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01.
***(Dans la tête de Cassie)***
Je suis une femme ; une battante et un être plein de bonnes ambitions, mais je ne comprends pas pourquoi je n'avance pas ?
Pourquoi rien ne marche ? pourquoi toutes mes tentatives sont littéralement vouées à l'échec ?
Je veux juste être comme toutes les autres, avoir une vie de rêve et ne me faire aucun soucis du lendemain, je veux...
-Hey ! toi-là
-humm ? je me tourne pour voir de nouveau le même visage
-pardon viens ici tu n'as pas fini avec ce que j'ai demandé
-mais maman
-ah ! ne m'énerve pas ohhh ne m'énerve pas !
-pfff... je soupire longuement et vais dans la cuisine toute façon elle m'oblige toujours à tout faire celle-là
Depuis des années je subis le même sort, issue d'une famille pauvre de trois enfants je suis l'heureuse dernière, avec une mère partie au bout du monde parce qu'elle en avait marre d'un mari pauvre, mon père nous a élevé tout seul, mon frère ainé a réussi sa vie et a coupé les ponts avec nous, ma sœur elle s'est installée chez un homme qui jusqu'à ce jour la bat continuellement mais que faire ? il assure ces lendemains, et moi ? bah moi je suis encore dans cette maison, à subir les représailles d'une belle-mère qui n'en finit pas de me dénigrer...
J'aurais pu fuir mais où aller ? Je coupais les oignons mes pensées lointaines et mitigées, la plupart de mes amies sont des filles de riches et elles me rabaissent quand elles ont en l'occasion, ne pouvant plus supporter cette situation je me renfermais dans ma bulle, trop de honte pour ma personne...
En résumé, j'avais 20ans j'étais à la maison et je n'avais aucun avenir... Comment changer le cours de ma vie ??
-Cassie !... Cassie !
-humm ! maman !
-ah la fille-ci va me tuer ohh toujours en train de rêver, pardon ne brûle pas ma marmite hein mon mari doit manger ce soir je te préviens...
-...
5ans plus tard...
-Cassie, réveille-toi !... Cassie oh !
-humm ?! quoi ?
-mama tu dors sur les dossiers maintenant ?
-humm parle doucement ma tête cogne comme pas possible
-tu étais perdue dans tes pensées ou quoi ?
-ah laisse...
Eh oui ! nous voilà 5ans plus tard, j'avais fini par trouvé du boulot et j'étais plutôt heureuse, j'avais quitté la maison de mon père pour m'installer plus loin en ville, je louais un appartement et j'étais entièrement indépendante, cependant il me manquait toujours quelque chose je n'étais pas si heureuse que ça, mes relations avec mon père c'étaient dégradés et je n'avais plus remis un seul pied chez moi au village depuis fort longtemps...
-toi et tes pensées toujours là à réfléchir
-pardon jenny ferme ta bouche si tu ne veux pas qu'on se batte ici-là
-hahaha tu m'étonne qu'on va se battre ; elle se leva et quitta mon bureau
Je l'aimais bien jenny c'était ma seule amie depuis que je suis arrivée en ville, on travaillait ensemble et nos relations s'étaient affinées avec le temps...
-mais dis-moi Jenny on va toujours au restau non?
-oui oh mama ! façon j'ai faim là tu crois que quoi ? je vais manger tchruuuuuuu dépêche-toi seulement je t'attends en bas
Elle referma la porte me laissant avec un sourire... Je prenais mon sac, mes clés et hop c'était partie
-j'ai tellement faim pardon dépêche-toi
-mais je suis là quelle vitesse tu veux encore ?
-ahh je te connais ouvre la portière seulement
-humm toi-là ohh tu me menace pour ma propre voiture
-et puis quoi ? tchruuu ouvre je dis que mon ventre va t'attendre ?
Cette fille avec ses manières kiéé ! c'est mon amie ohh
A peine je montais dans la voiture que mon téléphone sonna...
-allô ?
-Cassie c'est toi ?
-oui... c'est qui ?
-ton père...
Papa ?? mon cœur fit un bon... papa ? après 5ans?? oh mon Dieu...
Bonne et Heureuse année à tous...
02.
Mon cœur fit un bon... papa m'appeler après tant d'années ?
J'avais coupé les ponts car j'avais subi trop d'oppression avec ma belle-mère, cette femme avait détruit une partie de ma jeunesse et je n'avais eu personne pour me soutenir mon père trop occupé à chérir son démon de femme
-Bonsoir papa dis-je en tremblant
-comment vas-tu ?
-bien merci
-...
-quelle bonne surprise papa
-oui... je sais que tu nous a tous oublié mais j'ai pris ton numéro chez ta grande sœur
-ah...
-bon je ne vais pas être long je tenais juste à t'informer que tu dois rentrer au village pour une réunion de famille
-rentrer ? ah mais papa qu'est ce qui se passe ? quelqu'un est mort ?
-non
-tu as besoin d'argent ?
-cassie ton arrogance là pas chez moi
-papa je demandais seulement oh comme ça je pouvais simplement te faire un transfert chez ya Doriane au lieu de revenir au village
-Cassie ! cassie ! donc tu refuses de rentrer à Koumassi ?
-papa
-cassie si tu ne viens pas à Koumassi dans deux jours tu vas me sentir j'ai dit tu viens un point c'est tout !
-...
-il y aura une réunion très importante qui suggère ta présence ta mère et moi seront là Doriane et Ken aussi
-Ya Ken revient au village ? Papa qu'est ce qui ne va pas ? il y a un problème ?
-viens juste et tu verras... bon je te repasse ta sœur à dans quelques jours
-attends papa ?
-laisse tomber il est parti
-ya Dodo qu'est ce qui se passe ?
-moi-même je ne sais pas il a juste dit que toute la famille devait se réunir pour affaire ma chère viens seulement oh tu pourras rentrer en ville après
-je n'ai pas envie de rentrer à Koumassi tu sais très bien que je déteste cet endroit
-ah cassie oh de venir seulement bon je te laisse...
Elle raccrocha me laissant là le cœur battant, moi rentrer à Koumassi rien que d'y penser j'étais écoeurée je n'avais nulle envie d'y retourner je refusais d'affronter la misère de mon enfance non pas ça
-Cassie ça va ?
