgré son statut de riche, j'trouve une fille posée, respectueuse et modeste. Il y'avait 3 gros chiens, des pitbulls dans leur cage. J'fais une blague « Si tu veux me chasser, libère ses chiens et tu ne me reverras plus. Je n'ai aucune affinité avec ses espèces. Je ne badine même pas avec eux ». Elle sourit « ça ne risque pas d'arriver, parce que je ne libérerai pas les chiens. Sinon, ils feront de toi leur diner rire ». Elle m'installe dans un grand salon. Je ne cessais de regarder la décoration. C'était la première fois que je me suis retrouvé dans une pièce pareille. Amna niou yalla mey Mashallah. Que Dieu leur préserve. Je ne suis pas un jaloux, je n'ai rien mais la réussite des autres me va droit au cœur. Quelques minutes, une femme est venue remplir la table d'amuses bouches, des fruits et des bouteilles de boissons. Même en passant deux jours ici, je ne pourrai finir tout ça. Diary est revenue avec un autre accoutrement. Une autre robe plus sexy que la précédente mais longue. Nous discutions quelques minutes, avant que j'ne voie un homme et une femme correcte faisant leur entrée dans la pièce. C'était facile à deviner. Ils peuvent qu'être que ses parents. Je me suis levé et je leur ai salué avec respect. Son père était le premier à parler « Tu es surement Chérif, le jeune qui a aidé la prunelle de mes yeux. Elle est têtue. Je l'ai mainte fois demandé de prendre la voiture 4X4 lorsqu'elle sort dans certains milieux mais elle refuse. Elle pense que les gens croiront qu'elle se vante. Elle est trop modeste et aime vivre caché. C'est sa qualité première. Mais parfois faut penser à soi avant de penser aux autres. Imagine qu'elle tombe sur des mauvaises personnes. Que ferai-je ? En tout cas, merci pour ton aide. C'est un geste noble et ça m'a beaucoup touché lorsqu'elle me l'avait expliqué. J'ai tenu à te témoigner ma gratitude. Ne change jamais de comportement. Tu es sur la bonne voie. Assieds-toi et mets-toi à l'aise. Je ne me suis pas présenté, c'est Mr KA ». Sa maman sourit « Mon mari a tout dit. Merci pour ton aide ». J'voyais une famille riche mais modeste et respectueuse. Je ne connais pas l'histoire de cette famille, mais j'parie qu'un d'entre eux a vécu dans la difficulté. Bref, ça ne me concerne pas. J'me suis mis à l'aise et son papa était assis face à moi. Il est encore jeune. Avec sa silhouette, il maintient sa forme en salle de musculation. Il a démarré la discussion.

Mr KA : Que fais-tu dans la vie Chérif ?

Chérif : (Sans surprise, je m'attendais à cette question). J'suis vendeur de café Touba et beignets dans ma cantine.

Mr KA : C'est bien. Il n'y a pas de sot métier. Je t'encourage à aller de l'avant. Tu as fait des études ?

Chérif : (J'souris avant de répondre. J'me suis préparé à cette question). Oui monsieur, j'ai fait des études. J'suis un bachelier et un ex étudiant. J'étais à l'UCAD (Faculté des Sciences Economiques et de Gestion) et j'ai eu ma (Licence Professionnelle Science de Gestion option Finance – Comptabilité). Par manque de moyen, j'étais obligé d'arrêter les études. Maman ne pouvait plus continuer de m'assurer. Mais bon, au Sénégal parfois c'est difficile de trouver un boulot. J'ai fait de nombreux stages sans être embauché. Bref... J'suis le soutien de ma famille et je ne dois pas rester les bras croisés. Avec le café Touba et les beignets, je m'en sors très bien. J'réussis à entretenir mes parents. Franchement, je ne me plains pas.

Mr KA : Quoi ? (d'un ton sec et surpris) Tu m'envoies dès demain ton CV. J'suis vraiment séduit de ton courage. Tu pouvais rester les bras croisés à attendre des boulots dans les bureaux. Le pays va mal. Je ne comprends pas comment un diplômé peut subir tout ça. Dieu est grand. Je ne minimise pas les vendeurs de café mais je ne peux pas imaginer qu'un diplômé puisse se retrouver comme ça. Comprends ma surprise.

Chérif : Non je ne me sens pas offenser. J'comprends ta surprise mais c'est le Sénégal. Je ne suis pas le seul, beaucoup de jeunes sont des chômeurs intellectuels. Y'a certains jeunes qui vendent même des sachets d'eau, d'autres des arachides. La liste est longue. Dieu merci, Il est là pour tout le monde même si parfois, il nous arrive de douter de son existence rire.

Mr KA : Astafourlilah !!! Rire. Dieu existe et Il est le même pour tout le monde. Chacun a son heure de gloire. Je ne doute pas de ta réussite parce que tu es un brave jeune.

