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Choix 2 Vies

Choix 2 Vies

Auteur:: Soxna Maï
Genre: Moderne
L'Homme a tendance à croire toujours qu'il a le temps. Le temps de réparer, de revenir, de choisir mieux. Mais quand le passé et le présent s'entrechoquent, il ne reste qu'un seul mot : conséquences. Choix 2 vies, c'est l'histoire de ceux qui pensaient contrôler leur destin... jusqu'à ce que la vie décide à leur place comme Yama et Amina, chacune confrontée à ses propres choix et à ses dilemmes et... son cœur. Et toi, tu ferais quoi, si ton cœur te tirait dans deux directions ?

Chapitre 1 PROLOGUE

***YAMA KHADY MAR DIAGNE***

Je balayais le sol de la cuisine d'un air las lorsque j'entendis la porte s'ouvrir bruyamment, puis se refermer. Mes yeux se levèrent pour découvrir la silhouette d'Amina, ma belle-sœur, qui faisait son entrée pour la énième fois dans la pièce.

Son regard hautain était dissimulé derrière des lunettes de soleil tandis qu'elle portait un sac à dos en cuir.

Elle me jeta un coup d'œil méprisant avant de se diriger vers le réfrigérateur. Agacée par ses allers-retours incessants sans but précis, je lui demandai d'une voix calme mais trahissant ma sérénité :

-Mais Amina, peux-tu s'il te plaît t'asseoir et me laisser terminer le nettoyage ici ? Tu n'arrêtes pas de faire des allers-retours sans chercher quoi que ce soit.

Elle fit volte-face une fois de plus, croisant les bras sur sa poitrine tandis qu'elle tenait une bouteille d'eau fraîche d'une main. D'un ton méprisant, elle répliqua :

-Ce n'est pas mon problème. Nous t'avons engagée en tant qu'aide-ménagère, alors fais ton travail et ne me dérange pas.

Elle ouvrit ensuite le bouchon de la bouteille, le jeta négligemment par terre sous mon regard persistant, et prit une bonne gorgée d'eau. Avec un soupçon de malice dans les yeux, elle renversa ensuite une bonne quantité d'eau sur le sol, feignant d'avoir l'air désolée.

-Oh, oups !

Son comportement commençait vraiment à me mettre hors de moi. Je me dirigeai alors vers elle, telle une lionne furieuse, et lui assénai une gifle retentissante.

Choquée et en colère, elle poussa un cri strident

-Espèce de bonne à rien, tu oses me frapper ! Tu vas le regretter amèrement aujourd'hui. Tu as oublié ce que je t'ai dit ?

Pleine de rage, je lui répliquai, tremblante de colère :

-Viens donc, je t'attends de pied ferme. Déjà tu ne fais rien dans cette maison, et quand quelqu'un fait quelque chose, tu salis tout. Tu crois être fière de ton fameux slogan : 'Si jamais un jour le diable me pousse à lever la main sur toi, je préférerais mourir plutôt que de vivre avec ça'. Alors viens !

Nos voix résonnèrent à travers la maison, attirant l'attention de ma belle-mère et de ma belle-sœur qui apparurent simultanément dans le cadre de la porte.

-Que se passe-t-il encore ici ? Vous ne changerez jamais, surtout toi Yama. Des disputes jour et nuit ! Rétorqua ma belle-mère, exprimant son exaspération.

Une honte m'envahit, car à chaque fois, Amina trouvait le moyen de me pousser à bout et, au lieu de résister à ses provocations, je finissais par craquer.

-Maman, je suis désolée une fois de plus. Comme d'habitude, c'est moi qui demande pardon, même si je ne suis pas fautive, dis-je d'un ton empreint de tristesse. Je me sens oppressée ici, je nettoie, je m'occupe de tout pendant qu'elle ne fait rien. Je lave même la cuillère dont elle se sert pour manger, ce qui n'est pas normal. Et je n'ai jamais bronché pour cela mais cela suffit. Puisqu'il en est ainsi, je vais rentrer chez ma mère jusqu'au retour de mon mari. Excusez-moi.

