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Consumé par le feu

Consumé par le feu

Auteur:: Imie Story
Genre: Milliardaire
Tout commence par un mariage. Lui cherchant une épouse pour sauver les apparences, et elle une ancienne détenue qui a été condamnée pour un crime qu'elle n'avait pas commis et qui cherche à se réintégrer dans la société. Quand cet inconnu qu'elle a rencontré plus tôt dans la journée lui demande de l'épouser, elle hésite. Plus tard, elle s'est dit qu'un mariage serait sûrement la meilleure façon pour sa réinsertion sociale. Elle voit là un moyen d'éviter de retourner en prison. Dans ce mariage il n'y a aucune place pour l'amour. En tout cas, c'est ce que tout les deux croyaient.

Chapitre 1 Le début de la fin

***Etablissement correctionnel pour femmes de Bedford Hills, New-York***

-Mademoiselle Fabien vous avez de la visite.

Assise dans ma cellule, moi, Lucia Monica Fabien, je me demandais surement si Dieu m'avais oublié. 10 ans déjà depuis que j'ai troqué ma liberté contre ces murs. 10 ans déjà depuis que je pourris en prison. J'avais été jugée coupable pour meutre au premier degré. Moi qui ai prêtée serment de prendre soins des autres de part ma profession.

Combien de fois n'ai je pas clamé mon innocence ?

-Je ne l'ai pas tué, javais crié ce jour là. Quand je suis arrivée, il était déjà mort. J'essayais juste de voir si je pouvais le ranimer quand vous êtes arrivé.

J'avais beau insisté mais malheureusement, toutes les preuves étaient contre moi. Cet homme allongé sur le lit était mon petit ami. Et ce jour là, on nous avait vu nous disputer violemment en pleine rue. Il s'avère que ce dernier m'ait trompé avec une autre alors qu'il m'avait promis loyauté. La nouvelle m'est parvenue et cela m'a fait un choc. Alors, je tenais à avoir des explications là dessus. Il est vrai que j'y suis allée beaucoup trop fort dans mes démarches. Car, lorsqu'il a refusé de me répondre, je l'avais carrément menacé de le tuer s'il ne me disait pas avec qui il m'avait trompé. Quoique j'ai tenté, il a emporté son secret dans la tombe.

Tard dans la soirée, je retrouvai le corps inerte de mon cheri, chez lui, dans son lit. Sebastian, il s'appelait. C'était mon amour d'enfance. Lui et moi, nous étionse fiancés depuis 2 ans et nous comptions nous marier dans les mois à venir. Les preparatifs avaient déjà commencé. Et voilà que maintenant il venait de perdre la vie. M'abandonnant par la même occasion. Qu'allais je devenir ? En dehors de lui, ma sœur et de ma seule amie, je n'avais personne d'autre.

Je m'inquietais de sa mort. Sauf que, je ne savais pas à ce moment là que ce n'était pas l'unique mauvaise nouvelle que j'allais avoir de la journée. Comme on m'avait retrouvée seule avec lui, on décida de mener l'enquête. Le légiste avait conclus des jours plus tard à une mort par empoisonnement. Et le premier suspect dans l'enquête, avait bien sur été moi. Qui d'autre que la femme trompée et blessée pouvait être la meurtrière ? De plus j'avais été retrouvé tout près du corps. Ne dit on pas que la déception amoureuse est un bon mobil pour commettre un meutre ?

Perdre mon partenaire et ma liberté le même jour, le cauchemar ne faisait que commencer pour moi. Car, en plus de la tristesse qui gonflait mon cœur, j'allais devoir affronter pire que ça si je souhaitais un jour pouvoir m'en sortir de tout cela. Mais ça, je ne le savais pas encore.

On m'avais directement emmenée aux commissariat. C'était une prison de haute sécurité. Selon les autorités, c'est comme si j'avais été prise en flagrant délit. Il disait que je pouvais m'enfuir si on me laissait en liberté le temps qu'ait lieu le procès. Alors, on m'a gardée dans cette cage qui est devenue ma maison.

