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Conte de faits

Conte de faits

Auteur:: Timarona
Genre: Romance
Un conte rempli de faits, l'histoire de Mayram Sow et la tournure de sa vie sont loin d'être banales...Entrons dans cette aventure pleins de mélodrames...Je vous laisse la découvrir...Bonne lecture...

Chapitre 1 Chapitre 01

- Mayram stp écoutes moi, je vais tout expliquer...

- je n'ai rien à foutre de tes explications, tu as préféré te marier avec elle, moi je quitte cette maison, je ne vais pas supporter de vivre sur le même toit que cette femme.

- Mayram Sow, stp arrêtes de crier et discutons calmement...

- écoutes moi bien Khalil, je ne veux même plus t'entendre, tu es un ingrat, un lâche, un moins que rien, avec tous les sacrifices que j'ai fait pour toi, tu n'as rien d'autre à faire que de te marier avec cette vieille femme de 70ans, de surcoît la femme de ton défunt frère, tu es dégoûtant... Je te déteste...

- tu sais bien que je n'ai pas choisi de me marier avec elle, c'était la dernière volonté de mon frère...je lui ai promis de prendre soin d'elle et de ses enfants.

- donc prendre soin d'elle signifie de te marier avec elle, de coucher avec elle et de faire d'autres enfants avec elle, tu penses que je vais supporter ça... Je te demande le divorce et je t'exige de me l'accorder tout de suite, je ne passerai une minute de plus dans cette maison avec mes enfants..

- mon coeur arrêtes de dire du n'importe quoi, on va régler cette situation stp...

- je crois que tes oreilles ne sont pas bien trouées pour entendre, je ne veux plus te le répéter, dama beug nga fassema( mayma sama baat): je veux que tu me libères.

Mayram disait ces mots en rangeant en même temps ses valises, elle avait mis sur son dos son bébé de 8 mois, Apsa et l'autre enfant dormait avec son grand père dans l'autre appartement....Il était 3h du matin.

- chérie, qu'est ce que tu fais avec toutes ces valises, tu sais bel et bien que je ne te laisserai pas sortir de cette maison.

- eh bien c'est ce qu'on va voir...

Elle sort de la chambre et se dirige vers l'appartement où dormait Junior, son mari était derrière elle:

- Mayram où ce que tu vas, tu vas réveiller papa...

- je m'en fous, je vais prendre mon fils, je parts avec mes enfants...

- mes enfants n'iront nulle part...

Elle ne l'écoute pas et va frapper à la porte de Pa Ousmane...

Ce dernier ouvre en parlant avec une voix endormie:

- ma fille qu'est ce qui se passe tout va bien?

- poses cette question à ton fils lui dit t-elle en forçant le passage pour entrer :

- Junior lèves toi stp, bébé regardes maman, on doit aller quelque part...

Junior ne répond pas et continue à dormir, c'est Khalil accompagné de son père qui entrent dans la chambre en chuchotant presque:

- Mayram arrêtes d'effrayer Junior, et essaies au moins de calmer ton bébé, il pleure depuis tout à l'heure.

- toi et moi on a plus rien à se dire ne m'adresses plus la parole...

Père Ousmane qui était jusque là très surpris par le comportement de sa belle fille, lui dit calmement :

- ma fille il fait très tard, allez vous coucher jusqu'à demain, on réglera cette situation..

- Papa Ousmane, je te respecte beaucoup, mais je ne compte pas aller me coucher, je veux partir et n'essayez même pas de me dissuader parceque j'ai déjà pris ma décision... Je suis sûre que tu es au courant que ton fils s'est marié avec Nabou, et je suis même sûr que c'est vous qui êtes allés célébrer cette union...

- Mayram tu parles tout juste sous le coup de la colère, vas rejoindre ta chambre avec les enfants et moi je discute avec ton mari, saches que cela ne s'est pas passé comme tu le penses.

- je m'en fous de la manière dont cela s'est passé, je veux juste que ton fils me libère, je n'ai plus rien à faire dans cette maison.

C'est Khalil qui prend la parole très remonté contre sa femme:

- modères ton langage Mayram, c'est à mon père que tu parles comme ça, tu es devenue complètement folle.

- la folle ne veut qu'une chose: le divorce, donc je te le dis une dernière fois, on dirait que tu n'es pas un homme, comment une femme peut te demander le divorce et toi tu joues au sourd...

- je te...

- Khalil cria son père, non, ne dit pas une chose que tu vas regretter demain, sors d'ici et laisses moi parler avec Mayram...

- papa je ne fais que répondre à son désir, c'est ce qu'elle veut non...

- je t'ai dit de sortir( sur un ton très ferme).

Après que Khalil soit sorti de l'appartement, père Ousmane prend affectueusement la main de celle qu'il appelle tout le temps ma fille:

- mon enfant, je comprends ta réaction, mais saches que ton mari t'aime plus que tout, comme il te l'a dit il n'a jamais cherché à se marier avec Nabou, mais Dieu l'a voulu ainsi. Tu connais la relation très complice qu'avait Khalid et son frère, ils étaient comme des jumeaux et ils se sont battus ensemble en élevant leur frère et leur petite soeur

Sur son lit d'hôpital, Matar avait demandé à son frère de ne jamais laisser Nabou se remarier à un autre homme et de la prendre comme épouse, d'élever ses enfants comme si c'était les siens...Khalil n'a fait qu'honorer les derniers vœux de son frère... Ta venue dans cette maison a été pour nous une lumière, tu as été non seulement une femme pour Khalil mais aussi une mère pour tout le monde, je te demande stp de reconsidérer la situation, mon fils n'a pas pris cette décision parce qu'il ne ressent plus ce qu'il ressentait pour toi, il l'a fait seulement pour la bonne cause, ma fille continues à être celle que tu étais et de ne pas prendre une décision que tu pourras regretter. Je sais que tu es très jeune, mais tu dois savoir que le mariage est quelque chose de très sérieux, il ne faut jamais prendre des décision dans la colère... Je t'aime plus que tout, même ma propre fille dit que je te chouchoute beaucoup plus qu'elle, mais tout ça parceque j'ai toujours voulu que tu te sentes à part entière dans cette famille. Ne jettes pas par la fenêtre 5 années de mariage...stp ne parts pas...

