Peut-on vivre sans avoir aucun contrôle sur son existence ? Peut on vivre sans savoir si oui ou non on a un avenir ? Peut on vivre en redoutant constamment les coups du soir ? Peut on vivre en sachant qu'un jour ou l'autre on mourra sous les coups de notre tuteur ? Peut on vivre en sachant que nous sommes vulnérables à tout sortes de dangers et confrontés à toutes sortes de maladies ? Qu'en est il de nous lorsqu'en grandissant nous sommes délaisser à notre propre sort ? Qu'en est il de nous lorsque l'on ne trouve aucun soutien quand notre monde s'écoule ? Qu'en est-il de toutes ces fois où sou
s le chaud soleil, nous marchons pieds nus pour mendier ? Qu'en est-il lorsque l'on nous chasse comme des animaux ? Est-ce des comportements de méchanceté ou de méfiance ?
Tels sont les questions que moi Karim je me pose et dont je ne trouve malheureusement aucune réponse.
Vous vous demandez certainement qui je suis mais je crois que vous le savez tous déjà. Je suis celui qui habillé d'haillons tenant un pot de tomate à la main trimbale avec ce sourire innocent pour avoir de quoi mettre sous la dent, je suis celui que vous croisez tous les jours au bord de la route parce que vous allez travailler, celui à qui vous n'addressez aucun regard alors que je cours vers vous pour seulement quelques pièces, je suis celui qui vous regarde avec envie lorsque sac à dos vous vous dirigez dans un endroit qui m'a été dérobé, l'école. Je suis celui qui quand vous ressentez le besoin de me faire démarquer, vous m'appelez au nom de ''Talibé'', je suis celui qui vous regarde acheté à des prix impressionnants des chaussures, des vêtements et des accessoires alors que je ne demande qu'une pièce, je suis pratiquement cet être dont vous ne vous souciez le mal être. Vous savez qui je suis ? Eh bien je suis l'humain que vous avez jeté, humilié, frappé et crié pour qu'il s'en aille loin de vous.
Douleur, solitude, craintude, souffrance et désespoir me tourmentent au quotidien mais vous ne le voyez pas et ne le comprenez pas tout cela pour un but qui m'est moi même inconnu et surtout pour un homme que je ne connais même pas. Tout ce qui me revient en mémoire c'est la confiance que mes parents lui ont accordés pour faire de moi, un homme de foi mais hélas depuis le début, il n'en fut jamais rien.
Quelques fois je me suis demandé si j'étais à ma place dans ce monde où rien ne me semble familier et j'ai été tenté par l'immigration clandestine, par le banditisme, l'agression, le trafic de drogue mais heureusement de tout ça je n'en ai choisi aucun.
Néanmoins grâce à mon dévouement et à ma volonté de me soumettre à la volonté d'Allah SWT, je suis parvenu à passer de ''Hey Talibé'' à un ''Pardon, Monsieur puis je vous parlez s'il vous plaît ?"
Cependant de Talibé à multimillionnaire, laissez moi vous dire que rien ne m'a été épargné.
Chapitre 01 :
Ce matin comme d'habitude je venais de me faire réveiller par notre soit disant ''maître coranique '' qui nous éparpilla de l'eau froide alors que l'on était tous endormi au sol collé serré l'un à l'autre à la verticale pour que nous 50 puissions tous avoir de la place.
Comme de coutume, nous nous levons tous par rang pour aller au robinet afin de nous rincer le visage ainsi que la bouche ensuite de faire nos ablutions.
On se met en place derrière le maître pour faire la prière de l'aube puis chacun de nous prenait respectivement un pot de tomate vide pour y mettre tout ce que l'on aura récolté de la journée.
Avant de partir, notre maître coranique se met devant la porte pour compter si le nombre de Talibé est à la normale en nous rappelant chaque fois que quelqu'un sort '' Revenez avec 1500f".
Notre règle était de lui ramener 1500f à défaut d'être attaché à l'arbre jusqu'à l'aube ou de se faire tendre par quatre recevant ainsi la cravache à n'importe quelle partie de corps. À cela s'ajoute le fait que l'on mangeait exceptionnellement que si des personnes nous ramenait du riz ou autre en tant qu'aumône mis à part ça on mangeait dans la rue, de ce que l'on trouvait par ici et par ailleurs et de ce que les gens nous offrait comme nourriture.
Une fois au dehors de la baraque, je laissais mes pieds me dirigeait à n'importe quel lieu sans oublier de réclamer des pièces quand j'apercevais des gens qui à la place ne m'offrait que du sucre. Ça faisait à peine deux heures que je trotinais dans les rues de Dakar et mon pot de tomate s'emplissait totalement que de sucre.
Ceci me fit rire, qu'est-ce que je pourrais bien faire de se sucre si je n'ai même pas de quoi le tremper. En fait je me suis toujours demander qu'est-ce qui pouvait bien se passer dans la tête de ces gens pour offrir du sucre à des personnes qui peinent même à trouver de l'eau. Ohlolo la société sénégalaise, on en verra de toute les couleurs.
J'avais la forte habitude d'aller à des lieux où je pourrais observer les gens faire ce que je ne pouvais pas faire, aller à des endroits où je ne pouvais pas aller ou avoir ce que je n'avais pas. Je ne sais pas pourquoi mais moi ça m'a toujours passionné de regarder ces gens qui avait tout parce qu'au fond de moi je me disais que si un jour Allah SWT m'offrait cette chance là, je saurais m'y prendre avec modération car je sais ce que c'est d'être un moins que rien aux yeux des gens.
Aujourd'hui j'étais en ville, j'étais assis sur un banc scrutant le paysage qui s'offrait à moi, franchement il y en a des gens chanceux. Cependant deux voitures se garaient juste devant moi et un homme très imposant en sortit en présence de ses gardes du corps,
il me fixe quelques instants.
-Tu.es.assis.dans.le.banc.publique.de.mon.entreprise. Prononce t'il mot pour mot comme s'il se retenait de me frapper.
-Je...je..suis désolé monsieur. Pardonnez moi ! Dis je poliment en me levant pour m'en aller.
-Attends ! Me dit il. Comment ça se fait que tu parles français ? Je veux dire une personne comme toi ne parlent jamais français. Ajoute t'il lorsque je revenais à sa hauteur.
-Oui c'est parce que ma mère était française. Elle m'a apprit à parler, à lire et à écrire la langue avant que je ne vienne apprendre le Coran.
-Était ?
Lorsqu'il me posa cette question, ses gardes corps se mirent à cligner des yeux comme si ce Monsieur n'avait pas cette habitude.
-Oui était. Parce...parce que depuis lors je ne l'ai plus revue.
-Et dis moi mon petit tu as quel âge ?
-j'en ai 17 ans.
-17ans ? Mais à 17ans tu devrais déjà être hors d'un école internat coranique et en plus j'aurais dit que tu en as 23ans.
-Quand je terminerais le Coran, j'aurais le droit de partir. Souris je.
-Je sais que je pose trop de questions mais comment est-ce que tu t'appelles ?
