Chapitre I
-Miam c'est trop délicieux!
-Merci ravie que ça te plaise.
-Ça doit être ça les avantages d'avoir une petite sœur qui sait faire de bonnes choses avec ses mains...
-Hum ne me flatte pas trop ! Répondit Lina en regardant sa grande sœur du coin de l'œil.
C'était le quotidien de Lina et Valencia. Ces sœurs avaient perdu leur parent dans un terrible accident de voiture alors qu'elles étaient adolescentes. Valencia était la plus grande. Femme battante et très protectrice, elle avait pratiquement élevé sa petite sœur. Elle a commencé à travailler aussitôt après la mort de leurs parents. Malgré la douleur elle ne s'autorisa pas à s'apitoyer trop longtemps car elle voulait être forte pour sa petite sœur. Elle travaillait dans une clinique et gagnait un maigre salaire qui les aider à faire l'essentiel.
Lina était la plus fleur bleu des deux, elle avait une sensibilité très développé ce qui était surtout dû au décès qu'elle eu du mal à gérer. Le jour de l'annonce fatidique, la journée avait commencé comme toutes les autres pour les filles. Valencia était allée au lycée avec ses amies. Tandis que c'est leur mère qui accompagna Lina à l'école.
Dans la voiture, la mère et la fille discutaient de leur programme de la journée.
-Maman, tu viens me chercher après l'école ? Demanda Lina assise à l'arrière de la voiture.
-Non ma chérie. Tu te rappelles qu'avec papa on est invité chez des amis ?
-Chez tonton Rolland ?
-Oui chez tonton Rolland. Donc c'est ta grande sœur qui viendra te chercher. Tu sais tonton Rolland habite très très loin donc nous allons quitter la maison assez tot.
-Et vous allez revenir à quelle heure ?
-Je ne sais pas encore mais tu seras surement en train de dormir...
-Donc on va plus se voir aujourd'hui ?
-Oui mais on se verra demain promis.
-D'accord mais si je vous fais un dessin à l'école je peux vous attendre pour vous le donner ?
-D'accord mais tu sais quoi on va faire mieux. On essaiera de ne pas rentrer trop tard comme ça je pourrai te faire de gros bisous.
-D'accord ça marche ! Lança Lina ravie
A 21h ce soir là, Lina était dans sa chambre à jouer avec ses jouets quand Valencia rentra dans sa chambre en larme et accompagné d'un adulte qu'elle ne connaissait. Quand la nouvelle, tomba Lina ne savait pas comment réagir. Elle ne pleura pas. Ce n'est que lors de l'enterrement, quand les grandes personnes lui expliquèrent que dans les boites qui allaient sous la terre se trouvaient ses parents qu'elle comprit qu'ils étaient partis pour toujours.
Aujourd'hui, Valencia et Lina ne comptaient que l'une sur l'autre et était très complice.
-A ce que je vois tu ne vas pas bosser maintenant... Dit Valencia en remarquant que Lina était encore en pyjama.
-Non j'irais bosser un peu plus tard, j'ai déjà prévenu. Répondit Lina en manipulant son téléphone portable.
Valencia s'en alla quelques minutes après, laissant Lina en train de savourer son petit déjeuner. Avec une licence en hôtellerie, Lina travaillait dans une pâtisserie. Elle aurait aimé apprendre d'avantage mais il lui fallait aussi arrêter les études pour aider sa sœur financièrement. Depuis quelques temps déjà elle travaillait dans cette boulangerie et son contrat prenait fin dans un mois à peu près.
Depuis près de 30 minutes Lina était accrochée à son téléphone, pour cause elle discutait avec Thomas avec qui elle sortait depuis l'université. Tous les deux vivaient une très belle histoire d'amour et Lina était convaincue qu'il était l'homme de sa vie.
A 11h, Lina sortait de leur petit appartement de deux chambres pour son travail. « Quelle belle journée ! »pensa-t-elle en voyant ce ciel bleu et un soleil qui brillait de mille feux.
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La grand-mère de Claudius, Maurine, était une vraie femme de foi qui aimait le Seigneur plus que tout. Cet amour pour Dieu l'avait d'ailleurs beaucoup aidé pendant le décès de sa fille Claudia, la mère de Claudius, décédée d'un cancer des ovaires. Claudia décéda alors que Claudius n'avait que 7 ans. Maurine éleva alors Claudius dans les voies de Dieu. Celui-ci n'avait jamais connu son père il en avait juste entendu parler. Sa grand-mère lui disait souvent que sa mère avait beaucoup aimé son père. La preuve en était que malgré qu'il l'avait abandonné quelques mois après qu'il ait su que Claudia était enceinte elle décida quand même de laisser une marque de lui sur son fils. En effet, Claudius était un mélange de Claudia et Maximus, le père de celui-ci.
