la prestance et l'élégance ont toujours fait bon ménage. Marc BOBO l'a toujours su. Placé devant son grand miroir aux abords diamantés, il ajustait son costume noire sans jamais trouver satisfaction. Il savait qu'une touche finale manquait, celle d'un regard autre que sien. Il desserra et resserra sa cravate, enlèva et remit la veste, rapprocha son visage encore plus près du miroir pour contrôler la couleur de ses yeux, de ses dents et même celle de sa peau en discutant de la vie passée avec son reflet.
Marc : le monde a bien changé, aujourd'hui il y'a toutes ces choses luxueuses... À mon temps on se mirait lorsqu'on rencontrait une flaque d'eau quelque part. Aujourd'hui on a miroir géant... À mon époque...
Un éclat de rire survint derrière lui et il se retourna d'une demie pirouette. Sa fille aînée se rapprocha pour l'aider à être plus présentable. Elle savait son père vieux d'une quarantaine d'années et ne comprenait pas pourquoi il parlait d'époque alors que le miroir n'était qu'une invention du siècle dernier. Alima BOBO est son nom.
Alima : papa, il faut lire des bouquins sur l'histoire du miroir et tu comprendras qu'à ton époque, le miroir existait déjà depuis plus de cinquante ans... Tu as encore mis la cravate de travers, pourtant tu es devant le miroir.
Marc : avec tous les problèmes qui existent sur cette terre, je vais aller lire des livres sur le miroir ? Et puis où se trouve ta mère ? Je suis obligé de m'habiller seul comme ça à cause d'elle. Elle ne sait pas qu'une femme doit habiller son mari ? C'est pour venir me demander de l'argent après ça ?
Alima : elle habille les enfants. C'est toi même qui a dit qu'on devait être prêt avant huit heures.
Marc : donc elle préfère les habiller plutôt que de m'habiller ? Tout ça parce qu'elle a chassé la troisième femme de ménage.
Fatima : papa, il faut avouer que tu regardes trop le derrière de toutes les femmes de service qu'on prend ici. Il faut un peu changer ce comportement. Ça met maman mal à l'aise et du coup elle se met à les détester.
Marc : c'est elle qui se fait des idées pour rien. Elle est bien trop jalouse. Et puis même pourquoi est-ce que tu t'en melles ? Ça te concerne en quoi ? Tu as quel âges pour parler des histoires des grands ? Hein ?
Alima : on va chercher une autre femme dès la semaine prochaine. Moi même je vais m'assurer que tu te tiennes bien avec elle. C'est d'abord une mère qu'on va prendre.
Marc : vous cherchez également l'argent pour la payer. Il y'a les jeunes filles partout qui chôment, vous voulez mettre une mère dans ma maison ? Ta mère ne me laisse pas, tu veux ajouter une autre mère ? Mon argent ne finance pas la qualité la.
Alima : voilà... J'ai fini avec ta cravate. Tu es beaucoup mieux ainsi. On doit déjà partir. Maman et les jumeaux sont certainement déjà prêts.
Marc : démarre la voiture et installez vous. Je discute un peu avec ta mère et on vous rejoint. Dis lui de me retrouver dans la chambre.
Alima : d'accord papa, il ne faut pas oublier de prendre nos billets d'invitation.
La jeune dame s'en alla, remuant ses petites fesses dans sa tenue moulante et attirante. Marc regardait sa fille et souriait au ciel, heureux de la voir heureuse. Sa conversation avec son épouse concernait la nouvelle femme de ménage qui devait absolument être recrutée dans les trois jours qui suivaient...
À plusieurs dizaines de kilomètres de la résidence BOBO, dans une maisonnette faite de terre rouge battue au toit empaillé, aux deux minuscules fenêtres en bois et à la mince porte basse, vivait une petite famille pleine de vie et de joie malgré la situation financière plus que précaire.
Les herbes vertes qui bordaient la maison étaient d'une part le reflet de cette situation assez courante dans la contrée et d'autre part le résultat d'une paresse sans égale de cette jeune dame aux courbes mignonnes, tenant en main un bout de couteau qui devait l'aider à tailler les mauvaises herbes.
Du haut de ses vingt et cinq années de vies, Robyn avait les mains nouées autour de ses hanches, le visage froissé et une colère qui grimpait de plus en plus. Elle se murmurait sa rage à elle même en faignant de travailler à chaque fois qu'un coup de vent donnait l'impression que la porte allait s'ouvrir.
Robyn : tous les jours, on me traite de bonne à rien mais dès que je trouve un petit travail, on refuse que j'aille postuler. À la place, je dois couper les herbes avec le couteau. Tout ça pour que je n'aille pas à la fête de tout à l'heure alors qu'on m'a donné une invitation pour venir être serveuse. Un pointage comme ça, elle refuse parce qu'il y'a la famille BOBO là-bas. En tout cas... Personne n'est venu sur terre vivre dans la pauvreté. Je vais y aller. Je vais sauf que y aller...
Ses murmures semblaient traverser les murs car elle avait entendu sa mère y répondre d'une voix plus colérique que la sienne. Ma'a Jacqueline, une femme de la quarantaine, encore pimpante et répondante, était la mère de Robyn et de trois autres enfants cadets. Après avoir collé son oreille à la minuscule fenêtre de l'intérieur pour entendre les murmures de sa fille aînée, elle ne pouvait rester indifférente. Elle avait décidé d'y répondre avec ce tong froid et grondant dans mères aux couleur d'ébène.
