La lumière déclinante d'un après-midi d'hiver pénétrait à travers les larges fenêtres du manoir Solhart, projetant des ombres allongées sur les tapis persans. Lyana se tenait droite dans le salon principal, ses mains crispées sur les accoudoirs du fauteuil. Face à elle, sa mère, élégante mais impitoyable, l'observait avec un mélange d'impatience et de triomphe. Son père, stoïque comme toujours, ajustait distraitement ses boutons de manchette. Ils venaient de lâcher la nouvelle comme une bombe, brisant l'illusion d'une paix précaire dans son quotidien déjà instable.
« Tu te marieras avec Draven Blackthorn dans deux semaines. »
Le silence qui suivit fut presque assourdissant. Lyana sentit son cœur se serrer, son esprit essayant désespérément de saisir le sens de ces mots.
« Pardon ? » murmura-t-elle enfin, sa voix tremblant légèrement malgré ses efforts pour paraître calme.
Sa mère posa une coupe de champagne sur une table basse et se redressa, ses talons claquant sur le sol marbré. « Ne fais pas l'ignorante, Lyana. Ce mariage est la meilleure chose qui puisse arriver à notre famille. Tu devrais nous remercier. »
« Me remercier ? Vous voulez que je remercie ceux qui m'utilisent comme une monnaie d'échange ? » Le regard de Lyana s'assombrit, son ton devenant acéré. « Pourquoi Draven Blackthorn ? Pourquoi moi ? »
Son père, jusque-là silencieux, intervint avec sa voix grave et autoritaire. « Draven est un homme puissant, bien plus puissant que toi ou même que cette famille. Son soutien est crucial pour nous sortir de cette impasse financière. Tu devrais être honorée qu'il t'ait choisie. »
Un rire sans joie échappa à Lyana. « Choisie ? Vous croyez vraiment qu'un homme comme lui m'a *choisie* ? Il n'a vu en moi qu'un pion, une solution pratique. Tout comme vous. »
Le visage de sa mère se durcit, mais elle conserva une posture de supériorité glaciale. « Il n'est pas question de tes sentiments ou de ce que tu penses. Ce mariage est acté. Tu es une Solhart, et ta loyauté envers cette famille passe avant tout. »
Lyana sentit une colère brûlante monter en elle, mais elle se retint de répondre, consciente que toute résistance serait inutile pour le moment. Cependant, au fond d'elle, une promesse naissait : elle ne se laisserait pas écraser si facilement.
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Le jour suivant, Lyana fut conduite dans un grand hôtel de la ville pour rencontrer Draven Blackthorn en personne. Elle avait entendu parler de lui : un milliardaire énigmatique, réputé pour son génie des affaires, mais aussi pour son absence totale de scrupules. En montant dans l'ascenseur qui menait à la suite luxueuse où il l'attendait, elle ne put s'empêcher de ressentir une légère appréhension mêlée de colère.
Lorsqu'elle entra dans la pièce, la première chose qui frappa Lyana fut la froideur qui émanait de l'homme assis près de la fenêtre. Grand, impeccablement vêtu d'un costume noir sur mesure, Draven semblait incarner l'élégance et le pouvoir. Ses yeux sombres se tournèrent vers elle, la scrutant avec une intensité qui fit frissonner Lyana malgré elle.
« Mademoiselle Solhart. » Sa voix était basse, contrôlée, mais avec une pointe de sarcasme qui ne lui échappa pas. « Asseyez-vous. »
Elle hésita un instant avant de s'asseoir sur le fauteuil en face de lui, essayant de maintenir un air indifférent malgré le tumulte qui grondait en elle.
