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Coeurs à l'unisson

Coeurs à l'unisson

Auteur:: JudiJones
Genre: Romance
Keyssi Esposito se retrouve dans une situation désespérée lorsqu'elle découvre qu'elle est contrainte d'épouser Damian Conti, le futur don de la redoutable famille mafia Conti. Ce dernier, connu sous le nom de "Damon", incarne toute la puissance et la violence qui règnent dans le monde criminel. Sa réputation le précède ; il est aussi redoutable qu'un véritable démon, capable de prendre des décisions cruelles sans la moindre hésitation lorsqu'il s'agit de protéger son empire. La raison de ce mariage arrangé pèse lourdement sur les épaules de Keyssi. Son père, en proie à des problèmes financiers insurmontables, a contracté une dette colossale envers la famille Conti. Afin d'éponger cette dette et de sauver leur honneur familial, il n'hésite pas à sacrifier sa propre fille, la livrant sur un plateau d'argent à Damon. Keyssi se retrouve ainsi piégée dans un arrangement qu'elle n'a jamais souhaité, et elle ressent une profonde colère et un sentiment d'impuissance face à cette décision qui bouleverse sa vie. La perspective de devenir la femme d'un homme aussi puissant et craintif ne l'enchante guère. Au contraire, elle se débat contre cette réalité, refusant de se plier à cette destinée qui lui est imposée. Pourtant, en dépit de son aversion initiale pour Damon et de ses intentions destructrices, elle sait qu'elle n'a pas d'autre choix que de faire face à ce nouvel avenir, tout en espérant qu'une échappatoire se présentera à elle.

Chapitre 1 Chapitre 1

DAMON

- Combien de temps encore ?

Je suis assis à l'arrière de ma Mercedes noire, cuir luxueux et senteur de neuf, tandis que Vito, mon futur consigliere, manie le volant avec assurance. L'atmosphère est tendue, le silence pesant, comme si le monde extérieur retenait son souffle. Les moteurs des voitures autour de nous vrombissent, mais l'adrénaline qui circule dans mes veines eclipsent le bruit.

Mon père, Dominico Conti, le Don respecté et craint de notre famille mafieuse, m'a chargé de régler une affaire de dette qui est devenue inacceptable. Un pauvre connard du nom de Marco Esposito a eu l'audace de croire qu'il pouvait jouer avec la famiglia Conti. Il a contracté un prêt auprès de mon père, convaincu qu'il pourrait s'en sortir. Au début, il a respecté ses engagements, remboursant rubis sur l'ongle, mais voilà, cela fait maintenant deux mois qu'il n'a rien versé. Malgré les avertissements répétitifs et les visites surprises qui lui ont coûté quelques doigts cassés, il n'a toujours pas honoré sa dette.

Aujourd'hui, je me rends chez lui avec un seul objectif en tête : mettre un terme à cette mascarade indigne. Mon père s'est montré clément avec Esposito jusqu'à maintenant – ce qui est un exploit en soi, connaissant la nature impitoyable de Dominico. Mais, pour Esposito, la chance tourne ; je suis bien moins conciliant. Je dois faire mes preuves. Dans quelques mois, je prendrai les rênes de notre mafia, et je dois montrer à mes hommes et à tous ceux qui pensent qu'ils peuvent baiser les Conti que je ne suis pas un enfant de chœur.

- D'ici cinq minutes, répond Vito, jetant un coup d'œil à sa montre.

Je hoche la tête, le menton levé, prêt à agir.

- Les hommes sont en place ?

Je réajuste ma cravate, lissant le tissu soyeux entre mes doigts, tout en observant le paysage défilé par la fenêtre teintée.

- Ils sont postés tout autour de la maison et attendent mes ordres, dit Vito, la voix calme et assurée.

Bien. Ce bâtard ne pourra pas nous échapper.

- Il est seul ?

