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Chasseuse de primes

Chasseuse de primes

Auteur:: mya0079
Genre: Fantaisie
Les créatures magiques vivent dans ce monde depuis la nuit des temps. Obéissant à leurs propres règles, leurs propres lois. Ne se mêlant quasiment pas aux humains. La paix est en place depuis des centaines d'années, depuis la signature des accords qui parviennent à maintenir l'ordre. Tout allait bien, jusqu'à ce qu'une créature qui n'a pas sa place sur terre soit invoquée. Une créature qui menace l'équilibre du monde et qui pousse un petit groupe à s'unir pour lutter, pour empêcher qu'une guerre éclate. Une guerre qui changerait la face du monde à jamais. C'est dans ce contexte que Lily, Chasseuse de primes, dévoile tout ces talents. Seule femme de ce groupe, elle se retrouve confronter à des situations qui vont mettre à mal tout ce en quoi elle croyait jusqu'à maintenant. Mais heureusement, des alliances surprenantes se créés, des alliances qui pourraient bien bousculer l'ordre des choses.

Chapitre 1 Chapitre 1

Cette histoire est écrite comme un Roman. Les chapitres ne correspondent pas à ceux diffusés sur les applications pour la simple raison que les chapitres sont limités à un nombre de mots. Bonne lecture.

Chapitre 1

Son bras part vers la droite, je le savais avant même qu'il ne termine son mouvement. Je pivote sur la gauche en évitant son coup avant de donner une impulsion dans ma jambe qui se soulève pour le percuter en plein torse. Il se plie sous l'impact. Son souffle se bloque. Il ne pensait probablement pas que je pourrait l'atteindre si facilement. Pourtant, je lis en lui comme dans un livre ouvert.

La moindre de ces postures alors qu'il se relève en crachant un peu de sang. La grimace qui lui fait froncer les sourcils en sentant la douleur de ces côtes cassées devenir plus intense. Il ne s'en sortira pas vivant. Pas maintenant que je lui ai mis la main dessus. Après des semaines de recherche. De planques. D'approche furtive afin de me rapprocher de ma proie.

Ma main glisse sur mon mollet dans un geste fluide que j'ai répété des milliers de fois. La lame brille sous l'éclat de la lune, reflétant son regard qui comprend que rien ne le sauvera. Un long frisson me parcours. J'aime cette sensation. Cet instant où je me fais l'effet d'être un prédateur féroce. Ce moment où je sais, où je vois qu'il réalise que je suis loin d'être une pauvre petite victime incapable de se défendre.

Un sourire naît sur mes lèvres. Je suis dans mon élément. J'aime ce que je fais, cette chasse, cette traque jusqu'à l'anéantissement de ma proie. Le métal touche sa joue, s'enfonçant à peine mais suffisamment pour entailler sa peau, en laissant une traînée d'un rouge si foncé qu'elle en paraît presque noir.

-Une chasseuse, dit-il en grimaçant un peu plus.

Il n'aurait jamais dû céder à mon petit numéro de charme. Il n'aurait jamais dû m'emmener dans cette ruelle mal éclairée. Ces yeux changent de couleur. Passant au doré en oubliant le vert qui a dû ensorceler bien des femmes et des hommes avant cette soirée.

-Je n'ai rien fait, dit-il pour se défendre. Je n'ai brisé aucune lois.

C'est probable mais je m'en fou. Il pense que je suis une chasseuse, un être qui fait régner la lois sur les créatures surnaturelles. Il croit que je suis là pour le faire juger, pour répondre à un ordre qu'on m'aurait donné. Mais il se trompe. Je ne suis pas une chasseuse, pas dans le sens où il l'entend. Je me fou de ce qu'il peut bien faire. Seule sa marque m'importe. Celle que je vais arracher sur son cadavre et qui va me rapporter une petite fortune.

Mes mouvements s'enchaînent, rapidement. La lame passe dans mon autre main. Mon bras se plie avant de se déplier dans un geste puissant. Cet enchaînement. Je le connais par cœur. C'est l'un des premiers que j'ai appris. L'un de ceux que je maîtrise le mieux. Sûrement parce qu'il m'a permit de tuer mon premier ennemi. Mon père. Cet être si néfaste que le diable lui même pourrait en rougir.

La lame s'enfonce dans son torse, perforant un poumon au passage ce qui va le ralentir un peu plus. Il ne comprends pas. Il ne saisit pas ce que je fais. Il faut dire que nous savons nous faire discrets dans notre profession. Tout le monde nous connaît, tout le monde sait qu'on fait appel à nous mais personne ne veut nous voir, personne ne veut croire qu'on existe vraiment, personne ne veut se mêler à nous.