Ma'a Jacqueline : FINIS DE FAIRE LES MURMURES, TU ME NETTOIE LES ALENTOURS DE LA MAISON. TU NE VAS PAS TRAVAILLER POUR CETTE FAMILLE ET TU N'IRAS PAS À CETTE SOIRÉE. OU JE SUIS TA MÈRE, OU JE NE SUIS PAS TA MÈRE. C'EST PAR MES FESSES QUE TU ES SORTI, C'EST DANS MON VENTRE QUE JE T'AI PORTÉ ET TANT QUE TU SERAS DANS MA MAISON, C'EST MOI QUI VAIS PRENDRE LES DÉCISIONS POUR TOI. CHERCHE LE TRAVAIL AILLEURS.
en écoutant les dires de sa mère, Robyn avait tellement serré le couteau dans sa main qu'elle s'était tranchée le doigt. Elle avait tout de suite lâché l'ustensile avant de porter son doigt dans la bouche tout en répondant à sa mère sous le même tong.
Robyn : JE VAIS ALLER À CETTE SOIRÉE ET JE VAIS POSTULER POUR CET EMPLOIE. TOI MÊME TU SAIS QUE TOUT CE QUE TU FAIS, C'EST DU PERD TEMPS. LA FAMILLE BOBO EST UNE GRANDE FAMILLE, ILS SONT RICHES ET TRÈS RESPECTUEUX. IMAGINE ON ME PREND LÀ-BAS, ON NE VA PLUS JAMAIS MANQUER DE NOURRITURE. ON AURA PLUS À MANGER UNIQUEMENT LES PETITES MIETTES QU'ON MANGE ICI. MAMAN, POURQUOI EST-CE QUE TU REFUSES MÊME ? TU M' AS DIT DE TROUVER UN JOB DESCEND ET C'EST CE QUE JE SUIS EN TRAIN DE FAIRE.
Ma'a Jacqueline : C'EST À MOI QUE TU RÉPONDS COMME ÇA ? LES MIETTES ? LES MIETTES QUE JE T'AI NOURI AVEC ? LES MIETTES QUE JE NOURRIS TES FRÈRES ET SŒURS AVEC ET MÊME TON ENFANT SANS PÈRE ? HEIN...
Robyn : non maman... Ne prend pas ça comme ça... Je ne voulais pas parler dans ce...
Ma'a Jacqueline : tu as déjà tout dit et j'ai déjà tout compris. J'ai compris que la vie est ainsi faite et que l'ingratitude est dans la nature humaine. Attends que ton père rentre du travaille, je vais tout lui raconter. Moi ta mère, je te parle et toi tu réponds jusqu'à dire qu'on vit de miette. On va voir les miettes que tu vas manger aujourd'hui. Considère que les miettes sont finies.
Robyn n'était guère touchée par les mots de sa mère. Elle était habituée à la voir s'emporter pour un mot de trop ou mal positionné. Elle abrégea la conversation qui venait de tourner au vinaigre et se mit à couper les herbes en pensant à sa vie sans dessus dessous. N'eut été sa force de caractère, elle aurait pu tomber dans toutes formes de dépressions profondes mais elle tenait le coup.
À son âge, toutes jeunes femmes auraient aimé avoir un travail stable, une mari ou un fiancé avec ou pas d'enfant. Au sien, elle n'avait que ces herbes à couper comme travail et un jeune garçon de cinq ans sans géniteur, ou plutôt au géniteur perdu dans la nature. Le cœur de la jeune dame saignait à chaque fois qu'elle se commémorait sa petite histoire d'amour. Jusqu'à ce jour, elle n'avait toujours pas fait le point. La trahison dont elle pensait avoir été victime était encore fraîche dans son cœur. Elle vivait avec une rage sans pareille qui allait être la porte d'entrée du monde obscure en elle.
En taillant les herbes épineuses, elle se revoyait galoper au cheval avec son bel amoureux sous la lune de minuit en pleine plage, après avoir fugué de la maison depuis plusieurs jours. Elle se revoyait, à ses vingt ans, se donner à lui au petit matin de quatre heures, jouissant de toutes les promesses qu'il murmurait dans son oreille en lui faisant ardemment l'amour. Les souvenir de la bague de fiançaille étaient encore frais dans sa tête, elle ne comprenait toujours pas à quel moment tout avait basculé.
Perdu dans ses pensées, elle ne s'était pas rendu compte à quel moment de toutes petites mains s'étaient nouées autour de son cou. Avant qu'elle n'eut le temps de se retourner, le petit enfant avait bondi sur son dos, hurlant de joie. Elle se leva avec lui en essuyant sa goutte de larme et en le suppliant de descendre de son dos.
Robyn : Bobi, descend tout de suite... Je t'ai déjà dit de ne pas me déranger quand je travaille. En plus j'ai le couteau en main.
Bobi : maman, attend je reste encore un peu. Tu sais que ton dos ça fait comme le cheval. Un jour je vais acheter une gros gros gros cheval et je vais courir sur la plage avec et je vais te porter derrière.
Elle ne pouvait nier l'évidence. Tant sur le visage que dans la nature profonde, cet enfant était une copie conforme de son géniteur. En lui, elle le voyait. Elle aurait pu le détester mais le trop plein d'amour d'une mère avait pris le dessus. Elle lâcha son couteau et renvoya ses bras à l'arrière pour le soulever et le mettre à son aise.
Robyn : je te laisse sur mon dos pour quelques minutes à une seule condition.
Bobi : maman, demande moi même la lune. Je vais fabriquer l'échelle pour aller chercher ça. Même le soleil hein, je vais venir avec.
Robyn : après tu vas m'aider à tailler mes herbes avant d'aller te laver.
Bobi : maman... Je veux bien tailler les herbes mais... Me laver? Yoill maman... Ça va enlever tout le remède de mes yeux. En plus ça va aussi glacer tout mon corps et...
Robyn : descend alors vite...
Bobi : ça va alors, je vais me laver mais petit seulement hein.
Après avoir fait le tour de la cour avec son bout d'homme sur son dos, elle le posa, essoufflée. Il prenait de l'âge et du poids. Il n'était plus le petit enfant avec qui elle faisait le tour du quartier à vendre de tout pour survivre.
Robyn : voilà... Tu es bien rester sur mon dos. Maintenant, tu dois travailler avec moi. Ne coupe pas les herbes qui piquent hein.
