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Dangereux jeux

Dangereux jeux

Auteur:: ANGENOR
Genre: Romance
PROLOGUE. Je suis une jeune femme plutôt épanouie dans sa vie de tous les jours. Du haut de mes vingt-quatre ans, je suis une jeune femme qui croque la vie à pleine dent, qui ne se prend pas au sérieux et qui a un fort caractère, je tends ma main à tout ceux qui veulent la pendre : j'ai le cœur sur la main et quand j'aime je ne compte pas, je ferais clairement tout pour ceux que j'aime, enfin ... je devrais dire que j'étais cette fille là car je ne le suis plus ... En revanche, j'exerce les deux métiers qui me plaisent le plus au monde : Auxiliaire de puériculture à mi-temps et Assistante sociale dans un centre pénitentiaire. Il faut avouer que ce n'est pas facile tous les jours, car en prison je rencontre tout un tas de personne qui sont complètement aux antipodes... Néanmoins j'adore ce que je fais et en même temps, mes boulots sont tous ce que j'ai, alors je fais mon maximum pour les garder. En ce qui concerne, ma vie sentimentale : elle est au point mort depuis que mon unique amour est décédé lors d'un accident de voiture. Il rentrait de soirée, tandis que moi j'étais à l'hôpital en train de bosser. Il avait trop bu et il a perdu le contrôle de sa voiture qui s'est mise à faire tonneau sur tonneau et il n'a pas survécu ... Ça fait maintenant deux longues années mais je ne m'en suis toujours pas remise, je l'aimais tellement ! Nous nous étions rencontrés pendant nos années lycée et le feeling était directement passé entre nous : le coup de foudre. Nous nous sommes cherchés pendant un petit moment avant de nous mettre enfin ensemble ce qui rendit notre amour plus fort : il y avait un réel jeu de séduction entre nous, on se cherchait du regard à longueur de journée et je ne regrette absolument pas m'être mise en couple avec lui. Cinq ans que nous étions ensemble, cinq ans et on me l'a enlevé. Mon seul amour ... Depuis ce jour, je n'ai jamais réussi à me remettre en couple pour de vrai. La seule chose que je fais, c'est me concentrer sur le boulot et encore le boulot et je m'en sors plutôt bien quand je ne pense pas à ce tragique accident. J'estime avoir une agréable vie, malgré ce drame. Sinon, au niveau familial c'est un peu compliqué, je ne les ai pas vu depuis des années car ils n'ont jamais accepté ma relation avec Jordan : qui est maintenant mort ... Je n'ai jamais su pourquoi ils ne l'acceptaient pas, c'était pourtant un garçon en or et qui m'aimait de tout son cœur. J'en suis intimement convaincu ! Revenons-en au fait que je ne sois plus du tout la même fille qu'avant l'accident de Jordan, j'ai clairement changé du tout au tout après ça car j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre et je ne m'en suis toujours pas complétement remise. J'étais beaucoup entouré lorsque j'étais au lycée, les amis de Jordan était devenu les miens et inversement, on avait un bon groupe d'amis et on était si bien ensemble ! Seulement, quand il est mort, je me suis éloigné de tout et de tout le monde car être avec nos amis me faisait trop penser à lui et c'était trop difficile à supporter ... Du coup, au jour d'aujourd'hui, je n'ai pas non plus énormément de copine et comme vous l'aurez compris je n'ai pas du tout gardé contact avec mes anciens camarades et lorsque je suis venu habiter ici, je n'ai pas cherché à m'en faire des nouveaux, je me suis contenté de me concentrer sur ma carrière. Autant vous dire que dorénavant tout ce qui est soirée, bar, alcool et toutes ces choses je ne supporte plus mais vraiment. Je fais d'ailleurs mon maximum pour éviter de me faire entrainer dans ce genre d'endroit. Je ne regrette en aucun cas m'être éloigné du monde. Je ne suis peut-être pas parfaite : pas la plus belle ni la plus intelligente mais je suis qui je suis. J'essaye d'avancer dans ma vie avec le fardeau que je porte sur mon dos et surtout, je ne m'accroche à personne car s'accrocher fait souffrir : tu tiens à quelqu'un de tout ton être et BAMon te le retire sans que tu ne puisses rien faire, c'est toujours comme ça, toujours ... L'amitié fait souffrir tout comme l'amour : la vie fait elle-même souffrir ! Je cache mes souffrances à travers mon caractère bien trempé, je ne me laisse pas faire ni même monter sur les pieds. En même temps, si nous n'avons pas un minimum de caractère et de mental, il serait tout bonnement impossible de travailler avec des personnes qui sont en prison et qui ont parfois fait des choses horribles ... Je suis là pour les aider, pour allonger leur peine ou parfois la raccourcir pour bonne conduite mais mes problèmes à moi doivent rester loin et je dois faire la part des choses : je ne dois avoir aucun jugement et je dois savoir passer outre les problématiques des individus, ça ne doit pas me toucher ou me perturber d'une quelconque manière. Jusqu'au jour où je perdis le contrôle ...

