Tyler
Cela fait deux heures que nous nous sommes endormis lorsque j'entends des bruits dans le couloir malgré qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter, je passe la main sous mon oreiller pour attraper mon arme par précaution.
Cinq minutes passent dans le silence avant que la porte de notre chambre s'ouvre d'un coup et j'attrape mon flingue tout en poussant Tara sans délicatesse à côté du lit.
Les balles fusent, je riposte et je me mets parterre à côté du lit rejoignant Tara tout en lui baissant la tête.
- C'est quoi ce bordel ?! Crie Tara totalement apeurée.
- Couche toi ! Lui crié-je.
Que font les hommes de mon père ici ?! Personne ne savait qu'on partait !
Comment ont-ils su et pourquoi me tire-t-il dessus ?! Mon père aurait-il décidé de me tuer aussi alors ?!
- Tyler ! Ton père est furieux ! Tu dois revenir avec nous ! Crie l'un d'eux.
- Vous avez de drôle de manière de me convaincre. Crié-je. Vous essayez plutôt de me buter là !
- C'est toi qui avais ton arme pointée sur nous ! On a fait que de se défendre ! Sors et suis-nous ! Tara n'a qu'à rester là !
Je regarde Tara apeurée, elle me tient le pantalon en me faisant signe de ne pas bouger.
Je ne sais pas quoi faire, je ne veux pas qu'elle et notre enfant soient blessés. Je pèse le pour et le contre et je lui tends mon flingue tandis qu'elle me regarde confuse.
- Non. Me supplie-t-elle.
Je l'embrasse sur ses lèvres, celles-ci tremblent tellement tout comme les miennes et je lui caresse les cheveux tout en posant mon autre main sur son ventre tendrement.
- Nous serons bientôt réunis, je vous le promets.
Tara pleure maintenant et je lui enlève sa main qui me tient et je me lève.
- Je vous suis mais laissez Tara tranquille ! M'exclamé-je.
Les quatre hommes se firent un signe de la tête et rangèrent leurs armes.
Je les suis en jetant un dernier coup d'œil à Tara qui me supplie du regard de ne pas partir.
Arrivé dans le couloir, là près de l'ascenseur, je l'aperçois : Mon père, cet enfoiré !
Toujours sur son trente et un comme si ça change la pourriture qu'il est qi me lance un regard plein de dégoût autant que j'en ai pour lui.
- Rentrons ! Fait-il à ses hommes en montant dans l'ascenseur.
Tout se passe vite, Tara apparaît d'un coup devant l'ascenseur armé de mon flingue tirant sur les derniers qui rentrent dans l'ascenseur.
Je fonce vers elle en voyant les autres ressortir leurs armes quand mon père tire deux coups en direction de Tara.
La première balle frôle mon torse, la deuxième siffle dans mes oreilles.
Je relève la tête, Tara gît sous moi pleine de sang au visage.
Mon cœur s'arrête sur le coup et ma colère explose.
Je la secoue dans tous les sens en hurlant, ses yeux ne s'ouvrent pas, sa respiration... Sa respiration est presque nulle !
Des gens sortent de leur chambre en hurlant en voyant la scène et quelque chose de dure me tape sur la tempe avant que ce soit le silence.
Dylan
Je conduis mon Audi GT noire dans les rues sombres de Los Angeles, je ne sais pas où je vais mais j'ai vraiment besoin d'air.
Qu'est-ce qu'elle a dans la tête pour qu'elle ne me dise rien ?!
Elle m'a juste envoyé un texto pour dire qu'ils partaient.
Elle sait ce qui va arriver alors pourquoi faire ça ?!
Pourquoi s'enfuir alors que nous sommes ici et que nous sommes sa seule famille ?!
Mon téléphone n'arrête pas de sonner mais je ne veux pas répondre ce n'est pas elle.
Je remets le son de la musique plus fort et je roule.
Je n'ai plus rien à perdre, elle ne reviendra pas ; ma petite sœur ne reviendra pas.
Sept heures du matin, je rentre l'Audi dans l'allée où j'aperçois tout le monde sur la terrasse et ils accourent quand je me gare.
