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Destinée de Zeyna : Brisée dans mon être , brisée dans mon âme

Destinée de Zeyna : Brisée dans mon être , brisée dans mon âme

Auteur:: LUCIENNE
Genre: Romance
Brisée dans son être, elle l'a été sur tous les plans. Blessée dans son âme, nul ne peut en démentir. Mais comme le Phoenix réussira-t elle à renaître de ses cendres? Entre mariage forcé, famille cupide, viol, violence physique,séparation, trafic de drogue, meurtre, notre héroïne Zeyna Fall réussira-t-elle à voir enfin le bout du tunnel? Pour le decouvrir, suivez l'histoire de notre belle saint-louisienne Zeyna Fall.

Chapitre 1 Chapitre 01

Prologue

Où suis-je ? Qui suis-je ? Qui sont ces femmes autour de moi ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi je ne suis vêtue que d'un pagne blanc ? Quel est ce corps qui est en train d'être lavé en ce moment par ces femmes ? Et pourquoi ce corps ne réagit-il pas alors que ses yeux n'arrêtent pas de couler ? Mon Dieu où suis-je ? Je suis comme emprisonnée, enchaînée dans ce corps sans que je ne puisse réagir. Est-ce vraiment moi ? Est-ce un rêve ? Est-ce vraiment ma vie ?

Femme 1 : Tu n'as pas intérêt à faire honte à ta famille ni à ta mère, elle ne nous a jamais fait honte et notre famille n'a jamais engendré depuis des générations et des générations des enfants de la honte ni attiré la honte sur nous. Toute personne qui nous connaît, sait qu'on n'est pas une famille de moins que rien. Notre famille n'est pas n'importe qui dans ce village. Toute personne qui entend le nom de Fall frémit tellement notre nom est grand alors j'ose espérer que tu tiendras compte de ce nom de famille que tu portes et que tu en feras honneur.

Femme 2 : Ta mère a su faire honneur à ce nom en te donnant la vie, à Moustapha ton frère et à ta sœur Sophie. Elle a su être une bonne épouse pour ton père et cette famille, être une bonne mère pour toi et tes frères et une bonne coépouse et sœur pour ta tante Anta qui a été pour toi une seconde mère depuis qu'elle est entrée dans cette maison. Elles ont su gérer leur foyer sans problèmes et nous osons espérer que tu suivras leur pas. Nous tes tantes n'avons pas eu la chance que tu as eue, nous n'avons pas eu la chance d'avoir un mari qui nous paye des études depuis la maternelle, un mari qui prend soin de tes besoins et de ceux de ta famille de la tête au pied. Un mari qui a su t'attendre jusqu'à ce que tu sois plus mûre pour le mariage, non nous ne l'avons pas eu. Nous n'avons jamais connu l'école, ton grand-père paix à son âme nous a toutes donné en mariage à l'âge de la puberté à des hommes beaucoup plus âgés. Estimes-toi heureuse de te marier à 15 ans seulement et d'avoir étudié jusqu'à avoir ne serait-ce un diplôme faisant ainsi la fierté de ton père et de toute cette famille. Sèches-moi ses larmes de crocodiles et affiche un beau sourire sur ce visage qui a toujours su illuminer cette maison et nos cœurs afin que ton mari puisse être fier de sa femme, lance-t-elle avant de me mettre devant le miroir encastré sur l'armoire.

Ce n'est pas possible, je ne peux pas me marier. Je ne peux pas être celle qui se marie là. Sniff qu'est-ce qui se passe ici ? J'aurais dû être la plus heureuse en ce moment mais au lieu de cela je vis mon plus grand malheur sniff. Pourquoi sniff ? Pourquoi mon Dieu sniff ?

Femme3 : Eh ne nous fais pas peur hein tu m'entends, me gronde-t-elle quand soudain la porte de la chambre s'entrouvrit sur ma mère. Quand je disais qu'il ne fallait pas la mettre à l'école car elle se croirait meilleure que nous et au dessus de nos traditions vous ne m'écoutiez pas non! Maintenant en voilà les conséquences. Amina viens faire entendre raison à ta fille maintenant que tu es là, peut-être que toi elle t'écoutera. Tchipp tu penses qu'avoir étudié te rend meilleure que nous et te fera échapper au mariage alors tu te trompes jeune-fille car que tu le veuilles ou non tu rentreras dans ce mariage même si on doit t'attacher pour t'y amener. Mes sœurs allons nous en et laissons la avec sa mère.

Elles quittèrent la chambre et me laissèrent en pleurs dans les bras de ma mère dans lesquels je me suis jetée dès qu'elle s'est assise sur le lit après leur départ. J'ai pleuré tout mon soûl sur elle pendant quelques minutes avant qu'elle ne lève mon visage embué de larmes vers elle.

Maman : Mon bébé...

