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Captive de son Patron

Captive de son Patron

Auteur:: nesslodd
Genre: Romance
Haylee, récemment diplômée en gestion et marketing, décroche un emploi en tant qu'assistante chez la célèbre Carrera Corporation. Sa vie prend un tournant inattendu alors qu'elle se prépare à partir pour New York, la ville qui ne dort jamais. Elle se retrouve immergée dans un univers effervescent, peuplé de rivaux déterminés à la faire échouer. Lorsqu'elle croise le chemin d'Emilio, son séduisant et puissant patron, un homme d'affaires connu pour sa détermination et son charisme, tout devient plus complexe. Avec son charme irrésistible et son allure captivante, il attire de nombreuses admiratrices. Cependant, Haylee se démarque des autres. Elle est convaincue de pouvoir ignorer son charme, mais saura-t-elle vraiment résister à ses émotions? Réussira-t-elle à se concentrer sur ses objectifs ou finira-t-elle par céder à ses sentiments?

Chapitre 1 Chapitre 1

Haylee

Étudiante chevronnée et première de ma promotion, je me réveille ce matin, la tête dans les nuages.

Aujourd'hui, le grand départ, celui qui est essentiel pour ma nouvelle vie a sonné. Je vais déserter ma ville natale et quitter ma famille, mais également ma meilleure amie, Nina.

Suis-je réellement prête à sauter dans le grand bain ? pensé-je.

Cette question qui ne cesse de tourner dans mon esprit restera sans réponse si je continue de me

bloquer. La solution est à portée de main; pourtant, au fond de moi, une voix fluette résonne. Elle me crie de faire attention et de ne pas me jeter tête baissée. Elle serait rationnelle, si ma nature de fonceuse ne faisait pas surface de temps à autre. Malgré tout, je demeure une fille paisible et mesurée. J'observe d'abord l'environnement qui m'entoure et la situation dans laquelle je me trouve. Evidemment, dans certains cas, mon impulsivité me joue des tours, mais avec de la patience, j'arrive à trouver une stabilité réelle.

Je consulte mon réveil, celui-ci affiche 6 h 30, il est temps pour moi de me dépêcher si je ne veux pas

rater mon avion. Surtout que je dois avoir au minimum deux heures d'avance, le temps de m'enregistrer et d'effectuer le reste des formalités. Destination la Grande Pomme, ville lumière pour une vie naissante.

Heureusement, que je suis organisée. Sinon, ce serait la catastrophe.

Après une douche rapide, j'ai à peine le temps de sortir de la salle de bain, enroulée dans une

serviette moelleuse signée Kenzo, que ma meilleure amie débarque comme une fusée dans mon appartement et arrive en courant pour me foncer dessus comme une tornade. Elle me saute littéralement dans les bras et a bien failli nous faire tomber à la renverse.

- Tu vas tellement me manquer ma chérie, m'annonce-t-elle les larmes au bord des yeux.

- Et toi, encore plus réponds-je la gorge nouée.

Je la câline avec douceur pour ne pas la brusquer plus qu'elle ne l'est déjà. Après ce petit instant riche

en émotions fortes, je m'écarte avec précaution et lui intime en un regard de me suivre jusqu'à ma chambre.

Je boucle ma valise et jette une œillade morose à ce qui représente ma chambre. Elle n'était pas

vraiment grande, à peine seize mètres carré, mais bien plus que suffisante pour moi. Mon lit qui se trouve en face de la porte, s'appuie sur un mur au papier peint violet, apportant un petit côté cocooning à la pièce. Au-dessus, une étagère avec ma petite collection de livres aux univers variés, du fantastique à la romance, ou bien encore de la Dark romance et le comble du bonheur les incontournables 50 nuances de Grey de E L James. À droite de mon lit, mon bureau et ma commode composée de tiroirs dont un réservé à mes sous-vêtements sexy et affriolants comme le dit si bien Nina sans oublier mon indispensable compagnon pour mes soirées coquines. Et à gauche, mon armoire et une porte fenêtre qui donne sur mon petit jardin secret.

Bientôt une nouvelle existence, un nouvel appartement et je l'espère, une vie trépidante et pleine

d'aventures. Mon regard se pose immédiatement sur mon unique amie et nous voilà parties à pleurer comme des madeleines. Je me précipite dans ses bras, pour un dernier câlin réconfortant. Cette fois, les rôles sont inversés.

Que vais-je devenir sans elle ? C'est la personne la plus gentille que je connaisse. Elle représente

l'unique personne qui va me manquer dans cette ville. Même ma propre famille ne me fait rien comparé à elle.

- Tu me promets de m'appeler tous les jours ? quémande Nina de sa voix fluette, empreinte d'une

tristesse à fendre l'âme.

- Évidemment ! Tu seras au courant de toutes mes aventures, affirmé-je.

