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Claire, mon doux poison

Claire, mon doux poison

Auteur:: Jiao Yang Zhi Xing
Genre: Romance
Le téléphone de Claire a vibré, un son agressif dans le silence de notre appartement. Moi, Jean-Luc, l'ancien designer de génie, supposément aveugle depuis l'accident où j'avais pris un coup de couteau pour la protéger, je n'ai pas bougé derrière mes lunettes noires. Mais la lumière m'était revenue, un secret que je gardais précieusement. Son écran s'est allumé, affichant un message de « Marc » : « Le bébé va bien ? Hâte de te voir ce soir. » Mon cœur n'a pas sursauté, il était déjà mort depuis des semaines, depuis la première odeur de parfum masculin sur ses vêtements. Cette confirmation numérique, froide et indiscutable, a scellé ma vengeance. J'avais joué le rôle de l'aveugle dépendant, me nourrissant de sa pitié et de ses mensonges, tandis que j'observais, écoutais, et rassemblais les pièces de sa trahison. Ce n'était pas un miracle qui m'avait rendu la vue, mais sa tromperie qui m'avait forcé à rouvrir les yeux sur le monde et sur la femme que je croyais aimer. Ce jour était le dernier où je ferais semblant, le dernier où je sentirais son parfum de duplicité. À l'hôpital, elle me tenait la main, devant Marc et nos collègues hilares, me dépeignant comme un fardeau, tandis que Marc, le père de son enfant, osait me féliciter pour ma prétendue paternité. Mon sang bouillonnait, mais mon visage est resté de marbre, car le spectacle ne faisait que commencer. J'allais leur offrir une place au premier rang pour la chute du rideau, et ma vengeance, aussi froide que le marbre, serait leur plus grand rôle.

Introduction

Le téléphone de Claire a vibré, un son agressif dans le silence de notre appartement.

Moi, Jean-Luc, l'ancien designer de génie, supposément aveugle depuis l'accident où j'avais pris un coup de couteau pour la protéger, je n'ai pas bougé derrière mes lunettes noires.

Mais la lumière m'était revenue, un secret que je gardais précieusement.

Son écran s'est allumé, affichant un message de « Marc » : « Le bébé va bien ? Hâte de te voir ce soir. »

Mon cœur n'a pas sursauté, il était déjà mort depuis des semaines, depuis la première odeur de parfum masculin sur ses vêtements.

Cette confirmation numérique, froide et indiscutable, a scellé ma vengeance.

J'avais joué le rôle de l'aveugle dépendant, me nourrissant de sa pitié et de ses mensonges, tandis que j'observais, écoutais, et rassemblais les pièces de sa trahison.

Ce n'était pas un miracle qui m'avait rendu la vue, mais sa tromperie qui m'avait forcé à rouvrir les yeux sur le monde et sur la femme que je croyais aimer.

Ce jour était le dernier où je ferais semblant, le dernier où je sentirais son parfum de duplicité.

À l'hôpital, elle me tenait la main, devant Marc et nos collègues hilares, me dépeignant comme un fardeau, tandis que Marc, le père de son enfant, osait me féliciter pour ma prétendue paternité.

Mon sang bouillonnait, mais mon visage est resté de marbre, car le spectacle ne faisait que commencer.

J'allais leur offrir une place au premier rang pour la chute du rideau, et ma vengeance, aussi froide que le marbre, serait leur plus grand rôle.

Chapitre 1

Le téléphone de Claire a vibré sur la table de chevet. Un bruit sec, presque agressif dans le silence de notre appartement.

Je n'ai pas bougé. Mes yeux, cachés derrière des lunettes de soleil noires que je ne quittais jamais, sont restés fixés droit devant, sur le mur blanc.

Claire pensait que j'étais aveugle.

Elle pensait que le monde était pour moi une nuit sans fin depuis ce jour maudit où j'avais pris un coup de couteau pour la protéger.

Elle se trompait.

La lumière m'était revenue, lentement, douloureusement, un miracle que les médecins ne pouvaient expliquer. Je l'avais caché à tout le monde. Surtout à elle.

Le téléphone a vibré à nouveau. J'ai tourné la tête lentement, comme un aveugle qui cherche à localiser un son. D'un mouvement discret, j'ai baissé les yeux. L'écran s'était allumé.

Un message de « Marc ».

« Le bébé va bien ? J'ai hâte de te voir ce soir. Enlève ce pull moche qu'il t'a offert. »

Mon cœur n'a pas sursauté. Il n'a pas eu de choc. Il était déjà mort depuis des semaines, depuis le premier soupçon, la première odeur d'un parfum d'homme qui n'était pas le mien sur ses vêtements.

Ceci n'était que la confirmation. Froide, numérique, indiscutable.

J'avais joué le jeu. J'avais continué à être l'aveugle héroïque, le fiancé dépendant, l'homme qu'elle devait nourrir à la cuillère et guider pour traverser la rue. Et pendant ce temps, j'observais. J'écoutais. Je rassemblais les pièces du puzzle de sa trahison.