Draven la fixa un moment en silence, comme s'il pesait chaque mot avant de parler. « Vous savez pourquoi vous êtes ici, je suppose. »
Lyana haussa un sourcil, croisant les bras. « Parce que ma famille vous a vendu leur fille pour régler leurs dettes ? »
Un léger sourire apparut sur les lèvres de Draven, mais il ne parvint pas à adoucir son expression glaciale. « Vendu ? Non. Je dirais plutôt que c'est un échange mutuellement bénéfique. Vous gagnez ma protection et une vie de confort. Et moi... je gagne ce dont j'ai besoin. »
Elle sentit sa colère monter. « Et qu'est-ce que vous gagnez exactement ? Une épouse docile ? »
Draven se pencha légèrement en avant, ses yeux s'assombrissant davantage. « Ne confondez pas ce mariage avec une romance, mademoiselle Solhart. Il s'agit d'un accord. Vous jouerez le rôle que je vous attribuerai, rien de plus. »
Le cœur de Lyana se serra, mais elle refusa de montrer la moindre faiblesse. « Et si je refuse ? »
Un silence tendu s'installa. Draven finit par se redresser, un sourire froid sur les lèvres. « Vous ne refuserez pas. Parce que vous savez, tout comme moi, que vos parents ne vous laisseront pas le choix. Et parce que, contrairement à eux, je n'ai pas pour habitude d'échouer. »
Ces mots résonnèrent comme une menace, bien qu'aucune agressivité directe ne transparaisse dans son ton. Lyana comprit qu'elle était face à un homme habitué à obtenir ce qu'il voulait, peu importe le prix.
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Plus tard dans la soirée, Lyana parcourait le contrat de mariage dans sa chambre. Les pages étaient remplies de termes juridiques complexes, mais un détail attira son attention : une clause mystérieuse mentionnant une condition particulière.
Elle fronça les sourcils, relisant les lignes énigmatiques. La clause stipulait qu'en cas de rupture prématurée du mariage, une somme colossale serait versée à une organisation dont le nom lui était inconnu. Pourquoi une telle clause ? Et pourquoi une organisation extérieure serait-elle impliquée dans leur union ?
Elle sentit une sueur froide couler le long de sa nuque. Quelque chose ne tournait pas rond dans tout cela.
Un coup discret à sa porte la tira de ses pensées. Elle se redressa, surprise, et ouvrit pour trouver une domestique tenant un plateau avec une enveloppe dessus.
« Ceci vient de Monsieur Blackthorn, mademoiselle. Il a insisté pour que vous le lisiez avant la fin de la nuit. »
Lyana prit l'enveloppe, une étrange sensation lui nouant l'estomac. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle trouva une note écrite à la main, d'une écriture élégante et ferme :
« Ne cherchez pas à comprendre pour l'instant. Tout vous sera expliqué en temps voulu. En attendant, respectez votre rôle et faites ce que l'on attend de vous. Nous avons tous les deux beaucoup à perdre. - Draven Blackthorn. »
Elle serra le papier entre ses doigts, ses yeux brillants de frustration. Cet homme pensait-il vraiment qu'elle se plierait docilement à ses exigences ?
Non. Si Draven Blackthorn voulait jouer à ce jeu, elle était prête. Mais elle jouerait selon ses propres règles.
Le vent froid balayait les jardins du manoir Solhart, mais à l'intérieur, Lyana faisait face à une tempête d'un tout autre genre. Debout dans le grand salon, entourée par les regards inquisiteurs de ses parents, elle sentait la pression monter. Sa mère, toujours impeccable dans son tailleur crème, la fixait avec une lueur dure dans les yeux, tandis que son père croisait les bras, une expression de dédain sur le visage.
« Alors ? » lança-t-il d'un ton sec. « As-tu réfléchi à notre proposition, ou dois-je te rappeler ce qui est en jeu ? »
Lyana inspira profondément, essayant de garder son calme. « Ce n'est pas une proposition. C'est une condamnation. Vous me demandez de sacrifier ma vie pour vos échecs. »
Sa mère poussa un soupir exaspéré. « Arrête de jouer les martyres, Lyana. Tu n'as jamais été une priorité dans cette famille. Si nous te donnons cette chance, c'est une opportunité que tu devrais saisir avec reconnaissance. »
« Opportunité ? Vous m'utilisez, comme toujours. » Lyana serra les poings. « Pourquoi ne pas marier Léonie à ce cher Draven ? Elle est votre fierté, après tout. »
Le visage de sa mère se durcit à l'évocation de sa sœur aînée, parfaite en tout point selon les critères familiaux. « Léonie est déjà promise à quelqu'un de bien plus important. Nous n'avons pas le luxe de choisir pour toi. Draven Blackthorn te veut, toi. Accepte cela, ou bien... »
Un silence glacial s'installa. Lyana croisa les bras, défiant son père du regard. « Ou bien quoi ? Vous me jetterez dehors ? Me déshériterez ? Parfait, faites-le. Je préfère ça que de vendre mon âme. »
Son père esquissa un sourire cruel. « Tu crois que c'est si simple ? Si tu refuses, Lyana, tu condamnes plus que cette famille. Tu condamnes ceux que tu prétends aimer. »
Ces mots furent un coup en plein cœur. Elle savait de quoi il parlait. Sa tante Isabelle, une femme douce et aimante, dépendait financièrement de la famille Solhart depuis qu'elle avait perdu son mari. Ses cousins, encore jeunes, n'avaient personne d'autre pour veiller sur eux.
