Neuf heures dans les locaux de STRONG NETWORK.
Assise dans son bureau, ses mains douces qui laissaient apprécier les ongles en email noire, elle tapait rapidement un texte. Ecouteurs mis, elle revenait sur la chanson qu'elle écoutait lorsqu'on ouvre brutalement son bureau.
Aicha sursauta en enlevant ses écouteurs d'un geste vif.
-Bonjour Mademoiselle...
-Madame je vous en prie, la freinait-elle.
Maguette cligna des yeux plusieurs fois en secouant la tête puis reprit.
- Je vous apporte les documents que vous avez demandé tout à l'heure, dit-elle en déposant un tas de chemises sur la table.
-C'est tout ? cinq documents ? vous êtes sûr d'avoir sélectionné tous les documents concernant le sujet ? s'informa-t-elle en ouvrant la première chemise.
-l'ancien chargé de communication travaillait apparemment avec précaution.
-C'est-à-dire ?
- Qu'il utilisait sa machine et une clé USB dans laquelle il mettait tous les plans d'actions de l'entreprise. Mais je vais vérifier s'il y'a d'autres informations dans la base de données.
- Je comprends Maguette. Merci ça sera tout.
- Je vous en prie madame, dit-elle froidement en sortant fermer la porte derrière elle.
Aicha en profitait pour prendre son café et se reconcentra sur son ordinateur.
Maguette était la secrétaire générale de l'entreprise depuis presque cinq ans. En fait, pour Aicha c'était son premier jour de travail en tant que chargée de communication de Strong Network. L'une des entreprises les plus renommée dans la télécommunication. Elle était certes nouvelle au poste de responsabilité mais ses stages lui avaient bien servi, par exemple à imposer le respect aux autres. Maguette savait qu'en entreprise, une femme se fait appeler « madame « peu importe sa situation matrimoniale. Naturellement, Aicha le lui avait fait comprendre. Elle n'avait pas l'intention d'en faire une rivale ou ennemie, mais les choses doivent rester claires, au premier contact et elle comptait bien y veiller.
Diplômé à l'université de Dakar en sociologie, Aicha a ensuite poursuivit une étude en communication dans une université privée. Très top dévouée, elle est passée par la vente, le commercial, par le manœuvre chez des maçons à côté de chez elle à l'époque où elle habitait Pikine. Toutes ses étapes de sa vie lui ont servi aujourd'hui dans ce poste de responsabilité.
Cependant, il lui faut beaucoup de courage. Ses supérieurs ne sont pas du genres à tolérer des erreurs. Elle doit déjà en être consciente. C'est le cas on dirait puisque d'un geste rapide, elle quitta son bureau. Habillée en ensemble veste marron, talons noirs et longs, elle parcoure le long et sophistiqué couloir en observant malicieusement les autres employés les l'uns plus corrects que les autres. Strong Network n'est pas une entreprise accessible à tous. Y intégrer demande beaucoup d'expériences et exigences. Inspirant profondément, Aicha s'arrêta à l'accueil en s'accoudant sur le bureau.
-Vous désirez ? lui demanda Sala, la réceptionniste.
- Je m'appelle Aicha Traoré, la nouvelle chargée de communication.
- Ah oui, une réunion est prévue pour une présentation dans quelques minutes. Mais qu'est-ce que vous faites ici ?
- Je voulais obs...non rien. C'est comment le nom ?
- Madame Ndiaye mais tout le monde m'appelle sala. Bienvenu et soyez à l'aise.
- Vous êtes aimable sala. Merci encore et bonne journée.
- Je ne fais que mon boulot, et vous devez y retourner à votre poste avant que...bref, bonne journée, fit-elle en souriant.
Aicha retourna les talons en rejoignant son bureau. Elle commençait à décompresser les dossiers et les étudier une demi-heure avant d'être convoquée en salle de réunion. En ouvrant la salle, elle remarqua qu'elle était la dernière à avoir répondue à la convocation. Sans faire de bruit et pourtant sous le regard de tous, elle se fit une place tout en les ignorant.
- Et puisque dans notre calendrier il est indiqué que « l'opération kalpé » est dans le court terme, il sera impossible de songer à une campagne de quinze jours, poursuit le responsable commercial
- cela ne risque pas d'être compliqué puisque nous avons une nouvelle chargée de communication. J'en profite pour la présenter ou bien la laisser se présenter. Mademoiselle ...
-Madame, svp ! insista Aicha
Par expérience, le directeur général traça un sourire sur ses lèvres. Sans le montrer, il était vraiment content d'avoir une nouvelle recrue aussi effrontée.