...: Ma pourquoi m'avoir fait ça à moi sniff ? Qu'ai-je fait pour avoir mérité pareille chose sniff ? N'ai-je pas été studieuse depuis ma tendre enfance sniff ? N'ai-je pas apporté de bonnes notes à la maison comme vous me l'aviez demandé sniff ? N'ai-je pas été respectueuse envers vous sniff ? N'ai-je pas été une fille exemplaire et pieuse Ma ? Ne suis-je pas allée étudier le CORAN comme le voulait papa en poursuivant toujours mes études sniff ? N'ai-je pas été une fille bien éduquée avec vous sniff ? N'ai-je pas assisté aux tâches ménagères de cette maison sniff ? N'ai-je pas été respectueuse et serviable avec vous sniff ? Ma réponds-moi s'il te plaît sniff...Ma dis-moi pourquoi Papa m'a-t-il fait cela sniff ? Qu'ai-je donc fait pour mériter cela sniff ? Pourquoi me forcez-vous à me marier à mon âge sniff ? Vous savez très bien que je ne suis pas en âge de me marier Ma sniff ? Je n'ai que 15 ans Ma sniff et aujourd'hui aurait dû être le plus beau jour de ma vie si je ne me retrouvais pas dans cette situation Ma sniff...Ma mes rêves vous en faîtes quoi Sniff ? Le BFEM que je viens d'avoir avec mention Bien et qui allait m'ouvrir les portes de l'école des jeunes filles du lycée AHMET FALL de SAINT-LOUIS vous en faîtes quoi sniff ? Toutes ces années à étudier durement à l'école, toutes ces années à me battre en classe pour toujours être la première vous en faîtes quoi sniff ? Ma et toutes ces heures que je passais à étudier comme une forcenée sniff, tous ces sacrifices faîtes sniff Ma...

Maman : Zeyna s'il te plaît mon bébé je suis désolée sniff...Ma est désolée pour tout ce qui t'arrive en ce moment...J'ai tout fait pour que tu ne puisses jamais vivre cela de ta vie mais je n'y suis pas arrivée sniff...Ton père n'a rien voulu entendre depuis qu'il accepté cette demande de main que je n'aurai jamais dû cautionner alors que tu n'avais que 4 ans à l'époque...j'ai espéré qu'il finira par rompre cette promesse de mariage vu comment tu te débrouillais à l'école et comment tu étais pieuse, respectueuse...j'y ai même cru jusqu'au bout vu comment il t'encourageait dans tes études mais hélas ce n'était que mascarade...je m'en veux d'être si impuissante face à ta détresse mon bébé...s'il te plaît soit forte pour moi comme tu l'as toujours été sniff...J'imagine ce que tu peux ressentir en ce moment et tout ce que tu es en train de traverser, je comprends ton désarroi, ton désespoir mais pour préserver la dignité de ton père devant toute sa famille et lui faire honneur sois forte mon amour sniff...Moi je ne suis pas d'accord et ne le serait jamais avec cette décision qu'il a prise il y'a 11ans et qu'il a accepté de concrétiser en scellant ce mariage sous la demande de ton mari et de toute tes tantes et oncles et tu le sais sniff...la seule chose que je puisse te demander c'est d'y faire face mon amour avec honneur et dignité sniff, me caresse-t-elle la joue tendrement avant de m'attirer dans ses bras alors que mes larmes coulaient de plus belle. Sois forte pour Ma, bébé sniff...sois forte chérie sniff.

Hier seulement j'étais aux anges sniff...Hier seulement j'étais la fille la plus heureuse dans cet univers sniff...Hier seulement je croyais que la vie m'appartenait, hier seulement je croyais maîtriser mon avenir sniff...Hier seulement je voyais la vie en rose, je la voyais autrement, je la voyais belle et prête à m'offrir tout ce que je désire sniff...Hier seulement j'étais heureuse d'avoir pu avoir mon BFEM avec brio sniff...Hier seulement mon visage ne reflétait que joie et bonheur sniff...Mais si je savais, si je savais qu'hier ma vie allait changer du tout au tout...Si je savais qu'à la place de ce sourire et de ce grand bonheur qui se reflétaient sur mon visage couleraient des larmes sniff...Si je savais qu'hier, jour qui aurait dû être le plus beau de ma vie se transformerait en mon pire cauchemar sniff...SI JE SAVAIS SNIFF, SI JE SAVAIS SNIFF...Je m'appelle Zeyna Fall, j'ai 15 ans et je vis en ce moment MON PIRE CAUHEMAR. POURVU QUE JE ME REVEILLE...

