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De l'Autre Côté du Miroir

De l'Autre Côté du Miroir

Auteur:: Yobise
Genre: Fantaisie
"Je veux ouvrir ces tombes ! J'ai besoin de savoir !" Combien de fois avez-vous regardé derrière vous sans rien entrevoir ? Combien de fois avez-vous cherché sans ne rien pouvoir apercevoir ? Peu importe après tout. Ce qui compte est la brèche créée par votre espoir et qui vous permet de voir De l'Autre Côté Du Miroir. Ayant toujours eu le sentiment de solitude aux trousses et celui d'avoir été arraché à une vie qu'elle devait vivre, Chloé veut remonter dans le passé pour aller à la recherche de sa vie volée et de son père perdu. Néanmoins, le reflet de cette vie ne sera t-il pas plus luisant que cette vie elle-même ? Une histoire un peu sanglante sur les bords, amusante quelques fois et touchante par la philosophie de vie et par l'amour qu'elle communique. Un peu de tout sans offenser le néant... Un chapitre tous les mercredis et jeudis. N'hésitez pas à montrer votre intérêt en commentaire :) TOUS DROITS RÉSERVÉS. Copyright 2020 © Tevic Lo

Capítulo 1 Prologue.

Toutes ces fois où la pénombre est venu obscurcir nos sourires. Toutes ces fois où l'obscurité a rempli notre cœur de peine et de l'envie sourde de mourir...

Ceci est l'extrême que, bien évidement, tous n'ont pas vécu. L'extrême qui leur restera à jamais inconnu.

Néanmoins, il existe ces moments en lesquels tous pourront se reconnaitre. Ces moments là sont si profonds, si forts, et ils proviennent d'un sentiment autant viscéral que douloureux, que rien ni personne ne peut en faire abstraction. Ce sentiment qui hanta jadis les plus grands des seigneurs, qui persécuta les plus vaillants des soldats, jusqu'à aller embarrasser les plus petits bouffons de roi ; un sentiment que nul ne pourra contester, que nul ne pourra ignorer, dont nul ne pourra encore moins se venter : le sentiment de regret.

Il en a déjà emmené assez dans des hôpitaux. Il en a déjà conduit assez dans la tromperie. Il en a déjà escorté assez jusque dans les profondeurs de l'oubli... Alors, devrions nous continuer à rester le front courbé, en guise de salut ou de capitulation ; demeurer sans cesse dans ces éternelles questionnements qui mourront sans réponses ; continuer à vivre avec ces hurlements intérieurs qui rebondissent sur les quatre murs de notre prison psychique, avant de revenir à leur place et continuer à creuser dans les plaies de notre impuissance ?

Pire que les regrets, il existe les remords. Ils sont plus tenaces encore et n'admettent aucune défaite. Ils sont là pour durer. Ils seront toujours là pour nous accompagner... Là où le regret accepte un mot d'excuse, le remord, lui n'accepte que la douleur diffuse, ou le corps dolant dans la moiteur d'un lit... ou d'un cercueil. Par là, je veux dire que les regrets se pardonnes. Ils sont là, font un petit bout de chemin avec nous, puis, après que nous ayons pris les bonnes décisions, s'en vont. Les remords, eux, comme m'inspire leur nom, ils dévorent notre chaire, nous dépècent, faisant preuve de fidélité éternelle en ne nous abandonnant jamais.

Ainsi, toutes ces années, je n'ai jamais été seule, quoique mal accompagnée. Mon cœur se fait constamment dévoré quoiqu'il y reste toujours un peu de place pour aimer. Ma chaire pâle, quoique meurtrie par milles coups du passé, sait encore apprécier de se faire caresser. Ainsi, je continue de respirer quoique j'avais abandonné l'idée de vivre, ne me contentant que d'exister...

Aujourd'hui, je ne pense pas néanmoins que je veuille littéralement mourir mais plutôt me remettre à vivre. C'est le passé qui m'empêche de quitter cette prison. L'ignorance qui l'enveloppe et l'impossibilité de le réparer qui me contraint à coudoyer sans cesse le souvenir de mes tords. Par conséquent, j'ai besoin de savoir. J'ai besoin d'y retourner. J'ai besoin d'entrevoir tout ce qui se cache De l'Autre Côté Du Miroir.

Capítulo 2 Chapitre I

"[...] Et si le passé était, finalement, une succession de vérités."

