...À mes enfants, Lucie, Benjamin et Solène
Mes parents, Liliane et José
Mon frère, Jean-Pierre...
...Á Fred...
Prologue
Madeleine.
C'est le prénom que ma mère a choisi pour moi, à ma naissance, je reconnais qu'il n'est pas très moderne, mais c'est tout ce que j'ai hérité de ma mère, donc pour moi, c'est une merveille.
Depuis toute petite, mes amis m'appellent Maddy.
Ma mère a succombé à une hémorragie interne en me mettant au monde.
J'ai été placée dans une famille d'accueil, alors âgée de cinq jours, étant donné que mon « père » ne s'est pas manifesté lors de ma naissance. La sœur de ma mère, Joëlle, ne pouvait pas me recueillir, car elle avait déjà quatre enfants, et surtout elle était en instance de divorce à ce moment-là.
C'est dans la maison d'Angélique et de Bernard que j'ai grandi, avec d'autres enfants comme moi, placés chez eux à différents âges. J'ai eu une enfance paisible, malgré l'absence évidente de mes parents, je n'ai manqué de rien.
J'allais souvent rendre visite à ma tante ainsi qu'à mes cousins, c'est ma seule famille « connue ». J'ai pu apprendre à connaître ma mère par les photos que me montrait ma tante, et par ses récits, c'était une très belle femme les cheveux auburn très longs avec des grands yeux noirs comme le charbon... Elle m'a très peu parlé de mon père, vu qu'elle ne l'a croisé qu'une seule fois lors d'une soirée, apparemment, ma mère n'aurait été avec lui qu'une seule nuit, et cela a suffi pour me concevoir.
De mon père, je ne connais que son prénom, Aubin, et qu'il étudiait le droit à Toulouse.
Aubin...
Nous habitons à Larreule, un petit village situé entre Maubourguet et Vic en Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.
C'est là, que j'ai fait la connaissance d'Alexandre depuis mon plus jeune âge.
Alex, a deux ans de plus que moi, c'est le fils de la voisine de la maison d'en face de celle de ma famille d'accueil.
Sa mère est infirmière, elle travaille pour un cabinet à domicile, et son père est mécanicien automobile, il travaille dans un garage à Tarbes.
Il a cinq frères. Ses parents ont essayé à six reprises d'avoir une petite fille, mais le sort en a voulu autrement. Alex est le quatrième. Je pouvais aller et venir dans leur maison, j'étais toujours la bienvenue.
Alex et moi sommes vite devenus amis, et nous passions tout notre temps libre ensemble. On arpentait la campagne environnante en vélo, on faisait de longues balades dans les bois.
Nous étions inséparables, il était un peu le grand frère que je n'avais pas. Il a toujours été protecteur avec moi, si quelqu'un m'embêtait à l'école ou au village, Alex prenait toujours ma défense.
Alex est grand, brun avec des yeux couleur caramel.
Il pratique depuis tout petit le football, et je ne manquais jamais d'aller le voir jouer le week-end. Pourtant, un jour Alex a eu son bac et il a dû partir à Toulouse, pour poursuivre ses études. Il est entré en première année de médecine, et la séparation a été dure. Le week-end Alex revenait dans sa famille, mais il était très occupé par ses études.
Son frère, Pierre, qui travaillait comme cuisinier chez un traiteur, m'a présenté à son patron, qui recherchait des extras pour le week-end et certains soirs de semaine.
J'ai commencé à gagner ma vie en travaillant tous les week-ends. J'ai économisé mon argent pour pouvoir passer mon permis de conduire le moment venu. J'étais tellement occupée que je ne voyais pas le temps défiler, et je n'avais pas le temps de penser à moi.
Deux années ont ainsi passé, et au moment de choisir quelles études je voulais faire après mon bac, c'est naturellement que j'ai choisis, par ironie du sort, des études de droit.
Alex, qui partageait une colocation, m'a proposé de venir vivre avec lui, une chambre venait de se libérer.