-Je m'appelle Karim Aidara monsieur.
Il me sourit à son tour avant de sortir de sa poche 60.000f qu'il me tendit. J'ecarquillais les yeux et mit ma bouche en forme de 0 devant tant de billets. Ils se mirent tous à rire et je crois aussi apercevoirent des gens au loin nous prendre en photo.
-Est-ce que c'est pour moi ?
Il fit oui de la tête.
-Alhamdoulilah. Merci beaucoup monsieur, qu'Allah SWT vous récompense. Dis je en prenant l'argent pour le mettre aussitôt dans ma poche. J'espère que je ne vais pas me faire arnaquer. Rajoutais je en montrant d'un signe de tête les gens qui prenaient des photos.
-Oh t'en fais pas pour eux. Bon au-revoir Karim !
-Au revoir Monsieur ! Rétorquais je avec un sourire avant de m'en aller en invoquant Allah SWT sans cesse.
Je m'arrête devant une femme assit au sol tenant un bébé dans ses bras entrain de pleurer discrètement, en fait je n'en étais pas encore sûr mais lorsque je m'approchais j'en eut la certitude.
-Madame est-ce que je peux vous aidez ?
Elle me regarde avec mépris avant de répondre.
-Qu'est ce qu'un Talibé pourrait m'apporter ? Demande t'elle sur le ton de l'énervement.
-Eh bien disons que la volonté SWT passe par n'importe qui tant qu'Il le décide. Qu'avez-vous ?
-Mon enfant est malade, il a la maladie de la végétation luxuriante. Expliqua t'elle en laissant couler une larme.
-Une végétation luxuriante qu'est-ce que c'est ?
-Qui se développe. Ça lui empêche souvent de respirer car ça lui bouche les narines. Il me faut plus d'argent que j'en ai pour le soigner.
-Combien ?
-J'ai besoin de 50.000f et qu'est-ce que tu vas faire dis moi ? Je ne crois pas en Dieu ni en l'au delà alors fiche la paix avec tes paroles absurde. J'ai plus urgent que ça.
-Vous devriez y croire Madame parce que c'est peut-être Lui qui m'a envoyé vers toi. Lui souris je en lui tendant la somme totale que m'avait donné le monsieur.
Elle eut la même réaction que j'avais lorsque je vis l'argent.
-Un Talibé qui traîne avec une somme pareille n'est vraiment pas de coutume Madame. Dîtes vous qu'Allah SWT a entendu votre désir et m'a envoyé vers vous.
-Je n'y crois pas mais...mais... c'est trop ce que vous m'avez donné.
-Vous pourrez vous servir des 10.000f restant pour le transport ou quelque chose d'autre.
-Merci beaucoup.
-Remerciez Allah SWT, tout ce qui se passe arrive par Sa volonté. Rétorquais je.
-Je n'y manquerais pas ! Dit elle en effaçant ses larmes puis elle entra immédiatement dans le bâtiment hospitalier auquel elle était assis de dos.
Je souris en continuant de demander l'aumône par ci et par là. À l'heure de la prière de Tisbar (Dohr) j'avais récolté 750francs et quelques biscuits, vu que j'avais mis mon éternelle pantalon et un t-shirt qui certes était troués mais qui pouvait faire ma prière. J'aperçois un coin et j'y allais pour poser mon pot près de moi avant d'entamer ma prière étant donné que j'avais mes ablutions. Lorsque je finis, j'invoquais le Tout Puissant avant de recommencer ma routine pour avoir de l'argent et ce jusqu'à la prière de Takassan ( Asr). La voix du muezzin me dirigea à la mosquée, j'allais y poser un pieds lorsqu'un homme me prit par le col de mon T-shirt.
-Qu'est ce que tu fais ?
-Mais...je veux prier ! Je suis venu pour ça.
-Prier ! Laisse moi rire, plusieurs fois on a laissé des Talibé venir prier mais en échange de ça qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont volés les marchandises des commerçants qui étaient là pour la prière. Maintenant va ailleurs ! M'ordonne t'il en me poussant de façon à ce que je tombe.
Pourtant j'aurais pu me battre avec lui oui j'aurais bien pu parce que physiquement il est de même taille que moi mais je le ferais pas, non pas parce que je suis peureux mais parce que tout simplement pour moi cela en vaut pas la peine. Où que je puisse prier, Allah SWT entendra mes prières alors je ne vais sûrement pas me battre pour ça.
Cependant je dois avouer que j'essayais de contenir ma colère pour ne pas exploser alors c'est ainsi que je me levais pour aller faire ma prière dans un autre coin de la rue tout en suivant la voix du muezzin. À la fin de la prière, je me mis à pleurer en remerciant Allah SWT pour tout avant de l'invoquer pour chercher refuge contre Satan, contre les égarements ainsi que les tentations.
-Papa pourquoi le garçon là-bas il prit par terre ? Demanda une voix de jeune fillette derrière moi.
-Va le lui demander pour voir !
Chapitre 02 :
En entendant la dernière phrase, je me précipitais pour être debout avant de tenir mon pot lorsque pile au moment, la jeune fillette vint me voir avec un regard triste. C'était une très jolie fille et son visage me rappelait le monsieur que j'ai vu ce matin. Je regarde derrière elle et ce fut effectivement le monsieur encore en compagnie de ses 4 gardes du corps.
-Bonsoir ! Me dit la fillette en venant à ma hauteur.
-Bonsoir ! Lui répondis je en effaçant les traces de larmes sur ma joue.
-Pourquoi vous faîtes la prière au sol. Il y a une mosquée juste là-bas. M'indique t'elle.
-Je sais mais il y a un homme devant la porte de la mosquée qui nous interdit d'y prier.
-Nous ?
-Euh non pas nous enfin je veux dire pas toi mais les gens comme moi.
-Pourquoi ?
-Parce qu'ils pensent que nous sommes tous des voleurs.
-C'est pour ça que tu pleurais ?
-Non. Non. pas du tout !
-Je suis désolée. Dit elle en sortant de sa poche un billet de 2000f. Tiens, c'est pour toi.
-Alhamdoulilah. Merci.
Elle me sourit avant de retourner avec son père. Ce dernier lui lâche un ''Je suis fière de toi'' en lui faisant un bisou sur le front ensuite celle-ci monta dans une voiture suivit d'un homme qui semblait être son propre garde à elle.
-Est-ce que je peux te parler Karim ? Me dit le monsieur en venant à ma hauteur les mains dans les poches.
-Euh oui. Je vous écoute !
-Non, pas ici. Tu voudrais bien me suivre dans un lieu privé ?
-Où ça ?
-Pourquoi pas chez moi ?
-Chez vous ? Je ne crois pas que cela soit une bonne idée Monsieur. Répondis je en voyant la façon dont j'étais habillé.
-Et si on allait au restaurant là-bas ! Dit il en me montrant le restaurant juste derrière moi.
-C'est d'accord.
La voiture où était la petite fille démarra et deux gardes du corps nous suivérent.