Le métal remonte en déchirant sa chemise alors qu'elle ressort de son corps recouverte de son propre sang. Mon autre main se referme, s'arme déjà pour venir le percuter de plein fouet.

-Tu n'es pas une chasseuse, déclare t-il en posant ces mains sur sa plaie béante. Aucune chasseuse ne ferait ça.

Il a raison, je lui concède sans le moindre problème. Je ne suis pas une chasseuse, je suis bien plus dangereuse que ça. La marque se dévoile sur son torse. Brillante, comme à chaque fois dans ce genre de cas. Il réagit à ma présence sans même le réaliser. Son instinct lui hurle de fuir, mais il est trop tard. J'ai dû attendre trop longtemps pour lui mettre la main dessus.

-Pourquoi, tente t-il comme si j'allais lui donner un quelconque réponse.

Je n'ajoute rien, ne prononce pas le moindre mot mais ma lame elle, continue de bouger au grès de mes mouvements. Un autre coup perfore son second poumon. Dans quelques secondes, il aura du mal à respirer correctement. Il aura du mal à se tenir debout sans voir trouble. Malgré ma victoire assurée, je ne baisse pas la garde. Ces créatures peuvent être capable du pire dans les derniers instant de leur vie, je ne compte pas en faire les frais. Il pousse un soupire empli de douleur, mon bras se rétracte en changeant d'angle, je connais parfaitement la suite de cette parade, ce qu'il va découler de mon prochain geste et pourtant, je n'ai aucune pitié, pas même l'once d'un seul sentiment de culpabilité.

Il n'a pas d'enfant, il est incapable d'en avoir et même si quelqu'un partage sa vie, ça ne change rien pour moi. Il n'est qu'un paquet de fric ambulant, un sorcier, dont une fois la marque retirée, me rapportera suffisamment pour garnir généreusement mon compte en banque. Si je dois être honnête, je n'ai pas besoin de cet argent, en revanche, j'ai besoin de ce shoot d'adrénaline, de ressentir ces sensations que me procurent la chasse.

Il bouge ces doigts dans l'espoir de jeter un sort mais c'est trop tard, bien trop tard car déjà, ma lame remonte en même temps que mon bras, l'angle est parfait, le coup net et précis et sa gorge s'ouvre dans un sourire grotesque, laissant ainsi jaillir un flot de sang qui annonce sa perte. Je n'ai à reculer que d'un pas. D'un seul pas afin de le regarder chuter, afin de voir son corps tomber sur le sol.

J'ai gagné, comme à chaque fois. Mon sourire s'agrandit, quand je pense qu'il a put croire que je suis une chasseuse. Mon corps sait ce qu'il a à faire. Je m'agenouille tout en sortant mon portable qui ne sonne que deux fois avant qu'il réponde.

-Je l'ai, dis-je en passant ma lame sur sa marque.

-Parfait. Tu peux être là dans combien de temps ?

-Plus vite que tu ne le penses.

-Très bien. Je t'attends, ainsi que ta récompense.

En raccrochant, je donne une légère impulsion dans mon bras. Aussitôt, ma lame s'enfonce dans sa peau en effectuant un contours grossier de sa marque. Je n'ai pas besoin de faire dans le détail. Tout ce qui compte c'est que je lui ramène. Je me pose rarement de questions sur ce qu'il fait avec tout ça, avec toutes ces marques de différentes créatures. Mais je me doute qu'au prix où il me paye, il doit en tirer profit. Après tout, il est le grand vendeur, celui qui peut tout avoir, qui peut tout obtenir, du moment que d'autres comme moi sont capable de lui fournir.

Je range mon portable avant de récupérer ce lambeau de peau, cette infime partie de lui qui représente pourtant tellement, pour nous deux. Enfin plus pour lui, plus maintenant. En la retirant, je perçois l'énergie de sa force, de sa puissance, qui me picote le bout des doigts. Décidément, il va me rapporter un max, peut-être même assez pour que je puisse m'offrir ce tableau que j'ai découvert la semaine dernière dans une galerie d'art qui vient d'ouvrir au coin de ma rue.