Il était environ21h quand Claudius et sa grand-mère rentraient de leur réunion.
-comment tu as trouvé le service Claudius ? demanda la grand-mère avec intérêt
-C'était très bien. Comme d'habitude le pasteur a donné un message puissant. Nous servons vraiment le Dieu incomparable.
-Amen mon petit-fils ! S'exclama la grand-mère visiblement d'accord par ce que venait de dire Claudius.
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A la même heure Valencia et Lina était affalées dans le canapé et regardaient un film. La journée s'était passée sans encombre.
-Val qu'est-ce que tu dirais si j'épousais Thomas ? Demanda Lina toujours en regardant la télé.
-Euh... comment ça ? Répondit Valencia
-Comment ça euh comment ça ? ca va faire 6 ans que Thomas et moi sommes ensemble et en plus je l'aime. J'ai 26 ans je me vois bien mariée... Qu'est-ce que tu en dis ?
-Lina c'est ta vie je ne vois pas ce que tu veux que je dise, tant que tu es heureuse je n'ai rien à redire.
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Chapitre II
Toc Toc Toc!
Valencia sursauta et se retourna vers la porte, le sommeil aux yeux.
-Désolée de te déranger, j'ai fait un mauvais rêve. Expliqua Lina en approchant tout doucement comme pour ne pas effrayer sa sœur.
-Ce n'est rien, approches ! répondit Valencia en faisant une place pour sa sœur dans son lit.
Sans plus rien dire Lina approcha et se blottit contre sa grande sœur.
-C'est vraiment incroyable que tu fasses ça depuis que tu es toute petite et a 26 ans ce n'est pas encore fini. Je me demande comment tu feras quand tu iras vivre avec Thomas ? ajouta Valencia d'un ton moqueur
- T'inquiètes on prendra une maison dans le coin pour que je puisse me blottir dans les bras de ma grande sœur à n'importe quelle heure.
- Ha Ha gros bébé ! Ria-t-elle en serrant Lina plus fort dans ses bras. Je ne t'ai pas entendu rentrer tout à l'heure.
-Oui tu étais déjà au lit quand je suis rentrée. Apres le boulot j'ai retrouvé Thomas.
-D'accord
Apres ces quelques paroles, elles se rendormirent. Valencia se rendormi en essayant de continuer le rêve qu'elle faisait avant que sa sœur arrive. Tandis que Lina, s'endormie en pensant à son cher Thomas. La vie était plutôt étrange pensait-elle. Il y a quelques années à l'université quand elle a rencontré Thomas elle trouvait qu'il n'était pas son genre. Elle le trouvait trop sûr de lui et sa réputation de lover ne jouait pas en sa faveur. Alors quand il l'approcha pour l'inviter à sortir, elle ne lui accorda aucune importance. Thomas dût faire des pieds et des mains pour gagner d'abord l'attention de Lina, puis sa confiance.
-Non, ferme la fenêtre !!! Supplia Lina alors que Valencia venait d'écarter les rideaux
-Il est 11h madame ! Répliqua Valencia en venant chatouiller sa sœur
-Non Val, on est dimanche.
-C'est vrai mais c'est un très beau dimanche !
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Claudius et sa grand-mère, assistèrent au sermon comme tous les dimanches.. Ce matin-là, le pasteur avait prêché sur les attributs de Dieu : Père Eternel, Prince de paix, Dieu Puissant... et il disait que lorsqu'on invoque Dieu il faut garder à l'esprit qu'Il vient avec chacun de Ses attributs pour répondre à nos besoins car rien ne Lui est impossible.
Ce message avait fait beaucoup de bien à Claudius ainsi qu'a sa grand-mère. Apres cela, la chorale entonna ''Dieu Tout Puissant quand mon cœur considère, tout l'univers créé par ton pouvoir, le ciel d'azur, les éclairs, le tonnerre...'' le pasteur fit la prière de clôture et tout le monde se leva pour se saluer les uns, les autres. Comme à leur habitude sur le chemin du retour, Claudius et sa grand-mère commentaient le service du dimanche.
-Comment as-tu trouvé la chorale aujourd'hui, elle a bien chanté n'est ce pas ? Demanda la grand-mère à Claudius.
-C'était bien, grand-mère. Répondit-il simplement.
-Hum !
-Quoi encore grand-mère ?
-Quand je pense qu'il fut un temps où toi aussi tu chantais là-haut sur l'estrade...
-Grand-mère, est ce que tu sais combien de fois tu m'as déjà sorti ça ?
-Et je te le sortirai autant de fois qu'il faudra. T'écouter chanter me manque tellement.
-Juste ça ? ! Mais il faillait le dire plus tôt... Frère Jacques, frère Jacques... Commençait à chanter Claudius quand sa grand-mère éclata de rire.