« Vous n'oseriez pas... » murmura-t-elle, mais elle lut dans leurs regards qu'ils le feraient.
Sa mère s'approcha, posant une main glaciale sur son bras. « Crois-moi, Lyana, nous n'avons pas d'autre choix. Fais ce qui est attendu de toi, et tout se passera bien. Draven est un homme puissant. Si tu joues tes cartes correctement, tu pourrais même en sortir gagnante. »
La gorge nouée, Lyana baissa les yeux. Elle comprenait désormais qu'elle était piégée. Son combat était perdu d'avance.
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Quelques jours plus tard, la soirée d'engagement était organisée dans un grand hôtel de la ville. La salle de réception brillait de mille feux, ornée de lustres scintillants et de décorations élégantes. Les invités, triés sur le volet, déambulaient dans des tenues luxueuses, échangeant des sourires hypocrites et des compliments creux.
Lyana, vêtue d'une robe noire qui soulignait sa silhouette gracieuse, se tenait près d'une table, un verre de champagne à la main. Elle se sentait étrangère à ce monde, perdue au milieu de ces visages qui ne voyaient en elle qu'un pion dans un jeu qu'elle ne comprenait pas encore.
Léonie, sa sœur aînée, s'approcha avec un sourire narquois. Sa robe rouge moulante attirait tous les regards, et elle semblait ravie de son propre éclat.
« Alors, petite sœur, tu te sens prête à devenir Madame Blackthorn ? » demanda-t-elle, sa voix teintée de sarcasme.
Lyana réprima une envie de répondre sèchement. « Je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? »
Léonie rit doucement. « C'est vrai. Mais essaie au moins de ne pas embarrasser la famille ce soir. Tu sais combien c'est important pour nous. »
Lyana ne répondit pas, mais le mépris qu'elle ressentait envers sa sœur grandissait à chaque mot. Léonie s'éloigna, laissant derrière elle un parfum enivrant et une traînée d'arrogance.
Les choses empirèrent lorsque leurs parents décidèrent de prononcer un discours. Son père, debout devant les invités, la décrivit comme une jeune femme « courageuse et prometteuse », tandis que sa mère insista sur la « chance » qu'elle avait de s'unir à un homme aussi exceptionnel que Draven Blackthorn.
Chaque mot résonnait comme une gifle. Lyana sentait les regards peser sur elle, certains pleins de pitié, d'autres de curiosité ou même de mépris.
Une voix particulièrement moqueuse s'éleva de la foule. « Elle a vraiment de la chance, cette petite Solhart. Qui aurait cru qu'un homme comme Draven s'intéresserait à elle ? »
Lyana se retourna et aperçut une femme élégante, ses lèvres peintes d'un rouge vif, qui murmurait à l'oreille de son compagnon. Ce dernier éclata de rire, attirant l'attention de quelques invités.
Avant qu'elle ne puisse répondre ou fuir cette humiliation, une silhouette imposante apparut à ses côtés. Draven.
Son arrivée imposa un silence presque immédiat. Il portait un costume sombre qui semblait taillé pour mettre en valeur sa prestance naturelle. Ses yeux sombres balayèrent la foule avant de se poser sur Lyana.
« Je vois que certains ici ont du mal à comprendre les subtilités des alliances stratégiques. » Sa voix était froide, chaque mot soigneusement articulé. « Mais je vous assure que, pour moi, Lyana Solhart représente bien plus qu'un simple arrangement. »
Il tendit la main vers elle, et malgré sa surprise, Lyana la prit. Son geste semblait calculé, presque théâtral, mais il fonctionna. Les murmures cessèrent, et les regards se détournèrent rapidement.