Je replace mon gagne pain dans la pochette en plastique qui n'est sur moi que pour ça sans me retourner vers ce corps sans vie. Dans quelques heures, j'aurais oublié son visage, sa voix, son odeur. Je retourne dans le club en souriant. Je peux bien m'accorder un verre avant d'y aller, un seul verre avant de passer à la caisse. C'est comme après le sexe, ce petit moment, cet instant une fois qu'on a accomplit son objectif, de la satisfaction à l'état pur, des sensations si puissantes que rien ne peut rivaliser.

Le serveur me reconnaît instantanément. Il s'approche de moi en souriant avant de demander,

-Alors, il n'a pas été la hauteur.

-Décevant, je dois bien l'avouer mais je suis certaine qu'un petit cocktail me fera me sentir un peu mieux.

-Tu veux quoi ?

-Surprends moi.

Je flirte volontairement, il ne se passera rien, je n'ai pas le temps. Mais j'apprécie ce regard qu'il pose sur moi, cette manière dont ces yeux glissent sur ma personne sans aucune gêne. Je pourrais succomber, sans la moindre hésitation. Il est plutôt beau gosse et ça fait un moment que je n'ai pas eu un mec dans mon lit. Un bon moment que je n'ai pas vraiment eu de contact corporel avec une autre personne et surtout un bon moment que je ne me suis simplement pas accordé un instant de plaisir.

Si seulement j'avais le temps. Si seulement je n'avais pas ce morceau de peau dans ma poche. Je bois mon verre tout en croisant son regard à plusieurs reprise, lui aussi à envie d'un peu plus, je peux le sentir de là où je suis et malgré ça, une fois mon verre vide, je me lève pour quitter l'établissement. Je reviendrais, à un autre moment, quand j'aurais moins de travail quand j'aurais un peu de temps pour respirer.

J'emprunte cette même ruelle, celle dans laquelle il m'a emmené et dans laquelle il est mort. Je fais quelques pas avant de m'arrêter, je connais le sort, comme tout les miens, comme tout ceux qui n'existent pas aux yeux des autres. Les mots sortent de ma bouche sans même que je ne force et presque instantanément, un portail s'ouvre devant moi. Un portail qui va me conduire jusqu'à une montagne de billets.

Il ne me faut que quelques secondes pour parcourir des centaines de kilomètres, pour arriver à ma destination. Une maison luxueuse, ornée d'or et d'œuvres d'arts qui auraient probablement plus leur place dans un musé qu'accroché dans une demeure que si peu on l'occasion de visiter. Je me permets d'observer les tableaux, les vases si rare que certains payeraient jusqu'à leurs âmes pour le avoir.

Il sait que je suis là, une créature comme lui ne pourrait l'ignorer. Si il ne se présente pas devant moi c'est que je suis juste arrivée plus rapidement qu'il ne l'espérait. Il me connaît pourtant depuis longtemps, depuis très longtemps même et il sait que je suis plus rapide que la plupart des miens.

Mes doigts s'approchent de cette surface, de cette encre tracée il y a des centaines d'années. Je n'ai même pas le temps de les effleurer que sa voix retentit.

-Je ne te le conseil pas, ils sont trop âgés pour être touchés.

-Un des nombreux paradoxe de la vie que je ne suis pas prête de comprendre. Une telle œuvre, une telle merveille, si proche tout en étant inaccessible. On pourrait même se demander quel est l'intérêt de la posséder.

-Au moins je peux la contempler autant qu'il me plaît. Douce compensation dans ce monde qui sait à peine reconnaître la valeur exceptionnelle d'un objet.

-C'est une façon de voir les choses.

-Tu as la marque ?

-Bien sûr que je l'ai mais tu pourrais au moins prendre la peine de m'offrir un verre après tout, on va tout les deux se faire paquet de fric ce soir.

-Tu as raison, toutes mes excuses. Tout ça m'a rendu un peu nerveux, je l'avoue. Je manque à tout mes devoirs Lily. Est ce que tu veux un verre ?

-Avec plaisir. Je ne dirais pas non à de tes petits cocktails dont tu as le secret.

Chapitre 2 Chapitre 2

Il sourit en réajustant son costume, avant de bouger des doigts comme je l'ai vue faire ces centaines de fois et aussitôt, deux verres apparaissent. Mon cocktail préféré. Il me connaît. Il sait que cette mission a été plus longue que prévue et que j'ai besoin de souffler, d'un peu d'aire juste pour me retrouver, pour me sortir de ce rôle que j'ai dû jouer durant des jours.

-Merci, j'en rêve depuis des jours.

-Plus que de te récompense ?

-Pas à ce point là non plus.

