"À toutes les âmes en peine,à ceux qui ont mal,qui veulent tout arrêter,Différente est écrite pour du moins tenter de comprendre chacune de vos âmes"
Maria,qui doute autant que vous
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Si tu sautes, je saute. Je suis curieuse de savoir, si Rose avait sauté, Jake aurait renoncé à sa vie, ses rêves, pour une inconnue ? La réponse connue de tous est évidemment non. Rose aurait sauté et Jake serait parti. Parce que Jake et Rose ne disaient pas des choses qu'ils pensaient, pas à cette époque en tout cas.
La plus belle personne que vous pourriez rencontrer dans votre vie est celle qui est prête à mourir pour vous. L'amour est déconcertant et souvent, on a l'impression que le vrai amour ne se cache que dans la peine et dans les souffrances. Aimer à mort, aimer à un point inimaginable, j'ai su le faire et je n'ai regretté aucune des actions posées, aucune. Parce que je ne me suis jamais sentie aussi bien en aimant, aussi mal en me séparant et aussi heureuse au moment des retrouvailles.
Alors je n'ai qu'une chose à dire, une vie sans aimer est une vie qui ne vaut pas la peine d'être vécu et j'ai fini par comprendre que refuser d'aimer par peur d'être rejeté, c'est comme refuser de vivre par peur de mourir. La vie est un risque, l'amour aussi et je suis heureuse d'avoir pris ce risque, en sortant une fille complètement différente.
DIFFERENTE
Espoir d'une renaissance
"Une âme malheureusement vouée à la perte,je l'ai été en voyant le jour"
Yeux fermés, j'écoutais les mille et une paroles que déballait ma tante. J'en avais vraiment marre de cette femme. Je camouflais mes émotions du mieux que je pouvais, n'osait pas pleurer. Elle me sermonnait depuis au moins une demi-heure sur le retard que j'ai pris dans mes cours et mes mauvaises notes. C'était elle ma mère, une femme qui prend souvent la tête et insupportable de surcroît.
Elle me rabâchait l'histoire de mon père qui m'avait laissée seule et que je n'avais pas le droit de faire n'importe quoi avec elle, après tout les sacrifices qu'elle avait fait pour moi. Je ne lui en voulais pas. Elle ne savait pas que je n'ai pas demandé à naître, ni de me garder, ni même de faire ce qu'elle a fait pour moi.
J'écoutais patiemment, bien que bouillonnant de l'intérieur et mon esprit rebelle essayant de rétorquer, mais se faisant vite arrêter par mon intelligence. C'était cela être avec elle, apprendre à se taire même quand on a raison. Venir à Londres restait une mauvaise idée, j'en étais consciente en quittant mes amies avant la fin de ma dernière année. Pour eux, j'étais une traitresse, car je ne leur avais rien dit... peut-être. Maintenant, je me retrouve à me prendre la tête avec cette tante qui m'a fait rapatrier en Angleterre. J'ai quitté mon pays de naissance, mon pays de jeunesse, mes amies, ma famille à peine seize ans pour "un meilleur avenir" où je me fais sermonner même en dormant, pour ma terre d'origine, mais qui me restait si étrangère.
Je la regarde d'un air complètement désolé alors que c'était tout le contraire et sors de la maison. Ce n'est que dehors que je me sens chez moi. Je descends la rue. Rue où je ne connaissais personne. Pourtant j'étais très sociable. Quand on se connait bien la plupart. Je voyais trois filles passer à côté de moi en riant. Moi, le rire, je ne le connaissais qu'avec une personne et elle me comblait J'ai refermé mes yeux en repensant aux paroles de ma tante. Elle prétendait être une chrétienne parfaite, soumise à Dieu, éloignée de la tentation de ce monde et tout le tralala. Une none, mais en mode protestant. Moi, je restais catholique et ça ne lui plaisait pas que je sois à la messe plutôt qu'au culte souvent, que j'écoutais Ava Max au lieu d'un sermon de, je ne sais quelle servante de Dieu. On n'était pas tous nés pour être prophète, j'ai fréquemment envie de lui dire.
Je n'en avais rien à faire. J'avais vingt-quatre ans. Si elle voulait me dicter ma vie et bien, c'était raté et proprement. Une Winston garde la tête haute et reste forte quoi qu'il arrive, je n'allais pas enfreindre la loi. Mais là encore, je ne me doutais pas que ma vie était un conte de fée et que je risquais d'en connaitre une d'horreur. J'étais moi, je m'en contentais. Je ne savais pas que j'aurais besoin de pouvoir à tout prix ni que je rencontrerai un jour mon géniteur, encore moins que je deviendrai telle une folle. Je ne savais rien.
