Jord
Faisant craquer mes phalanges, mon regard se porte sur le visage ensanglanté de ce bouffeur de spaghettis qui s'est permis de laisser ces enfoirés s'enfuir avec ma marchandise. Bordel, j'entends déjà d'ici mon abruti de frère et mon père me faire saigner les oreilles, sur le fait que des choses pareilles n'arrivent jamais aux Cogan. Cependant, la critique est facile quand ce ne sont pas eu qui sont dans les rues à montrer leurs crocs acérés devant leurs larbins. Néanmoins, j'adore ce genre de choses et cela fait de moi un membre de la famille à part entière, et surtout, je suis libre des contraintes imposées par mon arrière-grand père. Je sors une cigarette de mon paquet, attendant que Stephen réveille ce rital de merde que je puisse en savoir plus sur ceux qui les ont attaqués. S'il y a vraiment eu un vol...
Ma confiance en la race humaine est très limitée, je dois l'avouer... Je pense que Stephen est clairement le seul en qui je pourrais l'avoir... mais bien qu'il me suive depuis mon plus jeune âge, je ne serais pas surpris qu'il me la fasse un jour à l'envers. Après tout, les chiens ne font pas des chats... son père a trahi le mien dans leur jeune temps et je ne suis pas comme eux... Bien que je le respecte, il est clair que la trahison sonnerait l'heure du glas pour lui... tout comme pour ce rital.
- Il se réveille, m'informe Stephen alors que je me tourne vers la table en inox.
- Cool, on va pouvoir vraiment commencer, souris-je sereinement.
Le moment de l'interrogatoire que je préfère le plus. Car comme tout bon mafieux qui se respecte, nous aimons le bruit que fait une phalange qui craque mais par-dessus-tout, nous aimons le bruit de celle-ci et de la chair qui se sépare de son corps.
- Patron... Patron... je vous en supplie. Je sers votre famille depuis des années et je n'ai jamais commis d'erreurs, m'implore cet idiot alors que je prends la pince entre mes doigts.
- Ouais Gotti, je sais, affirmé-je en expirant ma fumée de cigarette, Malheureusement, si je te laissais tranquille, cela causerait une chaine sans fin. Tu sais, on dirait que j'ai de la pitié en moi.
- Patron, insiste-t-il alors que je fais glisser ma cigarette de l'autre côté de mes lèvres en tapotant la pince dans la paume de ma main.
- Allez, ce n'est que quelques doigts. De plus, tu en as dix, ricané en faisant un petit signe de tête à Stephen pour qu'il me présente la main de Gotti.
Ce porc se met à s'époumoner en me suppliant de ne pas le faire, alors qu'un sourire de satisfaction de se porte sur mes lèvres, tout en portant chaque lame autour de son index et en inspirant de fierté, je sectionne celui-ci en un coup. Ouais, je ne suis quand même pas sadique au point de faire durer le plaisir... en tout cas, quand il s'agit d'un de nos larbins. Et puis, papa ne permettrait pas que je le tue de douleur comme j'aime le faire. Ce sentiment de jouissance s'impose pourtant à moi en entendant ses cris de douleur, alors que je passe ma langue sur mes lèvres avec appétit en voyant le sang gicler au sol. Oh putain, j'en aurais même la trique si mon portable cessait de sonner dans ma poche.
- Détache-le ! lancé-je à Stephen en posant la pince pour prendre mon portable, et je soupire en voyant que c'est papa qui m'appelle.
Super ! Ce gros con est déjà au courant de la merde de ce soir.
- « Jordan, rentre tout de suite à la maison ! »
Il me casse déjà les couilles à m'appeler ainsi.
- Je suis occupé, rétorqué-je en reprenant ma cigarette.