Thibault

~

Cela fait bientôt trentes minutes que le soleil est sortit de l'ombre et a éclaboussé cette petite ville de ses plus beaux rayons. Des cris d'oiseaux par ci, des bruits de commerces qui ouvrent par là... La journée s'annonce aussi simple qu'elle l'avait été hier et avant-hier et les jours d'avant aussi. Une tendre et fraiche brise semble se joindre à la partie et vient faire danser les feuilles mortes, celles qui tenaient toujours sur les quelques branches pas encore dénudées.

Avançant dans sa marche, ce majestueux prince de lumière dévoile alors un bâtiment imposant, à plusieurs étages avec une allée de pierre, une grande entrée et d'immenses fenêtres. L'aspect grandiose que lui donne le soleil devient alors, à cet instant, caractéristique de ce bâtiment qui semble être le cœur de la ville, et, même, la raison d'exister de celle-ci.

Une villa glamour issue d'une aventure de poupées Barbie ? Un château évadé d'un de ces contes de fées romantiques ? L'inscription prônant sur l'édifice nous ramène alors d'un coup dans la cordiale trivialité de cette ville : orphelinat.

Dans ce calme apparent, des cris jaillirent soudain de ce géant de pierre et, bien-sûr, ce sont toujours les mêmes...

- Arrête de sauter sur mon lit comme ça !

- Mais purée Chloé, c'est le matin.

- Bah je me réveillerai l'après-midi, voilà !

À cet instant, un jeune garçon manifeste sa présence dernière la porte.

- Tu nous l'avait promis Chloé, dit-il.

- Mais je veux dormir..., s'exclame la petite tête blonde sous sa couverture.

Alors le jeune garçon aux cheveux brun s'avance doucement, un doigt devant la bouche, comme pour demander le silence. Puis, d'un geste brusque, arrache la couverture de Chloé. Il nous est découvert alors une jeune fille aux cheveux blonds. On dirait qu'ils rivalisent avec les rayons de soleil. Elle mesure à peine un mètre soixante-huit. Quand elle ouvre les yeux, c'est la lune qui nous ébloui, donnant l'impression qu'elle a décidé d'élire domicile les yeux de cette jeune fille, avec ses reflets bleus et son charme mystérieux. Chloé est donc, à seize ans à peine, une jeune fille jolie, séduisante et polie.

- Je vous déteste bande de connards !

Ou peut-être presque polie.

C'est alors que le perturbateur, la couverture à la main, recule de deux pas, voyant le visage de Chloé.

- Eh bien. On dirait que tu es passé sous un train..., s'exclame t-il avec une légère grimace de dégoût.

- Je dirai plutôt qu'elle s'est choppé un truc, genre le choléra, ajoute sérieusement celle qui était venu réveillé Chloé.

- Ne sois pas idiote, Elize, s'exclame agacé le jeune garçon.

Il est vrai que Chloé n'est pas sous son meilleur jour maquillée de ces cernes affreux accompagnés de poches sous les yeux et des bleus recouvrant ses maigres bras.

- En tout cas, si Ma mère voit cela..., marmone le garçon.

- Je mettrai un pull, dit froidement Chloé, se levant de son lit et allant vers sa malle de vêtements, aux pieds de celui-ci.

- Mais comment tu t'es fait ça ?, demande Elize.

- Encore une escapade nocturne Chloé, comme d'habitude ? Où étais-tu allé cette fois ? Et, en plus, sans nous, interroge le garçon.

- Mais nulle-part les gars, c'est bon ! Tout ce qui compte c'est que je sois là et que je vais la tenir ma promesse !, répond Chloé agacée.

Sur ces mots, elle sort de la pièce commune, occupée par plusieurs lits, pour aller dans les salles de bain. Les deux amis, désormais seuls, se regardent.

- Tu pense qu'elle y est retourné, Gab' ?

- Sûrement.

Sans prévenir, la directrice de l'institution, une nonne, surgit derrière la porte et, de sa voix sèche, sans une bride d'intonation, les mains croisées, interpelle Elize et Gab', qui sursautent.

- Qui est retourné où ?

Elize, tentant de sauver la situation, balbutie une phase.

- Le... Christ. On parle du Christ. On pense qu'il était peut-être retourné dans sa tombe pour chercher sa tunique.

- Vous n'arrêterez donc jamais de dire des sottises, Elizabeth ? C'est vous deux qui devriez plutôt penser à retourner sur le droit chemin et à arrêter de sécher les cours de catéchèse ! Les autres sont en classe je vous signale !

- Mais Ma mère, nous sommes en congés et..., commence à protester Gab'.

