Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Sci-Fi > Chute du 19e étage
Chute du 19e étage

Chute du 19e étage

Auteur:: Haven Moss
Genre: Sci-Fi
Le vent glacial sifflait à mes oreilles, une mélodie stridente qui accompagnait ma chute du dix-neuvième étage. Juste avant l' impact inévitable, une voix froide et mécanique a résonné dans mon esprit : "[Stabilisation du monde en cours... Jeanne Dubois quitte le monde C-789. Retour au monde originel initié.]" C' était la fin. Une fin tragique pour l'architecte brillante que j'étais, désormais réduite à une âme errante piégée dans un mariage toxique. Dix jours plus tôt, l'appartement était silencieux à mon retour, mais une odeur, le parfum entêtant de Chloé, flottant dans l'air, m'a frappée de plein fouet. Mon cœur s'est serré, cette douleur sourde, familière, celle de trois années de mensonges et de trahisons. Sa grossesse, annoncée avec un sourire narquois, a été le coup de grâce, l'humiliation ultime. Au lieu du chagrin, j'ai ressenti une rage froide quand Chloé a versé de fausses larmes, affirmant que je l'avais poussée et lui avais fait perdre "notre" bébé. Le regard haineux de Marc, ses mots me traitant de « monstre », ses mains levées, m'ont brisée. Comment a-t-il pu croire un tel mensonge, après tout ce que nous avions traversé ? Alors que l'appartement tournait, le système m'a offert une issue. C'était mon anniversaire. Et j'ai souri, pour la première fois depuis des années, en lui souhaitant un "joyeux anniversaire" à moi-même, avant de sauter. Mais l'impact n'est jamais venu. J'étais libre. Deux ans plus tard, alors que je savourais enfin une vie paisible loin de ce cauchemar, la voix du système a de nouveau retenti, cette fois avec une urgence inédite : l'obsession de Marc pour moi, sa négation de ma disparition, un amour dément, menaçait de détruire son monde. J'étais forcée de revenir, cinq heures seulement, pour briser cette illusion et lui révéler la vérité glaçante de notre relation.

Introduction

Le vent glacial sifflait à mes oreilles, une mélodie stridente qui accompagnait ma chute du dix-neuvième étage.

Juste avant l' impact inévitable, une voix froide et mécanique a résonné dans mon esprit : "[Stabilisation du monde en cours... Jeanne Dubois quitte le monde C-789. Retour au monde originel initié.]" C' était la fin. Une fin tragique pour l'architecte brillante que j'étais, désormais réduite à une âme errante piégée dans un mariage toxique.

Dix jours plus tôt, l'appartement était silencieux à mon retour, mais une odeur, le parfum entêtant de Chloé, flottant dans l'air, m'a frappée de plein fouet. Mon cœur s'est serré, cette douleur sourde, familière, celle de trois années de mensonges et de trahisons. Sa grossesse, annoncée avec un sourire narquois, a été le coup de grâce, l'humiliation ultime.

Au lieu du chagrin, j'ai ressenti une rage froide quand Chloé a versé de fausses larmes, affirmant que je l'avais poussée et lui avais fait perdre "notre" bébé. Le regard haineux de Marc, ses mots me traitant de « monstre », ses mains levées, m'ont brisée. Comment a-t-il pu croire un tel mensonge, après tout ce que nous avions traversé ?

Alors que l'appartement tournait, le système m'a offert une issue. C'était mon anniversaire. Et j'ai souri, pour la première fois depuis des années, en lui souhaitant un "joyeux anniversaire" à moi-même, avant de sauter. Mais l'impact n'est jamais venu. J'étais libre.

Deux ans plus tard, alors que je savourais enfin une vie paisible loin de ce cauchemar, la voix du système a de nouveau retenti, cette fois avec une urgence inédite : l'obsession de Marc pour moi, sa négation de ma disparition, un amour dément, menaçait de détruire son monde. J'étais forcée de revenir, cinq heures seulement, pour briser cette illusion et lui révéler la vérité glaçante de notre relation.

Chapitre 1

Le vent glacial sifflait à mes oreilles, une mélodie stridente qui accompagnait ma chute. Mon corps tombait, encore et encore, depuis le dix-neuvième étage, une trajectoire inéluctable vers le sol en béton. Juste avant l'impact, une voix froide et mécanique a résonné dans mon esprit : [Stabilisation du monde en cours... Jeanne Dubois quitte le monde C-789. Retour au monde originel initié.]