Plus tard j'ai été entendue devant un juge. Les temoins ont relaté ce qui s'était passé dans la matinée, le jour du meurtre. Tous les membres du jury ont été unanime à propos de ma culpabilité. Pour eux, j'étais la meurtrière. C'est ainsi que je fus alors condamnée à 25 ans d'emprisonnement. Ce fut là, probablement la pire journée de toute ma vie.

La nouvelle m'est parvenue comme un coup de massue sur la tête. Pauvre de moi ! Si jeune et se voir obligé de passer tout ce temps derrière les barreaux. J'étais à fleur de l'âge. Je n'avais que 23 ans à l'époque. Et mon avocat n'avait rien pu faire pour m éviter la peine maximale. A ma sortie, je ne serai plus tout jeune. Un bel avenir gâché pour cette belle infirmière qui des années plus tôt avait fait le serment de sauver des vies que je suis. N'est ce pas assez ironique comme situation ?

Aujourd'hui encore, cet histoire m'a marqué. Serais je un jour capable de passer à autre chose ? Arriverais je à quitter cette enfer ? Aujourd'hui, je ne suis plus que l'ombre de moi même. Je désespère de pouvoir sortir un jour d'ici. Après 10 ans d'enfermement, on se dit surement qu'il vaudrait mieux accepter son sort et ne plus espérer. Mon premier avocat m'avais lâcher dès que la sentence avait été prononcé. D'ici là, une autre avocate a pris mon dossier en main et c'est cette dernière qui est venue lui rendre visite à l'instant. En vrai, je n'attend pas grand choses de cet entrevue.

Dans le couloir, je suis à pas de tortue le gardien qui me conduit vers mon avocate. Mes deux mains sont menottées par mesure de précaution. Comme si j'allais agresser quelqu'un. Etait ce vraiment nécessaire quand on tient compte qu'en 10 ans je n'ai jamais été au cœur de turbulence dans la prison où je me trouve? Depuis le départ, je n'avais rien compris de tout cet acharnement contre ma personne.

Arrivée dans la salle, on m'enleva les menotte sous la demande de mon avocate qui s'est offusquée une énième fois de plus du mode de traitement que l'on me reserve. Je saluai cette dernière et prit place sur la petite chaise disposée à cet effet derrière le bureau.

-Comment vas tu Moni ? Me demanda mon avocate.

-Je vais bien maître. J'essaie de tenir le coup, répondis je tristement.

L'avocate eu un sourire de compassion et me toucha les mains en signe de reconfort. Cela fait maintenant 2 ans depuis qu'elle a repris mon dossier. Elle a eu le temps de bien étudié celui ci. C'est un vrai labyrinthe mais elle ne lâche pas l'affaire.

Depuis elle a eu le temps de me connaître. Elle croit dure comme fer que je suis innocente. A la différé de la première personne qui m'à défendue. Elle éprouve beaucoup de compassion à mon égard. Même quand je n'ai jamais compris ses raisons. C'est pourquoi que Lisa LARSON, mon avocate passe des nuits blanche afin de trouver une solution pour sa cliente. Elle a tant de fois salué le courage de cette petite femme qui malgré tout ce qu'elle subit reste debout. A ses yeux je suis une héroïne.

10 ans, c'est presque la moitié de la peine que j'avais reçu lors du jugement. Lisa venait pour la ènième fois de faire appel afin de soumettre une demande de remise de peine pour moi. Ce n'est pas la première qui va échoué je me dis à chaque fois. Elle avait tenté cette procédure tellement de fois déjà. Et à chaque fois, cela avait été refusée comme je le pensais.

Je ne savais pas. Mais cette fois c'était différent. On lui avait repondu favorablement. On m'avait donc accordé la liberté pour bonne conduite. C'est cela que l'avocate était venue m'annoncée aujourd'hui alors que j'étais déjà au bord du désespoir depuis bien des temps. C'est peut être pour ça que je n'avais pas remarqué que mon avocate avait un air différent aujourd'hui. Elle était plus joviale, détendue...