Ils arrivèrent chez eux, ils partagèrent le bon repas que Maurine avait concocté la veille puis Claudius passa l'après-midi avec un de ses amis.
Claudius avait une vie sans problème. Il passait la plupart de son temps dans son imprimerie. Mais quand il ne travaillait pas, il était chez lui. Il avait très peu d'amis et les voyait rarement. Ce quasi manque de vie sociale ne le dérangeait pas car son travail occupait une grande place dans sa vie. Il faut dire que Claudius était très fière de la petite entreprise qu'il avait mise sur pieds. C'est à 19 ans, alors qu'il était étudiant, qu'il eu l'idée de gagner de l'argent en faisant des saisis de documents et impressions pour ses camarades de classes. Ne se sentant pas un penchant particulier pour les études, il déclara à sa mère qu'il voulait avoir sa propre affaire.
Maurine savait à quel point son petit-fils pouvait être borné alors plutôt que d'être contre lui, elle accepta et lui offrir un généreux montant pour commencer. C'est avec cet argent qu'il acheta les premières machines. Les débuts avaient été très difficiles mais aujourd'hui, son imprimerie était connue d'un grand nombre de personnes. Et lorsqu'on cherchait un travail rigoureux et moderne, il était l'homme à voir.
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Seule devant la télévision, Valencia était perdue dans ses pensées. Lina était allée chez une de ses amies qui était rentrée de voyage et qui avait apporté des sacs, chaussures et des accessoires à vendre. Valencia qui avait fait un petit tour dehors voulu profiter du reste de ce paisible dimanche devant la télévision, un pot de glace dans les mains. Elle portait à ses lèvres une énième cuillère de ce délicieux sorbet au citron quand elle entendit sonner à la porte. Elle se leva pour voir qui cela pouvait être, évidemment pas Lina car elle avait ses clés.
-Bonjour Thomas ! S'exclama-t-elle en ouvrant la porte
-Salut Val ! Dit simplement celui-ci
-Lina n'est pas là.
-Je sais c'est toi que je suis venu voir
-Moi ? Comment ça ?
-Il faut qu'on discute et tu le sais...
-Non, pas ici Thomas ! Lina pourrait arriver d'un moment à l'autre.
-Non non ne t'inquiète pas c'est moi qui dois aller la chercher.
-Et même ce n'est pas prudent ! Et puis nous n'avons plus rien à nous dire !
-Arrête de jouer à ça ! Tu sais très bien que Lina et moi envisageons sérieusement faire notre vie ensemble et avec ce qui s'est passe entre toi et moi je suis confus...
-Confus !? Et tu veux que je fasse quoi ? Ca fait parti du passé et rien que d'y repenser ça me torture à cause du mal que ça ferait à Lina. C'était une erreur Thomas, une grosse erreur !
-Une erreur ??? Qui s'est produit plus d'une fois !!! Il y avait vraiment quelque chose entre nous tu ne peux le nier.
Chapitre III
-Thomas, arrête ! Hurla Valencia alarmée.
-On est grand Val, et je crois que tu ne me laisses pas indifférent. C'est vrai je suis avec ta sœur mais je n'arrive pas à t'oublier, nos nuits me hantent. Expliqua Thomas que rien ne semblait pouvoir arrêter.
-Thomas, tu es fou !!!!! J'aime ma sœur et je ne lui ferai jamais ça.
- plus jamais tu veux dire. Val je suis venu te dire que je veux tout dire à Lina et je veux être avec toi.
-Quoi ??? Non ne fais pas ça s'il te plait ! Je connais ma sœur, elle va nous détester tous les deux et je ne peux la perdre Thomas, elle est ma seule famille.
-Tu ne la perdras pas, elle t'aime, elle comprendra. Tu sais je lui en veux presque quand je pense qu'à cause d'elle tu as choisi d'avorter notre enfant...
A peine avait-il fini sa phrase que derrière, un bruit se fit entendre... Lina en larme, debout devant la porte, venait de faire tomber son sac. Elle regardait sa sœur et Thomas le corps tremblant. Ce qu'elle venait d'entendre ne pouvait pas être vrai... pas sa sœur ! Pas cette sœur qui a toujours été là pour elle ! Celle qu'elle trouvait si maternelle, si parfaite ! Ce n'était pas possible !
-Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Valencia, dis-moi que ce n'est pas vrai !!! Hurla Lina en colère en se dirigeant vers sa sœur.
-Je t'en pris Lina laisse-moi t'expliquer... suppliai Valencia
-M'expliquer quoi ?? Comment as-tu pu me faire ça ?!Je suis ta petite sœur !
-Lina calme toi ! Qu'est-ce que tu fais la ??? Essaya de dire Thomas.