Chapitre 1 01

PARTIE 1.

● Maddy ●

Aujourd'hui nous sommes lundi et comme chaque lundi je dois me rendre au centre pénitentiaire pour parler avec un individu qui, il me semble, devrait bientôt sortir si tout se passe bien.

Espérons...

Je me lève donc, file prendre un petit déjeuner et je vais en vitesse dans la salle de bain pour m'apprêter, me maquiller et me coiffer. Je ne suis pas resté dans l'appartement que nous avions Jordan et moi car je n'arrivais plus à y vivre. A chaque endroit je voyais une partie de lui, je sentais son odeur dans chaque recoin de la maison et lorsque je prenais la douche par exemple, je sentais sa peau collée à la mienne car nous prenions souvent la douche ensemble mais maintenant c'est fini ... J'ai emménagé dans un petit appartement à Nice, certes ce n'est vraiment pas spacieux mais ça me convient tout à fait : je m'y sens bien. Après une vingtaine de minutes sous la douche je sors, je m'enroule dans ma serviette, me regarde dans le miroir, souffle un bon coup et je pars en direction de ma chambre pour m'habiller. Je prends un pantalon gris avec des rayures blanches ainsi qu'une veste blazer assorti avec un top blanc, style costume, je me dois d'être correctement apprêtée. Ensuite, je retourne dans la salle de bain où je me maquille très légèrement et pour finir je fais valser mes cheveux de gauche à droite puis je les boucle un petit peu.

(...)

Le centre n'est pas très loin de chez moi donc j'y arrive assez rapidement. Une fois devant, je rentre et comme d'habitude je dois laisser certain objet à l'entrée donc je les pose dans la caisse qui m'est attribué. Ensuite les gardiens m'ouvrent les portes et je marche d'un pas assuré vers la pièce où je dois me rendre, avec mon dossier dans les mains.

- Bonjour ! Dis-je avec un ton jovial.

Le jeune homme en face de moi me regarde avec un large sourire sur les lèvres qui, je dois bien l'avouer est assez mal saint mais je ne laisse rien paraître, comme toujours. Il est assis sur sa chaise de façon très incorrecte et il ne m'a même pas répondu lorsque je l'ai salué, c'est à dire que quand je lui ai tendu la main, il l'a regardé pour ensuite rigoler et ne pas me tendre la sienne.

Ça promet ...

- Bon, eh bien si vous voulez commencez comme ça, c'est votre choix. Ajoutais-je sur un ton froid.

Étant donné qu'il n'est pas prêt pour faire preuve de politesse ou même pour parler avec moi, je commence à ouvrir son dossier mais il pose sa main brutalement dessus en me regardant droit dans les yeux, toujours avec ce sourire narquois. Je le regarde à mon tour, en lui montrant qu'il ne me fait tout bonnement pas peur et que m'intimider ne va servir à rien : j'ai bien trop l'habitude de ce genre de personne.

- Que voulez-vous ?

- Jouons un peu, pour une fois que j'ai de la visite féminine... Au lieu de lire mon dossier, devinez pourquoi je suis ici.