Après ces mots, Mayram éclata en sanglots, elle savait que les paroles de son beau père étaient sincères et justes, mais cela ne l'empêche pas de camper sur sa décision.

Elle essuie longuement ses larmes et dit à son beau-père :

- merci pour tout mais je suis dans l'obligation de partir...

Elle réussit à réveiller son fils, qui lui aussi ne comprenait pas la présence de sa mère à ces lieux:

- maman où est ce qu'on va? Je veux dormir...

Elle sort de la chambre laissant son beau-père dans la plus grande des tristesses, il était tellement habitué à la présence de Mayram et de ses petits enfants.

Connaissant sa femme, Khalil savait pertinemment que sa décision de prendre Nabou comme deuxième épouse allait chambouler son ménage, mais il avait pensé pouvoir gérer cette situation, mais il ne semblait pas voir venir cette demande de divorce.

Toujours dans sa chambre entrain de faire des cent pas nerveusement, il voit sa femme qui entre sans même lui jeter ne serait-ce qu'un petit regard, il voulut encore lui parler pour qu'elle ne parte pas, mais son orgueil d'homme l'en empêcha....

Mayram finit de tout ranger et se dirigea vers la porte avec ses enfants, mais Khalil lui attrape la main en lui disant:

- si tu veux partir, parts, mais pas avec mes enfants...en tirant Junior jusqu'à lui...

Les deux étaient entrain de presque se battre en voulant à tout pris que les enfants aillent au sens de l'autre...

Ce fut des cris, des insultes et des injures de la part de Mayram à l'encontre de son mari, cela a eu le don de réveiller tout le reste de la maison à savoir, Omar et Halima.

Les enfants pleuraient et Junior n'arrêtait pas de dire à sa mère :

- maman je veux rester avec papa, arrêtes tu me fais mal...

C'est en ce moment même que père Ousmane intervient en disant:

- Khalil laisses les enfants partir avec leur mère, doom kenn douko heuthio( on ne doit pas se disputer pour la garde des enfants).

Quand son père a dit ça, Khalil lâcha lentement la main de son fils et dit à sa femme sur un ton très calme:

- on se reverra au tribunal...

Chapitre 2 Chapitre 02

Mayram Sow:

- si c'est le tribunal que tu veux tu l'auras...

Je tire sur mes valises avec les enfants, tout le monde me regardait choqué, mais je n'en fais pas cas, c'est Omar le petit frère de mon ex mari qui me rattrape en me disant:

- donnes moi tes valises je vais t'aider, tu sais bien que je ne vais pas te laisser sortir de cette maison à cette heure toute seule...attends je vais prendre les clés de la voiture.

Je ne lui dis rien mais attends quand même, c'est Halima la cadette de la famille qui me retrouve devant la porte:

- Mayram stp ne parts pas, comment sera la maison sans toi, stp restes( en pleurant)...

- Halima arrêtes de pleurer et écoutes moi, tu es encore très jeune, tu ne comprends pas certaines choses que font les adultes, si je quitte cette maison c'est parceque j'ai mes raisons, je viendrai souvent te voir c'est promis.

- j'ai 15 ans je ne suis plus un enfant et je comprends tout ce qui se passe dans cette maison, tu as vu Khalil il est anéanti, il t'aime, cette histoire de mariage avec Nabou ne doit pas te faire perdre tes moyens, toi et mon frère vous avez toujours été un couple exemplaire, pourquoi tout gâcher maintenant ?

- stp vas-y te coucher je t'appelerai demain, ok...

Elle entre dans la maison toujours en pleurs,c'est au même moment que Omar revient avec les clés et me dit:

- tu veux aller où ?

C'est en ce moment que j'ai compris que je ne savais même pas où aller, je sais que si je vais chez moi à cette heure, mon père risque de me tuer et ma mère n'aura pas son mot à dire, je ne peux pas aussi aller chez Yama ma meilleure amie, son père et le mien sont inséparables, tel que je le connais, il agira comme mon père et si j'allais chez ma tante, la petite soeur à ma mère... Je ne sais même pas quoi faire, je suis très confuse.

Junior n'arrêtait pas de pleurer, je me rends compte alors que ma décision de quitter cette maison n'a pas été bien réfléchie...

Pleine dans mes pensées, Omar m'interrompt en me disant:

- tu peux toujours changer d'avis tu sais...

Sans faire attention à ce qu'il me dit, je lui lance:

- amènes moi à Rufisque chez ma tante.

Il m'aide à monter tous mes baguages, j'avais couché mon fils derrière et allaitais ma fille qui n'arrêtait pas elle aussi de pleurer...

Le trajet se fait dans un silence de mort, depuis que je me suis mariée c'est la première fois que je quitte mon foyer, mais ce que Khalil m'a fait jamais je ne pourrais l'oublier.

