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Cri ou bonheur du jour même

Cri ou bonheur du jour même

Auteur:: promotion
Genre: Autres
Selon Jean-Michel Maulpoix, la poésie lyrique est le genre littéraire qui accueille l'expression personnelle des sentiments du poète. L'auteur lyrique parle en effet en son nom propre ; il dit « je ». Cette définition, toutefois, est insuffisante en ce qu'elle néglige deux autres composantes essentielles du lyrisme qui sont la recherche de la musicalité et la visée de l'idéal. Il convient donc plutôt de percevoir celui-ci comme l'expression d'un sujet singulier qui tend à métamorphoser, voire à sublimer le contenu de son expérience et de sa vie affective dans une parole mélodieuse et rythmée ayant la musique pour modèle. À PROPOS DE L'AUTEUR Auteur prolifique né en 1962 à Ussel en Corrèze, Jacques Ceaux a publié plusieurs de ses textes dans des revues de poésie comme Point barre, Poésie/première, Vents Alizés, entre autres.

Chapitre 1 No.1

Et s'il était l'heure ?

et s'il était l'heure ?

Oh là dans quelle circonstance

la mer ferait la tête aux bateaux

avec quelle insistance

les arbres d'aujourd'hui boudent

aux oiseaux

Oui faire toutes les prières

demander du clair au sommet

remercier tous les clercs

le dire à qui peut entendre

bien là-haut

où conduire la vague

ses milliers de corps mous

éviter le creux des sables

où s'échouent tant d'idéaux

ô vil lamento

À la figure du monde

Et la figure du monde se reflète

Dans le fourmillement de l'eau sur l'étang

Si tous les corps dansent à la surface

pantins gesticulés des eaux troublées,

la musique du grand orchestre demeure

inaudible ici

à leurs pauvres oreilles.

Et leurs yeux sans lumière se noient.

Rien ne sert de tendre une main

le bruit de ce silence mange tout,

le soleil, le printemps, l'aurore

sont encore langue inconnue.

À trépigner le ciel

Je participe de la course des nuages

affolé ou surpris dans les airs

j'alterne de couleurs blanches et d'ombres

je filasse les heures à trépigner le ciel !

Je cherche par cette très large danse,

à l'azur des étés, ton dessin éternel...

Alors j'écoute la poudre du chemin

Dans la poudre du chemin

mes pas claquent

le tissu crisse entre mes jambes

le vent s'effiloche et picote

devant moi en pavillons d'air

il fagote des syllabes

presque humaines

alors j'écoute

l'horizon bossu les arbres

le pré traversé la pierre roulée

le papier à emballage du ciel

dressent le roman.

Août 2015

Chercher sa place, croire qu'elle existe quelque part ?

le drame de la destinée t'a fait seul

plus de fauteuil au cœur du foyer

plus de filet en liens d'amour

plus d'évidences aux contours matériels

Comment élever ton âme

jusqu'à saisir

l'Univers en place et l'Amour sans contour...

Atome

Comme un atome d'air

Ce matin me chante

Pour des horizons bleus,

l'éther est dans le cœur

Léger, je bouillonne d'amour...

Au ravissement

Et ça tape à la poitrine

enflée mûrie

dans l'émerveillement du ciel

les heures claires et pures jubilent

Partout et tout autour

scintille le temps

aux puissances magiques,

la force au ventre est musique

au-delà de Tout.

Et ça fronde d'extase ça nous remplit de tout

notre ardeur pleine et juvénile

comble le monde, d'un coup.

Chapitre 2 No.2

Autre vent

J'écoute le soir

qui vagit dans mes oreilles

comme un tombeau

le bourdon du silence

qui s'étouffe, là

entre vie et trépas

C'est le vent du vide

l'ornière sèche que

les saccades de nuit dissèquent...

Aux marchés

Aux marchés :

Aux giries du temps et modernes danses

vos coquilles mots leur vide :

prétentieuses niaiseries des marchands

Sous le sable et les cendres du goût

un vertige à la bête sentence

vos élans laids la salive du temps

Dans l'affliction des corps perdus

la détresse l'âme à la honte :

vies coïncidentes déliquescentes

Aux pages du dictionnaire ?