La sonnette retentit, c'est le moment. Plus de retour en arrière possible. Je récupère mon bagage puis

part en direction de l'entrée, Nina sur mes talons. Comme un réflexe de survie depuis ce drame, je regarde à travers le judas et vois mes parents ainsi que ma sœur sur le palier. J'ouvre la porte avec appréhension, sentant le stress monter en flèche.

Sois forte ! Pas de larmes, pas de regrets, martelé-je mon esprit de ce mantra.

À peine un pied à l'extérieur de mon cocon, pas de bonjour ou autre que ma mère s'empresse de me

réprimander.

- Haylee, pourquoi prends-tu une grosse valise !? Tu n'as pas besoin de tout cela. J'ai investi dans ta

garde-robe, les plus grandes marques de prêt-à-porter ornent ton futur dressing.

Je mordille l'intérieur de la joue pour ne pas accentuer ma gêne et surtout pour ne pas ajouter de

l'huile sur le feu.

- Maman, je te remercie pour tout; seulement, tu n'avais pas besoin de faire de frais inutiles. J'ai

déjà tout ce qu'il me faut.

- Elle a raison, Haylee. Tu vas travailler pour le milliardaire le plus connu du monde et tes vêtements

ne sont pas à la hauteur. Ils sont démodés et immondes. Un peu de classe ne te fera pas de mal, rétorque Brooke un sourire arrogant collé au visage.

C'était sans compter sur l'intervention de madame rabat-joie qui ne peut s'empêcher de m'humilier et

de me rabaisser. Mon sang ne fait qu'un tour, elle a le don de mettre sur les nerfs.

- Personnellement, je m'en moque de ton avis. Et d'ailleurs qu'est-ce que tu y connais à la mode ?

Regarde-toi ! Tu es d'une vulgarité affligeante, répliqué-je sèchement.

- Ça suffit toutes les deux, intervient mon père. Vous avez quel âge ? Un peu de tenue quand même.

Je me renfrogne et cède encore une fois. Désormais, je sais pourquoi j'ai décidé de postuler dans une

autre ville. Ma sœur me tape sur le système. Au moins à New York, je n'aurais plus à subir ses piques en permanence. Je prends mon père dans mes bras pour une dernière accolade. Comme à son habitude, ma mère me salue d'un hochement de tête et Brooke ne me calcule pas.

Tant mieux!

******

Nina et moi sommes arrivées à l'aéroport. Durant tout le trajet, elle n'a pas arrêté de pleurer. De mon

côté, mon altercation avec ma sœur m'a, une fois de plus, mis les nerfs en pelote. Notre relation a toujours été conflictuelle depuis notre enfance. À se demander si nous sommes réellement jumelles.

Enfin, c'est la vie!

J'ai procédé à mon enregistrement et pris une dernière fois, mon amie dans mes bras. Elle va atrocement me manquer, si j'avais pu je l'aurais emmenée avec moi, mais très vite, je balaye cette pensée. Lui imposer cela serait uniquement pur égoïsme de ma part et je m'y refuse.

- Nina, arrête de pleurer s'il te plaît ! demandé-je doucement en lui frottant le dos.

- Désolée, s'excuse-t-elle. Seulement ma meilleure amie part à plusieurs kilomètres et ça me rend

triste.

- On s'appellera tous les jours et on se reverra aussi.

- Absolument ! s'exclame-t-elle. Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. Amie pour la vie.

Une voix résonne dans le haut-parleur informant que le vol en direction de New York est ouvert. Je

resserre notre étreinte une dernière fois et me dirige vers la porte d'embarcation, non sans ressentir ce poids qui me compresse la poitrine. J'avance d'un pas incertain, les yeux embués de larmes que je m'efforce de retenir.

Nouvelle vie, me voilà !

Le vol s'est bien déroulé. Pas de perturbations, pas de cris, rien. À peine un pied posé sur le sol new-

yorkais que je me suis dirigée dans mon nouvel appartement acheté par mes parents qui veulent toujour voir les choses en grand. Le logement est magnifique, mais il ne correspond pas à mes goûts. Trop grand, trop luxueux, il reflète parfaitement l'image hautaine et pourrie gâtée de Brooke.

Moi jalouse ?! Non, je suis juste réaliste.

Je vais devoir m'occuper de ce petit détail pour le transformer en cocon chaleureux et douillet. Je

poursuis la visite de mon nouveau lieu de vie et finis par ranger mes affaires. Je considère mon dressing qui déborde de vêtements en tout genre. Ma mère ne s'est pas foutue de moi; seulement ces habits ne me représentent pas. Je souffle désespérée puis décide de prendre un bain salutaire pour me relaxer totalement.