Et encore, je ne savais pas que ceci n'était qu'une minuscule goutte d'eau dans l'océan dans lequel, je me serai plongé, au sens propre du terme. Pourtant, moi, j'étais si différente. J'aurai voulu tout savoir, mais je n'aurai rien pu changer, les dés ont été jetés. L'Enfer m'a grandement ouvert ses portes et le diable a décidé de faire de moi l'un de ses plus grands disciples, mais ce que lui ne savait pas, c'est que je lui volerai sa place.
Je me mettais à l'arrêt de bus pour l'université, déjà lassée de cette journée qui ne faisait que commencer. Parce qu'en plus, je dois me taper une heure trente de route, mais il se trouve qu'aujourd'hui le bus fait des caprices et se fait légèrement un peu trop attendre.
Comme je rêve d'enfin quitter l'université et avoir ma maison. Au moins, là, je me trouverai un bon travail en tant qu'avocate, je n'aurai pas à me taper la vaisselle chaque soir pour ma tante et son mari que je n'appréciais pas davantage. Il restait avachi devant la télé à longueur de journée pendant que sa pauvre femme se tuait dans son métier d'écrivaine, en échange, c'est elle qui portait la culotte, elle donnait les ordres. Moi, je me fichais absolument d'eux. Je n'aimais ni le dire ni le penser, mais c'était vrai. Elle me prenait pour une pute et son mari encore mieux pour une dévergondée. À me demander pourquoi elle m'avait fait venir.
J'étais bien à Kinshasa, il y avait mes amies bien que certaines m'auront beaucoup déçues, mais étrangement je voulais rentrer. Neuf ans plus tard... ça faisait long. Elles ne se souviendraient même plus de moi. Il y en aurait qui sont fiancées, en couple ou même mariée pour les plus dingues alors que moi, je suis fauchée, sans personne dans la vie, ce qui me plait et encore logée en plus. Kinshasa... ce n'était pas la plus belle ville du monde, mais l'ambiance qui y régnait, je n'y ai jamais trouvé d'égal.
Tout est une raison de faire la fête là-bas, de se rassembler, tout était festif. Un trajet en bus n'est ni silencieux ni ennuyeux à Kin, tout le monde se mêle à tout le monde, tout le monde devient rapidement de la famille. À Kinshasa, tout le monde est un frère, la chrétienté n'avait pas besoin d'être pour que tout le monde t'aide. On rit puis on se sépare, c'était une ville joyeuse, mais je ne m'en suis rendue compte qu'en partant. Les endroits touristiques... peu si pas inexistants, mais chaque endroit était rendu magnifique grâce aux habitants. Je suis Kinoise et je me plaisais à le dire, je n'étais pas anglaise, cette terre m'est inconnue. Ma mère restait une Anglaise, sa nation était l'Angleterre, mais elle n'en a jamais voulu, va savoir pourquoi.
Peut-être à cause de mon père qu'elle a rencontré à Kinshasa ? Ou bien, elle détestait cette ville autant que moi. La vieillesse ici commençait de la reine à l'ouvrier. Ma mère Virginia... elle était une femme magnifique, riche en beauté, mais pas autant de chance que ça en argent. Il n'était pas évident d'être d'origine occidentale et de vivre dans des conditions aisée à Kinshasa, la langue parlée là-bas est l'argent. Et ça fini par causer la perte de ma mère... bref de longues histoires.
Je rouvrais les yeux et regardais la ville de laquelle je rêvais de partir. La pluie menaçait encore. Cette ville, il ne faisait que pleuvoir, j'aimais ce temps des fois puis il me saoulait. Je ne voulais pas vivre en gris éternellement. Le bus faisait toujours des caprices et moi, je commençais à en avoir marre. Je tapais du pied sur le sol, impatiente. Parce qu'il a fallu que ce soit aujourd'hui le jour où ils ont eu la flemme. Je me décidais à aller prendre le métro, je n'allais passer ma vie ici. Au moment où je prenais cette résolution, il a semblé que la pluie m'ait entendue, elle s'est abattue avec force et rage. Je suis allée en dessous de la paillote d'arrêt de bus. Je haïssais Londres
Alors que plus rien ne se voyait, que le brouillard montait, je me suis rendue compte que je ne pouvais pas rester là, je me mouillerai moi, mon cellulaire et mon Mac-book, ainsi j'ai voulu traverser pour rejoindre un café pas loin quand une voiture a freiné avec un grand bruit.
