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Destin Brisé, Âme Vengeresse

Destin Brisé, Âme Vengeresse

Auteur:: Monkey
Genre: Fantaisie
Amélie Dubois était morte, mais son esprit refusait de partir, prisonnier d'un amour brisé. Invisible et impuissante, elle assiste au spectacle insoutenable de son ex-mari, Laurent Garnier, qui, loin de la pleurer, la remplace par une jeune danseuse, Chloé Moreau, avec une indifférence glaçante. Chaque souvenir, chaque objet à son nom est effacé, rejeté comme une souillure, forçant Amélie à revivre sa propre humiliation : une trahison révélée par les murmures des domestiques, son fils mort-né oublié, et une maladie ravageuse l'ayant emportée loin de tout. Mais le choc le plus brutal survient lorsqu'elle découvre la sombre vérité sur la fortune des Garnier, bâtie sur la ruine et le sang de sa propre famille. Dans une rage fulgurante, Amélie jure de revenir pour détruire celui qui l'a anéantie, réincarnée sous les traits d'Élise, prête à tisser une vengeance implacable au cœur même de son bourreau.

Introduction

Amélie Dubois était morte, mais son esprit refusait de partir, prisonnier d'un amour brisé.

Invisible et impuissante, elle assiste au spectacle insoutenable de son ex-mari, Laurent Garnier, qui, loin de la pleurer, la remplace par une jeune danseuse, Chloé Moreau, avec une indifférence glaçante.

Chaque souvenir, chaque objet à son nom est effacé, rejeté comme une souillure, forçant Amélie à revivre sa propre humiliation : une trahison révélée par les murmures des domestiques, son fils mort-né oublié, et une maladie ravageuse l'ayant emportée loin de tout.

Mais le choc le plus brutal survient lorsqu'elle découvre la sombre vérité sur la fortune des Garnier, bâtie sur la ruine et le sang de sa propre famille.

Dans une rage fulgurante, Amélie jure de revenir pour détruire celui qui l'a anéantie, réincarnée sous les traits d'Élise, prête à tisser une vengeance implacable au cœur même de son bourreau.

Chapitre 1

Amélie Dubois était morte, mais son esprit refusait de partir.

Elle flottait, invisible et impuissante, dans le grand salon de leur ancienne maison. Un mur invisible, une force qu'elle ne comprenait pas, la retenait prisonnière. Elle ne pouvait pas s'éloigner de plus de trois mètres de Laurent Garnier, son ex-mari. C'était sa cage, une cage de trois mètres de rayon avec un homme au centre.

Laurent se tenait sur le podium du salon, transformé en salle de répétition. La baguette à la main, il dirigeait un orchestre de chambre avec une concentration féroce. La musique emplissait la pièce, une symphonie puissante et complexe, mais pour Amélie, ce n'était qu'un bruit de fond assourdissant qui couvrait le silence de sa propre existence. Il ne savait pas qu'elle était morte. Il ne sentait pas sa présence, juste à côté de lui, si proche qu'elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps. Pour lui, elle avait simplement disparu de sa vie il y a un an.

Un mouvement brusque de sa baguette fit remonter un souvenir. Dix ans de mariage. Ça avait commencé par un amour fou, deux étoiles de la musique classique qui s'étaient trouvées. Amélie au piano, Laurent à la baguette. Ils étaient le couple parfait, envié de tous. Puis, la musique avait pris toute la place, les tournées, la pression, l'ambition dévorante de Laurent. L'amour s'était usé, transformé en une habitude silencieuse, puis en résignation.

Le coup de grâce fut la perte de leur fils, un petit garçon mort-né. Ce jour-là, quelque chose s'était brisé en elle pour de bon. Laurent, incapable de faire face à la douleur, s'était réfugié encore plus profondément dans son travail. Il n'avait pas de place pour son chagrin, ni pour celui d'Amélie. Son indifférence était une torture quotidienne. Alors, elle l'avait quitté. Elle pensait qu'en partant loin, elle pourrait échapper à cette tragédie, mais la maladie l'avait rattrapée, une maladie rare qui l'avait rongée lentement, loin de tout.

Amélie regardait Laurent, son visage dur et impassible. Il était beau, plus encore avec les années. Les quelques cheveux gris à ses tempes lui donnaient une autorité nouvelle. Mais ses yeux étaient vides de toute émotion qui ne concernait pas sa musique. Il vivait, respirait et dormait pour ses partitions.

La répétition s'acheva. Les musiciens rangèrent leurs instruments, discutant à voix basse. Laurent descendit du podium, essuyant son front avec le dos de sa main. C'est à ce moment-là que Chloé Moreau, la nouvelle danseuse étoile de l'Opéra, entra dans la pièce. Elle était jeune, vibrante de vie, et son corps souple se moula contre celui de Laurent.

« C'était magnifique, mon amour, » roucoula-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.