L'enfant se baissa tout doucement, tendant ses bras à l'avant pour chercher l'herbe sans jamais baisser la tête. Il tatait pour les ressentir, sous le regard attristé de sa mère. Elle avait beau serrer le cœur pour vivre avec, elle ne comprenait pas pourquoi malgré sa situation des plus pitoyables, le seigneur lui avait fait don d'un petit ange aveugle.
Bobi : maman, je sais que tu me regardes au lieu de travailler. Je sais que tu es aussi en train de penser à mes yeux. Pourtant je t'ai déjà dit que même si je ne vois pas avec mes yeux, je peux voir avec toutes les autres parties de mon corps. Tu crois que je fais comment pour savoir que tu me regardes ? Hein ? Maman même quand je dors hein, je vois tout.
Robyn esquissa un léger sourire, baissa la tête pour taire sa larme avant de continuer le travail. Avec son fils, elle avait rendu la grande cour plus propre que jamais. Alors qu'il fallait couper les toutes dernières herbes, le téléphone de Robyn avait sonné. Elle s'était faite discrète pendant un court instant, laissant son couteau sur place.
Bobi baladait ses mains sur le sol et rencontra le couteau. Il l'avait ramassé bien que sachant qu'il n'en avait pas le droit. Il l'avait rapproché de ces dernières herbes sans prendre le temps de se rassurer qu'elles n'étaient pas épineuses. Dans l'excitation de finir le travail pour obtenir des applaudissements de la part de sa mère, il avait envoyé les mains dans la touffes d'épines. La déchirure sur les mains l'avait fait revenir brusquement et la panique lui avait fait lâcher le couteau sans manquer de se trancher la paume. Ne supportant pas la moindre douleur, il avait poussé un hurlement de détresse à l'endroit de sa mère.
Bobi : MAMANNNNN J'AI DÉCOUPÉ MES MAIN
Le téléphone lui était tombé des mains pendant qu'elle se retournait vers lui. Découvrant que les mains de son fils signaient en abondance, elle l'avait accompagné dans ses cries, alertant sa mère et une bonne moitié du quartier.
Robyn : maman... MAMANNNNN... VIENS VITE... Bobi... Qu'est-ce que tu as fait ? Tu saigne partout...
Bobi : maman ce n'est pas moi, c'est le couteau. Je ne voyais même pas et c'est venu me couper seulement. Maman ça fait trop mal.
Ma'a Jacqueline qui avait perçu la situation de loin avait fait un tour au champ pour y cueillir les herbes qu'il fallait. Elle les mâcha et dès qu'elle fut devant l'enfant, elle les cracha et les oignit sur les mains de celui-ci. Les saignements s'arrêtèrent tout de suite.
Robyn : je lui ai pourtant interdit de...
Ma'a Jacqueline : quitte là... Tu appelles ma nourriture les miettes et dès que tu as un petit problème, on entend seulement Mamaaaa... Mamaaa... Passez à la maison.
Les étrangers qui étaient restés à quelques mètres de la scène s'éloignaient un à un lorsque le regard foudroyant de Ma'a Jacqueline croisait le leur. Tout le monde la craignait et la respectait.
Ma'a Jacqueline : vous regardez quoi ? Vous n'avez pas de vie ? On vous a dit qu'on partageait le riz sauté ici ?
Elle se rendit compte que certains, un peu plus têtus, étaient toujours sur place.
Ma'a Jacqueline : vous êtes toujours là ? je ramasse le cailloux ?
Confortablement assis sur son lit, Marc BOBO regardait les nouvelles vidéos virales sur les réseaux sociaux. Il en riait par moment et à d'autres moment, il s'offusquait de se rendre compte que la jeunesse n'était désormais guidée que par ce monde virtuel.
Marc BOBO : en mon temps, les jeune apprenaient à fabriquer des flèches pour la chasse, des filets pour la pèche et des houes pour les champs. Qui pouvait voir un jeune en train de danser bêtement, si ce n'était les guignols du roi ? Tout es gâté aujourd'hui.
Au même moment, sa femme entra dans la pièce, orné d'une robe jaune étincellante, libérant ses courbes rondes et ses longues jambes brunes. Marc BOBO fut figé sur place pendant un court instant, à admirer la beauté sans pareille de la femme de sa vie. Elle avançait quelque peu au ralenti, en le regardant droit dans les yeux, comme si elle voulut le provoquer. Il se sentit transpirer de désir pour elle.
Une fois devant lui, elle ne s'assit pas. Elle continua à lui présenter ses cuisses qui étaient tout juste au niveau de sa bouche. Marc BOBO approcha sa langue tel un petit chien guidé par son maître mais d'un doigt, elle repoussa sa tête avant de prendre place au bord du lit avec lui. L'infirme trentaine d'année de cette femme ne pouvait s'epercevoir, les couches de peinture de beauté lui donnait l'air de n'en avoir que vingt-cinq ans à peine.
Récupéré dans les ruelles des réseaux sociaux depuis cinq années, elle s'était empressé de se jetter dans les bras de Marc BOBO, l'un des hommes d'affaires les plus influents du pays. Peut-être est-ce parce qu'il pouvait financer ses projets virtuels ? Peut-être était-ce de l'amour ?
Marc BOBO : chérie, tu vas vraiment sortir avec cette petite robe ? Elle couvre à peine tes fesses. J'ai cru que c'était la robe de nuit. Et tous tes seins sont dehors. C'est le marché que tu pars ouvrir ?
Ses dires donnaient l'impression d'entrer par une oreille et d'en ressortir par une autre. Megane était plus concentrée sur sa manucure qu'elle admirait plus que tout.
Marc BOBO : je voulais juste te dire que je ne veux pas d'une nouvelle femme de ménage dans cette maison. Nous ne sommes que cinq. Les jumeaux, Alima et nous deux. Tu passes tes journées à la maison et Alima a toujours un peu de temps libre. À vous deux vous pouvez au moins vous occuper des tâches ménagères.