D'après mes informations, Marco Esposito n'a plus de femme ; elle est décédée il y a quelques années dans des circonstances troublantes. Il a trois enfants, mais il paraît qu'ils ont tous quitté le foyer depuis longtemps. Ce ne sont que des rumeurs, cependant.

- Non, il y a une fille qui dort dans la chambre du haut, répond Vito, ses yeux fixés sur la route.

Une fille ?

- Sa maîtresse ?

- De ce que je sais, elle a l'air bien jeune pour être avec lui. Elle sortirait à peine de l'école.

Je fronce les sourcils, dégoûtais. Ce connard s'adonne à des fantasmes avec des gamines ? Quel porc ! N'y a-t-il pas assez de femmes de son âge ? Je repousse ces pensées de dégoût ; cela ne fait qu'accroître ma colère.

- On est arrivés, annonce Vito en se garant aux côtés des voitures de mes hommes. Il sort pour m'ouvrir la portière, un geste habituel qui rappelle les rangs et le respect que j'inspire.

Je sors, réajuste mon costume impeccable et m'avance vers mes hommes réunis, la détermination gravée sur mon visage.

- Écoutez-moi bien, commencé-je avec autorité. Je veux qu'un homme soit à chaque porte et fenêtre. Trois d'entre vous, y compris Vito, m'accompagnent à l'intérieur. Notre première cible est cet enfoiré de Marco. Un d'entre vous ira en haut chercher la fille. Pas d'effusion de sang... du moins pas encore. Vous me les amenez tous les deux dans le salon. Pendant que Vito essaie de le localiser et que Dimitri s'occupe de la fille, les deux autres fouilleront chaque putain de recoin à la recherche de l'argent. Est-ce clair ?

Ils hochent la tête, mettant en avant leur respect, et me gratifient d'un "oui patron" respectueux.

Avec une détermination froide, je sors mon arme de mon holster d'épaule, la charge d'un coup sec, et avance en direction de la porte d'entrée. Mon cœur bat à tout rompre, mais c'est l'excitation du pouvoir et de la vengeance qui me guide. Ce n'est pas juste une affaire ; c'est un message que je suis sur le point de transmettre à tous ceux qui oseraient envisager de défier les Conti.

Je donne un coup de pied dans la porte en bois, et celle-ci craque sous l'assaut avant de céder. En un instant, j'entre, arme au poing, suivi de près par mes hommes. L'adrénaline pulse dans mes veines, et je sens une intensité palpable dans l'air. D'un signe de tête rapide, j'indique l'étage à Dimitri, qui s'élance immédiatement à la recherche de la fille. Vito, quant à lui, se met aussitôt en quête de Marco, prêt à le débusquer. Giulio et Niccolo commencent à fouiller la première pièce située à notre droite, qui se révèle être un salon.

Le rez-de-chaussée est étrangement calme. En parcourant les lieux, je ne vois aucun homme de main en renfort pour Esposito, ce qui ne fait qu'augmenter ma confiance. C'est facile. Vito débusque rapidement le rat, le traînant au sol dans un mouvement fluide jusque dans le salon, là où je me tiens.

Je range mon arme avec un mouvement de précision, puis commence à déambuler dans le salon, ma main placée derrière le dos, comme si je voulais cacher mes intentions. La maison de Marco ne ressemble à rien d'autre qu'à un repaire de pauvreté, tout en étant le reflet pitoyable de son existence. Le petit salon est à moitié délabré, avec un canapé usé par le temps, une table basse qui a vu des jours meilleurs, et une cheminée qui ne doit plus fonctionner depuis des lustres.

Mes yeux se posent sur plusieurs photos disposées sur le dessus de la cheminée. J'y jette un œil curieux. Ce sont des images de sa défunte femme et de ses trois enfants. Ils ont dû fuir dès qu'ils en ont eu l'occasion, et je les comprends. Avoir un tel minable pour père, cela ne doit pas être facile tous les jours. Ils ont sûrement senti les ennuis à trois kilomètres.