Pourquoi s'être marié avec Nabou ? Et dire que cette fille a toujours été mon amie, je l'ai toujours considéré comme une grande soeur à part entière, et voilà qu'elle accepte ce mariage, donc elle a toujours eu des vues sur mon mari, je ne lui pardonnerai jamais cette trahison..Il est vrai que j'exagère en disant qu'elle a 70 ans, c'est juste qu'elle est plus vieille que moi, elle a la trentaine alors que moi je n'ai que 24 ans.

C'est Omar qui me fait revenir en me disant:

- je prends cette ruelle là, ou bien c'est l'autre?

- non c'est celle là...

Il faisait déjà jour, peut être qu'il est 6h le soleil se lève tôt ces temps ci.

Après quelques minutes à arpenter la route sablonneuse, on arrive enfin devant la maison, c'est à Cité Tacco en face du terminus des bus 77.

Je dis à Omar de me laisser sonner d'abord et après on descend les valises.

Je fais deux sonneries et attends sagement que quelqu'un m'ouvre la porte, ma tante vit seule avec son mari dans cette immense demeure, ses deux enfants sont partis continuer leurs études en France.

Après 3 minutes à attendre, j'entends des pas s'approcher...et la porte s'ouvre sur Tonton Ali, il était très surpris de me voir:

- Mayram qu'est ce que tu fais là à cette heure?

- bonjour tonton, excuses moi de vous déranger de si tôt mais je ne savais pas où aller... Je...

- ok je comprends, mais entres ne restes pas là...

- au fait je suis venue avec les enfants et quelques baguages...

- d'accord je vais t'aider à les faire entrer...

- merci...

- c'est tout naturel, je crois que ce n'est pas la peine qu'on réveille ta tante, elle te verra plutard.

- oui d'accord...

Avec Omar, ils descendent tous les baguages et m'aident à m'installer dans une chambre, j'étais très épuisée et les enfants aussi...

Je dis au-revoir à mon beau frère qui me prend longuement dans ses bras avant de me dire:

- prends le temps de réfléchir, nous t'aimons très fort...

Il sort de la maison et me laisse seule avec tonton:

- Mayram fais comme chez toi, je retourne dans ma chambre.

Quand il est sorti, mes souvenirs vont vers mon mari, cet homme pour qui j'ai tout sacrifié m'a tout simplement trahi...mes larmes coulèrent durant tout le temps que je me mettais à penser à tout ce qu'on a vécu ensemble...

Je m'appelle Mayram Sow, j'ai 24 ans, mariée depuis 5 ans avec Khalil Diallo. Je me suis mariée très jeune sacrifiant ma classe de terminale pour un amour qui a mal terminé... Je n'ai pas pu faire mon examen de baccalauréat due à une grossesse qui était très risquée, je m'étais disputée avec mon père à cause de mon entêtement pour ce mariage, un amour qui m'aveuglait, j'étais prête à tout pour devenir Mme Diallo. Je suis devenue femme au foyer, je n'ai jamais rien fait de ma vie à part m'occuper de mon mari et de sa famille. Il est vrai que j'ai fait une formation accélérée de quelques mois en bureautique mais je ne l'ai jamais vraiment pratiqué.

Aujourd'hui quand je repense à ce retard que je me suis imposée au nom de l'amour, je me sens bête et sans cervelle, je dois tout simplement recommencer à zéro, mon mariage et mes sacrifices m'ont appris qu'aucun homme ne mérite qu'on passe leurs intérêts avant les nôtres, ils sont tous pareils que des ingrats.

Khalil Diallo...

Je n'ai pas fermé l'œil de toute la nuit d'hier, la réaction de ma femme était très excessive et je n'ai jamais connu cette facette d'elle, elle a été tellement insolente que j'ai voulu la libérer sur le coup...

Je me suis marié avec Nabou et alors, elle est une femme comme elle, même si elle a été la femme de mon défunt frère...Il y'a une semaine que j'ai fait d'elle ma femme, mais j'essayai toujours de trouver un moyen pour l'annoncer à Mayram, je connais sa jalousie maladive c'est pourquoi j'ai tant hésité, mais hier, j'ai tenu à lui en parler:

Flash back...

J'essayais de dormir mais je n'y arrivais pas, cacher une telle chose à ma femme depuis une semaine me fendait le coeur, je ne lui ai jamais rien caché de ma vie, donc je dois continuer à être franche avec elle.

On était déjà couché comme à ses habitudes, elle est venue se blottir tout contre moi en me caressant la poitrine, moi aussi je faisais de même en jouant avec ses cheveux, à chaque fois que je voulais ouvrir ma bouche pour parler, je me bloquais, je ne savais pas par où commencer.

Tout à coup, je sens ma femme qui appuie ses caresses jusqu'à arriver à mon deuxième cerveau( George)...

Elle sait bien en prendre soin, elle a l'habitude de me torturer toutes les nuits avec des astuces toujours aussi inimaginables les une sur les autres..Mais en ce moment, je n'avais pas vraiment la tête à faire l'amour, elle sent que j'étais un peu tendu, elle relève la tête et me dit sensuellement :

- tu n'aimes pas ce que je suis entrain de te faire, en me mordillant les lèvres:

- si dis-je dans un souffle.

Elle arrête tout et se met en position assise, l'air sérieuse :

- qu'est ce qui se passe Khalil, tu as des problèmes ?

- non au fait...bon..tu sais..j...

- stp formules une phrase correcte...je te connais et je sais que quand tu es comme ça c'est parce qu'il y'a quelque chose qui ne va pas.

Je me lève à mon tour et allume la lampe de chevet, on avait seulement mis la vielleuse...

- Mayram tu sais que je t'aime plus que tout et que je ferai tout pour te rendre heureuse...