Tout s'est passé à une telle vitesse que je n'ai presque rien vu. Me rendant compte au bout d'une bonne vingtaine de seconde que je n'avais rien, j'ose rouvrir les yeux. Je remarquais la voiture qui a calé toute la route après le raiding que le chauffeur a dû faire pour maîtriser la voiture. J'avais deux choix : Fuir ou aller voir. J'ai choisi la plus raisonnable et digne en ce moment.
Je me suis frénétiquement approchée de la voiture, j'ai frappé à la vitre, mais le conducteur n'ouvrait pas. La voiture dégageait de la fumée. Oh non ! J'avais créé un accident. J'ai voulu ouvrir la portière quand la personne dedans le fit à ma place et sortit quasiment tout de suite. Je fus surprise de voir sa si grande taille. Bon... on voit le monde différemment lorsqu'on a un mètre septante, vous ne croyez pas ?
- Vous êtes folle !? Je fus brusquée par le ton de sa voix. Qui folle ? - Je vous demande pardon.
- Que serait-il arrivé si je vous avais renversé ? - Je suis vraiment...
- Désolée ? J'aurais pu l'être moi aussi si je vous avais renversée, mais vous en seriez sûrement morte, pauvre folle.
Je lui lançais le regard le plus sombre que je n'ai jamais attribué en toute une existence avant de planter mon index devant son visage.
- Descendez d'un étage, pour qui vous vous prenez vous à venir me crier dessus et de plus de m'insulter, il vous suffisait de regarder la route non ?
- Je devais quoi ?
Les mains dans les poches, l'homme s'approcha de moi. Monsieur se voulait menaçant, il était peut-être grand, il me faisait peut-être peur, mais je me savais suicidaire.
- Je sais que j'ai traversé alors que vous veniez, mais avec cette pluie, vous y voyez quelque chose vous ? C'est à peine si je vous vois vous. Et monsieur, on allume les phares sous la pluie. Alors à qui la faute ?
Mais sans vouloir, une idée mal placée me traversa l'esprit, il n'était pas mal, je souris intérieurement puis me reçu une claque de ma conscience. C'est tout sauf le moment
- Mademoiselle, dégagez-vous de la route maintenant, vous m'avez fait perdre assez de temps comme ça.
Il me poussa pour que je quitte la route. Je ne comprenais pas où ce singe a bien pu récolter d'aussi mauvaises manières. Pour qui pouvait-il bien se prendre avec ses grands airs ? Je repoussai ses mains et lui interdisait de me toucher. Mais sans le vouloir, je trébuchais au sol. Et l'abruti devant moi ne m'aida pas à me relever, il mit ses mains dans ses poches et me regarda de haut. Je restais ainsi mouillée et humiliée en dessous de la pluie et regardait cet homme à l'attitude si malpolie.
- Vous devriez apprendre à parler et à vous comporter avec une femme. Dans les principes que je connais de la galanterie, quand on a failli renverser une femme, on s'excuse, on ne se comporte pas en ogre.
Je me suis levée et je suis partie me prendre le bus que je voyais arriver. Je regardais l'homme par la vitre. Comment pouvait-on se comporter ainsi avec une femme. Le bus s'éloignait de l'arrêt. Je n'osais pas encore regarder en direction de ce monstre. Quand on a de l'argent, on se donne trop d'air dans ce pays. Je n'attendais que quand je le raconterais à Tyler.
***
Je frappais à la porte de ma salle en serrant les dents. La professeure habituée à mon retard ne leva même pas le regard du tableau lorsque je passais ma tête pour voir si je pouvais entrer.
- Winston. Et moi qui croyais enfin pouvoir passer une journée en me disant que vous n'existez pas ! En avance comme toujours.
- Bonjour à vous aussi madame, comme toujours un bonheur que de vous voir, je peux aller m'asseoir ? Lui dis-je en coupant court dans son discours.
- Cela fait longtemps que vous avez quitté le lycée, je crois. Faites ce que bon vous semble, vous en avez déjà récolté l'habitude.
Je roulais des yeux en entrant dans la salle. Je montais rapidement les escaliers pour rejoindre ma place.
- Avec une heure de retard ! Déclara Tyler, pas plus impressionnée que la prof de me voir arriver avec autant de retard.