-humm ? oui ça va allons manger
-tu es sûre d'avoir encore faim ?
-je ne sais plus moi-même mais allons seulement je dois me changer les idées...
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Nous étions au restaurant mais mon cœur n'y était pas, je n'arrêtais pas de penser au coup de fil de mon père, ça faisait si longtemps que je ne l'avais pas écouté que l'idée de rentrer le revoir me tourmentais mais que se passait-il donc ? qu'est-ce qu'on ne me disait pas ?
-madame je vous serre ?
-ah oui désolée j'étais ailleurs oui oui je veux plat de poisson fris avec du riz je vous pris
-bien madame...
-mais qu'est-ce qui se passe ma belle tu as l'air perturbée depuis l'appel de tout à l'heure
-oui... enfin non rien oublie Jenny c'est rien
-tu en es sûre ? parce que t tête fait peur
-toi Jenny c'est sur ma tête que tu fais commentaire ?
-du tout je m'inquiète juste
-c'est rien t'en fait pas je vais régler ça dès que je le pourrai
-ok... et sinon ça va toi ?
-oui ça va je suis juste exaspérée par le travail qu'on a ces derniers temps le boss ne nous laisse même pas un peu de répi
-ah ma chère laisse moi-même avec mon chéri c'est chien et chat ces derniers temps parce que je rentre tard
-j'imagine !
-et toi dans tout ça tu continu dans ta vie de débauche hein ?
-coucher avec un homme et ne pas s'engager n'est pas une débauche ça fait de moi une femme libre de ses choix c'est tout
-des choix qui te poussent à aller en union libre sans accord hum vraiment je te pleins
-j'ai pas envie de m'engager c'est tout et puis les relations c'est pas mon dada je ne me vois pas accrochée à un homme tout le temps c'est la prison
-et tu crois que les relations sans lendemain c'est la solution ? tu es sollicitée par beaucoup d'hommes dans tout ça là vraiment on te dit fais ton choix
-non merci j'aime l'indépendance
-en tout cas j'ai parlé oh !
Je savais qu'elle avait raison un homme serait bien pour moi mais pas maintenant c'était trop de charges pour moi je tenais à ma liberté...
Je discutais encore avec Jenny quand j'entendis une voix derrière moi
-Cassie Simangoye !
Je me tournais et là qui vois-je ? Un homme qui me courtise depuis un long moment et Dieu seul sait ce qui me retient de lui sauter dessus
-Chris !
-bonsoir mes dames dit-il poliment
-bonsoir monsieur répondit jenny toute excitée
-puis-je me joindre à vous ?
-oui bien sûre répondit jenny prenez place !
-merci... alors ma très chère Cassie comment vas-tu ?
-je vais bien Chris
-tu n'as jamais répondu à mes invitations
-je n'ai pas de temps mais je te promets d'y penser
-comme toujours
-écoute Chris j'ai promis ok ? je vais y penser
-si tu le dis mais bon prenez tout ce qui vous plaira je paierai la note
-c'est vrai ? mamoo je prends tout hein mon frère j'aime manger oh !
-ah jenny ! fis_je honteuse....
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Il était 22h30 à ma montre, j'avais passé une excellente soirée en compagnie de jenny elle avait réussi à me changer les idées mais pour combien de temps ?
J'étais pétrifié à l'idée de rentrer au village, mais que se passait-il donc ?
Koumassi était un endroit piteux que je détestais plus que tout, j'y avais laissé de mauvais souvenirs et je refusais de les déterrer non sûrement pas je n'allais pas m'infliger ça, je me torturais l'esprit, je rentrais à la maison et posais mon sac sur le sol, j'enfilais un débardeur et m'affalais sur une chaise pour prendre des cachets, à force de penser j'avais une petite migraine je m'apprêtais à prendre un verre d'eau quand mon téléphone sonna de nouveau, en regardant l'écran je vis le numéro de mon frère à pareille heure ? Mon cœur fit n bon
-allô Ya Ken
-Cassie bonsoir
-comment vas-tu grand frère
-ça va merci... je suppose que papa t'a déjà appelé pour la réunion de famille
-oui... mais ya Ken je n'ai pas envie de retourner au village
-tu devrais pourtant cela te concerne aussi, j'espère t'y voir
-mais...
-dors bien à demain... et il raccrocha...
Mais que se passe-t-il donc ?? qu'est ce qui m'attends au village ???
Seigneur...
03.
07h30
Mon réveil sonna....
-humm...
Je m'étirais la tête complètement à l'ouest, je n'avais pas réussi à dormir après tous ces appels de mon passé qui me hantaient
Je me levais de mon lit et me dirigeais dans la douche, une demi-heure plus tard j'étais prête pour le travail, sur le chemin tout entier je me posais des tas de questions, je n'avais pas envie de retourner à Koumassi mais si je n'y allais pas mon père serait vraiment furieux mais après tout où était mon problème ? je n'avais pas besoin de lui depuis des années et il ne méritait même pas mon attention non mais pour qui il se prend ?
Je vais aller à Koumassi pourquoi même ? et puis Ya Ken qui m'oblige aussi à y aller lui qui est parti depuis de nombreuses années oubliant sa famille et ses sœurs, il ne s'est jamais soucié de moi et c'est maintenant qu'il ose m'intimider ?? arghhhhh
-eh mais attention mademoiselle ! regardez où vous allez !
-pardon excuse-moi...
Je me garais sur le côté et posais ma tête sur le volant, à force de penser j'ai failli bousiller ma voiture
Je descendais de la voiture et me dirigeais enfin dans mon bureau...
-hey jenny !
-salut cassie on dit quoi ?
-ça va la belle et toi ?
-ça va oh on est là tu es juste un peu fatigué on dirait quelqu'un qui manque de sommeil
_ah laisse j'ai passé une nuit épouvantable
-raconte-moi mama
-non plus tard ma belle
-humm après faut pas dire que j'ai fait une non-assistance à personne en détresse
-jenny pardon je sais que tu es partout où je mets les pieds mais tout à l'heure mama ne t'inquiète pas
-humm ok...