Les larmes aux yeux, je quittai la cuisine pour me diriger vers ma chambre. Dans le couloir, je pouvais clairement entendre la voix de Fifi teintée de colère qui s'élèvait sur sa petite sœur et cette dernière lui répondre, faisant éclater entre elles une dispute. Mais je ne m'en souciai pas tant que ça et continuai ma route dans ma chambre.

Une fois à l'intérieur, je pris mes valises et y rangeai quelques affaires. Mon regard se posa une dernière fois sur la photo de Bireume et moi, prise le jour de notre mariage. Son sourire, ses bras autour de moi, ses mots d'amour résonnaient encore dans ma mémoire. Je soupirai et glissai la photo dans mon sac.

Cette décision déchirait mon cœur, mais je n'avais pas le choix. Cela faisait près d'un an que j'étais mariée à Bireume et que je vivais dans cette maison avec sa mère et ses deux sœurs dont Amina. Mais cette dernière ne me laissait aucun répit.

Elle prétendait que Bireume m'avait épousée avec l'argent de leur héritage, ce qu'on appelle ici au Sénégal "Mbirass", et qu'il était parti en Europe avec cet même argent. Que des foutaises !

Pourquoi Bireume ferait-il cela ? Pourquoi me mentirait il sur une chose aussi importante, sachant combien je déteste les mensonges ? Il est parti et m'a promis de revenir me chercher dès qu'il aurait trouvé un travail stable là-bas.

Il m'a dit qu'il voulait nous offrir une vie meilleure, loin de la misère et des soucis.

Mais alors, pourquoi n'ai-je plus de ses nouvelles ? Pourquoi ne répond-il plus à mes appels, à mes messages ? Pourquoi ne m'envoie-t-il plus d'argent pour subvenir à mes besoins ? Pourquoi me laisse-t-il seule face à sa famille hostile ? Pourquoi me fait-il souffrir ainsi ?

Vous me demanderez alors pourquoi je persiste à rester dans ce mariage incertain. Je ne sais pas. Je le regrette même, sincèrement.

Mais je garde espoir. Peut-être qu'un jour, il reviendra me chercher. Oui, peut-être qu'un jour, il m'expliquera tout. Peut-être qu'un jour, il me dira qu'il m'aime toujours.