Mais ce qui attire vraiment mon attention, c'est la photo d'une jeune fille. Une beauté éclatante avec des cheveux blonds et des yeux vert émeraude. Elle sourit de toutes ses dents, et, à ses côtés, se tient une femme blonde, vraisemblablement sa mère. Un sentiment de familiarité me traverse, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. La jeune fille est vraiment belle, une beauté saisissante qui me fait retenir mon souffle un instant. Je n'arrive pas à décrocher mon regard de cette photo, comme si elle avait capturé une part de mon attention au-delà de ce que j'imaginais.

- Damian... couine alors Esposito, brisant le silence opportun que j'étais en train de savourer.

Aaah, je l'avais presque oublié, ce fichu rat.

Je me tourne lentement vers lui, un sourire glacial étirant mes lèvres.

- Marco, mon ami ! Je suis venu te rendre une petite visite, car il me semble que tu nous dois quelque chose.

À mes pieds, il gémit, à genoux, retenu par Vito, qui le tient fermement par les cheveux. L'angoisse se lit sur son visage marbré de sueur.

- Damian... renifle-t-il, sa voix tremblante trahissant la peur qui l'envahit.

Sans hésitation, je lui assène un coup de poing en plein visage. Le bruit de l'impact résonne dans la pièce, et il gémit de douleur, une main se portant instinctivement à son nez ensanglanté.

- C'est Monsieur Conti pour toi, grogné-je, le visage impassible, plus déterminé que jamais à le remettre à sa place.

À ce moment-là, Giulio et Niccolo reviennent de leurs fouilles, leurs mains vides, l'air dépité.

- Il n'y a rien, patron, dit Giulio, son ton trahi par la frustration.

Je hoche la tête, leur signifiant que j'ai compris. L'absence de résultats me ronge. Comment peut-il ne rien avoir ?

Soudain, une voix fluette s'élève des escaliers, brisant le silence tendu :

- Lâchez-moi, espèce de taré !

Quelques secondes plus tard, Dimitri apparaît, traînant avec lui la jeune fille que j'ai remarquée sur la photo peu avant. Son visage est griffé, ses yeux brillants de défi et de colère, indiquant clairement qu'elle ne s'est pas laissée faire. Quelle fille fougueuse.

Dimitri la tire par le bras et la fait s'agenouiller aux côtés de son père, les deux réunis dans cette position humiliante. Elle lève les yeux vers moi, ses pupilles s'élargissant d'horreur à la vue du chaos ambiant.

Oh, ma réputation me précède apparemment.

La terreur qu'inspire mon nom s'affiche sur son visage juvénile, et un frisson d'excitation parcourt mes nerfs. Je me régale de cette peur. C'est un rappel de qui je suis et de ce que je représente dans ce monde impitoyable.

Chapitre 2 Chapitre 2

KEYSSI

Je dormais paisiblement, enveloppée dans un doux rêve, lorsque soudain un bruit sourd résonne dans la nuit, me tirant de mon sommeil. Mon cœur s'emballe, et l'adrénaline m'inonde alors que je réalise que quelque chose ne va pas. Des bruits de pas résonnent dans l'escalier, et une peur glaciale me saisit. Je bondis hors de mon lit, le souffle court, cherchant désespérément un endroit où me cacher.

Mais l'homme qui s'est introduit chez moi est plus rapide. Je sens une poigne ferme saisir mes cheveux, me tirant en arrière avec une force brutale qui m'arrache un cri de douleur. Serrant les dents pour contenir mes larmes, je réagis instinctivement. D'un coup de coude, je frappe son ventre avec toute la force que j'ai. Il lâche un souffle étouffé, surpris, ce qui me donne l'occasion de me dégager de son emprise.