-Je m'en doutais un peu, continue t-il en bougeant à nouveau ces doigts avant qu'une liasse de billets n'apparaisse.

-Sans avoir à compter, je dirais qu'il en manque.

-Tout comme je dirais que je n'ai pas encore eu le plaisir de voir la marchandise.

J'avale une gorgée avant de lui sourire et de sortir de ma poche ce petit sachet en plastique, ce petit morceau de peau si précieux. Je vois son regard briller, s'illuminer. Il attend ça depuis des semaines tout comme moi. Il faut dire que cette fois il m'a presque demandé l'impossible. Un sorcier de ce rang est rare à approché et encore plus à tuer, sauf quand on sait comment s'y prendre.

-Bien joué. Je savais que je pouvais compter sur toi, déclare t-il sans même essayer de cacher cette avidité dans ces mouvements, dans son sourire, dans son regard.

Je ne me berce pas d'illusions, il me vendrait si il en avait l'opportunité mais je dois dire qu'il paye bien, du moins quand la morale n'est pas un problème, ce qui est mon cas. Un nouveau mouvement de doigts et c'est une mallette qui fait son apparition., ouverte et emplie de liasses de cette couleur qui me plaît tellement.

-C'est un véritable plaisir de faire affaire avec toi Stephan.

-Je te retourne le compliment Lily. J'étais sûr que tu y arriverais. Je ne pouvais confier cette mission qu'à toi. Et ce cocktail, tu aimes ?

-Comme toujours, tu fais les meilleurs, dis-je en buvant une nouvelle gorgée. Je peux m'asseoir ?

-Bien entendu, répond t-il en faisant un geste de la main pour faire apparaître un fauteuil.

-Si seulement il n'y avait pas autant d'argent entre nous, dis-je en me laissant tomber dans ces coussins moelleux.

-Rien n'est vraiment noir où blanc.

-Il y a toujours des nuances de gris, de multitudes de nuances qui offrent chacune une possibilité différente.

On a si souvent ce début de conversation, celui où je lui fais comprendre qu'il pourrait y avoir plus si seulement l'espace d'un certain laps de temps on oubliait qui on est. Aucune nana ne pourrait rester insensible, brun, un mètre quatre vingt avec quelques tatouages bien placés comme celui dont on devine une partie dans son cou sans en avoir un aperçut global. Typé asiatique avec un petit air mystérieux, énigmatique. Si seulement il n'était pas celui qu'il est.

Néanmoins, on sait tout les deux que cette mission était particulière. J'ai pris des risques pour pister ce sorcier, pour lui prendre sa marque. J'aurais pu me faire repérer, surtout au vue de sa position dans la hiérarchie des sorciers.

-Tout c'est bien passé, demande t-il par politesse.

-Je suis une professionnelle. Bien sûr que ça c'est bien passé. J'aimerais juste que la prochaine fois tu ne me mettes pas dans ce genre de situation.

-Tu n'as pourtant pas hésité quand je te l'ai proposé.

-Bien sûr, tu sais comment m'appâter, mais ça ne change rien. Cette mission a traîné en longueur pour me laisser un petit goût d'insatisfaction, c'est à peine si il s'est défendu. Je m'attendais à mieux, à bien mieux venant d'un sorcier comme lui.

-N'importe qui a ta place aurait échoué dans cette mission.

-Alors pourquoi est ce que ça m'a semblé si facile ?

-Parce que c'est toi Lily. Uniquement pour cette raison.

Je termine mon verre en silence. D'ici peu, d'autre de mon genre viendront à leur tour pour lui donner ce qu'il leur a demandé. Il est temps que je rentre chez moi et surtout que je prenne une bonne douche. Je ne sais pas ce qu'il compte faire de cette marque, mais ça ne me concerne plus. Tant que j'ai mon argent, c'est tout ce qui m'importe.

Je me relève en silence et referme cette mallette qui est dorénavant mienne. Il m'observe durant quelques secondes avant de se lever à son tour.

-Tu as d'autres missions en vues dans les prochains jours ?

-Pas dans l'immédiat.

-Il se pourrait que je te recontacte rapidement.

-Tant que tu payes, tu sais que je vais venir.

Je me permets un dernier sourire, il est l'un des rares que je n'aurais jamais dans mon lit, je le sais même si on en a tout les deux envie, il y aurait conflit d'intérêt et ça je ne peux me le permettre, pas plus que lui et le bisnes florissant sur lequel il règne.

-Tiens toi prête, ajoute t-il en effleurant ma main.