- oui je sais, mais pourquoi tu me dis tout ça ?

- parceque je t'aime tout simplement...

- moi aussi, mais ne me dis pas que c'est la raison pour laquelle tu es si tendu.

- je..j..t..

Elle ne me laisse même pas formuler cette phrase qui refuse de sortir et me dit presque en hurlant:

- C'EST UNE FEMME C'EST ÇA ?

- qu'est ce qui te prend de crier comme ça, tu oublies qu'on est à presque 3 heures du matin.

- et alors, si tu prends tout ce temps pour parler, c'est tout simplement que tu m'as trompé avec une femme, je te jure Khalil si c'est ça, je te tue.

Quand elle m'a fait ces menaces très sérieuses, vu l'expression de son visage, je décide alors de parler:

- j'ai pris une deuxième femme...dis-je d'un trait en me décalant un peu pour ne pas qu'elle se jette sur moi...mais au lieu de cela, elle se mit à rire comme une hystérique :

- hahhaha, tu es tellement rigolo, mais non arrêtes, toi marié, hahaha...

- je suis sérieux, je me suis marié avec Nabou, la femme de Matar, je veux dire sa veuve...

Quand j'ai dit cela c'est comme ci, on l'avait piqué, elle saute du lit en me faisant face, les mains sur les hanches:

- je pense que je n'ai pas bien entendu, est ce que tu peux répéter...

Sa voix avait tellement changé que je ne la reconnaissais pas, mais je gardais toujours mon calme légendaire, je sais que ma femme est tout mon contraire:

- Mayram calmes toi et essayons de discuter comme des adultes...

Vous savez comment ça s'est terminé...

Fin du flash back...

Je m'appelle Khalil Diallo, j'ai 35 ans, marié et père de deux enfants. J'ai perdu très tôt ma mère et avec mon frère mort depuis un an, on s'occupait de la maison, j'ai épousé Mayram alors qu'elle était encore très jeune, j'ai été égoïste de lui avoir imposé une telle vie, même si elle ne s'y est jamais opposée.... Je l'aime plus que tout mais la manière dont elle a réagi hier me fait très mal et si c'est le divorce qu'elle veut je la lui accorderai.

C'est Omar qui entre dans ma chambre, l'air très en colère :

- bro tu as vraiment merdé sur ce coup là...

- stp Omar, je n'ai pas envie d'écouter tes reproches, j'en ai déjà assez entendu...

- pourtant je t'avais dit de lui en parler depuis ce jour où tu es allé parler aux parents de Nabou.

- oui tu as raison, mais je n'ai pas eu la force de le faire...tu connais ma femme et tu as vu tout ce scandale qu'elle a fait hier.

- elle a en partie raison, elle et Nabou s'entendaient bien...

- oui raison pour laquelle elle ne devait pas agir comme elle l'a faite.

- je vois que tu ne mesures pas l'ampleur de tes actes, mais bon tu es mon grand frère et je te respecte beaucoup mais je n'aime pas voir Mayram souffrir, surtout venant de toi...tout ce que je te demande c'est d'aller lui parler et la ramener, elle est chez sa tante à Rufisque.

- j'irai la voir mais plutard.

- ok comme tu voudras, moi je sors, je dois aller faire quelques courses.

Mon frère a raison, je devais parler de tout ça à Mayram, mais ce qui est fait est déjà fait et je ne peux plus retourner en arrière.

Après quelques minutes à me tirailler avec mon cerveau, je prends la décision d'aller voir Nabou, mais au moment où je sors de la chambre, j'entends des salutations, qu'est ce qu'elle fait là encore?

Mon père qui était assis au salon lui répondait par le bout du nez, mais cela ne l'arrêta pas:

- excusez moi de venir ici sitôt, mais je m'inquiétais, hier j'ai cru entendre des disputes venant de cette maison...

Mon père ne la laissa même pas terminer son allocution :

- tu as dû mal entendre, personne ne se disputait ici...dit t-il très ferme en se reconcentrant sur son chapelet.

- ahhh donc c'est ça, mais j'ai vu quelqu'un sortir avec des valises, on dirait que vous aviez des invités...

Je ne faisais que la regarder, comment une personne peut t-elle s'occuper des problèmes des autres sans gène, cette vieille ne changera jamais:

- Oulimata Diop, on avait pas d'invités et personne n'est sortie de cette maison avec des valises, je te prie de nous excuser, mais il fait très tôt pour venir déranger les gens comme ça.

Mon père est du genre très franc, il dit toujours ce qu'il pense, mais c'est bien fait pour cette femme, si elle est là pour chercher des informations pour nourrir sa revue de presse elle n'aura rien, je me demande qu'est ce qu'elle faisait debout à 3h du matin.

- wallahi je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais cette maison est comme la mienne et ces enfants je les considère aussi comme les miens, c'est pourquoi je ne peux pas m'empêcher de me soucier de certaines choses, tu connais ma relation avec ta défunte épouse, on était inséparables...

Mon père se lève en même temps pour se diriger vers son appartement, laissant la vieille commère dans ses spéculations.

Quant à moi, je sors doucement de la maison, direction chez Nabou, si cette vieille ne voit plus personne avec qui discuter, elle rejoindra peut être chez elle...

Pourquoi elle invente qu'elle était amie avec ma mère, cette dernière ne l'a jamais supporté, elle nous demandait aussi de nous méfier d'elle car cette vieille est satan en personne.