Peut-être qu'un jour...

~~~~~~~~~~~~~~~~

Une petite présentation s'impose non ? Je m'appelle YAMA KHADY MAR DIAGNE, une jeune femme de 27 ans, issue d'une famille aisée. J'ai une sœur unique, AÏSHA DIAGNE, âgée de 25 ans, qui, grâce à notre mère, a réussi à ouvrir sa propre boutique de cosmétiques. Al-hamdoulilah, elle prospère dans son entreprise.

Notre mère, COURA SARR, est une directrice de banque respectée, âgée de 39 ans. Nos relations étaient harmonieuses, mais elles se sont malheureusement détériorées depuis mon mariage.

Mon père, ÉLIMANE DIAGNE, 43 ans, est l'incarnation du gentleman et un père exemplaire. Malgré les tensions, lui et Aïsha restent mes piliers de soutien. Une meilleure amie, SOKHNA DIARRA TAVARÉZ, avocate de 26 ans, a également pris ses distances suite à mes choix personnels.

Ma belle-famille

Mon époux, BIREUME SALL, est l'unique homme de sa fratrie. À 30 ans, il a entrepris un voyage en Europe il y a six mois.

FIFI SALL, la grande sœur de Bireume, est un véritable ange. Directe et sincère, elle vend du poisson au Marché de Yoff. Malgré son métier humble, elle est d'une grande élégance.

NDEYE LISOUNE MBODJ, ma belle-mère de 45 ans, est une femme pieuse et généreuse. Cependant, je dois admettre qu'elle peut être quelque peu naïve. Elle a tendance à réagir impulsivement sans chercher à comprendre les circonstances.

Mon beau-père nous a quittés, et je prie pour que son âme repose en paix au paradis. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de le connaître.

Enfin, AMINA SALL, la cadette de la famille, est un personnage haut en couleur. À 24 ans, elle travaille dans un bar la nuit, un secret bien gardé au sein de la famille et que je suis la seule à connaître.

Chapitre 2 Un

***VOIX EXTERNE***

Dans la solitude de sa chambre, Yama se tenait debout, une valise ouverte à ses pieds. Ses mains, agitées par un tremblement imperceptible, pliaient machinalement ses vêtements, tandis que des larmes brûlantes sillonnaient ses joues.

Chaque goutte était un mot muet de son cœur, un cri silencieux de sa douleur et de sa défaite.

La perspective de confronter les réprimandes de sa mère et de Sokhna, qui avaient accueilli son union avec Bireume avec tant de réticence, lui serrait l'estomac.

Elle se sentait comme si elle avait perdu une guerre sans jamais avoir eu la chance de lutter, et cette pensée lancinante la tourmentait incessamment

Pourtant, demeurer en ces lieux n'était plus une option viable ; la présence d'Alima planait comme une menace sourde, un péril qui menaçait de basculer à tout instant en une tragédie irréversible.

Toc, toc, toc

La porte s'ouvrit doucement, révélant Ndeye Lisoune, la belle-mère de Yama, accompagnée de sa fille Fifi. Leurs silhouettes se dessinaient dans l'embrasure, interrompant les pensées sombres de Yama.

-'Ay sama doom bi, boul déf lou niaw kholatal li nguay déf da ngua beug sa noone yi dila ré khana. Diap si té nga xolsi sa dieukeur dji di Bireume'

« Ma fille, ne fais pas ça. Réfléchis à ce que tu fais, s'il te plaît. Tu ne veux pas laisser tes ennemis triompher de toi et se réjouir. Pense à ton mari, qui t'a amenée ici », dit-elle, tendant ses deux mains vers Yama pour la supplier.

-Maman, je suis désolée, mais j'ai pris ma décision. Je suis à bout, épuisée par ces disputes incessantes avec Amina. Elle me hait pour des raisons qui m'échappent, pour des secrets enfouis que même le temps semble avoir oublié. Et si nous continuons sur cette voie, je crains que nous ne franchissions un seuil d'où l'on ne revient pas. Donc, pour le bien de tous, il vaut mieux que je m'en aille.

Elle essuya ses larmes d'un geste rageur, ses doigts tremblants témoignant de la tension qui l'habitait. Elle se retourna brusquement, reprenant ses gestes méthodiques pour empiler ses affaires dans la valise ouverte.

Ndeye Lisoune, sa belle-mère mère, désemparée, cherchait désespérément les mots à dire. Yama n'était pas seulement une belle-fille, elle était devenue une part d'elle-même. Mais parfois, même l'amour le plus profond ne peut suffire à colmater les fissures qui se sont formées.

C'est alors que Fifi intervint, sa voix claire tranchant le silence :

-Je ne te contredirai pas, Yama, car je connais les épreuves que tu as endurées sous ce toit. 'Neixal ngua neixal ba soneu wayei nak ndimbeul mom na sa fékk lokhoy borom. Beine mbiir rék laleu beug wakh moy ko ngua togu ba dal so paré nak boula neixé meune ngua dém !'

« Tu as tenté de t'adapter, de plaire, mais l'aide ne vient que lorsque l'on s'aide soi-même. Je te demande juste une chose, si tu peux me l'accorder. Assieds-toi, apaise ton esprit, et ensuite, si tu le souhaites, pars. »

Le regard de leur mère se durcit, mais elle garda le silence. La franchise habituellement louée de Fifi semblait aujourd'hui moins appréciée, bien qu'elle ne fût pas contestée.

Elles quittèrent par la suite la pièce, laissant Yama seule avec ses pensées. Beaucoup attendaient ce jour avec impatience, notamment sa mère et son amie Sokhna, comme l'avait souligné sa belle-mère.

Pourtant, Yama se trouvait à la croisée des chemins, face à un choix déchirant : rester et subir les coups bas d'Amina, ou retourner chez sa mère pour épouser l'ami de celle-ci, un homme dont la fortune n'avait d'égal que son âge avancé.

Elle ferma sa valise avec une finalité silencieuse, puis s'effondra sur son lit, vaincue par l'ampleur de sa situation. Elle décida de se reposer, espérant que le sommeil lui apporterait la clarté nécessaire pour une décision définitive.