Je promis à Angélique et Bernard de revenir les voir dès que possible.
À la fin du mois d'août, je rassemblais mes affaires dans ma valise, toutes mes économies, et je pris le train en gare de Tarbes pour rejoindre Toulouse Matabiau.
***
Chapitre 1
C'est sous une chaleur étouffante que je foule le quai de Toulouse, qui est bondé de monde, à cette heure-ci.
Nous sommes le premier vendredi de septembre, en fin d'après-midi, et c'est le retour des vacanciers.
Je porte ma valise, qui par manque de chance n'a pas de roulette, et un sac de voyage souple bien rempli, je suis chargée, et j'ai du mal à me faire un passage.
Je cherche Alex du regard, et je le vois à côté des chariots pour bagages, sur le quai face au mien, à côté de la sortie.
J'essaie de lui faire signe, mais il y a trop de monde, il ne peut pas me voir.
Il fait tellement chaud !
Je m'engage dans le souterrain, très ralentie par le poids de mes bagages.
Il faut dire que j'ai pris quasiment toutes les affaires que je possède, beaucoup de livres et de manuels pour mes prochains cours, mon ordinateur portable, ainsi que la quasi-totalité de ma garde-robe, qui n'est certes pas très garnie, mais au final, pèse son poids.
C'est une fois sortie en haut des escaliers, qu'Alex me voit enfin
Il vient de suite me soulager, en prenant ma valise et mon sac.
– Salut, Maddy, tu as fait bon voyage ?
– Salut oui nickel.
Alex me dépose un bisou sur la joue pour me dire bonjour, c'est notre rituel à nous, juste un seul bisou.
– Content de te voir ici à Toulouse, tu vas voir tu vas t'y plaire ! Allé viens, je t'amène à ta nouvelle maison !
Je le suis sans problème jusqu'à l'arrêt de bus, où il pose mes affaires.
– Il y a trop de circulation à cette heure-ci dans Toulouse, j'ai préféré venir en bus, tu vas voir en moins de 10 minutes, on sera arrivés.
– Pas de problème.
Alex m'a déjà parlé à plusieurs reprises de la colocation qu'il partage en ville.
C'est une grande maison avec 6 chambres, et un espace commun cuisine/salon pour tout le monde.
Six colocataires... j'appréhende un peu, je ne pense pas être la personne la plus sociable qui soit, j'ai accepté pour deux raisons, la première évidemment car il y a Alex, et la seconde pour le prix.
Le fait de tout partager offre un avantage financier, d'autant plus qu'il s'agit d'une vieille maison, et le loyer par conséquent, est très attractif pour une grande ville, qui plus est, au centre.
J'ai évidemment sauté sur l'occasion quand Alex me l'a proposé.
– Allez, raconte – moi tout ! Qui sont nos autres colocataires ?
– Petite curieuse impatiente ! attends de le découvrir par toi-même !
Il me fait un sourire avec ce petit haussement de sourcils, qu'il fait toujours quand il est amusé.
Je n'insiste pas, car je sais très bien qu'à ce petit jeu-là, je vais perdre.
– En tout cas, on fait une fête demain soir, en l'honneur des nouveaux à la maison, c'est cool.
– Tu sais très bien que je n'aime pas trop les fêtes...
– Oui mais ça, c'était avant, à présent ta vie va changer tu vas vite t'y faire ne t'inquiète pas. Et puis quoi, tu vas pas commencer à râler non !
Il me taquine d'une accolade avec un grand sourire.
– Rooo ne boudes pas, tu vas voir ils sont sympas !
Il est amusé devant mon air sceptique. Il ramasse ma valise et mon sac au moment, où le bus arrive.
– Allez viens, me dit-il, c'est parti.
Nous trouvons un peu de place vers le milieu du bus.
– Je ne suis pas la seule nouvelle, si j'ai bien compris ?