Chapitre 2 Chapitre 02

Première partie :

Quelque part à Dakar

Mais elle est où Hawa ? Je l'attends depuis dix minutes maintenant et elle ne sort toujours pas de la chambre. Je me demande même ce qu'elle peut trafiquer depuis tout à l'heure alors qu'elle avait déjà fini de s'habiller. Il ne lui restait qu'à mettre un peu de parfum et porter ses chaussures et le tour était joué mais non...Les femmes, ah les femmes toujours à faire attendre les gens quoi. Il est presque 20h et notre table doit déjà être prête à l'heure là. Mieux vaut que j'aille la chercher moi-même sinon on risque d'y passer la nuit...

...: Hawouné chérie, entrais-je dans notre chambre en l'appelant affectueusement par son petit nom que je lui ai donné depuis notre mariage, mais qu'est-ce que tu fais ? Depuis que je t'attends là pour qu'on y aille, toi tu restes là devant ton miroir à admirer ton reflet. Tu sais que tu es belle et tu le seras toujours à mes yeux donc tu n'as pas besoin de perdre ton temps à te maquiller...Hawa chérie mais tu pleures ?

Elle se jette aussitôt dans mes bras après ma phrase comme si elle n'attendait que cette dernière pour pouvoir éclater en sanglots. Je l'attire dans mes bras avant de nous faire asseoir tous les deux sur notre lit conjugal. Durant ces 16ans de mariage, j'ai eu le temps de bien connaître ma femme et je sais ce qu'il faut faire avec elle ou ne pas faire quand elle est dans pareil état. Lui demander maintenant ce qui se passe ne m'aidera guère à trouver des réponses car tout ce que j'aurai d'elle c'est qu'elle pleure de plus belle jusqu'à s'endormir dans mes bras. Je vais juste la consoler en silence, lui caresser le dos en lui chantant des mots doux jusqu'à ce qu'elle se calme et qu'elle puisse me dire ce qui la met dans pareil état.

Après quelques minutes, elle finit par se calmer et lève son beau visage mouillé de larmes vers moi.

... : Je pense qu'il vaut mieux que j'appelle le resto pour annuler notre table et demander à ce qu'on nous envoie notre commande pour qu'on puisse manger ici, dis-je en sortant mon portable de ma poche avant de composer le numéro du resto.

Je reviens et la trouve couchée recroquevillée sur elle-même comme à ses moments de tristesse. J'enlève ma veste, retire ma cravate avant de venir me coucher en face d'elle l'enlaçant par la taille. On se regarde un moment quand soudain elle rompt le silence.

Hawa : Elle aurait dû avoir 15 ans aujourd'hui.

...: Ah ça, murmurais-je tristement en le regardant avant de me retourner pour me coucher de dos afin de regarder le plafond.

Hawa : Julot, m'appelle-t-elle affectueusement comme elle aime toujours le faire avant de se lever à son tour pour me regarder tristement, t'es-tu une fois mis à imaginer comment elle aurait pu être si elle était avec nous ? À quoi elle aurait ressemblé si elle n'était pas morte à la naissance le cordon enroulé au cou ? Ce petit être un parfait mélange de nous deux sniff, le fruit de notre amour sniff. Aujourd'hui elle aurait 15ans si Dieu ne nous l'avait pas privé sniff...Elle aurait été en classe de quatrième secondaire ou pourquoi pas en troisième et aurait eu son BFEM tellement elle aurait hérité de l'intelligence de son papa ou de nous deux sniff...Je la voyais bien porter le nom de ma défunte mère Zeyna sniff...Oui Zeyna aurait été son petit nom...partout où elle ira on l'appellerait Zeyna Diop fille de Souleymane Jules Diop et de Hawa Aïdara sniff...

Jules : STOP, criais-je sans le vouloir avant de me tourner vers elle qui pleurait toujours. Stop Hawa, stop s'il te plaît. On doit faire son deuil une bonne fois pour toute, on doit faire leurs deuils à tous les trois une bonne fois...

Hawa : Non, non et non. Je ne peux pas Jules. S'il te plaît ne me demandes pas cela pour l'amour du ciel. J'ai essayé durant toutes ces années mais je n'y arrive pas sniff. C'est au dessus de mes forces mon amour sniff...pour les deux autres faire leur deuil m'a été plus facile que le sien. Eux n'ont pas grandi 9 mois entier dans mon ventre comme elle, eux je ne les ai pas senti bouger en moi des nuits où je n'arrivais pas à dormir sniff...Eux je n'ai pas eu la chance de sentir leurs petits coups de pieds dans mon ventre sniff...Eux ne m'ont pas laissé le temps de leur acheter des habits de naissance comme elle sniff. J'ai espéré la porter dans mes bras, j'ai cru avoir la chance de lui donner le sein sniff mais hélas elle est partie sniff. Elle est partie sans que je ne puisse même voir à quoi ressemblaient ses yeux sniff. Alors s'il te plaît ne me demande pas cela car c'est trop dur pour moi de satisfaire ta demande sniff.