Je me précipite vers la fenêtre, l'espoir de fuir me galvanisant. Mais il se reprend vite, et je sens ses bras puissants me coincer par derrière, emprisonnant mes bras contre moi dans une étreinte désespérée. Je me débats comme une bête sauvage, gesticulant dans tous les sens, le désespoir et la rage mêlés. Dans ma tentative de lui échapper, je me heurte à sa figure avec des coups de tête, mais aucun n'atteint son but. Au contraire, je me blesse avec mes propres ongles, écorchant ma peau dans un mélange de peur et d'impuissance. Il faut vraiment être maligne pour se blesser ainsi.

Finalement, il réussit à me traîner hors de ma chambre et descend les escaliers. Mon cœur se serre alors que je me rends compte de la gravité de la situation. Je me retrouve à genoux, humiliée et terrifiée, à côté de mon père, devant une paire d'hommes armés qui me scrutent avec un mélange de curiosité et de mépris.

Devant moi se tient celui qui doit être le chef. Ses yeux bleus glacials me fixent, perçants et inquisiteurs. Je ne le connais pas personnellement, mais son visage est familier. J'ai entendu murmurer son nom dans les rues, à la fois craint et respecté. Damon Conti, du moins c'est ainsi que tout le monde s'adresse à lui. Célèbre pour sa beauté presque inhumaine et sa violence redoutable, il incarne tout ce que je redoute. Mon esprit s'emballe alors que je réalise à quel point je suis en danger.

- Monsieur Conti, gémit mon père, sa voix tremblante trahissant sa peur, si vous me laissez un peu de temps... je... je vous paierai ce que je vous dois.

L'homme aux yeux glacials éclate d'un rire sans joie, un son qui résonne dans la pièce comme un présage funeste.

- Oh Marco... je ne sais pas ce qui est le plus drôle. Toi, imaginant que je suis venu pour négocier, ou toi essayant de me prendre pour un con ?

Mon père secoue la tête, son nez saignant abondamment, mélangé à la morve qui coule le long de son visage. Il est tellement pathétique ! Une boule de douleur et de désespoir. Je ne peux m'empêcher de ressentir un mélange de colère et de dégoût en le voyant dans cet état.

- Je... je...

Damon se penche à sa hauteur, son visage impassible, mais ses yeux sont deux lacs froids. Avec une brutalité contrôlée, il saisit violemment le menton de mon père, l'obligeant à le regarder droit dans les yeux.

- Si je suis ici, Esposito, c'est qu'il n'y a plus de marché valable. Tu me donnes ce que tu me dois ici et maintenant, ou je te tue.

Il glisse un regard vers moi, un sourire cruel aux lèvres, avant d'ajouter avec une froideur déconcertante :

- Enfin, je vous tue plutôt.

Je déglutis, un frisson glacial parcourant mon échine. Je n'ai aucun doute que cet homme dit vrai. Son ton ne laisse aucune place au doute, et la menace qu'il représente est palpable.

Relâchant mon père, Damon se redresse, son regard toujours fixé sur lui, comme un prédateur qui évalue sa proie.

- On... on peut... trouver un arrangement, pleure mon père, sa voix maintenant enrouée par la peur. Il tente désespérément d'avancer sur ses genoux, mais l'homme derrière lui, un colosse aux bras musclés, tire sur ses cheveux pour le maintenir en place, le forçant à rester à genoux comme un mendiant.

Damon secoue la tête, visiblement amusé par l'absurdité de la situation.

- Mes hommes ont fouillé tous les putains de recoins de ta baraque, et devine quoi ? Ils n'ont trouvé aucun putain de blé ! Alors, explique-moi comment tu comptes me donner ce que tu dois ?

À ce moment précis, mon père me jette un regard, et ce que j'y lis ne me plaît pas du tout. Une lueur désespérée et calculatrice, comme s'il avait décidé de faire un dernier coup.

- Je te donne ma fille !

Quoi ?!

Les mots résonnent dans la pièce, et Damon semble aussi surpris que moi par la proposition de mon père. Un silence lourd s'installe, et je sens mon cœur s'arrêter un instant.