Lorsque l'on entra au restaurant, les gens nous regardait de haut en bas non enfin ils regardaient plutôt le Monsieur avec qui j'étais. Il y en a même qui ont demandé à faire des photos..... On s'installe sur une table tandis que les deux hommes s'installèrent dans une autre table et il commanda de la pizza pour chacun de nous d'eux et de la boisson.
-Pourquoi est-ce tu pleurais ? Quelqu'un t'a fait du mal ?
-Non. Non. Alhamdoulilah. Je remerciais juste Allah SWT pour tout ça.
-Tu le remercie ? Mais pourquoi donc ? Tu...tu... n'as rien !
-Je le remercie de m'avoir gratifier d'un bienfait en m'otant la belle vie et la richesse.
-Tu Le gratifies d'être pauvre ? Questionne t'il ironiquement.
-Oui. Alhamdoulilah pour cette Miséricorde !
-Mais pourquoi ? Demande t'il aussitôt.
-Parce que ma pauvreté pourra me servir d'excuse recevable le jour du jugement considérant cela, mon châtiment sera peut-être alléger lorsqu'Il me dira qu'a tu fais du Coran. Parfois je ne peux m'empêcher de penser à tout mes autres frères et soeurs musulmans qui jouissent dans la richesse alors qu'ils paressent dans l'apprentissage du Coran et négligent la prière.
-Ça fait longtemps que je n'ai pas prier tu sais ?
-Vous comprenez alors qu'en ce moment pardonnez moi mais celui qui n'a rien ici c'est vous. Comment pouvez-vous dormir sans prier ? Et si vous mourrez aujourd'hui serez vous fière ? Quel excuse trouverez vous ?
-J'en sais rien. Dis moi Karim ne pense tu pas que c'est déjà trop tard en plus j'ai fait tellement d'erreur dans ma vie que je doutes Qu'Allah SWT puisse me pardonner ou n'accepte mon repentir ?
-Tant qu'on est en vie il n'est jamais trop tard pour revenir vers Allah SWT car c'est à lui que nous appartenons et c'est à lui que nous retournons. Monsieur si j'avais été vous, je me détacherais de ce monde d'ici bas pour m'accrocher à celle de l'au delà. Faîtes des aumônes où plutôt allez dans des hôpitaux, dans des prisons ou allez au cimetière et vous verrez que cette vie ne vaut rien alors que celle de l'au delà est tout. Quand vous verrez les gens en prisons, ceux qui sont aux hôpitaux où les morts qui nous ont précédés posez vous des questions et demandez vous si les voitures, les maisons, l'argent, le confort de ce monde vaut il la peine de te mettre notre Créateur à dos.
Je.suis.choqué.de.me.faire.revenir.à.la.raison.par.un.enfant.de.17ans.alors.que.j'en.ai.57. Prononce t'il mot pour mot en se tenant la tête.
Je lui souris puis il passe au moins 6 minutes à réfléchir.
-En fait non. Si je venais à perdre la vie aujourd'hui je ne serais pas fière de moi. Tu ne sais même pas à quel point j'ai honte en ce moment, honte d'avoir été bercé par la vie d'ici bas. J'ai honte de n'avoir jamais prit la peine de remercier Allah pour toute cette chance. Il faut que j'aille prier, il faut que j'aille me repentir. Je regrette tellement. Dit il les larmes aux yeux.
-Le regret est un repentir Monsieur mais la meilleure chose à faire c'est d'aller vous enfermez seule dans votre chambre, repassez toute votre vie en tête et pour chaque pêché commis demander pardon à Allah puis invoquez le et soyez une autre personne.
-Oui. Oui. C'est la première chose que je ferais.
-In Sha Allah. Alors moi je crois que je vais y aller.
-Non attend. Il y a t'il quelque chose que je puisse faire pour toi ?
-Oui. Dans la communauté où j'apprends le Coran, notre maître coranique n'est pas du tout loyale et se comporte souvent de façon très méchant avec nous à tel point que même parfois nous sommes obligés de nous entre aidés pour avancer dans l'apprentissage du Coran. J'ai remarqué que vous semblez être une personne connue alors s'il vous plaît j'aimerais que vous lui parlez de manière à ce que les choses se passent normalement et respectivement d'autant plus que c'est le seul internat ici à Dakar. L'école se trouve en face de la grande boutique nommée ''Saphir''
-Je sais où c'est et je le ferais ! Me dit il en se levant à son tour. Comptes sur moi.
-Mashallah ! Terminais je en me saisissant de mon pot pour prendre la direction qui allait m'amener à la baraque.
-Tu veux que je te dépose Karim ?
-Non merci. Ça ira !
-D'accord. À bientôt !
-Oui je l'espère In Sha Allah. Merci pour tout ! Lui dis je avec un signe de main avant qu'il s'en aille.
Le chemin que j'avais emprunté n'était vraiment pas la plus courte, ça me paraissait très long et sans le vouloir je me mis à me plaindre mais aussitôt je cherche protection auprès d'Allah contre Satan avant de remplacer mes plaintes par des récitals coranique jusqu'à mon arrivé.
Malheureusement notre couvre feu se limitait à la prière de Timis (Maghreb) et moi j'étais arrivé en retard parce que je m'étais arrêté en plein chemin pour prier. C'est sûr que j'allais me faire engueuler par le maître.
À peine que je posais les pieds dans la baraque que je fus stupéfait par la réaction du maître.
-Karim s'il te plaît la prochaine évite de venir après l'heure ! Quoi que tu puisses avoir comme argent revient à l'heure. D'accord ?
-Euh....oui... d'accord. Voilà ce que j'ai eu aujourd'hui ! Dis je en lui donnant l'argent totale que j'avais.
-Allez, tiens ! On fait moitié moitié ! Sourit il avant de me rendre la moitié de l'argent.
Je le regardais encore en me demandant si je rêvais ou pas.
-Mais pourquoi tu me regardes comme si j'étais un fantôme voyons ? Va prendre ton bain ensuite on s'organisera pour l'apprentissage du Coran et à 21 heure on va dîner puis dormir.
-Bain, apprentissage du Coran, dîner puis dormir aussitôt ? Mais qu'est-ce qui se passe maître ?
-Karim ! M'appelle t'il comme pour me demander de me taire.
Je lui fis un hochement de tête avant de rejoindre ma communauté.
-Qu'est ce qui s'est passé par ici ? Leur demandais je. Le maître il est bizarre aujourd'hui, l'avez-vous vous remarquez ?
-Le très grand chanteur Lamine Fall est venu personnellement nous rendre visite. Il parait qu'il a donné de l'argent au maître, puis qu'il nous a inscrit dans un endroit qui nous ramènera chaque jour à manger 3 fois par jour, ses hommes ont refait les 3 autres toilettes puis ils ont installé à chaque coin et même dehors des caméras de surveillance pour voir si nous sommes bien traités. Il paraît qu'il a aussi laissé le maître honteux qui s'est mit à pleurer mais au final celui ci s'est confondu en excuse et finalement ils ont trouvé un terrain d'entente. Alhamdoulilahi Rabbil Al amine. M'explique Mouhamed avec un Sourire joyeux.