-Ecoute Moni. J'ai une bonne nouvelle pour toi. Ta démande de libération pour bonne conduite a été acceptée. Tu sortiras d'ici la fin de la semaine. Le temps de remplir quelques paperasses et tu seras dehors. Je t'avais promis de tout faire pour te sortir d'ici. Aujourd'hui, je viens vers toi avec la satisfaction d'avoir tenu promesse.

-Oh ! Mon Dieu ! Je fais couler des larmes.

Je n'y croyais pas mes oreilles. Si bien que je demandai à l'avocate de répéter plusieurs fois l'information avant de fondre en larmes de nouveau. Non je n'étais pas triste. Ce n'est pas le genre d'information qui occasionnera ce genre d'émotions. C'était des larmes de joie qui coulait sur mes paumettes toute rabougries. J'allais enfin voir autre chose que cette cellule immonde qui me servait de demeure. Bientôt, j'allais revoir ce à quoi ressemble le dehors. Et c'était tout ce dont à quoi j'avais déjà renoncé.

Tellement j'étais émue que je me suis levée de ma chaise et j'ai couru embrasser Lisa. Je la serrais si fort dans mes bras que j'aurais pu lui broyer les os. Heureusement qu'en prison, les repas ne sont pas des meilleurs... Mon ange gardien avait tenu promesse. Et en ce moment un merci serait trop peu.

-C'est vrai que je vais sortir ? Je répète de nouveau tel un perroquet. Dites moi maître, ce n'est pas une blague que vous me faites, n'est ce pas ?

-Non Moni, répondit l'avocate. Tu es libre maintenant, elle me rassure.

Pour moi, une nouvelle vie venait de débuter. C'était là le début de la fin. Enfin, je me suis beaucoup trop emballée. Car, si derrière cette cellule je ne me trouvais pas à ma place. Je n'allais pas tarder à troquer ma place contre une autre prison. Une beaucoup plus dorée certes. Cela n'empêche pour autant que c'était une prison. Et ça, ce n'était pas le pire dans l'histoire.

Chapitre 2 Nouvelle vie, nouveau départ

***Lucia Monica Fabien ***

C'est aujourd'hui que je sors de la prison. Enfin je verrai autre chose que cet endroit tellement désagréable et puant qui m'a abrité ces dernières années. 10 ans ! Mon Dieu 10 ans à payer pour un crime que je n'avais pas commis. En 10 ans tellement de choses peuvent arriver. J'ai tout perdu de ma jeunesse. Aujourd'hui, j'ai 33 ans. Alors c'est une toute autre génération dehors.

Pour moi, certes c'est une nouvelle vie qui commence, mais je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Mais ce sera sûrement mieux que de rester enfermée, je tente de me convaincre. Quand on l'a été aussi longtemps que cela avait été le cas pour moi, la moindre des choses peut nous emmerveiller.

Mon avocate est venue m'attendre à la sortie. Dès que je l'ai vu, je suis est allée me jetter dans ses bras. C'est grâce à elle tout ça. Ça se voyait sur mon visage que j'étais heureuse. Comment ne pas l'être d'ailleurs ? Je ne m'y attendais pas de pouvoir fouler l'extérieur de si tôt. Il me reste 15 ans de ma peine.

Ensemble, on est réparti de là en voiture. Je regardais en arrière alors que la voiture s'éloignait. C'est fou comme la vie peut basculer d'une minute à l'autre. Je me disais au fond de moi que jamais je ne remettrerais les pieds dans un tel endroit. Mais est ce vraiment un endroit où on projette de se retrouver ?

En cours de route, Lisa et moi, nous discutions pour passer le temps.

-Je ne sais vraiment pas comment vous remercier maître. Vous avez été mon ange gardien dans tout cet enfer. Je vous serai éternellement reconnaissante de m'avoir sortie de là. Je vous dois une fière chandelle.

-Vraiment ma belle, il n'y a pas de quoi. Tu peux m'appeler Lisa maintenant qu'on est hors du cadre avocate-cliente. On est amie maintenant, dit elle le sourire aux lèvres. Et les amies s'appellent par leur nom et se tutoie.