Laurent lui sourit, un vrai sourire, de ceux qu'Amélie n'avait pas vus depuis des années. Il passa son bras autour de la taille de Chloé, la serrant contre lui. Amélie sentit une douleur si vive qu'elle aurait crié si elle avait eu une voix. Elle était là, un fantôme, forcée de regarder son mari la remplacer si facilement, si complètement.

Deux domestiques passèrent près d'elle, chuchotant.

« Il a l'air heureux avec Mademoiselle Moreau, » dit l'une.

« Oui, on dirait qu'il a complètement oublié Madame Dubois. C'est triste. Personne n'a le droit de prononcer son nom ici. »

L'autre hocha la tête.

« Le Maître veut tourner la page. C'est son droit. »

Amélie flotta, le cœur lourd. Oubliée. Effacée. C'était pire que la mort. Elle était condamnée à hanter l'homme qui l'avait effacée de sa propre vie.

Chapitre 2

Être un esprit ne la protégeait pas de la douleur. Au contraire, sans corps pour l'ancrer, les émotions la submergeaient comme des vagues glaciales. La jalousie, le chagrin, la colère, tout était plus intense, plus pur. Elle observait Chloé prendre sa place dans la maison, toucher ses affaires, dormir dans son lit, et chaque instant était une nouvelle blessure.

Un matin, Monsieur Dupont, l'ancien majordome qui avait servi la famille pendant plus de vingt ans et qui était maintenant à la retraite, vint rendre visite. C'était un homme bon, loyal, qui avait toujours eu une affection particulière pour Amélie.

Il trouva Laurent dans son bureau, plongé dans une partition.

« Monsieur Garnier, » commença timidement le vieil homme.

Laurent ne leva même pas les yeux. « Qu'est-ce qu'il y a, Dupont ? Je suis occupé. »

« Je venais juste prendre des nouvelles... et demander si vous en aviez, vous, de Madame... de Madame Amélie. »

Le crayon de Laurent se brisa net sur le papier. Il releva la tête, son regard était noir de fureur. « Je vous ai déjà dit de ne plus jamais prononcer ce nom dans cette maison. Elle a fait son choix. Elle est partie. Pour moi, elle n'existe plus. Est-ce que c'est clair ? »

« Oui, Monsieur. Pardonnez-moi, Monsieur, » balbutia Dupont, le visage blême. Il se retira, le dos courbé, le cœur lourd.

Amélie, flottant près de la porte, sentit une vague de tristesse pour le vieil homme. Il était le seul à se souvenir, le seul à se soucier.

Plus tard dans la journée, elle suivit Laurent jusqu'à la cuisine. Deux jeunes femmes de chambre nettoyaient les cuivres en papotant. Elles pensaient être seules.

« Tu as entendu ce que le Maître a dit à ce pauvre Monsieur Dupont ? » dit la première.

« Oui. C'est terrible. Il la déteste vraiment. Pourtant, à l'époque, ce n'est pas elle qui a eu une liaison. C'est lui, avec cette chanteuse d'opéra italienne. Tout le monde le savait. Madame Dubois a tout supporté en silence. »

« Et après la perte du bébé... elle était si fragile. Il l'a laissée toute seule avec son chagrin. Ce n'est pas étonnant qu'elle soit partie. »

Amélie écoutait, son esprit tourbillonnant. Elle avait tout supporté, oui. Elle avait pardonné l'infidélité, espérant sauver leur mariage, croyant que leur amour pouvait surmonter la douleur. Elle avait cru en lui, en eux. Quelle idiote elle avait été. Son amour l'avait rendue aveugle à sa cruauté, à son égoïsme.

Juste à ce moment, Chloé entra dans la cuisine, vêtue d'un simple justaucorps qui mettait en valeur sa silhouette parfaite. Elle alla directement au réfrigérateur et en sortit une bouteille d'eau pétillante.

« Laurent, tu ne veux rien ? » lança-t-elle par-dessus son épaule.

Laurent, qui était entré derrière elle, secoua la tête. « Non. Je dois retourner travailler. » Il la regarda à peine, déjà replongé dans ses pensées musicales. Il lui fit un signe de tête distrait et quitta la pièce.

Chloé le regarda partir, une lueur de déception dans les yeux. Puis elle haussa les épaules et but son eau, seule.

Amélie observa la scène avec un sentiment étrange. Laurent était le même avec Chloé. Absorbé, distant. La passion du début s'était déjà estompée, remplacée par la routine de son obsession pour le travail. L'histoire se répétait.

Plus tard, Monsieur Dupont, avant de partir, croisa Laurent dans le couloir. Il tenait délicatement un petit cadre photo.

« Monsieur, j'ai trouvé ceci en rangeant le grenier. C'est le piano Pleyel que Madame Amélie aimait tant. Je pensais que... »

Laurent lui arracha le cadre des mains et le regarda avec dégoût. « Brûlez-le. Je ne veux plus rien qui ait appartenu à cette femme. »

Il jeta le cadre par terre. Le verre se brisa en mille morceaux.

Amélie regarda les débris scintillants sur le sol. C'était son souvenir, son amour, réduit en poussière par l'homme pour qui elle avait tout sacrifié.

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