- Autant pour moi Madame Traoré ! alors dites-nous qui vous êtes bien que nous ayons déjà un aperçue.
- Aicha Traoré, chargée de communication de Strong Network. Croyez-moi c'est un plaisir de faire partir de votre groupe j'espère que nous allons faire un bon travail.
Choqué par tant de sérieux sur cette fille, tout le monde la regardait à bouche ouvert, c'était même devenu gênant. Elle a été quand même sauvée par l'entrée de cet homme séduisant au caractère froid et mystérieux.
-Merci bien, reprit le directeur. Alors bienvenu à toi aussi. Nous attendons beaucoup de vous, vous serez notre vitrine. Et ne vous en fait pas, vous aurez l'occasion de connaitre le reste de l'équipe.
Elle écoutait le directeur et se mit d'un coup à fixer le dernier à entrer dans le bureau. Ce dernier était totalement à fond sur son ordinateur. Quelques instants, il se leva et appuya sur un bouton qui alluma la projection.
- J'ai besoin de votre attention pour que nous puissions décortiquer le système de management processus.
- Excusez-moi monsieur, fit-elle en attirant l'attention de l'équipe sur elle. Le management n'est pas mon domaine, reprit-elle. J'ai donc besoin de comprendre sur quelle base repose cette réunion.
- Vous serez débriefée à la fin de cette séance. Vous êtes nouvelle madame Traoré, tachez de ne point vous faire remarquer aussitôt, répondit-il froidement en reprenant: Alors, je disais qu'il faudra déterminer les objectifs et indications mais avant regardons cette vidéo, termina-t-il en manipulant la télécommande avant de s'installer confortablement sur son fauteuil.
Aicha profita de cette petite pause pour chuchoter dans l'oreille de sala assise à coté d'elle.
- Comment s'appelle ce monsieur ?
- Touré ! Monsieur Touré. C'est le manager, très pragmatique, sérieux, et parfois autoritaire.
- Vous faites références à la façon dont il m'a remballé tout à l'heure ?
- Disons que vous n'avez encore rien vu. Ce n'est pas pour vous faire peur, mais vous devez rester encore pus discrète si vous voulez rester longtemps ici.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Ce n'est pas le moment ! suivons la vidéo svp, la conseilla sala en l'obligeant à se concentrer
Aicha respira profondément en se tenant droit sur sa chaise. L'esprit ailleurs, elle essaya de décortiquer les sous-entendus de la réceptionniste, la seule qui s'était montrée aimable avec elle, depuis ce matin, et peut-être pour toujours. la réunion prit fin, Aicha rejoint les autres à l'heure de la pause. en effet, elle pensait manger en équipe avec tout le monde. Mais personne n'était au jardin. Même pas l'ombre de sala, à qui elle pouvait soutirer des renseignements. resignée, elle ramena ses mèches par derrière en rejoignant son bureau d'où elle comptait déjeuner en paix. Malheureusement cela n'allait pas se passer comme elle l'aurait souhaiter. A peine qu'elle déposa son repas sur la table, une main forte frappa au porte de son bureau.
- Entrez je vous prie ! dit-elle en prenant une bouchée de son sandwich
c'était lui ! l'homme qui l'avait cloué le bec tout à l'heure. Il était là debout, ses mains dans ses poches. Il respirait lentement en fixant la fixant de son regard franc et menaçant. Il la regardait mâcher nonchalamment son déjeuner.
- Vous devez savoir que le déjeuner se prend en dehors des bureaux, en entreprise, dit-il sèchement.
Aicha releva les yeux sur son visage en ne négligeant aucune des parties de son corps. Elle l'avait dévisagé de haut en bas, sans vraiment savoir quoi lui répondre. Il reprit donc:
- Sortez finir votre hamburger dehors ! et tachez de rester correcte. c'est la deuxième fois que je vous le répète, fit-il en voulant quitter le bureau d'un pas rapide et autoritaire.
- Pour quelle raison croyez-vous que je vais suivre vos ordres depuis que vous ne cessez de m'en donner ?
- Pour la bonne et simple raison que vous faites partie de l'équipe managériale dont je suis directeur. sortez manger dehors madame Traoré. termina-t-il en prenant la poignée de la porte et sortit du bureau avec une allure qui laissa Aicha bouche bée
Aicha
Je poussais la porte de la salle de bain au moment où mon téléphone sonnait le réveil. Je l'agrippais pour l'éteindre et le jetais au lit. J'avançais jusqu'à mon armoire, pour choisir une tenue correcte, décontractée. Un ensemble veste marron fera l'affaire. Je me dirigeais ensuite devant le miroir pour me mettre une perruque ainsi qu'un maquillage soft : rouge à lèvre nude, mascara, fond de teint et un peu de poudre. A six heures déjà j'étais prête à aller au bureau.