Chapitre 3
-Non c'est pas possible !
-Si et même dès demain nous aurons tous de nouveau habits ainsi que des sandales. Allahou Akbar mon frère ! Se réjouit il avant d'entrer à son tour dans la douche.
Je n'y croyais pas ! Donc ce monsieur que j'ai rencontré était Lamine le célèbre chanteur dont j'entendais tout le temps le nom dans la bouche des gens mais bref, il a fait plus que je lui ai demandais et moi je cherchais juste à ce qu'on est la paix ici et surtout que l'on apprend le plus de versets possible par jour. C'est vraiment très gentil de sa part, Qu'Allah SWT accepte son repentir et le guide dans Son droit chemin.
Une semaine s'était écoulé et tout se passait comme me l'avait expliqué Mouhamed Mashallah : on est devenu bien plus organisé que d'habitude et notre maître avait changé à tel point qu'il a cherché deux autres maîtres pour l'aider dans l'apprentissage du Coran. Dorénavant on se réveillait à l'aube, on priait puis on allait prendre notre bain ensuite le petit déjeuner puis l'on apprenait jusqu'à la prière de Tisbar (Dohr) on priait bien évidemment avant de déjeuner et on allait demander de l'aumône pour revenir respectivement avant la prière de Takassan (Asr) pour prier. À notre retour on reprenait un bain puis nous avions une pause de 2 heures de temps pour faire ce que nous voulons avant de reprendre l'apprentissage et ensuite on priait Timis (Maghreb) avant de continuer. Et enfin après la prière de Guewe (Isha), on allait au lit. Sans oublier que nous avions chacun deux sandales, deux pantalons, deux t-shirt, un pull Over et un trousseau comportant des effets de toilettes. Quand j'y pense, on est finalement devenu des Talibé ViP.
En tout cas moi je me dis que le Monsieur doit certainement avoir beaucoup d'argent pour nous assurer tout ça mais disons qu'au moins en faisant ça, il recevait des hassanats et il œuvrait pour son au-delà. Et je jure par Allah SWT que le fait de savoir ça me rend plus joyeux que ce qu'il a fait pour nous.
Cependant ça fait aussi une semaine que je ne l'ai pas revu, il ne fait qu'envoyait des hommes en son nom pourtant moi j'aurais tellement aimé le voir pour le remercier personnellement mais hélas je ne l'ai pas vu depuis. J'espère simplement qu'il se porte bien. Quant à moi, je n'ai jamais vraiment voulu tendre la main pour demander aux autres personnes mais comme j'y étais obligé à ce moment là je n'avais pas le choix.
Depuis que la routine a changer, je me suis promis par la volonté d'Allah SWT de ne plus jamais tendre la main à qui que ce soit parce que dorénavant j'ai le choix et donc j'ai décidé de faire des métiers journaliers qui pourrait m'apporter de l'argent. À vrai dire, je m'en foutais pas mal du travail que je pourrais trouver à temps partielle tant que je ne demandais pas aux autres.
Bref aujourd'hui je suis allé au marché
pour trouver une personne à aider pour lui porter son sac commercial et en retour, je recevais de l'argent qui dépendait du poids du sac. Quand j'ai récolté au total 2000f j'ai arrêté mais si j'ai bien remarqué une chose c'est la façon dont m'ont regardés ces gens là comme si je valais mieux et d'ailleurs une des femmes pour qui j'ai porté le sac ne s'est pas retenu de faire une petite conversation avec moi.
-Pourquoi tu fais ça ?
-Comment ça pourquoi je fais ça ?
-Je sais pas en fait je veux dire que tu es super beau, tu as le teint claire, tu es métissé et tu as un physique très imposant.
-Mashallah ! Dis je poliment. Mais d'après vos remarques, vous vous demandez pourquoi je ne profite pas de tout ces atouts là pour avoir ce que je veux n'est ce pas ?
-Euh...oui...en fait non mais nous sommes au Sénégal hein. Quand on a des atouts pareilles, il faut s'en servir tant qu'il est encore temps.
-Merci mais ce que je fais me suffit !
-C'est dommage qu'un homme comme toi se......bon tant pis ! Hausse t'elle les épaules en voyant le regard que je lui ai lancé.
J'étais rentrais directement après ça avant de donner la moitié de ce que j'avais récolté et garder le reste de côté au cas où j'aurais une quelconque urgence.
Après avoir prit mon bain, on avait un répit de deux heures mais moi j'avais pas plus belle distraction que le saint Coran alors sans plus attendre je refis mes ablutions avant d'entamer ma révision ensuite j'apprenais de nouveau versets avec une très grande concentration puis j'allais le réciter à nouveau mais cette fois-ci en présence de mon maître coranique.
-Tu es l'un des élèves les plus distinguées de cette école Karim. Qu'Allah SWT t'aide d'avantage et te guide.
-Allahouma Amine !
-Je vois que tu n'es plus très loin pour terminer le Coran. Est-ce que tu prépares ta sortie enfin je veux dire si tu le désires sinon tu peux rester hein car c'est votre maison à tous.
-Oui je le sais mais In Sha Allah lorsque j'aurais finit le Coran, je m'en irais et je ferais face au destin. Je ne veux pas rester ici éternellement.
-Je te comprends Aidara. Me dit il. Mashallah.
-Maître si je peux me permettre, avez vous des nouvelles du Monsieur qui nous a fait tout ses dons.
-Oui, ses gardes du corps m'ont fait savoir qu'il était partit à la Mecque avec sa fille, le soir même où il est venu nous rendre visite il y a une semaine.
Je souris de tout mes dents.
-Si j'avais été une fille. J'aurais succomber à ton charme mais malheureusement pour toi je suis un homme et je suis marié alors garde un peu tes dents ! Plaisante mon maître avec le rire joyeux.
C'était la première fois que j'avais droit à une blague de sa part. Il a tellement bien changé.
-Je ne te répondrais pas ! Lui dis je en me levant.
-Tu viens de le faire ! Ajoute t'il alors que je riais toujours.
Le lendemain, je faisais le même travail que celui de la veille lorsqu'une femme habillée d'une robe trés moulante et des talons très haut descendit de sa voiture pour venir me voir.
Quand elle fut devant moi, malgré ses talons j'étais de la même taille qu'elle vu que je suis quelqu'un de très élancé c'est compréhensif je crois. Elle devait avoir dans les 22/23 ans je crois et pas plus.
-Est-ce qu'au moins vous vous êtes vu ? Me dit elle.
Waouw ! Quel jolie femme ! Me dis je intérieurement.
Attendez, ne croyez pas que je suis un saint aussi, tout comme vous je ne suis pas parfait et tout comme vous je commets des pêches. C'est pas parce que je vis dans la religion que je dois impérativement être toujours sur le droit chemin, non, nous commettons tous des péchés et même parfois sans le vouloir. Je ne pourrais jamais faire taire ma conscience ni ignorer ce que je pense mais j'essaie et je m'efforce surtout d'avoir le contrôle sur moi-même pour pas succomber dans les tentations qui sont toujours omniprésent quoi qu'on fasse.