- « Ton frère est mort ! »
Dahlia
Il est déjà huit heures quand je descends du bus en face du Boston lock café... Honnêtement, je n'ai jamais compris pourquoi mes parents tenaient un café britannique alors que nous sommes d'origine italienne. Malheureusement, je n'ai pas grand-chose à dire, puisque je ne suis pas vraiment leur fille et de toute façon, j'ai nulle part où aller. Je pensais sincèrement pouvoir mettre de l'argent de côté pour filer d'ici, mais la vie est bien plus onéreuse que je le pensais... Je lève la grille en saluant l'homme qui tient le magasin en face et je glisse la clé dans la serrure en soupirant. Je suis certaine que Martha, ma chère mère, est partie sans achever la vaisselle. Histoire de me faire comprendre que je n'aurais pas du partir avant la fermeture hier, mais j'avais promis de rejoindre des amis de lycée que je n'avais pas vu depuis que nous l'avons terminé. Je lève les yeux, confirmant le désordre dans la cuisine et je balance mon sac dans un coin avant d'attraper le magnifique tablier vert pomme que j'enfile. Déposant mon portable sur le meuble, je lance la musique avant de faire couler l'eau et d'attraper la brosse à récurer en confirmant qu'elle n'a rien fait tremper. Sérieusement, elle exagère ! Ce que j'aimerais me barrer d'ici et enfin pouvoir vivre pour moi... Depuis que j'ai quitté le lycée, je ne fais que travailler ici et je n'en gagne rien. Oui, ils me paient une part de mon revenu pour que je puisse payer mon loyer et mes frais... mais en ce qui concerne les heures supplémentaires tout comme les pourboires, je n'en vois jamais la couleur. Quand je veux en parler à papa, Martha s'immisce en disant que dans la famille, on peut bien être serviable ! Ah oui, une façon de dire qu'elle m'a élevée pendant des années avec l'idée de faire de moi son larbin...
La vaisselle enfin finie, j'enlève cet affreux tablier et je me rends à l'avant où je vérifie les frigos en attendant des clients. Mes cheveux ne voulant pas coopérer avec moi aujourd'hui, j'ai dû faire une queue de cheval et j'ai tellement serré l'élastique que cela me lance dans les tempes. Encore une journée à manger de l'aspirine...
- Bonjour, pourrais-je avoir un café ?
Et voila ma routine commence... un sourire sur les lèvres, je me mets en route à l'arrivée des clients en jalousant tous ces gens qui sont libres de vagabonder où bon leur semble, ou simplement de travailler dans un milieu qu'ils apprécient. J'aurais tant voulu continuer mes études et qui sait, trouver un emploi qui me plairait à moi aussi. Mais honnêtement, je suis nulle dans toutes les matières et la seule façon dont j'ai réussi à terminer mes études, c'est en soudoyant les premiers de classe. Pour le coup, Martha a toujours eu raison en disant que mon physique est tout ce que j'ai... pourtant, malgré cela, aucun homme ne semble s'intéresser sincèrement à moi. Tout comme je ne m'intéresse pas à ses pingouins en costume qui viennent ici... Je finis par me demander si je ne serais pas simplement dépourvue de désir... ou simplement une femme qui n'arrive pas à s'épanouir. Après tout, j'ai eu des amants plus qu'il n'en faut... cependant, j'ai toujours eu la sensation que je n'éprouvais aucun plaisir...
- Dahlia, qu'est-ce que tu fais là ?! s'exclame Martha en entrant dans le café.
Je souris à la cliente en lui donnant son thé et je me tourne vers ma chère mère qui entre dans le comptoir, celle-ci semble encore plus acariâtre que d'habitude et elle m'attrape le bras pour rejoindre la cuisine.
- Tu ne sais pas regarder ton téléphone ?! s'invective-t-elle en sortant une robe d'un sac et je fronce des sourcils, Tu dois te rendre là-bas !
- C'est où ça ? demandé-je alors qu'elle me tend un papier avec une adresse.
- Ne pose pas de questions et change-toi ! Ton père t'y attend.
Je fronce des sourcils en prenant la robe fleurie qu'elle me tend et elle disparait sans aucune autre explication. Je scrute l'adresse en question qu'elle m'a donnée et j'attrape mon portable pour localiser celle-ci, afin de savoir quel bus je dois prendre.
- Restaurant Cogan ?
Pourquoi papa aurait-il besoin de moi là-bas ? Ont-il décidé de me faire travailler ailleurs ?
Jord
N'étant pas rentré de la nuit, je fais craquer mon cou plusieurs fois dans la berline pour me réveiller, alors que nous rejoignons mon père au restaurant. Depuis la mort de mon frère, celui-ci semble d'une humeur massacrante tout comme moi... enfin, en ce qui me concerne, c'est quotidien. Stephen me jette un coup d'œil en coin et je soupire en regardant la chemise qu'il m'a apporté. J'enlève mon t-shirt et je m'étire bruyamment avant de l'enfiler avec une grimace de dégout sur le visage. Cependant, il est hors de question que je mette le vieux plus en rogne qu'il l'est, car nous n'avons toujours pas découvert qui nous avait subtilisé notre marchandise, tout comme nous ne savons pas si l'accident d'avion était intentionnel ou non. Je laisse le haut de mon torse apparent, et je plaque mes cheveux une dernière fois en arrière alors que Stephen se gare devant le restaurant.
- Essaie de rester calme, me conseille Stephen en sortant de la voiture et je souris.
