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Cinq Ans, Amour Trahi

Cinq Ans, Amour Trahi

Auteur:: Anaise
Genre: Moderne
Cinq ans. Cinq ans que je cherchais Antoine, mon mari, disparu en mer. J' avais tout vendu, tout sacrifié, transformant ma vie de biologiste marine respectée en une quête obsessionnelle, endettée, pour retrouver l' homme que j' aimais. Quand l' information convoitée, le prix de mes derniers cent mille euros, m' a menée à ce luxueux yacht, j' ai cru mon calvaire terminé. Mais en entendant son rire, le rire d' Antoine, suivi de la voix mielleuse de Sophie, ma demi-sœur, mon monde s' est effondré. « La découvrir ? Sophie, ma lune blanche, ma douce, c' est exactement ce que je veux. Je veux qu' elle sache. Je veux qu' elle voie à quel point elle est stupide. Cinq ans qu' elle me cherche comme une idiote, qu' elle se ruine pour moi. C' est délicieux. » Chaque mot était un coup de poignard, révélant une trahison au-delà de l' imaginable ; mes fausses couches, causées par lui, une "cicatrice" de Sophie qui n' était qu' une mascarade, ma vie entière, une farce macabre dont j' étais la seule victime. Comment avais-je pu être aussi aveugle ? La femme que j' étais est morte dans ce couloir. Une autre, pleine de rage, allait surgir des cendres de mon naufrage. J' ai poussé la porte et je suis entrée.

Introduction

Cinq ans.

Cinq ans que je cherchais Antoine, mon mari, disparu en mer.

J' avais tout vendu, tout sacrifié, transformant ma vie de biologiste marine respectée en une quête obsessionnelle, endettée, pour retrouver l' homme que j' aimais.

Quand l' information convoitée, le prix de mes derniers cent mille euros, m' a menée à ce luxueux yacht, j' ai cru mon calvaire terminé.

Mais en entendant son rire, le rire d' Antoine, suivi de la voix mielleuse de Sophie, ma demi-sœur, mon monde s' est effondré.

« La découvrir ? Sophie, ma lune blanche, ma douce, c' est exactement ce que je veux. Je veux qu' elle sache. Je veux qu' elle voie à quel point elle est stupide. Cinq ans qu' elle me cherche comme une idiote, qu' elle se ruine pour moi. C' est délicieux. »

Chaque mot était un coup de poignard, révélant une trahison au-delà de l' imaginable ; mes fausses couches, causées par lui, une "cicatrice" de Sophie qui n' était qu' une mascarade, ma vie entière, une farce macabre dont j' étais la seule victime.

Comment avais-je pu être aussi aveugle ?

La femme que j' étais est morte dans ce couloir. Une autre, pleine de rage, allait surgir des cendres de mon naufrage.

J' ai poussé la porte et je suis entrée.

Chapitre 1

Cinq ans.

Cela faisait cinq ans que je cherchais mon mari, Antoine Lefevre, un capitaine de yacht de luxe disparu en mer. Pour tous, il était mort. Pour moi, il était simplement perdu.

J' ai tout vendu. La maison familiale où j' avais grandi, les meubles, les bijoux de ma mère. J' ai contracté des dettes que je ne pourrais probablement jamais rembourser. Je suis passée d' une chercheuse en biologie marine respectée à une femme endettée, obsédée par une seule chose : retrouver Antoine.

Mon existence s' était réduite à ça. Chaque information, chaque rumeur, chaque piste potentielle était une lueur d' espoir que j' achetais à n' importe quel prix.

Ce soir-là, j' étais dans une salle de vente aux enchères clandestine, un endroit sombre et rempli de gens louches. L' air sentait le tabac froid et le désespoir. L' objet de la vente n' était pas une œuvre d' art ou une antiquité, mais une information. Une information sur l'épave d'un yacht de luxe, le "Sirène", celui sur lequel Antoine avait été vu pour la dernière fois.

Le commissaire-priseur a annoncé la mise à prix. Une somme exorbitante. Mon cœur s' est serré. C' était tout ce qu' il me restait, et même plus.