C'était la fin.

Dix jours plus tôt, tout avait commencé.

Je suis rentrée à la maison ce soir-là, épuisée par une longue journée de travail. L'appartement était silencieux, sombre. Marc n'était pas encore là, comme d'habitude. J'ai allumé les lumières du salon, et l'odeur m'a frappée. Un parfum floral, sucré et entêtant, un parfum qui n'était pas le mien. Il flottait dans l'air, accroché aux coussins du canapé, aux rideaux. C'était le parfum de Chloé.

Mon cœur s'est serré, une douleur familière et sourde. J'ai marché jusqu'à la cuisine, j'ai bu un verre d'eau, mes mains tremblaient légèrement. J'ai attendu.

La porte s'est ouverte vers minuit. Marc est entré, son costume cher légèrement froissé. Il a jeté ses clés sur la table basse avec un bruit sec. Il ne m'a pas regardée.

« Tu n'es pas encore couchée ? » a-t-il demandé, sa voix plate.

« Où étais-tu ? »

Il a soupiré, un son d'exaspération pure.

« Au travail, Jeanne. Où veux-tu que je sois ? J'ai des affaires à gérer, des clients à voir. »

« Ton travail sent le parfum de Chloé maintenant ? »

Il s'est figé. Son regard s'est finalement posé sur moi, froid et dur.

« Arrête tes conneries. Je suis fatigué. »

Il a commencé à se diriger vers la chambre, mais je me suis mise sur son chemin. J'ai attrapé son bras.

« Ne me touche pas avec tes mensonges, Marc. Ça fait trois ans. Trois ans que tu me trompes avec elle. Tu crois que je suis stupide ? »

La colère a déformé ses traits habituellement charmants. Il a arraché son bras de ma prise avec une telle violence que j'ai trébuché en arrière.

« Stupide ? Non. Juste pathétique. Regarde-toi. Tu es obsédée. »

Ses mots m'ont frappée plus durement que son geste. Je me suis dirigée vers le grand miroir du couloir. Le reflet qui me fixait était celui d'une femme que je reconnaissais à peine. Jeanne Dubois, l'architecte brillante, n'était plus là. À sa place se tenait une femme au visage tiré, aux yeux cernés par le manque de sommeil et les larmes. Mes cheveux, autrefois soignés, étaient ternes. J'avais perdu du poids, mes pommettes saillantes rendaient mon visage anguleux et dur. L'image de Chloé m'est venue à l'esprit, son visage jeune, sa peau fraîche, son rire insouciant. Elle était la vitalité même, alors que j'étais le déclin.

Marc s'est approché de moi par derrière. Il a posé ses mains sur mes épaules, son souffle chaud sur mon cou. C'était un geste qu'il voulait tendre, mais son contact me donnait la nausée. Je pouvais sentir l'odeur de l'autre femme sur sa peau, sous ses vêtements.

« Écoute, chérie, » a-t-il murmuré, sa voix soudainement douce, mielleuse. « C'était juste un dîner d'affaires. Tu sais comment sont ces jeunes artistes, elles se parfument trop. Ça ne veut rien dire. »

Je n'ai pas répondu. J'ai juste senti une vague de dégoût monter en moi, si forte que j'ai cru que j'allais vomir. J'ai repoussé ses mains et je me suis éloignée de lui, me dirigeant vers la fenêtre du salon.

« Sors, » ai-je dit, ma voix un murmure rauque.

« Quoi ? »

« Sors de cet appartement. Va la retrouver. Je ne veux plus te voir ce soir. »

Il a ri, un rire sec et sans joie.

« C'est ma maison aussi, Jeanne. Je ne vais nulle part. »

C'est à ce moment-là que la voix est revenue, pour la première fois depuis des années. Une voix neutre, sans émotion, directement dans ma tête.

[Jeanne Dubois, le contrat est sur le point d'expirer. Souhaitez-vous activer le protocole de retour ?]