- Ouais, évitons d'énerver le vieux ! lancé-je en avançant vers la porte qui s'ouvre sur la serveuse dont le décolleté est bien attrayant.
Une paire de nichons qui s'apparenterait à un bon 90 D, ce que mes doigts aiment titiller. J'en oublierais presque mon père si elle ne me disait pas qu'il m'attend dans la salle VIP. La suivant en compagnie de Stephen qui s'assure certainement que je garde mes mains en place, je jette un coup d'œil dans la salle. Bien entendu à cette heure, il n'y a personne... alors, pourquoi s'enfermer dans la salle ? M'aurait-il apporté un cadeau tout frais sur lequel je pourrais me dégourdir ? Après tout, depuis Gatti, je n'ai plus eu le loisir de m'amuser...
- Monsieur Cogan, votre fils est arrivé, avertit-elle celui-ci la porte à peine ouverte.
J'esquisse un sourire charmeur à celle-ci qui rougit et j'entre en faisant un tour d'horizon. Mon père du haut de sa cinquantaine grisonnant se tient en bout de table, alors que ce cher Gatti est assis sur une chaise non loin de lui... mais ce qui me surprend, c'est qu'il y ait une nana à leur table... et celle-ci est à deux doigts de s'effondrer quand je m'assieds en face d'elle, ramenant son regard instantanément sur la table.
- Tu ne connais toujours pas la ponctualité, rouspète mon père et je lève les yeux au ciel.
- Désolé, m'excusé-je, Mais si j'avais su que tu avais amené un petit encas, je serais venu plus vite.
Parce que j'avoue que bien qu'elle semble sur la défensive, cette nana semble avoir ce qu'il faut pour attiser mon entrejambes... cette robe de vieille enlevée bien entendu...
- Jordan, ce n'est pas ton en-cas. Dahlia est ta future femme.
- Ma quoi ?!
Dahlia
Depuis que je suis arrivée, je n'arrête pas de trembler. Je pensais trouver celui que je considère comme mon père et parler de mon avenir, cependant, tout ceci s'est écroulé au moment où il m'a ordonné de me taire. À cet instant, tout s'est emballé. Cet homme grisonnant dont l'aura de froideur m'a écrasé en un instant par son regard est une personne que je n'aurais jamais imaginée rencontré un jour. Je connais les histoires de gangs et de familles qui sont maitres des rues de Boston, mais jamais, je n'aurai songé que mon père fasse partie de ce milieu. Et en voyant sa main où son index est manquant, je comprends qu'il fait partie d'un milieu des plus effrayants. Serrant mes doigts sur le jupon de ma robe, j'attends la sentence qui va me tomber dessus. Je vais certainement être vendue dans un de ces clubs où les femmes ne sont que de la chair fraîche pour les truands ou pires hommes de Boston. Mordant fortement ma lèvre, j'imagine déjà l'ordre de ma mort arriver... Car il est clair que je ne laisserais personne me toucher plus que je ne le tolère... cependant, j'ai beau essayé de m'en convaincre, il n'en reste pas moins que je n'aurai pas le choix... Ce sera de la drogue de force pour m'amadouer et me rendre docile. Non merci... pas question que l'on mette de cette merde dans mon sang. Putain, mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Je suis à leur merci...
Je tente de ne pas relever mon regard quand cette espèce de mec tatoué et au regard salace s'assied face à moi. J'essaie de contenir cette envie de balancer la table et de me sauver le plus loin d'ici. Une idée qui serait idiote... ils doivent avoir des hommes de mains qui attendent de l'autre coté de la porte. Oh pitié Dahlia, ne fais pas d'histoire... reste bien sage...
- Ma quoi ?! Es-tu devenu malade ?! s'invective le mec qui vient d'arriver, Il est hors de questions que j'épouse cette chienne ?!
- Jordan ! claque l'homme âgé.
Mais moi à cet instant, mon corps est pris de panique en me rendant compte que c'est encore pire que ce que je pensais, et je porte ma main paniquée à mon père, qui se dégage d'un geste brusque sans un regard pour moi.
- Tu as dit que je serai libre de faire ce que je désire ! s'exclame le mec dont les veines sur ses bras semblent à deux doigts d'exploser.
- Ton frère est mort, tu dois reprendre la place qu'il occupait. Et tu sais que dans la famille, nous avons des conditions.
Le gars balance son verre contre le mur, me faisant sursauter sur ma chaise avant de me toiser. Attends, il s'imagine que je suis d'accord pour éduquer une horreur comme lui ! Et puis, c'est quoi tous ces tatouages qui ne ressemblent à rien sur sa peau. Je serre les dents, tenant son regard alors que son père continue de parle. Cependant, il est clair que ni lui ni moi ne l'écoutons...