- Alors vous, Gabriel, vous me décevez fortement. Dire que j'avais beaucoup d'espoir en vous. Et puis ce n'est pas comme si vous étiez obligé de suivre ces cours tous les étés. Nous avons enfin récolté les fonds pour instaurer cela ici, pour vous tous, et vous trouvez quand-même le moyen de faire preuve d'autant d'inconvenance ! En plus que ce soit inapproprié pour un jeune homme comme vous, Gabriel, de traîner dans le dortoir des filles !

Elle reprend son souffle et, avant de s'en aller, ajoute calmement cette fois-ci :

- Puisque vous vous croyez au dessus des cours de catéchèse, vous vous contenterez d'aller faire les courses, Elizabeth, Chloé et vous. Vous passerez à mon bureau pour récupérer la liste.

Après le départ de la nonne, Elizabeth se retourne doucement en direction de Gabriel et lui tient le bras avec un air amusé.

- Mon pauvre Gabriel, tant d'espérances en vous.

- Bâts les pattes !, repoussant la main énergiquement.

Capítulo 3 Chapitre II

Le soleil était déjà bien haut dans le ciel quand ils sont sortit. Il accentue l'atmosphère de deuil et de tristesse qu'inspire continuellement cette ville depuis près de dix années maintenant. Chloé est du même avis. C'est pour cela qu'elle préfère chercher constamment ailleurs...

Ils connaissent tout le monde et tout le monde les connait.

Les sacs pleins et lourds, ils clôturent enfin leur escapade chez le boucher. C'est un sexagénaire barbu et charmant, si l'on considère que sa petite taille, sa silhouette difforme et ratatinée sur elle-même, sa mine un peu jaune et ses yeux comme injecté du sang de tous ces animaux qu'il a pris le soins d'égorger durant toutes ces années font partie de ce charme spécial.

- Il me fait toujours autant frissonner ce monsieur Charles, avoue Gabriel.

- Mais arrête, il est très sympathique. C'est grâce à lui que nous pouvons avoir de la chèvre fraiche au dîner, rétorque Elizabeth.

- Il ne propose pas de chèvre, Elize, intervient Chloé.

- J'en ai pourtant mangé hier avec des amis...

- Ne me dit pas que tu continue à fréquenter ces personnages malsains !, s'énerve soudainement Gab'.

- Mais il est où ton problème à toi ? Je traîne avec qui je veux. Vas plutôt te cacher dernière tes gros bouquins et fou moi la paix !, rajoute t-elle avant de s'éloigner.

Gabriel veut la rattraper, peut-être pour lui présenter des excuses, mais il est arrêté par Chloé, et ne proteste pas devant ce geste qu'il jugerait habituellement autoritaire et insupportable.

- Alors, tu comptes toujours parler à ton ami de la fête foraine pour que nous puissions y entrer, n'est-ce pas ?, dit Gabriel, brisant ainsi le silence.

- Mais bien-sûr. C'est quoi cette question ?, répond Chloé.

Soudain Gabriel s'arrête et Chloé fait de même. Il se met alors à parler, un peu gêné par ailleurs.

- C'est juste qu'il arrive parfois que je te sente tellement distante. Surtout depuis hier, au dîner. Ainsi, je...

A ce moment, Chloé se précipite et, sur la pointe des pieds, donne un baiser sur la joue de Gabriel qui vire tout de suite après au rouge vif.

- Tu vois que je ne le suis pas... Alors avance, Ma mère va encore te mettre tout sur le dos, conclut-elle en riant brièvement.

***

La lune finit très vite par éclipser le soleil. Les allées tapissées de feuilles dorées se sont transformés en un chemin piégé, craquant sous les pas, occasion d'inspirer la peur. Les arbres magestueux le jour sont devenus progressivement des messagers de l'épouvante. Au loin, dans le parc au sud de la ville, de la lumière, des jeux, de l'amusement. "C'est par là que se cache le bonheur," pense inconsciemment Chloé mais assez sincèrement pour le ressentir.

Voilà l'entrée du parc. Petite discussion pour réaffirmer les accords de l'après-midi, quelques billets, accès autorisé. Ils s'engouffrent alors dans cette ambiance et cette lumière qui s'entrechoquent avec les ombres du soir. Du sucre, des rires, des jeux, des cries surtout. Cette nuit semble éblouissante, étourdissante, infinie, complète...

- Les gars, c'est vraiment super ici mais je crois qu'il est temps de rentrer. Ma mère à dit ''pas après vingt-deux heure !'', rappelle Elizabeth, imitant la voix menaçante de la nonne en chef, une barbe à papa à la main.