- Ta fille ?

Damon alterne son regard entre mon père et moi, semblant chercher une ressemblance, une connexion que je n'ai jamais voulue. Mon esprit tourbillonne, ne sachant pas si je dois être en colère, horrifiée ou acculée. L'idée même d'être échangée de cette manière me terrifie, et je réalise à quel point je suis piégée dans ce jeu dangereux.

- Me prends-tu pour un imbécile ? s'écrie Damon, la colère faisant vibrer sa voix. Tes trois enfants, dont elle ne fait certainement pas partie, sont partis depuis longtemps. Et dois-je te rappeler que tu n'as eu que trois fils ?

Je sens la tension dans l'air, palpable et presque électrique. Les mots de Damon, comme des flèches acérées, atteignent mon père au cœur de sa faiblesse, et je peux voir la panique s'installer sur son visage.

- C'est ma fille ! Je le jure ! implore-t-il, sa voix tremblante trahissant son désespoir. Elle est née d'une relation extra-conjugale ! Sa mère était une Bianchi ! Je lui ai donné mon nom lorsque sa mère est morte pour la protéger.

Me protéger ? Mon cul ! Mon père me jette en pâture dès que l'occasion se présente, sans se soucier des conséquences. La rage et l'humiliation montent en moi, et je ne peux m'empêcher de le détester davantage à cet instant.

Damon me fixe de nouveau, et je décèle dans son regard un certain intérêt qui me fait frissonner, un mélange de curiosité et de calcul. L'angoisse s'intensifie dans ma poitrine.

- Pourquoi diable accepterais-je ? demande-t-il d'un ton provocateur, le défi palpable dans sa voix.

Mon père, sentant que sa chance est sur le point de tourner, se redresse autant que le colosse le lui permet, affichant une détermination désespérée.

- Comme je l'ai dit, c'est une Bianchi. Je l'ai protégée du monde extérieur jusqu'à son mariage, qui devait être arrangé par son grand-père. Il me semble que vous êtes en pourparlers pour une alliance avec les Bianchi ? Alors, il serait tout à fait simple pour vous de sceller cette alliance en épousant la petite-fille Bianchi, seule héritière de cette famille.

Ses mots flottent dans l'air, et un doute sournois s'insinue en moi. Je commence à me demander si mon père n'a pas tout orchestré, manœuvrant pour sa propre survie et profit. Ce n'est pas la première fois qu'il prouve qu'il n'a jamais ressenti la moindre affection pour moi.

Mon grand-père maternel, qui m'a confiée à lui, il y a quelques mois pour me protéger, n'aurait jamais voulu que je sois un pion dans un jeu de pouvoir. Pourtant, cet homme qui se trouve être mon géniteur a cherché à se procurer le bénéfice que cela engendrerait pour lui. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me donne aux plus offrants, comme un simple morceau de viande sur un plateau. Bien sûr, je savais que j'allais devoir épouser un homme de la mafia, mais je pensais qu'il y aurait au moins un minimum de choix, un semblant de respect pour ma volonté.

Mon grand-père m'aime tellement que je suis persuadée qu'il m'aurait laissé le choix. Mais maintenant, je me retrouve piégée dans un jeu dont je ne maîtrise pas les règles, la peur et la colère mêlées au fond de moi.

Chapitre 3 Chapitre 3

DAMON

Je dois bien admettre que je ne m'attendais pas à une telle proposition. Mes yeux se posent sur la fille, qui semble tout aussi désabusée que moi, perdue dans un monde qu'elle n'a pas choisi.

- Est-ce qu'il dit vrai ?, lui demandé-je, ma voix tremblant légèrement, trahissant une curiosité mêlée d'angoisse.

Je l'observe attentivement, penchant la tête sur le côté dans un geste d'encouragement. Elle déglutit, visiblement mal à l'aise, et je plisse des yeux, l'incitant silencieusement à me répondre.