Jord
De plus de m'imposer cette salope à cause des règles du milieu, cette conne se permet de tenir mon regard qui est à deux doigts d'imploser. Jamais, il n'a été convenu que je me marie et que je prenne une place à la table de la famille. Il était clair que je m'occupais des affaires entre gang et que je vivais ma vie comme je le désirais. Mon père est fou de croire que je vais me rabaisser à une telle chose. Jamais, je ne serais le bouffon qu'était mon frère !
- Fils, tu n'as pas le choix. Tu dois te marier et offrir une descendance à notre famille, ajoute le vieux.
- Un enfant !
Je reviens sur la nana qui vient de s'invectiver tout comme moi. Putain, ouais elle pourrait être bandante mais de là à lui faire un bâtard, il est clair que ce n'est pas du tout dans mon programme. J'amène ma main moite de colère dans mes cheveux, et je souris en la toisant. Putain, mais c'est quoi tout ce bordel ?!
- Il est hors de question que je porte un enfant de lui.
Je relève un sourcil, alors que la main de Gotti s'écrase sur la joue de sa fille qui se laisse tomber au sol en l'attirant avec lui.
- Veuillez l'excuser, elle fera tout ce que vous lui direz, s'excuse-t-il la tête baissée devant mon père qui l'observe d'un mauvais œil.
Je rirais en voyant la nana essayer de récupérer son bras, si je n'étais pas d'accord avec elle.
- Papa, laisse tomber, je ne vais pas épouser cette chienne, enchéris-je alors que celui-ci porte son verre à ses lèvres.
- Comme si je voulais épouser un porc, grommèle-t-elle à son tour et elle ramasse une nouvelle gifle de son père.
- Jordan, si tu ne l'épouses pas, tu iras en Angleterre y faire le sale boulot sans mon appui.
Je déglutis, ahuri qu'il me menace ainsi en sachant que je ne remettrai jamais les pieds là-bas. Une promesse que j'ai faite sur la tombe de ma mère à sa mort. Je serre les poings contre ma cuisse en comprenant que je suis coincé.
- Quant à toi, Dahlia, continue-t-il.
Il tend sa main vers visage de la nana toujours à genoux devant lui avec son père, afin de lui relever le menton et y plonger son plus mauvais regard.
- Tu assumeras la mort de tes parents, avant de devenir une putain.
Sa voix est glaciale et autoritaire à la fois et elle tressaille en comprenant que nous sommes voués à l'écouter et à faire tout ce qu'il demande. Un bâtard... Si je tenais l'enfoiré qui a conçu ses putains de règles, je le torturerais jusqu'à sa mort due à la vieillesse.
- Bien. Je pense que tout est dit, conclut mon père en se levant et je grimace de rage en le voyant passer à côté de moi.
Putain, il n'aurait pas pu crever avec mon frère ! Non, je serais propulsé d'office à la table des familles...
- Fils, le mariage a lieu demain, m'apprend-il avant de taper mon épaule.
Si je ne le craignais pas...
- D'accord, finis-je par dire en sachant que je n'ai pas le choix.
Quant à cette chienne, je vais lui faire vivre un enfer sans nom. Tu veux un héritier pour perdurer la famille... je t'en donnerai un et je la tuerai de mes propres mains...
Dahlia
Les larmes de dégout ne cessent de rouler sur mes joues, alors que celui que je considérais comme mon père me laisse dans cette pièce de restaurant après le départ de cet homme. Je n'arrête pas de revoir l'expression de frayeur dans son regard quand il m'a giflé, et bien que j'aie compris que nous n'avions pas le choix, je n'ai pas su retenir ma langue. Mes genoux toujours sur le pavé du sol, je n'arrive pas à prendre la décision de me relever... Je suis anéantie... Ma vie était déjà limitée en liberté... et là... elle vient de me rendre captive d'un porc. L'idée qu'il porte ses mains sur moi me donne la nausée, et je ne parle pas du fait de porter son enfant. Autant sauter dans le fleuve Charles tout de suite... Je tressaille en imaginant déjà la scène d'ici, et je sursaute quand j'entends des pas approcher devant moi. Sachant que nos pères sont partis, je sais que ces chaussures noires sont les siennes.
- Lève-toi !
Je secoue négativement la tête. Il n'en faut pas plus pour qu'il m'attrape les cheveux, me forçant à regarder son regard haineux porté sur moi.