~~~~~~~~~~~~~~~

*Quelques heures plus tard*

Yama se réveilla avec un état d'esprit complètement différent. Elle avait l'impression d'avoir dormi trop longtemps, comme si le sommeil avait été une échappatoire à ses soucis.

Son premier réflexe fut de regarder l'heure sur son téléphone portable, et elle constata qu'il était déjà dix-sept heures passées, l'heure à laquelle la prière de Asr est accomplie.

Se levant de son lit, Yama sentit les propos de sa belle-mère résonner à nouveau dans sa mémoire. Elle les refoula et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche et accomplir ses ablutions, se préparant ainsi pour la prière.

Cette dernière était son refuge face aux douleurs qu'elle pouvait ressentir. C'était un moment où elle se sentait véritablement proche d'Allah.

Chaque mouvement, chaque parole prononcée pendant la prière lui apportait un apaisement intérieur, une force et une sérénité qui lui permettaient de faire face à toutes les épreuves de la vie.

Une fois prête, elle défit ses valises. Sa décision était prise : elle ne quitterait pas la maison. Malgré les difficultés et les tensions familiales, elle était déterminée à rester, à affronter les défis et à trouver sa place.

« Je ne laisserai pas Amina me faire fuir. Je suis déterminée à rester ici, » se dit-elle avec conviction, prête à faire face à tout ce qui viendrait sur son chemin.

***AMINA SALL***

Aujourd'hui, j'ai vécu l'humiliation la plus marquante de ma vie. Je suis encore sous le choc.

Comment a-t-elle osé lever sa main sur moi ?

Même mes parents, malgré leurs défauts, n'ont jamais franchi cette ligne. Alors comment une personne aussi méprisable a-t-elle pu se permettre de tels gestes ?

À ces simples pensées, une vague de colère dévastatrice a submergé tout mon être et, l'envie de lui rendre la pareille tournait en boucle dans ma tête, comme un mantra incessant.

Mon cœur battait à tout rompre et mes mains tremblaient.

Cette bâtarde ne me connaît même pas, mais elle ose quand même s'en prendre à moi. Dinako tégual lou méti si gallé gui, hum. (Je vais lui faire vivre l'enfer dans cette maison, hum.)

Soudain, une voix résonna dans la pièce, brisant le silence.

?!: Hé, boy, ça suffit maintenant, ya ngui door sank ba lègui. (Tu ne t'arrêtes pas de fumer depuis tout à l'heure.)

Je me trouvais dans la maison de Max, mon fournisseur de joints, un personnage à la fois mystérieux et intrigant.

Malgré l'interdiction du cannabis et du chanvre indien dans ce pays, il réussissait toujours à s'en procurer sans trop de problèmes.

Son appartement était un véritable sanctuaire pour les défenseurs de la fumette, un havre de paix où les tabous s'évaporaient dans la fumée.

Oui, je m'adonnais à des plaisirs interdits par l'islam, des activités clandestines qui m'éloignaient du chemin de la vertu.

La prostitution, la fumée enivrante du cannabis, parfois même l'alcool, tout cela faisait partie de mon quotidien.

Mais je gardais ces péchés soigneusement dissimulés, loin des regards curieux de ma famille.

-Tu m'écoutes là ?!

Moi: Sheuut Max, c'est ton argent ou le mien ?

Demandai-je d'une voix légèrement altérée, mes mots se mêlant dans une cadence défoncée.

Fameux Max: C'est le tien, mais...

Moi: Alors laisse-moi tranquille, c'est mon problème si je fume, ok ? Ishh loy def ni, hablar rek. (Tu parles trop !)

Fameux Max : Dans ce cas alors, va dehors pour fumer.

Moi : C'est ici que je vais le faire, nak. Ya salam way. (Fous-moi la paix, tu veux.)

Il me fixa pendant plusieurs instants, laissant échapper un mince sourire moqueur au coin de ses lèvres. Puis il abandonna ce qu'il était en train de faire, sortit de la chambre et me laissa seule sans chercher à insister.