Amie, c'est un bien grand mot. Depuis ce jour tragique, personne ne m'avait aussi bien traité. Tout le monde m'avait tourné le dos. Même ma sœur... ma propre sœur. Surement elle ne voulait pas être liée à une délinquante comme moi. Une chose est sûre, si Dieu a mit cette bonne fée sur mon chemin, cela devrait être pour une bonne raison.

-Vraiment merci mai... Lisa, me suis je précipitée pour me corriger. Vous avez été cette branche que j'ai tenue alors que j'allais sombrer dans le néant.

Elle déposa une main sur la mienne en me gratifiant d'un large sourire.

-Et maintenant que tu es sortie de prison, tu penses faire quoi ? Tu auras un officier de probation. Tu le sais au moins ça ? C'est lui qui se chargera de contrôler ta reinsertion sociale. C'est comme un parrain. Tu auras des rendez vous avec lui tous les mois. Il t'évaluera et dressera un rapport disciplinaire.

-Oui oui, on m'en a parlé. Je le rencontrerai dans une semaine pour le début. Et suivant ce que j'ai compris, il doit aussi me trouver un boulot, non.

-D'accord. Mais tu n'as pas répondu à ma question. Tu comptes faire quoi de ta vie ? Tu étais infirmière avant... elle s'arrête en chemin.

Je prenais une très grande inspiration avant de répondre à ma nouvelle amie. Ce que je devais faire ? La voilà la grande question. Saurais je moi même ce que je souhaite entreprendre ?

-Avant d'aller en prison, j'avais mis quelques économies de côté. Je vais d'abord me prendre une maison. Et on avisera par la suite.

-Si je comprends bien, tu n'as pas encore de plan ? Tu peux toujours venir habiter chez moi. Tu sais, je vis toute seule. Ce n'est pas super grand, mais il y a assez de place pour nous deux. Comme ça, tu pourrais utiliser tes économies pour entreprendre quelques choses de lucratif.

J'avoue que j'ai été peu gênée par tant de sollicitudes. Je ne m'attendais surement pas à une telle proposition de sa part. Je ne suis pas habituée à ce qu'on prenne autant soins de moi. Que quelqu'un soit aussi prévenante avec moi c'était tout nouveau. Et je ne savais pas quoi répondre. Ce qui est certains, je ne voulais pas déranger l'avocate encore plus que je ne l'ai déjà fait. Mais comment le lui dire sans l'offenser ? Cette dernière se donne tellement de mal pour m'aider.

-Ça me fait tellement plaisir que tu veuilles m'aider. Sincèrement, je remercie le ciel de t'avoir mis sur mon chemin. Mais, s'il te plaît, ne te dérange surtout pas pour moi Lisa. Tu as assez fait. De plus, je voudrais m'en sortir par moi même.

-C'est d'accord. Je te comprends parfaitement et je respecte ta décision. Même si j'aurais voulu que tu acceptes ma proposition. Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi si besoin. Pour n'importe quoi. Tu m'appelles et je réplique aussitôt.

-Entendu.

J'avais préféré passer la nuit à l'hôtel. Alors elle m'y a conduit à l'un pas trop cher. Je me suis dit que j'irai chercher l'argent après. C'est Lisa qui a réglé la réservation. Je l'ai remercié et elle est partie.

Une semaine s'est écoulée. Aujoud'hui, je rencontre mon officier de probation. Comme convenu, ce dernier m'a trouvé un travail dans un hôtel. Je serai femme de chambre en attendant de régulariser ma situation. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Mais, vaut mieux peu que rien. Ceci dit, je n'ai pas encore dit adieu à mon métier d'infirmière.

-Tu pourras commencer quand tu l'auras voulu.

-Merci monsieur le procureur.

-Je ne suis pas procureur Lucia.

-Ah ! Je savais pas.

-Ce n'est pas grave... N'oublie pas ce qu'on s'est dit Lucia. Tu es une bonne personne. Je t'aime bien. Mais, de grâce, évite de faire des choses qui peuvent te causer des ennuis. Et on se donne rendez vous ici dans un mois.

-C'est d'accord, je ferai très attention monsieur.

