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Chloé, l'Amère Vérité

Chloé, l'Amère Vérité

Auteur:: Theron Blackwood
Genre: Romance
À un mois de l'examen de Polytechnique, notre studio d'étudiant étouffait sous la tension. Antoine, mon petit ami depuis trois ans et un génie de Normal Sup, arpentait la pièce, nerveux. Pour la dixième fois en deux semaines, il a abordé le sujet qui me rongeait : il voulait abandonner ses études, son avenir, pour donner des cours particuliers à une lycéenne nommée Chloé. Il a déménagé ses affaires sans un mot, laissant juste les clés sur la table, un adieu lâche qui a brisé mon cœur déjà blessé. Mon téléphone a sonné, c'était lui qui me demandait des faveurs pour sa nouvelle protégée. « Manon, tu peux aller chercher mes fiches à l'internat de l'ENS ? Chloé en a besoin pour son grand oral, c'est urgent. » Il m'avait jetée, mais s' attendait toujours à ce que je sois sa domestique. C'était le comble de l'effronterie. Ma tristesse s'est transformée en colère froide. J' ai senti une pensée cruelle et déformée émaner de lui, une vision de moi comme un boulet qu'il fallait gérer avant de pouvoir passer à sa "vraie vie". « Non, » ai-je coupé. « Débrouille-toi. » Et j'ai raccroché, le bloquant sur toutes les plateformes. Un petit geste, une libération immense. Mais trois jours plus tard, sa mère m'a suppliée d'aller voir Antoine. Arrivée à l'adresse, j'ai entendu Chloé se moquer de moi, me décrivant comme un "boulet" dont il cherchait à se débarrasser. La nausée m'a prise. Toute ma pitié s'est évaporée. Je me suis retournée sans un bruit, la fureur me consumant, déterminée à récupérer ma vie.

Introduction

À un mois de l'examen de Polytechnique, notre studio d'étudiant étouffait sous la tension. Antoine, mon petit ami depuis trois ans et un génie de Normal Sup, arpentait la pièce, nerveux.

Pour la dixième fois en deux semaines, il a abordé le sujet qui me rongeait : il voulait abandonner ses études, son avenir, pour donner des cours particuliers à une lycéenne nommée Chloé.

Il a déménagé ses affaires sans un mot, laissant juste les clés sur la table, un adieu lâche qui a brisé mon cœur déjà blessé. Mon téléphone a sonné, c'était lui qui me demandait des faveurs pour sa nouvelle protégée.

« Manon, tu peux aller chercher mes fiches à l'internat de l'ENS ? Chloé en a besoin pour son grand oral, c'est urgent. » Il m'avait jetée, mais s' attendait toujours à ce que je sois sa domestique.

C'était le comble de l'effronterie. Ma tristesse s'est transformée en colère froide.

J' ai senti une pensée cruelle et déformée émaner de lui, une vision de moi comme un boulet qu'il fallait gérer avant de pouvoir passer à sa "vraie vie".

« Non, » ai-je coupé. « Débrouille-toi. » Et j'ai raccroché, le bloquant sur toutes les plateformes. Un petit geste, une libération immense.

Mais trois jours plus tard, sa mère m'a suppliée d'aller voir Antoine. Arrivée à l'adresse, j'ai entendu Chloé se moquer de moi, me décrivant comme un "boulet" dont il cherchait à se débarrasser. La nausée m'a prise. Toute ma pitié s'est évaporée.

Je me suis retournée sans un bruit, la fureur me consumant, déterminée à récupérer ma vie.

Chapitre 1

Un mois avant l'examen d'entrée à l'École Polytechnique, l'air dans notre petit studio d'étudiant était lourd, rempli d'une tension que je ne connaissais que trop bien. Antoine arpentait la pièce, ses mains agitant l'air comme pour chasser des pensées invisibles. Je restais assise à mon bureau, les yeux fixés sur les équations différentielles qui semblaient se moquer de moi, mais mon esprit était entièrement tourné vers lui.

C'était la dixième fois. La dixième fois en deux semaines qu'il abordait le sujet.

« Manon, je dois le faire. »

Sa voix était grave, empreinte d'une fausse solennité. Il s'arrêta devant moi, son ombre me recouvrant entièrement.

« Chloé a vraiment besoin de moi. Le baccalauréat, c'est toute sa vie. Si elle le rate, tout s'effondre pour elle. Je ne peux pas la laisser tomber. »

Je levai lentement la tête, mon crayon roulant entre mes doigts.

