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Carole, Mon Évidence

Carole, Mon Évidence

Auteur:: Caius Frostweaver
Genre: Romance
L'eau salée de la Gironde emplissait encore mes poumons, le froid mortel de la marée montante s'accrochait à ma peau. J'étais ligoté à un pilier, dans les décombres d'un entrepôt désaffecté, et mon dernier souffle fut un appel déchirant pour Juliette Larson, la femme que j'aimais plus que ma propre vie. "William, arrête tes gamineries. Tu inventes ça juste pour m'empêcher de voir Alan, n'est-ce pas ?" Sa voix au téléphone était un glaçon, transpercée de mépris. "Ton portable est localisé au château. Tu veux que je croie que tu as été enlevé ? Quelle blague ridicule." Puis, elle a raccroché. C'est le dernier son que j'ai entendu avant de sombrer dans l'obscurité glaciale, noyé dans une solitude et une trahison insondables. Comment pouvait-elle me traiter avec un tel mépris, me laisser mourir seul, alors que je l'avais aimée depuis l'enfance ? La douleur de son abandon était pire que la mort elle-même. Mais maintenant... je suis de retour. Mes yeux se sont ouverts. L'odeur du vieux bois et du tabac froid du bureau de mon père. Dix dossiers en cuir sur le bureau, dix destinées. Cette fois, mon regard a glissé sur le visage familier de Juliette. Je n'allais pas refaire la même erreur. Mon choix s'est porté sur Carole Green. La deuxième chance m'était offerte. Et cette fois, je savais que tout allait changer.

Introduction

L'eau salée de la Gironde emplissait encore mes poumons, le froid mortel de la marée montante s'accrochait à ma peau.

J'étais ligoté à un pilier, dans les décombres d'un entrepôt désaffecté, et mon dernier souffle fut un appel déchirant pour Juliette Larson, la femme que j'aimais plus que ma propre vie.

"William, arrête tes gamineries. Tu inventes ça juste pour m'empêcher de voir Alan, n'est-ce pas ?"

Sa voix au téléphone était un glaçon, transpercée de mépris.

"Ton portable est localisé au château. Tu veux que je croie que tu as été enlevé ? Quelle blague ridicule."

Puis, elle a raccroché.

C'est le dernier son que j'ai entendu avant de sombrer dans l'obscurité glaciale, noyé dans une solitude et une trahison insondables.

Comment pouvait-elle me traiter avec un tel mépris, me laisser mourir seul, alors que je l'avais aimée depuis l'enfance ?

La douleur de son abandon était pire que la mort elle-même.

Mais maintenant... je suis de retour.

Mes yeux se sont ouverts.

L'odeur du vieux bois et du tabac froid du bureau de mon père.

Dix dossiers en cuir sur le bureau, dix destinées.

Cette fois, mon regard a glissé sur le visage familier de Juliette.

Je n'allais pas refaire la même erreur.

Mon choix s'est porté sur Carole Green.

La deuxième chance m'était offerte.

Et cette fois, je savais que tout allait changer.

Chapitre 1

Je me souviens encore de l'eau salée de la Gironde qui remplissait mes poumons, de la sensation glaciale de la marée montante qui engloutissait lentement mon corps. J'étais attaché à un pilier dans un entrepôt abandonné sur les quais, et mon dernier appel à l'aide avait été pour ma femme, Juliette Larson.

« William, arrête tes gamineries. Tu inventes ça juste pour m'empêcher de voir Alan, n'est-ce pas ? »

Sa voix, à travers le téléphone, était froide, pleine de mépris.

« Ton portable est localisé au château. Tu veux que je croie que tu as été enlevé ? Quelle blague ridicule. »

Puis, elle a raccroché. C'était la dernière chose que j'ai entendue avant de mourir, noyé dans la solitude et la trahison.

Mais maintenant... je suis de retour.

J'ai ouvert les yeux. La lumière du soleil de Bordeaux filtrait à travers les hautes fenêtres du bureau de mon père. L'odeur du vieux bois et du tabac froid flottait dans l'air. Devant moi, sur le grand bureau en acajou, étaient posés dix dossiers reliés en cuir.

« William, tu as vingt ans aujourd'hui. Il est temps de choisir ta fiancée. »

La voix de mon père, Jacques Moore, était grave et sans émotion, comme toujours. Il était le chef de notre famille, un homme dont le pouvoir s'étendait bien au-delà de nos vignobles, contrôlant une grande partie des activités souterraines du sud de la France. Pour me protéger, il avait adopté dix orphelines aux talents variés, les formant pour qu'elles deviennent ma garde rapprochée, mes "ombres". Et l'une d'entre elles devait devenir ma femme.

