La vérité n'est pas le bout du chemin. Elle est le chemin même. Elle est à construire, comme l'amour que l'on partage et l'intelligence que l'on acquiert. Quiconque arrive à bien cerner le sens de cette phrase en fera son cheval de bataille. Car, c'est souvent lorsqu'elle est est la plus désagréable à entendre qu'une vérité est le plus utile à dire. Dans un monde où chacun se laisse tenter par la facilité et la fourberie, elle reste le seul arme pouvant parvenir à bout de tout. Et elle était de son côté à elle.
Lucia Monica J. Fabien
Les néons de New York brillaient intensément, illuminant les rues en contrebas, scintillaient comme des diamants, reflétant la froideur qui régnait dans mon cœur. Assise dans le salon opulent d'Emiliano, je contemplais les silhouettes imposantes des gratte-ciel qui perçaient le ciel nocturne, réfléchissant à mon passé douloureux. Les années de souffrance, de trahison et de séparation semblaient s'étirer à l'infini.
Cela faisait deux années que je n'avais pas foulé le sol américain. Des années depuis que j'avais été vendue comme une marchandise, loin de ma famille, loin de tout ce que je connaissais. Et de surcroît enceinte. Les révélations d'Emiliano avaient bouleversé mes certitudes. La vérité sur le père de mon fils et l'implication de Maëlle dans la destruction de ma vie avaient réveillé une rage ancienne et insatiable.
Malgré la confusion et la douleur, j'étais déterminée à venger toutes les injustices que j'avais subies. Emiliano, bien qu'il m'ait caché certaines vérités, se révélait être un allié dans cette quête de justice.
- Tu es prête, Lucia ?
La voix grave d'Emiliano me tira de mes rêveries. Je me retournai vers lui. L'homme, d'une beauté sombre et troublante, m'offrit un sourire énigmatique.
- Plus que jamais, répondis-je, d'une voix ferme. Maëlle paiera pour tout ce qu'elle m'a fait.
Emiliano hocha la tête, ses yeux pétillant d'une lueur sombre.
- Je le sais, Lucia. Et je serai là pour t'aider à obtenir ta vengeance.
Je me levai et m'approchai de la fenêtre. Puis, je posi une main sur la vitre froide et regardai les rues animées en contrebas.
- Tu sais, Emiliano, au début, je te détestais. Je t'ai maudit chaque jour de ma vie. Je n'avais pas encore compris comment fonctionne les choses dans ce monde. Mais tu m'as donné une chance, une famille. Et pour ça, je te serai éternellement reconnaissante.
Emiliano s'approcha de moi et prit ma main dans la sienne.
- Tu as surmonté l'enfer, Lucia. Tu es plus forte que tu ne le penses. Tu es une reine. Et tu mérites que le monde tremble lorsque ta voix résonne.
Je lui souris faiblement.
- Peut-être. A commencer par Maëlle. Elle ne s'en sortira pas si facilement. Elle a sous-estimé ma détermination. Elle ne me verra pas arriver
- Elle a sous-estimé la nôtre, corrigea Emiliano. Nous allons mettre fin à son petit manège et faire tomber son masque.
Je sentis un frisson parcourir mon échine. Le moment de la vengeance était enfin arrivé. J'étais prête à affronter le passé et à faire payer Maëlle pour tous ses crimes.
- Tu penses encore à lui ? demanda-t-il doucement, sa voix brisant la tranquillité de la pièce.
La question fit vibrer quelque chose en moi. Mais je ne répondis pas immédiatement. Les souvenirs de Mathis, le père de mon fils, ressurgirent dans mon esprit. Ce que, par sa faute, j'avais vécu avec lui. La douleur d'avoir été trahie, et les espoirs déçus faisaient maintenant partie d'une histoire que j'essayais de dépasser.
- La vérité est que tout ce que je veux, c'est faire payer Maëlle, je réponds enfin, ma voix tremblant sous le poids de mes émotions. Mathis est loin de mes préoccupations maintenant.
Emiliano me regarda intensément, comme s'il cherchait à percer le mystère de mon âme. Sa dévotion était claire, mais les mensonges qu'il avait entretenus pesaient lourdement sur notre relation.
- L'aimes tu encore ? Il me demande.
Sa question est ridicule.
- Cet homme... Celui là même qui n'a pas cherché la vérité avant de se faire une opinion de toi, ajoute t-il. L'aimes tu Lucia ?
- C'est...
- Le père de ton fils, tu allais dire ? Je sais que tu as porté son enfant Lu. Son seul enfant d'ailleurs, il souffle plus bas. Que cela ne te sert pas d'excuses pour lui retomber dans les bras.
Le "seul enfant" résonne dans la tête de Lucia et elle ignore le reste.
- Sa femme est enceinte Emiliano, je soutiens la voix tremblante, ayant trop peur d'avoir compris ce que cela pouvait signifier.