À cet instant, sa femme revint sur terre, froissant son visage embelli par des fares roses.
Marc BOBO : donc il faut commencer à enlever toutes les affiches que je vois partout et dire à celles qui ont déjà postulé qu'on n'en a plus besoin. Aussi...
Megane : stop monsieur ! Si on ne trouve pas une nouvelle femme de ménage, ta fille et toi allez voir comment gérer ça. Tu connais mon travail, je reste à la maison mais je travaille. Tu penses que mes vidéos sur les réseaux se font d'une seconde à l'autre ? Je peux passer une journée entière à faire une seule vidéo. Excuse moi mais je ne peux pas abîmer ma manucure et toute ma beauté dans les travaux de la maison alors qu'on a les moyens de prendre même dix personnes pour ça.
Marc BOBO : tu n'as que trente ans et l'esprit de paresse a déjà envahi tout ton être. Même ton propre caleçon, tu envoie au pressing. Megane, je ne veux pas d'une...
Megane : alors tu vas te débrouiller pour les tâches. Je ne mets mes mains dans rien du tout. Je suis une star, je suis là femme d'un homme d'affaire, l'un des plus riches. Il est hors de question que je me salisse les mains.
Marc BOBO : et la cuisine alors ? La fille que tu as pris la dernière fois ne savait pas cuisiner. J'ai plusieurs fois eu droit à une tasse de café, sans café à l'intérieur. J'aimerai au moins que tu fasses la cuisine comme à nos débuts.
Megane : ta fille sait très bien faire la cuisine, demande lui. Peut-être que comme ça elle va un peu cesser de se promener avec les hommes si tu lui donnes quelque chose à faire.
Marc BOBO : est-ce si difficile que ça de t'entendre avec ma fille ? Pourtant tu m'avais promis que tu allais l'aimer comme ta propre fille. Pourquoi t'acharner sur elle ?
Megane : l'amour que j'ai dans mon cœur suffit pour nos jumeaux et toi. C'est tout.
Megane et Alima n'étaient pas mes meilleures amis du monde. Alima l'appelait Maman par respect pour son titre de maîtresse de la maison et faisait de son mieux pour garder l'harmonie au nom de son amour pour son père mais sa belle maman par contre, ne voyait en elle qu'un oiseau de mauvaise augure.
Marc BOBO : tu as gagné, cherche ta femme de ménage, même comme je pense que nous n'avons pas besoin...
Megane : le débat est clos. Pour la cuisine, je vais engager un chef cuisinier en plus de la femme de ménage. Partons, c'est sûr que ça a déjà commencé. Ils attendent les invités d'honneur qui ne sont autres que nous. Alors chéri, comment est-ce que tu trouves ta femme ?
Marc BOBO : tu es magnifique comme toujours. Tu es la plus belle.
Elle esquissa un léger sourire avant de laisser son homme lui poser un léger baiser sur ses lèvres luisante. Avec son pouce, elle enleva l'excès laissé sur les lèvres de son mari avant de plonger dans ses bras. Ils restèrent sur place jusqu'à ce que la voiture se mit à klaxonner.
Megane : c'est sûr que c'est ta fille qui nous coupe le goût comme ça...
Marc BOBO : quel goût ? On faisait d'abord quoi ? N'est-ce pas depuis deux semaines on se regarde seulement au lit ?
Megane : je t'ai expliqué que mon professeur de gimnastique m'a ordonné de ne plus faire l'amour pendant un mois pour que le régime publicitaire que je suis en train de faire marche. Ça va me rapporter beaucoup d'argent.
Marc BOBO : un argent qu'on ne sait pas où ça part. Tu touches l'argent tous les jours mais jamais on ne voit ce que tu as fait avec.
Megane : tu veux déjà contrôler mes dépenses ? Partons!
Pendant qu'ils se rendaient à la fête organisée par une entreprise partenaire à la leur, Robyn était à la grande cour, discutant au téléphone avec le médecin qui s'occupait de la maladie de son fils.
Robyn : je n'ai pas une somme d'argent aussi forte. En tout cas, pas pour l'instant. Je dois encore trouver un boulot et... D'ici là, le délais pour opérer mon fils va passer. Ne pouvez-vous pas faire l'opération et le garder à l'hôpital jusqu'à ce que j'ai l'argent qu'il faut ? S'il vous plaît docteur...
C'est alors qu'elle se rendit compte qu'elle parlait toute seule depuis qu'elle avait annoncé ne pas avoir d'argent. Le ciel lui tombait dessus. Elle n'était pas prête à laisser son fils finir ses jours sans voir la lumière du soleil. Elle replongea tout de suite dans ses souvenir amères. Elle revit ce médecin lui annoncer que son fils ne pouvait voir comme les autres enfants. Elle se souvint que son amoureux était issus d'une famille plus que riche. Il aurait juste fallu qu'elle sache où cet homme se trouvait pour espérer que son fils recouvre la vue avant le délai fixé par l'hôpital. Elle revint à elle, sachant que cette issus était impossible.
Robyn : je vais aller à la fête... Même si la famille BOBO ne me recrute pas, je vais tout faire pour que d'autres personnes me remarquent là-bas. Peu importe ce que je dois faire pour cela. Je dois avoir cet argent avant la semaine prochaine.
Elle n'avait plus qu'une dizaine de minutes pour y être, sous peine d'être remplacée par une autre. Elle fila dans la maison, où sa mère faisait griller les derniers épis de maïs pour le goûté du midi.
Robyn : maman, je dois sortir. Le docteur de l'enfant m'a appelé. Il faut que j'aille le voir pour qu'on discute...
Ma'a Jacqueline : il faut alors vite partir. Tu sais que ces gens n'ont pas souvent assez de temps.