Chérif : Rire. J'sais que Dieu existe. Il nous arrive de douter, tellement, nous vivons parfois des difficultés inexplicables. Mais pour ma mère, j'suis prêt à tout pour son bonheur. Elle a sacrifié toute sa vie pour nous et surtout pour moi.

J'commençais à avoir les larmes aux yeux. Quand j'parle de mon passé avec ma mère, je ne peux pas retenir mes larmes. La maman de Diary sentant mon émotion, elle a détendu l'ambiance « Maintenant buvons un peu. Chérif, j'espère que Diary n'a pas montré ses caprices quand tu as voulu l'aider ». J'ai compris qu'elle voulait juste changer de sujet. L'heure avançait. Le diner était servi à 20h00. Nous nous sommes mis à table. Je ne me rappelle pas d'avoir été à table une seule fois de ma vie. Le menu était vraiment extraordinaire. Y'a une grande différence de ce qu'elle a mangé chez moi mais les situations ne sont pas les mêmes. Je me suis bien régalé. J'étais à l'aise, loin d'être complexé. Je ne suis pas analphabète, j'suis civilisé et bien cultivé. A la fin du diner, le dessert était présent, fruit, glace, jus naturel, boisson etc... Ce que j'vis actuellement, je ne le vivais que dans les grandes fêtes, Tabaski ou Korité. (Qu'il me pardonne mais Dieu a du mal avec la division). Regardez-moi tout ce qu'il y'a sur la table, le prix de leur diner est l'équivalent de notre semaine de dépense. Après avoir pris toutes ses gâteries, j'discutais avec le vieux. J'crois qu'il testait mon intelligence. Il parlait de l'actualité. J'ai aimé le sujet de la discussion. Nous nous exprimions longtemps dans la langue de Molière que j'manie très bien. Il savait que j'étais très bien informé. Le vieux ne savait pas que mon passe temps favori, c'était l'actualité politique, économique etc. J'voyais dans son regard, un homme séduit par un jeune vendeur de café Touba et beignet. Il était très attentif à notre discussion. Ma façon de m'exprimer a attiré l'attention de Diary et sa maman. Ce vieux m'avait invité indirectement dans mon jeu favori. A la fin de cette discussion, Monsieur Ka accélère les choses à nouveau « Chérif, je te donne ma carte, lundi passe directement à mon bureau, avec ton CV. Tu as l'adresse. Allez, j'vous fausse compagnie. J'me retire dans la chambre. Bonne fin de soirée ». Il se lève et sort du salon. Madame Ka était gentille aussi, elle était vraiment ouverte et accueillante. Elle y est allée de ses commentaires.

Mme KA : Chérif, j'étais vraiment touchée lorsque tu parlais de ta maman. J'aime les fils qui se soucient du bonheur de leur maman. Nous sommes vraiment fatigués pour nos enfants. Je ne connais pas ta maman, mais elle peut se réjouir d'avoir un fils si dévoué à la rendre heureuse.

Chérif : Madame pour ma maman, j'suis capable et prêt à tout pour son bonheur. Malgré ses moyens minimes, elle n'a ménagé aucun effort pour ma réussite. Malheureusement, le travail tarde à venir. Je ne me décourage pas. Tant que y'a la vie, y'a l'espoir. Mon objectif est de construire une maison pour ma maman et l'amener à la Mecque pour son pèlerinage. Et j'crois dur comme fer que j'atteindrai mon objectif. Ma vie est pour ma maman.

Mme KA : J'en suis sûre que le Bon Dieu exaucera tes vœux. Quant tu parles de ta maman, tes yeux brillent. Mashallah. La sincérité dans tes propos prouve tout. J'prierai pour la réussite de tes ambitions. Je te conseille de toujours croire en tes rêves. Ta maman travaille dans quel domaine ?

Chérif : Elle vend des légumes au marché du quartier. Et c'est avec cet argent que j'ai réussi mes études.

Mme KA : Ok j'vois. Dieu est Grand. Il est là pour tout le monde. J'vous laisse discuter à mon tour. N'oublie pas de partir lundi au bureau de Monsieur KA. Peut-être, il a quelque chose pour toi. Allez bonne fin de soirée.