Jules : Bien, dis-je avant que j'entende quelqu'un sonner. Ça doit être le livreur.

Je sors récupérer la commande avant de revenir avec celle-ci bien dressée sur deux assiettes dans notre chambre afin qu'on puisse enfin diner et fêter ce pourquoi on devait sortir ce soir.

Jules : Mon amour le diner est prêt, on va manger avant que cela ne refroidisse.

Hawa : Je n'ai pas faim...

Jules : Ah non je ne suis pas d'accord, il n'en est pas question que tu me refuses cela un jour aussi important que celui-ci. Tu vas me faire le plaisir de venir diner avec moi pour fêter ces 16ans de mariage comme à nos habitudes. C'est un jour important pour nous deux alors tu te dois de faire des efforts pour moi, pour notre amour...

Hawa : Julot dans "je n'ai pas faim" qu'est-ce que tu ne comprends pas hein ?me répond-elle sèchement en enlevant en même temps ses bijoux attachés à son cou. Pour toi c'est peut-être un jour important mais pour moi ce n'est pas le cas car j'ai perdu le plus beau cadeau qu'une femme aurait aimé avoir qui est celle d'être mère ? Est-ce que tu peux rendre ce jour aussi important et mémorable pour moi en m'aidant à être mère ?

Jules : Encore ce sujet Hawa ! Cela commence à bien faire que tu ramènes toujours ce sujet sur le tapis à chaque fois que ce jour arrive.

Hawa : Cela commence à bien faire hein ?lance-t-elle avec sarcasme avant de s'emparer des assiettes pour les jeter furieusement sur le sol. Tu sais ce qui commence à bien faire ici c'est toi. Oui toi Julot avec ton attitude d'homme fort et serein qui ne laisse rien transparaître de ses émotions. Bah j'en ai marre que toi tu fasses comme si de rien était depuis tout ce temps. J'en ai marre que tu fuis toujours cette discussion à chaque fois que je ramène cela sur le tapis comme tu aimes si bien le dire. Julot tu sais de quoi j'ai marre moi c'est de ne pas savoir ce que mon mari bien-aimé ressent face à la perte de notre fille ainée et des deux autres. J'en ai marre de le voir toujours fuir la discussion face à ce sujet. Alors tu vas me faire le putain de plaisir de me parler ce soir Monsieur Le Colonel Souleymane Jules Diop et de m'ouvrir ton cœur une bonne fois pour toute et c'est UN ORDRE. Je n'ai pas épousé le colonel mais Souleymane Jules Diop sans son grade et ses pouvoirs. Alors je t'écoute MON COLONEL.

Jules : Très bien Hawa Aïdara, finis-je par dire dépassé par la tournure des événements et le tempérament soudain de ma femme qui a toujours été douce et calme avec moi et quiconque dans n'importe quelle situation. Tu veux que je parle de cette affaire...

Hawa : Ce n'est pas une affaire Jules Diop. Nom de Dieu ce n'est pas une putain d'affaire mais plutôt une personne, un être, notre bébé...Dis le nom Julot, appelles le par son vrai nom et arrête de vouloir me faire sortir de mes gongs une énième fois...

Jules : Très bien Hawa, tu as gagné. Tu veux qu'on parle de NOTRE BEBE, on va en parler alors mais sache que ce sera la dernière fois qu'on en rediscute car après cela ce sujet sera à jamais clos. Tu veux savoir si j'ai mal et bien OUI...J'ai mal et j'ai autant la rage de te savoir aussi mal après toutes ces années. J'ai tout autant mal que toi d'avoir perdu nos enfants. J'ai tout autant mal d'avoir perdu notre fille ainée comme j'ai tout autant mal de n'avoir pas pu enlever cette douleur dans ton cœur et dans ton âme durant toutes ces années. J'ai mal Hawa de n'avoir pas pu réaliser ton plus beau rêve d'être mère comme tu l'avais toujours rêvé. J'ai mal à chaque fois que je te vois te rendre à l'hôpital pour aider des femmes à donner la vie alors que toi tu n'as pu avoir cette chance. J'ai mal que pour une fois dans notre vie que je ne puisse exaucer ton vœu...j'ai mal mon amour d'être si impuissant face à ton désarroi...J'en souffre aussi souvent que je croise ton regard triste posé sur une jeune-fille croisée dans la rue qui aurait presque l'âge de Zeyna comme tu aimes si bien l'appeler...J'ai mal qu'à chaque fois que notre anniversaire de mariage approche que l'on ramène ce sujet sur le tapis au lieu de fêter comme il se doit notre amour...J'ai mal à chaque fois que je te vois ainsi désorientée, triste, anéantie et que je ne puisse rien faire pour t'aider Hawa...J'ai mal chérie bien plus que toi car depuis ce jour je n'ai pas perdu non seulement un être mais deux...