D*mn !

Quand je me laissais aller à fumer trop, mon esprit s'évadait vers d'autres sphères. C'est pourquoi je m'exprimais de cette manière, dans un langage à part.

Et quand j'abusais de l'alcool, c'était encore pire. Cependant, je m'assurais toujours de ne pas rentrer chez moi ensuite, pour éviter les regards suspicieux.

Je n'avais jamais voulu dévier du droit chemin, mais les tourments de ma vie avaient fini par me submerger.

Autrefois, j'étais une jeune fille travailleuse, ambitieuse et surtout, surtout très réservée et discrète. J'avais des rêves plein la tête, des désirs les plus fous que je voulais ardemment réaliser.

Mais il a fallu que mon satané frère vienne tout gâcher. J'avais misé sur le partage de l'héritage, espérant obtenir ma part pour donner vie à mes aspirations. Et qu'ai-je obtenu en retour ? Rien du tout !

Ma famille a décidé de me reléguer au second plan, ignorant mes rêves et mes sentiments.

Enfin bon...

À présent, une seule chose compte : cette Yama va payer pour ce qu'elle vient de me faire. Je le jure sur la tête de mon défunt père, que d'ailleurs je déteste plus que tout au monde.

***NDEYE LISOUNE MBODJ***

Je suis dans le salon avec ma belle-fille et ma fille en train de regarder la télévision. Il était presque minuit, mais il n'y avait toujours pas trace d'Amina, et cela commençait réellement à m'inquiéter.

Habituellement, je m'abandonne aux bras de Morphée dès que le crépuscule peint le ciel, mais ce soir, une anxiété tenace me tient éveillée.

C'est vrai qu'habituellement je m'abandonne aux bras de Morphée dès que le crépuscule peint le ciel, mais à chaque heure de la nuit, je me levais pour vérifier si l'une d'elles n'était pas sortie et, jusqu'à présent, Al-hamdoulilah, cette crainte ne s'est jamais concrétisée.

Même si Amina est têtue et obstinée, je lui ai inculqué de bonnes manières, et je suis certaine qu'elle ne fera jamais ni ne dira quelque chose qui nuira à notre petite famille.

-'Yaye, Fifi ma ngui teudi, fanane léne ak diam' (Je vais aller me coucher. Passez une bonne nuit), nous dit Yama en se levant du canapé.

-Waw ba soubak diam in shaa allah' (D'accord, à demain in shaa allah. Passe une paisible nuit toi aussi.), lui répondit Fifi.

Quant à moi, je hochai vivement la tête en guise de réponse, mes lèvres silencieuses alors que mes doigts continuaient de compter frénétiquement les perles de mon chapelet.

Mon regard la suivit jusqu'à ce qu'elle disparaisse de mon champ de vision, et aussitôt, je secouai la tête avec une légère tristesse mêlée de compassion.

Je ne pouvais m'empêcher de ressentir une profonde empathie envers cette jeune femme. Depuis le départ de mon cher fils bien-aimé, Bireume, vers l'Europe, Yama n'a jamais baissé les bras.

Elle continue de se battre avec une détermination inébranlable, portée par l'amour indéfectible qu'elle lui voue. Et le simple fait de la voir si endurante et stoïque me rend à la fois émue et fière d'elle.

In shaa allah, si mon fils revient en pleine forme, il la chérira avec toute la tendresse et la protection qu'on réserve à un enfant de deux ans

Alors que je me perds dans mes pensées, la voix de Fifi m'interrompt doucement.

-Maman !

Je conclus alors mes azkars pour pouvoir lui accorder mon attention.

-Oui.