Je me rappelle quand Mayram a rejoint le domicile conjugal, elle a tout fait pour se rapprocher d'elle en lui donnant ses soi-disant conseils, chose que ma femme appliquait sans faute, elle l'avait même influencé d'aller voir un vieux marabout pour selon ses dires bétonner notre mariage.

Puisque ma femme était très naïve, elle la suivait comme une chienne et tout ça à mon insu, mais j'ai tout découvert un jour quand j'ai entendu ma femme lui parler au téléphone, je lui ai forcé à me dire la vérité et c'est là qu'elle m'a tout avoué, j'en ai voulu à ma femme, et j'ai été en froid avec elle pendant plusieurs jours. Ce que ma femme ne savait pas c'est que cette vieille a toujours tout fait pour que je me marie avec sa fille, cette dernière n'est pas mon genre car rien n'est naturel chez elle.

Depuis cet incident, nous avons pris nos distances, mais elle ne se lasse pas, car il ne se passe un jour sans qu'elle ne vienne fourrer son nez dans nos affaires.

Nabou m'avait appelé pour me dire que l'une des jumelles ne se sentait pas bien c'est pourquoi j'y vais, mais depuis que je l'ai pris comme femme, on a pas été intime, j'ai toujours un petit blocage vis à vis d'elle, mais je crois que ça viendra.

J'ai loué un appartement pour elle et les enfants, je n'aimais pas la manière dont elle vivait chez ses parents, elle n'avait qu'une toute petite chambre qu'elle partageait avec ses enfants.

Arrivé, je souffle longuement avant de sonner, elle m'ouvre avec un sourire, et l'une des jumelles vient me sauter au cou:

- Awa, mon coeur...je t'ai manqué...

- oui papa dit-elle heureuse...

C'est mon frère qui avait toujours demandé à ses enfants de m'appeler papa. Je me tourne vers sa mère :

- Nabou comment tu vas?

- bien et toi?

- moi ça va, où est Adama elle va mieux.

- oui elle dort, mais sa fièvre est tombée.

- alhamdoullillah alors...

J'étais toujours dans le salon, mais Nabou me dit:

- allons dans la chambre...

Je ne comprends pas, pourquoi elle veut qu'on aille dans sa chambre.

Pour ne pas la frustrer, je me lève et la suis.

Je m'assois à l'extrémité du lit, franchement je me sens pas du tout à l'aise. Nabou vient s'assoir à deux centimètres de moi, je sentais son parfum mélangé avec de l'encens...

Elle commença à me caresser la main et me lança :

- comment va Mayram ?

- elle va bien...

- tu lui as dit pour nous?

- oui, j'en ai discuté avec elle hier.

- comment elle l'a pris...

- avec philosophie mentis-je.

J'avais très honte de lui raconter tout ce que ma femme a fait...

- je suis désolée pour tout, me dit Nabou...

- ne sois pas désolée, c'est notre destin..

Elle se lève doucement et vient s'assoir sur moi, mais qu'est ce qui lui prend tout d'un coup?

Ne pouvant pas supporter une telle intimité, je la bascule très gentillement de l'autre côté et me lève, je sens qu'il y'a beaucoup de tentations dans cette chambre...

- Khalil qu'est ce qu'il y'a? Pourquoi tu te lèves?

- écoutes Nabou, c'est vrai qu'on est marié, mais il faudra que tu comprennes que...

Je ne savais même pas quoi dire, c'est ma femme nom de Dieu...

Elle me rejoint là où je m'étais réfugié et me dit très sensuellement, ce qui a eu le don de réveiller certains de mes sens:

- je suis ta femme et tu peux faire de moi tout ce que tu veux...

- je sais dis-je dans un souffle...

- donc qu'est ce que tu attends pour me donner mes jours de tours, j'ai besoin de te sentir la nuit...

C'est Nabou qui parle comme ça, pourquoi elle a si changé?

- je ne sais pas quoi te répondre, je dois régler quelques détails avant de commencer ces choses.

Au lieu de me laisser sagement dans mon coin, elle commence à promener ses doigts sur moi, elle faisait ça en me fixant droit dans les yeux...

Sans même le vouloir, je lui prends les lèvres et la dirige vers le lit.

Mon Dieu qu'est ce que je suis entrain de faire?

Suis-je entrain de trahir Mayram ?

Chapitre 3 Chapitre 03

Seynabou Sy( dit Nabou)...

Je suis tellement heureuse d'avoir partagé ce moment avec Khalil, j'ai tant rêvé de ça, je peux même dire que c'est la première fois que je vis l'orgasme au vrai sens du mot. Khalil a été un vrai professionnel, il m'a fait monter au 7 ème ciel rien qu'avec ses doigts. Quand il m'a enfin pénétré j'ai senti comme une décharge électrique me parcourir tout le corps et dire que j'ai fait 10 ans de mariage, jamais je n'avais ressenti une telle chose... Donc Mayram disait vrai quand elle me racontait que son mari était très doué au lit...j'en ai la preuve maintenant.

On a fini depuis 5 minutes, mais je le sens un peu tendu, nous étions tous les deux nus et je m'étais couchée sur son torse, personne ne parlait, et tout à coup, je le sens qui essaie de se lever, je me mets encore sur lui pour l'empêcher de le faire, je n'ai pas envie que cela termine, je veux qu'il passe la nuit avec moi.

Il me détache de lui et me dit sans me regarder:

- je dois partir.

- mais pourquoi( en essayant de l'embrasser, mais il n'avait pas l'air d'apprécier car il bascule sa tête de l'autre côté :

- Khalil qu'est ce qui se passe? Tu regrettes ce qui vient de se passer.

- non ce n'est pas ça, mais je crois qu'on est allé trop vite en besogne, je ne pensais pas que...