Hawa : Julot...

Jules : Laisses-moi finir Hawa s'il te plaît, m'écartais-je d'elle pour pas qu'elle me touche et m'empêche d'ouvrir mon cœur une bonne fois pour toute. Tu as voulu que je m'ouvre à toi alors laisses-moi finir s'il te plaît. Est-ce que tu sais à quel point j'ai autant désiré cet enfant que toi ? Sais-tu combien je l'ai attendu ce petit être ? Sais-tu combien de fois j'ai rêvé la porter dans mes bras, la voir courir dans cette maison ou la voir t'appeler maman ou m'appeler papa ? Non tu ne sais pas Hawa, tu ne peux pas savoir. Cet enfant représentait beaucoup pour moi, il représentait le fruit de notre amour à tous les deux Hawa...J'ai autant voulu l'avoir que toi et chaque jour que Dieu fait je maudis ce jour où elle nous a été arrachée sans qu'on ait eu le temps de dire ouf...

Hawa : Bébé je suis désolée, je suis désolée sniff. Je ne savais pas du tout ce que tu pouvais ressentir...Tu ne me parlais pas du tout sniff...Tu as agi avec moi comme si de rien était et je ne pouvais pas imaginer que tu pouvais autant souffrir de ces pertes que moi mon amour...Mais bébé malgré tout cela contrairement à moi tu avais une opportunité d'avoir des enfants si tu avais accepté d'épouser ta cousine comme je te l'avais demandé...

Jules : Encore cette histoire que ma mère a insérée dans ta tête de me faire prendre ma cousine comme seconde épouse juste pour avoir un enfant Hawa ? Combien de fois devrais-je te dire que jamais je ne prendrai une autre femme que toi juste pour avoir un enfant hein ? Combien de fois devrais-je te répéter que la seule femme qui portera mes enfants sera toi et toi seule Hawa...

Hawa : Mais je n'y arrive pas Julot, je n'y arrive pas sniff...Trois grossesses successives en 16 ans de mariage et tu n'as toujours pas pu avoir cet enfant ou ces enfants mon amour...Je ne suis toujours pas arrivée à te donner un héritier alors que si tu épousais...

Jules : Jamais Hawa, tu m'entends jamais je ne prendrai une autre femme juste pour avoir des héritiers. Mon amour je t'aime, la serrais-je dans mes bras avant de lui caresser la tête tendrement, je t'aime trop pour vivre ou même épouser une autre femme. Je ne me vois pas dormir aux côtés d'une autre que toi juste parce que je t'aime et la seule avec qui je veux être avec ou sans enfants c'est toi. Mon amour on a tout essayé, on a fait toutes les analyses possibles et tout est normal, on a aucun problème de santé d'après les médecins pour avoir des enfants alors pourquoi tu veux coûte que coûte me jeter dans les bras d'une autre juste pour avoir des enfants ? Écoutes-moi très attentivement Hawa Aïdara la seule femme avec qui j'aurai des enfants c'est bien toi et si ce n'est pas avec toi je préfère ne pas en avoir du tout. En plus c'est Dieu qui donne les enfants donc s'il dit qu'on en aura, on en aura sinon dan le cas contraire on fera avec. L'essentiel pour moi c'est d'être avec toi, la femme que j'aime, la personne la plus importante pour moi dans cet univers et sans qui je ne suis rien. Je me suis marié avec toi parce que je t'aime et non pas pour avoir des enfants, certes que c'est important pour un couple de fonder une famille mais nous ne sommes pas maîtres de notre destin et s'il faut vivre avec l'être aimé sans enfants du tout alors je suis prêt à prendre ce risque car je t'aime et la vie de couple qu'on a me suffit largement. En plus les voix du Seigneur sont impénétrables qui sait ce qu'il peut nous réserver dans l'avenir !

Hawa : Sniff tu es fou Julot, finit-elle par murmurer sa tête posé sur mon épaule.

Julot : Oui je suis fou de toi, je t'aime d'un amour fou qui me donne la force de vivre avec toi avec enfants ou sans. Et si je devais choisir entre vivre à tes côtés sans enfants et vivre avec une autre femme qui me donnerait des enfants, je choisirai sans hésiter la première option Mme Diop. Je t'aime mon amour plus que ma propre vie.

Hawa : Je t'aime aussi Mr Diop, me serre-t-elle très fort dans ses bras avant de lever sa tête vers moi. Joyeux anniversaire de mariage Souleymane Jules Diop.

Jules : Joyeux anniversaire de mariage à toi aussi Hawa Aïdara Diop. Tu sais elle s'appellerait Zeyna Aïdara Diop, finis-je par dire après l'avoir longuement regardé dans le blanc des yeux avant de m'emparer délicatement de ses lèvres mouillées de larmes.