Je retournai à l'hôtel où j'ai séjourné. Maintenant que je suis de retour à la civilisation, il faudrait être prête pour ce nouveau départ. Comme on dit : nouvelle vie, nouveau départ... Nouvel engagement, nouvelle résolution. Mais avant toute chose, je dois me trouver une maison.

Comme elle m'avait déjà proposé son aide, j'appellai mon amie afin de m'aider à trouver une bonne agence immobilière. J'ai réfléchi et j'ai trouvé que comme ça, ça devrait être plus rapide.

Le lendemain, cette dernière m'a amenée à l'agence afin de pouvoir faire mon choix. J'en ai profité pour passer récupérer mon argent là où elle avait été caché 10 années plus tôt.

On a dû visiter plusieurs studio avant de se décider à en prendre un dans une zone reculé de New York, le Queens. Plus précisément à Rego Park qui est en fait l'un des quartiers du Queens. Quoique tout petit, ce studio est très bien aménagée. Ce n'est pas vraiment de premier choix ou à mon goût aussi. Mais, comme mon budget ne me permettais pas d'aller plus loin. Alors j'ai du me contenter d'un quartier populaire. Mais qu'importe. Ce qui compte c'est que je serai bientôt chez moi. Je n'aurai personne pour venir me caser les boules. En le disant, je le pensais vraiment. Mais là réalité fut toit autre.

-Tu voudrais que je t'aide à t'installer ? A faire autre chose, peut être ?

-Ne t'inquiètes pas Lisa. Je n'ai pas grand chose à apporter dans ma nouvelle demeure. De toute façon, c'est un meublé. On va vite terminer.

-Bien alors. Je m'en vais. Je passe te prendre demain afin de t'emmener faire du shopping. Tu dois changer cet apparence de vielle mère.

-Mais c'est...

-Ne dis surtout pas non Moni, elle me coupe. Tu n'as pas à refuser tout ce que je t'offre non de Dieu. Je le fais de bon cœur, crois moi. Et tu en auras besoin de nouvelles fringues pour ton nouveau boulot. Economise quelques sous. Tu ne sais jamais comment sera l'avenir.

J'avais compris que je n'allais pas pouvoir refuser une fois de plus Lisa. Alors, je décidai d'accepter.

-C'est d'accord. Tu as complètement raison. Mais n'y allons pas fort tout de même.

-D'accord. J'y vais, dit Lisa. A demain. Prend bien soins de toi.

Après le départ de mon amie, j'entrepris de ranger le peu d'argent qu'il me restait dans un lieu sur. Il ne faudrait pas que cet argent disparaîsse comme par magie. Après cela, je suis restée allongée un moment sur le lit. Un moment à repenser à la tournure que je voudrais donner à ma vie. J'avais tellement peur que ma réinsertion se passe mal. Habituellement, les gens sont tellement reticents quand ils apprennent que tu as fait de la prison. Tout ce que je souhaite c'est que cela soit différente dans mon cas. Et pour cela, je suis prête à faire ce qu'il faudra pour que cela se passe bien.

La soirée arrivée, je m'apprête pour dormir en faisant le souhait que demain soit un jour meilleur. Je sais que que désormais, ma vie va beaucoup changer. J'espère juste avoir la force pour y arriver. Je ne suis pas sortie de taule pour vivre n'importe comment.

Chapitre 3 La première journée de travail

***Lucia Monica Fabien***

La semaine est très vite passée. J'avais préféré prendre d'abord le temps de m'installer avant de commencer le boulot. Et c'est fait. Aujourd'hui, c'est mon tout premier jour de travail. Je me suis levée assez tôt afin de pouvoir être à l'heure. Comme tout nouvel employé, j'espère ne pas débuter sous une mauvaise note et faire bonne impression. C'est la base pour garder un boulot. Je suis en période d'approbation à l'heure actuelle. Déjà que j'habite assez loin du travail. Il ne faudrait pas que l'on aille se plaindre de moi à mon officier de probation de si tôt. Je n'ai pas droit à l'erreur. Et ça, je le savais. Ce qui m'attend autrement n'est pas du tout plaisant.