« Merci pour votre soutien, » murmura-t-elle lorsqu'ils furent un peu éloignés des curieux.
Draven la fixa un moment, un léger sourire jouant sur ses lèvres. « Ne me remerciez pas trop vite. Ce n'était pas un acte de bonté, mais une nécessité. »
Elle haussa un sourcil. « Nécessité ? Pour sauver les apparences ? »
Il se pencha légèrement vers elle, son souffle chaud effleurant son oreille. « Pour protéger ce qui m'appartient, Lyana. Et pour rappeler à tous que personne ne manque de respect à la future Madame Blackthorn, peu importe leurs opinions. »
Le ton de sa voix la fit frissonner, mais elle ne sut dire si c'était d'agacement ou d'autre chose. Draven avait une manière de rendre chaque interaction troublante, comme s'il jouait à un jeu dont elle ignorait encore les règles.
Ils pas »èrent le reste de la soirée côte à côte, échangeant des paroles polies avec les invités. Lyana remarqua que, malgré son comportement froid, Draven avait un certain talent pour manipuler les conversations à son avantage. Il donnait des réponses qui semblaient banales, mais qui laissaient toujours une impression durable.
Lorsqu'ils quittèrent enfin la réception, Lyana sentit un poids se soulever de ses épaules. Mais elle savait que ce n'était que temporaire. Le véritable combat ne faisait que commencer, et Draven, avec tous ses secrets et son charisme glacial, ne rendrait pas les choses faciles.
Le rugissement sourd de la voiture se tut enfin alors que celle-ci s'arrêtait devant le portail imposant du domaine Blackthorn. Lyana, assise sur la banquette arrière, sentit un nœud se former dans son estomac à la vue de l'immense propriété. Les grilles en fer forgé s'ouvrirent lentement, dévoilant une allée bordée d'arbres majestueux qui semblait s'étendre à l'infini. À mesure que le véhicule avançait, le manoir apparut, sombre et grandiose, comme tiré d'un autre temps.
Elle descendit de la voiture, sa valise à la main, et leva les yeux vers l'édifice. Ses hautes fenêtres semblaient la fixer comme des yeux silencieux, et une étrange sensation de malaise s'empara d'elle. Draven, qui l'avait accompagnée durant tout le trajet dans un silence presque intimidant, s'approcha pour lui indiquer l'entrée.
« Bienvenue chez toi, » dit-il d'un ton neutre, presque mécanique.
Elle ne répondit pas, trop occupée à assimiler l'immensité et la froideur du lieu. À l'intérieur, le hall était encore plus impressionnant : des lustres en cristal suspendus au plafond, des sols en marbre étincelant, et des meubles si luxueux qu'ils semblaient intouchables. Pourtant, malgré cette opulence, quelque chose manquait. Une chaleur, une âme. Le manoir était magnifique, mais glacial.
Une femme d'un certain âge, probablement la gouvernante, s'approcha et les salua avec un sourire poli. Draven lui fit signe de s'occuper des bagages de Lyana avant de se tourner vers cette dernière.
« Tu trouveras tout ce dont tu as besoin ici. Si quelque chose te manque, fais-le savoir à Madame Elswick. Elle gère le domaine. »
Elle hocha la tête, sentant une tension étrange dans l'air. « Et toi ? Tu seras souvent ici ? » demanda-t-elle avec une pointe de défi, cherchant à percer la carapace impénétrable de son nouveau mari.
Il la fixa longuement avant de répondre. « Je voyage fréquemment pour affaires. Ne t'attends pas à me voir souvent. »
Ces mots résonnèrent comme un écho dans le vide de l'immense hall. Avant qu'elle ne puisse réagir, il s'éloigna, ses pas résonnant sur le marbre, la laissant seule dans cette maison qui, bien que luxueuse, ressemblait plus à une prison dorée qu'à un foyer.
Lyana suivit Madame Elswick jusqu'à sa chambre, un espace somptueux mais étrangement impersonnel. Les rideaux épais, le lit massif et les meubles antiques semblaient l'étouffer. Elle posa sa valise sur le sol et s'assit au bord du lit, regardant autour d'elle.
