Et s'il était l'heure ?
et s'il était l'heure ?
Oh là dans quelle circonstance
la mer ferait la tête aux bateaux
avec quelle insistance
les arbres d'aujourd'hui boudent
aux oiseaux
Oui faire toutes les prières
demander du clair au sommet
remercier tous les clercs
le dire à qui peut entendre
bien là-haut
où conduire la vague
ses milliers de corps mous
éviter le creux des sables
où s'échouent tant d'idéaux
ô vil lamento
À la figure du monde
Et la figure du monde se reflète
Dans le fourmillement de l'eau sur l'étang
Si tous les corps dansent à la surface
pantins gesticulés des eaux troublées,
la musique du grand orchestre demeure
inaudible ici
à leurs pauvres oreilles.
Et leurs yeux sans lumière se noient.
Rien ne sert de tendre une main
le bruit de ce silence mange tout,
le soleil, le printemps, l'aurore
sont encore langue inconnue.
À trépigner le ciel
Je participe de la course des nuages
affolé ou surpris dans les airs
j'alterne de couleurs blanches et d'ombres
je filasse les heures à trépigner le ciel !
Je cherche par cette très large danse,
à l'azur des étés, ton dessin éternel...
Alors j'écoute la poudre du chemin
Dans la poudre du chemin
mes pas claquent
le tissu crisse entre mes jambes
le vent s'effiloche et picote
devant moi en pavillons d'air
il fagote des syllabes
presque humaines
alors j'écoute
l'horizon bossu les arbres
le pré traversé la pierre roulée
le papier à emballage du ciel
dressent le roman.
Août 2015
Chercher sa place, croire qu'elle existe quelque part ?
le drame de la destinée t'a fait seul
plus de fauteuil au cœur du foyer
plus de filet en liens d'amour
plus d'évidences aux contours matériels
Comment élever ton âme
jusqu'à saisir
l'Univers en place et l'Amour sans contour...
Atome
Comme un atome d'air
Ce matin me chante
Pour des horizons bleus,
l'éther est dans le cœur
Léger, je bouillonne d'amour...
Au ravissement
Et ça tape à la poitrine
enflée mûrie
dans l'émerveillement du ciel
les heures claires et pures jubilent
Partout et tout autour
scintille le temps
aux puissances magiques,
la force au ventre est musique
au-delà de Tout.
Et ça fronde d'extase ça nous remplit de tout
notre ardeur pleine et juvénile
comble le monde, d'un coup.
Autre vent
J'écoute le soir
qui vagit dans mes oreilles
comme un tombeau
le bourdon du silence
qui s'étouffe, là
entre vie et trépas
C'est le vent du vide
l'ornière sèche que
les saccades de nuit dissèquent...
Aux marchés
Aux marchés :
Aux giries du temps et modernes danses
vos coquilles mots leur vide :
prétentieuses niaiseries des marchands
Sous le sable et les cendres du goût
un vertige à la bête sentence
vos élans laids la salive du temps
Dans l'affliction des corps perdus
la détresse l'âme à la honte :
vies coïncidentes déliquescentes
Aux pages du dictionnaire ?
Bien sûr, il y a ta voix
elle m'a si bien parlé de moi la cajoleuse.
Elle peut porter si claire le reste du temps
et même sans peur, crier tempête parfois !
Bien sûr, il y a tes yeux
tantôt bruns, directs perçant l'acier
de cette intensité vive qui étincelle
tantôt l'émeraude de ce puits menthe a l'eau
coulée de lumière si le soleil s'y noie.
Bien sûr, il y a ton corps
Vif présent balance comme tel
duo & duel, du bas et du haut
bras épaules prêts à braver le ciel, fiers au combat.
Vivats aux Terres rondes du bas et leur cascade de galbes doux
comme j'aimerais m'en repaître d'émois encore
la carte m'a gravé le ventre, de ma chair tisse le drapeau.
Comme elles manquent crues à ma nuit asséchée,
tant la douleur depuis va, me desquamant la peau !
et Bien sûr, il y a l'amour
magnétique source elle abreuve ma Vie durant, tu le sais bien...
TOI tu t'angoisses tant de tarir, que ta Vie sans fin court à l'éclat !
Alors, comment dire tout ça et faire comprendre d'un mot ?
Tout ce qui reste : une étreinte à l'empreinte profonde,
la Vie, la vraie vécue en chair et en os ; l'amour pur, celui des enfants !
Alors je tente un MOT ma foi, il est dans le dictionnaire, je crois :
FASCINATIONTENDRESSEAMOURFOUPASSION
GRATITUDEAJAMAIS
mais sur plusieurs pages à la fois !
Avril
Et ce printemps qui est là
comme une veste légère
entre brise et frais matins ;
on a oublié de lui ouvrir !
Alors avril qui veut et vient
pousse sa tête de bélier fier
des bourgeons plein les bras...
Borde la
Border sa solitude
comme un enfant malade
la voir vivre et dormir
avec en coin un sourire
Contempler l'Univers
ce bol réchauffé la bière
sur ce bout de guéridon
nature morte et dérision...
Refermer le drap de son côté du lit
plier ses jambes sous son ventre puis
la serrer lui prendre la main pour
Oublier demain
C'est d'ici
que j'entends la vague
cette nuit où pourra-t-elle se répandre
mes yeux sont pleins d'eau et de roches
la pluie sur l'eau nous rapproche
le noir qui envieillit
c'est mon Histoire et la tienne
enlacés comme sable et pluie
dans le méandre d'une scène
mais on parle d'amour
de celui qui attache
celui que les mots entachent
le vrai qui jamais ne nous lâche
C'est l'éclair deux corps deux sangs
c'est la foudre la marée qui descend
l'onde qui se répercute au monde
le lien sec qui envahit et inonde
la peau source de soie
la vie qui couve et gronde en toi
un oiseau, une reine, un prélat
des chants qui enflent au vent
une clameur folle qui ondoie
Ma tête éclate de mille émois
des tours de Babel des feux de joie
des tourbillons qui perlent
des eaux de grandes joies
Et le temps fera son œuvre
Tout dira l'immense et la loi
je serai celui qui manœuvre
et tu seras fille de roi...
C'est matin
qui traîne ma tête
aujourd'hui le livre
est fermé
plus de lumière
plus de rêve
plus du tout
noyer les sangs
le froid s'attarde
les genoux
sont mous
les mains vides
tout glisse dessus
plus de goût
au cœur
plus du tout
comment sentir
comment marcher
jamais sortir
s'enrouler
la ligne s'efface
plus d'idées
l'ombre enlace
la voile s'échoue
plus de place
plus du tout
Cantate
Fantaisie :
Si tu dînes
citadine mine de rien
je m'radine j'hallucine
tu dis rien
Je m'faufile
Tu m'appâtes t'es fendue
à quat 'pattes écarlates tu ondules j'ose et viens
j'te fais la nique
coche j'décroche
tu t'arraches ça décolle
agrippe-toi lâche rien
Je m'faufile
Tu m'appâtes t'es fendue
à quat' pattes écarlates tu ondules j'ose et viens
Si tu dînes
citadine mine de rien
je m'radine j'hallucine
tu dis rien
et la vie qu'y irradie
dans mon râle roule
sans sas s'fait jet