Je l'interrompt en lui disant:

- je suis ta femme, on a fait aucun mal.

Il se lève et commence à porter ses habits, le gars a vraiment envie de partir..

- qu'est ce que tu fais? Je pensais que tu allais passer la nuit avec moi.

- non, ce n'est pas une bonne idée, écoutes moi Nabou, il est vrai que tu es ma femme et que je veux que ça soit ainsi, mais laisses moi du temps pour réfléchir à tout ça, on aurait jamais dû faire ça, on devrait attendre, mais je ne sais pas ce qui m'a pris( en prenant sa tête).

- tu avais seulement envie et moi aussi, Khalil arrêtes de te voiler la face, si on est mari et femme, cela veut dire qu'on sera intime, donc pourquoi tu réagis comme si tu avais fait un gros péché.

- bon on en reparlera une autre fois, là il faut vraiment que je parte( en portant ses chaussures).

J'étais toute nue, je vais jusqu'à lui et me suis collée à son dos:

- stp Khalil restes, Awa va te demander quand elle se réveillera.

Il fait une grande expiration et me dit:

- je repasserai un autre jour.

Je me couvre avec le drap et le rattrape quand il était sur le pas de la porte:

- promets moi que tu vas revenir bientôt... Dis-je sur un ton suppliant.

- bonne fin de journée Nabou.

Il quitte l'appartement et me laisse là comme une vulgaire affamée de sexe, mais ce qu'on a fait tout à l'heure me prouve que je ne lui laisse pas indifférente, je dois alors marquer mon territoire, peu importe ce que cela me coûtera.

J'entre dans la salle de bain et beaucoup de souvenirs me viennent en tête....

Je repense à mon mariage avec mon défunt mari, Matar Diallo, je peux dire que je n'ai jamais été heureuse avec lui, j'ai passé 10 ans à ses côtés où je faisais semblant d'être la femme la plus comblée sur terre, alors que tout était mirage.

Mon mari était le genre de mec gentil et ouvert avec tout le monde dehors, mais avec sa femme c'est comme s'il voyait son ennemi....

Dans la chambre, c'était souvent des insultes et des reproches à en plus finir, je subissais dans le silence. Cela ne me décourageait pas à acheter toutes sortes de trucs pour pimenter nos nuits, mais il trouvait toujours des mots blessants pour me faire perdre toute mon estime.

Pourtant je suis belle, d'ailleurs tout le monde me le disait, sauf lui, je n'avais jamais de compliments venant de sa part...j'avais fini par m'y habituer.

Avant notre mariage, il était l'homme le plus doux, le plus gentil et le plus attentionné que je n'avais jamais connu, il m'offrait toutes sortes de cadeaux en guise de son amour pour moi. Mes parents l'aimaient comme si c'était leur propre fils.

Mais c'est seulement après 1 ans de mariage que j'ai vu beaucoup de changements en lui, il était devenu colérique, méchant en paroles, me rabaissait même devant sa famille, un jour il s'était même disputé avec Khalil parce qu'il avait osé m'insulter devant lui, et ce dernier voulait lui faire entendre raison, mais mon mari l'avait mal pris... C'était partie en vinaigre, à part cet incident les deux frères étaient inséparables, toujours complices, même s'ils avaient des tempéraments totalement opposés.

Les choses se sont plus empirées quand Mayram a rejoint le domicile conjugal, elle était la chouchou de tout le monde, même de mon mari, ce dernier lui faisait tout le temps des compliments, jouait et riait avec elle, et moi je n'ai jamais eu droit à ça.

J'enviai cette fille pour sa capacité à propager sa bonne humeur dans toute la maison, moi j'étais du genre timide et un peu trop réservée. Mon mari n'arrêtait pas de me comparer à Mayram et de m'imposer à me comporter comme elle.

Pourquoi devenir comme Mayram ? Chaque personne à sa propre personnalité ?

Au fur du temps, Mayram et moi on est devenu très complices, on passait tout notre temps à papoter, je ne lui parlais jamais de mes problèmes avec mon mari, elle pensait même que j'étais très heureuse, elle me parlait souvent de Khalil, de tout l'amour qu'ils partagent, de cette fusion entre eux, elle me racontait même leurs nuits torrides, ceci avait le don de réveiller en moi des sentiments pour Khalil, choses que je refusai d'admettre mais je commençais à regarder Khalil avec un œil différent, personne ne pouvait deviner, mais tout ce dont j'avais envie c'était d'avoir ce que Mayram avait, c'est à dire un homme comme Khalil ou tout simplement Khalil.

Je commençais à suivre les conseils de Mayram en m'habillant comme elle et elle m'avait aussi appris à me maquiller. Un soir Khalil m'a trouvé dans la cuisine pensant que c'était Mayram, il m'avait enlacé et me faisait des suçons sur le cou, j'aimais cet instant et je ne voulais pas que ça s'arrête. L'odeur de son parfum entrait au plus profond de mon être, mais quand il s'est rendu compte que ce n'était pas sa femme, il s'était mis à s'excuser comme un gamin, et ce jour j'avais dormi comme jamais je ne l'avais fait, j'étais tout simplement heureuse.

Il passait les jours suivants à m'éviter parce qu'il avait honte, quant à moi, je faisais tout pour me rapprocher de lui.