« Et Polytechnique ? Ton avenir ? Tu es à Normale Sup, Antoine. Les gens tueraient pour être à ta place. Tu veux vraiment tout abandonner, à un an de la fin, pour donner des cours particuliers ? »

« Ce n'est pas \"donner des cours particuliers\", Manon. C'est la sauver. Et ce n'est qu'une pause. Je pourrai réintégrer l'école l'année prochaine. Ce n'est rien, un an, comparé à l'avenir d'une personne. »

Chloé Martin. Une lycéenne de première année qu'il avait rencontrée par l'intermédiaire de sa mère. Brillante, disait-il. Mais fragile. Ayant besoin d'un mentor. Il était devenu ce mentor, et bien plus encore, semblait-il. Mon examen, notre avenir, tout cela devenait secondaire face à l'urgence du baccalauréat de Chloé.

Je sentais la fatigue m'envahir, une lassitude profonde qui venait de mois de sacrifices silencieux. Je me battais pour Polytechnique, pour nous. Lui, il voulait tout jeter par la fenêtre pour une autre.

Pourtant, une partie de moi, celle qui l'aimait encore, voulait le croire. Voulait croire en sa noblesse autoproclamée.

La vision me laissa le souffle coupé. Mon cœur se serra violemment. C'était donc ça. Je n'étais pas sa partenaire, j'étais un problème à gérer avant de pouvoir passer à la suite. La vraie suite.

Un rire amer menaça de m'échapper, mais je le ravalai. À quoi bon se battre ? S'il voulait partir, s'il avait déjà prévu de me quitter, alors à quoi servait de le retenir ? Pour prolonger l'agonie ?

Je pris une profonde inspiration, rassemblant les débris de ma dignité.

« D'accord. »

Ma voix était un murmure, mais elle résonna dans le silence pesant.

« Fais-le. »

Antoine me dévisagea, visiblement surpris. Il s'attendait à des larmes, des cris, une scène. Pas à cette capitulation soudaine. Une lueur de méfiance brilla dans ses yeux.

« Tu es sérieuse ? Tu ne vas pas... faire une crise ? »

Son ton était presque déçu. La condescendance dans sa voix me fit l'effet d'une gifle.

« Pourquoi je ferais une crise, Antoine ? C'est ta vie. Ta décision. »

Il plissa les yeux, cherchant le piège.

« C'est juste que... c'est trop facile. Je ne te crois pas. »

Il se pencha, son visage à quelques centimètres du mien, et dit avec un petit sourire narquois :

« Tu dis ça maintenant, mais demain tu pleureras en me suppliant de rester. Je te connais, Manon. »

Chaque mot était un coup. Il ne me voyait pas comme une personne, mais comme un personnage prévisible de sa propre histoire. L'idiote amoureuse.

Je ne répondis rien. Je me levai simplement, le contournai et sortis de l'appartement. J'avais besoin d'air. Je montai les étages, machinalement, jusqu'à la terrasse sur le toit de l'immeuble. La nuit parisienne s'étendait sous mes yeux, un océan de lumières indifférentes. Le vent froid fouettait mon visage, mais je ne sentais rien. Je me sentais vide, transparente.

Je m'approchai du parapet. Le vide m'appelait. C'était une pensée stupide, une impulsion de désespoir pur. Juste un instant pour que la douleur cesse. Je posai les mains sur la pierre froide et me penchai légèrement en avant.

« Attention ! »

Une main forte agrippa mon bras, me tirant en arrière avec une force surprenante. Je trébuchai, tombant presque, et me retournai pour voir un jeune homme que je n'avais jamais vu. Il avait les cheveux en désordre et des yeux inquiets.

« Ça ne va pas ? C'est dangereux de se pencher comme ça. »

Il me tenait toujours le bras, sa prise ferme et rassurante. Je regardai sa main. Il s'était éraflé les jointures contre le mur en m'attrapant. Du sang perlait sur sa peau.

« Vous... vous êtes blessé. »

Ma voix était rauque. C'était la première chose que je parvenais à dire.

Il jeta un coup d'œil à sa main et haussa les épaules.

« Ce n'est rien. Vraiment. L'important, c'est que vous alliez bien. »

Il me lâcha doucement, comme s'il avait peur de me brusquer. Je restais là, tremblante, le cœur battant à tout rompre. Ce simple geste de sollicitude de la part d'un inconnu contrastait si violemment avec la froideur d'Antoine que les larmes me montèrent aux yeux.

Pendant ce temps, dans une autre partie de la ville, une autre conversation avait lieu. Une information parasite, un autre fragment du futur, flotta jusqu'à moi.

Le lendemain, pour prouver au monde entier son dévouement, Antoine posta une photo sur Instagram. Lui et Chloé, assis dans un café, des livres de mathématiques ouverts devant eux. Elle lui souriait avec adoration. La légende disait : "Certains sacrifices en valent la peine. #futur #mentorat". C'était une phrase qu'il m'avait dite, à moi, après notre première nuit ensemble. La voir réutilisée pour elle, exposée publiquement, me brisa le cœur en mille morceaux.

Chapitre 2

« Il a posté quoi ?! Non mais je rêve ! »

La voix indignée de Léa, ma meilleure amie et colocataire, résonna dans notre chambre. Elle tenait mon téléphone comme s'il était radioactif, son visage passant de l'incrédulité à la fureur pure.