« Cent mille euros. »

Ma main s' est levée, tremblante. Le silence s' est fait dans la salle. Personne n' a surenchéri. C' était trop cher pour une simple information. Mais pour moi, c' était le prix de ma vie.

J' ai signé les papiers, le stylo glissant entre mes doigts moites. L' homme m' a tendu une clé USB et une carte avec des coordonnées GPS.

« L' information est là-dessus. Le yacht est dans une crique privée, pas loin d' ici. Il y a une fête ce soir. Vous devriez y aller discrètement. »

J' ai pris la clé, mon cœur battant à tout rompre. Enfin. Après cinq ans de ténèbres, j'allais peut-être avoir une réponse.

Je me suis rendue à l'endroit indiqué. C'était une crique isolée, magnifique. Un yacht immense et luxueux, bien plus grand que le "Sirène", était ancré là. Des lumières vives et de la musique s'en échappaient. Des gens riches et élégants riaient sur le pont.

J' ai accosté avec ma petite barque de pêcheur, un tas de rouille que j' avais acheté pour une bouchée de pain. Le contraste était brutal. J' ai grimpé à bord discrètement, me cachant derrière des caisses. Je n'étais pas habillée pour une telle soirée. Mes vêtements étaient usés, mes mains abîmées par des années de travail sur des bateaux de fortune.

Mon plan était simple : trouver le capitaine, lui montrer la clé USB, et obtenir des informations sur l'épave.

Je me suis faufilée dans les coursives, cherchant un endroit calme. Une porte était entrouverte. J'ai entendu des voix familières. Une voix d' homme, profonde et rauque, que je reconnaitrais entre mille.

Antoine.

Mon souffle s' est coupé. C' était impossible. Il était vivant. Il était là.

J' ai collé mon oreille à la porte, mon corps entier tremblant.

Une voix de femme, douce et mielleuse, a répondu. C' était Sophie, ma demi-sœur.

« Antoine, chéri, tu es sûr que c' est une bonne idée ? Et si Amélie découvrait tout ? »

Le rire d' Antoine a éclaté, un rire froid et cruel que je ne lui avais jamais entendu.

« La découvrir ? Sophie, ma lune blanche, ma douce, c' est exactement ce que je veux. Je veux qu' elle sache. Je veux qu' elle voie à quel point elle est stupide. Cinq ans qu' elle me cherche comme une idiote, qu' elle se ruine pour moi. C' est délicieux. »

Je me suis plaquée la main sur la bouche pour étouffer un cri. Chaque mot était un coup de poignard. Il n'avait pas disparu. Il n'était pas mort. C'était une mise en scène. Une farce macabre dont j'étais la seule victime.

Sophie a gloussé.

« Tu es si méchant. Mais j' adore ça. Tu as vu comment elle a tout vendu ? La maison de son père... notre père. Elle a même vendu ses équipements de recherche. Cette idiote qui rêvait de découvrir de nouvelles espèces marines. Maintenant, elle n'a plus rien. »

« C' est la punition qu' elle mérite, » a dit Antoine, sa voix dure comme de la pierre. « C' est à cause d' elle, de sa famille, que ton visage a été défiguré. Elle doit payer. Et sa famille aussi. Je vais la faire souffrir, la torturer lentement, jusqu' à ce qu' elle me supplie de la tuer. Je vais lui faire regretter d' être née. »

À travers la fente de la porte, je les ai vus. Sophie était assise sur les genoux d' Antoine. Il lui donnait à manger une fraise, ses doigts caressant ses lèvres. Elle portait un masque de dentelle fine qui couvrait la moitié de son visage, le côté qu' un accident de voiture, des années auparavant, avait prétendument abîmé. Un accident où j' étais présente.

À l' époque, tout le monde m' avait dit que j' étais chanceuse de m' en être sortie sans une égratignure, alors que ma pauvre sœur était défigurée à vie. Antoine, qui était déjà mon mari, avait été dévasté. Il appelait Sophie sa "lune blanche", son trésor pur et innocent, sali par ma faute. C'est après ça qu'il avait commencé à être distant, froid. Puis il avait disparu.