La journée se passais plutôt bien et le travail était à son comble je descendais donc me prendre un café, je me détendais tranquillement quand mon téléphone sonna de nouveau, le numéro qui s'afficha me mit de nouveau dans tous mes états...
-allô ?
-cassie bonjour
-Ya Dodo on dit quoi ?
-ça va oh y'a que toi tu n'es toujours pas en route ?
-ah je ne sais pas encore si je vais venir
-ah mama tu devrais vraiment fais un effort
-bon d'accord on se dit donc à bientôt
-okay...
Je remontais donc au bureau et rassemblais toutes mes affaires
-mais tu vas où ?
-je vais demander une permission au boss j'ai une course très importante à faire
-tu as besoin d'aide ?
-non ma chérie, je ne serai pas longue je reviens
-ok...
Je me dirigeais donc dans le bureau de mon boss en espérant qu'il m'accorde une permission, j'arrivais donc devant sa porte et frappait
-toc toc
-entrez !
-bonjour Mr Mboumba
-ah ! Mlle Simangoye entre donc ! prenez place
-merci
-que me vaut votre présence ici ?
-oui... heu en fait je voulais Mr savoir si vous pouviez m'accorder une permission de quelques jours pour raisons personnels
-vous avez un problème ?
-non Monsieur c'est juste que je dois rentrer c'est très important mais ce ne sera pas long
-bien ! je vous accorde quatre jours mademoiselle, vous savez que vous êtes l'un de meilleurs agents et ce serait dommage que le travail n'avance pas à cause de votre absence
-ce ne sera pas long Monsieur je puis vous en assurer
-bien... bon mais faites bon voyage
-merci bien...
Je me levais donc et retournais à mon bureau récupérer mes affaires, s'il fallait que j'aille à Koumassi autant le faire maintenant et rentrer le plus tôt possible...
-bon Jenny je te laisse on se dit à plus tard
-ok... on s'appelle ma belle
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J'arrivais enfin chez moi et courais dans ma chambre pour ranger mes valises, cet endroit piteux ne méritais même pas que j'y mette les pieds mais je ne dormirais pas dans la maison de mon enfance, j'allais sûrement trouver une auberge dans le coin qui ne sente pas la pauvreté à plein nez, et j'espérais vraiment pour eux que leur affaire de famille valait vraiment la peine de mon déplacement...
Il était 17h à ma montre quand j'apercevais enfin les ombres de Koumassi, j'avais passé 4h sur la route et j'étais épuisé, les routes étaient en piteux état et mon corps en avait marre de conduire, mais bon sang qu'est-ce-que je fichais là ?
J'étais triste pour ma voiture qui subissais les chocs de ses routes, tchuiiip mais bon j'arrivais enfin à destination, je vis ma sœur faire un signe de la main, je me garais ma voiture assez loin de la maison de mon enfance
-Cassie ohhh ! ma sœur ohh !
-eh ! ya Dodo ! la grandeuh
-ma sœur tu as percé hein ! mamo ma petite sœur Dieu a fait dans ta vie ohh
Je courais l'embrasser elle m'avait tellement manqué que des larmes frôlèrent mes yeux mais je ne les laissais pas couler, je la regardais et mon cœur se pinçais elle avait tellement fané ! son mari la battait tout le temps mais elle avait supporté tous ces coups pour fuir la misère de chez nous avec un père qui s'en foutait de ses filles jusqu'à nous demander de déchirer des tissus comme serviettes chaque fin de moi...
-ya Dodo tu as beaucoup fané
-ah ma grande c'est la vie oh
-il te bat toujours ?
-là n'est pas le problème on va en parler plus tard allons plutôt voir la famille
-ils sont déjà là ??
-oui... toute la famille est là depuis quelques jours
On avançait donc à la maison et plus on approchait plus mon cœur battait les odeurs, les ordures et la pauvreté me fouettaient à plein nez mais je serrais mon cœur pour y arriver, on traversa encore quelques maisons et enfin on arriva chez moi, je me courbais pour entrer dans la maison et là il y avait tout le monde j'eu l'impression que je ne respirais plus, ma belle-mère se leva et vint me saluer
-bon retour ma fille
-bonjour mama
-viens prends place
J'avançais donc et prenais place sur le tabouret dans le coin, mon père me regardait du coin de l'œil
-bonjour papa dis-je
-humm Cassie
-ya Ken bonjour
-bonjour Cassie
Silence....
-bon je suis ravi de vous voir tous ici, comme vous le savez j'ai convoqué tout le monde pour une affaire importante et elle concerne Cassie, je baissais ma tête, Cassie tu es ma fille et depuis toute petite tu es assez unique et tu nous l'a tous prouvé en te coupant du monde et de ta famille mais la raison pour laquelle tu es ici c'est parce qu'il y a quelques des années de cela je t'avais donné en mariage et aujourd'hui le monsieur pense qu'il est temps que tu ailles dans ton ménage
-Quoi ???
Tout le monde avait crié au même moment mais moi j'avais l'impression de faire une crise
-en effet avec toute la misère qu'il y avait je devais vous nourrir donc ta belle-mère et moi t'avons donné en mariage à un homme riche en échange il nous versait de l'argent pour tenir et aujourd'hui il est temps que tu rejoignes ton mari, ces mots résonnèrent comme une bombe dans ma tête
-Cassie... Cassie !
-papa tu m'as vendu ??
-Cassie écoute
-papa tu m'as vendu alors que je n'étais qu'une enfant ?
-Cassie attends!
Je m'effondrais sur le sol et mes larmes qui jusque-là restaient enfermées coulèrent, j'étais perdue...
04.
Je tombais des nues, moi donnée en mariage dans ma jeunesse ? il m'a vendu ?
-Non !