J'ai fermé les yeux. Le système. L'entité qui m'avait amenée ici. Je n'étais pas de ce monde. J'étais une « exécutante de tâches », une âme errante envoyée dans des mondes parallèles pour accomplir des missions. Ma mission dans ce monde était simple : aider un jeune homme prometteur mais autodestructeur, Marc Moreau, à surmonter ses démons et à réussir. Je l'avais fait. Je l'avais aidé à construire son empire. Et en chemin, je suis tombée amoureuse de lui. J'ai demandé au système de rester, de renoncer à mon retour et à mes récompenses pour vivre une vie avec lui. Le système avait accepté, à une condition : si l'amour qui me liait à ce monde disparaissait, le portail de retour se rouvrirait.

Et cet amour était mort. Il était mort il y a trois ans, le jour où j'ai trouvé le premier message de Chloé sur son téléphone. Il a été enterré sous des couches de mensonges, de mépris et de trahison. Marc avait tué notre amour, et avec lui, la raison de ma présence ici.

Chapitre 2

Le souvenir de ce jour était gravé dans ma mémoire, une cicatrice qui ne guérissait jamais. C'était un samedi après-midi. Marc était sous la douche. Son téléphone, posé sur la table de chevet, a vibré. Un message s'est affiché sur l'écran verrouillé. "J'ai adoré hier soir. J'ai encore ton odeur sur moi. Chloé."

Je me souviens avoir fixé le téléphone, le nom et les mots dansant devant mes yeux. Mon souffle s'est bloqué dans ma poitrine. Ce n'était pas une de ses collègues. Ce n'était pas une cliente. Le message était intime, sans équivoque. J'ai pris le téléphone, mes doigts tremblants. Il n'était pas verrouillé. J'ai ouvert leurs conversations. Des semaines, des mois de messages. Des photos. Des projets. Des mots d'amour. "Mon amour." "Tu me manques." Des détails sur leurs rencontres, leurs nuits.

L'air m'a manqué. Je me suis assise sur le bord du lit, le téléphone serré dans ma main. Le monde autour de moi s'est écroulé. Le son de la douche s'est arrêté. Marc est sorti de la salle de bain, une serviette nouée autour de sa taille, les cheveux mouillés. Il fredonnait. Il a vu mon visage, il a vu le téléphone dans ma main. Son sourire s'est évanoui.

« Jeanne... » a-t-il commencé.

Je n'ai pas pu parler. J'ai juste levé le téléphone, l'écran allumé sur une de leurs photos, Chloé l'embrassant sur la joue dans un bar. La panique a traversé ses yeux, suivie rapidement par un masque de regret calculé. Il s'est agenouillé devant moi.

« Je suis désolé, » a-t-il dit, essayant de prendre mes mains. « C'est une erreur. Ça ne signifie rien. C'est toi que j'aime. »

J'ai éclaté en sanglots, des sanglots violents et incontrôlables qui secouaient tout mon corps. Il a continué à parler, à promettre, à jurer. Il a dit qu'il allait la quitter, qu'il ne la reverrait plus jamais. J'ai voulu le croire. Une partie de moi, désespérée, s'est accrochée à ses mots.

Il ne l'a jamais quittée.

Notre mariage est devenu une façade. Nous vivions sous le même toit, nous dormions dans le même lit, mais un gouffre nous séparait. L'amour avait pourri, laissant derrière lui une carcasse vide que nous nous efforcions de maintenir debout pour les apparences. Pour nos amis, pour sa carrière. Un homme d'affaires prospère comme Marc Moreau se devait d'avoir une vie de famille stable. Une femme architecte à ses côtés était un atout.

Les trois années qui ont suivi ont été un long supplice. Les disputes sont devenues notre seule forme de communication. Des disputes épuisantes, répétitives. Je criais, je pleurais, je l'accusais. Il niait, se mettait en colère, me traitait de folle, de paranoïaque. Parfois, il admettait, mais minimisait toujours. "Ce n'est que du sexe." "Elle ne compte pas." Chaque mot était un coup de plus, usant ma résistance, mon âme. C'était comme être lentement découpée par une lame émoussée. La douleur était constante, sourde, et elle ne finissait jamais.

Et puis, ce soir-là, après notre dernière confrontation, la voix du système est revenue.

[Jeanne Dubois, le portail de retour est de nouveau disponible.]

[Temps restant avant la fermeture définitive du portail : dix jours.]

Une porte de sortie. Une échappatoire. Pour la première fois depuis trois ans, un filet de lumière a percé l'obscurité. Je n'avais plus à endurer ça. Je pouvais partir. Je pouvais rentrer chez moi.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022