Je les regarde tous débraillés dans des états pas possibles, mais qu'est-ce qu'ils ont ?
Isabella saute dans mes bras dès que je sors de la voiture, elle est en larme, elle crie je ne comprends rien.
Les autres se sont arrêtés à deux mètres de nous, la mine déconfite, les yeux gonflés tous regardent le sol pas un ne me regarder en face.
- Bordel ! Mais qu'est-ce qui se passe ? Hurlé-je alors que Isabella se recule de moi.
Edward s'avance plus près. Ses yeux bruns sont d'habitude si inexpressifs mais là, ils sont entrain de pleurer.
Il pose ses deux mains sur mes épaules et les serre avant de me dire :
- Tara...
Je le regarde droit dans les yeux.
- De quoi Tara ? Demandé-je paniqué.
Edward resserre ses mains plus forts et continue.
- Elle est dans le coma....
La colère et la peur m'envahit, j'hésite un moment puis mon corps réagit à ce qu'il vient de dire et la rage prend le dessus.
Je repousse Edward de toute mes forces, malgré sa corpulence il lâche prise. Min Ho essaye de me retenir mais d'un coup de poing je l'envoie à travers la haie. Connor me saute dessus et me plaque au sol avec l'aide d'Edward.
- Calme-toi Dylan !!!
Je les entends crier mais la fureur étouffe leurs paroles.
Pas Tara non pas elle ! ils ne peuvent pas lui avoir fait ça et lui où était-il ?!
Pourquoi ne les a-t-il pas défendus ? Il l'avait promis !
Je savais que son père ne les laisserait jamais faire !
Je savais qu'elle souffrirait encore et que jamais elle ne pourrait vivre tranquille avec lui tant que son père s'y opposerait.
Je sens une main me frôler le visage, Isabella est à côté de moi essayant de retenir ses larmes pendant que les autres desserrent l'emprise qu'ils ont sur moi.
Je m'assois dans la pelouse, j'ai la tête en feu.
Edward et Min Ho me relèvent pour m'amener dans la villa où je tombe raide sur le divan sous le choc de la nouvelle...
Tara
Cela fait une semaine que je suis réveillée et je commence enfin à marcher avec une tribune mais je n'ai toujours pas retrouvé la mémoire. D'après les médecins c'est du au choc, ça devrait me revenir avec le temps.
Si j'ai bien compris du peu qu'on m'a dit je m'appelle Tara Stones, j'ai dix-sept ans et je vis à Los Angeles.
Mise à part ça, on ne m'en a pas dit plus et vu que je suis en Italie, je n'ai encore vu personne.
J'ai beau réfléchir, je ne me souviens de rien. Mais surtout pourquoi suis-je en Italie ?
Et pourquoi on n'a pas retrouvé un seul de mes papiers ni mon portable sur moi ?
Je me perds dans mes pensées quand des bruits de pas lourds courant dans le couloir me réveillent de mes pensées.
- Tara !
Un mec s'avance vers moi du fond du couloir tout essoufflé et me fait des signes tout sourire. Je reste appuyée sur ma tribune comme une idiote en le dévisageant : « C'est qui ça ? »
Il doit faire un mètre quatre-vingts et paraît bien bâti, il a les cheveux mi long blond coiffé en arrière et des magnifiques yeux bleus.
Il est vêtu d'un jeans noir, d'un t-shirt noir et d'une veste en cuir noire...
À croire qu'il va à un enterrement celui-là me dis-je.
Sans que j'aie le temps de dire quelque chose, il m'enlace dans ses bras, Je voudrais le repousser mais je n'en ai de toute façon pas la force dans mon état et vu sa carrure.
Je ne sais pas pourquoi d'un coup, j'ai l'impression d'être enfin relaxée.
Ses bras m'entourent et ma tête se trouve sur son torse où je peux entendre son cœur battre à tout rompt, le souffle de sa respiration est saccadé et coupé à chaque resserrement de ses bras sur moi.
Qui est-il ?
Il relâche son étreinte et s'essuie les yeux avant de plonger ses grands yeux bleus dans les miens tout inquiet.
- Donc, c'est vrai...