Robyn : je vais certainement rentrer de là-bas tard, il va tarder à me recevoir et il paraît qu'on va attendre un autre médecin pour qu'il vienne à son tour m'expliquer d'autres choses... Je vais souffrir de sacrifier toute ma journée pour écouter ce qu'ils ont à me dire.
Ma'a Jacqueline : fais donc ça, je vais aller au marché avec l'enfant et tes frères.
Elle avait réussi son coup. Elle prit une douche rapide et enfila son pantalon avant de poser une bise sur la joue de son fils et prendre le large. Alors qu'elle faisait la course pour arriver à temps, elle reçut un appel de son ami de cœur Amelie, celle qui lui avait trouvé le travail.
Amelie : ce n'est même plus la peine de venir. On a déjà trouvé quelqu'un d'autre pour te remplacer. On te donne rendez-vous à six heures, tu viens à quelle heure ? Tu me fais perdre ma crédibilité. Le service a commencé depuis et on accueille déjà les invités. On a donné ta tenue de travail à une autre personne.
Malgré cela, elle ne perdit pas espoir. Elle alla jusqu'au lieu de la fête et alla se présenter au chaf de service. Celui-ci n'avait aucun signe de sourire sur ses lèvres.
Robyn : monsieur, s'il vous plaît laissez moi laver même les assiettes. J'ai vraiment besoin d'argent en ce moment. S'il vous plaît plaît Monsieur, juste, laver les assiettes et vous me payez ce que vous voulez.
L'homme en tenue de cuisine blanche n'était pas par rapport à elle. Il était concentré sur son bloc-notes, s'assurant que toutes les taches suivaient leur cours. Ce que disait Robyn en lui courant après n'était qu'un bruit de plus dans ses oreilles.
Robyn : s'il vous plaît Monsieur, écoutez moi même pour cinq secondes. Monsieur...
Il n'avait pas daigné poser l'œil sur elle même pour une seconde. Enragé et attristé, elle ne se sentait pas capable de baisser les bras.
Elle commença à faire la vaisselle sans aucun consentement, essuyant les fines gouttes de larmes qui se perdaient sur ses joues. Elle allait vers le chef de service à chaque fois qu'elle l'apercevait mais celui-ci affichait le même comportement. Pour une nième fois, elle perdit partience et laissa son héritage maternel prendre le dessus.
Alors que le chef sortait de la cuisine après avoir donner les instructions aux hôtesses du buffet, Robyn alla lui barrer la route. La robustesse de cet homme était sans égale. Était-il basketteur ? Il en avait tout l'air.
Robyn : c'est vrai que je suis en train de mendier le travail mais vous devriez descendre de vos grands airs et m'écouter même pour cinq secondes seulement. Ce n'est pas parceque c'est vous les chef que vous allez me traiter comme si je n'existait pas. J'ai besoin de cet argent...
Une marre de pleure l'envahit.
Robyn : mon fils est aveugle et il me faut amasser autant de miettes d'argent que possible pour le soigner. Passé le délai de deux mois fixé par le docteur, je ne pourrai plus rien faire pour lui...
Sans jamais baisser le regard vers elle, Alonzo, le chef de service, la bouscula sur le côté et s'en alla sans manquer de lui viser une parole blessante.
Alonzo : votre fils n'est certainement pas tomber du ciel. Il a un père, allez donc le voir et épargnez mes oreilles de vos âneries.
Robyn ne put supporter de se voir humilier devant les servantes. Elle le tint par le bras et il se retourna violemment.
Robyn : ne parlez pas de ce que vous ne savez pas.
Alonzo : je suis habitué aux femmes dans votre genre, ces femmes qui inventent des histoires pour avoir un simple billet d'argent. Sauf qu'aujourd'hui, je suis très pris, très occupé. Si laver les assiettes vous fait plaisir, tant mieux mais vous devez savoir que je vais rien vous payer. La prochaine fois quand on vous dit de venir à six heures, souffrez de dire à vos clients nocturnes de vous libérer tôt.
D'un bon de colère, elle sauta et laissa violemment les marques de sa pommes de mains sur la joue de cet homme. Il perdit son chapeau et se tint la joue, tellement elle était brûlante.
Alonzo : vous êtes folles... SÉCURITÉ... SÉCURITÉ...
Robyn : OUI, JE SUIS FOLLE. C'EST L'UN DE MES PRÉNOMS QUE JE PRÉFÈRE. LA PROCHAINE FOIS C'EST ENTRE TES JAMBES QUE JE VAIS ENVOYER LE POING. ON VA VOIR SI TU OUVRES ENCORE TA LARGE BOUCHE POUR DIRE DES ABSURDITÉS SUR LES GENS QUE TU NE CONNAIS PAS...
Amelie : Robyn... Tu vas avoir les problèmes...
Robyn : LES PROBLÈMES ? JE N'AI QUE ÇA DEPUIS QUE J'EXISTE...
La sécurité arriva, c'est alors que Robyn se calma. En les voyant en tenue des forces de l'ordre, Robyn comprit qu'il ne s'agissait pas de simples gradients. Elle pouvait très bien finir au commissariat.
Robyn : mince... Eurrr... On va se calmer et parler comme des grands. En fait le problème c'est ce chef de service arrogant, orgueilleux et... Bref, je ne veux plus le travail. Je ne veux plus laver les assiettes et... Je pars. Ça va, restez avec.
Le chef de service donna l'ordre de l'embarquer pour le commissariat.
-elle a ralenti le service, elle m'a insulté et frappé. Elle est là sans être invitée et se permet de semer la...
Avant qu'il ne termine sa phrase, Robyn avait engagé une course sans frein vers l'extérieur. Amelie avait barré la route à la sécurité pour lui donner le temps de s'éloigner.
Amelie : s'il vous plaît, laissez-la... Laissez la partir.
Alonzo : alors toi aussi tu ramasses tes affaires et tu pars.