Malgré mes changements, mon mari ne remarqua rien, il avait souvent beaucoup de boulots et rentrait très tard, parfois il lui arrivait de me réveiller pour assouvir ses désirs sexuels sans se soucier de mes propres désirs. Mon amour pour lui était mort, je n'avais même plus envie qu'il me touche, qu'il me fasse l'amour, on pouvait rester des jours sans discuter, aucune communication dans notre couple, alors qu'au même moment j'entendais l'autre couple qui éclatait de rire, qui jouait comme des enfants, qui criait leur joie... Je pleurais de cette solitude que je ressentais tout au fond de moi....

Un jour je discutais avec Mayram sur sa jalousie quand son mari rentrait tard, elle m'a souligné qu'avec les hommes, il faut rien laisser passer, ce sont des infidèles naturels, donc il faut les surveiller, elle m'avait même conseillé de fouiller parfois le portable de mon mari, histoire de voir ce qu'il fait.

Un dimanche alors que Matar dormait encore, j'ai pris son portable et j'ai commencé à fouiller, il avait mis un code mais c'était facile de le deviner car c'est le jour de la naissance des jumelles.

Mais tout ce que j'ai vu dans son watshap m'a finalement fait regretter mon geste.

Jamais je n'aurais imaginé que mon Matar avait des maitresses avec qui il donnait des rendez-vous dans des hôtels, des auberges...

Il leur envoyait des messages salaces et les filles lui envoyaient des vidéos où elles étaient nues en utilisant un vocabulaire des plus vulgaires.

Il couchait avec ces filles, car ces dernières le signalaient dans les messages.

Je tremblais en voyant tout ça, Matar n'était qu'un faux type, il incarnait le respect chez lui, tous ces frères le considéraient comme un vrai responsable alors qu'il n'en n'était rien.

Je le regardais qui dormait à poings fermés et je n'avais qu'une seule envie le tuer....Mes larmes me brouillaient la vue, mon coeur saignait, donc pendant tout ce temps qu'il se comportait comme un monstre avec moi, il allait voir ailleurs...

J'avais copié tous les messages et les vidéos sur mon portable et je m'étais mise à réfléchir sur la manière dont je devais me venger de lui.

J'ai pris un temps énorme avant d'élaborer un plan, et c'était le plan idéal car personne ne pourrait rien soupçonner.

Puisqu'il aimait le lait, il en buvait chaque soir j'ai brisé des verres que j'ai transformé en poudre, j'en mettais dans son lait chaque nuit...

Il commençait à avoir des maux de ventre, il se tordait toutes les nuits de douleurs... J'ai voulu arrêter de l'empoisonner de la sorte mais quand je repensais à son infidélité et à tout ce qu'il me faisait vivre, je me sentais plus déterminée.

Un soir alors que tout le monde dormait, il se mit à vomir jusqu'à sortir du sang. À la vue de ce sang, il eut peur et cria mon nom:

- Nabou regardes je suis entrain de vomir du sang, mais qu'est ce qui m'arrive?

- du sang tu dis...nonnn...en faisant semblant de ne rien comprendre...

Il me demande alors de réveiller son frère pour qu'il l'amène à l'hôpital, toute la famille était inquiète et Mayram me consolait en me disant que tout allait bien se passer.

Il n'a passé que deux jours à l'hôpital avant de rendre l'âme, je suis une meurtrière j'ai tué mon propre mari.

Mais avant de mourir, il avait tenu à me demander pardon pour tout ce qu'il m'avait fait subir:

- Nabou, je crois que ma fin est proche, je me sens très faible, je regrette de t'avoir fait vivre l'enfer, stp pardonnes moi.

- je peux te pardonner mais dis moi d'abord pourquoi tu m'as fait tout ça, pourquoi tu as été infidèle.

Il ouvre grand les yeux...

- je suis au courant de tout Matar, mais ce qui est fait est déjà fait.

- je te demande encore une fois de me pardonner, saches que même après ma mort, ma famille prendra bien soin de toi et des enfants.

Je commençai à verser des larmes:

- ne pleures pas tout va bien se passer, je sais que tu es une très bonne femme...tu mérites d'être heureuse.

- je ne veux pas quitter la famille, je ne connais que vous...depuis 10 ans que j'ai quitté la mienne...snifff...

- si tu veux tu resteras et mon frère s'occupera de tous tes besoins, ne t'en fais surtout pas pour ça.

- je ne veux pas que mes enfants aient d'autres frères ou soeurs qui portent des noms différents de Diallo, je ne veux pas les perturber...

- je comprends...

- tu peux demander à Khalil de me prendre comme femme si jamais il t'arrive quelque chose, je ne le veux pas pour moi, mais les enfants ont besoin d'une figure masculine dans leurs vies.

Il réfléchit un long moment et me dit:

- si cela pourra me faire pardonner tout ce que je t'ai fait, je demanderai ça à Khalil comme étant ma dernière volonté.

- je ne veux pas aussi que tu te sentes obligé de le faire...dis-je innocemment...

-......

- je te laisse te reposer...

C'est le lendemain qu'on nous annonce sa mort, comme toute veuve éplorée, j'ai pleuré, crié, mais au fond de moi, je savais que c'est ce que je souhaitais.

Quand j'ai fini mon veuvage, Khalil était venu me parler des derniers vœux de son frère, j'ai fait semblant de ne rien comprendre et là il m'avait demandé du temps pour remettre de l'ordre dans ses idées....

Je savais que c'était un lourd fardeau pour lui, lui qui disait souvent que seule Mayram le suffisait.

Je sais que j'ai été égoïste de faire ce que j'ai fait, mais moi aussi j'ai le droit d'être heureuse, je suis encore jeune, je n'ai que 33 ans, j'ai envie de croquer la vie à pleine dent et ce sera avec Khalil. Je compte le rendre accro à ma personne.