Son regard est triste mais aussi je sens une pointe de furieux émaner de lui alors qu'il me regarde de haut en bas tout en posant ses mains sur mes épaules.
Je sens un frisson me parcourir tandis qu'il arrête son regard sur mon ventre pendant un long moment et je vois à nouveau les larmes montées dans ses magnifiques yeux.
Il détourne son regard quand il remarque que je le fixe, respire un bon coup avant de me faire faire demi-tour et me ramener dans ma chambre.
Il m'aide à me remettre sur mon lit et s'assoit à côté de moi en me tenant la main sans un mot.
J'ai beau essayé de savoir qui il est et à quoi il pense, je n'y arrive pas, mais qui est-il ?
Est-ce mon mec ? Si oui et ben j'ai de bons goûts !
Je continue à le dévisager alors qu'il reste là à regarder nos mains sans rien dire le regard perdu.
J'aimerais lui poser des questions mais j'ai peur.... De quoi je ne sais pas.
Une impression m'a traversée l'esprit me disant de me méfier de lui mais pourquoi ?
Il relève enfin ses yeux bleus sur moi mais d'un air interrogateur comme s'il avait entendu mes pensées.
- Tu as certainement des questions à me poser. Finit-il par dire. Mais je ne peux répondre à tous.
Je le regarde pleine d'interrogation. Pourquoi ne pourrait-il pas me répondre si nous sommes si proches ou alors nous ne le sommes pas ?
Sans m'en rendre compte, j'ai enlevé ma main de la sienne et à voir comment il me regarde, je dois avoir une drôle de tête en me posant ces questions car son regard est devenu maussade et triste.
Dylan
J'ai décidé de ne rien lui dire pour Tyler et le bébé selon les conseils du médecin mais entre nous, je n'avais pas prévu de lui en parler.
Je lui ai parlé de l'orphelinat, de nos amis, de la villa que nous partageons tous les sept et du club du Millénium que nous tenons.
Je n'aime pas lui mentir mais elle n'a plus à s'inquiéter de lui où qu'il soit, il l'a laissée à son sort sans se retourner.
Je passe ma main dans mes cheveux, cela fait une semaine que je suis arrivé et nous retournons enfin chez nous à Los Angeles.
Elle sort de la salle de bain, elle porte un jeans blanc troué avec un top brun court que j'ai été lui acheter hier.
Heureusement ces vêtements lui vont à ravir comme d'habitude.
- Que regardes-tu ? Me demande-t-elle voyant que je la mate.
Surpris, je ferme en vitesse la tirette de son sac, attrape mes clés de la voiture de location avant de lui lancer non chaleureusement.
- Rien, je me disais qu'il t'en fallait du temps pour si peu de chose ! Et je sors de la chambre.
- Attends-moi ! Crie-t-elle en attrapant sa veste et me rejoignant toute titubante.
J'avais oublié qu'elle était encore en convalescence, je ralentis mon allure et une fois qu'elle arrive à ma hauteur lui tends la main pour l'aider.
Elle hésite mais la prend et nous sortons de l'hôpital.
- Quelle chaleur ! Fait-elle en relevant sa crinière dorée.
Elle attrape son élastique noir de son poignet et attache ses cheveux en chignon.
Je me suis toujours demandé comment elle arrivait à les attacher si facilement.
Une fois de plus, elle me regarde interrogative.
- Ça y est t'as fini on peut y aller on va rater l'avion ! Lui fais-je en ouvrant la porte de la voiture.
Tara
Ce qui est sûr c'est qu'on n'est pas en couple lui et moi. Si j'ai tout suivi on est amis d'enfance et très proche.
C'est peut-être pour ça que je me sens si bien en sa présence.
Il n'a pas voulu me parler de beaucoup de choses et j'ai encore tellement de questions pourtant je n'ai pas insisté.
Ce qui est sûre c'est qu'il me cache des choses.
Quand je lui ai demandé pourquoi j'étais en Italie, il a évité la question en prétextant un appel... Pourtant son téléphone n'a pas sonné j'en suis sûre.
En ce qui concerne le fait que j'étais à l'hôpital, une fusillade aurait éclaté dans l'hôtel où je me trouvais et pas de chance.