Et moi, rongée par la culpabilité, j' avais passé cinq ans à le chercher.

J'ai repensé à ces cinq années. Les nuits blanches à étudier des cartes marines. Les voyages dans des ports miteux, à interroger des marins ivres. L' argent qui fondait, les amis qui s' éloignaient, fatigués de mon obsession. Ma carrière de biologiste marine mise entre parenthèses, puis complètement abandonnée. Tout ça, pour lui.

Et lui, pendant ce temps, il était là, avec ma sœur, planifiant sa vengeance.

Le monde s'est effondré autour de moi. La douleur était si intense, si physique, que j'ai cru que j'allais mourir. Ce n'était pas seulement de la trahison. C'était une destruction. Il avait orchestré la destruction de ma vie, pièce par pièce.

J'ai reculé doucement, le cœur en miettes. La clé USB dans ma main me brûlait la paume. C'était le dernier clou dans mon cercueil. L'information que j'avais achetée avec mes dernières économies n'était pas une piste, c'était le lieu de ma propre exécution.

Je devais partir. Fuir. Mais une autre partie de moi, une partie sombre et brisée, voulait rester. Je devais le regarder dans les yeux. Je devais comprendre.

Non, je ne devais pas comprendre. Je devais lui faire face.

Je me suis redressée, les larmes séchées sur mes joues. La femme dévouée et aimante était morte dans ce couloir. Une autre personne était en train de naître, une personne pleine de rage et d'une détermination glaciale.

J' ai poussé la porte et je suis entrée.

Chapitre 2

Leurs rires se sont figés.

Antoine m' a regardée, d' abord avec surprise, puis avec un sourire mauvais. Il n' a même pas fait semblant d' être choqué de me voir. Il m' attendait.

Sophie, elle, a poussé un petit cri et s' est cachée le visage derrière ses mains, comme si ma simple vue était une agression.

« Amélie, » a dit Antoine, sa voix tranquillement cruelle. « Quelle surprise. Comment nous as-tu trouvés ? »

Il était assis là, l'homme pour qui j'avais sacrifié cinq ans de ma vie, l'homme que j'avais pleuré. Il était plus beau que dans mes souvenirs, bronzé, musclé, l'air arrogant et sûr de lui. À côté de lui, ma demi-sœur, l'incarnation de la perfidie.

« Peu importe, » ai-je dit, ma propre voix sonnant étrangement calme. « Je suis là maintenant. Antoine, je veux divorcer. »

Un silence a suivi ma déclaration. Antoine a haussé un sourcil, amusé.

« Divorcer ? »

Il s'est levé, s'est approché de moi. Il me dominait de toute sa hauteur.

« Ma chère Amélie, tu rêves ou quoi ? Tu crois vraiment que tu peux apparaître comme ça et exiger quoi que ce soit ? Tu es ma femme. Tu le resteras. La société nous voit comme un couple tragique, séparé par le destin. La veuve éplorée qui retrouve son mari miraculé. Personne ne croira un mot de ce que tu pourras dire contre moi. »

Il avait raison. Il avait tout prévu. J' étais piégée.

« C' est fini, Antoine. Je ne jouerai plus à ton jeu. »

« Ce n' est pas un jeu, » a-t-il rétorqué, son visage se durcissant. « C' est une punition. Et elle ne fait que commencer. Tu te souviens de ce que tu as fait à Sophie ? Tu te souviens de l'accident ? »

Sophie a commencé à sangloter doucement.

« Ne parle pas de ça, Antoine, s'il te plaît... C'est trop douloureux. »

Elle s'est levée et s'est approchée de moi, le visage baigné de larmes.

« Amélie... je sais que tu ne l'as pas fait exprès. Je te pardonne. »

Elle a tendu la main pour toucher mon bras, un geste faussement compatissant. Mais au moment où ses doigts m'ont effleurée, elle a trébuché, comme si je l'avais poussée, et est tombée lourdement sur le sol. Son masque de dentelle s'est détaché, révélant la partie gauche de son visage.