- Ah ma chérie, j'ai assez entendu parler de mon manque de ponctualité, je crois, si tu savais ce qui vient de m'arriver
- Quoi ? Tu as raté le bus et tu es persuadé que le chauffeur a fait exprès de te laisser parce qu'il est raciste ?
- Oui, mais ce n'est pas le plus grave, j'ai causé un accident.
- Quoi ? Ça va tu n'as rien eu ?
- Moi ça allait, mais y avait un homme dans la voiture, il a eu du mal à contrôler son véhicule. Donc dans un élan de bonne citoyenneté
- Mais surtout plus de culpabilité- je suis allée voir s'il allait bien.
- Et ? - Et il est sorti tout de suite et il n'avait pas l'air content.
- Du coup, tu as fui ?
- Mais non, idiote, je ne pouvais pas faire ça ! J'ai essayé de lui demander comment il allait, mais ce mal appris m'a plutôt hurlé dessus. Je te jure Ty, j'ai voulu le frapper, ensuite, il a souhaité me faire dégager de la route et comme je lui disais de me lâcher, il l'a fait, j'ai perdu l'équilibre et suis tombée et il n'a même pas daigné me tendre la main ou ne fusse que me demander si ça allait, rassure-moi, je ne suis pas si repoussante que ça !
- Bah non, tu es canon. Je suis sûre que le gars est stupide, mais bon, stupide est un pléonasme en matière de garçon.
Je souriais à mon amie qui compatissait. Elle a eu la "chance" si je peux l'appeler comme ça, d'être en couple. Son petit ami, Chase, que je n'ai jamais rencontré avait su lui faire trouver le bonheur. Je remontais ma chevelure brune sur le haut de mon crâne et sortait mon Mac Book.
- Merde ! Il ne manquait plus que ça !
- Mademoiselle Winston. Quand on est en retard à son cours, on évite de se faire remarquer. Rappliqua ma professeure presque tout de suite
- Qu'y a-t-il 'Belle ? Chuchota Tyler.
- Tous mes appareils... ils sont morts. Me plaignis-je en voulant presque pleurer.
Ma tante ne voudra jamais m'en repayer, jamais, je suis bonne pour le vieux carnet de note et les virées cybers mais déjà, il faudrait que j'aie le temps...
Je craquai en larmes sur mon banc alors que mon amie me consolait de sa main sur mon dos. Elle faisait de son mieux pour que l'on ne me remarque pas. Je paraissais stupide comme ça, mais mon Mac Book et mon portable, c'était toute ma vie dedans. Je devrais maintenant les racheter à la sueur de mon front qui équivaut à travailler. Mais où trouverais-je un travail, que ferai-je et qui voudra de moi ? Tout se bousculait dans ma tête
- Si tu veux... je peux demander un peu d'argent à mon père, je suis sûre qu'il ne sera pas contre.
- Non Ty, je ne veux pas que ton père pense que je suis si désespérée que ça. Je chercherai un moyen.
- Ça ira petit cœur... ah ce petit enfoiré de conducteur, où qu'il soit, que la foudre s'abatte sur lui. Maudit Tyler
- Tyler arrête... après tout c'est moi qui ai tout occasionné. Je n'aurais pas dû traverser la rue sans regarder.
- Mais on ne roule pas non plus à soixante à l'heure sous la pluie à ce que je sache. Normalement, on ne roule pas du tout. Et avec le brouillard qu'il y a dans tout Londres à chaque pluie, même avec des vues de loin, tu ne verras rien.
- Si tu le dis... mais parler de cet homme ne change pas le fait que je doive remplacer ces deux cadavres avant que ma tante ne s'en rende compte et en fasse de moi un aussi.
- Bah... tu pourrais aller proposer tes services à des cabinets d'avocat. Tu as ton diplôme, ton grade, y a de quoi avoir un poste non.
- J'imagine.
- Tiens... je vais t'aider. Je vais faire des recherches en envoyant mon CV à toute entreprise sur laquelle, je tomberai et toi bah tu attends que ta super amie te sorte de ce foutoir.
- Je ne sais pas ce que je ferai sans toi Ty.
- Rien justement, voilà pourquoi je serais toujours là, mais je te préviens c'est moi la marraine de tes gosses, tu me dois bien ça.
- Évidemment. Tu pourrais même m'accompagner à l'autel, mais déjà, il faudrait que quelqu'un s'intéresse à moi.
- Nous les filles bien ma chérie, on n'a jamais de chance, ni en amour ni en argent.