Ce n'était pas un miracle qui m'avait rendu la vue. C'était sa tromperie qui m'avait forcé à rouvrir les yeux sur le monde, et sur la femme que je croyais aimer plus que ma propre vie.

Aujourd'hui, c'était le dernier jour.

Le dernier jour où je ferais semblant. Le dernier jour où je sentirais son parfum de pitié et de mensonge.

Après aujourd'hui, nous ne nous reverrions plus jamais. Jamais.

La porte de la salle de bain s'est ouverte. Claire est sortie, une serviette enroulée autour de ses cheveux mouillés. Elle portait un peignoir de soie, et son visage était frais et rose. Elle était belle. Une beauté qui, autrefois, illuminait mon univers de designer de jeux vidéo, une beauté qui était ma muse. Maintenant, cette beauté me donnait la nausée.

« Mon amour, tu es réveillé ? »

Sa voix était douce, pleine d'une fausse inquiétude.

Elle s'est approchée, a posé ses mains sur mes épaules.

« Tu as bien dormi ? J'ai préparé ton petit-déjeuner. »

J'ai hoché la tête, gardant mon visage vide de toute expression. Je sentais mon estomac se tordre. Le bébé. Son bébé. Le bébé de Marc, mon collègue, mon rival. Celui qui avait toujours tout fait pour me voler mes projets, et qui avait finalement réussi à me voler ma vie.

« On a rendez-vous à l'hôpital à dix heures pour ton contrôle, n'oublie pas, » a-t-elle ajouté en se penchant pour m'embrasser sur le front.

Son baiser était froid. Ou peut-être que c'était ma peau qui était devenue insensible.

« Je n'ai pas oublié, » ai-je répondu d'une voix neutre.

Le trajet jusqu'à l'hôpital a été un supplice silencieux. Elle tenait ma main, ses doigts entrelacés avec les miens. Un geste qui aurait dû me réconforter, mais qui me brûlait. Elle parlait de choses sans importance, du temps, d'un film qu'elle voulait voir. Je ne répondais que par des monosyllabes.

Dans la salle d'attente bondée, l'odeur d'antiseptique flottait dans l'air. Claire m'a installé sur une chaise, sa main protectrice sur mon bras.

« Reste là, je vais nous enregistrer. »

Puis, je l'ai entendu. Une voix masculine, trop familière.

« Claire ! Quelle coïncidence. »

C'était Marc. Bien sûr que c'était Marc. Il n'y avait pas de coïncidence. Il était là, grand, arrogant, avec ce sourire suffisant que je détestais tant. Je l'imaginais parfaitement, même sans le voir directement.

« Marc ! Quelle surprise, » a répondu Claire, sa voix prenant une teinte un peu trop joyeuse.

« Je suis venu voir un ami qui s'est cassé la jambe. Et vous ? Ah oui, le contrôle de Jean-Luc. Pauvre gars. Toujours dans le noir ? »

Sa voix était pleine d'une pitié méprisante. Leurs amis, d'autres collègues de notre studio de jeux, étaient avec lui. J'ai entendu leurs ricanements étouffés. Pour eux, j'étais une blague. Le héros déchu, le concepteur de génie devenu un fardeau inutile.

« Ça va de mieux en mieux, » a menti Claire. « Les médecins sont optimistes. »

« C'est bien, c'est bien, » a dit Marc. « Tu es une sainte, Claire, de t'occuper de lui comme ça. N'importe qui d'autre serait parti depuis longtemps. »

C'était une pique directe, un test. Claire n'a pas répondu. J'ai senti une main se poser dans le bas de son dos. Une main d'homme. C'était Marc, j'en étais certain. Un geste possessif, intime, fait juste hors de mon champ de vision supposé.

Mon sang a commencé à bouillir, mais mon visage est resté de marbre.

Le spectacle ne faisait que commencer. Et j'allais leur offrir une place au premier rang pour la chute du rideau.

Chapitre 2

Marc ne s'est pas contenté de poser sa main. Il l'a laissée là, ses doigts dessinant de petits cercles sur le bas du dos de Claire. Un geste de propriétaire. Claire s'est un peu tendue, mais ne l'a pas repoussé.

« Alors, Jean-Luc, tu arrives encore à imaginer des mondes fantastiques dans ta tête ? Ou c'est tout noir là-haut aussi ? » a lancé Marc, assez fort pour que tout le monde entende.

Je n'ai pas répondu. J'ai simplement serré la poignée de ma canne blanche.

« Laisse-le, Marc, » a murmuré Claire, mais sans grande conviction.

J'ai senti une présence s'asseoir à côté de moi. Une odeur familière de tabac froid et de café fort.

« Jean-Luc ? »

C'était la voix de mon ancien mentor, Monsieur Dubois. Un vétéran de l'industrie du jeu vidéo, le seul qui m'avait vraiment soutenu après l'accident. Il était maintenant directeur d'un studio de prestige.