Lorsque j'entends ça, je me dis que je n'ai clairement pas de temps à perdre avec des imbéciles pareils qui me provoque de la sorte : je ne supporte pas ça et si je n'étais pas entre ces quatre murs, il y aurait longtemps que je serais sorti de mes gongs ! Mais bon, étant sur mon lieu de travail et sachant pertinemment que je suis en sécurité puisque les gardes ne sont pas loin, je choisi de "jouer" avec lui pour voir où ça va nous mener car parfois, faire croire au prisonnier qu'on est de leur côté, ça marche divinement bien et ils se confient facilement. De toute façon, au premier abord, quand je l'ai vu, je me suis dis que c'était simplement un garçon qui aime qu'on le remarque et qu'il ne prend pas au sérieux le fait d'être en prison. En plus c'est assez rare qu'on me mette sur des affaires grave ou dangereuse, du coup, je me dis qu'il s'amuse simplement à se donner un genre de Bad Boy pour m'impressionner mais ça ne marche pas.

- A mon avis c'est pour une histoire de drogue ou vol, quelque chose de petit je dirais. Avouais-je, sûr de moi.

Son regard est de plus en plus insistant envers moi mais je ne perds pas le contrôle. Il écoute attentivement ce que je lui dis et il finit par rire en disant :

- Tu penses ?

Je lui fais oui de la tête pour lui faire comprendre que je suis sûr que c'est ça, sauf qu'il s'approche de moi et qu'il met sa main autour de mon cou en serrant un peu, avant de dire :

- Et pourquoi ne penses-tu pas que j'ai pu tuer des femmes en serrant leur joli coup jusqu'à temps que leurs jolis yeux se ferment ?

Dès lors que ces mains ont touché mon corps, j'aurai dû prendre mes jambes à mon cou mais son arrogance a eu raison de moi. J'avais envie de voir jusqu'où il était capable d'aller car c'est bien la première fois qu'un détenu se permet de faire une telle chose. D'habitude, ils ont bien en tête le fait que j'ai leur vie entre les mains et ils ne s'amusent pas à faire les malins, comme lui le fait. Pourtant, j'en ai connu des personnes qui ne me prenaient pas au sérieux étant donné que je suis une fille mais jamais personne n'a osé mettre ses mains sur moi car c'est clairement dépasser les bornes. En plus, je suis beaucoup trop joueuse pour m'arrêter comme ça et j'ai beaucoup trop de fierté pour baisser les yeux face à un individu comme lui, alors, je réplique :

- Je ne vous pense pas capable de faire une telle chose. Riais-je.

Ces mains sont toujours autour de mon cou et je ne cesse de le regarder dans les yeux, lui il me foudroie du regard, clairement, et je vois bien que je l'énerve mais en même temps, je le déstabilise. En soit, je ne sais pas du tout ce qu'il cherchait en voulant jouer avec moi mais une chose est sûre, il n'aura pas ce qu'il veut.

Il comprend que je n'ai pas peur de lui.

Il finit par enlever la main qui se trouvait autour de mon cou et il dit :

- Jolie et intelligente, enfin quelqu'un qui va pouvoir écourter ma peine. Répondit-il, sûr de lui.

- Ça, ça dépendra uniquement de votre coopération envers moi.

Ensuite, il enlève doucement sa main qui était, auparavant sur le dossier et je l'ouvre tranquillement tout en lui adressant un sourire exagéré. Franchement, à quel moment tu te permets de dépasser les bornes et de croire encore que je vais écourter ta peine, sérieusement ? quel genre de garçon est-il ? Il faut avoir un pète au casque pour penser une telle chose et jouer à ce point. J'avoue que moi aussi j'aime jouer mais il y a des moments pour et des moments où il faut savoir être sérieux, surtout que là, on parle de ces jours en prison, il peut y rester encore trois mois dans le meilleur des cas tout comme il peut y rester six mois et ça, il n'a pas l'air de le comprendre.

- Comment ça se fait que je ne t'ai jamais vu ici auparavant ? Tu viens d'arriver ?

- Je ne suis pas ici pour parler de ma vie personnelle mais plutôt de votre avenir.