Après une heure de détente et de soins, je sors de celui-ci, enfile un peignoir en soie de couleur

crème et pars dans la cuisine pour me servir une coupe de champagne. Autant profiter de ce nouveau confort. Pour ce soir, un repas frugal et rapide, cela ira parfaitement bien et en tout état de cause, je n'ai pas eu le temps de faire les courses.

Ce matin, je me réveille difficilement.

Effectivement, j'ai consacré ma soirée à cogiter. Une véritable

boule de nerfs incapable de se tranquilliser un minimum. Je n'ai pas arrêté de penser à mon futur patron, Emilio Carrera. Je ne l'ai encore jamais vu, même pas dans les magazines. Je préfère préserver le mystère et le rencontrer en chair et en os. Comment est-il physiquement ? Quel comportement a-t-il envers ses employés ? Plein de questions de ce genre ont tourné dans mon esprit.

Je me suis également remémoré tous les moments que j'ai passés avec Nina. Et le plus récent

remonte à la validation de ma candidature. J'avais postulé en découvrant que le PDG recherchait une assistante de communication et marketing. Quand la réponse est tombée, j'ai littéralement bondi du lit et sauté dans tous les sens.

Mon stress s'était envolé pour laisser place à la délivrance et à l'enthousiasme.

Je finis par me lever et me dirige directement dans ma salle de bain. Aujourd'hui, c'est mon premier

jour dans ma nouvelle vie, mais aussi dans le véritable marché du travail. Finis les petits boulots pour pouvoir gagner de l'argent. Je rentre dans la cour des grands. Il faut que je sois irréprochable. Je me déshabille et entre aussitôt dans ma douche à l'Italienne. Après une bonne dizaine de minutes, je sors, m'enroule dans une serviette et prends la direction de mon dressing.

Je regarde à l'intérieur de celui-ci et jette mon dévolu sur une tenue chic et décontractée en même

temps, rien de mieux qu'un pantalon noir taille haute, un haut blanc à col rond et le tout accompagné d'un blazer noir également, sans oublier une paire d'escarpins. Je me regarde une dernière fois dans le miroir et constate que tout est parfait. Je récupère mon téléphone sur ma table de chevet et pars en direction du salon. J'organise mon sac et lance l'appel avec Nina. Elle décroche au bout de la quatrième sonnerie.

- Salut ma chérie ! Dis, tu n'as pas oublié de me téléphoner hier en arrivant ?

- Salut ! Oui désolée, j'avais l'esprit ailleurs. Tu ne m'en veux pas ?

- Bien sûr que non. Et sinon, tout se passe bien ? Tu as bien dormi ? Pas trop stressée ? enchaîne-t-

elle les questions.

Nina, doucement, tu vas finir par manquer d'air, répondis-je amusée. Et donc, oui tout se passe

bien ; le logement est d'une beauté à couper le souffle même s'il ne me correspond pas. Hier soir, je me suis installée tranquillement, pris un bon bain et après dodo. Ensuite, pour le travail, je suis complètement stressée.

- Super tout ça. Et ne t'inquiète pas outre mesure. Tu vas être fabuleuse comme à chaque fois. Bon,

ma chérie, je dois te laisser, mais on s'appelle plus tard. Bonne chance pour ton premier jour et applique ce que je t'ai appris.

- Bisous et merci.

Une fois la conversation terminée, je raccroche, saisis mon sac à main et me dirige vers la sortie. Une

fois, dehors, je télécharge une application de taxi et passe commande. Mon moyen de transport sera sur place dans environ quinze minutes.

Tellement anxieuse que je me ronge les ongles. STOP ! Pense à la méthode de relaxation de Nina.

Inspire une grande bouffée d'air et expire doucement. Je réitère l'opération trois ou quatre fois, juste avant

d'apercevoir mon taxi arriver.

En définitive, sa technique fonctionne plutôt bien. Me voilà beaucoup plus calme et apaisée, en

direction de mon lieu de travail.

Au bout de quelques minutes seulement, le taxi s'arrête devant un immense bâtiment. Je descends du

véhicule et paie ma course.

Je me retourne face à l'immeuble dans lequel je vais travailler à compter de ce jour et reste quelques

secondes, abasourdie par la vue qui s'offre à moi. Il est gigantesque !

Bon, assez tergiverser, maintenant, c'est l'heure de montrer qui tu es !

Je franchis le tourniquet et pénètre dans le hall. Mon souffle se coupe instantanément. Si de

l'extérieur, il paraît superbe, de l'intérieur, il est sublime. Tout est d'un blanc immaculé. Les gigantesques baies vitrées offrent une luminosité éblouissante. Le sol en marbre blanc est ciré à la perfection. Le plafond est habillé de lustres grandioses. Le mobilier, d'un blanc laqué, s'accorde parfaitement à la luxure de l'immeuble.