« Monsieur Dubois, » ai-je dit, en tournant la tête vers lui.

« Je venais pour une consultation. Comment vas-tu, mon garçon ? »

Sa voix était sincère, chaleureuse. Un contraste brutal avec le venin de Marc.

« Ça va. Un jour à la fois. »

« J'ai entendu dire que tu avais mis ta carrière en pause. C'est une perte énorme pour nous tous. Ton talent est unique. »

J'ai haussé les épaules. « Difficile de concevoir des univers visuels sans la vue. »

Il a gardé le silence un instant. Puis, il s'est penché vers moi.

« Écoute, Jean-Luc. Je monte un nouveau projet. Très ambitieux. Un jeu en réalité virtuelle immersive. Le développement se fait dans un petit studio isolé, dans les Alpes. L'air pur, le calme... loin de Paris et de... tout ça. »

Il a jeté un regard discret vers Claire et Marc qui chuchotaient un peu plus loin.

« C'est un travail différent. Plus conceptuel. On a besoin d'un cerveau comme le tien pour l'architecture narrative, pour les sensations... on n'a pas besoin de tes yeux, on a besoin de ton âme de créateur. Penses-y. La porte est grande ouverte. »

Une bouée de sauvetage. Une porte de sortie. Les Alpes. Loin. C'était parfait.

« J'y penserai, » ai-je dit, mais ma décision était déjà prise. Paris était devenu une prison, et il venait de me donner la clé.

L'infirmière a appelé mon nom. Claire s'est approchée et m'a pris le bras.

« Allons-y, mon chéri. »

En passant devant le groupe de Marc, j'ai entendu l'un de ses acolytes murmurer : « Elle le promène comme son petit chien. »

Dans le couloir, Claire m'a laissé un instant pour parler à l'infirmière. La porte d'un bureau de médecin était entrouverte. J'ai jeté un coup d'œil à l'intérieur.

Et je les ai vus.

Claire pensait que j'attendais sagement dans le couloir. Marc l'avait suivie. Il l'a pressée contre le mur, juste dans l'angle mort du couloir. Leurs corps étaient collés l'un à l'autre. J'ai vu sa main remonter le long de son bras, puis sur sa joue. Elle a levé la tête vers lui, les yeux mi-clos.

Et ils se sont embrassés.

Ce n'était pas un baiser volé, c'était un baiser passionné, affamé. Un baiser entre deux amants qui se connaissent par cœur.

J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds, mais je suis resté droit. Je ne devais pas flancher. Pas maintenant.

Une infirmière est passée à côté de moi. Elle a jeté un œil dans le bureau et a souri, complice, à une collègue.

« Regarde-les, ces deux-là. Ils ne peuvent pas se retenir. C'est mignon l'amour. »

Mignon. Le mot a résonné dans ma tête comme une insulte. Mon estomac s'est noué.

Puis, le pire. Les amis de Marc sont arrivés dans le couloir. L'un d'eux a regardé dans le bureau et a sifflé.

« Eh bien, Marc ne perd pas de temps ! Il va finir par la mettre enceinte si ça continue ! »

Un autre a ri. « Tu crois que c'est pas déjà fait ? »

Ils parlaient fort, sans aucune gêne, persuadés que l'aveugle à quelques mètres ne pouvait rien comprendre, rien deviner. Leurs rires gras remplissaient le couloir stérile de l'hôpital. C'était une humiliation publique, et j'étais le seul spectateur conscient de la pièce qui se jouait.

Claire est sortie du bureau, réajustant sa blouse, les joues rouges. Elle a vu les amis de Marc et leur a lancé un regard noir, mais c'était trop tard.

Elle s'est tournée vers moi, son visage reprenant son masque de sollicitude.

« Désolée pour l'attente, mon amour. »

Soudain, une voix a crié mon nom depuis le bout du couloir.

« Jean-Luc ! »

C'était Monsieur Dubois.

Instinctivement, ma tête s'est tournée directement vers lui, mes yeux se fixant sur sa silhouette. Une réaction normale pour n'importe qui. Une erreur fatale pour un aveugle.

Le silence est tombé.

J'ai vu la panique dans les yeux de Claire. Elle a ouvert la bouche, le doute se peignant sur son visage. Les amis de Marc ont cessé de rire.

Merde.

J'ai agi à l'instinct. J'ai tourné la tête de gauche à droite, l'air confus.

« Qui... qui m'appelle ? » ai-je demandé d'une voix hésitante, en fronçant les sourcils derrière mes lunettes.

J'ai vu le soulagement inonder le visage de Claire. Elle a expiré bruyamment.

« C'est Monsieur Dubois, mon chéri. Il est là-bas. »

Elle a cru à ma comédie. Ils ont tous cru. Pour l'instant, j'étais sauf. Mais la corde sur laquelle je marchais venait de se rétrécir dangereusement.

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