- Si je te dis qu'il n'est pas de lui, cela changerait-il quelque chose pour toi ?
A cet instant, son regard sur moi est intense. Comme s'il espérait être en mesure de lire le fond de mon âme.
- Co... comment ?
- Le bébé qu'elle porte est ce qui a accéléré leur mariage. Et il n'est même pas de lui.
- Qu...
- Est ce que cela change ta manière de le voir Lucia ?
Ma bouche s'ouvre et se referme. Bien sur que cela change quelque chose. Pas pour revenir avec Mathis bien entendu. Quand on pense que sa mère ne m'a jamais acceptée parce qu'elle avait toujours préféré Maëlle à moi. Et ceci même après avoir su que son fils m'avait épouser.
Je ris jaune.
- Il n'y avait pas que Sebastien et ta sœur dans le coup, il m'avait avoué. Pas sur la fin en tout cas. C'est d'ailleurs elle qui a engagé ta sœur pour briser ton mariage.
- Depuis quand t'es au courant de tout ça ?
La réponse d'Emiliano tardait à venir.
- Sébastien est mort et ma sœur en prison. Alors depuis quand tu savais pour elle Emiliano ? Pourquoi n'est elle pas elle aussi en prison alors que tu as promis de m'aider à me faire justice ? Explique moi.
- Je t'ai caché des choses pour une raison, Lucia, commença-t-il, son ton empreint de regret. Au début j'ai cru que t'avais réussi à tourner la page. Comme tu dis Sébastien était mort et ta sœur en prison. Cela n'avait plus une quelconque importance. Maëlle avait eu ce qu'elle voulait. Elle ne serait pas venue se confronter à toi. Tu étais hors d'atteinte. J'espérais que, une fois tout cela derrière nous, tu trouverais la paix. Mais je comprends maintenant que ce n'était pas ce que tu cherchais. Tu veux la justice, et je suis prêt à te la donner.
- Tourner la page ? Ah ouais ! Et pourquoi me révéler la vérité maintenant ?
- ...
- Je pensais pouvoir te faire confiance Emi. Au lieu de cela, tu l'as couvert, elle. N'était-ce pas parce que cela t'arrangeait ? Tu espérais me conquérir en ce temps sûrement ? C'est déloyale de ta part. Tu me déçois tellement.
- Lucia, je t'aime.
- Et puis quoi encore ? Cela justifie t-il le fait que tu m'aies menti ? Tu es tout autant pareil qu'eux.
- C'est la colère qui te fait réagir ainsi. Tu as besoin de te calmer.
- Non. Maëlle doit goûter à sa propre médecine. A la différence d'elle, j'ai la vérité de mon côté. Et je peux t'assurer que je ne vais pas le louper. Que tu sois de mon côté ou non.
- J'ai toujours été de ton côté Lucia (Lou-tcha). Toujours. Et si tu me laissais t'expliquer tu comprendrais mes raisons. Ta vengeance, tu l'auras. Et je serai tout le temps à tes côtés.
Je me levai brusquement, les nerfs à fleur de peau. Le niveau de colère qui m'animait en ce moment, il aurait mieux fait de ne rien m'avouer. Car en ce moment, je n'ai qu'une seule chose en tête. Me faire justice.
L'angoisse et la détermination se melangeaient en moi, alimentant une résolution froide. Je devais affronter Maëlle, mais aussi la vérité sur ceux qui l'entourait.
- Je suis prête à tout pour obtenir cette justice, Emiliano. Même si je dois le faire seule, je le ferai. Maëlle devra payer pour tout ce qu'elle m'a fait, et personne ne me détournera de cet objectif.
Emiliano acquiesça, conscient de la ténacité dont je pouvais faire preuve. Il savait que mon désir de vengeance était plus qu'un simple caprice. C'était une nécessité viscérale, un impératif moral.
Plus tard dans la nuit, Emiliano se tenait dans son bureau. Les lumières tamisées créent une ambiance sombre et intime. Au téléphone, un sourire narquois aux lèvres. Assise dans un fauteuil, j'observe la scène avec une certaine inquiétude.
- Écoutez, messieurs, j'ai une petite affaire pour vous. Il s'agit d'une femme, très dangereuse. Elle a besoin d'être... disons, mise hors d'état de nuire.
Je l'interrompis.
- Pas comme ça. Emiliano, je t'ai dit que je voulais m'en occuper moi-même.
Emiliano pose le téléphone sur son bureau et se tourne vers moi. Un regard doux dans les yeux, il me prend la main.
- Je comprends ton désir de vengeance, ma chère. Et le fait que tu veuilles tout faire par toi même. Mais Maëlle est entourée de gardes du corps, elle a des alliés puissants. Ce n'est nullement un secret pour toi que ton mari a un bras long. Tu ne peux pas t'y attaquer seule.