Je me remets à lire son dossier en sentant le regard insistant qu'il me lance.

- De toute façon tu n'as pas besoin de lire le dossier, toi et moi on sait tous les deux que tu vas écourter ma peine. Rie-t-il.

- Vous croyez ? Rétorquais-je en haussant un sourcil.

Incroyablement arrogant ce type.

Sans mentir, vu le petit jeu stupide qu'il m'a fait depuis que je suis arrivé, je n'ai qu'une seule envie, c'est partir d'ici au plus vite car je sais déjà ce que je vais faire de sa peine : la rallonger. Certes, lorsque j'ai ouvert son dossier j'ai vu qu'il était tombé pour avoir vendu à un mineur mais ça ne change rien, il est quelque peu dérangé et je vois bien que la prison ne lui a pas permis de s'assagir !

- J'en suis sûr ma jolie. Et si par malheur tu choisis de la prolonger, je t'attendrais à la sortie. Lance-t-il.

Non mais qui ose dire ce genre de chose à une personne qui est là pour l'aider, certes, il joue mais il joue beaucoup trop, à un moment il faut savoir s'arrêter ! Peut-être que ce sont des paroles en l'air mais ça n'est pas drôle, il joue beaucoup sur les apparences mais il ne faut pas trop me chercher.

- C'est une menace ? Vous savez que c'est un motif pour prolonger votre séjour ?

Je ne le quitte pas des yeux et j'essaye de déceler en lui n'importe qu'elle mal aise ou autre mais rien.

Il me provoque.

- Prend le comme tu veux chérie, mais au moins tu es prévenu.

- On continuera cette conversation dans environ... six mois !

- Tu bluffe ! Rigole-t-il.

Je me lève pour aller vers la porte, je me retourne une dernière fois vers lui, qui n'a d'ailleurs pas bouger d'un poil.

Il a trouvé son maître, il pensait m'amadouer mai je ne suis pas dupe.

- Peut-être ou peut-être pas. Dis-je en lui faisant un signe de main très exagéré.

Lorsque le gardien ferme la porte je le regarde toujours et son sourire est toujours accroché à son visage : il ne me prend pas au sérieux ! Pourtant il devrait car il ne faut pas trop jouer avec moi, son arrogance m'énerve et j'ai trouvé son cinéma très ridicule.

Je vais sûrement le regretter, tôt ou tard.

Vous rencontrez le personnage principale de cette histoire, Que pensez vous de Maddy ? son caractère ? sa façon d'être ? et le prisonnier en face d'elle, qu'en pensez vous ? dites le moi en commentaire !

Chapitre 2 02

PARTIE 2.

○ Tiago ○

Elle est partie et pourtant je suis toujours assit à cette table en train de me remettre de mes émotions.

Il faut que je me calme.

Ça fait maintenant six mois que je suis en prison parce que je me suis fait prendre en train de vendre à un mineur. Et, la jeune fille qui vient de sortir de la salle, ma nouvelle assistante sociale a le pouvoir de me faire rester plus longtemps ou au contraire, de me faire sortir plus vite. Je peux rester ici encore six mois tout comme je peux rester trois mois, clairement j'aimerais rester le moins longtemps possible étant donné que j'ai des choses à faire en dehors et que j'ai des ennemis à l'intérieur de la prison.

Je ne suis pas très serein.

Directement quand la jeune fille est rentrée dans la salle, oui je ne connais pas son prénom, quelque chose s'est passé : déjà elle me faisait un effet incroyable, il faut dire que depuis six mois je n'ai pas côtoyé de fille et donc, il ne s'est absolument rien passé ; ça commence à faire long. Du coup j'ai de suite vue que sous son air de fille sérieuse et qui plus est coincé, elle était gentille dans le fond et je voulais voir jusqu'où elle aurait été capable d'aller.

Je voulais lui faire peur.