Après tout c'est pas pour rien que l'on dit que le paradis c'est pour les pêcheurs repentant.
-Oui. Qu'y a t'il ? Demandais je avec une mine incrédule.
-C'est un délit d'être aussi beau. Ajoute t'elle malicieusement.
-Écoutez madame....je....
-Mademoiselle ! Me coupa t'elle.
-Ok mademoiselle je tenais à vous dire que je suis là pour travailler et quoi que vous puissez me dire je ne suis pas du tout intéressé !
-Justement, je suis là pour te donner du travail !
-À temps partielle ?
-Euh de préférence de 14heures jusqu'à 18 heures car c'est à ce moment là que je ne serais pas chez moi.
-Qu'est ce que je dois faire ? Je veux en quoi consiste le travail ?
-Juste garder ma maison.
-D'accord. Mais pourquoi vous m'avez choisit moi ?
-Parce que tu en cherches bien évidemment ! Je t'ai observé, ça saute aux yeux que tu as besoin de travailler.
-Où est-ce que vous habitez ?
-La grande maison qui se trouve derrière la ruelle du centre commercial ''Saphir''. C'est notez ''1540" tu le reconnaîtras vite une fois là-bas.
-Ok. Nous avons pas parler du prix !
-20.000f par mois !
-30.000f par mois et j'accepte le poste. Proposais je à mon tour.
-Marché conclus ! Me sourit elle en me tendant la main.
-J'en parlerais à mon tuteur, s'il accepte je serais là demain In Sha Allah. Annonçais je en lui donnant rapidement la main avant d'aller continuer mon travail du jour.
Espérons que mon maître coranique accepte ! Murmurais je entre les dents.
Chapitre 4
La première chose que j'eus fait quand je suis rentré à la baraque c'est de parler directement au maître coranique.
-Bonsoir maître !
-Bonsoir Aidara ! Tu es revenu plutôt que prévu.
-Oui c'est parce que je veux vous parler à propos de quelque chose. D'ailleurs voici 700f c'est la moitié de ce que j'ai récolté aujourd'hui.
-Merci ! Me sourit il avant de ranger l'argent dans sa poche. Alors je t'écoute dis moi tout.
-En fait ces temps ci enfin je veux dire que depuis que les choses ont changés ici, j'ai arrêté de demander des sous pour travailler journalièrement. Vous savez je deviens un homme et à mon ange demander l'argent devient limite une paresse alors que j'ai le pouvoir de travailler pour moi même donc aujourd'hui j'ai trouvé un nouveau métier mais cela consiste au fait de garder une maison pendant l'absence de la responsable de 14heures à 18heures et je recevrais un salaire de 30.000f par mois. Vous en pensez quoi ?
-Aidara, je suis ton maître certe mais comme tu l'as dit tu deviens un homme et je ne peux empêcher un homme de construire son avenir. Sourit il.
-Alors c'est oui ?
-C'est oui ! Me sourit il malicieusement.
-Pourquoi est-ce que vous souriez comme ça ?
-Parce que je sais qu'un destin plus ou moins malsain t'attends mais quoi que tu puisses faire Aidara, n'oublie jamais de retourner vers Allah et de lui demander pardon. C'est dur de voir que dans cette société l'on ne peut vivre totalement sa religion.
-De quoi vous parlez ?
-Je parle de ton avenir.
-Excusez moi mais vous savez que je ne crois pas trop à la prédiction !
-Je sais mais quand tu feras face à tes 4 femmes In Sha Allah, tu me croiras.
-4 femmes ? Demandais je drôlement.
-Eh oui Aidara. 4 femmes, plein de problème, plein d'égarement, plein de tentations et surtout une baisse de foi monumentale.....
-Baisse de foi ? Soubkhanallah, je crois que je vais y aller maître, je crois aussi que vous divergez mon avenir avec celui d'une autre personne. Moi Karim Aidara avoir 4 femmes, s'égarer, succomber à des tentations et avoir une baisse de foi ? Soubkhanallah. Astafiroulah. Paniquais je en me levant pour aller à la douche sous son éclat de rire incessants.
Je ne croyais pas aux voyants mais je savais que mon maître coranique n'était pas du genre à dire ce qui ne lui était pas sûr. Cependant j'ai vraiment du mal à croire que moi j'aurais une baisse de foi et encore moins que j'aurais 4 femmes. Moi qui n'a jamais vraiment songer à avoir une copine en ce moment, comment en aurais je 4 ?
Si ce que dit le maître coranique est véridique alors je serais vraiment du nombre des perdants et Qu'Allah SWT m'en préserve. Une baisse de foi ? Je n'aurais pas pu tomber bien plus bas. Comme on dit souvent c'est pas le départ qui compte mais c'est l'arrivé et si je débute en tant que croyant et que j'arrive en tant que mécréant. Soubkhanallah, j'aurais tout perdu.
Sans plus attendre, je repars voir mon maître coranique.
-Si ce que vous dîtes est véridique ! Je veux savoir s'il y a un moyen d'éviter tout ça ?
-Non mon petit. Il y a pas moyen, c'est ce qu'on appel le destin et Allah est plus savant que nous tous. Quoi que puisse être ton destin, essaie de ne jamais fermer les yeux sans demander pardon et de revenir vers Allah après tes péchés. Si Il veut te guider alors Il te guidera et tu seras à nouveau dans le droit chemin car Allah guide qui Il veut et égare qui Il veut.
-Mais maître comment pourrais je commettre une faute volontairement puis demander pardon à Allah. C'est un manque de respect vous croyez pas ?
-Allah est Pardonneur, c'est le Tout Miséricordieux et le Très miséricordieux. Place ta confiance en Lui et ne désespère pas de Son pardon tant que tu te repentit. Me sourit il.
-Et vous dites ça comme ça ! Je suis Son serviteur et je me dois d'éviter tout ce qui pourrait m'égarer de Son chemin.
-Tu ne pourras jamais éviter ton destin et nul n'est parfait en dehors d'Allah. Tu le sais !
-Bon d'accord ! Ne m'oubliez pas dans vos prières s'il vous plaît.
-Je n'y manquerais pas.
Suite à ça, je m'en vais prendre mon bain puis je me remis à nouveau à apprendre le Coran. J'en étais à la 96eme Sourate Al-Alaq (l'adhérence), j'allais certainement terminer le Coran Inshallah dans une semaine et cela me prendra une autre semaine pour tout réviser à nouveau, à la troisième semaine je ferais les points, je ferais mon récital coranique entière puis enfin j'obtiendrais mon diplôme, j'aurais le droit de savoir dans quelle mairie retirer mon extrait de naissance pour quand on me le demandera et au final je m'en irais.