-Je le suis toujours.

Je ne m'attarde pas, ça ne sert à rien. On sait tout les deux que ça n'ira pas plus loin que nos flirts habituels. Je suis quasiment à la porte quand je me retourne vers lui et son sourire satisfait.

-Si les chasseurs viennent me rendre visite je n'hésiterais pas à donner ton nom, rappelles toi le pour ta prochaine mission.

-C'est pour ça que je t'ai choisis toi. Parce que je savais que tu allais réussir et surtout parce que je savais à quoi m'en tenir. Je te contacte très vite Lily.

Je ne réponds pas, ça ne sert à rien. Et comme à chaque fois, j'utilise un portail pour repartir. Question de discrétion. J'arrive directement dans mon salon où je dépose la mallette sur la table qui ne sert quasiment jamais. J'ai besoin d'un autre verre et d'un bon bain moussant, bien chaud, le tout accompagné d'un peu de musique. Bob mon chat vient rapidement se frotter à mes jambes en sentant ma présence. On pourrait trouver ça étrange qu'un être comme moi puisse avoir un animal de compagnie, mais ce chat est différent. Je l'ai trouvé lors d'un contrat, il avait été blessé durant mon affrontement avec son ancien maître. Je ne serais dire pourquoi mais je ne me suis pas sentis de le laisser là, étendu sur le sol, courant à sa perte si je ne me penchais pas pour l'aider.

Je l'ai ramassé, emmené chez un véto, soigné durant des semaines jusqu'à ce qu'il puisse se déplacer seul. Jusqu'à ce qu'il soit autonome. Il aurait pu partir, il le peut toujours d'ailleurs mais il ne le fait pas. Il reste avec moi. Il reste à me tenir compagnie. Sa présence me fait du bien, j'adore lézarder devant la télé en le caressant pendant qu'il ronronne contre moi.

Il me suit jusqu'à la cuisine où je lui donne à manger avant de me servir un verre et de foncer vers la salle de bain. Je fais couler l'eau tout en choisissant sur mon portable la playlist que je vais lancer. Je ne prends pas la peine de choisir des vêtements pour la suite, ça ne sert à rien, il n'y a que moi et Bob ici. Au bout de quelques minutes, après m'être déshabillée, je m'enfonce dans ce liquide chaud et réconfortant tout en gardant mon verre en main.

Une fois allongée, je pousse un profond soupire de soulagement. Il y a des jours que j'attends ça, des jours que je me sens sale. Bob vient rapidement voir ce que je fais comme il en a l'habitude avant de disparaître pour vivre sa vie. La musique résonne, les accords de guitares font leur effet. Je me détends, mon corps retrouve le confort auquel il est habitué.

C'est tellement bon, je ne devrais pas me priver de ce plaisir même pour une telle somme d'argent. En portant mon verre à mes lèvres, je ne peux m'empêcher de me questionner. Stephan ne me fait jamais appel à moi plusieurs fois d'affilés en seulement quelques jours. Tout comme il ne me demande pour ainsi dire jamais une marque de cette puissance.

Je sais que pour certaines potions, pour certains sorts, un sacrifice de ce genre peut donner des résultats qui vont au delà de l'espérance mais pourquoi est ce que le grand vendeur prendrait un tel risque ? Pourquoi est ce qu'il enverrait un être tel que moi tuer un sorcier aussi puissant, même si il se trouvait sur un autre continent. Derrière le son de la musique je parviens sans mal à entendre Bob qui est retourné à sa gamelle, qu'importe les distractions, je suis conditionnée pour être toujours sur mes gardes, aux aguets.

Le temps s'écoule lentement, les chansons défilent. Je me sens sombrer petit à petit jusqu'à ce que je sursaute en entendant mon portable sonner. La nuit est tombée depuis longtemps, il y a peu de chance que ça soit un appel de courtoisie. À regret je me redresse pour récupérer mon portable avant de me tendre en voyant le nom affiché sur l'écran. Luke, le dirigeant actuel des chasseurs du pays. Je n'aime pas avoir à faire avec eux.

Je soupire avant de décrocher, il vaudrait mieux pour Stephan que ça n'est à voir avec ma dernière mission.

-Je n'étais pas sûr que tu répondrais, dit-il en guise de bonjour.

-Comme si j'avais le choix Luke. Que me vaut l'honneur de cet appel tardif ?

-Je veux que tu viennes au quartier général. Demain à la première heure, où plutôt dans quelques heures maintenant.