Robyn quant à elle ne s'était pas arrêtée de courir sans regarder la route jusqu'à ce qu'une voiture noire freine rapidement devant elle, au risque de la renverser. N'ayant pas vu le choc venir, la peur la fragilisa et elle tomba. C'est alors que Marc BOBO sortit rapidement de la voiture en pensant l'avoir renversé.
Marc BOBO : mince alors... Voilà une folle qui va nous pourrir la journée. Elle fait le sport à quelle heure comme ça ?
Suivi de sa femme et de sa fille, ils allèrent vers Robyn qui était restée étendue sur le sol, respirant fortement et sans arrêt. Elle vit l'homme d'affaire le plus influent de la ville se baisser vers elle, elle vit également les hommes de la sécurité courir vers elle. Elle se leva brusquement et voulut reprendre sa course mais Marc BOBO le retint par le bras.
Marc BOBO : mais qu'est-ce qui se passe Mademoiselle ? Continuez comme ça et c'est sous le camion qu'on va ramasser vos jolies seins.
Sa femme lui jeta un regard violent.
Marc BOBO : je veux dire Eurrr... Vous fuyez quoi ?
-elle fuis la police, lança l'un des agents.
Robyn : il ment, je fais le sport. Je me suis couché pour me reposer. Je ne fuis personne, je n'ai rien fait.
-elle a semé le désordre à la cuisine et a giflé le chef de service. Nous devons l'amener au commissariat pour qu'elle réponde de ses actes. Le chef a décidé de porter plainte.
Robyn : le chef ? Quel chef ? Vous êtes qui d'abord ? Je vous dis que je faisais le sport et puis j'ai décidé de me coucher devant cette voiture pour me reposer un peu. Je ne connais aucun chef, ni aucune cuisine et encore moins ces gens. C'est sûr qu'ils voulaient me kidnapper mais comme ils n'y parviennent pas, ils veulent m'amener en inventant les choses. Qu'est-ce qui prouve que vous êtes vraiment policier ?
Ils sortirent tous les deux leurs plaques d'identification.
Robyn : aïe... Ma tête... Ma... J'ai mal... La voiture a cogné ma tête... Aïe... Amenez moi à l'hôpital... Je vais perdre connaissance... Je suis trop faible...
C'est alors qu'elle s'écroula dans les bras de Marc BOBO.
Entre la foule qui imposait à l'homme d'affaire d'amener la jeune fille à l'hôpital et la police qui la réclamait en jurant qu'elle n'avait rien, Robyn était bien installée dans son jeu d'actrice et ne comptait pas s'arrêter là. Plus môle et pâle qu'une feuille morte, elle ne bougeait pas. Les yeux entrouverts, elle pouvait apercevoir ce chef de service parmi la foule. Toute cette histoire était le résultat de son arrogance, se disait-elle.
Marc BOBO, bien que se doutant que cette fille se jouait de lui, décida de l'amener à l'hôpital pour taire les murmures de la population qui s'était déjà regroupée sur place.
Marc BOBO : conduisez ma femme et mes enfants jusqu'à la salle de fête. J'amène la jeune dame aux urgences et je reviens dès qu'elle est prise en charge.
Megane : mais chérie... Cette pet.asse fait juste semblant... C'est une menteuse, elle n'a rien.
Marc BOBO : elle n'a rien mais notre image va tout avoir si je ne l'amène pas à l'hôpital. On n'a pas trop le choix.
Chose dite, chose faite. Les agents aidèrent à mettre ROBYN dans la voiture. Au moment de partir, le chef service se proposa de les accompagner.
Alonzo : elle ne va pas échapper à la justice. Je viens avec vous et dès qu'elle va arrêter avec sa petit comédie, on l'amène au commissariat. Personne ne m'insulte, ne me frappe et s'en sort comme ça.
Robyn qui entendait tout, comprig que cette homme avait mis un excès d'organes sur la gifles qu'il avait reçu. Elle devait tout faire pour rester dans les vapes le plus longtemps possible en espérant que sa mère fusse mise au courant de la situation. Même si elle avait mal de le penser, elle n'avait pour seul espoir que la cécité de son fils.
Pendant le trajet, Alonzo, le chef de service, ne cessait de dire du mal d'elle.
Alonzo : ce n'est qu'une arriviste qui cherche à se faire de l'argent. Elle n'a rien du tout. Par la suite elle va se réveiller et vous raconter une histoire comme quoi, son fils est aveugle. Tout ça c'est du n'importe quoi. C'est maintenant comme ça qu'elles fonctionnent ici dehors.
Tout au fond de son cœur, Robyn répondait à cet homme qu'elle trouvait plus beau sans son chapeau de cuisine.
''on t'a envoyé sur moi ? Jusqu'à me suivre à l'hôpital. Je sais que je vais faire comment pour me libérer de celui-ci ? Comment un bel homme peut être méchant comme ça ? ''
Ils arrivèrent aux urgences de l'hôpital et Robyn fut prise en charge. Marc BOBO versa une petite somme d'argents pour les soins et un dédommagement à l'endroit de Robyn, bien que sachant que tout cela n'était qu'un film orchestré. Avant de partir, il voulut se concerter en privé avec elle.
L'infirmière qui s'occupait d'elle les laissa tous les deux dans la chambre d'hôpital. Faignant de vouloir avaler une gorgée d'eau, il porta le verre et versa le contenu sur le visage de Robyn. Elle ne bougea pas le moindre petit doigt.
Marc BOBO : je vais créer une autre branche dans mes entreprises. On va tourner les films là-bas et tu seras actrice principale. On peut jouer la comédie comme ça ? C'est tout ce qu'une jeune belle femme comme toi a à faire de sa vie ? Si tu n'ouvres pas les yeux dans les secondes qui suivent, même l'argent que j'ai laissé pour toi, je récupère ça.
Elle ouvrit les yeux et laissa ses larmes se mélanger à l'eau sur son visage. Elle regarda l'homme d'affaires, il la regarda.
Robyn : je suis désolée Monsieur... Je suis...