Pendant toute la soirée et même la nuit je n'avais pas le morale, mon avenir je l'avais imaginé autrement c'est à dire être un homme très pieux qui quoi qu'il arrive restera dans le dîne. Toute ma vie c'est la religion et tout mon objectif c'est d'oeuvrer mon au-delà et d'aider les gens égarés à se repentir mais là quand mon maître coranique me prédit mon avenir, j'ai l'impression que le ciel me tombe sur les épaules. J'avais mon chapelet à la main en répétant sans cesse '' Allahouma ighfirlih'' qui veut dire ''Seigneur pardonnes moi'' jusqu'à ce que ma joue se remplissent de larmes. Je n'en avais pas encore conscience jusqu'à ce qu'une larme atterit sur ma main, je m'en voulais alors que je n'avais encore rien fait. Ma foi en Allah est si élevé que rien que le fait de savoir que cela baissera me rends vulnérable. Du revers de la main, j'effacais mon visage larmoyant avant de me lever de la natte et tombais nez à nez sur mon maître qui me regardait toujours avec son éternel sourire.
J'ai vraiment l'impression que ma situation l'amuse pourtant moi je ne le trouvais pas du tout drôle.
-Pensez vous que vous serez délaissés, cependant qu'Allah n'a pas encore distingué ceux d'entre vous qui ont lutté et qui n'ont pas cherché des alliés en dehors d'Allah, de Son messager et des croyants? Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Traduction de la Sourate At-Tawba verset (9:16) . Me dit il.
-Dis: «Rien ne nous atteindra, en dehors de ce qu'Allah a prescrit pour nous. Il est notre Protecteur. C'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance». Traduction de la Sourate At-Tawba verset (9:51). Lui répondis je avec un sourire.
-Alors dorénavant tu n'as plus de raison d'être dans un état pareille. C'est le cœur ! Et la foi toi tu l'as dans le cœur Karim Aidara. Va dormir et ne te préoccupes pas. Allah est Clairvoyant
-Oui j'y vais de ce pas, je te remercie ! Lui souris je.
Le lendemain j'allais beaucoup mieux moralement parlant, j'avais remis mes idées en place et je me suis dit que rien ne m'arrivera en dehors de ce qu'Allah m'a prescrit et qui sait mieux que Lui ? Personne donc ce que m'a dit le maître ne se passera que si Allah le veuille.
Vu que je devais être à mon lieu de travail pile à l'heure, je suis donc sorti de la baraque à 13h50mn, comme elle habitait juste derrière moi. Comme je l'avais calculer, à 14h j'étais déjà devant la porte de la maison où était inscrit ''Villa 1540" je sonnais deux fois de suite attendant une réponse.
-Entre ! C'est pas fermé. Me crie t'elle.
Sans plus attendre, je fis ce qu'elle me dit et j'allais m'installer sagement dans le salon vu que c'était la première chose auquel j'ai fait face. Chapelet à la main, je continuais mon tasbih puis quelques minutes après la femme apparut judte devant moi avec un très beau sourire habillée d'un soutien gorge et d'un sous fesse.
Mon chapelet me tombe des mains involontairement et son sourire augmenta d'avantage mais cette fois ci en s'approchant de moi.
Chapitre 5
-Dis moi est-ce que tu aimes ce que tu vois ?
Je dois l'avouer, j'étais submergé par sa très belle taille de mannequin. Aucune imperfection Mashallah !
Karim Aidara reprends toi ! Me souffle ma conscience.
-Ne t'approches pas de moi ! La prévenais je en reprenant mon chapelet pour me mettre debout.
-Mais....tu....
-C'est quoi cette façon de s'habiller et devant un homme en plus ? Écoutez madame....
-Mademoiselle, d'ailleurs je m'appelle Astel et puis arrête de me vouvoyer. S'énerve t'elle.
-Ok Astel. Je crois que finalement je vais partir. Ce n'est absolument pas ce qui était convenu mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête habillé comme ça ? Tu as absolument perdu la valeur que je vouais pour les femmes. C'est ecoueurant !
Elle se crispe en baissant la tête, signe qu'elle avait honte.
-Je m'en vais ! Dis je en sortant.
-S'il....te... plaît...je...
-Ne.me.touches.pas. Prononçais je en esquivant sa main qui allait se poser sur mon épaule.
C'est en colère que je retourne à la baraque et comme de coutume je retrouvais le maître à sa place initiale se trouvant dans la véranda.
-Tu es déjà de retour ? Me dit il.
-Maître je suis vraiment très en colère, je.....
-Je sais tout !
-Comment ça tu sais tout ?
-En allant chez elle tu l'as trouvé presque nue !
-Alors....vous...voyez vraiment ?
-Ça me rassure que tu n'es pas prétexté que je t'ai suivit ! Rigole t'il.
-Ce n'est pas drôle. Je n'ai vraiment pas aimé de la voir comme ça, j'accorde une si grande valeur à la femme que ça m'a mis en colère de la voir s'exhiber devant moi presque nue. Tu aurais du le voir maître, elle est si jolie si belle si magnifique mais malheureusement elle a perdu tout mon estime, c'est fini. Je ne veux même plus la voir.
-Qu'est-ce qui te mets autant en colère Karim ?
-De la voir comme ça. Voyons. Une femme ça se respecte.
-Moi je crois que c'est le fait que tu aurais aimé qu'elle se comporte autrement jusqu'à ce que vous en arriviez à ce stade là c'est à dire après le mariage. Tu es fou de rage parce que maintenant qu'elle a fait ça, tu perds ton objectif de vouloir la connaître et tu n'as plus aucune envie d'aller plus loin.
-Mais qu'est ce que vous racontez maître ! Pfff ce n'est pas du tout ça.
-C'est juste mon point de vue Aidara.
-Je vais aller prendre de l'air.
Le lendemain, vers 14heures alors je venais de terminer ma prière, j'avais décidé de chercher un travail lorsqu'une voiture me bara la route et Astel en sortit.
-Bonsoir Karim ! Me dit elle avec une mine angélique.
-Bonsoir. Comment est-ce que tu connais mon nom ? Et qu'est-ce que tu veux ?
-Que tu viennes travailler chez moi. Connaitre ton nom n'est pas quelque chose de difficile pour moi.
-Je ne suis plus intéressé par ce travail ! Si tu me permets ! Dis je en déviant son chemin pour m'en aller.
-Non attends ! Tu étais là pour le travail pourquoi ça ne t'intéresse plus ?
-Parce que tu étais habillé de la façon la plus mauvaise qu'il soit devant un inconnu.
-Tu étais dans ma maison je te signale !
-Et tu savais que j'allais venir, tu aurais pu être un peu plus pudique au moins.
-J'avoue que j'ai eu tort de faire ça mais c'est promis que je ne recommencerais plus jamais. C'était une erreur, on en fait tous non ?
-.......
-Monte ! Je te ramène ! Me dit elle en rejoignant sa voiture.
Sans lui répondre, je pris place sur le côté passager et à peine 10 minutes, on était arrivé chez elle.
-Est-ce que je peux avoir une chaise pour m'assoir devant la porte ? Demandais je une fois devant la porte.
