Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Fantaisie > Claire, la Partie Commence
Claire, la Partie Commence

Claire, la Partie Commence

Auteur:: Swing
Genre: Fantaisie
Je me suis réveillée, le froid piquant d' un matin d' octobre parisien mordant ma peau, dans cette même chambre d'étudiante que j'avais quittée il y a trois ans. Trois ans. C' était la date sur mon calendrier. Trois ans avant ma mort. Mon cœur s' est emballé en constatant l' absence des cernes de l' insomnie et du désespoir dans mon reflet. J'étais Jeanne, mais la Jeanne d'avant le drame, celle qui croyait encore aveuglément en l'amitié, en l'amour. Le souvenir du défilé de fin d' études, de mes créations volées, et du rire glaçant de Claire sur le tapis rouge a déferlé sur moi comme une vague, me replongeant dans l' horreur de sa trahison. Elle, ma "meilleure amie", s' était emparée de tout : mon succès, mon amour, ma vie. Elle avait ri de ma naïveté, révélant l'existence d'un "système" d'échange qui lui permettait de voler mon destin. La haine pure et viscérale que j'ai ressentie en cet instant m'a ramenée à la vie. Cette fois, le jeu sera différent. Je ne la dénoncerai pas, car personne ne me croirait. Non. Je vais jouer son jeu, nourrir sa cupidité, lui construire un trône d' illusions. Et quand elle sera au sommet, je lui arracherai tout, brique par brique, la laissant tomber de si haut qu'elle ne s'en remettra jamais. Elle connaîtra la misère qu'elle m'a infligée. Claire, la partie ne fait que commencer.

Introduction

Je me suis réveillée, le froid piquant d' un matin d' octobre parisien mordant ma peau, dans cette même chambre d'étudiante que j'avais quittée il y a trois ans.

Trois ans. C' était la date sur mon calendrier. Trois ans avant ma mort.

Mon cœur s' est emballé en constatant l' absence des cernes de l' insomnie et du désespoir dans mon reflet. J'étais Jeanne, mais la Jeanne d'avant le drame, celle qui croyait encore aveuglément en l'amitié, en l'amour.

Le souvenir du défilé de fin d' études, de mes créations volées, et du rire glaçant de Claire sur le tapis rouge a déferlé sur moi comme une vague, me replongeant dans l' horreur de sa trahison.

Elle, ma "meilleure amie", s' était emparée de tout : mon succès, mon amour, ma vie. Elle avait ri de ma naïveté, révélant l'existence d'un "système" d'échange qui lui permettait de voler mon destin.

La haine pure et viscérale que j'ai ressentie en cet instant m'a ramenée à la vie.

Cette fois, le jeu sera différent. Je ne la dénoncerai pas, car personne ne me croirait. Non. Je vais jouer son jeu, nourrir sa cupidité, lui construire un trône d' illusions. Et quand elle sera au sommet, je lui arracherai tout, brique par brique, la laissant tomber de si haut qu'elle ne s'en remettra jamais. Elle connaîtra la misère qu'elle m'a infligée.

Claire, la partie ne fait que commencer.

Chapitre 1

Je suis morte.

Puis je suis revenue à la vie.

La première chose que j'ai sentie, c'était le froid. Un froid qui pénétrait mes os, différent du vide glacial de la mort. C'était le froid d'un matin d'octobre à Paris, celui qui s'infiltre par la fenêtre mal isolée d'une chambre d'étudiante.

J'ai ouvert les yeux. Le plafond blanc et familier était là, avec la même fissure en forme d'éclair que je détestais. J'ai tourné la tête. Mon bureau était couvert de croquis, de morceaux de tissu et de tasses à café vides. Sur le mur, un calendrier. La date encerclée en rouge était le 15 octobre 2021.

Mon cœur a commencé à battre si fort que j'ai cru qu'il allait sortir de ma poitrine. 15 octobre 2021. C'était il y a trois ans. Trois ans avant que ma vie ne soit complètement détruite. Trois ans avant ma mort.

Je me suis levée d'un bond, les jambes tremblantes. J'ai couru vers le miroir. Le visage qui me regardait était le mien, mais plus jeune, plus plein. Il n'y avait pas les cernes creusés par l'insomnie, ni le désespoir dans les yeux. C'était la Jeanne d'avant le drame. La Jeanne qui croyait encore en l'amitié, en l'amour et au travail acharné.

La Jeanne qui croyait en Claire.