– Non Maddy vous êtes 3 nouveaux, et dans 15 jours il y en aura un quatrième, on a la chambre du rez-de-chaussée qui se libère. Une étudiante comme toi en droit qui vient de Rodez.
– Ah super ! Elle a de la chance d'avoir trouvé une chambre qui se libère aussi tard.
– Mouais, ce n'est pas une perte celui qui part, t'inquiète !
– Oh, tu ne l'aimais pas beaucoup visiblement.
– Non, en même temps il le cherche bien aussi, il est insupportable, mentalité pourrie, le type le plus égoïste que je connaisse !
Je connais très bien Alex, pour savoir qu'il ne mâche pas ses mots. La description de ce premier colocataire, ne me réjouit pas vraiment.
Alex voit mon trouble, et tente de me rassurer aussitôt :
– Ne t'inquiète pas Maddy, les autres sont super cool et puis de toute façon, on s'en fout de lui, dans deux semaines, il ne sera plus là. C'est un ours ce type, tu ne le croiseras pas beaucoup dans la maison. Je suis là, si tu as le moindre souci, no stress OK ?
Il a le don pour me rassurer quand il le faut. Je lui demande ensuite comment il se sent pour sa rentrée en troisième année de médecine, et ce sujet nous anime jusqu'au moment, où il prend mes bagages et m'indique que nous sommes arrivés.
– La maison est dans la rue, juste au coin.
Il me l'indique du menton et je constate que nous sommes en centre – ville, dans une rue très animée et desservie également par le métro.
Je ne suis pas habituée à la ville, au bruit, au monde... quel changement comparé à Maubourguet, et au petit village d'Angélique et de Bernard, Larreule !
Alex marche très vite, et une fois engagé dans la petite rue, il s'arrête devant une maison ancienne, qui possède deux étages.
Un petit portail s'ouvre sur une cour, et une importante porte en bois qui fait office de porte d'entrée. Je suis Alex, et le vois poser mes bagages dans l'entrée.
– Je te fais visiter, et ensuite je monterai tes affaires.
Nous entrons, face à l'entrée dans une grande pièce, le salon possède trois canapés réunis en U, une grande table basse qui fait face à une télé, sur le mur du fond. Deux grands fauteuils et plusieurs chaises se trouvent de part et d'autre d'une longue table en bois. Il y a une porte – fenêtre qui s'ouvre visiblement, sur une cour derrière, la maison. Il y a deux personnes dans le canapé, qui se lèvent à notre arrivée.
– Voilà, je vous présente Maddy, notre nouvelle colocataire. Maddy, voici Steph et Jeff.
– Enchanté, bienvenue, Maddy ! Steph me gratifie d'un grand sourire et me fait la bise, il est grand châtain clair, et il a un accueil chaleureux.
– Salut Maddy, moi, c'est Jeff. Mais dis-moi Alex, tu ne nous avais pas dit qu'elle était aussi charmante !
Il me fait un clin d'œil et me fait la bise aussi, avec un grand sourire.
Jeff est blond aux yeux bleus, une carrure athlétique, plutôt agréable à regarder.
Je me sens rougir sous l'effet de son compliment. Je me sens mal à l'aise épiée de la sorte, et je ne trouve que deux mots à dire.
– Enchantée, merci.
Heureusement qu'Alex est là, il m'invite à poursuivre la visite en m'indiquant la cuisine. Elle est très grande, avec une table haute au milieu, et plusieurs tabourets autour. C'est un peu le bazar dedans, mais je n'en dis rien. Il me montre la terrasse qui est très agréable, sans vis-à-vis et il y a une petite cour avec un figuier sur le côté.
Il finit de me montrer le rez-de-chaussée, il y a une salle de bain derrière la cuisine, et un WC sous l'escalier. D'un geste agacé, il m'indique une porte au fond sur la gauche de l'entrée, que je n'avais pas remarqué à mon arrivée.