- Mais est-ce qu'on a vraiment besoin d'un mec pour exister ?
- Non... on se suffit amplement.
Je la prenais dans mes bras. Ça, c'est une super amie. La seule dans les hauts comme les bas. Le vent comme la tempête.
- Ah si je pouvais, je t'épouserais.
- Je sais mon cœur... je sais.
Comment peut-on rester de sale humeur avec une telle boule de joie près de soi ? Je n'avais pas de chance en amour. Certes. Mais en amitié, je n'étais pas égalée. Ça, c'est ce que je me disais avant de le connaître.
La journée est terminée. J'étais heureuse à l'université, très même, mais en voyant le seuil de la porte de la maison de ma tante -que je n'appellerai jamais chez moi- mon estomac s'est noué, je me devais de rentrer dans mon cachot.
En entrant, ma tante m'avertit que la vaisselle m'attendait, que je devais préparer le dîner et faire la lessive après parce qu'elle a trop de vêtements sales. Je passais ma nuit ainsi au milieu des tâches ménagères, en attendant qu'un jour enfin, je puisse m'en aller pour toujours.
Mariaacorazon
DIFFÉRENTE
Espoir de renaissance
"Un cœur sans vie, un cœur sans lui"
Pour la énième fois, je replace cette foutue mèche qui ne cesse de tomber. Elle me donne presque envie de la couper. Je me mordais la lèvre avec une telle hargne, assise dans le café de ma rue. Ça valait mieux que ma chambre. Chaque occasion pour sortir de la maison était bonne.
Je feuilletais les pages d'annonces dans les journaux, je ne sais plus qui utilise encore cette technique, mais je sais que sans portable, je n'irai pas loin alors autant utiliser la méthode de l'homme de Néandertal. J'avais vraiment l'impression qu'il n'y avait aucune offre à mon niveau. Serveuse chez Mac Do, Burger King, à des supermarchés ou chez Amazon, des boulots chargés où pour la plupart c'est la course à la montre et moi, je n'en ai pas souvent notion.
Je rejetais le journal sur un coin de la table et m'en allais sans prendre la peine de finir mon sorbet. Cette ville est l'une de celles qui me donne des envies suicidaires. Comment ne pas avoir envie de mourir en Angleterre hein ? La reine fait penser à la mort, le ciel ne fait que faire tomber la pluie, est presque tout le temps gris, les habitants insouciants vaquant à des activités si banales. Personne n'a le temps pour personne, j'ai l'impression. Je farfouillais dans mes poches à la recherche d'un peu de monnaie pour payer mon casse-croute. Je tends l'argent à la serveuse très peu souriante, sachant que je ne lui donnerai pas de pourboire cette fois encore.
Je sors avec un petit peu de retard sur mon trajet pour l'université. Je n'aime pas la ponctualité de toute façon, plus on t'attend plus tu es important. À la différence que moi personne ne m'attend si ce n'est Tyler. Cette fois-ci coup de chance, le bus était là, mais la menace de pluie aussi.
Le vent soufflait à en arracher des cheveux, la poussière m'aveuglait. Il réussit à m'arracher les feuilles de papier de mon exposé d'histoire. Qu'est-ce que je disais ? Ce pays est atroce. Je courais à en perdre l'haleine, il fallait que je rattrape ses feuilles sinon ce sont trois jours de travail jusqu'à trois heures pour rien, dix-neuf pages,ce n'est pas rien quand même. En plus je me suis tapée le travail de groupe toute seule comme d'habitude. J'en ai rattrapé à peine douze, les sept autres portées disparues. Impuissante devant ce drame de plus, je devais retourner dans le cyber où j'ai sorti mon devoir. Ce qui me ramenait à -encore- être en retard.
Je continuais donc de chercher tant bien que mal. Avec le vent.
- Mademoiselle... est-ce cela que vous cherchez ?
Je me retournais, les yeux emplis d'espoir vers mon interlocuteur. Mon visage s'illumina en le voyant tenir mon exposé.
- Oh... vous êtes mon ange gardien à tous les coups.
Je prenais les papiers et les pliais pour les placer dans un livre. Chose que j'aurai dû faire à l'initial. Mon visage radieux se releva vers mon ange gardien.
- VOUS !?
Mon sourire se décomposa devant la mine de l'homme en face de moi. Mon sentiment d'humiliation refit surface. J'avalais très mal la pilule du rabaissement. Je baissais les yeux et contournais l'homme.
- Attendez, mademoiselle !