La solitude s'installa rapidement. Elle explora timidement les lieux, mais chaque pièce qu'elle découvrait semblait renforcée par la même froideur. Il y avait une salle de musique, une bibliothèque immense, un salon avec une cheminée si grande qu'elle aurait pu y tenir debout, mais pas une seule trace d'une vie vécue ici. Pas de photos, pas d'objets personnels. C'était comme si le manoir lui-même était un décor soigneusement orchestré, sans rien révéler de son véritable maître.
Alors qu'elle traversait un couloir sombre, une porte entrouverte attira son attention. Curieuse, elle s'en approcha et jeta un coup d'œil à l'intérieur. La pièce semblait être un bureau. Des piles de documents s'entassaient sur un grand bureau en acajou, et un ordinateur portable reposait au centre. Lyana hésita, mais quelque chose la poussa à entrer.
Elle s'avança doucement, posant les doigts sur un dossier ouvert. Les mots qu'elle y lut lui donnèrent un frisson : des noms, des chiffres, et ce qui semblait être des transactions douteuses. Avant qu'elle ne puisse lire davantage, une voix grave derrière elle la fit sursauter.
« Je vois que tu as trouvé mon bureau. »
Elle se retourna brusquement pour voir Draven, appuyé contre l'encadrement de la porte, les bras croisés. Ses yeux sombres la fixaient avec une intensité qui la déstabilisa.
« Je... je ne faisais que regarder, » balbutia-t-elle, se sentant prise au piège.
Il s'avança lentement, et elle sentit une tension électrique envahir la pièce. « Si tu veux savoir quelque chose, Lyana, il suffit de demander. Mais fouiller dans mes affaires ? Ce n'est pas vraiment une manière de commencer une relation de confiance. »
Elle releva le menton, refusant de se laisser intimider. « Peut-être que tu pourrais commencer par être honnête avec moi. Pourquoi m'as-tu choisie ? Qu'est-ce que tu attends de moi, Draven ? »
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, et elle sentit son souffle chaud sur son visage. « Il y a des choses que tu n'es pas encore prête à entendre. Mais crois-moi, Lyana, tout a un but. Tu ferais mieux de te concentrer sur ton rôle et de me laisser gérer le reste. »
Leur échange fut interrompu par un bruit dans le couloir. Draven tourna la tête, visiblement irrité, avant de se détourner brusquement. « Reste loin de cette pièce. C'est une mise en garde, Lyana. »
Il disparut avant qu'elle ne puisse répliquer, la laissant seule avec un mélange de frustration et de curiosité.
Plus tard dans la soirée, alors qu'elle essayait de trouver le sommeil, un léger grattement à sa porte la tira de ses pensées. Elle se redressa, hésitant à répondre. Finalement, elle ouvrit la porte pour découvrir un homme d'un âge avancé, vêtu d'un uniforme sombre. Son visage marqué par le temps et son regard inquiet lui donnèrent un air mystérieux.
« Madame Blackthorn, » murmura-t-il, s'inclinant légèrement.
« Oui ? Que voulez-vous ? » demanda-t-elle, surprise par cette visite nocturne.
Il jeta un coup d'œil derrière lui avant de reprendre. « Je sais que vous êtes nouvelle ici, mais écoutez-moi attentivement. Faites attention à votre mari. Tout ce qu'il fait a une raison, mais toutes ces raisons ne sont pas bonnes. »
Lyana fronça les sourcils. « Que voulez-vous dire ? Vous insinuez qu'il me cache quelque chose ? »
Le serviteur hocha la tête, ses yeux brillant d'une lueur d'avertissement. « Vous êtes plus qu'une simple épouse pour lui, Madame. Vous êtes un élément clé dans un jeu dangereux. Restez vigilante. »
Avant qu'elle ne puisse poser davantage de questions, il s'inclina à nouveau et s'éloigna rapidement, disparaissant dans l'ombre du couloir.
Lyana referma la porte, son esprit tourbillonnant d'interrogations. Qui était réellement Draven Blackthorn, et dans quel jeu venait-elle d'être entraînée ?