- Oui, murmure-t-elle doucement, tellement doucement que je ne suis pas sûr de l'avoir entendue.

- Comment s'appelait ta mère ?

- Giulia Bianchi.

Là, tout s'éclaire. Exacte. À présent que j'y pense, c'est pour cela que je trouve le visage de sa mère si familier. Je me rappelle l'avoir déjà rencontrée lors de rassemblements, cette femme magnifique, pleine de charme et d'assurance. Je n'aurais jamais imaginé qu'elle ait eu une enfant hors mariage, et encore moins avec un homme comme Marco Esposito, un homme si tragiquement pitoyable.

Si cette jeune fille est vraiment une Bianchi, elle pourrait nous apporter un atout considérable dans l'alliance que nous tentons de forger avec la famille Bianchi depuis plusieurs mois. Une alliance qui est primordiale pour renforcer notre influence dans le milieu. Malheureusement, avec Giulia décédée, il était difficile de sceller un tel accord par le biais d'un mariage. De plus, personne n'était au courant qu'elle avait une fille.

Je commence à considérer la proposition de ce rat comme une opportunité potentielle, un moyen de parvenir à nos fins. Cependant, rien ne garantit que son grand-père, Alessandro Bianchi, acceptera ce marché. Sa réaction pourrait être imprévisible et je dois rester conscient des complications que cela pourrait engendrer.

Et puis, il reste un point crucial : je dois demander l'accord de mon père. Je ne suis pas encore le Don, et je ne peux pas me permettre de prendre une décision aussi importante sans en discuter avec lui. Bien que cela ne me plaise pas de devoir le consulter, la hiérarchie est une réalité à laquelle je dois me plier.

- Dimitri !, aboie-je, ma voix résonnant dans le salon.

Il arrive rapidement, se plaçant à mes côtés, l'air attentif et concentré.

- Garde un œil sur eux, ordonné-je.

Il hoche la tête, prêt à exécuter mes instructions sans poser de questions. Je m'éloigne en direction de la cuisine, cherchant un endroit plus calme pour passer mon appel. Je sors mon téléphone et compose le numéro de mon père, mon esprit tourbillonnant d'idées et de doutes.

Il décroche à la deuxième sonnerie.

- Mio figlio, dit-il avec une voix qui porte l'ombre de la menace et de la puissance.

- Padre, réponds-je, essayant de garder ma voix neutre.

- Comment se passe ta mission ?

- Comme je m'y attendais. Il est putain de pathétique, un topo.

Mon père ricane à l'autre bout du fil, un son qui me fait frissonner. Je poursuis, déterminé à ne pas lui cacher la vérité.

- Il ne possède rien, un vrai cafard. La seule chose qu'il a à offrir en échange de sa dette, c'est sa fille.

- Sa fille ?

Je sens que j'ai piqué son intérêt, ce qui n'est jamais un bon signe.

- Je croyais qu'il n'avait que des fils.

Je m'adosse contre l'évier, rivant mon regard sur la fille agenouillée dans le salon. Ses traits sont marqués par l'angoisse et l'incertitude, et un sentiment de malaise m'envahit.

- C'est ce que je pensais aussi. Mais il dit qu'il a eu sa fille hors mariage avec Giulia Bianchi. La fille confirme ses dires.

- Une Bianchi... intéressant.

Je me passe la main dans le cou, un frisson nerveux me parcourant à cause du ton que prend mon père. Mon père n'est pas un tendre, que ce soit avec les hommes ou avec les femmes. Ma mère en a fait les frais, et elle en goûte encore, de temps à autre, quand je ne suis pas là pour la protéger. Si mon père veut quelque chose, il le prend, sans hésitation. Peu importe s'il doit l'obtenir par la force. Je ne compte plus le nombre de pauvres filles que j'ai sorties de ses griffes, violées et amochées, brisées par l'angoisse de vivre à ses côtés.