Je marchais à pas d'éléphant pour prendre mon bus. Toutes les places demeuraient occupées. Je ne pouvais pas rester débout, mon sac pesait trop, mais j'y étais obligée. Je ne voulais pas lui faire face.
- J'ai vraiment l'impression que vous me portez malchance vous. Chaque fois que vous êtes quelque part,quelque chose se passe mal pour moi. Boudinais-je plus pour moi-même.
- Mais je tenais à...
Exaspérée, je mettais ma main devant moi en lui coupant la parole. Il la fixa un moment puis abattit son regard sur moi.
- Je ne veux pas vous entendre, vous m'avez assez humiliée hier, j'ai eu ma dose pour un an au moins.
- Vous allez m'écouter ?
- Non, allez-vous en, sinon j'appelle la police pour harcèlement de rue.
Mon regard restait ferme à sa rencontre. Ses sourcils froncés exprimaient toute son incompréhension. Sa mâchoire était crispée, son regard caché derrière un bleu intense. Je me sentais défaillir par la puissance qui émanait de cet homme, mais il me fallait me reprendre, ce n'était que des yeux voyons.
- Bien. Conclus-je.
Je montais dans le bus au moment même où il démarrait. La mine froissée, blessée dans mon égo, je penchais la tête vers le côté alors que le regard de cet odieux trônait sur ma personne, je le regardais une dernière fois et pu lire une sorte de déception. Mais les regrets ne servent à rien quand les actes ont déjà été posés.
***
La journée à l'université aujourd'hui a été plus rapide que prévu, pour une fois. D'habitude, elles sont interminables, bon en même temps, il est dix-sept heures donc on ne peut pas dire que ça fait hyper court aussi, mais que puis-je dire... les bonnes choses ne durent pas. Je dois rentrer chez moi maintenant. Je riais de moi-même en rentrant. Il faut dire que quand l'école devient un paradis, on doit sacrément être dans le désespoir. Je ne savais pas pourquoi, mais Tyler a répondu non présent aujourd'hui, va savoir ce qui ne va pas. Tyler, rater un jour d'école n'est pas rare, mais porte toujours une bonne raison.
J'enfouissais mes mains dans mes poches et me mettais un classique signé Michael Jackson. J'aimais beaucoup trop ce chanteur. Alors qu'Alone retentissait dans mes oreilles, un klaxon transperça la douce mélodie de mon morceau. Je regardais qui pouvait faire un tel boucan près de moi pour tomber sur monsieur malpoli.
- Vous me suivez ?
- Oui. Dit-il comme si de rien n'était, Mais je suis vraiment désolé mademoiselle, accordez-moi une minute
- Je n'y crois pas... Vous êtes fou ? On ne suit pas les gens comme ça dans la rue.
- Écoutez juste une... une seule minute, je ne vous demande rien de plus.
- Vous avez vraiment fait tout ce trajet pour une minute ?
- Oui, une minute avec vous. Je réfléchissais une seconde. Une minute. Il a fait plus d'une heure de trajet pour une minute. Ce serait extrêmement malpoli de refuser.
- Je vous en prie...
- Bon, j'accepte, mais juste une minute.
- Pourrions-nous aller prendre un café ?
- Pourquoi pas,ce n'est pas comme si j'avais mieux à faire, Godinais-je tout bas en me dirigeant vers le véhicule.
Il sourit, l'air content de lui, un sourire sobre et élégant. Il descendit de son véhicule et m'ouvrit la portière.
- Venez donc, montez.
Je me sentais tels ces enfants de huit ans qu'un vieux monsieur proposait des bonbons. Mais bon, peut-être un kidnapping serait mieux... Je montais avec l'âme tyrannisée. Je détestais réellement rentrer chez moi, ça restait la seule raison pour laquelle, je suis aujourd'hui dans cette voiture.
Quelques minutes plus tard, nous étions assis dans un café très simple, un que je ne connaissais pas d'ailleurs... étrange, il n'est pas si loin que ça de l'université Une tasse de café fumante devant moi, ce n'était pas de refus après une si longue journée qui était des plus froides. J'osais pour la première fois trempé mes lèvres dans cette amertume quand il se décida de parler.
- Bon... Je me suis comporté en incorrect avec vous.
- Tel un ogre pour plus de précision
Il baissa la tête avant de la relever d'un geste assuré.
- Je le sais et je m'en excuse. Cela ne fait pas partie de moi et je me devais de m'excuser. Je venais de vivre un calvaire au boulot.