- Je t'ai dit de te lever ! claque-t-il en tirant ma queue de cheval vers le haut.
Je serre les dents, mais la douleur qu'il m'inflige me pousse à me lever. Je titube, me rendant seulement compte que je suis totalement engourdie... Cependant, je n'ai pas l'occasion d'essayer de me reprendre que ses doigts se portent durement à mon cou qu'il serre, amenant son visage au plus près du mien. Son regard hautain est tel un diable, bien que la couleur de ses prunelles bleues sont étincelantes.
- Si tu penses que la gifle de ton père est tout ce que tu recevras de moi si tu te permets de me répondre, tu devrais essayer, affirme-t-il les dents à peine entrouvertes.
Il déborde d'une haine non négligeable et je détourne mes pupilles de lui. Un mouvement qu'il ne semble pas apprécié, puisque ses doigts m'étranglent un peu plus, me forçant à revenir à son regard.
- Je vais te faire un bâtard dès demain et je ne toucherai plus jamais ton corps de salope ! claque-t-il.
Ses doigts changent de prise et il me pousse contre la table qui me lance une douleur au niveau des reins, alors qu'il se frotte les mains, grommelant le dégout que je lui inspire. S'il savait à quel point cela est réciproque. Rien de ce monstre n'est attirant. Il ne me donne que l'envie de vomir... lui et ses tatouages dégoutants tout comme ses piercings qui ornent ses arcades. L'envie de lui arracher s'impose à moi, mais la porte s'ouvre derrière nous et je ravale mon idée qui me couterait certainement une arcade en sang.
- Jord, ton père a demandé que tu la ramènes à la maison, nous informe une voix d'homme derrière nous.
- Super ! En plus, je dois l'avoir dans mes pieds, rétorque celui-ci en prenant une cigarette, Je suppose que tu n'as pas de valises ?
Une valise ?! Il y a une heure, je pensais que j'avais une vie...
Jord
Je laisse Stephen s'occuper d'elle et je rejoins ma chambre où je balance cette foutue de chemise de merde en maugréant. Cet enfoiré me l'impose clairement et de plus dans mon antre. Je n'ai pas pris ce penthouse à deux étages pour supporter une bonne femme, mais bien pour profiter de ce que la vie m'apporte. Je pousse sur l'écran de la télévision où les informations parlent de meurtres non élucidés qui perturbent depuis des mois, tandis que je me sers un verre de bourbon, l'alcool préféré de ma défunte mère. Je me demande ce qu'elle me dirait en sachant que j'ai droit à un putain de mariage forcé... moi qui ai toujours fait ce que je voulais de ma vie depuis mon plus jeune âge. Je me laisse tomber dans le fauteuil où je plisse mon regard sur la vue de Boston. Un mariage arrangé ? Tout ce que je vois c'est une putain de chaine que cet enfoiré me met aux pied... Bon, la nana n'est pas laide non plus, cependant, j'aime mon indépendance et pouvoir m'envoyer en l'air avec qui je veux. Je décide prendre mon portable, et je scrute ma liste enregistrée en cherchant une nana qui pourrait assouvir mon trop plein d'énergie... j'ai besoin de me détendre... Quelques messages envoyés, je rejoins le bar pour me servir un nouveau verre quand Stephen entre dans le séjour.
- Patron, elle est dans sa chambre, m'informe Stephen et je lève les yeux au ciel.
- Tu en penses quoi ? lui demandé-je en me mettant devant la vitre.
- De mademoiselle ? Je pense qu'elle peut faire l'affaire, me fait-il part et je grimace.
- Tu n'oserais pas aller contre mon père, affirmé-je, Mais je t'accorde qu'elle peut être bonne à baiser.
- Patron, votre père vient d'annoncer votre mariage, m'apprend Stephen et je me tourne vers lui qui regarde son portable.
Je devrais lui demander de la baiser afin que ce foutu bâtard soit en route et que je n'ai pas une telle obligation... bien qu'elle soit bandante... malheureusement, cet enfoiré a les yeux verts et cela risque d'être flagrant. Je soupire en comprenant qu'il va falloir que je m'y colle. Amenant mon verre à mes lèvres, je décide de tâter le terrain de suite. Je sors du séjour pour rejoindre l'escalier qui mène aux chambres, et j'esquisse un sourire amusé en faisant un arrêt devant la porte de sa chambre. Devrais-je la baiser à sec ? J'aime voir la douleur dans le regard de la salope que je baise. Un petit plus qui me fout encore plus la trique. Un sourire amusé sur les lèvres, j'ouvre la porte de sa chambre mais je me rends compte tout de suite que quelque chose cloche.