Aujourd'hui qu'on est marié, et que je connais tous ses points faibles, c'est Mayram qui m'a tout dit dans ce sens, il sera à moi, totalement à moi, avec lui j'ai décidé de rattraper toutes ces années de malheur que j'ai vécu au côté de son frère.

Mayram Sow...

- hey arrêtes de pleurer et regardes moi, aucun homme ne mérite qu'une femme verse des larmes pour lui.

- j'avais tellement foi en lui, il m'avait toujours dit qu'il ne prendrait jamais une seconde épouse.

- et je suis sûre que tu l'avais cru, tu vois tu n'as aucune expérience, un homme quand il te dit 100 choses, sache que les 90 sont des mensonges.

- ce qui me fait le plus mal, c'est celle qu'il a choisi comme épouse...Nabou je la considérais comme ma propre soeur.

- cette fille je n'ai jamais eu confiance en elle d'ailleurs je t'avais toujours dit d'arrêter de tout lui raconter sur ton ménage...est ce que tu as bien vu ton mari? Qui ne voudrait pas d'un homme comme lui?

- ne me parles plus de ce traitre, je compte divorcer.

- en tout cas je suis ta tante et je te soutiendrai sur tout ce que tu feras, mais penses aussi à tes enfants, peut être que tu dois bien réfléchir avant de prendre une quelconque décision.

- mes enfants je les élèverai toute seule.

- d'accord et tu peux rester ici le temps que tu voudras, je suis sûre que tes parents vont bientôt m'appeler une fois au courant de la situation.

- je ne leur ai rien dit...

- ils le sauront tôt ou tard...

C'est Yama et Penda qui nous interrompent en entrant sans frapper dans la chambre...

Sans même me saluer, Penda me lance:

- waaa yaw diank sa beut yi môme honkou nagnou di( jeune fille tes yeux sont rouges)...

C'est Yama qui la remet à sa place en lui disant:

- Penda, tu sais bien que Mayram n'a pas besoin de tes remarques désobligeantes...je ne sais pas pourquoi quand tu ouvres la bouche tu ne dis que des conneries....Excusez nous de débarquer comme ça, bonjour Tata Mamy...

- bonjour mes chéries, je vous comprends, bon je vous laisse discuter.

À peine qu'elle est sortie de la chambre que Penda attaque la conversation, je ne sais pas pourquoi cette fille est si agitée, je crois que c'est une maladie chez elle:

- Mayram racontes, je te jure quand j'ai vu ton texto ce matin, je n'ai même pas pu me concentrer, tellement que je voulais avoir des informations...

Yama l'interrompt en lui disant:

- tu vas arrêter avec tes questions? Tu ne vois pas que Mayram n'est pas d'humeur, espèce de folle.

Elles étaient entrain de se chamailler et je ne faisais que les regarder et quelques instants plutard, je leur dit:

- j'ai demandé le divorce.

Yama fait tomber son portable et vient se mettre tout près de moi.

- Mayram qu'est ce qui s'est passé...

Je leur raconte tout...

Penda se lève, les mains sur les hanches:

- je t'ai toujours dit de faire très attention à cette fille, je voyais clair dans son jeu, je ne l'avais jamais senti, avec son sourire hypocrite, je savais qu'elle éprouvait des choses pour Khalil.

- Aÿ Penda qu'est ce que tu es entrain de raconter comme ça, pourquoi tu aimes inventer des choses? Lui rétorque Yama.

- je n'invente rien du tout, et dire que Mayram nous négligeait à cause de son amitié avec cette voleuse de mari, elle est vraiment dégoûtante, comment est ce qu'elle peut imaginer un instant coucher avec le petit frère de son défunt mari, c'est quel genre de fille ça ?

- d'abord tu te calmes ok, tu es entrain d'influencer négativement les pensées de Mayram et je crois qu'elle n'a pas du tout besoin de ça, elle nous a fait venir pour qu'on lui donne des conseils...

- on ne devrait même pas rester là à discuter, on devrait prendre tout de suite un taxi et aller casser la gueule à cette fille, mais c'est...

Cette fois ci c'est moi qui l'arrête :

- Penda est ce que tu peux changer cet air belliqueux et discuter calmement.

Elle s'assoit et me fixe avec ces gros yeux:

- bon comme je viens de vous le dire, mon mari m'a trahi en se liant avec Nabou, elle aussi m'a trahi, ce sont tous les deux des traîtres, j'ai décidé de mettre fin à ce mariage...je ne vais jamais vivre un ménage à trois.

- je suis tout à fait d'accord avec toi, niaffal ndayou mariage bi feule...tu es encore très jeune, reprends toi bientôt les mecs reviendront comme des mouches pour demander ta main.

- c'est quels genres de conseils tu es entrain de servir à Mayram, lança Yama...Tu crois que c'est parceque Khalil s'est marié avec une autre femme qu'elle doit quitter son foyer, Mayram n'est plus comme nous, elle est mère, elle a deux enfants qui ont besoin d'être auprès de leurs parents, stp Mayram ne fais pas de bêtises, essaies d'arranger cette situation avec Khalil et surtout n'écoutes pas Penda, dafa beug morom, c'est une célibataire endurcie...Ton mari t'aime plus que tout, je sais que même s'il est marié à une autre femme, tu seras toujours unique dans son cœur.

Les mots de Yama m'ont vraiment touché, mais je ne pouvais pas revenir en arrière, je ne vais jamais partager Khalil avec une autre femme.

- tout ce que tu dis là est vrai, mais je crois qu'il vaut mieux pour moi de divorcer, je veux prendre ma vie en main et m'occuper de mes enfants.

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