- Et donc vous vous êtes dit :"tiens... voilà le bouc émissaire de ma journée"
- Je vous jure que cela ne se reproduira plus à l'avenir.
- Il n'y a aucune raison pour que cela se reproduise, nous ne nous reverrons sûrement pas.
Il ne prononça aucun mot, mais je voyais bien que quelque chose se tramait derrière sa tête. Je soupirais, comprenant qu'il avait d'autres motivations que son cinosh des excuses.
- Dites-moi, pourquoi tout ce chemin ?
Il sourit. Pour la première fois depuis que l'on était dans ce café,pour la deuxième fois en moins de deux minutes, son regard rencontra le mien. Un bleu, intense et magnifique, un bleu digne de l'océan. Ses yeux portent ma couleur favorite, dîtes-moi que c'est un signe.
- Je crois que mes excuses ne vous ont pas convaincu
- Oh si... Je vous excuse, mais je me demande ce qui vous a réellement emmené ici, et la version réelle de préférence.
- Je vais être sincère avec vous...
Il s'approcha un peu plus et s'accouda à la table.
- J'ai envie de vous connaître. Je restais un peu sur les fesses. Pourquoi il voudrait connaitre la jean pull que je suis ?
- Nul besoin. Laissons le temps au vent et il nous donnera les réponses.
Il se leva alors qu'un "hein" se passait dans ma tête. Je ne comprenais rien à sa réflexion. Enfin si je comprenais, mais je ne me permettais pas de le relier à moi.
- Vous n'avez eu aucun problème ce jour-là, j'espère
- Non rien, si n'est que mes appareils sont morts. - Sérieusement ?
- Ce n'est rien de grave. Dès que j'aurai trouvé un travail, je m'en rachèterai.
Il me regarda longuement, ne dit mot. Je me sentais légèrement intimidée par cet homme alors, je me levais pour conclure à notre entrevue. C'est un brun, un brun magnifique, le genre de ces tombeurs qui te font voyager rien qu'avec leurs yeux et mon petit cœur fragile doit s'éloigner d'un tel prédateur.
- Merci pour le café. Je vais rentrer maintenant sinon je vais encore rater mon bus.
- Nul besoin, je vous dépose.
- Je... ce n'est pas nécessaire.
- J'insiste.
- Et moi je vous dis que non. Au revoir.
- Mais je ne connais même pas votre nom.
Je me retournais et le scrutais. Quelle importance ? L'on ne se reverra plus.
- Pourquoi faire ?
- Mais voyons... vous êtes bien compliquée comme femme. Je veux juste savoir à qui, ai-je à faire.
- Annabelle.
- Vous êtes sérieuse ?
- Stacy
- Votre vrai prénom si possible.
- Marie-Jeanne ?
Il arqua un sourcil.
- Toujours pas ?
Il me fit non de la tête. J'éclatais de rire, le prenant en pitié.
- Bon ok, je vends la mèche, Isabelle... Isabelle Winston
Je n'attendais pas sa réponse et m'en allait. Ma chevelure nouée dans un chignon n'osait s'enfuir, se mélangeant à l'air alors que je venais d'ouvrir la porte du café.
***
Le lendemain.
Je ressortais de l'université en ce beau jeudi. Le ciel était dégagé pour la première fois. Je racontais à Tyler ma journée d'hier et elle semblait y prendre un grand plaisir. Elle étudiait la psychologie et avait la sale manie d'étudier chaque mot que je sortais.
- Et ?
- Que voulais-tu que je fasse Tyler ? Je lui ai dit que non.
- Mais tu es bête ?
- Pardon ?
- Bah si ma chérie hein. De ce que j'ai compris, il n'est pas si con que je le pensais. Donc, tu aurais pu faire un effort non ?
- Que ma tante me voie rentrer dans la voiture d'un homme ? Tu veux que je meure ou quoi ?
- Tu as trop peur et quand bien même, elle te verrait et puis quoi ?
- Tu parles parce que tu ne sais pas.
- Je connais ta tante et le fait qu'elle ne m'apprécie pas, mais je sais aussi que tu n'es plus une enfant.
- Écoute Tyler. Je ne veux rien avoir à faire avec cet homme et normalement t'es censée soutenir ta meilleure amie, ce n'est pas ça ?
- Laisse tomber tête de mule. Il s'appelle comment sinon ?
- Bah...
Je prenais le temps de réfléchir. Oups.
- Je ne lui ai pas demandé, de toute façon, je n'en ai rien à faire. On ne se reverra pas.