- Cette salope n'a pas encore compris à qui elle a affaire, grommelé-je en passant mon pouce sur mes lèvres.
L'idée de la torturer quand je l'aurai retrouvée s'impose à moi alors que je regarde la fenêtre ouverte...
Dahlia
N'ayant pas eu le temps de repousser la fenêtre en entendant les bruits dans le couloir, je manque de rater le bord de la fenêtre suivante tout en évitant de regarder en bas. Bien que je n'aie pas le vertige, autant ne pas tenter le diable... Arrivant enfin à l'escalier de secours, mes pieds se posent sur l'aluminium où les piques entrent dans la peau nue de mes pieds. Je me contiens de m'appuyer pleinement sur ceux-ci et je me dépêche de descendre les marches, tout en jetant un regard vers l'étage de la chambre dans laquelle je me trouvais. Je sens une sueur froide longer mon dos quand je réalise que la fenêtre est maintenant fermée, ce qui signifie qu'ils savent que je me suis enfuie. Tentant les portes à tous les étages, je réalise que celles-ci sont fermées de l'intérieur et je continue ma descente qui me mène au dernier étage. Me plaquant contre le mur de l'immeuble, je tends l'oreille pour m'assurer qu'ils ne me cherchent pas dans la petite ruelle qui est débouche, et une fois rassurée, je m'élance dans les dernières marches... malheureusement, j'ai été trop franche, car quand ses bras fermes m'encerclent la taille à peine sur le bitume, c'est clairement son regard ténébreux et narquois qui m'y attend.
- Je pensais que tu avais compris la situation, affirme-t-il en avançant d'un air détendu.
Mais même si je me débats des bras de son malabar d'acolyte, il est clair que la veine qui ressort sur le côté de son cou me fait comprendre qu'il est plus que furieux de mon attitude. Me figeant une fois qu'il se trouve à quelques centimètres de moi, je me contracte, attendant le coup de poing ou la gifle qui doit le démanger de me voir si effondre. Cet enfoiré sourit tout en amenant sa main à mon menton, me tenant fermement alors que je tiens son regard. Si je lui montre que j'ai peur, il va s'en délecter. Ce genre de monstre ne mérite pas que je m'abaisse pour lui...
Son pouce force mes lèvres et je serre les dents, déjà écœurée du gout de sa cigarette qui s'y trouve.
- Puisque tu ne comprends pas ta place, je vais en finir maintenant avec toi, dit-il en affichant un sourire amusé.
Enlevant prestement sa main de mon visage, je me sens soulevée du sol et mon regard s'horrifie en comprenant ce qu'il veut dire par là.
- Lâche-moi ! hurlé-je en essayant de me libérer alors que nous entrons par la porte de sortie de secours du rez-de-chaussée.
Bien entendu, plus je tente de me libérer des bras musclés de son malabar, sa prise se resserre sur moi et me lance dans tous les muscles du corps. Je tente de le mordre alors qu'il monte dans l'escalier et il me dépose contre toute attente. Je me plaque contre la paroi, le regard de cet enfoiré porté sur moi alors qu'il fait un signe de main à son chien qu'il nous laisse. La porte de l'ascenseur se ferme et en une seconde, il m'attrape pour me plaquer face à la paroi où le miroir me renvoie la terreur qui m'assaille maintenant. Son souffle se porte à mon oreille, tandis que sa main attrape la tirette de ma robe qu'il arrache d'un geste vif, me terrorisant totalement.
- Tu n'as plus qu'espérer que personne ne monte avant notre étage, murmure-t-il amusé à mon oreille alors que ma robe tombe sur le sol.
Me laissant contre la paroi, je me place dans le coin de la cabine en portant mes mains à ma poitrine nue... ce mec est malade...
Jord
Arrivé à l'étage de mon penthouse, Stephen qui attend devant la porte de l'ascenseur emmène cette garce dans sa chambre où j'espère qu'elle ne songera plus à se sauver. Je balance le tissu de sa robe que j'ai en main sur le divan en entrant dans le séjour et je prends un verre d'alcool, ce qui devrait me détendre un peu. J'ai dû me contenir de ne pas la prendre de force dans l'ascenseur, histoire de lui montrer qu'elle a toutes les raisons du monde de tressaillir en ma présence. Et pourtant, quand nous l'avons surpris en bas de l'escalier... elle a tenu mon regard comme jamais, tentant de ne pas monter la moindre émotion de terreur alors que sa peau me prouvait qu'elle était prête à s'effondrer. L'épiderme est vraiment quelque chose d'intéressant...