-Moi, au quartier Général ? Pourquoi ?

-Tu ne sera pas seul. D'autres créatures seront également là.

-Je recommence, pourquoi ?

Je l'entends soupirer à son tour. On se connaît depuis un moment déjà. Il a déjà essayé de me recruter à plusieurs reprises en m'expliquant que je serais une chasseuse hors paires ce que bien sûr j'ai refusé. Je ne vais jamais au quartier général, je n'aime pas y mettre les pieds comme la majorité des créatures d'ailleurs. Il y a beaucoup trop de règles là bas. Tout est trop carré pour que je m'y sente bien.

-Je n'ai pas particulièrement envie de m'étendre au téléphone. Mais pour faire court, il y a visiblement dehors une créature qui s'amuse à en tuer d'autres. J'ai déjà cinq corps sur les bras. Voilà pourquoi j'organise cette réunion en urgence.

Aussitôt, je repense au sorcier de cette nuit que j'ai tué. Je doute qu'il parle de lui, il est dans un autre pays, sur un autre continent, loin de son radar à problèmes.

-Je vois pas ce que j'ai à faire là dedans.

-Tu comprendras quand tu seras là. Écoutes, je sais que tu n'aimes pas venir au quartier général mais la situation est suffisamment grave pour que je sois forcé d'organiser cette réunion en urgence.

Sa voix est plus grave que d'habitude. Des créatures meurent tout les jours, ça n'a rien d'exceptionnel. Il ne réagit sûrement pas de la sorte pour une simple mort, ça cache forcément autre chose.

-OK, je serais là.

-Parfait. Je te laisse dormir, on se voit toute à l'heure.

Il raccroche sans même me laisser le temps de répondre. Fini le bain chaud et l'instant de détente. Je n'aime pas ça, aucun être comme moi n'aime être appelé par le directeur des Chasseurs et encore moins le rencontrer. Je ne comprends pas ce qu'il veut, ce qu'il attend de moi mais en quelques secondes, son appel à suffit à me faire sortir de cet état d'épuisement dans lequel je m'enfonçais.

Chapitre 3 Chapitre 3

Après être sortie du bain, je m'habille rapidement avant de retourner dans le salon ma tablette à la main. Il y a forcément des informations sur ces morts, des articles qui en parlent sur notre internet privé. Ce réseau n'est pas accessible aux humains bien entendu, de toute façon, ils seraient incapable d'en comprendre le contenu. Ces créatures en plus d'être faibles ne sont pas les plus malignes qui soient. Ils pensent qu'ils sont seul au monde, qu'il n'y a qu'eux sur cette terre.

Ils sont tellement centrés sur leurs petites vies qu'ils ne voient rien, qu'ils ne comprennent rien et nous relie au rang de personnages dans des livres abracadabrant.

Je tape quelques mots dans le moteur de recherche avec les informations que j'ai sans réel résultat. Visiblement, les chasseurs ont tout fait pour garder ça secret ce qui n'augure rien de bon. Je reste devant mon écran en faisant défiler les dernières informations de notre monde. On parle surtout de la fête de l'automne qui aura lieux dans quelques jours. Celle qui annonce le changement de saison ainsi que la migration de certaines créatures qui préfèrent la chaleur au climat humide de cette période de l'année. Pour moi, ça annonce surtout le début d'une période plus calme. Moins de demandes, moins de contrats, moins de travail.

Je n'arriverais pas à dormir, je le sais, alors je place la mallette dans mon coffre fort et me prépare pour quitter mon appartement. Je pourrais utiliser un portail mais je ne suis pas pressée ce qui me permet de sortir ma voiture du garage pour lui faire prendre un peu l'aire. L'été touche à sa fin mais les nuits sont encore chaudes et agréables autant en profiter au volant d'un cabriolé.

Chapitre 2

C'était la dernière que je devais appeler. J'ai gardé le plus dur pour la fin, mais bon c'est fait et même si elle n'avait de toute façon pas le choix, c'est une bonne chose qu'elle est acceptée de venir. Je repose mon portable avant de m'enfoncer dans mon fauteuil. Les chasseurs sont déjà en train d'augmenter le niveau de sécurité du quartier général. On ne reçoit que rarement des créatures ici et surtout pas en si grand nombre. Mais là, je n'ai pas le choix. Je ne peux pas ignorer cette menace qui plane sur nous tous.