- Je me demande bien ce qui ne va pas dans ta tête.
- Oh... Ty lâche-moi avec tes histoires aussi. Je n'aurai jamais dû te le dire.
- Comme tu veux. Je vais aller manger une glace, tu viens ?
- Sans façon. J'ai mal à la gorge.
- Oh... à demain alors.
- À demain.
Je rentrais à la maison aujourd'hui plus tôt que d'habitude. J'entrais et trouvais ma tante assise derrière sa machine à écrire. Elle leva les yeux,par-dessus ses lunettes pour me scruter.
- Tu rentres tôt aujourd'hui...
- Les cours sont finis plus tôt. Dis-je simplement.
- Tu attendais un colis ?
- Non, pourquoi ?
- Tu t'es faîtes livrer quelque chose. C'est dans ta chambre.
- Ah bon.
- Sinon Isabelle, hier, tu as mal fait la lessive, tu risques d'abimer tous mes vêtements, je te les ai remis dans le panier et s'il te plaît cette fois lave les bien, je ne veux pas d'incapable chez moi
- Bien-sûr ma tante, je te reviens.
Je montais dans ma chambre, curieuse de connaître ce colis mystère. Je déposais mon sac et j'avançais vers le lit. Prenant le temps de déballer, je découvris à mon grand étonnement un ordinateur et un téléphone portable. J'hallucine. Elle n'a pas osé. En plus ce ne sont pas les mêmes modèles. Ceux-ci sont cent fois mieux.
Je laissais mes nouveaux appareils là-haut et descendait avec un foulard noué sur ma tête, prête à m'attaquer à cette lessive. Il avait beau être dix-huit heures, ma tante n'en avais rien à faire, il fallait que je fasse son travail, peu importait l'heure.
***
Le jour d'après.
c'est toute contente que j'allais voir ma meilleure amie et lui faisait le plus long câlin de l'humanité. - Hé mais qu'est-ce qui t'arrive.
- Merci merci merci merci merci merci merci merci merci merci. - Mais quoi ?
- T'es vraiment une amie en or, tu le sais ça.
-Je pourrais en être une en diamant, mais seulement si tu me dis ce que tu as.
- Le Mac et le portable. Sérieux t'étais pas obligée.
- Mais quel Mac ?
- Ne fais pas semblant, je sais que tu m'as envoyé un nouvel ordinateur et un téléphone. Promis je te le rembourserai jusqu'au dernier centime.
- Je ne t'ai rien envoyé du tout.
- Pardon ?
- Je ne t'ai rien envoyé.
- Mais Il n'y avait que toi qui savait que je les avais plus.
- Je ne sais pas réfléchis. Peut-être ta tante s'en est rendue compte et t'en a acheté un neuf.
- Tu es sûre qu'on parle de la même tante ? Elle ne dépenserait pas un centime pour une erreur de ma part.
- Et à part moi, à qui d'autre, tu l'as dit ?
- Mon voisin d'hier qui me demandait pourquoi j'écrivais dans un bloc note au vingt et unième siècle et à l'homme de...
Tout prenait place dans ma tête tel un puzzle. Tout s'explique. - D'où il se permet ?
- Tu penses que c'est l'homme de l'orage.
- Bien-sûr que c'est lui. Il n'y a que lui. Comment ose-t-il ?
- Probablement il t'aime bien, tu ne penses pas ?
- Mais je ne veux pas de ce genre de chose. Pas venant de lui.
- Je ne sais pas Isabelle, mais si tu l'intéresses laisse lui sa chance, tu ne crois pas ?
Je me taisais. Peu importe ce que je dirai, Tyler le contredira. Je mettais le Mac Book au fond de mon sac et reprenais mon Bloc Note. Je ne le connaissais pas et il se donnait le droit de m'offrir des choses, je le lui rendrais quoi qu'il advienne.
Ma journée ne fut pas longue, je me permis de sortir avant la fin du cours,afin d'éviter la foule. Tyler avait de la chance elle. Elle vivait à deux pas d'ici. Je m'engouffrais dans mon pullover après avoir mis mes écouteurs. Qui est-ce que je pouvais intéresser ? Tyler est drôle des fois.
- Isabelle.
Je ne m'étonnais même pas d'entendre cette voix. Je savais que je le reverrais. Alors, je me tournai vers l'homme qui deviendra bientôt l'être le plus important de mon existence. Celui qui déterminera mon futur, mais ça comme toujours, je ne le savais pas.
Mariaacorazon