- Je sais, reconnus-je amèrement. Mais, je ne veux pas que tu te salisses les mains pour moi.
- Dois-je te rappeler que c'est mon rôle de te protéger et de t'aider à obtenir ce que tu veux ? Tu es sous ma protection Lucia.
- Je veux que ce soit moi qui la fasse tomber, répondis-je determinée. Je veux voir la peur dans ses yeux quand elle réalisera que c'est moi qui suis derrière tout ça.
Emiliano sourit, admiratif.
- Très bien, Lucia. Si c'est ce que tu veux. Mais sois prudente s'il te plaît. Je ne veux pas te perdre.
Il reprend le téléphone et me tourne le dos.
- Oubliez ce que je vous ai dit. Pour le moment, nous allons simplement surveiller notre cible. Je vous tiendrai informés si la situation évolue.
Il raccroche et se tourne à nouveau vers moi.
- Nous allons procéder tel que tu le souhaites... par étapes. Nous commencerons par rassembler des informations sur Maëlle et ses activités. Ensuite, nous trouverons le moment opportun pour agir.
J'hochai la tête, un léger sourire aux lèvres. Je savais que je pouvais compter sur Emiliano. Ensemble, on allait faire tomber Maëlle.
Pendant un court instant, il m'observa avec une admiration palpable. Son regard se posa sur moi, empreint de respect et de séduction, comme s'il découvrait une facette encore plus captivante de ma personnalité.
- Lucia, je dois te féliciter, dit-il avec sincérité. Ta détermination et ta force sont vraiment impressionnantes. Tu es parvenue à transformer toute cette douleur en une force incroyable. Je n'ai jamais vu quelqu'un se battre avec autant de courage et de conviction que toi.
Il s'approcha de moi, une lueur admirative dans les yeux. Sa voix se fit plus douce, presque envoûtante.
- Tu es plus que jamais une femme admirable. Et je suis honoré de pouvoir t'accompagner dans cette quête. Ce que tu es prête à faire pour obtenir justice est remarquable. Refusant d'user de la force. Méthode la plus rapide. Je suis certain que rien ne pourra t'arrêter.
Je sentis ses paroles résonner droit dans mon cœur. Les mots d'Emiliano, chargées de sincérité et d'émotion, touchaient un point sensible. Je savais que, malgré ses réserves, Emiliano était un allié précieux dans cette lutte assez complexe. Son soutien, bien que teinté de sa propre fascination, m'apportait une force nouvelle.
- Merci, Emiliano, répondis-je, la voix empreinte de gratitude. Cela signifie beaucoup pour moi d'entendre cela. Nous avons un long chemin devant nous, mais avec ton soutien, je me sens prête à affronter tout ce qui se dressera sur notre route.
Il m'offrit un sourire encourageant et, tout en se penchant légèrement vers moi, ajouta :
- Je suis là pour toi, Lucia. Et ensemble, nous allons obtenir la justice que tu cherches. Rien ne nous arrêtera.
Le regard qu'il posa sur moi, chargé de promesses et de passion, laissa une empreinte durable. Le plan était en marche. Les premiers pas de ma revanche étaient désormais traçables. Les informations sur Maëlle et ses activités seraient rassemblées minutieusement, chaque détail comptant dans ce jeu dangereux. J'étais prête à affronter mon destin et faire tomber celle qui avait ruiné ma vie.
Lucia Monica J. Fabien
Après m'être enfui pour offrir une autre vie qu'un mileu rempli de violence à mon fils, me voilà de retour dans mon pays. Une évasion nécessaire pour échapper à ceux qui avaient détruit ma vie. Cela fait maintenant une semaine depuis que je suis revenue à New York. La ville, toujours aussi vibrante et bruyante, était un contraste frappant avec le calme relatif des endroits où j'avais cherché refuge.
Emiliano m'avait assuré qu'il était prêt à m'aider à me venger, mais il me restait encore beaucoup de choses à assimiler. Les retrouvailles avec cette ville et les révélations de ces dernières années ne faisaient qu'ajouter à mon tourbillon émotionnel.
Aujourd'hui, Emiliano devait venir me voir pour discuter des derniers développements. J'avais hâte. J'étais assise dans le salon luxueux de mon appartement temporaire, les yeux fixés sur les immenses fenêtres offrant une vue panoramique sur la ville. Les gratte-ciel scintillants semblaient symboliser le chaos que je portais en moi.
La sonnerie de la porte d'entrée me tira de mes pensées. J'allai ouvrir et trouvai Emiliano, toujours aussi élégant, avec ce sourire mystérieux qui dissimulait tant de choses. Il entra sans attendre, comme s'il connaissait déjà le chemin, et se dirigea vers le canapé où il s'assit en me faisant un signe.