Elle se détache de moi délicatement en mordillant d'une manière très coquine sa lèvre inférieure avant de me pousser sur le lit pour ensuite se diriger vers notre salle de bain.

Hawa : Et si on se rafraichissait un peu avant de fêter comme il se doit ces 16 ans de mariage, lance-t-elle en faisant une moue coquine avant d'enlever la robe qu'elle portait me laissant ainsi découvrir sa jolie lingerie en dentelles de couleur noire qu'elle cachait à l'intérieur.

Je déglutis de plaisir imaginant déjà les nombreuses folies qui vont se faire cette nuit dans cette chambre. Hum même après 16 ans de mariage, elle a su maintenir ce désir qu'elle suscite en moi depuis qu'on s'est connus. Même après toutes ces années de mariage, elle sait toujours comment me faire perdre la tête. Bon les enfants, il est temps que les adultes jouent aux jeux d'adultes en attendant allez dormir un peu et si vous entendez le moindre bruit bizarre sachez que Tonton Jules prend son pied...

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Chapitre 3 Chapitre 03

Deuxième partie :

A quelques lieux de chez les Diop

...: Je suis très fier de toi mon fils vraiment. Je savais que tu y arriverais malgré tes problèmes de santé. J'ai toujours su que tu saurais faire ma fierté et celle de cette famille. Mon grand-père Feu Abdou Karim ton homonyme et Feu ton grand-père Abdou Kader doivent être très fiers de toi en ce moment.

Abdou Karim : Merci papa, réponds-je timidement en réajustant mes lunettes de correction. Tout cela n'aurait pas été possible sans toi à mes côtés. C'est grâce à ton soutien et à tes conseils que j'ai pu décrocher ce BFEM avec brio après être resté deux longues années sans étudier à cause...

Maman : Hein c'est maintenant grâce à ton papa seulement hein, me coupe-t-elle aussitôt en arrivant au salon avec le diner. Je vois combien tu peux être ingrat avec ta mère maintenant.

Abdou Karim : Oh maman toi aussi, ne dis pas cela. Même si je ne t'ai pas cité cela ne veut pas dire que je t'ai oublié. Tout ce que je suis c'est grâce à toi et à papa et je vous en serais toujours reconnaissant.

Maman : Ah tu as intérêt, me tire-t-elle les joues avant de nous inviter à manger. Maintenant honorons ce bon Yassa au poulet que j'ai concocté uniquement pour toi en cette occasion si spéciale.

Papa : Salimata mais où est donc l'autre cuisse de poulet ?interroge-t-il en découvrant avec stupeur la cuisse de poulet qui manquait. N'est-ce pas un poulet entier que j'ai tué tout à l'heure ?

Maman : Chéri toi aussi, c'est à cause d'une cuisse de poulet seulement que tu cries ainsi ! La cuisse je l'ai retiré pour la réserver à Abdou Kader qui n'a pas encore dîné. Tu sais qu'il n'a encore rien mangé depuis qu'il est sorti de cette maison ce matin.

Papa : Et c'est en quoi mon problème je peux savoir hum ? S'il voulait manger ne penses-tu pas qu'il serait rentré depuis lors au lieu de traîner dehors jusqu'à pareille heure comme un vanupied ? Salimata, Salimata fais attention à toi hein. Tu as trop chouchouté Abdou Kader qu'il risque de tourner mal et de t'entrainer avec lui. Il est ce qu'il est tout cela grâce à toi. Tu l'encourages dans son attitude et je t'ai toujours reproché cela mais tu continues dans cette lancée en disant qu'il a besoin d'être compris, aimé et j'en passe. Abdou Kader est un homme et non une femme Salimata, tu ne dois pas être trop aux petits soins avec lui. Et pour en revenir à cette cuisse de poulet, je veux que tu ailles me la chercher et la mettre dans ce plat pour qu'on mange tous ensemble et si ton fils voulait manger il allait faire tout pour être là avec nous et dîner en famille.

Maman : Abdourahmane Dia c'est mon fils que tu veux priver de nourriture maintenant hein ? N'as-tu pas pitié de lui un peu par moment ? Tu ne vois jamais le bien chez lui, toujours à lui faire des reproches, toujours à dire qu'il n'est pas ceci ou qu'il n'est pas cela. Abdou Kader par ci, Abdou Kader par là...Selon toi il ne fait jamais rien de bien à tes yeux mais par contre ton cher Abdou Karim...

Papa : Abdou Karim quoi ? Hein ! Abdou Karim qu'a-t-il fait Salimata ? Qu'est-ce que ce jeune-homme a bien pu faire pour qu'à chaque fois que je te parle d'Abdou Kader tu me sors son nom ici ? Attention à ce que tu vas dire Salimata ! Attention hein...