Je le franchissais avec une bonne humeur. C'était ma deuxième journée de travail. J'avais un mois avant, déjà fait des recherches sur STRONG NETWORK, et j'osais dire que je maitrise un peu leurs procédures sauf un élément : monsieur touré. J'ignorais beaucoup de lui raison pour laquelle le laisser me trouer de mots durs m'avait empêché de dormir. Lorsqu'il fut sorti de mon bureau hier, j'avais perdu appétit de manger mais pas de travailler. J'en ai profité pour mener une enquête dont les résultats me seront livrés dans la journée.
En franchissant la porte de l'entreprise, à sept heures, je me suis rendu compte de la stupidité de beaucoup de choses dont j'aimerai parler tout à l'heure dans la réunion. Les employés étaient dans l'action. Je me rendis compte que je n'étais généralement pas la première à me réveiller de bonne heure. D'un pas rapide, j'avançais vers la réceptionniste qui souriait en me voyant.
-Bonjour « madame », ironisa-t-elle.
Je souris en me rapprochant de son bureau.
-Bonjour Sala j'ai compris ton « MADAME » si vous me le permettez je vais vous le rendre.
-Je préfère que vous me tutoyiez, sala tout court.
-Alors commence à faire de même.
Elle ria en balayant des mains ma phrase pour ensuite contourner son bureau. Elle était bien habillée aussi. Et avec son regard coquin, elle prit les dossiers qui étaient posés sur le bureau puis marchait vers l'ascenseur.
-Je sais que tu as beaucoup d'idées pour l'entreprise. Je sais aussi que tu es une personne très différente.
- Comment tu as fait pour détecter tout cela en moi et surtout qu'est-ce qui fait que tu sois aussi sure ?
- Je n'en suis pas sure, je suis en phase de supposition avec toi. Mais au fond de moi, je prie pour que ça ne soit pas le contraire de ce que je pense de toi.
Arrivée à l'ascenseur, elle appuya sur le bouton et m'adressa un sourire qu'elle voulu rassurant en me faisant signe de la rejoindre.
-Non ! tout sauf l'ascenseur. Je prendrai les escaliers. Dis-je en voulant me retourner lorsque je sentis sa main me tirer à l'intérieur. Didon tu manges mange bien toi-là, non c'est moi qui pèse cinquante kilos.
-Je ne te laisserai pas prendre les escaliers avec tes talons. Avec moi tu vaincras ta phobie de l'ascenseur. Et un conseil ne le répète à tout le monde.
Nous nous séparons au deuxième étage où j'avais mon bureau dans lequel je venais de déménager. La décoration me plaisait, faudrait juste que je change la disposition de la table au plus tard la semaine prochaine. Je déposais mon sac dans le placard avant de débrancher ma machine. J'enfilais ma veste que j'avais déposé sur mon canapé quelques secondes après mon installation. Je sortis de mon bureau pour aller assister à la réunion générale.
Huit heures ! tout le monde était déjà installé. J'étais encore la dernière à les rejoindre. Cette fois ci je n'étais pas victime de regards perçant mais monsieur touré oui. Il est le dernier à entrer dans la salle de réunion avec une allure sérieuse. Il était grand, 1m70. Son teint clair définissait son origine. Ses yeux étaient petits et noirs et cachaient un regard perçant. Sa coupe de cheveux venait compléter son O sur son menton. Il était professionnellement beau et séduisant.
_Finissons-en !, disait le DG.
Je me remettais droit sur ma chaise en allumant ma machine. Les autres firent de même et la réunion commença. Chacun faisait son bilan de la semaine en mettant l'accent sur leurs capacités à gérer leur poste. Sala avait raison. J'ai l'impression que les employés sont menés à la baguette mais par qui ?
_Madame Traoré avez-vous quelque chose à proposé ?
Je me raclais la gorge pour me redonner du courage. C'était ma première présentation et j'avais une petite dose de stresse. Mais je me laisser aller naturellement.
_Oui bien-sûr. Si vous me permettez je vais faire une projection.
_Allez-y !