C'était une vision horrible. Une cicatrice rosâtre et boursouflée courait de sa tempe à sa mâchoire, déformant ses traits autrefois parfaits. C'était la première fois que je la voyais sans son masque depuis l'accident. La culpabilité m'a submergée à nouveau, une vague nauséabonde.

« Sophie ! » a crié Antoine.

Il s'est précipité vers elle, l'a prise dans ses bras avec une infinie tendresse. Il a fusillé du regard.

« Espèce de monstre ! Regarde ce que tu as fait ! Ce n'est pas suffisant de l'avoir défigurée une fois ? Il faut que tu la pousses ? Tu es vraiment sans cœur. »

« Je ne l'ai pas touchée ! » ai-je crié, mais ma voix s'est perdue dans les sanglots de Sophie.

« Elle est tombée toute seule ! »

« Tais-toi ! » a hurlé Antoine. « Regarde-la ! Regarde sa souffrance ! Et toi, tu n'as rien. Pas une égratignure. La vie est injuste, n'est-ce pas ? Eh bien, je suis là pour rétablir l'équilibre. Maintenant, excuse-toi. »

« Quoi ? »

« J' ai dit, excuse-toi. À genoux. »

Son ordre était glacial, sans appel. Le regard des quelques personnes qui avaient été attirées par le bruit était fixé sur moi. J'étais humiliée, jugée, condamnée.

« Antoine, s' il te plaît, ne sois pas si dur avec elle... » a murmuré Sophie, s' accrochant à son bras. « C' est ma sœur après tout... »

Sa fausse gentillesse ne faisait qu'attiser la colère d'Antoine.

« Elle ne mérite pas d'être ta sœur. Excuse-toi, Amélie. Ou je te jure que je te ferai regretter d'être venue ici. »

Je l'ai regardé. J'ai regardé Sophie, qui me souriait presque à travers ses larmes. J'ai regardé les visages curieux et méprisants autour de moi. Je n'avais pas le choix.

Lentement, mes genoux ont touché le sol froid du pont.

« Pardon. »

Le mot est sorti comme un souffle rauque. C'était la chose la plus difficile que j'aie jamais faite.

Et le pire, c'est que ce n'était pas la première fois. Pendant les années qui avaient suivi l'accident, avant sa "disparition", Antoine m'avait forcée à m'excuser pour tout et n'importe quoi. Si Sophie était triste, c'était de ma faute. Si elle avait une migraine, c'était de ma faute. Si un plat ne lui plaisait pas, je devais refaire la cuisine en m'excusant. J'étais devenue une experte en excuses. Une machine à dire pardon.

Je me suis relevée, les jambes tremblantes. Je voulais juste partir, fuir cet enfer.

« Je peux partir maintenant ? »

Antoine a ricané.

« Partir ? Tu n'as pas encore payé. »

« Payé quoi ? »

« L'information que tu as achetée, » a dit Sophie, sa voix redevenue forte et moqueuse. « Tu as payé l'homme de la vente aux enchères, mais tu n'as pas payé le propriétaire de l'information. C'est-à-dire, nous. »

Je les ai regardés, incrédule.

« Vous n'allez pas me faire payer pour ça... »

« Oh si, » a dit Antoine. « Chaque service a un prix. Tu voulais des informations sur moi, tu les as. Maintenant, tu paies. »

Il m'a regardée de haut en bas, son regard s'attardant sur mes vêtements usés.

« Mais vu ton état, je doute que tu aies de l'argent. Il va falloir trouver un autre moyen de paiement. »

Leur cruauté était sans limites. Ils m'avaient attirée dans ce piège, m'avaient fait dépenser mon dernier sou, pour ensuite me réclamer encore plus. J'étais prise au piège, seule et sans ressources, sur leur bateau luxueux, au milieu de nulle part. Mon cauchemar ne faisait que commencer.

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