- Lucia, dit-il, sa voix grave empreinte d'une chaleur réconfortante. Je suis content de te trouver en meilleure forme. Après notre conversation, j'ai eu peur que tu fasses une bêtise.
Je m'installai en face de lui, essayant de rester calme malgré la tension qui m'habitait.
- La précipitation ne m'aidera pas dans ma lutte. Je suis prête à entendre tout ce que tu as à dire. Raconte moi les choses beaucoup plus en détails. Que s'est-il passé pendant mon absence ?
Emiliano s'appuya en arrière, ses yeux se perdant dans le vide pendant un moment avant de se fixer sur moi.
- Il y a eu tant de choses... des rebondissements inespérés. Je t'ai déjà dit que ton ex-fiancé, Sebastian, était mort en prison. Ce que je ne t'avais pas rapporté c'était comment cela s'est passé. Sa mort fut une tragédie. La rumeur dit qu'il a été impliqué dans une altercation qui a mal tourné, est ce qui avait sorti officiellement. Mais j'ai des contacts. Ils m'ont rapporté une toute autre histoire. Un règlement de compte d'un cartel à qui il devait de l'argent.
Je ressentis un mélange de soulagement et d'indifférence. Sebastian n'avait pas été quelqu'un que je chérissais. Depuis que j'avais appris ce que lui et ma sœur m'ont fait, je l'ai tout bonnement rayé de ma vie. Mais la fin tragique de sa vie semblait presque ironique.
- Et Luciana ?
- Elle purge encore sa peine, oui. La vérité sur sa complicité avec Maëlle m'avait surpris. Pas pour elle. J'ai toujours su qu'elle est la pire des chienne. C'est ta sœur, pardonne moi. Mais c'est ce qu'elle est. Elle reste beaucoup d'années à passer en prison. Bien que...
- Quoi donc ?
- Elle semble prête à coopérer si cela peut alléger sa peine, elle a dit. Il semblerait qu'elle ait des informations sur un cartel que traque le FBI. Ça risque de mal finir pour elle aussi si elle ouvre la bouche.
Emiliano fit une pause, scrutant ma réaction.
- Je suppose qu'on ne parle pas de ton cartel. Tu n'aurais pas été aussi tranquille di tel était le cas.
- Tu penses bien.
- Tu ne m'as jamais raconter comment vous vous êtes rencontrés.
Il sourit, puis se pince les lèvres.
- Tu n'aimerais pas écouter quelques choses de plus important pour ta cause. A propos de ton ex mari par exemple.
Il n'avait nullement envie de discuter. Je l'avais compris. Alors on continua avec la séance de briefing.
- Quant à ton mari, Mathis, il continua posément, il ne sait toujours pas que c'était ta jumelle qui a signé les papiers de votre divorce. Ce qui signifie que vous êtes donc encore légalement mariés.
La révélation me fit frémir. Je n'avais aucune intention de renouer avec lui. Mais l'idée que j'étais encore légalement mariée à lui compliquait les choses.
- Il n'y a aucune raison qu'il le sache, finis-je par dire. Et Maëlle ? Demandai-je finalement, ma voix chargée de colère contenue. Je sais qu'elle est enceinte et que ce n'est même pas le fils de Mat. Tu sais qui pourrait être le père ?
Emiliano hocha la tête.
- Non, ce n'est pas lui le père. Cela a été confirmé par plusieurs de mes sources. C'est probablement la cause de leur mariage précipité, je te l'avais dit. Concernant le père, je n'en ai aucune idée.
- Il a bien un père ce bébé. Maëlle n'est pas tombé enceinte par parthénogenèse.
Je laissai échapper un rire amer.
- Et lui, il ne se doute de rien. Il est tellement naïf. J'ai envie de dire bien fait pour lui et sa mère.
Emiliano se pencha en avant, les mains jointes sur ses genoux.
- C'est exactement pourquoi nous devons agir avec prudence. Tu n'ignores pas que Maëlle est entourée de gardes du corps et a des alliés puissants qui couvrent ses arrières. Nous ne pouvons pas simplement foncer tête baissée sans un plan solide.
Je me levai brusquement, ne pouvant contenir ma frustration.
- Je veux voir Maëlle payer pour tout ce qu'elle m'a fait. Je veux la voir se rendre compte que je suis de retour et que je ne reculerai devant rien pour obtenir justice. Quand j'en aurai fini avec elle, je veux que la seule chose qu'elle retienne, c'est qu'elle aurait dû s'abstenir de s'attaquer à moi. Ses bêtises ont mis mon enfant en danger.
Emiliano se leva également, s'approchant de moi avec une intensité dans ses yeux qui me fit hésiter.
- Calma petite lionne. Je comprends ta colère, vraiment. Mais je veux que tu te souviennes d'une chose. La vérité est de ton côté. Ce qui fait que tu es en position de force. Nous avons le pouvoir d'agir de manière stratégique et efficace. Car, un simple geste mal calculé et l'avantage peut te filer des doigts.