Je me levais pour brancher mon ordinateur. Il y'avait un silence collectif dans la salle de réunion. Je sentais que j'étais minutieusement surveillée. Monsieur Touré, lui se contentait de saisir sur son ordinateur. Il m'avait totalement ignoré depuis son entrée. Je remis ma clé dans mon ordinateur qui s'affichait désormais sur le grand écran de la salle de réunion.
_Bien alors, je vais vous présenter une nouvelle forme de communication que nous allons adopter par vote. J'ai avant tout fait le diagnostique de la communication interne de l'entreprise. Ensuite celui du contexte et du marché mais il nous faudra innonver.
_Soyez beaucoup plus explicite. Nous n'avions pas compris quand vous parliez de communication interne, intervenait Maguette.
Je pris le marqueur pour encercler une image projetée.
_l'entreprise a tout sauf une bonne mode de prise de décision et une bon système de management.
_Vous voulez critiquer le travail de monsieur Touré ?
_Laissez-moi terminer Maguette, la frènai-je. En faisant un diagnostique j'ai remarqué que les techniques d'animations ne sont pas adequoites. C'est peut être la faute du directeur général et le directeur stratégique. Mais là n'est pas le problème. Il faut redéfinir les objectifs de l'entreprise en appliquant d'autres mesures.
_Lesquelles ? S'intéressa le Dg
_Intérieurement, laisser les employer indépendantes. J'ai remarqué qu'il y'avait pas un espace aménagé pour le déjeuner. À huit heures, ils sont sous tensions alors qu'ils commencent tout juste la journée. Il y a un problème interne à regler d'abord.
_ Vous avez des solutions ?
_Naturellement oui. Il faut organiser une boite à lettre anonyme tout de suite. Et laisser les employés dire ce qu'ils ont dans le coeur.
_Nous allons perdre du temps avec cette méthode. Intervient monsieur Touré qui me perçant pour la première fois depuis ce matin du regard.
_Pas si je m'en charge. Le reste des propositions je vais vous les partager par mail chacun pourra ensuite donner son avis. Merci pour votre attention.
La réunion terminée, je rejoins mon bureau avec l'intention de me débarrasser de mes talons lorsque mon bipeur sonna.
_Je vous écoute, dis-je en décrochant.
_ Je vous prie de passer au bureau du directeur. Il a fair appel à vous.
Je déposais mon téléphone en allant répondre dans son bureau. À ma grande surprise, il y'avait monsieur Touré debout devant la bée vitrée. Il avait les moins dans ses poches. Son parfum trop citronnelle me chatouillait le nez. J'étais restée devant la porte d'un coup avec le coeur battant. Qu'est-ce qu'il faisait dans le bureau du directeur ? Est-ce lui qui voulait me voir ? Je me posais ces questions en silence. Un silence qu'il voulait briser. Il se retourne enfin et avec son accent français, il me proposa de prendre place. Je pris place sans le quitter des yeux jusqu'à ce qu'il fit de même.
_J'ai consulté votre proposition très intéressante il faut avouer. Vous aurez votre réponses demain. Mais avant j'ai besoin de comprendre certains points.
Il avait un bon débit. Un accent français qui le rendait charmant. Je le regardais gesticuler avec le crayon qu'il appuyait sur son agenda. À un moment donné il a relevé son regard vers moi alors que je perdais le contrôle de la concentration. Mais qui est cet homme ?
_ Quels sont les points que vous ne comprenez pas ?
_L'ambiance de l'entreprise. Nous sommes une structure pas une salle de cinéma.
_ Je parlais de la motivation instrumental, de l'engagement managérial que vous maîtrisez certainement mieux que moi. Dites-moi avant que je ne continue, pourquoi c'est vous qui me recevez ?
_Parce que je suis le directeur adjoint. Continuez je vous prie ! Dit-il en manipulant son ordinateur.
Je levais les yeux au ciel pour ne pas péter les plombs avant de poursuivre
_ Définir les objectifs de la communication est...
_C'est votre rôle. Vous devez apprendre à rester figer sur un seul objectif.
_ Que voulez-vous dire ?
_Que vous êtes trop autoritaire pour une jeune comme vous.
_ Sachez que s'il m'avait été possible de me comporter autrement je n'aurai pas agi ainsi.
_Je ne vous demande pas de vous justifier, mais de faire preuve de modestie. Chambouler les gens avec vos méthodes archaiques et vous prendre pour une héroïne ne fera qu'empirer les choses.
_Je vous prie d..
_Ne me coupez pas la parole ! Me dit-il sur un ton ferme sans me lâcher des yeux.
Je me ressaisis en repensant aux conseils de Sala. Je gardais donc mon sang froid.
_ Excusez-moi !