Sauf que, malheureusement pour moi ça n'a absolument pas marché ! Elle n'avait en aucun cas peur de moi et, au contraire, elle me provoquait alors qu'elle ne me connaissait pas du tout et que je suis en prison. Certes je me suis fait choper pour trafic mais qui dit que je ne fais pas d'autre chose plus louche que ça ? Elle ne savait pas à qui elle avait affaire pourtant elle faisait preuve d'un calme fou, même si je sais qu'au fond, elle était quand même un minimum déstabilisé par moi, qui ne le serait pas ? En tout cas, son côté rebelle envers moi me rendait fou et j'avais qu'une envie : lui sauter dessus ! Chose que je n'ai pas faite bien évidement mais je ne pouvais m'empêcher de la provoquer et le pire, c'est qu'elle rentrait dans mon jeu.

Ça me rendait dingue.

C'est vrai que les assistantes sociales que j'ai eu auparavant n'avais pas cette classe et ce caractère de femme prude mais en même temps, prêt à éclater à tout moment. Et je suis sûr qu'elle avait envie de me crier dessus et de s'énerver contre moi mais elle ne l'a pas fait. A chaque fois qu'une assistante sociale vient me rendre visite je fais ce petit cinéma et à chaque fois elles prennent peur, seulement là, celle-ci est resté et n'a montré aucun signe de faiblesse.

Je crois bien que l'un comme l'autre on a été surpris par nos propres comportement lors de notre entretien.

Après un certain temps à repenser à notre entretien et à toute les choses sales que j'aurais pu lui faire, je décide de sortir de la salle et retourner vers ma cellule. Sur le chemin je croise des détenus qui veulent ma peau et fidèle à moi-même, je leur adresse mon plus beau sourire.

Je ne vais pas me mettre à pleurer non plus.

En revenant dans ma cellule, je me mets directement dans mon lit et mon compagnon de cellule commence à me parler mais je ne prends même pas la peine de l'écouter. Je suis encore et toujours en train de penser à cet foutu brune qui ne veut pas sortir de ma tête et qui me rend fou et je ne sais pas pourquoi mais je commence à douter de son verdict.

Elle n'oserait pas me faire prendre six mois, réellement ?

Je ne suis plus sûr de rien car d'habitude les autres personnes qui viennent son molles, elles n'ont pas de caractère et elles ne rentrent pas dans mon jeu, seulement là, elle serait capable de me faire payer mes six mois juste pour me donner une leçon et c'est seulement maintenant que je le comprends, putain si elle fait ça ...

- Eh mec je te parle. Dit mon compagnon de cellule en faisant passer sa main devant moi.

- Quoi ? Demandais-je un peu trop brutalement.

- Ça s'est mal passé ?

- Bordel mais je ne sais même pas et ça va me rendre dingue ! Mon petit numéro habituel n'a même pas marché avec elle, elle est partie en me disant que je ferais mes six mois mais on se cherchait alors je ne sais pas si elle va réellement me faire ce coup-là.

Je me lève rapidement de mon lit et je commence à faire les cent pas, en tournant en rond autour de mon ami. Pour le coup, je crois bien que j'ai fait une belle et grosse connerie.

Mais putain qu'est ce que je peux être con parfois !

- Dit moi qu'elle ne me fera pas prendre six mois, merde dit le moi ! Hurlais-je en le prenant par le col.

- Wow, calme-toi je n'y suis pour rien moi.

Il a raison, je fais n'importe quoi mais elle me fait perdre tous mes moyens ! Et dire que mon avenir repose sur une foutu assistante sociale qui ne m'a vue qu'une seule fois et qui, en plus est incroyablement joueuse.

- Bordel je suis sûr que juste pour me faire chier cette conne va me faire prendre les six mois, j'en suis sûr !

- Bah tu as qu'à demander qu'elle revienne te voir et tu t'excuse.

Je ris nerveusement face à sa remarque, avant de dire :

- Moi, Tiago menos m'excuser ? Mais tu me prends pour qui au juste ? J'ai une tête à courir après une fille qui n'attend que ça ? J'ai bien compris son jeu et elle essayait de me déstabiliser, elle ne serait que trop contente si je m'excusais, alors non, jamais je ne lui donnerais ce plaisir tu peux me croire !

- Comme tu veux. Souffle-t-il.