– C'est la chambre de Fred, le type dont je t'ai parlé dans le bus, inutile de frapper à sa chambre, il ne l'ouvrira pas, et moins tu le verras mieux tu te porteras ! On passe à l'étage, alors je t'explique il y a trois chambres au premier et une salle de bain, et deux chambres au deuxième avec salle de bain aussi plus un WC. Le seul souci du premier étage, c'est pour aller aux toilettes, il te faut ou monter, ou descendre.
J'en déduis donc, que je suis au premier étage.
La première chambre sur la droite est celle de Steph, et Alex s'arrête devant celle juste en face, et m'ouvre la porte :
– Voici la tienne, elle te plaît ?
Je découvre une chambre assez étroite, avec un petit lit contre le mur face à la porte, un bureau et un fauteuil sur la droite, et sur le mur du fond, un placard encastré. Il y a une petite table de chevet à côté du lit, ainsi qu'une grande fenêtre juste à côté de celui-ci. J'adore de suite les couleurs de cette chambre, il y a deux nuances, de la prune et du rose très pâle. Je la trouve magnifique, bien qu'elle soit petite.
– Elle est superbe Alex, j'adore les couleurs !
Il rit et me regarde en haussant les sourcils :
– Je connais tes goûts, je l'avais réservé pour toi celle-ci.
– Tu es super, merci beaucoup Alex.
Je m'approche de la fenêtre, et avec soulagement, je constate qu'elle donne sur la cour intérieure.
– En plus je suis côté cour, c'est parfait. Je vais me plaire dans cette chambre, je pense.
– Je te montre le reste de la maison, et ensuite tu pourras t'installer.
Je le suis en prenant soin de fermer la porte derrière nous. À côté de ma chambre, se trouve une spacieuse salle de bain, avec une baignoire d'angle, une double vasque sur le mur opposé, ainsi qu'une douche sur la gauche de l'entrée. La peinture est bleue avec des pans de mur blancs. La fenêtre donne également sur le côté cour. Il y a plusieurs étagères, dont une qui est vide, j'en déduis donc qu'elle m'est réservée pour mes propres affaires.
En face de la salle de bain, se trouve la troisième chambre du palier.
– Ici c'est la chambre d'Aline, elle est arrivée il y a 15 jours. Elle entre en première année d'école d'infirmières. Te connaissant, je ne pense pas que vous serez de grandes copines toutes les deux ! C'est un style, disons... particulier.
Super ! Déjà le type du bas, et maintenant celle de mon étage....
– Particulier comment ?
– Humm, je te laisse le découvrir par toi-même ! Tu sais, on vit tous ensemble ici, mais tu verras que tu ne croises pas tout le monde chaque jour, on a tous nos occupations entre les études, le boulot, le sport, les sorties...
Je ne suis pas très rassurée pour le coup. Je me dis qu'Alex doit avoir raison, une fois que j'aurai trouvé un boulot moi aussi, je serai très occupée.
– Allez on monte au dernier, tu vas voir on est top en haut !
Le deuxième étage est légèrement mansardé, la première chambre sur la droite est celle d'Alex, qui est très spacieuse, le double de la mienne. Il a un lit double, un coin bureau, et un coin canapé télé. Sa chambre possède deux larges fenêtres qui donnent sur le côté rue.
– Waouh, elle est superbe ta chambre Alex !
Je ne suis pas surprise de trouver sa chambre bien rangée, tout est ordonné et propre, il n'y a pas un brin de poussière sur ses meubles.
– Tu as une femme de ménage ?
Je le fais rire par ma question, et il me répond :
– Oui et c'est moi-même ! Personne ne rentre dans ma chambre d'ailleurs.
– Même pas ta petite amie ?
Sa mâchoire se crispe et son ton se rembrunit lorsqu'il me répond :
– Tu sais très bien que je n'ai pas de petite amie.
