Dans mon ancienne vie, Bastien, mon fiancé, et mon frère, Hugo, étaient mon univers, les piliers inébranlables de mon existence.
Puis, Clara est arrivée – une fille aux larmes faciles, sans histoire – et en un clin d' œil, elle a tout volé. Mon fiancé a rompu nos fiançailles, mon frère a brisé sa promesse de me protéger. Tous deux se sont tournés vers elle, me traitant comme une intruse.
J'ai été publiquement humiliée, bousculée, accusée de jalousie. Ils ont permis qu'elle vole la formule de parfum inachevée de ma mère, mon héritage le plus précieux. Pire encore : la montre Cartier de ma mère, celle qu'elle m'avait léguée et que j'ai vue à son poignet, Bastien l'a brisée sous mes yeux. Et Hugo voulait donner le refuge de ma mère à cette usurpatrice. Leur trahison a dépassé l'entendement.
Ce jour-là, au fond de cet abîme de douleur, j'ai réalisé que l'amour que je leur portais était mort. Et, étrangement, la haine aussi. Il ne restait qu'un vide glacial. Comment des êtres que j'avais tant aimés ont-ils pu me dénier mon existence même, me traiter en ennemie pour une étrangère?
Alors, j' ai décidé de disparaître. J' ai mis le feu à notre appartement parisien, à tous nos souvenirs, laissant des indices pour qu' on me croie morte dans les flammes. C'était la seule façon de renaître de mes cendres, loin d'eux, sous un nouveau nom, Léa Martin. Mais ce qu'ils ont ignoré, c'est que cette mort n'était que le début de ma véritable vie, et la leur, celle d'un remords sans fin.
Mon fiancé, Bastien, et mon frère, Hugo, étaient tout pour moi.
Maintenant, ils ne sont plus rien.
Ils ont choisi Clara.
Une fille venue de nulle part, la fille de la nouvelle compagne de mon père.
Elle est arrivée avec des yeux larmoyants et une histoire triste, et en un instant, elle a tout pris.
Bastien, l'homme qui devait m'épouser, a rompu nos fiançailles pour elle.
Hugo, mon frère qui avait juré à notre mère sur son lit de mort de me protéger, m'a abandonnée pour elle.
Ils l'ont crue, l'ont protégée, l'ont aimée.
Et moi, ils m'ont traitée comme une ennemie.
Alors j'ai décidé de disparaître.
J'ai mis le feu à notre appartement parisien, à tous nos souvenirs d'enfance, à l'héritage de ma mère.
J'ai laissé derrière moi des indices, assez pour qu'on me croie morte dans les flammes.
J'ai appris plus tard qu'à la nouvelle de ma "mort", ils étaient anéantis.
Le remords les a rongés.
Trop tard.
Leur chagrin ne m'intéressait plus. Leur haine non plus.
Pour moi, ils étaient déjà morts ce jour-là.
Le gala à l'Opéra Garnier était censé être une soirée parfaite.
J'ai essayé de parler à Bastien de notre mariage, de la maison que nous avions choisie à Grasse.
Il m'a à peine regardée.
« Amélie, pas maintenant. »
Ses amis étaient là, ricanant dans notre dos.
« La princesse veut parler de la couleur des rideaux. »
« Laisse-la, elle ne connaît que ça. »
Hugo était un peu plus loin, un verre à la main, discutant avec des financiers. Il a entendu les moqueries, mais n'a rien dit. Son silence était une gifle.
Bastien s'est finalement tourné vers moi, son visage dur.
« Écoute, Amélie, il faut qu'on arrête. »
Il a dit ça, froidement, devant tout le monde.
« Cet arrangement, ça ne marche plus. Tu es une princesse arrogante, déconnectée de la réalité. Tu ne peux pas comprendre les vraies difficultés de la vie. »
C'est à ce moment que Clara a fait son entrée.
Elle portait une robe simple, presque déplacée dans ce luxe. Elle avait l'air perdue, vulnérable.
Elle s'est approchée, la tête baissée.
« Pardon de vous déranger... Je... je ne trouve pas mon père. »
Bastien s'est immédiatement adouci. Il a posé sa main sur son bras.
« Ne t'inquiète pas, on va t'aider. »
J'ai senti la colère monter en moi.
« C'est une comédie ? » ai-je demandé.
Bastien m'a fusillée du regard. Il m'a poussée si fort que j'ai trébuché en arrière.
« Ne la touche pas. »
Mon fiancé, mon protecteur, venait de me bousculer pour défendre une autre femme.
Il s'est ensuite tourné vers moi, sa voix pleine de menaces.
« Clara a assez souffert. Si tu continues de l'importuner, tu auras affaire à moi. Compris ? »