- Patron, elle est dans sa chambre. J'ai fermé la porte à clé comme vous l'avez demandé, me confirme Stephen, Votre père a envoyé une adresse où vous devez vous rendre avec elle, afin qu'elle essaie des robes de soirée. Ils en profiteront aussi pour les mensurations de la robe de mariage.
- Putain, le vieux aime vraiment dépenser l'argent pour rien ! claqué-je déjà excédé de tout ce bordel.
Je regarde ma montre et je décide de laisser Stephen la gérer, j'ai un rendez-vous de prévu ainsi qu'une entrevue avec ma chère amie Heidi qui va peut-être trouver une solution à mon problème. L'idée de la baiser est clairement dépassée et il va falloir que je trouve quelqu'un pour accomplir mon devoir familial. Laissant Stephen s'occuper de cette garce, je me rends à mon rendez-vous où bien entendu, je ne suis absolument pas concentré et je regrette qu'il ne soit pas venu. Mon esprit est absorbé par une personne qui n'a rien à y faire, imaginant cette salope tenter de se sauver une fois de plus. Après tout, cette boutique est bien grande, et elle pourrait trouver un moyen de planter Stephen sur place. Ébouriffant mes cheveux, je décide de couper court à ce foutu rendez-vous, et tout en quittant le bar, je compose le numéro de Heidi pour qu'elle me rejoigne maintenant. Je soupire, alors qu'elle ne me répond pas et lui laisse l'adresse de la boutique en espérant qu'elle puisse m'y rejoindre. Autant lui montrer le jouet dont elle va devoir s'occuper pendant que je vaguerai à mes occupations. En pensant à cela, je souris en montant dans la Viper afin d'aller les retrouver. Mon père a beau vouloir m'imposer ce mariage et cet héritier, il en oublie à quel point, je me dérobe toujours de tout ce que je ne désire pas. Et il est clair que je ne souhaite pas tremper mon biscuit dans cette garce et assouvir les plaisirs de mon père qu'il m'impose. Si seulement elle n'était pas son caprice... j'envisagerais certainement de la laisser ressentir le plaisir d'un orgasme en commun... Malheureusement, si j'en arrivais à cela, je ne serais qu'un pantin de mon père... tout ce que je me suis toujours interdit d'être et ce n'est pas cette salope qui va m'y pousser.
Dahlia
Debout contre le mur de la boutique dans laquelle son malabar m'a amenée, je n'écoute aucunement la femme qui me propose des tenues dont je n'en ai aucune utilité. Nous avons parlé d'un mariage et non de me pavaner, enfermée dans ma chambre dans des robes hors de prix et qui en plus, s'apparentent presque à des tenues d'Escort girl. Je lève les yeux au ciel devant cette robe rose bonbon qui brille tellement que j'en ai mal les pupilles en la regardant. Je soupire, ébouriffe mes cheveux et me détourne clairement quand j'aperçois le couple de l'autre côté de la pièce. Il y a au moins des gens qui semblent heureux d'être ici quand je vois la façon dont l'homme semble absorbé par la tenue que la femme porte. Bon, il est clair qu'elle en jette avec sa taille élancée, une poitrine qui ferait de l'ombre à la mienne, sans parler du blond de ses cheveux qui prouvent qu'ils sont plus que soigneux. Autre chose que ma tignasse ondulée qui ne m'écoute qu'après avoir mis une tonne de produits dessus.
- Mademoiselle Gotti, voulez-vous regarder le catalogue des robes de mariée ? me demande une brune en me rejoignant.
- Prenez celle que vous aimez ! lancé-je exaspérée de ces mondanités qui n'ont pas lieu d'être.
Un petit regard vers mon pot de glue, je remarque qu'il est au téléphone et qu'il semble étrangement mal pris. Il doit certainement être avec cet enfoiré qui ne doit apprécier que je ne me mette pas à courir comme une folle au milieu de ces robes, les yeux pétillants de joie comme la blonde en face. Je bats des paupières quand l'homme qui l'accompagne se lève pour répondre à son portable et qu'il me fait face. Oh merde, même à cette distance, le bleu de son regard m'interpelle et j'entrouvre les lèvres comme une idiote alors qu'il me fait une salutation de la tête. Il n'en faut pas plus que je frissonne intensément et je sursaute quand on tapote mon épaule.
- Mademoiselle, voici les robes que nous avons choisies. Ici, vous trouverez les robes de mariée que nous possédons dans votre taille. Cependant, il serait plus simple que vous alliez les essayer, me fait part la brune alors que je grommèle à l'intérieur de moi qu'elle m'ait coupé le contact avec ce beau gosse.