-'Guinaw Yama dém na teudi wakh ak yaw nak diot na. Guiss ngua ame goora bou mélni diaféna fi diamano bi niou tolou ni, Yama limou niouy mougneul ni amana boudone kénéne dou démé ni motax nak ma beug ngua wakh ak Amina. Yaye Amina yakouna, réw na, amoul yarr si kéne té niit nak bo deuké ak mom da ngua koye wakh deug ba paré boul faté k ni eulëk dou agn dou rérr wayei lou mata sédeu la. Eulëk si katanou yalla da niouy seuyi ame souniou keur, té nak beugouniou surtout mane beugouma sama rakou dieukeur dima def ni kone nak defal sa waref. Diégalou nak si kadou yi bou khawé niagass'

« Maman, je voudrais avoir une petite discussion avec toi, ou plutôt te dire deux mots sur les choses qui se passent depuis quelques temps dans cette maison ! Heureusement, Yama n'est pas là pour entendre ce que j'ai à dire, car la gêne m'aurait empêchée de trouver les mots justes devant elle. Maman, nous devons vraiment remercier Dieu de nous avoir accorder une belle-fille comme elle, car oui, c'est une grande bénédiction que nous avons eue, surtout dans ce monde d'aujourd'hui. Tout ce qu'elle endure, peut-être que si c'était quelqu'un d'autre, ça ne se passerait pas ainsi. C'est pourquoi je pense que tu devrais parler avec Amina. Maman, je n'ai pas besoin de te rappeler à quel point le comportement d'Amina est inacceptable, alors que tout se déroule sous tes yeux. Mais tu fais comme si tu ne voyais rien. Tu as bien remarqué les persécutions qu'elle fait subir à Yama, en l'accusant à tort et à travers d'une chose dont elle ne connaît pas les vraies raisons et pour laquelle Yama n'est en aucun cas responsable. Il est temps de parler avec elle, car après tout, tu es la matriache, notre responsable dans cette maison. L'avenir est un mystère que seul le Divin peut dévoiler, et nous, ses filles, aspirons à un lendemain serein. Si Dieu le veut, nous connaîtrons le mariage, et je prie pour que jamais la sœur de mon futur époux ne me regarde avec les yeux d'Amina. Alors s'il te plaît, fais ton devoir. Pardonne-moi si mes mots semblent déplacés, mais tu sais que je suis franche et directe », déclara-t-elle avec une sincérité désarmante.

Je reste muette, laissant ses mots traverser l'antichambre de mes oreilles pour se nicher au plus profond de mon cœur. La vérité de ses paroles me laisse sans voix, admirative de sa maturité et de sa clairvoyance.

Contrairement à sa cadette, Fifi n'a jamais été source de plaintes. Sa franchise, sa maturité et son bon sens font d'elle la plus raisonnable d'entre nous.

Elle se lèva ensuite, me souhaitant une bonne nuit avant de disparaître derrière la porte d'entrée.

Quant à Amina, je crains qu'elle ne finisse par semer la discorde dans notre quartier. Il est temps que j'appelle son oncle pour qu'il lui parle. Je ne veux pas, le jour du jugement dernier, être confrontée à cette question cruciale : Comment ai-je éduqué mes enfants ? et me retrouver sans réponse face à mon Seigneur.

Avant de me coucher, je priai deux rakkas supplémentaires, demandant à Dieu de guider Amina sur le bon chemin. Demain serait un nouveau jour, une nouvelle opportunité de rectifier les choses.

_______________

À suivre....

Chapitre 3 Deux

Al-hamdoulilah !

À chaque fois que j'ouvre mes yeux, je rends toujours grâce à Dieu pour m'avoir accorder un sommeil sans problème. Et tout musulman devrait faire ça.

Combien de personnes se couchent le soir et ne se réveillent pas le matin ? Combien de personnes se trouvent à l'hôpital à l'heure où nous sommes à cause d'une simple paralysie qui arrive subitement sans prévenir ?

Alors pourquoi nous qui avons la chance de se réveiller en bon état, sans aucune dommage ne pouvons nous pas remercier le Tout Puissant ? L'Ange de la mort n'envoie pas de messages pour prévenir. Il vient quand il veut et repart quand il le souhaite.

Bref.... Je m'étire longuement avant de mettre un pied hors du lit. Un cri aigu sort de ma bouche.

Moi: AAAHHHHHHHHHH.......

Mon pied est devenu rouge à la minute qui suit. Je baisse la tête pour remarquer des tessons de verres éparpillées tout au long des carreaux.