Abdou Karim : Papa, les interromps-je mal à l'aise d'assister à cette scène entre eux, maman s'il vous plaît vous aussi. Ce n'est pas à cause d'une cuisse de poulet que vous allez quand même vous disputer. Papa toi aussi, je t'en supplie pense un peu à ta santé et laisses à mon frère le diner que maman lui a réservé. Il n'a pas appelé pour prévenir de son retard certes mais il doit sûrement être en route et le connaissant comme je le connais il doit sûrement avoir faim en ce moment. S'il te plaît ne rompons pas le charme de cette journée qui avait si bien commencé avec une histoire de cuisse de poulet...

...: Cuisse de poulet ?s'exclame-t-il en entrant au même moment dans la pièce avec son fameux jean déchiré et chemise déboutonnée. Bonsoir la famille Dia, alors il y'a du poulet au menu ce soir ? Cool et que fête-t-on exactement ?

Maman : Enfin te voilà toi, se lève-t-elle précipitamment pour lui céder sa place et s'asseoir de l'autre côté du fauteuil. Joins-toi à nous mon poussin pour diner et fêter la réussite de ton frère à ses examens, on n'attendait que toi d'ailleurs.

Abdou Kader : Enfin l'homme Hibou a fini par décrocher son examen, c'est super mon frère. Bravo, je suis trop content pour toi surtout que tu vas pouvoir me rejoindre dans ma classe de seconde et faire partie de ma bande de potes en classe...

Papa : TCHIPP! Même pas honte de te vanter de cela. Au lieu de te soucier d'avoir repris la même classe trois fois et d'être rattrapé par ton petit-frère, tu te soucies de la bande de copains avec qui tu traînes afin d'y intégrer ton jeune frère. Tchipp.

Abdou Kader : Il a quoi le vieux ?demande-t-elle à ma mère qui lui répond avec le sourire avant de l'inviter à honorer le repas.

Ah ma famille, toujours la même histoire ! Il faut qu'à chaque fois qu'il y ait des tensions entre nous même à des moments de bonheur. Elle est compliquée mais je l'adore même si par moment cela me fait mal de voir cette tension entre mon père et ma mère toujours au sujet de mon frère. J'ai chaque fois honte de me retrouver à intervenir sur ce sujet sachant que cela finit toujours par tomber sur moi. C'est la remarque que j'ai fait à chaque fois que mon père soulève le sujet concernant mon frère, ma mère, elle, finit par jeter toute la faute sur moi disant que j'étais le préféré de mon père raison pour laquelle mon père ne voyait le mal qu'en Abdou Kader et pas en moi. Je suis tout le temps mal à l'aise face à cela à chaque fois et c'est trop gênant d'être toujours le bouc-émissaire de leurs disputes. Bref nous terminons notre dîner en famille dans la joie et la bonne humeur tandis que mon père, lui, s'était muré dans un silence de mort depuis tout à l'heure. Le dîner fini, nous nous retrouvons mon père et moi au salon à discuter sur l'ouverture prochaine des classes, de mon avenir tandis que mon frère et ma mère parlaient à voix basses devant la télé. Mon père leva la tête vers eux puis reporta toute son attention sur notre discussion quand soudain mon frère nous rejoignit en compagnie de ma mère qui vint s'asseoir aussitôt aux côtés de mon père avant d'entreprendre de caresser la tête de ce dernier.

Maman : Dia POULO DIERI, il ne faut pas te fâcher avec moi hein. Tu me connais non depuis tout ce temps, tu dois être maintenant habitué mon POULO DIERI à moi. Tu sais comment je réagis toujours quand il s'agit de notre Abdou Kader, c'est juste que je suis une vraie mère poule raison pour laquelle...

Papa : Salimata, tu as raison vraiment de dire que je devrais déjà te connaître depuis toutes ces années de vie commune. Donc s'il te plaît épargnes-moi ces DIA POULO DIERI et va directement au but s'il te plaît en me disant ce que tu veux.

Maman : Eh Dieu qu'ai-je fait pour hériter d'un mari pareil ?pose-t-elle sa main sur sa main en guise d'exaspération avant de reprendre. Bon il y'a Abdou Kader qui a un petit quelque chose à te demander. Vas-y Kader, dis-lui.

Abdou Kader : Euh papa, balbutia-t-il en se caressant la tête nerveusement, j'aimerai que tu me prêtes ta voiture et que tu me donnes un peu de liquide s'il te plaît. Je dois sortir avec mes potes.

Papa : Abdou Kader Dia, Abdou Kader Dia, Abdou Kader Dia. Dis-moi combien de fois t'ai-je appelé ?

Maman : Ah Chéri toi aussi il y'a quel souci même. Ce n'est que du matériel toi aussi, prête-lui ta voiture seulement au lieu de faire tout ce discours. Notre fils veut juste sortir s'amuser un peu avec ses potes. Il y'a quoi de mal dans ça ?