Est ce donc vrai que l'on ne peut pas se défaire de son passé et que celle ci reste comme une tâche indélébile à notre vie ? Ce n'est pas sur que notre passé définisse toujours qui nous somme dans le présent. Alors pourquoi cela nous colle tant à la peau ? On apprend forcément avec le temps. Et certains bêtises qu'on a fait, ne se répéteront plus ce qui est sur. De plus, on peut être marqué par un passé qui n'est pas le notre. Qu'en est il de ces personnes que l'on condamne alors qu'elles étaient innocentes ?

On dira tous que la vie est ainsi faite. Il faudrait tout simplement l'accepter. Mais, combien de temps devrais je supporter cette pression de toujours filer droit pour ne pas tout perdre de nouveau ? Si on m'a laissée sortir c'est parce qu'on était sur que j'étais apte à vivre en société. Alors pourquoi avoir inséré cette clause comme quoi je pourrais retourner en prison au moindre entorse fait pendant que je serai dehors ? C'est clair que je n'avais pas tout compris au moment de sortir. C'est presque pareil qu'une prison. La seule différence, c'est que tu es dehors.

Je suis arrivée au boulot assez tôt pour mon premier jour. Etant nouvelle là bas, je ne connaissais personne. De toute façon, je ne suis pas là pour me faire des amis. Je voulais simplement des informations à propos de mon travail. L'amitié, c'est un concept abstrait pour moi. Mon expérience avec cette chose que l'on nomme amitié m'a laissée un arrière goût amer par le passé.

Dans le temps, je n'avais qu'une seule amie, Ashaya SMITH. Plus qu'une amie, c'était ma deuxième sœur. Elle et moi, on a partagé tellement de choses. A mes yeux, elle avait tellement d'importance. J'avais plus d'affinités avec elle qu'avec ma propre sœur. Celle venant des mêmes entrailles que moi. Celle avec qui j'ai partagé le sac gestationnel. Il n'y a pas de sacrifice que je n'aurais pas consentie pour mon amie. Pourtant cette dernière n'a pas hésité à sortir avec mon fiancé dans mon dos.

C'etait malheureusement une amitié à sens unique. Et la seule pour qui ça avait de l'importance, c'était malheureusement moi. Elle est venue elle même me cracher cela au visage alors que la pauvre petite idiote que j'étais subissait déjà le martyre à la prison. Selon Ashaya, je lui avais privé de son bonheur en tuant l'homme dont elle était tombé amoureuse. N'est ce pas assez ironique comme situation ? C'est moi la fiancée qu'on a trompée. Et pourtant c'est encore moi qui subis toute les représailles de l'autre femme.

-Hey la nouvelle, qu'est ce que tu fous toute seule au fond du couloir ? Tu as déjà fini de nettoyer la chambre qu'on t'a assignée ? J'entendis quelqu'un crier après moi.

J'ai juste secoué la tête pour dire non. D'ailleurs, je n'avais même pas encore pénétré dans la pièce. J'étais beaucoup trop à fond dans mes pensées pour faire un seul pas en avant.

-C'est donc pour cela que l'on te paie ici ? Si tu voulais rester assise sans rien faire, tu aurais dû rester chez toi. Ici personne ne reste là à se tourner le pouce. Mets toi tout de suite au travail. On ne te paie pas pour rester la à glander.

C'était la gouvernante de l'hôtel qui était venu me réprimander soit disant que j'étais une glandeuse. Ça commence bien. A peine débuter que je me suis déjà mise ma cheffe à dos. Vais je pouvoir tenir ici assez longtemps ? En tout cas, c'est mal parti.

Je récupère le chariot et le pousse jusqu'à la chambre. Je devrais nettoyer par terre, changer les draps et les serviettes, récurer les toilettes et tant d'autres choses, dans plusieurs chambres. Et ceci en un temps record. Je ne devrais surtout pas me planter. Pas pour mon premier jour de travail en tout cas. Ce n'est pas un travail auquel j'ai été habituée. Mais je m'y fais. Ce n'est plus le moment de choisir.