« \"Certains sacrifices en valent la peine\" ? Mais de quel sacrifice il parle ? Le sien ? Il sacrifie ses études, son avenir et sa copine qui se tue à la tâche pour Polytechnique, tout ça pour une gamine qui pourrait trouver un tuteur sur LeBonCoin ! C'est le monde à l'envers. »

J'étais allongée sur mon lit, fixant le plafond. Les mots de Léa ne faisaient que confirmer le chaos dans ma tête.

« Il dit qu'il la sauve, Léa. »

« Il se sauve surtout lui-même de ses responsabilités ! C'est plus facile de jouer les héros pour une lycéenne que d'affronter la pression de Normale Sup et de te soutenir. »

Elle avait raison. Et le pire, c'est que j'avais laissé faire. J'avais laissé cette situation s'installer, petit à petit.

Tout avait commencé il y a six mois. Antoine, alors au sommet de sa gloire à l'ENS, avait été présenté à Chloé par sa mère, qui était amie avec la famille Martin. Chloé était décrite comme une jeune fille au potentiel immense mais écrasée par l'anxiété. Antoine, flatté qu'on fasse appel à son génie, avait accepté de lui donner quelques conseils.

Au début, c'était une heure par semaine. Puis deux. Puis des après-midis entiers.

Nos soirées cinéma étaient annulées parce que \"Chloé a un contrôle surprise demain\".

Nos week-ends à la campagne étaient reportés parce que \"Chloé fait une crise de panique à cause de la philo\".

Je me souviens d'une fois où j'étais malade, avec une forte fièvre. J'avais demandé à Antoine de rester avec moi. Il avait hésité, son téléphone vibrant sur la table. C'était Chloé.

« Je ne peux pas, Manon. C'est vraiment important, elle est en pleine révision pour son bac blanc. Je reviens vite, promis. »

Il n'était revenu qu'à minuit, sentant le parfum bon marché qu'elle portait. J'avais fait semblant de dormir.

Cette spirale infernale avait culminé avec sa décision d'abandonner son année. Et maintenant, il était parti. Il avait déménagé ses affaires hier, pendant que j'étais à la bibliothèque, sans même un mot. Il avait simplement laissé ses clés sur la table de la cuisine. Un adieu silencieux et lâche.

Mon téléphone vibra sur la table de chevet. C'était lui. Mon cœur fit un bond stupide. Par réflexe, je décrochai.

« Allô ? »

« Manon, enfin ! J'ai besoin que tu me rendes un service. »

Pas de \"comment ça va ?\", pas de \"désolé d'être parti comme ça\". Rien.

« Qu'est-ce que tu veux, Antoine ? »

« Tu peux aller dans ma chambre à l'internat de l'ENS ? J'ai oublié mes fiches de révision sur la mécanique des fluides. Elles sont dans le tiroir de gauche. Chloé en a besoin pour comprendre un concept pour son grand oral. Scanne-les et envoie-les-moi, s'il te plaît. C'est urgent. »

Je restai silencieuse, le souffle coupé par son culot. Il m'avait quittée, avait brisé notre vie, et maintenant il me demandait de l'aider à coacher sa remplaçante.

Une autre bribe d'information, un écho de ses pensées, me parvint, froide et cruelle.

Cette pensée, si injuste, si déformée de la réalité, fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres. La tristesse se mua en une colère blanche et glaciale.

« Non. »

« Quoi ? »

« Non. Débrouille-toi. »

Et je raccrochai. Je bloquai son numéro, mais les messages commencèrent à affluer sur WhatsApp, qu'il savait que je n'avais pas encore bloqué.

Antoine : Manon, ne fais pas l'enfant. C'est important.

Antoine : Je n'ai pas le temps pour tes gamineries. Envoie-moi ces fiches.

Antoine : Tu sais très bien où elles sont. Arrête de faire semblant.

Antoine : C'est pour Chloé. Tu ne comprends pas ? Elle compte sur moi !

Antoine : RÉPONDS-MOI !

Je fixai l'écran, le flot de ses exigences égoïstes défilant sous mes yeux. Il ne voyait toujours pas. Il ne comprendrait jamais.

J'ouvris l'application, mais pas pour lui répondre. Je naviguai jusqu'à son contact. Mon pouce survola l'option \"Bloquer\". J'hésitai une fraction de seconde, un dernier vestige de nos trois années passées ensemble.

Puis je pensai à son sourire narquois, à la légende de sa photo, à sa demande éhontée.

J'appuyai.

Puis, pour faire bonne mesure, je cliquai sur \"Supprimer le contact\".

Son nom disparut de ma liste. C'était un petit geste, presque insignifiant dans le grand schéma des choses, mais pour moi, à cet instant, c'était une libération.

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