-cassie
-Non ! comment as-tu pu ? comment avez-vous pu ? Pendant toutes ces années vous m'avez fait souffrir ici ! vous m'avez traité comme si je n'étais pas votre enfant, à cause de toi ya Dodo a dû aller avec un homme qui la battait tout le temps tout ça pour fuir la misère, à cause de toi ya Ken est parti dès qu'il l'a pu parce que tu étais un père indigne ! et moi je n'avais pas d'issue j'étais obligé de faire avec et de supporter tout ça avec maman Josée qui était dure parfois avec moi, tu ne nous a jamais aimé tu n'as même pas levé le moindre petit doigt quand je suis partie d'ici, j'ai marché des jours et des nuits pour atteindre la ville et quand j'y suis arrivée j'ai passé des mois à faire des petits boulots et survivre moi qui ait pourtant eu un bac !
Tu ne sais même pas comment je m'en suis sortie ! tu ne sais rien de moi ! tout ça parce que maman t'a laissé tomber du jour au lendemain pour un homme plus riche !
-cassie tais-toi !
-Non !
-cassie !
-Non ! papa je refuse ! je pleurais toutes les larmes de mon corps, je ne voulais pas me taire, je refusais de me taire, comment avait-il pu me vendre pour subvenir à des besoins qu'on avait même jamais vu !
-Cassie calme toi ma fille
-maman Josée je vous ai fait quoi ? maman Josée de me dire pardon je vous ai fait quoi ?
-ma fille pardon ne dit pas ça
-comment pouvez-vous vendre une enfant pour cause de misère ? mariage forcé maman Josée je vous ai fait quoi ?
Ma grande sœur me regardait triste et sans voix que pouvait-elle dire de plus ? elle avait l'air
toute aussi surprise que moi
-Cassie commença mon père, tu dois comprendre que je devais faire cela et même si tu m'en veux pour toutes ces choses tu n'as pas d'autre choix que de rejoindre ton mari maintenant
-jamais !
-tu n'as pas le choix ma fille, le Monsieur a envoyé des gens pour te chercher
-mais papa on ne peut pas attendre un peu ? demanda alors ya Dodo
-non elle a 25ans maintenant elle est donc en âge de prendre en charge un foyer, le fils du monsieur est actuellement en France il rentre au pays dans quelques jours donc il faudra que cassie soit prête d'ici là
-ah mais c'est rapide hein !
-Dodo c'est moi qui décide
-je n'ai rien dis oh papa seulement je trouver que ça fait trop de choc pour elle en si peu de temps, à peine on annonce qu'elle est mariée que déjà elle doit se préparer à y aller ? en plus avec garçon de mbengue là !
-je n'ai pas besoin de vos commentaires c'est moi qui décide de qui fait quoi
-non mais papa tu es méchant ! criais-je tu es trop même méchant !
-là n'est pas la question tu vas rejoindre ton foyer un point c'est tout, les oncles de ton mari sont là pour te parler un peu de lui tu vas écouter ce qu'ils ont à te dire ensuite tu vas te préparer pour le recevoir
-je n'irai nulle part ! d'abord même personne n'a le droit de m'obliger à quoi que ce soit !
-Cassie ! ton arrogance je te répète c'est pas chez moi ! je suis ton père respecte-moi Simangoye ! respecte moi !
Je serrais mes doigts le cœur blessé...
-Josée a préparé une chambre pour toi tu y dormiras cette nuit et demain nous allons recevoir les oncles ils doivent te parler d'abord ensuite tu pourras rentrer en ville et rencontrer la famille de ton mari
Je ne supporterais pas ces mots une seconde de plus je me levais donc et quittais la maison sur le champ
-cassie mama attends !
-ya dodo pardon laisse-moi
-cassie tu vas où ?
-je retourne en ville
-non ne fais pas ça attends, elle courut et me rattrapa aussi vite qu'elle put, attends s'il te plait
-ya dodo tu as vu la méchanceté de papa ? tu as vu comment il applique sa sorcellerie là sur moi ?
-ne dis pas ça s'il te plait
-on est en plein 21ème siècle et il existe encore les mariages forcés ? Je vais faire quoi maintenant hein dis-moi je vais faire quoi ? aller m'asseoir dans une maison avec un homme que je ne connais même pas ?
-mama pardon calme toi et rentrons d'abord à la maison
-je refuse de repartir dans cette maison maudite avec toutes ces mauvaises nouvelles et ces gens pleins de mauvaises intentions !
-tu ne peux pas retourner en ville non plus au moins attends de voir ce qui va suivre ensuite tu pourras faire ce que tu veux
-ya dodo
-pardon Cassie
-ya dodo... je me tournais vers elle et mes larmes se remirent à couler de nouveau, papa m'a vendu vraiment !
-je sais ma belle... viens rentrons
-retourne à la maison sans moi je reviens
-tu es sûre ?
-oui vas-y je reviens
Je courais donc à la voiture et m'y enfermais...
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J'avais passé une enfance difficile à cause de cet homme et maintenant je devais accepter le fait qu'on met donné en mariage alors que je n'étais qu'une enfant ?
Mon Dieu pourquoi moi ?
Qu'ai-je donc fait pour mériter ça ? je ne peux pas y croire, combien donc lui a donné ce Monsieur pour qu'il vende sa fille sans dignité ?
-ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!! criais-je en tapant aussi fort que je pu sur le volant, ahhhhhhhhhhhhhhh !!! seigneur pourquoi moi ?
Pourquoi ??
-Cassie !
Je sursautais de surprise, ya Dodo m'avait suivi
-cassie viens s'il te plait rentrons à la maison, j'ai préparé une chambre pour toi il est tard tu dois te reposer
-je ne veux pas retourner là-bas dis-je en pleurant je ne veux pas !
-pardon mama viens dit-elle en me tirant de la voiture, tu vas te reposer et demain tu auras les idées claires
Elle m'entraina jusqu'à la maison, tout le monde était assis là où je les avais tous laissé,
Ya dodo m'emmena dans la chambre et ferma la porte derrière elle, elle s'assit tout près de moi et prit mon visage entre ses mains
-écoute ma chérie, ne pleure pas, je sais que ce que papa a fait est impardonnable mais tu ne dois pas te rendre malade pour autant tu comprends ? regarde-moi ? j'ai vécu avec un homme qui m'a battu pendant longtemps parce qu'il pouvait me donner à manger mais si je pouvais j'aurais accepté qu'il me donne en mariage à un autre à ta place, qui sait ? puisqu'il est fils de riche peut-être qu'il a de bonnes manières et peut-être qu'il est gentil !