Dehors dans le hall de l'hôtel, il y avait tout un brouhaha causé par les aller-retours de certains curieux. Ce qui a mit toute l'hôtel en effervescence. Il semblerait qu'un client très spécial allait arrivé aujourd'hui. En toit cas, c'est ce qui se disait. Tout le monde en parlait comme si c'etait là l'événement de l'année. A croire que c'était le président des États-Unis qui débarquait.

Qui était ce ? Pourquoi tous ces gens semblaient ils être en parfaite vénération rien qu'en entendant son nom ? Mes 10 années d'enfermement ne m'ont pas ete d'une grande aide pour être à jour sur l'actualité. Déjà que cela ne m'intéressait pas tant que choses ça avant. Celle qui a toujours été à la page, c'était ma sœur. On ne pouvait pas tout avoir en commun. Le visage était déjà suffisant. Alors, je me suis juste contentée de bien faire mon boulot afin d'être dans le temps. Et ne pas me faire gronder une fois de plus de la journée.

A la pause, Lisa, ma toute nouvelle amie m'apportait à manger. Elle s'est surement dit que je ne l'avais pas encore fait et elle avait raison. Je n'ai pas pris grand chose ce matin en venant. J'avais espérer m'en occuper à ma pause. C'est bien de limiter mes dépenses aux strict nécessaires. En attendant la première paye, je dois pouvoir gérer le peu d'argent qu'il me reste. Et avec un budget aussi serré que le mien, ce n'est pas étonnant que des choses importantes comme bien se nourrir se retrouve reléguer au second rang. Voire même d'inutile.

-Merci Lisa, je dis lorsque je récupère le petit paquet apporté par cette dernière.

-Il n'y a pas de quoi ma belle, répondit elle. Les amis sont faits pour ça. Si je ne prend pas soins de toi, qui d'autre le fera ?

Elle ne croyait pas si bien dire. Sauf que moi, je n'étais pas du même avis. Et ça, c'est sûrement à cause de ma mauvaise expérience passée. Mais je souris malgré tout. EIl ne faudrait pas pas faire quelques chose qui allait rendre Lisa mal à l'aise. Elle n'est en rien responsable de mon passé amical cauchemardesque.

-Bon j'y vais, déclara Lisa. Je ne veux pas trop envahir ton espace de travail et que par la suite on te réprimande. Préviens moi si tu veux que l'on se voit plus tard. Tu dois redécouvrir la ville.

J'acquiesce de la tête. Avec Lisa, j'ai vite appris une chose. Il ne faut pas lui dire non. Par la suite, je ne tardai pas à reprendre le boulot. Juste que, je suis arrivée dans le hall au même moment que le fameux client. Et moi, l'antisociale que je suis, n'avait pas prêté attention à lui. De toute façon, je n'aurais pas pu l'approcher de près même si je le voulais. Si cela n'avait pas été les gardes du corps super costauds de l'homme en question, cela aurait été toutes ces femmes qui se sont agglutinées auprès de lui comme s'il était un dieu en espérant qu'il remarque l'une d'elle.

-Pfffffff ! Comment ne pas se prendre la tête après tout ça ? Je déclare en voyant comment ces femmes s'en foutaient de se faire bousculer juste pour pouvoir s'approcher de cet homme qui visiblement n'en avait rien à foutre d'elle.

Je roule de yeux d'agacement et repris mon travail calmement. Pour moi, cet homme était juste un employé de plus que je devais servir si par malheur il devrait se retrouver dans mon secteur. Je n'avais pas à faire comme l'ont fait toutes ces femmes et lui courir après comme une désespérée. Je n'étais là que pour bosser. Rien de plus.

Dans l'après midi, après avoir terminé mon boulot, je suis sortie attendre le bus pour rentrer chez moi. Au cours du trajet, je fais un message à Lisa lui expliquant que je suis crevée et que par conséquent on remet ça au week-end prochain. Dieu merci, elle s'est montré très compréhensive.

Dans l'ensemble, j'ai eu une très bonne journée. Personne ne m'a regardée de travers. Personne ne semble savoir qui je suis. C'est beaucoup mieux que ce que j'espérais.

-Pourvu que cela dure, je dis en soufflant au moment d'arrivée chez moi.

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