- Je vais faire un somme. Me fait Dylan en mettant sa casquette sur ses yeux. On en a pour quatorze heures de vol, tu devrais dormir aussi.
Dormir, j'ai dormi assez !
J'essaye dès que je peux de me rappeler le moindre évènement, mais rien.
Les médecins italiens m'ont expliqué que de retour à Los Angeles, ça pourrait débloquer ma mémoire en retrouvant des lieux et amis familiers.
Pourtant je n'ai eu aucune réaction avec Dylan mise à part le fait que je me sente bien en sa présence depuis notre rencontre.
Je le regarde dormir, enfin le peu que je vois avec sa casquette baissée... Il est quand même canon, même très canon.
Il a un visage si parfait malgré sa barbe de quelques jours et je ne parle pas de ces cheveux blonds magnifiques.
Il doit avoir beaucoup de prétendantes à Los Angeles surtout si on est gérant d'une boîte de nuit.
--------------------------------------
Retour à la maison
--------------------------------------
Nous voilà à Los Angeles où nous arrivons devant une magnifique demeure avec une piscine.
- Euh, c'est de la super villa ! Fais-je impressionnée.
- J'avoue. Fait Dylan en se garant dans l'allée.
Je sors émerveillée par la villa. Tout est lumineux, plein de grandes baies vitrées où on a sûrement une magnifique vue.
Arrivée dans le hall, deux filles arrivent et me prennent dans leurs bras en pleurs.
L'une d'entre elle est petite, plus petite que moi genre un mètre cinquante-trois, elle doit être coréenne avec ses cheveux raides noires et ses yeux un peu bridés.
Je pense que c'est Shin Ho si j'ai bien écouté Dylan. L'autre fille doit être Isabella, grande avec de longs cheveux noirs et elle me serre de trop.
- Ça suffit les filles. Laissez là rentrer quand même !
A deux mètres de nous, un grand gaillard costaud black me sourit, ça doit être Edward.
Derrière lui, se trouve un autre coréen, ça doit être Min Ho le frère de Shin Oh,
Il me fait un signe de la tête en souriant avant de venir tirer sa sœur accrochée à moi.
- Désolé Tara, elles sont heureuses de te voir. Me lance-t-il en me faisant un clin d'œil. Allez les filles ! Laissez-la souffler.
Les filles reculent tout en continuant de me regarder, les yeux pleins de larmes.
- Désolée Tara. Marmonne Isabella. On est tellement contente que tu ailles bien malgré tout ce qui s'est passé.
- Allez, allez. Fit Dylan en me poussant vers l'escalier. Je la conduis à sa chambre, elle n'a pas dormi pendant le vol elle doit être crevée.
Je les regarde en souriant et je suis Dylan vers l'escalier.
Je commence à monter les marches et là mes jambes refusent d'avancer, elles tremblent comme si je n'avais plus aucune force.
Je ne me sens pas partir et tout ce que je vois c'est Dylan lâcher le sac et m'attraper dans ses bras avant que je ne m'écroule.
Dylan
Je l'ai rattrapée de justesse, je savais qu'elle aurait dû se reposer dans l'avion mais elle est toujours aussi têtue.
Je la porte dans les escaliers jusqu'à sa chambre où elle marmonne dans ses dents quand je la pose sur son lit. Je lui enlève ses baskets et lui remets la couette sur elle.
Elle a l'air tellement fragile, ça me fend le cœur de la voir ainsi. Elle qui est si têtue, si directe et qui n'aime se reposer sur personne sauf sur moi...
Pourtant elle m'a abandonné sans se retourner pour lui !
Je lui caresse la joue. Pitié faites qu'elle ne se souvienne pas de ce qui s'est passé, elle m'en voudra à mort de ne lui avoir rien dit.
Je redescends les escaliers après m'être assuré qu'elle dort bien.
Je vais dans la cuisine me prendre une bière, Shin Ho et Isabella sont sur la terrasse près de la piscine en train de parler.
Je me rends dans le salon où se trouve Edward et Min Ho qui ont l'air en grande discussion mais s'arrête à mon arrivée.