-sniff
-bon repose toi je reviendrai plus tard, elle sorti et me laissa seule
Je m'assaillais sur le sol dans cette maison avec de si mauvais souvenirs et je réalisais que mon père venait m'annoncer que j'étais mariée...
J'étais mariée à un homme que je ne connaissais pas...Oh Dieu !!!
05.
-Monsieur je vous ai envoyé les documents demandés
-bien Anne merci... je vais rentrer chez moi mais s'il y a du nouveau faites-moi signe
-bien monsieur au revoir...
Je me dirigeais dans le garage et montais complètement épuisé dans ma voiture je n'avais qu'une seul envie retrouver ma femme et me fondre dans ses bras, le temps était froid en ce moment à paris et je détestais la période d'hiver plus que tout mais j'étais consolé car je savais qu'une fois arrivé chez moi je ne serai pas seul...
J'arrivais chez moi et me garais dans l'allée, je montais l'ascenseur et je fus assez surpris en ouvrant la porte
-bonsoir mon amour
-humm ma femme, marie chérie
-comment vas-tu amour ?
-bien mais complètement épuisé j'ai eu une dure journée
-ah oui ? beh écoute je vais te raconter la mienne, j'ai fait du shopping avec emma et nous avons dîné ensemble aussi au fait tu savais que son petit ami l'a quitté ? ah oui et puis il y a un petit problème avec la carte bleue je crois que j'ai un peu explosé les comptes mais ce n'est rien d'accord ? papa va remettre en bloque tout l'argent que j'ai dépensé
Bla bla bla, je l'écoutais parler encore et encore, mais ne pouvait-elle juste ne pas me faire du bien comme j'aime ? pourquoi les blanches avaient toujours ce besoin de déverser ce qu'elles ressentaient ?
-bébé je
-marie ?
-oui bébé ?
-je viens juste d'arriver ok ? si on pouvait juste nous occuper du plus important ?
-bien-sûre mon amour je vais m'occuper de toi d'ailleurs regarde un peu ce que j'ai là
Je regardais son corps sublime et claire recouvert d'une magnifique nuisette et je n'avais qu'une seule envie...
-bébé ?
-tais-toi un instant ma puce tu veux ? et viens donc m'embrasser
-pas avant que tu n'écoutes ce que j'ai à te dire
-mais tu m'as déjà tout dit ma chérie j'ai entendu
-oui mais tu ne semblais pas m'écouter pourtant
-humm mon cœur je t'ai entendu d'accord ?
-oui mais dis-moi allons-nous voir tes parents ? ils ne sont venu qu'une seule fois et pourtant j'i eu l'impression qu'ils n'appréciaient pas notre union
-ne t'en fais pas pour mes parents chaque chose en son temps
- je veux...
-chut... Viens là ma belle et donne du plaisir à ton mari
-comme ça ?
-humm oui... comme ça...
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Il faisait tard, la neige avait recouvert toute la ville et le froid battait son plein, je regardais ma femme allongée tout près de moi endormie profondément, je la trouvais jolie et très fragile, je l'avais rencontré à la fac de droit où j'avais fait mes études à bordeaux, peu de temps après nous nous fréquentions, trois ans plus tard nous étions mariés et j'aménageais avec elle à paris la ville de son enfance, ses parents avaient eu du mal à m'accepter mais elle avait été si perspicace qu'ils avaient fini par céder, cependant avec mes parents c'était une toute autre histoire, d'abord il y avait mon père qui avait soit disant signé un accord de mariage ailleurs pour une femme d'Afrique que je ne connaissais même pas, j'avais horreur des femmes noirs, elles me dégoûtaient au plus haut point, toutes profiteuses et sans scrupule, je n'allais sûrement pas me faire avoir par ces garces...
Je m'enfonçais dans mes pensées quand je vis mon téléphone vibrer, c'était mon père
-bonsoir papa dis-je en décrochant
-bonsoir Yannick
-comment vas-tu père ?
-bien merci et toi ? ça fait un moment que tu n'appelles plus
-j'étai un peu occupé par le travail, je me levais et me dirigeais dans le salon pour ne pas réveiller marie
- bien... je t'appelle pour te dire qu'il est temps que tu rentres au pays il y a des affaires importantes à régler
-papa en ce moment je ne peux pas bouger d'ici j'ai du travail et un emploi du temps assez chargé
-cela ne me regarde pas tu dois rentrer, je suppose que tu te rappelles de la femme que j'ai doté pour toi il y a de cela quelques années n'est-ce pas ?
-oui mais je pensais que ce n'était qu'une blague
-je n'ai pas le temps de m'amuser avec toi jeune homme je ne suis pas ton ami
-je sais père
-bien je pense qu'il est temps que tu ailles la chercher
-pour l'emmener où ? papa je n'ai pas de place pour elle ici je suis déjà marié je te signale !
-et tu sais très bien ce que je pense de ton mariage ! pour moi une femme blanche ne veut rien dire ! tu as cédé à un caprice de garçon et tu t'es fait plaisir en épousant cette fille mais maintenant fini les enfantillages ! tu rentres dans la semaine rencontrer ton épouse !
-mais papa ! j'ai une vie ici !
-Yannick ne m'énerve pas ! c'est qui t'ai envoyé là-bas ne me défis pas mon fils !
-...
-elle vient d'un bon village et elle saura te rendre heureuse
-non mais en plus c'est une villageoise ? tu ne penses tout de même pas que je vais me rabaisser aussi bas ? une fille sans éducation venant d'un endroit pouilleux ??
-ah Bandinga ! j'ai parlé oh ! ah bon entendeur ! je t'attends ici dans deux jours
-mais papa c'est un délai très court ! il me faut plus de temps !
-deux jours pas plus... dors bien mon fils ta mère te salut et il raccrocha...
J'étais dans un tel état de rage ! rentrer au pays pour épouser une moins que rien non mais pour qui il se prend ! je...
-yannick !
Je me retournais surpris
-marie ? mais tu t'es réveillé ?