- Oui, je suis d'accord. Il est vingt-et-une heure trente à présent. Nous avons donc sept à dix minutes pour rentrer tranquillement, du temps pour nous préparer et lorsque ma mère fera sa ronde nous serons déjà au lit, dit Gabriel en se levant du banc où il était assis.

Soudainement, le regard de Chloé se fige et les yeux toujours fixés sur sa cible elle dit :

- Donc nous avons le temps pour un autre manège ?

- Chloé, autant ne pas s'attirer les foudres de Ma mère, d'autant plus qu-

- Oui, interrompt Elize, nous avons du temps. A quoi tu pense ?

- A ça.

Les deux autres amis regardent alors dans la même direction que Chloé et se font éblouir, cette fois, par l'obscurité, l'aspect lugubre d'une caravane ayant décidément l'allure d'une intrue, une invitée clandestine à cette fête pleine d'entrain et d'euphorie. Par l'une des deux seules fenêtres que possède cette caravane, ils peuvent voir une petite lumière, la lueur faible et fragile d'une bougie. Enfin, ce qui paraît plus étrange encore, et inspirer davantage de méfiance, est cette inscription lumineuse au-dessus de la porte qui donne l'impression de servir d'outils de camouflage à cet endroit mystérieux et peu accueillant : Service De Voyance.

- Heum... Chloé, pour une fois, je crois que l'intello a raison, finit par dire Élizabeth.

- Je me trouve à tes côtés alors tu pourrais peut-être dire mon prénom. Ce serait plus poli.

- Commence pas toi, rajouta Elize.

Chloé, déjà au pas de la porte de ce qu'elle pense sincèrement être un antre à réponses, crie en direction de Gabriel et d'Elize avant de s'engouffrer dans ce manège :

- Quand vous aurez fini vous pourrez me suivre ?

- Mais purée, elle fait chier !, jure Gabriel.

- Oulah, attention, tu pourrais écorcher ta petite langue si délicate avec des mots pareils, s'empresse de taquiner Elizabeth.

Après avoir reçu le regard noir de Gabriel, suivi de ce dernier, elle se décide à rejoindre Chloé. A l'intérieur, le spectacle n'est que plus lugubre et mystérieux encore. Le sol en bois grince sous le poids des deux nouveaux arrivants. Sur les parois de l'habitation, décorés d'un papier peint macabre de couleurs rouge et marron, sont accrochés plusieurs petites poupées de vieux chiffon éparses, des tableaux représentatifs de signes astrologiques et, sur la parois droite, une robe. Une longue robe de nuit blanche à manche longue. La caravane est partagé en deux par un rideau de grosses perles noires qui, malgré la distance que sépare chaque rangée de perles, ne laisse rien voir de se qui se trouve derrière elles. Près de ses perles, se trouve une petite table en fer assez large pour soutenir un chandelier de sept bougies, dont seule une est allumée, et un énorme livre à la couverture pourprée. Mise à part cette table, aucun autre meuble ne décore ce lieu étrange. Toute cette scène se révèle petit à petit aux yeux craintifs mais étonnés de Chloé, Elizabeth et Gabriel, à la lueur de cette pauvre petite bougie.

Tout à coup, derrière eux la porte qu'ils ont laissé ouverte se ferme d'un coup sec et les fait sursauter. On aurait dit qu'elle vient d'entamer une musique sur laquelle elle les force à danser. Se retournant alors en cadence, leur yeux tombent sur un homme très élégant, habillé d'un costard noir et d'une chemise sans cravate, déboutonnée au col et tellement blanche qu'elle semble, à elle seule, produire de la lumière. Ses chaussures noires sont de première qualité et d'excellent goût en plus d'être minutieusement soignées. Sa coiffure, dont les cheveux sont d'un noir déroutant, est tirée parfaitement et les cheveux coupés au millimètre près. Mais ce qui frappe tout d'abord nos trois étrangers est la taille et la maigreur de cet hôte. On dirait qu'il fait trois mètres de haut, quinze centimètres de large et, lorsqu'il leur souris de toutes ses dents, qu'il a vraiment très faim...

- Bou !, fait-il soudainement.

Comme répondant à cette note de musique, ils reculent tous les trois en rythme contre le mur droit de la caravane.

- Ne... Ne nous approchez pas ! Je suis armé !, balbutie Gabriel avec une main sur sa poche gauche, feignant d'y cacher quelque chose de dangereux.

- Oh ça oui, répond l'homme, tu es bien armé...

A cet instant, faisant grincer le parquet, il s'approche lentement, se penche délicatement au-dessus de Gabriel, le fixe de ses yeux noirs, et continue sa phrase.

- ...mais uniquement de ta peur.

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