- Comment va-t-elle ? Me demande Edward d'un air inquiet.
Je m'installe dans le divan, enlève ma casquette et bois une gorgée de ma bière.
- Physiquement ça va, mentalement elle ne se souvient de rien. Donc pour l'instant, on ne parle pas de lui ni d'eux devant elle.
Min Ho n'a pas l'air d'accord et ça se voit sur son visage pourtant il ne dit rien et allume une cigarette.
- Connor est déjà parti au Club. Fait Edward. Il devait faire l'inventaire pour ce soir.
- Aucune nouvelle de lui et des autres. Remarque Min Ho, Comme s'il n'avait jamais été en Italie.
Je le regarde surpris, il aurait disparu pour du bon ça n'est pas possible.
Son père aussi ne serait plus en ville. Mais que s'est-il au juste passé dans cet hôtel ? Il n'est quand même pas mort ?
Je me gratte la tête en réfléchissant à ce qui aurait pu arriver.
Oui il les aurait retrouvés mais s'ils n'étaient pas revenus ici où sont-ils et pourquoi il n'a pris aucune nouvelle de Tara ?
Sait-il qu'elle est vivante et que leur enfant est mort ?
Trop de questions sans réponse et le fait qu'on ne les voit plus en ville est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ?
- Dylan, nous avons fait ce que tu nous as demandé. Tout se trouve dans le grenier. Me dit Isabella en rentrant dans la pièce.
- Tu crois vraiment que c'est une bonne idée ? Demande Shin Oh. Ça aurait pu l'aider à se rappeler.
Je la regarde avec une pointe de colère. Se souvenir de quoi de qui ?!
Cette ordure ne la mérite pas et si elle ne s'en souvient plus et bien tant mieux.
Je ne lui réponds pas et je bois ma bière d'une traite avant de me lever.
- Je vais me laver et j'irai rejoindre Connor au Millénium. Fais-je. Je vous laisse vous occuper de Tara.
Arrivé à l'étage, je tourne vers sa chambre où elle dort toujours.
- Ne t'inquiète pas, on sera toujours avec toi. Et je referme la porte.
En rentrant dans ma chambre, je file à la salle de bain me rafraîchir. J'enfile une serviette autour de ma taille et fais un arrêt devant la photo sur mon bureau.
J'ai hâte qu'on soit à nouveau tous fusionnel et que cette histoire soit un lointain souvenir.
J'enfile mon jeans, ma chemise noire et mes chaussures cirées noires. Pas de casquette au boulot, je prends donc des lunettes de soleil pour tenir mes cheveux en place.
Il serait temps que je les coupe d'ailleurs.
Je descends, j'attrape les clés de l'Audi et je pars sans me retourner.
Tyler
Cela va faire dix jours que cela s'est passé mais dans ma tête c'est comme si c'était hier.
Elle était là étendue pleine de sang, je ne sais même pas si elle est en vie ou non.
J'ai voulu me renseigner auprès des hôpitaux mais je n'ai rien su savoir, comme si quelqu'un les avait prévenus de ne rien me dire.
Je suis enfermé dans une suite du Tui Blur Tropea, un des plus grands hôtels d'Italie.
Bien entendu sans téléphone ni portable, ça aurait été trop beau.
Cet enfoiré n'est toujours pas venu me voir et d'ailleurs est-il encore en Italie ?
Il y a une vingtaine de ces hommes dans l'hôtel pour me surveiller et le service d'étage est fait par une pute, il n'y a pas d'autres mots, elle pourrait relever sa jupe plus haut et ouvrir plus grand son décolleté, elle le ferait.
Je me couche à nouveau sur le lit en sortant mon portefeuille de ma poche.
J'en sors deux photos ; une de ma magnifique Tara et l'autre est l'échographie de notre enfant.
J'ai beau être un dur, les larmes coulent toutes seules dès que je regarde ses photos.
Que nous est-il arrivé ? Tout était programmé, même ses amis n'étaient pas au courant de notre départ et de notre destination.
Même Dylan n'en savait rien, sinon le connaissant il l'aurait enfermé dans la villa sans jamais la laisser ressortir.