Bien sûr, il y a ta voix

elle m'a si bien parlé de moi la cajoleuse.

Elle peut porter si claire le reste du temps

et même sans peur, crier tempête parfois !

Bien sûr, il y a tes yeux

tantôt bruns, directs perçant l'acier

de cette intensité vive qui étincelle

tantôt l'émeraude de ce puits menthe a l'eau

coulée de lumière si le soleil s'y noie.

Bien sûr, il y a ton corps

Vif présent balance comme tel

duo & duel, du bas et du haut

bras épaules prêts à braver le ciel, fiers au combat.

Vivats aux Terres rondes du bas et leur cascade de galbes doux

comme j'aimerais m'en repaître d'émois encore

la carte m'a gravé le ventre, de ma chair tisse le drapeau.

Comme elles manquent crues à ma nuit asséchée,

tant la douleur depuis va, me desquamant la peau !

et Bien sûr, il y a l'amour

magnétique source elle abreuve ma Vie durant, tu le sais bien...

TOI tu t'angoisses tant de tarir, que ta Vie sans fin court à l'éclat !

Alors, comment dire tout ça et faire comprendre d'un mot ?

Tout ce qui reste : une étreinte à l'empreinte profonde,

la Vie, la vraie vécue en chair et en os ; l'amour pur, celui des enfants !

Alors je tente un MOT ma foi, il est dans le dictionnaire, je crois :

FASCINATIONTENDRESSEAMOURFOUPASSION

GRATITUDEAJAMAIS

mais sur plusieurs pages à la fois !

Avril

Et ce printemps qui est là

comme une veste légère

entre brise et frais matins ;

on a oublié de lui ouvrir !

Alors avril qui veut et vient

pousse sa tête de bélier fier

des bourgeons plein les bras...

Borde la

Border sa solitude

comme un enfant malade

la voir vivre et dormir

avec en coin un sourire

Contempler l'Univers

ce bol réchauffé la bière

sur ce bout de guéridon

nature morte et dérision...

Refermer le drap de son côté du lit

plier ses jambes sous son ventre puis

la serrer lui prendre la main pour

Oublier demain

Chapitre 3 No.3

C'est d'ici

que j'entends la vague

cette nuit où pourra-t-elle se répandre

mes yeux sont pleins d'eau et de roches

la pluie sur l'eau nous rapproche

le noir qui envieillit

c'est mon Histoire et la tienne

enlacés comme sable et pluie

dans le méandre d'une scène

mais on parle d'amour

de celui qui attache

celui que les mots entachent

le vrai qui jamais ne nous lâche

C'est l'éclair deux corps deux sangs

c'est la foudre la marée qui descend

l'onde qui se répercute au monde

le lien sec qui envahit et inonde

la peau source de soie

la vie qui couve et gronde en toi

un oiseau, une reine, un prélat

des chants qui enflent au vent

une clameur folle qui ondoie

Ma tête éclate de mille émois

des tours de Babel des feux de joie

des tourbillons qui perlent

des eaux de grandes joies

Et le temps fera son œuvre

Tout dira l'immense et la loi

je serai celui qui manœuvre

et tu seras fille de roi...

C'est matin

qui traîne ma tête

aujourd'hui le livre

est fermé

plus de lumière

plus de rêve

plus du tout

noyer les sangs

le froid s'attarde

les genoux

sont mous

les mains vides

tout glisse dessus

plus de goût

au cœur

plus du tout

comment sentir

comment marcher

jamais sortir

s'enrouler

la ligne s'efface

plus d'idées

l'ombre enlace

la voile s'échoue

plus de place

plus du tout

Cantate

Fantaisie :

Si tu dînes

citadine mine de rien

je m'radine j'hallucine

tu dis rien

Je m'faufile

Tu m'appâtes t'es fendue

à quat 'pattes écarlates tu ondules j'ose et viens

j'te fais la nique

coche j'décroche

tu t'arraches ça décolle

agrippe-toi lâche rien

Je m'faufile

Tu m'appâtes t'es fendue

à quat' pattes écarlates tu ondules j'ose et viens

Si tu dînes

citadine mine de rien

je m'radine j'hallucine

tu dis rien

et la vie qu'y irradie

dans mon râle roule

sans sas s'fait jet

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