Marc BOBO prit place devant elle. Il voulait comprendre ce qui pouvait la pousser à agir de la sorte.
Marc BOBO : tu es jeune et tu peux gagner ta vie dignement. Pourquoi choisir de mettre tout ton charisme et ta beauté au service de la malhonnêteté ? Pourquoi ?
Robyn : je ne suis pas malhonnête Monsieur. Je n'ai jamais mangé un argent qui n'est pas à moi. Je gagne dignement ma vie en vendant les vivres frais au marché avec ma mère. Nous sommes une famille respectueuse et respectée. Si je suis allée à cette fichue fête c'était pour gagner mon pain d'aujourd'hui mais à cause de ce chef de service je me retrouve ici. Je lui ai dit que j'avais besoin d'argent pour les soins de mon petit garçon aveugle mais il m'a traité de prostituée. Je l'ai giflé et si c'était à refaire, je le refairais sans hesiter une seule seconde...
Marc BOBO : il m'a prévenu que vous alliez me raconter une histoire pareille. C'est pitoyable et regrettable. Vous valez mieux que tous ces mensonges.
Robyn : je ne demande à personne de me croire. Prenez votre argent que vous avez laissez pour moi et partez avec. J'ai survécu jusqu'ici sans ça. Je ne vais permettre à personne de venir m'insulter à cause de ça. Je sais qui je suis et je n'ai pas à faire mes preuves. Allez-vous en.
Marc BOBO : tu sais très bien qu'à l'instant où je vais mettre mon pieds hors de cet hôpital, la police va te prendre et tu vas dormir avec eux même deux ou trois jours.
Robyn : non... Attendez un peux Monsieur... Ne partez pas. Je ne peux pas aller là-bas, je dois travailler.
Au même moment, une infirmière entra en vrac.
-il y'a une femme très brutale à l'extérieur avec deux jeunes et un enfants. Ils disent vouloir voir la patiente. J'ai demandé de patienter mais elle a commencé à crier et...
Robyn : c'est ma famille...
Au même moment, Ma'a jacqueline entra, son pagne du marché autour des reins et la larme à l'œil. Elle bouscula Marc BOBO et alla vers sa fille. Ses frères, Boris et Martin, entrèrent à leur tour.
Robyn : j'ai juste eu un petit problème maman, je vais bien. Ça va très bien maman.
Ma'a Jacqueline : qu'est-ce qui va ? Tu fais quoi couché ici ? Je t'ai dit de ne pas aller à cette fête, mais tu es partie. Quand on vous parle, c'est au vent qu'on donne. Je vais pondre l'argent où pour te faire sortir de l'hôpital ? Hein ? Je t'ai déjà dit que quand un truc concerne déjà cette espèce d'êtres humain qu'on appelle BOBO, ça sent toujours mauvais à la fin. Je t'ai prévenu.
Marc BOBO ne put se laisser faire. Il se prononça sur le sujet.
Marc BOBO : hein ? Donc, comme elle a fait sa comédie, j'ai raté la fête pour l'accompagner à l'hôpital, c'est maintenant moi le mauvais ? Hein ? La mère, je ne te connais pas donc n'engageons pas...
Ma'a jacqueline se tourna brusquement vers lui. C'est alors qu'il posa le regard sur le sien, ils se découvrirent et le silence envahit leur bouche.
Ma'a jacqueline : Robyn, lève toi on part d'ici. On n'a plus rien à faire ici.
Bobi qui avait été abandonné sur le banc d'aceuille se leva et commença à chercher sa route avec son petit bâton fabriqué par son grand père. Il marchait en suivant les bruits. Sa canne se heurta aux pieds d'Alonzo.
Bobi : pimpimmmm... Laissez la route... Pimpimmmm...
Alonzo baissa le regard et aperçut le petit être. Il esquissa un petit sourire et se baissa vers lui, compatissant à sa situation.
Alonzo : alors grand gaillard, tu pars où comme ça? Où est ta maman ? Pourquoi est-ce que tu es seule ?
Bobi : maman dit de ne pas parler avec les gens que je ne remarque pas leur voix. Donc, je ne parle plus avec toi.
Alonzo : je m'appelle Alonzo et toi?
Bobi : mon nom c'est Bobi. Maman dit que c'est le nom que mon père avait choisit avant de fuir. Quand elle disait ça à grand mère j'ai entendu. Elle dit aussi que mon père l'amenait à la plage avec le cheval hein. Quand elle dit ça à tata Amelie j'entends tout mais je fais comme si je dors.
Alonzo : et maman est où ?
Bobi : c'est elle que je cherche comme ça. Tata Amelie a appelé Grand mère pour dire que la voiture a cogné maman et qu'elle est à l'hôpital. Mais on m'a laissé ici. Mais...
Alonzo : attends un peu mon petit... Ta maman s'appelle comment ?
Bobi : ohooo... Elle s'appelle maman nor...
Alonzo éclata de rire. Robyn sortit de sa chambre avec sa famille et aperçut son fils en train de discuter avec cet homme.
Robyn : Bobi vient ici... Ne parle pas avec ce monsieur.
Bobi : maman... Je ne parle pas ohhh... C'est lui qui reste devant moi et il parle seul. Je ne mens pas maman.
Robyn : viens, on part... Marche vite, suit ma voix.
Le petit enfant chercha sa route e' utilisant tous ses sens, sauf celui de la vue. Il connaissait l'odeur de sa mère et suivait sa voix. Le regard d'Alonzo était resté figé sur cette femme et son enfant qui s'éloignaient. Il s'en voulait, il avait laissé ses airs de grand chef prendre le dessus. Il courut vers Robyn pour lui présenter ses excuses.
Alonzo : Madame... Ou Mademoiselle... Je suis... Je ne savais pas. En fait...
Ma'a jacqueline : c'est lui le gar qui a appelé la police pour qu'on t'arrête ? C'est lui ?
Robyn : maman laisse, c'est déjà fini. Il...