Dylan a toujours été très protecteur sur ses amis mais surtout Tara alors si en plus, il savait que c'est sa sœur.
Perdu dans mes pensées je ne l'ai pas entendu rentrer. Un coup de pied dans le lit me sort de mes pensées.
- Bordel ! Te v'là enfin ! Crié-je
Il se retourne et il prend place dans le fauteuil.
Il a encore un de ces foutus costumes noirs taillés sur mesure, ainsi que ces cheveux longs plaqués noirs qui le rendent pour moi sinistre. Pourtant toutes les femmes qui le croisent veulent être avec lui. Toutes des putes !
- Tyler, je pense qu'il est temps pour nous de rentrer à Miami. Me dit-il en allumant une cigarette.
Il me regarde intensément.
Je me retourne et allume une cigarette aussi tout en allant sur le balcon pour éviter de lui foutre mon poing dans la figure et de dévisager son visage d'enculé.
- Tu vas me garder enchaîner comme tu as fait avec maman ! Lui lancé-je sarcastique en tenant son regard.
Il ne bronche pas et se lève vers le bar où il se sert un whisky.
- Pense ce que tu veux. Me lance-t-il. Je t'avais dit que tu ne pouvais plus continuer avec elle.
- Bordel ! Hurlé-je. De quoi tu parles ! Elle est enceinte et toi tu lui as tiré dessus.
J'ai sans m'en rendre compte avancé sur cet enfoiré et l'ai plaqué contre le mur faisant renverser au passage les bouteilles du bar.
Il me toise encore, pourtant nous sommes de la même taille et il ne prend pas la peine d'essayer de me faire lâcher prise alors que je continue à l'insulter.
- Tu n'es qu'un salop ! Elle était toute ma vie connard ! Hurlé-je. J'ai honte d'être ton fils ! Rends-la moi ! Rends-les-moi ! Rends-les-moi !
Je suis hors de moi, sa tête se secoue d'avant en arrière sous ma main jusqu'à ce qu'il me marmonne quelque chose. Je le lâche aussitôt et lui fait fasse comme un pantin désarticulé.
- Qu'as-tu dit ? Marmonné-je.
Mon père se penche à nouveau vers mon oreille et me dit :
- J'ai tué les parents de Tara.
- Non, non ce n'est pas vrai ! Tu mens c'est un mensonge.
Je m'écroule à terre. Il ment. Ce n'est pas vrai, mon père invente tout ça pour que j'abandonne.
Mes membres sont lourds sous le poids de cette révélation.
Je suis sous le choc. Je n'arrive plus à parler, je suis écœuré de ce qu'il vient de dire... la bile me monte, c'est un cauchemar...
Voilà donc ce que mon père ne veut pas que Tara et Dylan découvrent et tout ça fait de moi le fils de l'assassin de leurs parents...
Un an plus tard...
Tara
- Shin Oh, Isabella dépêchez-vous ! On va être en retard ! Crié-je du bas des escaliers.
- On arrive ! Me crient-elles en cœur de l'étage.
Ce soir nous travaillons au bar du Millénium où j'ai vite repris mes marques comme si c'était tout naturel.
Par contre en ce qui concerne ma mémoire, elle n'est toujours pas revenue ; j'ai des morceaux emmêlés dans ma tête mais rien de concret.
Il nous a tous fallu du temps pour nous remettre de cet accident et surtout réapprendre à nous connaître.
J'aime cette vie donc ça ne me pose pas de problèmes d'avoir oublié parce que j'ai des amis formidables et un boulot au Millénium que j'adore.
Dylan est incroyable, il ne m'avait pas précisé qu'en fait il était le DJ vedette du Millénium et comme je le pensais, il y a tellement de prétendantes autour de lui que je m'étonne qu'il soit toujours célibataire.
J'enfile mes cuissardes en daim brun en les entendant enfin descendre.
Vu que je suis au bar aujourd'hui, j'ai opté pour un style simple mini short rouge avec un haut court à longue manche.
- On peut y aller. Me fait Shin Oh en arrivant au bas de l'escalier.
- C'est moi qui conduis ! S'écrie Isabella en attrapant les clés de la Mustang sur l'armoire.