_Vous devez faire preuve de performance et d'endurance en entreprise. Je ne voudrais plus avoir à m'entretenir avec vous sur ce sujet.
_D'accord. J'ai juste une question.
_Allez-y !
_Sur l'ordre de qui je dois dépendre entre vous et le directeur ?
_Naturellement sur celui ce vous donne des ordres à exécuter sans négociation.
Il avait parlé avec un sourire sadique aux coins des lèvres. Il se fichait complètement de ma gueule, et le pire c'est qu'il adorait le faire.
_Compris, dis-je en me levant pour sortir de son bureau.
lorsque je fus totalement à la porte, il m'appela en se levant lui aussi et fit quelques pas vers moi. Je relevais les yeux sur lui en le défiant du regard, ma main déjà sur le poignée de la porte.
_ Bienvenu à STRONG NETWORK !
Il alla s'assoir en m'ignorant totalement. Je sortais de son bureau complètement énervée. Il comptait me rendre la vie impossible dans cet entreprise. Je me demande pourquoi il est impossible pour un homme de se laisser diriger par une femme. Je claquais la porte à mon tour et sortis me calfeutrer dans mon bureau. Ce soir j'avais à faire mais dès demain je lui réglerai son compte.
...
J'ai rejoins mon appartement vers 18 heures. Je balançais mes clés sur la table et fonçais directement dans la cuisine. J'avais pas pu manger au bureau. Il fallait que je termine les nouveaux objectifs de communication de l'entreprise que je dois déposer à la première heure demain. J'avais prévu d'utiliser mes talents pour occuper entièrement mon poste. Pour cela j'ai prévu de prendre mes devants avant qu'on ne me prive de mon indépendance.
Je pris un bain vite fait et sortis gérer une affaire. Y'avait un rendez-vous avec un ami détective. Je l'ai connu il y a sept ans. Un jour alors que j'avais faim, j'ai volé son sandwich alors qu'il était occupé à réparer une voiture. Lorsqu'il m'a prit la main dans le sac, je l'ai fait pivoter et mise à terre. Une bagarre qui avait fini par nous lier.
Je devais le retrouver dans son garage mécanique depuis 14 heures. Mais puisque j'étais trop chargée, me voilà à 19 heures devant son lieu de travail.
Il était très à fond dans sa réparation. L'apercevoir sous la voiture avec son accoutrement me rappelle les moments où je faisais la même chose.
Lorsqu'il m'aperçoit, il sursauta en me tenant debout, une clé mécanique à la main.
_J'espère que tu n'es pas venue cette fois-ci me voler mon sandwich.
_ Je suis plutôt venue te mettre une raclée.
_J'ai pris mes devants. Ceinture noire premiere dan.
Je souris en venant l'embrasser.
_Tu m'as manqué Oumar.
_ À moi aussi mais je comprends que tu essayes de te retrouver. C'est dans cette lancée que j'ai envie de toujours te retrouver.
_Oui tu m'as toujours orienté vers mes objectifs précis. Je t'en remercierai jamais assez.
_Ohhh! Fit-il en s'éloignant d'un pas et prit un dossier sur une moto.
Il revient me le tendre sans me quitter du regard. Je me précipitais à l'ouvrir en lisant les deux premières lignes.
_ STRONG NETWORK appartient à Monsieur Touré ? Disais-je surprise.
Oumar s'essuya les mains en m'encourageant à lire la suite.
_Et tant d'autres qui sont parmi les pre.. premières ? Bégayai-je en battant des cils.
_Il n'est pas celui que vous croyez. C'est un homme assez intelligent. Très rusé, il a implanté des sociétés et a délégué le poste de directeur général à d'autres. Cela lui permettra de suivre l'évolution de son business en tant qu'employé.
_Il est bien plus intelligent que ce que je croyais. J'avoue que son strstratégie est d'une pertinence extraordinaire.
_Je te l'accorde.
_Il faut que je sache davantage sur lui. Oumar, tu dois creuser encore plus, j'ai besoin d'en savoir plus sur Monsieur Touré.
_Que veux tu vraiment encore savoir sur Rassoul que tu ne sais déjà ?
_RASSOUL ? Rassoul !..
Aicha
-c'est comme ça qu'il se nomme donc ? disais-je en déposa le dossier sur la moto. Qu'est-ce que tu sais encore de lui ?
- Qu'il est capable de te foutre à la porte si jamais il découvre que tu enquêtes sur lui. Et puis pourquoi faire ?