Non, à vrai dire, je n'en sais rien, il n'a pas l'air d'apprécier mon humour, je n'insiste pas plus. Il est vrai que je n'ai jamais vu Alex avec une fille, mais une fois, j'ai surpris une conversation entre lui et son frère Pierre, qui le taquinait au sujet de sa petite amie, qu'il a connue durant sa première année à Toulouse.
Je ne relève pas, et je sors de sa chambre afin de découvrir la suite. Il y a une porte face à la sienne qui est celle de Jeff, tout aussi spacieuse que celle d'Alex. Une salle de bain fait face au fond du couloir, ainsi qu'un WC indépendant.
Nous redescendons au premier, et Alex me demande de l'attendre dans ma chambre. À peine une minute plus tard, il remonte avec mon encombrante valise et mon sac de voyage.
– Je te laisse ranger tes affaires, à plus tard, Maddy.
Il referme la porte derrière lui, je respire un grand coup et me laisse tomber sur mon lit. Tout gamberge dans ma tête, c'est nouveau pour moi, la ville, la colocation, des nouvelles têtes, c'est beaucoup de changement en très peu de temps. Vais-je m'adapter et me faire des amis ici ?
Je dois reconnaître que Steph et Jeff, que j'ai rencontré au salon, m'ont l'air sympas, et peut-être qu'Alex exagère un peu au sujet d'Aline, je ne vois pas comment il sait d'avance, que je ne vais pas m'entendre avec elle, alors que je ne la connais même pas !
Mes premiers pas dans cette maison me laissent sur une note plutôt positive.
Chapitre 2
Une heure plus tard, mes affaires sont toutes rangées et mises en place, je glisse ma valise sous le lit, car mon placard est déjà bien rempli. La partie gauche de mon placard est investie par mes vêtements, et la partie droite par mes livres, mes affaires de cours et mes effets personnels. Le bureau ne possède pas de tiroir, et celui de mon petit chevet ne peut pas contenir plus d'un livre ! Je vais devoir m'acheter une étagère, je pense rapidement, car avec mes cours qui vont bientôt commencer, je risque de vite saturer.
Des éclats de voix et des rires me parviennent du salon, je me recoiffe et décide de les rejoindre.
Je descends d'un pas assuré les escaliers, et fais mon entrée dans le salon.
– Ah, Maddy, te voilà, bien installée ? Viens te poser avec nous, histoire qu'on fasse connaissance un peu, Alex est un vrai mufle, il ne nous a pas beaucoup parlé de toi.
Steph tapote le canapé à côté de lui pour m'inviter à m'asseoir.
En m'approchant, je remarque une fille à moitié vautrée sur le canapé d'en face, elle a de très longs cheveux de boucles brunes, et me toise d'un air moqueur. Elle porte une tenue très courte, une minijupe ou un short, je ne vois pas très bien de là où je me trouve, elle a une dose impressionnante de maquillage, et mâche un chewing-gum de manière abusive.
– Oui super, tout est parfait.
Je fixe le regard de fouine de cette fille, qui me dévisage sans complexe.
– Vous ne me présentez pas les gars ?
Jeff me regarde avec un air surpris.
– Vous ne vous êtes pas croisées ? Je croyais.
– Nan, je ne la connais pas celle-là !
Quelle fille grossière ! Elle a claqué sa réponse, comme si elle crachait du venin.
– Aline, ne commence pas, ne fais pas ta méchante. Maddy, c'est Aline, elle a sa chambre au premier comme nous. Ne fais pas attention, elle n'est pas très sympa quand elle ne connaît pas.
Pour lui montrer qu'elle ne m'impressionne pas, je réponds à Steph d'un grand sourire
– Tu n'as pas besoin de me le dire, cela se voit de suite !
Ce qui vaut un éclat de rire de la part de Steph. Quant à Aline, elle me regarde avec un air amusé, et continue de mâcher bruyamment son chewing-gum.