Shin Oh me regarde dépitée ; elle va encore stresser pendant tout le chemin.
Il faut avouer qu'Isabella et moi sommes très dures au volant contrairement à Shin Oh qui n'a pas son permis depuis longtemps.
Je la regarde et lui fait un sourire d'encouragement en m'avançant dans l'allée où Isabella a déjà avancé la voiture toute folle au volant.
- Dépêchez-vous ! Nous crie-t-elle.
Shin Oh monte à l'arrière de la voiture en s'empressant de mettre sa ceinture, Isabella me regarde en rigolant et démarre en trombe.
Dylan
Pfff... Il fait chaud aujourd'hui mais heureusement que l'air conditionné fonctionne parfaitement dans le club.
Edward et Min Ho achèvent de vérifier les stocks de boissons avant de reprendre leur place à l'entrée pendant que Connor surveille les projecteurs.
Je m'installe derrière la table de platine, un pur plaisir me voilà emporté dans mes sons.
Cette année a été très paisible, malgré le fait que Tara n'a pas recouvert la mémoire.
Elle s'est très bien habituée à notre rythme, inconsciemment, elle a toujours été la plus rythmée de la bande.
Elle n'a plus rien demandé sur ce qui s'était passé ce fameux jour en Italie depuis ces six derniers mois, je pense qu'elle s'est résignée et qu'elle a enfin repris sa vie en main.
- Et voici les plus belles filles de Los Angeles, les anges du Millénium ! Crié-je au micro en les voyant rentrer.
Elles me toisent toutes les trois avant de se mettre à rire et viennent me rejoindre sur scène derrière les platines.
Isabella porte un jeans large troué avec un t-shirt noir court, Shin Oh toujours dans ses belles mini robes noires.
Je me demande d'ailleurs si elle prend la taille enfant. Je ris à l'intérieur de moi.
Mais que dire de Tara ?! Elle éblouit tout sur son passage rien que par sa présence.
- Ça va t'es prêt à enflammer la piste ! Me fait Shin Oh en se dandinant contre moi.
Bon oui, elle a une taille d'enfant mais elle a les formes là où il faut.
Min Oh me fait une tape sur la tête...Je ne l'avais pas vu venir lui.
Tout le monde éclate de rire avant de prendre chacun sa place dans la boîte.
Je descends de la scène pour aller chercher une bouteille au bar avant que je ne commence mon tour de DJ et ne voyant pas ma bouteille, je me dirige à la réserve.
Tara sort de celle-ci sans crier gare et nous nous percutons.
- Tu vas bien ?
Elle reste blottie contre moi sans rien dire, ses mains posées sur mon torse et je recule un peu ma tête pour entrevoir son visage.
Elle se décale aussitôt gênée se mordant la lèvre.
- Oups désolée. Me fait-elle en souriant. Je n'ai pas regardé où j'allais.
- Pas besoin de t'excuser, j'ai fait pareil.
Elle sourit puis retourne près des filles.
Je suis retourné à mes platines pour lancer des musiques endiablées pendant que le Club se remplissait.
Mais je n'ai que l'image de son visage gêné en tête et ce n'est pas la première fois.
Je la surprends souvent en train de me fixer et de détourner le regard comme si de rien était.
Tara
J'ai beau essayé de rester concentrer, je n'y arrive pas depuis que nous nous sommes percutés tout à l'heure ; j'ai eu une image flash de Dylan m embrassant dans ma chambre.
Je ne comprends pas, il m'a certifié que jamais on avait franchi la ligne de fraternité lui et moi malgré notre complicité. Pourtant d'où est-ce que ça vient ?
Serait-ce un souvenir ou un fantasme ? Parce qu'il est vraiment canon surtout là quand il est aux platines.
J'ai toujours du mal à détacher mon regard de lui quand il exprime son talent sur scène.
Me voilà à nouveau en train de le mater quand un gars qui était assis au bar m'appelle.
- Je vous sers quoi ? Crié-je en lui mettant un carton.
- Un Gin coca !
Je me retourne et m'empresse de lui servir et il me tend un billet en criant quelque chose.