Dans ma vie passée, j'avais choisi le premier dossier sans même y réfléchir. Celui de Juliette Larson, la plus brillante, la plus belle, la chef de notre équipe de sécurité. Mon amour d'enfance. Un choix qui m'a coûté la vie.

Cette fois, mon regard a balayé les neuf premiers dossiers, ignorant le visage familier de Juliette sur la première photo. Mes doigts ont glissé sur le cuir jusqu'à atteindre le tout dernier dossier, celui que je n'avais jamais ouvert auparavant.

« Je la choisis. »

Mon père a haussé un sourcil, surpris. Il a pris le dossier et l'a ouvert.

« Carole Green... La plus jeune. Spécialiste en cybersécurité. Un choix... inattendu. Es-tu sûr, William ? »

« Certain. » Ma voix était ferme, sans aucune hésitation.

Je me suis levé, sentant un poids énorme se soulever de mes épaules. La seconde chance était là, et je n'allais pas la gâcher. En sortant du bureau, je savais que tout allait changer.

Chapitre 2

Je me suis dirigé vers la roseraie du domaine, un endroit où j'allais souvent pour trouver la paix. Mais la paix n'était pas au rendez-vous aujourd'hui. Alan, le fils de notre maître de chai, m'y attendait. Dans ma vie passée, je le considérais comme un ami. Aujourd'hui, je ne voyais que le manipulateur qui se cachait derrière son visage doux.

« William ! » Il s'est précipité vers moi, le visage déformé par l'anxiété.

Puis, à ma grande surprise, il est tombé à genoux devant moi.

« Je t'en supplie, William, laisse-moi Juliette. Je l'aime plus que tout. Tu as tout, le domaine, la fortune... Laisse-la-moi. C'est la seule chose que je te demande. »

Sa performance était pathétique, mais efficace. Car juste à ce moment-là, une voix glaciale a retenti derrière nous.

« Alan ! Lève-toi ! William, qu'est-ce que tu lui fais ? »

Juliette était là, ses yeux brillant de fureur. Elle a vu Alan à genoux et a immédiatement supposé que je l'humiliais. Elle s'est précipitée pour aider Alan à se relever, le plaçant derrière elle comme pour le protéger de moi.

« Même si tu m'as choisie, sache que je ne t'appartiendrai jamais. Ne t'avise plus jamais d'humilier Alan. »

Avant que je puisse répondre, le bruit strident de pneus a déchiré le calme du jardin. Une camionnette de livraison a défoncé la grille et s'est dirigée droit sur nous. La portière s'est ouverte, et des hommes masqués ont commencé à tirer.

L'instinct de Juliette, forgé par des années d'entraînement, a pris le dessus. Elle s'est jetée vers moi pour me protéger, comme son devoir le lui dictait. Mais un gémissement de douleur est venu d'Alan.

« Ah... ma jambe... »

En une fraction de seconde, le choix de Juliette a été fait. Elle a pivoté sur elle-même, abandonnant sa position devant moi, et s'est jetée sur Alan, le couvrant de son propre corps.

Une balle sifflait vers ma tête. J'ai fermé les yeux, m'attendant à l'impact. Mais il n'est jamais venu.

J'ai entendu un bruit sourd, puis un petit cri étouffé. J'ai ouvert les yeux. Carole Green se tenait devant moi, le bras en sang, son corps tremblant mais résolu. Elle avait paré une balle qui m'était destinée.

La fusillade a été courte. Les autres gardes sont arrivées et les assaillants se sont enfuis. Juliette, ignorant complètement ma sécurité et l'état de Carole, aidait un Alan gémissant à se relever.

« Tu es blessée ? » ai-je demandé à Carole, ma voix plus douce que je ne l'aurais cru.

Elle a secoué la tête, grimaçant de douleur. « Ce n'est rien, Monsieur Moore. C'est mon devoir. »

Carole s'est alors tournée vers Juliette, sa voix habituellement silencieuse remplie de colère. « Juliette ! Ta mission est de protéger Monsieur Moore ! Tu l'as abandonné ! »

Juliette lui a lancé un regard noir. « Alan était blessé ! Je devais le protéger ! »

« Et Monsieur Moore alors ? Il aurait pu mourir ! »

« Tais-toi, Carole ! Tu ne comprends rien ! » a crié Juliette.

Sans un autre regard pour nous, elle a soutenu Alan et l'a emmené vers l'infirmerie du domaine, nous laissant seuls au milieu des roses piétinées.

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