-Toi tu lafermes je n'ai rien à t'expliquer ! cria Lina à l'encontre de Thomas.
Quelques minutes plus tôt, quand Lina arriva chez son amie, celle-ci s'excusa car son petit ami lui avait demandé de l'accompagner à une réunion de famille. C'est pour cette raison qu'elle ne pouvait retenir Lina plus longtemps et se proposa avec l'approbation de son petit ami, de la déposer chez elle. Lina avait accepté et avait envoyé un message à Thomas, qu'il n'avait apparemment pas reçu.
-Lina je t'en prie calme toi ! Suppliai d'avantage Valencia.
La colère, la déception, la confusion et pleins d'autres sentiments, tiraillaient Lina. Sa propre sœur l'avait trahit de la sorte ; au point même de tomber enceinte de son petit ami... et tout ça, elle n'en savait rien, alors qu'elles avaient toujours vécu sous le même toit... Non elle devait rêver !
-Valencia. tu es un monstre ! Lança-t-elle, avant de sortir de l'appartement en courant, le visage enflé de douleur.
Lina courut sans même savoir où elle allait. Elle voulait juste être loin de cet appartement, de sa sœur, de Thomas. Avait-elle réellement été naïve au point de penser que Thomas l'aimait ? Il avait osé dire qu'il aimait Valencia ? Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Toutes ces questions tourmentaient Lina. Comment aurait-elle pu soupçonner une telle chose venant de sa sœur ? Elles avaient toujours été si proches. Sur toute la terre, valencia était la dernière personne que Lina aurait crue capable de lui faire de mal. Elle avait toujours été là pour elle, la protégeantquasiment comme une mère. Plus Lina pensait, plus elle n'arrivait à comprendre. Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête de sa grande sœur ? se demanda-t-elle. Pendant tout ce temps, elles avaient vécu ensemble. Lina lui partageait sa vie, ses secrets alors que valencia avait passé tout ce temps à lui mentir. Que Thomas la trahisse, ça Lina aurait pu s'y attendre, même si elle avait appris à lui faire confiance. Mais pas Valencia ! C'était une trop grande désillusion.
Thomas et Valencia qui étaient restés immobiles savaient plus ou se mettre. Tandis qu'il essayait de présenter ses excuses a Valencia, celle-ci le mit dehors. Elle lui en voulait tellement d'avoir causé toute cette peine. Pourquoi a-t-il fallu qu'il parle ? Tout est de sa faute ! Se murmurait-elle quand sa conscience l'interpella. Bien sûr que non, tout n'est pas de sa faute. Fut-elle bien obligée de finalement réaliser. Elle s'assit dans le canapé en larme. Tout ça n'aurait jamais dû arriver ! Marmonnait-elle. Lorsque le soleil se leva sur cette journée, Valencia n'appréhenda rien de mal. Quand elle alla marcher un peu plus tôt dans la matinée. Elle était presque reconnaissante pour cette belle journée. Les rayons de soleil, qui effleurait sa peau, étaient si doux. Et ce vent qui effleurait son visage était si léger... elle pensa alors : « Tous les jours devraient être comme celui-ci ! ». Mais à ce moment précis dans son salon, le cœur rempli de regret elle se dit plutôt : « Personne ne devrait vivre une journée aussi atroce ! »
Apres avoir couru pendant au moins 17 minutes, Lina s'arrêta dans une ruelle complètement déserte. Elle était épuisée mais repensa a sa sœur, cette seule pensée la ramena a sa véritable souffrance. En tombant sur ses genoux, elle mit la main sur son cœur, c'est comme s'il était pressé avec force à l'intérieur de sa poitrine. Valencia pourquoi ? Se demanda Lina en elle-même. Elle pleura un bon moment seule dans cette ruelle. Lorsqu'elle fut plus calme, elle se releva et se mit à marcher sans objectif, elle voulait juste se vider la tête. Elle sortit de cette ruelle pour emprunter un chemin bondé de monde. Lina était entourée de monde mais ne voyait personne, elle n'entendait pas les bruits stridents des voitures, ni les cris des petits enfants, ni même les hurlements des gens qu'elle bousculait sur son passage. Ce sont ces pieds criant de douleur qui la força à s'arrêter près d'un port. Les gens autour d'elle la dévisageaient, d'autres étaient épris de compassion tellement elle avait l'air déroutée. Lina ne faisait pas cas des regards des gens, elle était tourmentée par ses pensées. Elle souffrait tellement qu'elle se dit que jamais elle ne pourrait oublier. Sa seule famille venait de la trahir de la façon la plus minable et commune qui existe. Oui, jamais elle n'oublierait.Et par conséquent, jamais elle ne pardonnerait ! Se promit-elle le cœur rempli d'amertume.