-oui je ne t'ai pas trouvé dans le lit alors je t'ai cherché
-je suis là mon cœur retourne te coucher j'arrive
-que se passe-t-il ? rien j'arrive
-dis-moi ce qui ne va pas
-ça va marie il y a juste que je dois rentrer en Afrique pour urgence
-quoi ?
-ce ne sera pas long je te promets, c'est juste mon père qui a besoin de moi
-je sais mais je vais t'accompagner alors !
-sûrement pas je vais y aller seul ce ne sera pas long d'accord ? je vais réserver pour demain et je serai rentré d'ici la fin de la semaine
-mais c'est si brusque !
-je sais mais il s'agit de mon père et je ne peux le désobéir
-humm, elle bouda un peu avec ce geste que j'aimais tant et mon cœur se gonfla d'amour
-viens mon amour, recouche-toi, je te promets que peu importe ce qui m'attends chez moi je serai rentré aussi vite que je le pourrai
Je la prenais dans mes bras et l'embrassais
tendrement...
Il était hors de question que j'accepte ce mariage arrangé avec une espèce de villageoise...
06.
-marie !
-j'arrive ! encore une minute et je suis toute à toi
-oui mais on est en retard je vais rater mon vol sinon
-j'arrive mon chéri donne-moi cinq minute
-dépêche-toi quand même s'il te plait !
J'attendais ma femme dans la voiture, deux jours avant je recevais un appel de mon père pour rentrer au pays répondre à certaines obligations, je n'étais pas d'accord avec lui sur tout mais je tenais à mettre fin à tout ce carnage, il m'avait trouvé une femme au village que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam et il me fallait lui faire comprendre avec les mots adéquats que je ne l'épouserai jamais car j'avais déjà une femme qui me rendais vraiment heureux, nous n'avions certes pas d'enfants encore mais ce n'était qu'une question de temps, on avait déjà essayé mais on ne se mettait pas de pression pour autant, je ne lui avais pas dit ce pourquoi je rentrais mais je savais que ça ne valait pas la peine car ce serait de l'histoire ancienne...
-marie !
-oui ! me cria-t-elle en montant dans la voiture, je suis là on y va ?
-ce n'est pas trop tôt je pourrais manquer mon vol
-et tu resterais avec moi
-pas drôle ma chérie je serai là en fin de semaine on en a déjà parlé
-je sais dit-elle tristement...
On démarra donc en direction de Roissy Charles de Gaulles...
-fais bon voyage mon cœur, tu vas beaucoup me manquer tu sais
-tu vas me manquer aussi ma chérie
Je la quittais d'un cœur triste mais je la reverrai bientôt
Je téléphonais à mon père pour l'avertir de mon arrivé
-allô entendis-je au bout du fil, mon fils
-oui père bonjour il est encore tôt je sais mais je tenais à t'informer que je serai arrivé à 14h
-ok j'enverrai ton oncle avec un chauffeur te chercher et on se verra à la maison
-bien père à plus tard
-fais bon voyage mon fils... Dieu te garde
-merci père
Je montais l'escalator et m'introduisais dans le couloir qui menait à l'avion...
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J'avais passé une nuit difficile, je me réveillais avec des maux de tête atroce, ya dodo était restée ces deux derniers jours avec moi mais j'avais demandé à rester seule pour évacuer ma peine et faire un bilan de ma vie, je venais de découvrir que j'étais mariée et dans quelques heures j'allais rencontrer ce fameux mari, j'étais restée au village deux jours de plus car il y avait des oncles qui avaient fait le déplacement pour la circonstance mon père devait donc faire les présentations afin qu'ils me connaissent un peu plus, ils étaient étonnés de voir que la petite fille qu'ils avaient doté des années plutôt avaient grandi mais aussi avait évolué dans sa vie...
Je m'en sortais plutôt bien, en partant du village avec mon bac en poche j'avais ramé certes mais j'avais fini par trouver un emploi fixe après quelques petits boulots ici et là, aujourd'hui j'étais indépendante et je m'occupais de moi sans l'aide de personne, la petite villageoise au futur mitigé avait trouvé sans chemin mais de là à m'imposer un mari ?
Je senti quelqu'un bouger la porte j'ouvrais donc mes paupières lourdes, j'avais tellement pleuré...
-toc toc m'a Cassie
-humm... je m'étirais doucement
-m'a Cassie oh je peux entrer ?
Il n'y avait que ma belle-mère qui m'appelait comme ça
-oui Ma répondis-je la voix erouée entre, elle entra et se mit dans un coin le visage triste et vieilli
-je peux m'asseoir mon enfant ?
-oui Maman assieds-toi
Elle s'approcha donc et prit place dans un coin du lit
-bonjour ma fille comment vas-tu ?
-je me redressais un peu pour me mettre plus à l'aise, je vais bien Ma merci
-ah ma fille je vois que ça ne va pas tes yeux ont gonflé façon je sais oh
-...
-ma fille je venais voir comment tu allais car ça fait deux jours que tu es enfermé dans cette chambre, je sais que c'est dur pour toi mais que pouvais-je faire d'autre
-... je ne répondais pas, elle n'était pas ma mère comment aurait-elle pu me défendre quand mon père avait décidé de me vendre ?
-mama il ne faut pas te fâcher longtemps, ton père dit que ton mari arrive aujourd'hui tu vas le rencontrer et vous allez rentrer ensemble en ville
-...
-tu ne va peut-être pas aménager avec lui du coup mais tu vas t'installer avec lui après avoir rencontré ses parents
-... je ne disais toujours rien
-ah mama tu ne parles pas ?
-je ne sais pas quoi dire Ma
-bon ma fille il faut t'apprêter d'accord il va arriver bientôt tu dois être un peu propre
-je vais me reposer d'abord
-ah mais tu es restée enfermée ici depuis ton arrivée tu ne veux même pas sortir un peu et manger quand même ?