Je me tournai vers lui, le regard déterminé.
- Je n'ai pas l'intention de me lancer dans une guerre à l'aveugle. De faire marche arrière non plus. Néanmoins, j'ai besoin de savoir tout ce que tu sais sur Maëlle. Ses alliés, ses points faibles, tout.
Emiliano me regarda avec une expression de respect mêlé de préoccupation.
- D'accord. Je vais te fournir toutes les informations dont nous disposons. Nous devons élaborer un plan pour la surveiller, comprendre ses mouvements et ses routines. Ensuite, nous pourrons planifier notre prochaine étape.
Le jour suivant, Emiliano et moi, on se retrouve dans son bureau, un espace discret mais raffiné, où nous pourrions discuter en toute sécurité. Il ouvrit son ordinateur portable et commença à me montrer des documents et des photos de Maëlle et de ses activités récentes.
- Voici ce que nous avons jusqu'à présent, expliqua-t-il en faisant défiler les informations. Maëlle et Mathis ont été un bon moment hors du pays. Ils se sont installés en Italie il y a un an. Son mariage s'est déroulé là-bas. Mes gars ont également appris que ses alliés sont des personnages influents dans le monde des affaires, de la politique et du monde obscur.
- Du monde obscur ? Du genre ?
- Trafiquants de... Toi même tu sais. Voilà pourquoi, tu dois prendre le temps de t'armer avant de frapper ton premier coup.
Je scrutai les documents, absorbant chaque détail avec une concentration féroce.
- Quelle devrait être la prochaine étape selon toi ?
Emiliano se frotta le menton en réfléchissant.
- Nous devons d'abord établir une surveillance discrète. Nous allons recruter des personnes de confiance pour nous aider à suivre ses déplacements et infiltrer son quotidien. Ensuite, nous chercherons des opportunités pour la confronter.
Je hochai la tête, les yeux rivés sur les informations.
- Et que fais-je pendant ce temps ?
- Tu restes en sécurité pour ton fils... Pour moi, il ajoute le regard perçant. Et prépares-toi pour les prochaines étapes, finit-il comme si de rien n'était. Nous ne pouvons pas nous permettre de te mettre en danger. Nous devons nous assurer que chaque mouvement est calculé et que nous avons toutes les cartes en main avant d'agir. Tu sais à quel point tu comptes à mes yeux
Je me redressai, le regard déterminé.
- Très bien. Je suis prête. Maëlle paiera pour ce qu'elle a fait, et je ne laisserai rien ni personne m'arrêter.
Emiliano me regarda avec une admiration visible.
- Ta détermination est admirable, Lucia. Je te promets que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir justice. Mais il est crucial de rester prudent. La vengeance peut être un chemin dangereux. J'en connais un rayon là dessus.
Je lui offris un sourire maigre.
- Je le sais. Mais je suis prête à prendre tous les risques nécessaires pour atteindre mon objectif. Maëlle et ceux qui l'ont aidée devront payer pour leurs actes. Et je serai la main de la justice.
- Ta sœur aussi.
- Ma sœur aussi Emi.
- Et ton mari ?
- Ex mari. Oui, lui aussi.
Je quitte le bureau d'Emiliano, une partie de moi étant encore absorbée par les détails de notre plan de vengeance. Pourtant, en rentrant chez moi, un autre sentiment prit le dessus : l'amour que je ressentais pour mon fils, Juan Camillo. La vie de mère avait été un havre de paix et de réconfort, un refuge précieux au milieu du chaos.
Lorsque je franchis la porte de mon appartement, le bruit du petit Juan Camillo jouant dans le salon m'accueillit. Il avait 2 ans maintenant. Chaque jour passé avec lui était un pur bonheur. Sa voix claire et son rire contagieux avaient toujours été des sources d'énergie et de motivation pour moi.
Je le trouvai en train de jouer avec ses jouets préférés sur le tapis du salon sous la surveillance de sa nounou. En me voyant entrer, ses yeux brillèrent d'excitation et il se précipita vers moi, les bras grands ouverts.
- Ma-man ! S'exclama-t-il en riant.
Je me baissai pour l'attraper et le prendre dans mes bras avant d'autoriser sa nounou à repartir. Il se blottit contre moi avec une confiance totale, ses petits bras entourant mon cou. Ce simple geste m'apportait un réconfort profond et une paix intérieure que rien d'autre ne pouvait égaler.
- Bonsoir, mon amour ! Murmurai-je en lui faisant un câlin. Tu as passé une bonne journée ?
Juan Camillo hocha la tête vigoureusement, ses cheveux bruns ébouriffés se déplaçant avec le mouvement.
- Oui, ma-man ! J'ai joué. Avec blocs !