C'est clair que je voudrais revivre cet entretien et ne pas faire la même erreur mais je n'ai tellement pas l'habitude qu'on me tienne tête que j'ai continué, comme un con à la provoquer et maintenant, voilà le résultat. Mais bon, elle n'a aucune réelle raison de me faire rester ici six mois, dans son compte rendu il va falloir qu'elle donne une raison valable et elle n'en a pas : je n'ai pas dépassé les limites ! J'ai montré que j'étais prêt à sortir.

Oh non tu as fait tout le contraire. Cri ma conscience.

Je suis toujours en train de faire les cent pas lorsqu'un garde frappe à la porte et y dépose un papier à mon nom.

C'est la décision.

Je prends ce papier entre mes mains et je l'ouvre doucement en sachant presque pertinemment ce qu'il est écrit dessus ...

- Alors ?

Pas besoin d'avoir fait dix ans d'étude pour comprendre que ce putain de bout de papier m'annonce que je vais officiellement aller au bout de ma peine : soit encore six mois à passer ici.

Cette fille qui me rend pourtant si dingue va clairement me le payer.

- Elle a voulu jouer, ok on va jouer ! Riais-je, nerveusement.

J'étais sûr, du moins au début qu'elle ne me ferait pas prendre six mois et pourtant elle l'a fait. De son côté elle est sûr que je ne suis pas capable de faire pire que du trafic de drogue mais à sa place je n'en serais pas si sûr et je fais la promesse que je vais me venger !

{La décision de Maddy justifié ? pas justifié ? Dites moi tout !}

Chapitre 3 03

PARTIE 3.

● Maddy ●

Cet abruti de garçon a vraiment réussi à me faire monter les nerfs ! Je n'ai clairement pas l'habitude de perdre mon sang froid lors de mon travail et de prendre des décisions à la va-vite juste parce qu'un individu s'est joué de moi, mais là, je devais montrer qu'elle était mon caractère. Et de toute façon, je sais pertinemment que je ne le reverrais jamais et puis je pense qu'il n'en a strictement rien à faire d'être en prison, donc ça ne va pas le déranger plus que ça de faire six mois au lieu de trois.

Enfin ... Je croyais.

De toutes les personnes que j'ai rencontré lors de mes entretiens je crois bien que ce cher Menos était le pire, alors que j'en ai croisé des dégénérés à qui j'ai dû allonger la peine car il était clairement impossible pour moi de les laisser en liberté. Donc autant dire qu'au fil du temps je me suis fait pas mal d'ennemi, pourtant je vis une vie plutôt banale et assez tranquille.

Jusqu'à ce jour ...

Je sais très bien que pendant que nous étions dans la même salle, lui et moi, nous nous cherchions à travers nos regards mais aussi notre attitude : l'un et l'autre nous avons essayé de déstabiliser. Et, même si ce petit jeu ne m'intéressait aucunement, surtout avec un imbécile arrogant pareil, je m'y suis prêté et voilà mon état : je suis en rogne ! En revanche, je suis sûr et certain qu'il ne me pensait pas capable de lui infliger cette peine-là, c'est à dire six mois, alors j'aimerais bien savoir dans quel état il est actuellement : maintenant qu'il sait à qu'elle sauce il va être mangé. Autant dire que je donnerais n'importe quoi pour être dans sa tête à cet instant précis, et, je suis même capable de pousser le bouchon un peu plus loin pour prendre un autre rendez-vous avez pour lui faire croire que je veux changer sa peine, soit la raccourcir.

Colère quand tu nous tiens ...

Franchement je déteste les personnes arrogantes comme lui et ce genre d'individu a bien besoin d'un bon coup de bien aux fesses pour leur faire comprendre que tout le monde n'est pas à leur disposition et qu'on n'est pas obligé d'obéir à leurs quatre volontés : je déteste ça ! J'aimerais tellement le remettre à sa place pour lui faire comprendre que par rapport à moi il n'est absolument rien et que limite il est un pion que je manipule comme j'ai envie. En même temps, il est vrai que c'est un peu le cas étant donné que c'est moi qui dois choisir comment va se passer son destin, en quelque sorte, et je dois bien avouer que c'est la seule fois que je ressens un tel plaisir en annonçant mon verdict.