Cinq morts, à l'échelle de la population de cette ville, ça ne représente pas grand chose, j'en suis conscient. Pour tout dire, ça serait presque passé inaperçu si ils étaient mort de manière naturelle ce qui est loin d'être le cas. J'ai pourtant déjà vu des centaines de corps, des centaines de morts depuis que je dirige cette faction de Chasseurs mais ça, c'est une grande première.

Celui qui a trouvé le premier corps est un novice. Il n'est en poste que depuis quelques semaines. Le choc a été rude pour lui, même si il est entraîné pour faire face à des situations difficiles, il n'aurait jamais imaginé tomber sur une horreur pareille. J'ai dû lui accorder deux jours de repos afin qu'il puisse se remettre mais je sais qu'il restera marqué à vie et qu'il ne pourra retirer cette image affreuse de sa tête.

Je sursaute légèrement en entendant frapper à ma porte.

-Entrez.

Le chef de la sécurité entre dans mon bureau avec sa tablette dans les mains. Je me doute qu'il voit en temps réelle tout ce qu'il se passe au QG, je lui fais confiance, c'est pour cette raison que je lui ai donné ce poste.

-Je t'écoute.

-On est prêt. Tout les monde est en place. Il n'y a aucune zone qui ne soit pas couverte. J'ai également ajouté des caméras de surveillance dans la salle de réunion et sur tout le parcours qui va de l'entrée à cette pièce. Chaque créature aura un badge unique et géolocalisable. Ils ne pourront pas faire un pas sans qu'on sache exactement où ils sont.

-Parfait.

-J'ai également assigné deux chasseurs à ta protection rapproché. Je serais avec eux au moment de la réunion.

-Je ne crains rien. Aucune créature ne s'en prendrait à moi en plein cœur du QG.

-Peut-être mais peut-être pas. En tout cas, ils n'en n'auront pas l'occasion.

-Très bien. Préviens tout le monde, les premiers ne vont plus tarder à arriver.

Il repart sans ajouter un mot. Tout est fin prêt, enfin, tout sauf moi. Bon nombre de Chasseurs n'approuvent pas cette réunion, le fait de faire entrer des créatures ici, mais ils ne savent pas tout. Ils ne comprennent pas à quel point la situation est grave. J'attrape ma tablette et mon portable avant de quitter mon bureau pour me rendre dans la salle de réunion où je m'installe au bout de la table. Rapidement, deux gardes viennent se placer à mes côtés avant que mon chef de sécurité n'arrive à son tour.

Au bout de quelques minutes, Claude le Roi des Vampires du pays arrive accompagné de sa garde. Je reste debout pour l'accueillir. C'est un ancien, l'un des rares encore en vie dans cette ville. Un vampire qui est né vampire, transformé dans le ventre de sa mère, il y a des centaines d'années. Il est le plus ancien, le plus sage de tout les Vampires du pays et surtout, il est celui qui les commande tous, rien ne se passe sans qu'il n'en soit informé. Aucune décision n'est prise tant qu'il n'a pas donné son accord.

-Bienvenu, dis-je en m'inclinant respectueusement au vue de son rang.

-Il vaudrait mieux que ça soit vraiment important. Même si j'ai l'éternité devant moi, je déteste perdre mon temps avec des Chasseurs.

-Vous pouvez me croire, ça l'est. Sinon, je ne me serais pas permis de tous vous déranger.

Je me doutais qu'il ne serait pas ravi de venir ici, comme tout ceux qui vont suivre d'ailleurs mais sur ce coup, on va devoir faire front ensemble. Aucun de nous n'aura le choix, surtout si on veut tous protéger nos divers espèces.

Il s'installe sans me répondre alors que Laurine, la Reine des Fées entre à son tour accompagnée de sa garde personnelle. Elle est presque aussi âgée que Claude mais à sa différence, il n'y a qu'une seule Reine dans cette espèce, une seule qui les dirige tous. Pour n'importe qui, elle ressemble probablement à une jeune femme d'une grande beauté. Un visage d'ange avec un sourire enjôleur. Une belle image qui cache bien la cruauté dont elle peut faire preuve si quelqu'un ose se dresser contre elle.

-Bienvenu Reine des Fées.

-Tu prends des risques Luke. Me convoquer. Moi ! C'est presque un affront. J'en ai tué pour moins que ça, déclare t-elle avec ce sourire dont j'ai appris à me méfier.

-Vous m'en voyez désolé, mais la situation l'exige.