-Oui, il y a une chaise juste dans la véranda, tu peux le prendre. Me dit elle en entrant suivit de moi.
J'installais donc la chaise devant la maison puis en regardant le paysage et les alentours, je commençais à égrener mon chapelet que j'avais enroulé autour de mon poignet. Un jeune homme qui devait certainement être plus âgé que moi me salua d'un signe de tête avant de démarrer sa voiture.
C'était très peu mais les gens comme moi n'en ont pas l'habitude alors je trouvais que c'était très gentil de sa part. Vous savez je ne demande pas la lune ni le soleil juste un simple sourire pour me montrer que je suis considéré en tant qu'être humain dans cette société m'irais très bien.
-Ma bonne t'appelera lorsque le repas sera prêt et fais comme chez toi quand tu auras un besoin. Me dit Astel qui s'apprêter à partir.
-Oui, je n'y manquerais pas ! Lui répondis je.
-Bon j'y vais ! À tout à l'heure.
-In Sha Allah.
Rester là à ne rien faire, m'ennuyais vraiment moi qui a l'habitude de bouger d'une ruelle à une autre. Mais heureusement que je m'amusais à réciter le coran et cela me procurait un bien inouï.
-Bonsoir ! Euh le repas est servit ! M'annonce la bonne.
Je me levais donc pour la suivre à l'intérieur, elle avait dréssé la table uniquement pour moi enfait c'est ce que j'ai compris vu qu'il n'y avait qu'une seule chaise autour de la table : en plus d'un riz à la viande magnifiquement ornée, il y avait du yaourt, de la salade de fruit, du jus naturel ainsi qu'une bonne part de gâteau au chocolat. Waouw ! J'en perds les mots.
Je regarde la bonne en clignant des yeux.
-Vous êtes sur que c'est pour moi ? Euh tout ça ?
-Oui c'est une ordre de ma patronne ! Il y a un petit mot pour vous juste là. Bon appétit. Dit elle simplement avant de s'éclipser.
Je m'installais donc puis je fis une petite invocation comme j'en avais l'habitude avant de lire le petit mot ''Pour me faire pardonner ♥" signer Astel.
Ceci eut le réflexe de me faire sourire avant de me mettre à manger. Je n'avais jamais autant manger de toute ma vie en plus le repas était succulent. Un vrai cordon bleu. Quand j'eus fini, j'allais debarassé la table lorsque la bonne reaparrut à nouveau.
-Non, laissez. Je m'en occupe ! Annonce t'elle en saisissant les plateaux que j'avais en main.
-Vous êtes sur que.....
-C'est pour ça qu'on me paie !
-En tout cas c'est très bon ! Vous l'avez cuisiné ?
-Euh non, c'est la patronne !
-Hum mais merci quand même.
-Je vous en prie !
C'est avec un sourire reconnaissant que je retournais à mon poste et ce jusqu'à la prière de 17heures.
-Excusez moi, où est ce que je peux prier ? Demandais je à la bonne.
-Le tapis de prière se trouve sous la table de chevet du salon juste là. Vous pouvez également y prier. Me montre t'elle du doigt.
-Merci.
À la fin de ma prière, je commençais à égrener de nouveau mon chapelet en restant cloîtré devant l'entrée attendant l'arrivée d'Astel.
Et quand elle fut de nouveau de retour, je l'a laissais rentrer pendant quelques minutes avant d'aller à sa rencontre pour lui dire que je m'en allais.
-Bonsoir Karim ! S'enquit cette dernière dès qu'elle me vit pénétrer le salon.
-Bonsoir.
-Tu...es quelqu'un de très pieux n'est-ce pas ? Questionne t'elle en jetant un coup d'œil sur mon chapelet.
-On fait ce qu'on peut ! Haussais je les épaules. Je...je.. te remercie pour le déjeuner et j'ai aussi lu ta phrase, tu n'avais pas à faire ça.
-Je sais mais je tenais à le faire. Je me suis très mal comporté la première fois. Est-ce que tu as aimé ? Demande t'elle en se levant du canapé pour se tenir très près de moi.
-Oui, j'ai beaucoup aimé.
-Ça me réchauffe le cœur. Ajoute t'elle avant de me faire un bisou sur la joue. Tu sais Karim, tu es le premier homme à me repousser et je trouve que tu es quelqu'un de bien.
-Euh d'accord...À demain In Sha Allah. Répondis je en m'éloignant le plus d'elle.
-À demain ! Au fait comment est-ce que tu t'appelles comment ? Ton nom complet.
-Karim Aidara.
-Je comprends pourquoi tu es aussi beau. Tiens, c'est pour le transport ! Dit elle en me tendant un billet vert.
-Merci mais je n'habite pas loin. Au revoir ! Rétorquais je en sortant de la maison.
-Au revoir ! Me répond t'elle.
On en était à la fin du mois, j'avais enfin terminer le coran Alhamdoulilah et je savais dans quelle mairie retirer mon extrait de naissance. Mon maître ne m'a jamais parler de ce que devenais mes parents mais je comptais bien le savoir et retourner chez moi avant d'entamer la construction de mon avenir. Je dois quitter la baraque dans une semaine et je n'ai déjà encore rien préparer mais j'ai le temps, d'ici 7 jours, je trouverais certainement une idée In Sha Allah.
-Oustaz (maître) j'ai reçu mon salaire. Voici la moitié de cette somme ! Je voulais vous là donner hier soir mais vous étiez très occuper alors je me suis dit que j'allais attendre maintenant.
-Je suis fière de toi Aidara et c'est gentil que tu me voues autant de respect mais je ne toucherais pas à cet argent. Tu t'es dévoué alors je te l'offre à nouveau.
-Mais il était convenu de partager toute somme avec toi.
-Je sais mais ton cas est différent, tu vas quitter le bercail dans une semaine. Il est mieux que tu économise. Je serais égoïste de prendre la moitié de ton salaire.
-Oui merci beaucoup !
-Je t'en prie !
-Maître il y a une chose dont j'aimerais te parler.
-Dis moi tout
-Astel...je..je ressens des choses pour elle et je crains que cela ne soit pas halal.
-Mon fils ressentir des choses pour son prochain n'est pas un acte que l'on contrôle alors je dirais qu'avoir des sentiments n'est pas haram mais c'est qu'on fait avec qui le rend haram.
-Tu sous entends le mariage ?
-Oui.
-Mais je n'ai rien, je suis fauché et je peine même à me prendre en charge alors qu'en sera t'il si je la marie.
-C'est pas l'argent qui fait le mariage.
-Dans le monde dans lequel on est, je crains que oui.
-Hum. Est-ce qu'elle sait pour tout ça ?
-Non, non...je laisse rien paraître.
-Et est-ce qu'elle sait qui tu es ?
-Non pas vraiment.
-Tu sauras que c'est la bonne lorsqu'elle t'aimera pour ce que tu es, dans le cas contraire tu sais ce que tu as à faire.
-........