J'remercie à mon tour. Il faisait 22h. J'devais me préparer à rentrer. J'ai reçu l'appel de Néné mais je ne voulais pas répondre. Je ne saurai quoi dire. Elle a insisté avec ses appels et j'ai fini par décrocher « Allô mon amour ? Comment tu vas ? Tu me manques ? » J'ai vu dans le visage de Diary une crispation. Je ne me souciais pas d'elle. J'ai continué tranquillement ma discussion « J'suis sorti. Une amie m'a invité chez elle et je ne pouvais pas refuser. Je t'expliquerai à mon retour. Bisou je t'aime mon amour ». J'raccroche mon téléphone. Diary gardait le silence 2mn avant qu'elle ne le brise « On dirait que monsieur est un homme déjà pris ? Pourquoi j'devais m'en douter ? Un homme si charmant, gentil, travailleur et si fier de lui ne court pas les rues. J'envie ta copine, elle a trouvé le vrai mec. J'espère qu'elle fera des efforts nécessaires pour te garder. Y'a trop de lionnes affamées dans la nature, prêtes à croquer les hommes sans défense ». Nous rions ensemble, elle n'avait pas fini de parler que son téléphone sonna à son tour. Elle ne répondait pas, je n'ai pas cherché à savoir. Le téléphone continua de sonner « Si c'est à cause de moi que tu ne peux pas répondre, j'peux sortir un moment. Ou bien tu peux partir répondre dans ta chambre, ça ne me gêne pas ». Elle sourit « Non, je ne me permettrai jamais de laisser mon invité seul et allait répondre un appel. L'appelant pourra attendre ou bien j'rappellerai. Bref... J'suis fière de toi et contente de ta venue. C'est la première fois que j'vois mes parents aussi à l'aise avec un de mes invités. Tu t'es bien comporté. Je ne savais pas que tu as fait des études si poussées. J'suis vraiment impressionnée. La chance ne sourit pas à tout le monde. J'crois que papa fera quelque chose pour toi. Il a de bonnes connaissances ». Elle n'avait pas fini de parler que son téléphone sonne à nouveau. Cette fois-ci, j'insiste pour qu'elle répond « Stp, réponds à ton téléphone ». Elle décroche « Bonsoir, j'suis occupée. Je te ferai signe tout à l'heure. Bye ». Elle raccroche à nouveau. J'ai continué notre discussion. Elle me posait des questions sur ma vie et je n'avais pas honte de répondre à toutes ses questions sans hésiter. Vers les 23h, je me suis levé pour rentrer. Elle me tend une enveloppe. J'ai deviné que c'était de l'argent mais j'ignorais la somme. « Je t'avais promis de te donner la journée d'aujourd'hui, heureusement que maman s'en est chargée. C'est elle, qui a laissé cette enveloppe pour toi. Soit tu la prends, soit je la réveille pour qu'elle te la donne de ses propres mains. Tu n'oses pas me laisser réveiller maman pour ça ». J'souris et j'prends l'enveloppe. Elle se lève et m'accompagne jusqu'à la porte. Elle me retient par la main « J'peux te donner une bise sur la joue ? » J'souris « Si ça te fera plaisir vas-y. Y'a rien de mal à ça. Tu es comme une sœur ». Elle me coupa la parole « Arrête de me dire que j'suis ta sœur ? J'suis juste une connaissance qui veut devenir une amie proche et pourquoi pas plus (en souriant)». Je ne voulais pas débattre de ce sujet. J'ai fait semblant de sourire. On se dit au revoir avant que je ne sorte de la maison. Heureusement dans ce milieu, on peut trouver facilement un taxi. Sur le chemin du retour, j'ai reçu son appel « J'veux te tenir compagnie. Je ne veux pas que tu t'ennuies sur le chemin du retour ». Je la remercie d'abord mais je ne pouvais pas accepter. J'avais envie d'entendre ma belle Néné. « Merci Diary, c'est vraiment gentille de ta part mais ne t'en fait pas. J'ne m'ennuie pas. J'vais rappeler ma copine ». Elle n'insiste pas et d'un ton sec, elle me dit juste « Ok et excuse du dérangement ». Elle raccroche. J'commençais à me poser des questions sur ses intentions. Je ne veux pas croire ce que me disent mes pensées. Pour être franc, j'croyais qu'elle avait des sentiments pour moi. Ça ne peut pas être ça. Nous ne sommes pas du même monde. (Deureum ak deureum nio meuneu andeu... Témérr ak témérr). Si une chèvre s'aventure à manger dans le même plat que les lions, elle finira par être un dessert. Je ne veux pas me compliquer la vie. Néné me va très bien. Elle est du même milieu que moi. Ce qui se ressemble doit s'assembler pour leur propre bien. D'un autre côté, j'sens que Diary m'estime tout court. Je ne vais pas me faire des films. J'ai contacté tranquillement ma Néné mais cette dernière refuse de prendre mon appel. Après insistance, elle me décroche et me répond sèchement « Continue ce que tu faisais. J'suis déjà au lit. Bonne nuit ». Elle raccroche. J'étais choqué mais j'ai géré tranquillement. A mon arrivée, j'essaie d'appeler Diary pour lui faire part de mon arrivée, mais elle était en communication. J'envoie un texto « Juste pour te dire que j'suis bien arrivé ». A la minute qui suit, elle répond « Dieu merci. Bonne nuit et merci une fois de plus ». J'pouvais me coucher. J'avais du mal en m'endormir tellement, j'pensais à ma Néné. Demain, j'irai la voir. A demain...

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