Le souvenir de ma vie passée a déferlé sur moi comme une vague violente. Le grand défilé de fin d'études, le moment qui devait lancer ma carrière de styliste. J'avais travaillé jour et nuit sur ma collection, une fusion audacieuse de classicisme et de modernité. Mes professeurs étaient impressionnés, Madame Dupont, la célèbre critique de mode, avait même fait l'éloge de mes premiers croquis. Antoine, l'homme que j'aimais, l'héritier de la maison de couture Lefevre, m'avait promis de venir me soutenir. Tout était parfait.

Et puis, le jour du défilé, ma collection a disparu. À sa place, il y avait des vêtements médiocres, sans âme. J'ai paniqué, j'ai cherché partout. Claire, ma meilleure amie depuis l'enfance, était là pour me "consoler". Elle pleurait avec moi, me disait que ce n'était pas grave.

Puis, ce fut son tour de présenter. Et sur le podium, c'était ma collection. Mes créations, mes idées, mon âme. Portées par les mannequins, sous le nom de Claire Martin. Le public a applaudi à tout rompre. Madame Dupont s'est levée, le visage rayonnant. Antoine, depuis le premier rang, la regardait avec des yeux pleins d'admiration. Des yeux qu'il n'avait plus jamais eus pour moi.

Ce fut le début de la fin. Claire est devenue la nouvelle étoile montante de la mode. Elle a signé un contrat avec la maison Lefevre. Antoine est devenu son fiancé. Moi, j'ai tout perdu. On m'a accusée de jalousie, de vouloir saboter ma meilleure amie. Personne n'a cru un mot de ce que je disais.

Les échecs se sont enchaînés. Chaque fois que je tentais de me reconstruire, de trouver un petit travail, de créer quelque chose de nouveau, une force invisible semblait tout anéantir. Mes projets échouaient, mes entretiens d'embauche étaient annulés à la dernière minute. Mes parents, professeurs d'art qui m'avaient toujours soutenue, ont eu des problèmes financiers inexplicables et ont dû vendre leur maison pour payer des dettes soudaines.

J'ai sombré dans la dépression. Seule, ruinée, abandonnée de tous. Le dernier jour, j'ai utilisé le peu d'argent qu'il me restait pour acheter une bouteille d'alcool bon marché et une boîte de somnifères. Avant de tout avaler, j'ai allumé la télévision. Un gala de charité. Et là, sur le tapis rouge, il y avait Claire, resplendissante dans une robe qui était l'une de mes créations volées, au bras d'Antoine. Ils étaient le couple parfait, souriant aux caméras.

Une journaliste leur a demandé le secret de leur réussite. Claire a ri, un rire cristallin et faux.

"Le travail acharné, bien sûr. Mais aussi un peu de chance. Et peut-être un petit coup de pouce du destin."

Mon âme a quitté mon corps. J'ai flotté au-dessus de la scène, invisible. Je les ai suivis dans une loge privée. Il n'y avait plus de caméras. Le sourire d'Antoine s'est effacé.

"Tu es sûre que personne ne saura jamais pour Jeanne ?" demanda-t-il, sa voix basse et inquiète.

Claire a ajusté son collier de diamants. "Ne t'inquiète pas. Le système est parfait. J'ai échangé ma malchance contre sa réussite. Sa carrière, son amour, sa fortune... tout est à moi maintenant. Elle n'est plus rien. Elle doit probablement être en train de mourir de faim quelque part. C'est le prix à payer pour sa naïveté."

Le système. Ce mot a résonné dans mon esprit vide. Un système d'échange. C'était donc ça. Ce n'était pas de la malchance. C'était un vol. Un vol orchestré, conscient, absolu.

La haine m'a submergée, une haine si pure et si intense qu'elle m'a ramenée à la vie.

Je suis de retour. Dans cette chambre, trois ans avant ma chute. Avec la connaissance de tout ce qui va arriver. Avec la connaissance de son secret.

Cette fois, les choses seront différentes. Je ne vais pas simplement l'exposer. C'est trop facile. Personne ne me croirait. Non. Je vais jouer son jeu. Je vais lui donner tout ce qu'elle désire, sur un plateau d'argent. Je vais la laisser "gagner" sa carrière de rêve, son grand amour, la reconnaissance qu'elle convoite tant.

Et quand elle sera au sommet, quand elle pensera avoir tout obtenu, je lui arracherai tout. Brique par brique. Je la laisserai tomber de si haut qu'elle ne s'en remettra jamais. Je lui ferai connaître la véritable misère, celle qu'elle m'a infligée.

Claire, ma "meilleure amie". Prépare-toi. La partie ne fait que commencer.

---

Chapitre 2

Le lendemain matin, je me suis forcée à suivre la routine de mon ancienne vie. Douche, café, et direction l'université d'arts appliqués. Chaque pas dans les couloirs familiers était étrange. Les visages des autres étudiants, les affiches sur les murs, tout me semblait à la fois proche et lointain, comme un rêve dont on se souvient avec une clarté troublante.