- Parce que je suis la chargée de communication de son entreprise et j'ai besoin de tout savoir sur lui pour prendre mes devants.
- Il te mène la vie dure au bureau ?
- Je ne le laisserai pas faire, murmurai-je en prenant la clé qu'il tenait.
- Hey ! qu'est-ce que tu fais ? sifflait 'il en me suivant vers la voiture.
Je me glissais sous la voiture à réparer et commence à analyser la panne. Oumar resta silencieux pendant un instant avant de me défier.
- Je doute que ça soit toujours ton truc de réparer des voitures surtout cet ancien model.
- Faisons un pacte ! si j'arrive à réparer la voiture, tu me la prête cette semaine le temps que j'en cherche une.
- Hors de question que je te laisse conduire cette ancienne marque. De toute façon tu ne réussiras pas...
- C'est fait ! le coupai-je en roulant deux fois sur moi pour me relever.
- À la réparer ... fini-t'il stupéfait. Aicha je crois que tu devrais revenir travailler avec moi au garage.
- Haha haha ! éclatais-je de rire. Et je fais quoi avec mon nouveau travail hein, dis-moi ?
Je me nettoyais les mains et me dépoussiérais le pantalon. Je recaptais son regard en lui rendant la serviette qu'il m'avait prêté. Son regard protecteur me percuta une nouvelle fois. Il savait que j'avais un engagement envers cette entreprise et sachant que je ne recule devant rien, il essayait de me prévenir.
-Il faut que j'y aille maintenant. J'ai un mail à envoyer. Disais-je en me passant la main sur le visage.
- Je sais que tu comprends ce que je ne te dis pas. Promets-moi juste d'être prudente.
- Promis !
Il me donna un coup d'épaule avant de me jeter la clé de la voiture que je captais prudemment avant de rejoindre la voiture qui me conduit jusqu'à chez moi.
J'ai veillé sur sa machine pour boucler enfin ma proposition. Après m'être donné tout le courage nécessaire, j'ose enfin pouvoir me reposer. Je fermais ensuite mon ordinateur et descendis le lit dans un étirement profond. D'une démarche fatigante, je rejoins la cuisine pour me préparer un sandwich que je dégustais lentement mais avec L'esprit ailleurs.
Maintenant que je savais une partie de cet homme arrogant et insociable, je m'étais fixée d'autres objectifs à prévaloir. Je ne comptais plus me laisser rabaisser par cet homme ni me laisser dérouter de mon objectif primaire : Redresser l'entreprise. J'envisage de renverser la tendance, faire de cette entreprise une véritable réussite quoique cela pourrait me coûtera.
...
À STRONG NETWORKS
Je terminais les escaliers pour rejoindre mon bureau. J'ouvris la porte en déposant mon sac sur le canapé. Je rejoins ma chaise et commence à rediger sur ma machine une demande de sponsoring. À la peine que j'arrivais à me concentrer mon bureau s'ouvrit sur Sala. Je lui fais signe d'entrer et de prendre place mais elle préféra rester debout.
_Je t'ai vu prendre les escaliers. Décidément tu ne comptes pas te soigner.
_Tout sauf les ascenseurs, je te l'avais dit.
Elle émit un sourire et mouilla ses lèvres avec sa langue avant de s'approcher lentement sur mon bureau.
_Une grande réunion est organisée à 9 heures par le directeur général. Maguette vient de me donner la note.
_Enfaite sala, je ne sais pas ce que tu fais ici mais ce n'était pas à toi de m'avertir. Ce n'est pas pour te vexer mais professionnellement tu sais que j'ai raison.
_Je ne suis pas vexée.
Elle mentait ! Ce qu'ils ignorent tous dans cette entreprise c'est que j'ai un diplôme en sociologie que je n'ai pas mentionné dans mon cv.
_ Depuis combien de temps tu es là ?
_Six ans pourquoi ? Sourcilla-t-elle.
_Est-ce que tu avais le choix de faire ce métier ?
_Je crois bien que oui, à défaut je ne serais pas là non ?
_Enfaite non. Bref, où est Maguette ?
_Dans la salle de réunion. Bon je vais rejoindre mon poste j'étais juste passer te saluer.
_c'est gentil sala, dis-je avec un grand sourire.
Je me reconcentra sur mon ordinateur qui me signalait un mail de la part de notre directeur. Je clique dessus avec impatience.
~ courrier datant le 20/01/19~
Bien reçu Madame Traoré. Une très satisfaction j'ai eu à lire vos propositions. Nous en reparlerons dès demain. Toutefois passez me voir dans mon bureau avant la grande réunion.