Décidément, je sens que cette réunion va être vraiment tendue. Qu'une simple petite étincelle suffirait à embraser la pièce et à déclencher une guerre dont personne ne veut. L'un de ces garde tire son siège afin qu'elle s'installe. Pas une seule fois, je ne la vois poser son regard sur Claude. Ce qui n'est pas si étonnant que ça. Les créatures se mélangent rarement.

Vient alors le tour de Victor, le Roi des Alphas. Les traces sur son visage témoignent des combats qu'il a dû mener pour atterrir à ce poste, pour obtenir cette place qui le positionne au dessus de tout les autres. Je ne l'ai croisé qu'une seule fois mais j'avoue que je préfère rester loin de cette race. Ils sont trop imprévisible. Trop incontrôlable. Leur part de Loup les fait plus passer pour des animaux que pour des êtres civilisés.

-Bienvenu Roi des Alphas.

-Faisons vite, j'ai des jeunes à former. La cérémonie de transformation est dans quelques jours.

-Dès que tout le monde sera là, nous pourrons commencer.

Je me retiens de soupirer mais avoir autant de créatures de ce statut dans une même pièce est assez étouffant. La diplomatie est une grande partie de mon job pourtant ça n'empêche que je ne suis pas fan de ce genre de réunion. J'ai l'impression que je dois prendre des pincettes pour tout, que je dois peser chaque mot, chaque respiration que je pose.

Mais Lily arrive, seule, sans gardes. Les autres se tournent aussitôt vers elle sans qu'elle ne prenne le temps de s'attarder sur ce fait. Tout le monde sait qui elle est. Aucun statut royal, aucune couronne et pourtant, elle est aussi importante, aussi précieuse que tout ceux qui sont réunis ici. C'est la meilleure dans son domaine. Une chasseuse de prime dont les capacités sont reconnues bien au delà de nos frontières.

Elle s'installe avant même que je ne lui souhaite la bienvenu et enfin, Élie, le Roi des sorciers du pays fait son apparition avec son jeune apprentis qui n'est plus si jeune que ça même si il n'en n'a pas l'apparence. Ils sont sûrement les êtres plus âgés de la pièce. Élie est à ce poste depuis plus de cent ans maintenant bien qu'il forme son apprentis on sait tous qu'il ne va pas laisser sa place de si tôt.

-Bienvenu Roi des sorciers.

-Mon temps est précieux, allons à l'essentiel.

Tout le monde est là. La tension est palpable dans cette pièce. Ils se détestent pour ainsi dire tous. On un passif commun que rien ne pourra effacer. Il est temps de commencer cette réunion. Il est temps d'aborder ce sujet qui nous rassemble tous dans un même lieux.

-Merci à tous d'avoir accepté de prendre sur votre temps pour venir jusqu'ici. Je ne vous aurez pas demandé de vous déplacer si la situation ne l'exigeait pas.

De ma tablette, j'active l'écran géant qui descend du plafond. Dès qu'il s'allume, les divers photos de corps apparaissent. Les images défilent, ne cachant rien de l'horreur qu'ils ont tous subis.

-Dégueu Luke, déclare Lily. Il est un peu tôt pour un massacre.

-Des images valent mieux que des mots. Cinq corps ont été retrouvé en une semaine. Un Sorcier, une Fée, un Loup Garou, un Vampire et un Chasseur. Comme vous pouvez le constater, ces morts n'ont rien de naturelle. Ils ont tous été tué de la même manière. Ils se sont défendus mais les blessures sont identiques. Lacérations, perforations, membres arrachés. Leurs marques ont également disparus. Bien entendu, nous avons prélevé tout les échantillons possible mais nous n'avons rien trouvé, du moins rien de ce qu'on peut connaître.

-Comment ça, demande Laurine.

-Il y avait bien de l'ADN mais il n'est pas répertorié dans notre base de données.

-Une créature ? Insiste t-elle comme si j'avais cette réponse.

-C'est ce qu'on présume surtout au vue des blessures. J'ai envoyé les échantillons dans d'autres QG sans résultat pour le moment. Qu'importe ce que c'est, ça s'en prend à toutes les races sans distinctions. Je doute que ça s'arrête.

-Je vois toujours pas en quoi ça me concerne, déclare Lily en soupirant.

-L'un des tiens pourrait être le suivant.

-Et tu sais comme moi que ça ne me ferait ni chaud ni froid. On risque notre peau tout les jours. Je ne vois pas la différence.

J'étais sûr qu'elle réagirait comme ça. Il n'y a que l'adrénaline de la chasse qui l'intéresse, ça et la récompense qui en découle.

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