Je l'imagine déjà se frotter le menton, réfléchissant à ce à quoi la jeune Bianchi peut bien ressembler.

- Il propose de nous la donner en échange de sa dette.

Je dis cette phrase avec une grimace de dégoût, ne pouvant m'empêcher de ressentir un certain mépris pour cet échange. Je n'aime pas traiter les femmes comme des objets. Ce sont des personnes à part entière, avec leurs propres désirs et leurs propres rêves. Bien sûr, je me sens plus que satisfait quand je partage un moment d'intimité avec l'une d'elles, mais je m'efforce toujours de respecter leurs limites. Je peux être un peu colérique et autoritaire, mais je ne frapperai jamais une femme, encore moins la violer. Je ne fais pas partie de ces hommes de la mafia qui traitent les femmes comme des moins que rien, qui les forcent à se plier à leurs volontés.

Cependant, pour la jeune fille ici présente, je dois admettre que l'idée de l'épouser, même sous la contrainte, ne me dérange pas tant que ça. Je veux dire, qui ne rêverait pas d'une telle beauté pour épouse ?

À choisir, je préfère l'épouser et qu'elle me déteste plutôt que de laisser mon père en faire son esclave sexuelle. L'horreur de cette pensée m'irrite, et je me promets de prendre les choses en main. Je ne laisserai pas cette situation dégénérer. Si je dois agir, je le ferai selon mes propres principes.

- Que proposes-tu ?

Je suis surpris qu'il me demande mon avis, mais je saisis cette opportunité avec détermination.

- Je pense qu'en premier lieu, il faudrait confirmer qu'il s'agit bien d'une Bianchi. Si cela s'avère vrai, nous devrions proposer à Alessandro une alliance par le mariage. Il ne s'attend sûrement pas à ce qu'on soit au courant qu'il a une petite-fille. Craignant que l'information soit vendue au plus offrant, il acceptera notre offre.

Mon père reste silencieux quelques secondes, pesant mes mots, avant d'acquiescer.

- Je valide ton idée. Et qui épousera cette fille ?

J'entends un soupçon d'intérêt dégoûtant dans sa voix, et il me faut toute ma volonté pour ne pas laisser mes souvenirs d'enfance remonter à la surface.

- Moi.

Je dis cela sans hésitation aucune. J'épouserai cette fille.

- Toi ? demande-t-il, une note de surprise glissant dans sa voix.

- Oui. Je l'épouserai pour sceller notre alliance. En tant que futur Don, c'est mon devoir.

Mon père ricane, un son qui sert à la fois d'approbation et de moquerie.

- Tu es bien le fils de ton père.

Je grimace de dégoût. Oui, je suis son fils. Sur le plan de la violence et du maniement de notre mafia, nous sommes similaires ; il s'est assuré que je devienne comme lui. Mais sur le plan personnel et relationnel, nous sommes bien différents. Je veux plus que la brutalité et la manipulation.

- Soit ! Je valide cet arrangement, mais uniquement si nous avons la preuve que cette fille est bien une Bianchi.

- Bien. Et pour le père ?

- Nous acceptons son offre, ne le tue pas, mais fais lui comprendre qu'on essaie pas de baiser les Conti sans en subir les conséquences.

- Compris.

Nous raccrochons, et je retourne au salon, prêt à annoncer la nouvelle. Mon cœur bat plus vite à l'idée de ce qui m'attend.

Je sais qu'une certaine jeune fille ne sera certainement pas ravie de cette situation. Je ne peux m'empêcher de ressentir un mélange d'excitation et de nervosité à l'idée de lui imposer cette union.

Pour ma part, je m'imagine déjà la mener jusqu'à l'autel, l'embrasser avec passion, scellant ainsi notre destin commun. L'idée de la nuit de noces s'insinue dans mon esprit, teintée d'une anticipation troublante.

Ma bite frétille déjà d'envie.

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