Cordialement !
Expéditeur: www.strongnetwork@gmail.com
Le directeur général.
Je fermais le mail en me levant rejoindre son bureau. En traversant le couloir, je remarque l'affluence qui s'y présentait. Les employés étaient tous agités. C'était dû à la grande réunion qui aura lieu dans exactement 23 minutes, où il y'avait une autre chose dont je ne suis pas au courant ?
Je toquais à la porte attendant d'être invité. J'entendis une voix me dire d'entrer. Je respirais profondément en essayant de dissimuler mon stresse. J'ouvris la porte et j'entrais discrètement.
Madame Traoré !
_Bonjour Monsieur le directeur. Le saluai-je en me redressant le cou.
J'étais trop stressée à l'idée qu'il puisse rejeter ma proposition. De toute manière, ça ne sera pas la première fois juste que cette-fois çi, j'ai trop confiance et je voulais prouver à moi même que je suis capable d'y arriver.
_ Prenez place je vous prie !
Je ferma le bouton de ma veste et contourna la chaise pour m'asseoir. Il fit de même en plongeant son regard sur les dossiers lesquels il prit en m'en donnant un.
_C'est le dossier de la nouvelle affaire, laquelle nous voulons que vous gérez la communication. J'ai lu votre proposition, sachez que vous avez carte blanche pour manœuvrer à votre guise.
Je quittais des yeux le dossier que je parcourais en relevant les yeux sur lui sans laisser apparaître ma joie. Je suis restée professionnelle longtemps que j'ai pu en le remerciant. Il faut avouer que c'est pour le redressement de son entreprise ou plutôt celui de Rassoul, cette belle proposition. Ils ne sont pas bêtes pour la refuser d'autant plus que STRONG NETWORK a besoin de vivre même s'ils cachent que ça sent la faillite.
_ J'aimerai avoir une équipe avec qui je sous-traiterai. Ce projet mérite d'être mené à la réussite.
_Je ne le vous fait pas dire. Vous avez du pain sur la planche et surtout que vous êtes en état de manœuvrer à votre guise Madame, à partir de maintenant, lacha-t-il en se levant.
Je fis de même et nous marchons jusqu'à la porte. Il regarda sur sa montre et me lança un bref regard
_ C'est bientôt l'heure piur la réunion je vous propose de m'accompagner devant le hall.
_Après vous !
Nous nous dirigeons à la réunion qui concernait tous les employés. Le hall était bombé de monde. J'accompagnais fièrement le directeur sous le regard neutre de Monsieur Touré. Il était là, bien élégant dans sa chemise noire qui mettait en valeur son teint clair, propre. Il me regardait profondement, jusqu'à légèrement me perturber. Je me séparais du directeur en avançant vers Sala qui semblait toujours frustrée mais elle savait bien le masquer.
_Votre attention à tous ! Je voudrais vous remercier tous pour votre attachement à cette entreprise qui vous appartient. Cette réunion a été organisé dans le cadre du nouveau changement déjà fait. Hier, une proposition a été fait par Madame Traoré qui consiste à mettre en disposition de tous les employés, une voiture que l'entreprise prendra en charge.
Des murmures se firent entendre pendant que j'essayais de soutenir le regard de Monsieur Touré.
_Des terrains seront aussi à votre disposition. Les stagiaires recevrons des primes sur chaque marché gagné ou travail accompli. Vous n'aurez plus à déjeuner en dehors de l'entreprise. STRONG NETWORK décide de vous payer les repas qui seront livrés à l'entreprise. Le jardin sera aménagé. Et pour finir une boîte à lettre est mise en place piur recevoir vos contributions, suggestions et revendications. La bonne nouvelle c'est qu'un nouveau projet est lancé et ça sera Madame Traoré qui va le piloter avec son équipe qu'elle choisira tout à l'heure. Pour boucler, Elle vient d'être nommée, directrice de la cellule communication de STRONG NETWORK.
Des applaudissements étaient nourris. On sentait nettement qu'ils étaient très contents. Et sur leurs regards, j'y voyais de la reconnaissance. Le directeur me fit signe de m'approcher et de prendre parole.
Naturellement je remercie l'assemblé avant de leur faire part de ma nouvelle équipe qui compose Sala et Maguette et deux garçons que j'avais repéré lors de la première réunion. Sala était stupéfaite. Elle écarquillait les yeux sans vraiment savoir où se mettre les pieds. Maguette quant à elle, souriante, manifestait une joie que je n'arrivais pas à décortiquer.