Et puis, je l'ai vue.

Claire.

Elle était adossée à un casier, en train de rire avec un groupe de filles. Elle portait un jean usé et un simple sweat-shirt, une image de simplicité qui cachait une ambition dévorante. Nos regards se sont croisés. Elle m'a fait un grand sourire et s'est approchée, ses cheveux blonds flottant derrière elle.

"Jeanne ! Je te cherchais partout !"

Sa voix était exactement comme dans mon souvenir. Enjouée, chaleureuse, et complètement fausse. Mon estomac s'est noué. J'ai dû puiser dans toutes mes forces pour ne pas reculer.

"Salut, Claire."

Elle a posé une main sur mon bras. Son contact m'a donné la nausée.

"Tu as l'air fatiguée. Tu as encore travaillé toute la nuit sur tes croquis ? Tu sais, tu devrais te reposer un peu. Tu te tues à la tâche."

C'était sa phrase fétiche. Une fausse inquiétude qui masquait à peine le reproche. Dans ma vie passée, je me sentais coupable en entendant ça. Je m'excusais presque d'être passionnée, d'être travailleuse. Aujourd'hui, j'entendais la vérité derrière ses mots : "Pourquoi tu fais autant d'efforts ? Ça me met mal à l'aise. Ça me rappelle que je ne fais rien."

J'ai esquissé un sourire neutre.

"Je vais bien. Juste un peu de stress avant les examens."

"Ah oui, les examens," a-t-elle dit en levant les yeux au ciel. "Tu vas encore avoir les meilleures notes, comme d'habitude. Tu es tellement douée, Jeanne. Parfois, je me demande comment tu fais."

Elle a prononcé cette phrase avec une admiration feinte. Mais je voyais la lueur de jalousie dans ses yeux. C'était une vieille rengaine entre nous. Elle me félicitait publiquement pour mes succès, mais en privé, elle les minimisait ou les attribuait à la chance. "Oh, tu as eu la meilleure note en histoire de l'art ? C'est normal, tes parents sont profs, c'est de la triche." "Tu as gagné le petit concours de design ? Le sujet était facile, j'aurais pu le faire si j'avais eu le temps."

Dans ma vie passée, ses mots me blessaient. Ils sapaient ma confiance en moi, me faisaient douter de mon propre mérite. Je passais mon temps à la rassurer, à lui dire qu'elle était talentueuse aussi, qu'elle avait juste besoin de travailler un peu.

Quelle idiote j'avais été.

Cette fois, je n'ai rien dit pour la rassurer. Je l'ai juste regardée.

Son sourire s'est légèrement crispé face à mon silence. Elle a retiré sa main de mon bras.

"Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de mal ? Parfois, j'ai l'impression que tu me méprises. Parce que je ne suis pas aussi parfaite que toi. Tu as tout, Jeanne. Le talent, des parents qui te soutiennent... C'est facile pour toi de juger les autres."

La voilà, la manipulation. La culpabilisation. Le chantage affectif. C'était son arme la plus efficace. Me faire passer pour la méchante, l'arrogante, pendant qu'elle jouait le rôle de la victime incomprise.

Avant, j'aurais paniqué. Je me serais excusée, j'aurais nié, j'aurais essayé de réparer le "mal" que je lui avais fait.

Maintenant, je ressentais une froide colère.

"Je ne te juge pas, Claire," ai-je répondu d'une voix calme. "Je dis juste que je suis fatiguée."

Elle m'a regardée, surprise par mon ton détaché. Elle s'attendait à une réaction émotionnelle. Elle ne l'a pas eue.

Je l'ai laissée là, plantée au milieu du couloir, et je suis partie en cours.

Assise à ma place, je n'écoutais pas le professeur. Je repensais à notre conversation. C'était incroyable de voir à quel point j'avais été aveugle. Chaque mot de Claire était calculé. Chaque geste était une performance.

Elle ne voyait pas mes efforts. Elle ne voyait pas les nuits blanches, les doutes, les sacrifices. Elle voyait seulement le résultat : le succès. Et ce succès, elle le considérait comme une injustice. Dans son esprit tordu, mon travail acharné était une agression personnelle, une preuve de sa propre infériorité. Et puisque le monde était injuste, elle se sentait en droit de rétablir l'équilibre.

En me volant tout.

La haine que j'avais ressentie à mon réveil était toujours là, mais elle était différente. Plus froide, plus précise. Ce n'était plus une émotion brute. C'était devenu un moteur. Un carburant pour le plan qui prenait forme dans mon esprit.

---

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022