-non mama
-mon enfant il faut forcer un peu
-après Ma
-d'accord, bon ma fille je vais ranger la maison un peu avant l'arrivée de nos invités quand ils seront là Dodo viendra te chercher
-d'accord Ma
Elle sorti ensuite me laissant à toute seule, pas pour longtemps car mon frère vint quelques minutes plus tard me voir
Il entra et prit place sur le banc à côté
-bonjour Cassie
-bonjour ya Ken
-j'espère que tu vas bien mais bon ça fait deux jours que tu ne sors pas je tenais juste à te dire que tu devrais te redonner un peu de force car nos invités arrivent bientôt
Les larmes se mirent alors à couler sur mon visage
-ya Ken vraiment c'est toi qui me dit ça ? lui demandais-je le cœur serré, tu trouves ça normal que j'aille dans un foyer forcé ?
-c'est ton père qui décide
-ya Ken s'il te plait ne permets pas ça lui suppliais-je je ne pourrai pas
-maleurheusement c'est au-dessus de mon autorité sois juste forte
Il se leva et quitta la chambre me laissant là affaiblie et désarçonnée
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Mes dames et messieurs bienvenue à l'aéroport international Felix Houphouët-Boigny, il est 14h30 heure d'arrivée avec une température de 24°c nous espérons que vous avez fait bon voyage et nous espérons vous revoir très bientôt, excellent séjour à vous...
J'arrivais enfin chez moi, il faisait super chaud, je marchais en cherchant du regard mon oncle, j'avais hâte d'arriver chez moi serrer ma mère dans mes bras je ne l'avais pas vu depuis si longtemps, je marchais encore un peu et j'entendis une voix en moi
-yannick !
-je me tournais et là je vis mon oncle j'étais heureux de le revoir
-yannick mon petit tu es devenu blanc hein
-ah tonton comment vas-tu ?
-ça va mon fils, bienvenu au pays oh on t'attendait avec impatience, viens montons il fait chaud dehors
Il m'ouvrit la portière et je montais laissant le chauffeur mettre mes valises dans le coffres
-alors mon fils comment vas-tu ?
-ça va tonton
-ton père t'a dit pourquoi tu es là ?
-oui tonton
-ah donc je n'ai plus rien à ajouter, comme tu le sais déjà tu as une épouse au village et nous allons la chercher comme ça
-maintenant ? lui demandais-je étonné on ne rentre pas à la maison avant ?
-on va d'abord au village
J'étais dépassé je n'avais même pas eu le temps de me reposer que déjà j'allais au village...
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On arrivait finalement au village 3heures plus tard, le soleil était à son comble et je n'en pouvais plus j'vais juste besoin de repos mais il me fallait résoudre tout ça une bonne fois pour toute, on descendait de la voiture et marchait encore un peu avant d'arriver devant une maison ancienne et sans intérêt, mon oncle m'invita à rentrer après lui, il y avait des femmes qui criaient et dansaient, des vieux hommes assis dans un salon dans lequel on nous invita, une dame apporta du vin et de la cola et enfin on vit un monsieur s'avancer
-bonjour oncle dit-il à mon oncle, bonjour mon fils
-bonjour
-bon arrivé parmi nous j'espère que tu as fait bon voyage
-ça va dis-je simplement
-bon commença mon oncle comme vous le savez nous sommes là pour voir notre femme et mon neveu ici présent décidera s'il faut la ramener avec nous ou pas
-bien Oncle répondit le monsieur assis, amenez -a donc ici cria le monsieur à l'une des filles assises à ses côtés
Mon cœur battait fort, j'avais peur, j'attendais de voir à quoi ressemblait donc cette villageoise, les minutes ne se firent pas attendre quand enfin j'aperçu autour des femmes qui chantaient et dansaient une femme toute frêle et fatiguée, elles s'approchèrent et l'emmenèrent devant le monsieur avant de se retirer
-bien mon fils dit le père d'un temps heureux voici donc ta femme : Cassie
Mon Dieu pensais-je ce qu'elle était sans intérait et complètement fânée !
07.
Elle était là devant moi je la regardais on aurait dit qu'elle était malade, elle avait les yeux gonflés le corps fatigué et le visage triste mais en plus elle n'avait aucun charme, bon Dieu dans quoi est-ce que mon père m'avait mis ?
J'écoutais mon oncle parler avec le Monsieur qui semblait être son père et je me demandais bien quel père pouvait donner sa fille en mariage à un total inconnu, rien que d'y penser j'en étais dégoutée, elle restait droite et immobile le visage sans expression, son père l'invita à s'asseoir à côté ce qu'elle fit sans brancher
-Mon fils comme tu peux le constater voici ta femme, elle t'attend depuis très longtemps et aujourd'hui il est temps pour elle de gagner son foyer, je ne sais pas comment vous allez vous entendre mais elle est là
-bien papa répondit mon oncle, moi je ne lui prêtais vraiment aucune attention, elle semblait être une femme du village sans éducation et sans avenir et moi je n'avais pas besoin de ça déjà que je n'aimais pas les femmes noires, j'imaginais bien ce qu'une villageoise allait m'apporter si ce n'est de s'accrocher à moi et mon argent en espérant que je la ramène avec moi en Europe mais elle pouvait toujours rêver j'allais arrêter cette mascarade dès que j'arriverai chez moi et que je verrais mon père
-as-tu quelque chose à ajouter ? me demanda mon oncle
-non tonton dis-je tout simplement
Je laissais donc le soin à mon oncle de discuter avec le père pour conclure et enfin il clôtura en parlant à ma fameuse femme
-bon ma fille comme tu peux le voir ce Monsieur ici présent est ton mari et nous sommes ta nouvelle famille, nous allons te laisser le temps de te préparer et demain nous irons rencontrer ses parents, il parla encore un peu et enfin il décida qu'on pouvait prendre congé
Je la regardais et elle ne disait toujours rien peut-être était-elle fatiguée mais bon peu m'importe je ne lui accordais aucune importance, on saluait le monde autour et enfin on était en route pour la maison...