Chacun avait rejoins son poste après la réunion. Dans mon bureau, j'étudiais le dossier que m'avait remis le directeur. J'y travaillais presque toute la journée sans me rendre compte que je n'avais déjeuné...
À la descente, sans faire exprès, j'ai foncé dans quelqu'un alors que je sortais de mon bureau avec précipitation. Je me reculais d'un pas et me rendais compte de qui il s'agissait : Monsieur Touré
_Ça vous arrive souvent de regarder où vous allez ?
C'était la première fois depuis ce matin qu'il m'adressait la parole. Et il l'avait fait avec une telle arrogance.
_Désolé !, je cherchais maladroitement mes clés de voiture.
Il ignora mes excuses en continua son chemin vers l'ascenseur. Je le poursuivais du regard jusqu'à ce qu'il soit dedans. À ma grande surprise, je l'aperçois saluer un homme qui traversait. Il lui avait sourit. Un jolie sourire qui laissait apparaitre ses fossettes. L'ascenseur se referma aussitôt m'empêchant de contempler ce jolie sourire. Je décidais alors de poursuivre mon chemin lorsque sala m'intercepta.
_Je ne sais pas comment te remercier pour le geste de tout à l'heure.
_Oh je sais, faudra juste m'aider à réussir le challenge.
_Tu peux compter sur moi. Je suis vraiment prise à la surprise, je te remercie vraiment de m'avoir fait confiance, lâcha-t-elle en gesticulant.
_Oh je t'en prie sala oublies cette histoire et rentres bien !
_Bien, d'accord. A demain !
_À demain.
Je pris encore les escaliers et rejoins en vitesse ma voiture. Je roulais treize minutes après sur l'autoroute en mettant la musique à fond. Je savourais mon premier pas réussi tout en sachant qu'il me restait encore énormément de réussites à fêter. Ma chance dans ce projet sera très appréciée, il faudrait donc que je la booste mais aussi que je booste les freins de ma voiture parce qu'elle vient de tomber en panne. Oh mon dieu il ne manquait plus que ça.. Grognai-je
Je venais de créer un embouteillage sur l'autoroute à cause de ma voiture qui m'a lâché un peu trop tôt. Oumar m'avait prévenu. Les voitures derrière, me klaxonnaient. Pourtant je tentais par tous les moyens de la redémarrer mais en vain. C'était une vielle caisse qui, j'avoue était difficile à conduire.
Sur mon rétroviseur, je vis un homme avec une allure forte, sortir de sa voiture et se diriger vers moi. Je gardais mon calme sans cesser de manipuler l'engin. L'homme en question s'approcha de plus près me permettant de le reconnaître.
Oh non pas lui !...
_Vous ? Martelait' il
_ Oui moi..
_Vous savez diriger une entreprise mais conduire apparemment non.
_Tomber en panne ça vous parle ? me défendais-je d'une manière insolente.
Il ouvrit la porte de la voiture en jetant un regard à l'atmosphère.
_Sortez de la voiture !
_Vous voulez rire ? Grinçai-je
Sans que je ne comprenne comment et pourquoi, il me prit le poignet et m'obligeant de force à sortir de la voiture. Je tentais de me défaire de son emprise en me débattant.
_Crissez moi la paix ! bordel...
Il me conduit sous le regard des personnes véhiculés, dans sa Ford noire, me plaça au siège devant en me jetant presque en pleine figure mon sac, avant de verrouiller la voiture puis rebroussant chemin jusqu'à la mienne en panne.
Je l'apercevais déplacer la voiture de l'autre côté pour qu'elle n'encombre plus la route. Une fois fait, il revenait vers sa voiture alors que j'étais énervée jusqu'aux tripes. Il rejoint son siège er démarra en passant un coup de fil.
_ J'ai besoin de déplacer un Chevrolet noir à quelques mètres de l'autoroute de l'Est à l'entrée, merci ! raccrocha-t'il.
Il déposa son téléphone en poursuivait son chemin sans même me calculer.
Mais quel genre d'homme était-il ?
_Est-ce qu'on vous a dit que vous avez un sal caractère ? En plus d'être hautain, vous avez un sacré culot. Vous auriez du me laisser prendre un taxi.
Comme s'il attendait que ça, Monsieur Touré freina brusquement en déverrouillant la voiture.
_Descendez maintenant ! Lâcha t-il en Levant enfin les yeux sur moi.
Orgueilleuse, je sortis de sa voiture et le laisser la refermer lui même. Il démarra aussitôt me laissant complètement perturbée.
J'aurais dû la fermer cette fois-ci...