-Aidara ne me dis pas que tu as honte de lui dire que....
-Non. Non. Bien sûr que non maître. Je suis fière de ce que je suis mais....je suis perdu.
-T'en es qu'à ton début. Si tu savais tout ce qui t'attend, cette situation te paraîtra être comme de l'eau de roche.
-Bon eh bien je ne veux rien savoir alors. À ce soir ! Lui dis je avant de sortir pour aller chez Astel.
Astel, cette femme j'ai un peu appris à la connaitre, de temps en temps elle amenait une chaise près de la mienne devant la maison et on se mettait à discuter pas de nous mais des plaisirs de la vie, de ce qu'on aimerait faire et autres mais jamais de choses personnelles parce que je m'étais posé des limites vis à vis d'elle. Bref j'ai appris qu'elle faisait une formation de sage femme d'ailleurs ces temps-ci elle est en période d'examen c'est pourquoi son boulot s'amplifier de ce fait elle partait avant que je n'arrive et elle arrivait après que je sois parti pendant les rares fois où elle était là, elle passait tout son temps à lire et à rédiger des dossiers de je ne sais quoi. Quand j'ai su que c'était important à ce point, je me suis mis à lui donner quelques petites astuces pour mémoriser facilement, je n'ai peut être pas fait l'école mais je ne suis pas idiot non plus et même je n'ai pas arrêter de stresser pour elle. Qu'Allah SWT lui accorde son examen.
C'était une personne très très entreprenante et très ambitieuse d'après ce que j'ai pu constater donc elle l'aura mériter.
Mis à part ça, Astel se faisait côtoyer par tout genre d'hommes qui lui faisaient sûrement la cour mais ce qui m'a le plus surpris c'est qu'elle ne cessait de les renvoyer quoi qu'ils puissent faire où amener. Elle leur montrait tout à fait le contraire de ce que je connais d'elle et à chaque fois que j'étais présent devant ce genre de spectacle, je ne pouvais m'empêcher de rire. Mais bon au moins je sais qu'elle n'est pas une arriviste et que finalement ce que j'avais vu d'elle la première fois c'était sûrement une erreur de sa part car après cela j'ai connu une toute autre personne: gentille, souriante, solidaire, sincère indépendante et surtout très caractérielle, le seul bémol est qu'elle négligeait très souvent sa prière.
Néanmoins je dois avouer qu'elle m'a un peu rendu vulnérable, il m'arrivait de me surprendre entrain de penser à elle.
Mon avis sur Astel a changé du tout au tout, elle me plaisait beaucoup, Qu'Allah SWT me pardonne de dire ça mais je me sentais très inférieure à elle: nous étions des personnes de deux mondes différents c'est pourquoi je n'ai jamais trouvais nécessaire de lui en parler même si elle fait souvent des gestes ou qu'elle me sort des phrases qui peuvent avoir le sens que ce que je ressens pour elle est réciproque.
Je sonnais à la porte et je fus surpris de la voir avec les yeux qui pétillent en sautillant légèrement. Elle était drôlement très en bonne humeur aujourd'hui. Habillé d'un taille basse, ses mèches blondes attachés en un chignon et son visage sans aucun maquillage pour une première fois lui apportait un air innocent.
-Pourquoi tu es aussi de bonne humeur aujourd'hui ?
-Entre ! Je t'expliquerais tout. Me tire t'elle à l'intérieur de la maison puis les mains sur mes épaules elle me précipita au salon avant de me pousser légèrement de façon à ce que j'atteris sur le canapé.
-Devine ! Me dit elle en applaudissant.
-Bah...je...suis...nulle en devinette ! Dis je en me grattant la nuque, signe que j'étais un peu gêner.
-Allez, essaie !
-Tu as un nouveau travail ?
-Non. Essaie encore !
-Tu as fini ton examen !
-Oui mais c'est pas ça.
-Tu vas te marier ?
-Non. Bien sûr que non mais qu'est-ce que tu es nulle toi. Ohlolo. Alors écoute moi bien et continues ma phrase: j'ai....
-J'ai déménagé ! Continuais je aussitôt.
Elle se tord de rire avant de me faire non de la tête.
-J'ai réussi mon examen haut la main ! M'annonce t'elle.
Instantanément j'eus le réflexe de courir vers elle, de la soulever en faisant le toupie pendant qu'elle hurlait que je la dépose en riant à gorge déployer. Par inadvertance, je trébuchais et je tombais de dos sur le tapis et elle atterrit à son tour sur moi, nos visages séparés qu'à un doigt.
Nous nous échangeons un regard plein de sous entendu, nos respirations devenaient profondes à cause du tournis que l'on avait mais quand je repris mes esprits, la première chose que je fis c'était de l'embrasser.
Quoi ???!?!?
C'était la toute première fois que j'embrassais une femme donc j'étais un peu maladroit au début je sais que Astel l'a comprise car je l'ai senti sourire à travers mes lèvres avant de poser ses mains sur mes joues pour me diriger petit à petit jusqu'à ce que je maîtrise les commandes.
Je n'avais jamais ressentit des choses pareilles mais c'est quand elle descendit sa main sur mon pantalon que mes idées me revinrent et là j'arrêtais tout avant de l'a bousculer légèrement pour me mettre sur pieds, elle resta cloîtrée un moment aussi ensuite elle se leva à son tour pour me faire face.
-Je...suis....désolé. Balbutuais je un peu gêné.
-Allez destresse ! C'est pas grave ! Me sourit elle en prenant ma main pour la caresser.
-......
-Vas y assis toi, je vais mettre la table ! Me dit elle sans attendre ma réponse.
Je m'installais nerveusement en me demandant pourquoi j'avais fait ça et le pire dans tout ça c'est que je n'avais même pas l'impression d'avoir fait une erreur, je ne regrettais pas du tout de l'avoir fait pour moi ce que je venais de faire c'était normale pourtant je n'ai jamais eu cette mentalité.
-Ça te tourmente autant de m'avoir m'embrasser ! Je suis aussi mal que ça Karim ? Demande t'elle une fois devant moi.
-Non..je..tu...bref laisse tomber.
-Ça va aller ! D'accord ?
-Ouais.
-Viens, on va manger ! Répond t'elle en me tirant à la salle à manger.
Comme d'habitude j'avais droit à une multitude de mets. Cette femme m'étonnera toujours.
-Ça te dirais de me parler de toi ! Tu as toujours été réticent. Il serait peut-être tant qu'on fasse un peu connaissance non. Dit elle pour briser le silence en buvant dans son jus de fruit.
-Qu'est-ce que tu veux savoir de moi ?
-Tout ce que je pourrais savoir.
-Et si tu commençais ?
-D'accord. Je m'appelle Astel Diop, j'ai 27 ans, je vis seule pour être plus proche de l'Université et de mon école de formation tandis que mes parents vivent à Saint-Louis et je suis fille unique voilà ! Déballe t'elle facilement.
Quoi ? Elle a 10 ans de plus que moi ? Franchement c'est mort entre vous. Me dit ma conscience.