Il leva une petite main pour me montrer ses jouets éparpillés autour de lui. Je souris en voyant le désordre joyeux qu'il avait créé. Les blocs colorés étaient éparpillés un peu partout, et il était évident qu'il s'était amusé comme un fou.
- On dirait que tu as eu beaucoup de bons moments aujourd'hui.
Je posai Juan Camillo par terre et m'assis à ses côtés, le rejoignant dans son jeu. Il se mit à construire une tour avec les blocs, et je l'aidais, amusée par sa concentration intense.
- Regarde, maman ! S'exclama-t-il en montrant la tour qu'il avait construite. C'est très grand.
- C'est magnifique, dis-je avec enthousiasme. Tu es vraiment doué pour construire des tours mon cœur.
Il éclata de rire, les yeux pétillants de joie. Ses petits doigts s'activèrent pour ajouter un dernier bloc au sommet de la tour, et il se redressa pour admirer son œuvre.
- La plus grande, se vante t-il.
Je ris avec lui, heureuse de partager ces moments simples et précieux.
- Oui, c'est la plus grande tour du monde. Je suis si fière de toi mon bébé.
Nous passâmes un bon moment à jouer ensemble. Comme toujours, Juan Camillo remplissant l'appartement de sa joie et de son énergie. Les soucis de la journée semblaient s'évanouir dans l'air, remplacés par le bonheur pur de passer du temps avec mon fils.
Le soir venu, je préparai le dîner pour nous deux, tout en gardant un œil sur Juan Camillo qui jouait dans le salon. Je préparai ses plats préférés : des purées de légumes et du poulet tendre, tout en chantant doucement une chanson que nous avions l'habitude de chanter ensemble.
Lucia Monica J. Fabien
- Maman, veux histoire avant dormir, dit mon fils lorsque je l'emmène dans sa chambre.
Ses yeux étaient grands ouverts. L'impatience pouvait s'y lire. Je lui souris en l'allongeant dans son lit.
- Bien sûr, mon trésor. Tu as le choix. L'histoire de la princesse qui fut sauvée par le prince ou celle de la grande aventure des pirates ?
Juan Camillo réfléchit un moment, puis déclara avec conviction :
- Les pirates !
Je m'allonge à ses côtés. Sa tête posé sur ma poitrine, je prends une profonde inspiration avant de débuter mon récit.
- Il était une fois un grand pirate nommé Capitaine Étoile, qui naviguait sur le navire le plus magique des sept mers, Lune d'Or. Capitaine Étoile était connu pour son courage et son cœur généreux. Son équipage était composé de personnages fantastiques : Luna la Sirène, Gracie le Gorille et Squeaky le Raton. Un jour, Capitaine Étoile reçut une mystérieuse carte au trésor flottant dans une bouteille en verre. La carte montrait le chemin vers l'île Arc-en-Ciel, où se trouvait un trésor légendaire. Excités par cette nouvelle aventure, le Capitaine et son équipage mirent les voiles.
Son visage s'illuminait à chaque rebondissement de l'histoire. Ses yeux se refermaient peu à peu, épuisés par une journée bien remplie.
- Maman, je t'aime, murmura-t-il avec tendresse avant de s'endormir.
- Je t'aime aussi, Juan Camillo, répondis-je en lui donnant un baiser sur le front. Dors bien mon trésor.
L'équilibre entre ma vie de mère et ma quête de justice serait difficile à maintenir, mais je savais que, pour mon fils et pour moi-même, je devais réussir. Le monde extérieur pouvait être impitoyable, mais je savais que, tant que je pouvais retourner à cet amour et cette tendresse, j'avais une raison de rester forte. Je fermai doucement la porte de la chambre de Juan Camillo pour ne pas le réveiller et retournai au salon.
Je ferme les yeux un instant, et les souvenirs affluent comme une vague incontrôlable. Je revis chaque instant de mon incarcération, les murs froids de la prison qui semblaient se refermer sur moi chaque jour un peu plus. Je n'avais pas commis ce crime, et pourtant, les preuves contre moi semblaient implacables. Les années en prison se sont étendues comme une éternité, chaque jour rendant le monde extérieur de plus en plus flou, un rêve lointain que j'avais du mal à atteindre.
Puis, il y a eu ce jour, celui où mon avocate est enfin parvenu à me faire sortir de cet enfer. Le soulagement était immense, mais il ne pouvait effacer les 10 années perdues. Je me souviens encore de la première fois que j'ai respiré l'air libre après toutes ces années, de la chaleur du soleil sur ma peau. Mais cette liberté fut de courte durée. Et, ne pas retourner dans cet enfer avait un prix : un mariage arrangé avec Mathis où tout les deux on a eux son compte.