- Désolée je n'ai pas compris ! Fais-je.
- Comment va Tyler ? Me répète-t-il.
- Désolée, je ne connais pas de Tyler. Lui répondé-je et je m'empresse de suivre le cri des commandes un peu plus loin.
Tyler
Ça fait plus d'un an que je n'ai pas remis les pieds à Los Angeles, ça n'a pas l'air d'avoir trop changé en apparence mais pour moi tout a changé.
Je retrouve ma Porsche dans le garage privé de l'aéroport où je l'ai garée il y a plus d'un an.
Il est quatre heures du matin quand j'arrive en ville, c'est toujours aussi animé mais pour moi c'est l'enfer cette ville.
Tout me rappelle Tara, même cette voiture que j'ai acheté au lycée juste parce qu'elle l'avait trouvée belle dans un magazine.
Je prends l'intersection sans me rendre compte que je me rends à leur villa.
Arrivé devant, tout est éteint dans la villa sauf les allées... Ces allées où je l'ai ramenée tant de fois.
De là, je peux voir les fenêtres de sa chambre et je l'imagine me faire signe avant de descendre me rejoindre.
Les larmes me montent aux yeux.
- Bordel ! Qu'est-ce que je fous ?!
Je redémarre en trombe. Il faut que j'évite ce genre de choses... Elle n'est plus là et ses amis n aimeraient pas me voir traîner dans le coin.
Je fais des tours en ville parce que je ne veux pas rentrer à la villa où il y a là-bas aussi beaucoup de souvenirs.
Je décide de m'arrêter dans un bar, le meilleur moyen de faire passer tous ces sentiments qui remontent à la surface.
Cette année, j'ai beaucoup travaillé pour le gang de mon père à Miami. Il a enfin décidé de me laisser rentrer à Los Angeles pour reprendre en main mon gang.
J'ai fait de belles conneries là-bas et j'ai failli y passer plus d'une fois. Il faut croire que j'ai une bonne étoile qui me surveille et je sais que du ciel, elle veille sur moi.
Je commande une bouteille de whisky mais les verres sont vraiment trop petits donc je bois à la bouteille.
Une fille maquillée comme une pute n'arrête pas de me fixer en souriant mais je m'en fous, ma bouteille est bien plus intéressante.
Elle se lève et s'approche pourtant de moi. Elle est habillée d'une mini robe noire en cuir où on peut entrevoir toute ses formes... Limite même un peu trop de formes.
- Salut toi ! Me lance-t-elle. N'aurais-tu pas une cigarette pour moi ?
Je lui tends mon paquet sans un regard. Elle n'a pas compris que je veux être seul et s'assoit collée à moi en posant sa main sur ma cuisse.
- Tu aurais besoin de compagnie, tu as l'air seul avec ta bouteille. Me fait-elle langoureusement en faisant un va et vient sur ma cuisse.
Je ne relève pas, je m'en fous. Je porte la bouteille à ma bouche et avale une bonne gorgée.
Elle se penche vers mon cou et commence à me faire des bisous.
- Waouh, ils sont magnifiques tes tatouages ! S'exclame-t-elle en posant ses doigts pour en contourner les traits.
- Dégage sale pute ! Claqué-je en la poussant de la banquette si fort qu'elle se retrouve au milieu du chemin les fesses à l'air.
C'est trop ! Personne ne se permet de toucher mes tatouages sans mon autorisation surtout avec ces doigts puants qui traînent je ne sais où !
Je bois à nouveau à ma bouteille sans me préoccuper de la pute, ni des malabars qui arrivent de l'entrée.
Tout se passe vite, je n'ai pas eu le temps de comprendre que je me bats avec les trois malabars.
Personnellement, ils ne font pas le poids mais je suis crevé de ma journée et le whisky commence à me monter à la tête.
Je n'ai d'autre choix que de sortir mon flingue pour les tenir à distance le temps que je prenne ma bouteille.
Ben oui y en a encore et je sors de ce bar miteux.
Je rejoins ma Porsche et je démarre à toute allure jusqu'à ma villa.
Je me gare sous le porche mais je ne peux pas rentrer... Tout mon corps refuse de franchir cette porte.