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(Dans la tête de Cassie)
Quand ma sœur vint me chercher en compagnie de ma belle-mère et les femmes du village je les suivais, je n'avais pas pris le temps de me faire une beauté, je portais juste une robe traditionnelle, les cheveux rattachés en chignon, je n'avais pas dormi depuis deux jours, j'étais malheureuse et très épuisée, on avançait dans le salon quand enfin j'aperçu au loin mon mari, il était assis sur un banc avec un homme plus âgé que lui qui lui servait de porte-parole, quand enfin on approcha près de lui je le regardais pleinement et il était plutôt beau et raffiné, il avait un teint assez prononcé et cela ne m'étonnais pas on m'avait dit qu'il résidait en Europe, à le voir il avait l'air surpris tout autant que moi de cette situation donc ce serait facile pour moi de lui demander de nous séparer naturellement, s'il n'approuvait pas aussi cette union ce serait vraiment plus facile pour moi d'arrêter ça
J'étais très remontée contre mon père mais je restais silencieuse quand je l'entendais parler de moi avec le monsieur qui accompagnait cet homme, j'avais l'impression d'être une marchandise dont on discutait le prix avant de conclure la vente, je me sentais tellement rabaissée et dénigrée, moi qui était une femme avec des valeurs bien précises je me retrouvais là contre mon grée et complètement prise au piège je n'allais pas supporter ça très longtemps, non je n'y arriverais pas...
Quand enfin ils prirent congé je regagnais la chambre épuisée, je rangeais mes affaires pour rentrer en ville, j'avais hâte de retrouver mon appartement et mes habitudes, j'avais hâte de partir d'ici le plus vite possible, ma sœur qui m'avait suivi me proposa son aide pour faire mes valises
-comment te sens-tu me demanda-t-elle avec un air triste
-fatiguée répondis-je tout simplement
-tu n'as pas mangé depuis deux jours ma grande tu le sais au moins ?
-je vais manger chez moi
-mais le trajet est long tu ne veux pas te remplir un peu le ventre avant ?
-non ça ira ya Dodo t'en fait pas pour moi...
-il est beau ton mari commença-t-elle alors, il a la classe hein
-si tu veux je te le donne
-ehh faut pas dire ça moi-même quand je l'ai vu j'ai changé d'idée direct je pense que tu devrais vous donnez une chance
-on ne force pas l'amour et le mariage
-je sais Cassie mais tu peux essayer puisqu'il à l'air posé et bien éduqué donc je me dis que même si papa t'a vendu au moins il a fait un très bon choix hein
-ya Dodo pardon ne m'énerve pas je suis calme
-ah Cassie je parlais seulement oh... bon va voir papa avant de partir je vais terminer tes valises
-merci... je la laissais donc finir de faire mes valises et allait voir mon père
Quand j'arrivais dans le petit salon il était assis avec mon frère ils semblaient en pleine discussion mais je toussotais pour leur signaler de ma présence
-papa dis-je en m'asseyant dans un coin
-ah ma fille tu es là
-oui
-tu as vu ton mari ?
-oui
-d'accord tu iras chez lui demain en ville là-bas, voir ses parents moi j'ai fini ma part il faut être une bonne épouse maintenant
-...
-bon Dodo m'a dit que tu rentres
-oui papa
-bon retour alors et faut revenir nous voir de temps en temps apporter un peu d'argent à ton vieux père
-au revoir papa dis-je en me levant, ça ne servait à rien de lui parler ça allait finir en bagarre je préférais régler cette histoire à ma façon
Je saluais mon frère et toute la famille, embrassait ma sœur qui m'avait raccompagnée jusqu'à la voiture et enfin je reprenais la route... J'allais retrouver ma maison, mais ce n'était pas gagné car un nouveau combat m'attendait : celui de ma liberté
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(Dans la tête de Yannick)
Je n'avais pas dit un seul mot sur le chemin du retour, j'étais juste en colère et plein de rage, j'attendais d'arriver chez moi pour déverser tout ce que j'avais sur le cœur, mon père cet homme influent au tempérament de feu avait toujours l'habitude d'imposer ces idées et quand il le faisait personne ne pouvait le contredire, issue d'une famille où j'étais fils unique, j'avais eu une enfance douce et comblée, j'avais toujours eu tout ce que je voulais j'avais donc grandi aux quatre coins du monde, après mes études j'avais décidé de me marier mais jamais il n'avait approuvé ce choix, aujourd'hui j'avais 30ans avec un emploi qui me rapportait gros mais je me sentais encore commandé il était donc temps de nous confronter....
On arrivait chez moi, le chauffeur déchargea mes affaires et les rangea dans la maison, ma mère vint m'accueillir avec plein d'émotions, comme j'étais heureux de la revoir !
-yannick oh ! mon fils oh
-maman ! criais-je en m'agenouillant à ses pieds
-bienvenue mon enfant, bon retour à la maison ! elle avait des larmes aux yeux, je me relevais et l'embrassais tendrement, elle m'avait tellement manqué
-maman tu m'as beaucoup manqué
-ah mon fils on est ici hein c'est toi qui a décidé de rester chez les blancs oh ! entrons mon fils ton père t'attends dedans
Ah oui je l'avais même oublié celui-là, à peine
j'entrais que déjà j'entendais sa voix imposante
-Bandiga !
-père répondis-je en m'inclinant en signe de politesse
-bienvenue chez toi
-merci
-ça été le voyage et la rencontre avec ta femme ?
-j'i fais bon voyage merci
-et ta femme ?
-justement père à ce propos je demande que l'on casse ce mariage arrangé
-Badinga !
-père
-à peine arrivé chez moi tu décides de te confronter à mon autorité ?
-mais je ne suis plus un petit garçon ! criais-je par excès de rage je refuse d'emmener chez moi une vulgaire villageoise j'ai déjà une femme chez moi et elle à tout ce que je veux !
-yannick fais attention à ce que tu me dis là !
-non père ! c'est toi qui va m'écouter, tu as toujours tout décidé mais tu n'as pas le droit de me choisir une femme on parle de mon intimité et je sais ce qui est bon pour moi !
-eh ! cria-t-il... eh ! Pierrette ! c'est ton fils qui me parle comme ça ? c'est son éducation que tu as raté comme ça ?
-pardon papa dit ma mère toute triste calme-toi
-eh ! c'est à moi qu'il parle comme ça ? mais je te dis Badinga j'ai déjà payé la dote donc que tu le veuille ou pas tu vas prendre cette femme un point c'est j'ai parlé ! il se leva et quitta le salon...
La guerre était déclarée et elle s'annonçait mal