Subitement, mon cœur battait follement dans ma poitrine et une peur bleue envahit tout mon être. Je vois Fifi qui ouvre la porte de la chambre avec rapidité et se dirige vers moi.

Fifi: Qu'est ce qui se......

Sa phrase reste inachevée dès qu'elle a vu le sang qui giclé sur le sol. Elle comprenait aucunement ce qui se passe, pareille pour moi aussi. On aurait dit qu'un fantôme invisible est parmi nous. C'est le tour de ma belle-mère de venir pour s'enquérir. Avec hâte et fougue, elle pousse le rideau, et reste ébahie.

Ma belle-mère: Bismilahi rah'mani Rahim....mais qu'est ce qui s'est passé ma fille?

Moi: Je......ne....je...

Ce sont les seuls mots qui pouvaient sortir de ma bouche. Mes pleurs se doublèrent à cause de la douleur qui devenait un peu atroce et me tenailler le cœur.

Ma tête commençait à tourner pour je ne sais quelle raison.

Fifi: Mon Dieu mais tu perds beaucoup de sang. Allons vite à l'hôpital. Intervient-elle en enroulant autour de mon pied un morceau de tissu pour stopper le jaillissement.

Avec beaucoup de difficultés, j'ai réussis à troquer ma robe de chambre pour une robe en wax très ample. Entre-temps, Fifi avait appelé un taxi dans lequel je m'engrouffre.

***VOIX EXTERNE

La quiétude qui régnait dans la demeure de Mame Lisoune s'évada quand Amina entra avec une mauvaise mine. Elle venait de boire jusqu'à ne plus savoir où est-ce qu'elle mettait les pieds.

Elle chantonnait comme une casserole tout en trimballant de gauche à droite.

Amina: Bitch better have my money.....y'all should know me well enough bitch better have my moneyyyyyy....please don't call me and my bluff lay me what you owe meeeeeeee.....Ballin' bigger than LeBron bitch give me your money who y'all think y'all frontin' on ? Like brrap, brrap, brrap....

Ses mouvements maladroits étaient en parfaite osmose avec le bruit sonore que faisait ses talons. Elle tournoyait sur elle-même et se dirige vers l'arbre qui était planté dans la cour de la maison, tout en se frottant sur lui comme la stripteaseuse qu'elle est.

Amina: Louis XIII and it's all on me, nigga you just bought a shot Kamikaze if you think that you gon' knock me off the top.....shiiiitttt your wife in the backseat of my brand new foreign car.....don't act like you forgot I call the shots shots shotssssssssssssssssssss like brrap, brrap, brrap, pay me what you owe me don't act like you forgot. Bitch better have my money ! Bitch better have my money ! Pay me what you owe meeeeeee.......

Après s'être déchargée de toute son énergie et rigolé jusqu'à en perde haleine, elle va dans sa chambre pour reposer ses neurones.

* * *

À l'intérieur du clinique de l'Amitié plus précisément dans la salle 187 se trouvait la mére de Yama qui, dès qu'elle a été mis au courant de la situation par Fifi est venue de suite accompagnée de Aïsha.

Depuis un moment, elle n'arrête pas de parlotter sans trêve ni repos.

La mère de Yama : Je t'avais prévenu mais tu n'as pas voulu m'écouter. Maintenant en voilà les conséquences. Dit-elle en lançant des scarfaces à Mame Lisoune.

Aïsha: Yama tu sais pas d'où vient ces tessons de verres ? Demanda sa sœur pour changer de sujet.

YamaJe n'en ai aucune idée. Je me souviens même pas avoir renversé quelque chose de cassable. Répondit-elle le visage fatigué.

Aïsha: C'est bizarre en tout cas.

La mère de Yama: Tu ne sauras jamais mom. Reprit sa mére.

Fifi qui depuis, a essayé de garder son self control s'est levée pour rentrer.

Fifi: Yama je vais aller à la maison. Je reviendrai plus tard. Maman on y va ? Fit-elle.

Mame Lisoune: Oui. Ma fille repose toi bien.

Yama: D'accord maman.

Dés qu'elles ont eu le dos tourné, Coura a chuchoté doucement une phrase à l'oreille de sa fille cadette.