- Trouvez-lui une robe qui aille parfaitement avec des barbary barons rouges.
Je tressaille à la voix de cet enfoiré qui se tient certainement derrière moi, alors que la nana brune semble à deux doigts de faire un malaise en le regardant. Quoique... cette conne est en fait en train de mouiller son string à la vue de cet abruti.
- Un très bon choix, Monsieur Cogan, minaude la brunette et j'en reste bouché bée de la voir relever son buste pour montrer son petit tour de poitrine.
- Ouais, Cogan le barbare ! lancé-je, J'avoue que cela lui va bien.
Je m'immobilise nette quand sa main se porte sur ma taille et que je sens l'odeur de tabac et d'alcool me frôler.
- Pour une fleur, tu sembles ignorante, murmure-t-il, ce sont des dahlias rouges.
Je bats des paupières, ahurie d'apprendre une telle chose alors qu'il me relâche pour rejoindre la tringle où sont disposées les robes qu'elles m'ont présentées tout comme celle de mariage.
- Celle-là !
Il se tourne dans ma direction en tenant une robe de cocktail rouge et noire, dont le décolleté avant et arrière, représente tout de suite dix centimètres de tissus... Putain, il me prend pour une pute ou quoi ?!
Jord
Quand je suis arrivé dans la boutique, j'ai été surpris et amusé de voir ma chère Heidi vider encore les comptes de la famille Glisson. Cependant, voir qu'elle est accompagnée de son abruti de frère m'a vite refroidi, et si je veux rester calme avec cette garce ; il vaut mieux que je fasse comme si je ne l'avais pas vue. Cependant, quand je me dirige vers l'endroit où celle-ci se trouve, mon sang semble bouillir dans mes veines en un instant, mon visage se crispe instantanément en apercevant la façon dont elle semble sous le charme de cet enfoiré. Glissant mes doigts dans mes cheveux, je jure entre mes dents de lui faire ravaler ce regard niais qu'elle lui lance, mais celle-ci se détourne. Inspirant profondément, je les rejoins en réalisant qu'elle ne semble pas m'avoir remarqué. Si je voulais la forcer à choisir cette foutue robe, il s'avère que devant son regard incrédule porté sur moi en lui donnant celle qui me semble le mieux lui convenir, j'ai surtout envie de lui dire d'aller se faire foutre. Cependant, un problème de taille se rapproche de nous et je vais devoir contenir mon fichu caractère durant un instant.
- Ma fleur, cette couleur t'ira parfaitement, assuré-je sur un ton que je veux courtois.
Une envie de vomir frôle presque mes lèvres devant son regard effaré de me voir si gentil. Putain, tu vas la prendre cette foutue robe et dégager !
Bien entendu, ma demande est trop tardive puisqu'ils sont déjà derrière elle et Heidi me saute dans les bras, alors que son frère et moi, nous nous toisons du regard. Je déglutis en sachant que ce n'est certainement pas le moment que je perde mon calme, et encore moins que cette pute me pousse à bout.
- J'avoue que cette couleur vous irait parfaitement.
Je serre la mâchoire, sentant un pincement sur mon côté alors que cette conne se tourne vers lui, avant de lui sourire comme s'il venait de sauver sa pauvre vie. Sérieusement, c'est quoi cette façon de se tenir fièrement en le remerciant, avant de revenir avec son regard renfrogné sur moi.
- Tu ne nous présentes pas ? m'interpelle Heidi.
- Je suis...
- Ma fiancée, la coupé-je en craignant qu'elle balance une connerie.
- Ta fiancée ?! s'exclame Heidi ahurie, Mais tu ne m'as rien dit.
- Je t'ai donné rendez-vous pour en parler, lui fais-je remarquer alors qu'elle me toise.
- En tout cas, tu as de bon goût, affirme cet abruti.
Je reviens sur elle qui le remercie d'un sourire dont ses yeux sont tellement illuminés que cela m'irrite plus que je ne le pensais.
- Ma chère fleur, allons essayer cette robe, lui dis-je en étant le plus serein possible.
- Je peux me vêtir seule, rétorque-t-elle en attrapant la robe.
Cependant, je ne lâche pas prise et de ma main libre, je prends fermement la sienne que je presse de toute la colère qui m'habite à cet instant tout en lui souriant.
- Je suppose que j'aurai besoin d'un coup de main, finit-elle par dire en essayant de contenir la terreur que je vois dans son regard.
Et elle a bien raison d'être effrayée... il y a des choses qu'elle ne peut pas faire et là, elle a besoin que je lui explique clairement...