Finalement, j'ai pensé que c'était la meilleure chose sui pouvait m'arriver lorsque j'ai vu à quel point il s'était battu pour moi. Il avait enduré des épreuves pour prouver mon innocence. Et bien qu'au début ce mariage m'ait semblé comme une nouvelle prison, j'ai fini par comprendre qu'il était mon seul allié véritable. Il a sacrifié tant de choses pour m'aider, et je savais qu'il me voyait différemment vers la fin.
Je repense aux trahisons, à la douleur des révélations. Ma sœur, ma jumelle, celle qui avait été ma confidente, avait été une source de trahison et de déception. Et Maëlle, avec ses manœuvres sournoises, s'était alliée à ma elle, ou peut être l'inverse, pour me faire tomber. Leur alliance avait été le coup de grâce, me plongeant encore plus profondément dans l'isolement.
Chaque souvenir est un mélange de douleur, de regret et de désespoir. Mon passé est un enchevêtrement complexe de luttes et de pertes, mais aussi de moments de rédemption. Aujourd'hui, je suis là, avec une nouvelle vie à reconstruire, portant les cicatrices du passé mais aussi la force que j'en ai tirée.
Finalement, Emiliano me contacta des jours plus tard pour me faire part d'une nouvelle importante. Je l'accueille comme la corde que l'on me tend pour m'aider à grimper afin d'échapper de ce trou dans lequel je me retrouve.
- Lucia, nous avons quelque chose. Maëlle a prévu une rencontre importante avec certains de ses associés. Ce sera un moment crucial pour elle, et nous aurons une opportunité de recueillir des informations essentielles. Et de lui porter notre premier coup.
Je me levai de ma chaise, prête à agir.
- Parfait. Où et quand se déroulera cette rencontre ?
Emiliano me fournit tous les détails nécessaires, et je me préparai à assister à cette réunion avec une attention aiguë. Je savais que chaque moment comptait dans cette quête de vengeance, et je ne laisserais aucune opportunité m'échapper. La route serait longue et semée d'embûches, mais ma détermination était inébranlable. La justice pour moi était devenue une mission personnelle.
Mathis Johnson
Des jours se sont écoulés. Pourtant, je me souviens encore de ce moment à l'aéroport comme si c'était hier. Lucia était là, juste devant moi. En la voyant avec cet enfant dans les bras et cet homme à ses côtés, un flot d'émotions m'a envahi. Je l'avais à peine reconnue tant elle avait changé. Les années semblent n'avoir aucune influence sur sa beauté. Mais il ne faisait aucun doute que c'était elle. Je me suis senti paralysé, une vague de confusion et de tristesse m'a submergé.
- Elle a refait sa vie, j'ai constaté avec amertume.
Tout ce que nous avions partagé n'était plus qu'un souvenir lointain dans sa vie. Je me suis demandé si tout ce que nous avions construit ensemble avait eut une quelconque importance pour elle... Elle avait fondé une nouvelle famille, une nouvelle vie sans moi. Son fils doit avoir plus qu'un an. Ce qui voudrait dire qu'elle s'était vite remariée après notre divorce.
La voir me déstabilise et je ne peux m'empêcher de me poser des questions :
- Alors c'est vrai qu'elle m'a trompé tout ce temps ? Qu'est-ce que j'ai raté ? Pourquoi je n'ai rien vu venir ? Est-ce que je ne comptais vraiment plus pour elle ?
J'aurais tant aimé avoir cette famille avec elle. Ce moment a été un véritable choc, un rappel brutal de la fragilité de nos vies et des chemins imprévus que nous prenons. Cela m'a laissé avec un sentiment d'incertitude et de regret, me faisant remettre en question tout ce que je pensais savoir sur notre passé commun.
Je me tiens dans ma chambre, le regard perdu à travers la fenêtre, essayant de chasser les pensées envahissantes de Lucia. Maëlle entra doucement, sa main posée sur son ventre arrondi, ses yeux chargés d'inquiétudes.
- Mathis, elle m'interpelle en s'approchant. Qu'est-ce qui ne va pas ? Elle m'interroge.
Je me tourne vers elle, prenant une profonde inspiration.
- C'est juste... je... Je repensais à...
Maëlle fronce les sourcils, l'air préoccupé.
- A qui donc ?
Je passe une main dans mes cheveux, me sentant soudainement épuisé
- J'ai l'ai révu... quelqu'un que je n'aurais jamais pensé revoir. Je dois avouer que ça m'a beaucoup affecté.
- Ah ! Tu parles de Lucia.
- Je l'ai vue à l'aéroport avec cet enfant et cet homme. Ça m'a... Je ne m'y attendais pas. Pendant un instant je me suis imaginé que cet enfant pouvait être mon fils.
Les yeux de Maëlle s'élargissent.
- Ton fils ? Lucia a beau être ton ex-femme, mais souviens toi qu'elle t'a trompé. Ou peut être l'as tu déjà oublié ?
Je hoche la tête.