Ma'a jacqueline enleva sa babouche et cravata Alonzo.
Ma'a jacqueline : tu connais mon nom ? On m'appelle Ma'a jacqueline. Tu connais ce que je fais aux gens comme toi ? Je les fouette comme s'ils étaient des enfants. À cause de toi, la voiture a cogné ma fille et la voici à l'hôpital. Tu...
Alonzo : la mère... Il faut dire la vérité à votre mère pour qu'elle me laisse... Je...
Robyn : maman laisse le s'il te plaît... La voiture ne m'a rien fait. Je faisait semblant pour qu'on ne m'amène pas au commissariat. Maman, je n'ai rien...
Elle lâcha l'homme robuste et se tourna vers sa fille, avec un brin de honte qui animait son cœur. De loin, Marc BOBO les regardait, sans vraiment comprendre pourquoi le visage de cette dame lui faisait tant d'effets.
Robyn et sa famille retournèrent chez eux. Marc alla à sa fête et Alonzo retourna à son service après s'être excusé auprès des agents de sécurité.
Étendue sur son lit, Robyn réfléchissait déjà sur un nouveau moyen de se faire des sous. Elle souleva son matelas pour contrôler ses régimes de bananes. C'était son seul fond de commerce pour l'heure. Une fois les bananes mûres, elle allait s'installer dans la rue pour vendre.
Lorsqu'elle se pencha vers le bas de son lit, une carte tomba de la poche de son chemisier. Elle la ramassa et remarqua les identifications de Marc BOBO.
Robyn : il m'a laissé sa carte... C'est ma chance...
Au même moment, sa mère entra dans la chambre. Elle enfouis la carte entre ses seins avant de se retourner, nerveuse.
Ma'a Jacqueline : il faut qu'on parle de ce qui s'est passé aujourd'hui. Je sais que tu fais tout ça pour ton fils mais un jour, une voiture va vraiment te cogner et la police va vraiment t'arrêter si tu continue comme ça. Le monde est mauvais ma fille... Si l'enfant est né comme ça, c'est parceque les dieux en ont voulu ainsi.
Robyn : maman, les docteurs disent qu'ils existent une possibilité de lui donner la vue et tu me parles des dieux ? Même si je dois finir en prison pour que mon enfant puisse voir les merveilles du monde, je vais seulement y aller. Qu'est-ce que je vais faire de ma vie si je ne me bats pas pour lui ?
Ma'a Jacqueline : tu as mis toute ta vie en pause pour lui. Tu as arrêté avec les études pour travailler. Ma fille, tu as tout laissé tomber alors que tu sais très bien qu'il nous est impossible de réunir la somme d'argent qu'on nous demande. Même si on a un délais de toute la vie, on n'aura pas cet argent. Sois réaliste Robyn...
Robyn : je refuse de baisser les bras. Pour le moment mon fils est heureux parce qu'il est encore naïf. Quand il va grandir et va se rendre compte que sa cécité lui ferme un certain nombre de porte, que penses-tu qu'il va faire ? Quand il va se rendre compte qu'il ne pourra jamais me voir et voir qui que ce soit... Quand on va le pointer du doigt et rire de son handicap... Moi vivante, je donnerai tous mes membres s'il le faut pour lui éviter de souffrir.
Elle laissa ma mère seule dans la pièce et alla prendre de l'air à l'extérieur. Elle regardait la carte de cet homme et dessinait une proposition indécente.
Robyn : il va peut-être me demander de coucher avec lui... Qu'est-ce que je fais ? Si je dis ça a maman elle va même brûler la carte.
Pendant deux journées et deux nuits, elle regardait encore et encore sa carte, ne sachant quoi en faire. Ce matin, elle faisait une pause au marché après avoir finit son premier plateau de bananes mûres. Au côté de sa copine d'enfance Amelie, elle posait pour une millièmes fois la même question.
Robyn : et s'il me demande de coucher avec lui ? S'il veut juste profiter de moi ?
Amelie : si c'est que vous devez vous voir, on fait ce qu'on on a dit. On part à deux et je me cache. S'il fait un genre, je débarque pour qu'il sache que tu n'es pas seule et on fuit une fois. Donc nor...
Robyn : je vais seulement négocier pour le poste chez lui. J'espère qu'ils vont me prendre. En même temps je ne peux rien dire à maman. Je vais lui dire quoi ?
Amelie : elle a quelle histoire avec cette famille au point de les détester comme ça ?
Robyn : il paraît qu'il y'a des siècles le village de ma famille et celui de la famille des BOBO étaient en conflit... En fait c'est une histoire ancestrale qui date d'un millénaire au moins. Même avec la civilisation et le temps passé, les deux clans sont toujours en conflit... Bref, je vais appeler Monsieur BOBO. Allons dans un endroit calme.
Marc BOBO était confortablement assis dans son jardin, laissant ses jumeaux de cinq ans d'âge profiter de leur week-end en lui racontant tout ce qui s'était passé en semaine. Pendant qu'il discutait avec ses fils, Alima, sa fille aînée, arriva avec son téléphone.
Alima : numéro inconnu papa...
Marc BOBO : Laisse sonner, je vais rappeler plus tard.
Curieux de savoir qui pouvait bien le déranger à cette heure du matin, il laissa les enfants au jardin et alla vers le séjour. Le téléphone sonna à nouveau. Il voulut le ramasser mais une image attira son attention dans la télévision. Les titres lui étaient effrayants.
''BRAKING NEWS : PROFANATION DE LA TOMBE de Zoulia ADOU. MILLE ANS JOURS POUR JOURS APRÈS SON ENTERREMENT, LES RESTES DE LA PRINCESSE LÉGENDAIRE VIENNENT DE DISPARAÎTRE DE LA TERRE DE SES ANCÊTRES. LES ARCHÉOLOGIQUES HURLENT AU MALHEUR''.
Marc BOBO ne sut à quel moment son téléphone lui était tombé des mains.