Comme Alex me connaît bien ! Effectivement, d'entrée de jeu, je n'aime pas du tout cette fille avec son air narquois et ses yeux de fouine. Je décide de l'ignorer complètement, et je demande aux garçons comment se passe l'organisation de la maison, pour les repas.
Jeff m'explique qu'on a chacun une partie dans le frigo, chacun se fait son repas, car une fois que la vie étudiante aura repris, il y a peu de personne qui mangent aux mêmes heures.
– Chacun respecte, et si tu veux manger tu prends uniquement ce qui t'appartient. La semaine, je ne mange pas ici, Steph et moi, on bosse au KFC les soirs, et le midi, on est en cours, on mange à la fac. Aline, c'est pareil elle est serveuse les soirs dans un restaurant, donc déjà nous trois, tu ne nous croiseras pas trop les soirs. Fred, il y a des soirs où il bosse et d'autres non, Alex avec ses gardes à l'hôpital ce n'est pas mieux. Tu vas chercher du travail toi aussi, Maddy ?
– Oui, dès demain j'espère vite trouver un boulot.
– Si tu ne trouves pas, tu le dis, je peux en parler au Directeur du KFC, ce n'est pas le top comme boulot, mais ça paye le loyer et les factures, c'est le principal.
Oui bien sûr, je ne compte pas faire la difficile, si je ne veux pas piocher dans mes économies, il me faut vite trouver quelque chose. J'ai l'intention de commencer à passer mon permis de conduire dès que possible. Il me faut trouver un club de handball aussi, c'est un sport que je pratique depuis toute petite. Je continue de me renseigner auprès de Jeff, sur le sport, les lieux où je peux déposer mon CV et sur les transports.
Steph et Aline, regardent des vidéos sur You Tube, je me sens bien plus à l'aise, sans son regard sournois sur moi.
– OK, tu sais quoi Maddy, demain, je t'emmène faire le tour de plusieurs enseignes pour déposer ton CV, et aussi, on passera au club de hand pour que tu puisses t'inscrire. Pour toi aller à la fac, tu as de la chance, car elle est située en plein centre de Toulouse la tienne, et tu peux t'y rendre à pied, il doit y avoir 10 minutes à peine de marche.
– C'est sympa Jeff, de te proposer, merci beaucoup.
– Ça me fait plaisir, pas de souci. Je vais au centre commercial, tu veux en profiter pour venir, histoire que tu remplisses ta partie du frigo ?
C'est avec plaisir que j'accepte, je monte vite fait dans ma chambre pour prendre mon sac, et en descendant, je tombe sur Alex dans l'entrée.
– Tu vas quelque part ? Il regarde mon sac en me posant la question
– Oui, je vais au centre commercial avec Jeff, histoire de m'acheter à manger.
– OK, je viens avec vous.
C'est donc tous les trois que nous sortons de la maison pour rejoindre la voiture de Jeff, qui est garée deux maisons plus loin. Nous parlons de la prochaine rentrée universitaire, Jeff me parle de son travail chez KFC, et je lui parle de mes extras chez le traiteur de Tarbes, la discussion est très animée, si bien que je ne vois pas le trajet passé, nous sommes déjà sur le parking du centre commercial.
– Ça vous dit comme il y a tout le monde ce soir, on se cuisine un plat en commun ?
– Très bonne idée Jeff, je vous cuisine des lasagnes si vous voulez, je lui réponds.
– Ah oui, tes lasagnes sont excellentes ! s'exclame Alex.
Adjugé pour les lasagnes, nous prenons le nécessaire, je me prends quelques légumes frais, des fruits et des yaourts en plus. Une fois nos courses finies et payées, nous faisons le chemin inverse pour revenir à la maison.
– Tu as besoin d'aide pour préparer le repas ?
Décidément, Jeff est très serviable, et c'est avec plaisir, que je lui réponds :
– Bien sûr je ne dis pas non, comme ça, la prochaine fois, tu les prépareras tout seul !
Je le gratifie d'un sourire, auquel il répond par une moue dubitative.