- Non. Comment pourrais-je ? Juste que... Elle semblait si heureuse, avec sa nouvelle famille. Ça m'a fait réfléchir sur tout ce que nous avons traversé et sur ce que j'ai raté.
Maëlle s'assoit sur le bord du lit, caressant son ventre.
- Je comprends que ça puisse être difficile d'être en face d'elle. Mais tu as surmonté tout ça. Nous avons notre propre vie à construire maintenant. Notre bébé arrive, Mathis. Tu es sur le point de devenir père. Nous devons nous concentrer sur notre avenir.
Je la rejoins sur le lit, posant une main protectrice sur son ventre.
- Je sais, Maëlle. Je veux vraiment être là pour toi et pour notre enfant. Mais voir Lucia a ravivé des souvenirs douloureux, des regrets. Maintenant je me demande si je pourrai jamais vraiment tourner la page, dis-je plus bas.
Maëlle me regarde, son regard, difficile à déchiffrer .
- C'est normal d'avoir des regrets, mais tu dois te rappeler que nous avons une chance de créer quelque chose de nouveau ensemble. Cette enfant va avoir besoin de nous, et nous devons être forts pour elle. Ne laisse pas le passé s'imiscer dans notre vie.
Je prends sa main, la serrant doucement.
- Tu as raison. J'ai peut-être des regrets, mais je ne veux pas que ça affecte notre avenir. Je veux être présent pour notre enfant, pour toi. On s'est redonné une nouvelle chance. Profitons en. Je vais essayer de laisser tout ça derrière moi.
Maëlle sourit et se rue sur mes lèvres.
- Nous avons encore tellement à vivre ensemble. Et je suis sûre que nous serons heureux mon amour.
Je hoche la tête, trouvant du réconfort dans ses mots. Peut-être que, malgré les ombres du passé, il y a encore de la lumière devant nous. Je vais me battre pour cet avenir, pour cette famille que nous allons créer ensemble.
Maëlle Johnson Spencer
Les paroles de Mathis, pleines de regrets et de nostalgie, m'agacent profondément, bien que je fasse de mon mieux pour ne pas que cela se voit. Jusqu'à prétendre que je le soutiens. J'essaie de rester calme et me montrer compréhensive, même si ses tourments réveillent en moi une irritation inouï. Après tout ce que j'ai dû faire, finalement j'ai réussi à enlever cette femme de mon chemin. Avec Mathis, nous avons construit une vie ensemble. Et je ne peux pas laisser le passé interférer avec notre avenir.
Je passe une main réconfortante sur son dos pendant qu'il s'endort, cherchant à calmer mes propres pensées tourmentées. Tandis qu'il s'enfonce dans un sommeil paisible, mon esprit continue de tourner en rond. Je repense à ce moment à l'aéroport, lorsque nous avons croisé Lucia avec son enfant et cet homme. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander si le petit garçon pourrait être le fils de Mathis.
L'idée me hante, et une partie de moi estime que ce sera important de vérifier la vérité derrière ce mystère. Je me lève doucement du lit, prenant soin de ne pas faire de bruit. Une fois dans le salon, je m'assois sur le canapé, sans contrôle sur mes pensées sui se remuent dans ma tête
Je pense à Lucia, à l'enfant, et à cet homme à ses côtés. Pourquoi elle est encore en vie ? C'est qui cet homme ? Est ce l'enfant de Mathis ? Si tel est le cas, pourquoi n'ai-je rien appris sur une possible grossesse de Lucia ? Les pièces du puzzle ne s'imbriquent pas parfaitement. Mais il y a quelque chose dans leur dynamique qui me trouble.
- Il me faut savoir si ce petit garçon est en fait le fils de Mathis. Je ferai ce qu'il faut pour obtenir des réponses. Même si je devais rendre visite à cette folle dans cette maudite prison qui lui sert de demeure. Cette incertitude me tuera si non.
Dès le lendemain, je me rendis à la prison pour rendre visite à Luciana. La voir dans cet état, amaigrie et désespérée, me provoqua un mélange d'ecœurement et de mépris. Je savais que cette femme, autrefois si arrogante, était désormais réduite à l'état de spectre. Elle me détestait sûrement autant que je la détestais, et je n'étais pas là pour jouer les diplomates.
Quand je paissai la porte de la salle de visite, Luciana leva les yeux vers moi, ses traits marqués par la colère et la fatigue. Elle était prête à me lancer des piques si elle pouvait. Et moi, he ne comptais pas lui donner une chance de se défouler sans répondre.
- Alors, c'est toi, murmura-t-elle avec une rancœur palpable dans la voix. Qu'est-ce que tu fous ici ? Elle me demande.
- ...
- Attends, ne me dis pas. Tu as appris que ma sœur était encore envie et qu'elle a un fils. Et tu espères que je puisse dissiper tes doutes.