J'ai décidé qu'il ira au bout de sa peine et donc qu'il doit encore rester enfermé six mois.

Décision cruelle mais fortement mérité, même si c'est quand même un humain qui est peut-être gentil dans le fond, enfin je n'en suis pas si sûr ... En tout cas, lorsque je rencontre un prisonnier, je mets toujours un certain temps avant d'annoncer ma décision pour éviter de faire n'importe quoi et, généralement, j'ai toujours un petit pincement au cœur lorsque j'allonge la peine. Tandis que là, pour monsieur Tiago Menos je n'ai absolument rien ressenti, à part une forte réjouissance en imaginant la tête qu'il a dû faite en voyant le verdict.

J'aurais aimé être en face de lui.

Je suis dans ma maison depuis pas mal de temps, plus précisément dans mon canapé et ma colère ne veut toujours pas redescendre. Je n'en reviens pas qu'il est osé me marcher sur les pieds ainsi et n'avoir aucun signe de respect envers moi : je ne supporte pas ça. Et puis pourquoi je ne cesse de penser à lui ? C'est seulement un abruti parmi tant d'autre qui essaye de se faire passer pour quelqu'un qu'il n'est pas. Et s'il ne se donnait pas un genre ? S'il était vraiment dangereux ? C'est vrai, je pense qu'il n'a rien d'un type dangereux mais, au fond, je ne le connais pas et dans son dossier il n'y avait pas grand-chose à propos de lui, enfin pas des choses qui aurait pu me faire apprendre qu'elle est son comportement, sa personnalité... Après coup, je me demande si ces paroles étaient vraiment des paroles en l'air et à ma grande surprise, je commence même à regretter le fait de lui avoir fait prendre ces six mois, car en y réfléchissant un petit peu, il a du devenir dingue en voyant ça et peut être que lorsqu'il sortira il voudra se venger de moi ...

Je me lève précipitamment de mon canapé et je commence à faire les cent pas dans mon petit salon : j'angoisse à l'idée qu'il puisse se venger de moi.

" - Et pourquoi ne penses-tu pas que j'ai pu tuer des femmes en serrant leur joli cou ? "

Sa foutu voix et cette foutu phrase résonnent dans ma tête en boucle et ça va finir par me rendre folle ! Je n'ai jamais douté de mes verdicts auparavant mais là, j'ai trop joué et à force de trop jouer, je risque de me brûler les ailes bêtement. Par la suite, je vais sur mon petit balcon, je pose mes mains sur la barrière en la serrant très fort et je souffle un grand coup pour essayer, tant bien que mal de décompresser et surtout, d'oublier cette journée un peu trop mouvementée pour moi.

- Il ne m'arrivera rien, j'ai fait mon boulot et c'est tout. Il méritait d'aller jusqu'au bout de sa peine. Dis-je, en parlant seule, histoire de me rassurer.

Oh non il ne le méritait pas. Hurle ma conscience.

Je ne peux pas croire que j'ai fait un mauvais choix, ça ne m'est jamais arrivé : j'ai toujours été très rigoureuse dans mon travail, je n'agis jamais sans raison. Sauf que là, c'est complètement différent, j'ai laissé mon jugement et surtout mes sentiments personnels prendre le dessus, je n'ai pas réagi comme une assistante sociale, je me suis senti attaqué par son petit manège et comme une débile, au lieu d'être professionnel, j'ai contre attaqué et l'énervement à prit le dessus sur toute mes autres émotions : il me faisait tourner en bourrique et je n'ai pas su me contenir. Pourtant j'avais justement l'impression qu'il cherchait à m'énerver pour savoir qu'elles étaient mes limites mais il ne s'attendait peut-être pas à ce que je lui fasse prendre six mois, il pensait peut-être qu'il m'avait dans la poche : je suis perdu !

Je commence à sérieusement regretter mes choix et surtout, à avoir peur ...

Des avis ? des idées pour la suite ? est ce que vous aimez le fait qu'il y est l'avis d'un personnage par chapitre (Tiago VS Maddy) ?

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