La mère de Yama: Daniou dém kay maxala ay deumb laniou(Elles vont partir puisqu'elles sont des démons).

Aïsha: Ayyyyyy Maa. Comment peux-tu sortir de tels mots dans ta bouche ? Reprocha cette dernière.

Elle roule des yeux en remettant son col son épaule gauche.

Yama: Ngua yakarni que yaye nila wara comporter wo. Sa souné rék, ya ngui may toutél sama ndawlé yi. Roussoulo dara si sa adina. Décision bouma dieul rék fok ni warr nguasi andak mane ngua khepeu si souf ni douma si dal. Iow dal da ngua beug niouy déf li ngua beug, di wakh lila néxx mélni nioune amouniou doundou. Pour mane nak xamouma Aïsha wayé sama doundou doko dirigé comme que beugouloma lima beug bayéma ni. (Tu crois qu'une mère doit avoir cet comportement ? À chaque fois que je te vois, tu m'humilies devant mes semblables. Tu n'as honte de rien dans ta vie Maman ! Toujours t'es là à contredire les décisions que je prends. Tu veux qu'on exécute tous tes désirs sans broncher comme si nous avons pas de vie nous. Une chose est sûre, je ne sais pas pour Aïsha mais pour ma part, je ne vais pas te permettre de diriger MA VIE et puisque tu ne veux nullement accepter le choix que j'ai fais laissemoi comme ça), lui dit-elle en colère.

La mère de Yama: Heureuse de savoir que tu campes toujours sur ton choix de merde. Désormais je ne vais plus me mêler de tes problèmes. Et je te jure que même si tu meurs dans cette maison, je ne serai pas à ton enterrement. Démal nak aduna ngui sa kanam. Téré téré mou teu bayil mou dém (Qui vivra verra !)

Après cela, elle prend son sac à main avec virulence et s'en va ne manquant pas de laisser la porte claquer. Yama resta éberluer et regarder la porte tout en ayant pour espoir qu'elle va encore s'ouvrir sur sa mére. Certes avec tous les défauts qu'elle a, elle est et restera sa mére.

Celle qui l'a enfanté et nourri pendant des années. Celle qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Un sentiment de regret commença à s'implanter dans son cœur. Elle se recroqueville sur elle-même en position fœtale, laissant cours à ses larmes.

Aïsha: Ne pleure pas. Elle est juste fâchée mais ça va lui passé t'inquiète. La consola sa petite sœur.

Yama: Je regrette de lui avoir dit ces mots....sniff....je te jure que je regrette.....

Aïsha: Je sais ça. Essaie de te reposer et oublie t'es encore faible. Je vais lui parler et elle va revenir sur de meilleurs sentiments. Aïsha est restée plus d'une trentaine de minutes avec elle avant qu'elle ne dort.

Après avoir réarrangé le coussin, elle sort pour aller au cafétéria.

***FIFI SALL

Depuis qu'on est rentré de l'hôpital, ma mère et moi restâmes coi dans une seule position et regardons les vêtements de Yama qui sont par terre disséminer ça et là. Aussi ses boites de bijoux étaient vides.

Ma mère: Fifi qui a fait ça ? Qui a bien pu défoncé l'armoire ? Me questionna ma mére la voix inquiète.

Moi: Je ne sais pas. J'avais fermé toutes les portes à clé quand on partait. Lui répondis-je en haussant les épaules.

Ma mère: Tu ne penses pas que....A.....amina y es pour quelque chose ?

Moi: Ah non non. C'est vrai quelle est bornée et insolente mais elle n'est pas capable d'une telle chose. Répliquai-je du tic au tac.

À vrai dire je n'étais pas totalement sûre de ce que j'avance mais je ne pouvais pas la prendre comme étant responsable.

D'autant plus, qu'elle n'est même pas là. -Maintenant que va-t-on dire à Yama ? Que va-t-on lui dire nom de Dieu ? Je mis mes deux mains sous mon menton ne savant pas comment réagir face à une telle situation. J'étais hyper soucieuse..... Bon Dieu que faire maintenant ?

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