Papa : Est-ce à toi que je parle Salimata ?lève-t-il la voix à son encontre donnant ainsi un effet de surprise à ma mère. Est-ce toi qui t'appelle Abdou Kader Dia maintenant ? Dis-moi un peu pour voir. T'appelles-tu maintenant Abdou Kader Dia ?

Maman : Non chéri, je suis désolée. Je ne voulais pas t'énerver tu sais mais...

Papa : Il n'y a de mais ok. Je te demanderai à l'avenir de n'intervenir dans ma discussion avec Abdou Kader que lorsque je t'y autoriserai ok. Me suis-je bien fait comprendre Salimata ?

Elle ne pipa mot et afficha une mine boudeuse exprimant son mécontentement. Même mon frère et moi sommes autant surpris de la réaction soudaine de mon père face à ma mère. Mon père plongea son regard profondément dans le sien attendant sa réponse et elle finit par répondre par l'affirmative avant de se lever en grimaçant pour se diriger hors du salon.

Papa : Très bien on va pouvoir parler enfin entre hommes, dit-il en voyant ma mère disparaître de notre vue. Abdou Kader Dia penses-tu que la vie que tu mènes là va t'aider dans l'avenir ? Penses-tu que ces gens que tu appelles "tes potes là" sont des gens biens avec qui tu devrais traîner ? Abdou Kader non seulement tu portes le nom de mon père mais aussi tu es mon fils aîné et j'avais mis beaucoup d'espoir en toi malheureusement avec ce comportement que tu as là, mes espoirs fondés en toi sont réduits à néant. Tu ne veux pas étudier, tu ne veux rien faire de ta vie. Regarde depuis combien de temps tu es en classe de seconde hein ? Ce n'est pas que tu n'es pas intelligent mais c'est juste que tu fréquentes des gens qu'il ne faut pas. Regarde comment tu t'habilles hein ? Penses-tu que c'est un comportement digne d'un Dia ça ?

Abdou Kader : Papa s'il te plaît, tu ne vas pas encore revenir sur mon accoutrement et sur mes fréquentations. En plus en quoi mon accoutrement te gêne ? Je vis ma jeunesse comme tu l'as fait quand tu avais mon âge. D'ailleurs papa là n'est pas le sujet, je veux savoir si tu pourras ou non me filer du liquide et me prêter ta voiture pour que je puisse sortir tranquillou avec mes potes ?

Abdou Karim : Mon frère, interviens-je aussitôt avant que cela ne tourne au vinaigre entre ces deux là, ce n'est pas une manière de parler à notre père toi aussi. Quoiqu'il advienne c'est notre aîné et notre père et seulement pour cela nous lui devons du respect. Il ne veut que notre bien et s'inquiète pour toi tout comme moi d'ailleurs.

Abdou Kader : Vous savez quoi ?se lève-t-il aussitôt en nous regardant avec dédain, on va mettre fin à cette discussion et je vais faire comme si elle n'avait jamais existé en m'en allant simplement.

Abdou Karim : Mon frère, me levais-je pour l'arrêter dans son élan quand soudain mon père m'interrompît.

Papa : Tu as commencé quand à fumer du chanvre Abdou Kader ?

Nous nous retournons aussitôt à la fin de sa question. Mais de quoi il parle Papa ? Fumer du chanvre ? Mon frère fume ? Non cela ne peut pas être vrai, il ne serait pas arrivé à ce stade quand même. Il a certes un accoutrement bizarre et un comportement un peu bizarre par moment mais il est tout sauf cela. Il ne touchera jamais à ces saletés. Je regarde mon frère afin de lire quelque chose sur son visage, une quelconque émotion mais rien. Il sourit juste avant de répondre par la négative à mon père, ce qui m'a fait le plus tiquer car je reconnais à la seconde près lorsqu'il est en train de mentir ou pas même s'il était à des milliers de kilomètres.

Papa : Tu oublies que je suis ton père et que j'ai été jeune bien avant toi, donc essayer de me mentir ou dissimuler certaines choses ne t'avancera à rien. Je sais que tu y touches, je ne sais pas depuis quand mais tu fumes cette saleté et tu ne m'en lèveras pas à l'idée que c'est à cause de ta bande de copains là que tu es entré dans ça. Abdou Kader je t'en supplie, s'exprime-t-il de ton beaucoup plus conciliant que tout à l'heure, pour l'amour de Dieu et pour l'amour de ton père laisse tomber cela. Tu es mon fils aîné, je t'aime de tout mon cœur et ne te veux que du bien alors écoutes-moi mon fils arrêtes tout cela avant qu'il ne soit trop tard. Je t'en supplie mon fils, change.

Il regarda longuement mon père en souriant avant de se retourner pour partir sans piper mot laissant ainsi mon père sans voix et moi pareil.

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