J'arrête ma contemplation et me dirige vers la réception. Une jeune femme - qui selon moi ressemble

énormément à ma jumelle - au maquillage démesuré, forte poitrine, robe très courte et serrée avec un décolleté exagéré, et des talons d'au moins dix centimètres, reluque sans gêne les hommes installés dans le petit salon.

Je confirme, c'est Brooke numéro deux.

Tellement absorbée par son inspection écœurante, qu'elle ne me remarque aucunement. Pour mettre

fin à cette vision d'horreur, je me racle la gorge. Celle-ci me lance une œillade noire, mais je m'en contrefiche.

Je suis ici pour travailler et non pour draguer tous les hommes qui se présentent. À croire que les

rôles sont inversés et que cette fois-ci, ce sont eux les morceaux de viande mis en vente sur l'étalage du boucher.

- Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? demande-t-elle d'un ton hautain.

- Bonjour ! Je souhaite rencontrer monsieur Carrera, répliqué-je froidement.

L'hôtesse me regarde en biais. Je hais ces femmes qui se croient tout permis. Elle déteste son travail,

en revanche, elle adore dévisager les hommes de façon suggestive.

Désolée de te déranger dans ta contemplation, mais j'ai horreur qu'on me snobe ou qu'on me prenne

de haut.

- C'est à quel sujet ? reprit-elle plus mielleuse.

- J'ai rendez-vous avec lui à neuf heures précisément.

- Je vais vérifier, un instant ! Et vous êtes...

Elle commence à me sortir par les yeux, cette dinde !

- Mademoiselle Graham.

- Un instant, je vous prie. Ah oui, effectivement. Son bureau est au dernier étage, présentez-vous à

la secrétaire. Elle vous conduira a lui, rétorque-t-elle tranchante.

- Merci et bonne journée à vous aussi, sifflé-je.

J'espère que la secrétaire sera plus humble et plus aimable que cette cruche. Sinon ça va être difficile

de travailler ici. Ainsi, j'entre dans l'ascenseur et appuie sur le bouton qui correspond au dernier étage. Arrivée à destination, je m'avance jusqu'au bureau de l'assistante. Assurément, je me retrouve avec une nouvelle Brooke.

Décidément, il ne recrute que des filles vulgaires dans cette entreprise.

- Bonjour, en quoi puis-je vous aider ?

- Bonjour, j'ai rendez-vous avec monsieur Carrera, pour le poste d'assistante.

- Très bien, mademoiselle ?

- Pardon ! Mademoiselle Graham, Haylee Graham.

- Monsieur Carrera est pour le moment en réunion. Veuillez patienter dans le petit patio, au bout du

couloir, explique-t-elle en me désignant l'espace de son doigt manucuré.

- Très bien, merci.

Je pars m'installer sur l'un des fauteuils de l'espace qui propose une vue imprenable de Manhattan.

Mes jambes commencent à s'ankyloser à force de rester assise sans rien faire. Heureusement pour moi, la secrétaire arrive et m'informe que monsieur Carrera va me recevoir.

Enfin ! J'ai cru qu'il m'avait oublié. Une heure à attendre, c'est abuser franchement.

- Son bureau se situe au fond du couloir à droite.

Je la remercie et pars pour le bureau du PDG. Au moment d'arriver devant sa porte, mon stress

revient à son paroxysme. Je prends quelques minutes pour apaiser mon rythme cardiaque. Je ne perds pas plus de temps et cogne à la porte. Une voix imposante résonne jusqu'à mes oreilles.

- Entrez !

Chapitre 2 Chapitre 2

Haylee

Je m'exécute et ouvre la porte. À peine ai-je posé un pied que mon cœur rate un battement. Cette

pièce est immense, elle a une luminosité impressionnante, un pan de mur entier est en réalité une gigantesque baie vitrée donnant une vue imprenable sur la ville. Un bureau magnifique trône au milieu avec à sa droite un espace réunion et à sa gauche un coin salon détente.

- La vue vous plaît? lance une voix grave derrière moi. Je vous en prie, mademoiselle Graham,

venez prendre place.

Je secoue ma tête dans le but de reprendre mes esprits. Je ferme derrière moi et avance d'un pas

timide jusqu'au fauteuil. Plus je m'approche et plus mon rythme cardiaque s'affole. Il est d'une beauté à rendre folle toutes les femmes qui croisent son chemin ou du moins, affoler les petites culottes. Arrivée à sa hauteur, je tente de reprendre contenance bien que mes joues soient en surchauffe.

Respire!

Je m'installe rapidement sur le siège qui s'offre à moi. Son regard me détaille comme si je

représentais sa prochaine proie. Cela me déstabilise un court instant. Néanmoins, j'arrive à passer outre son inspection, un peu trop déplacée à mon goût, puis finis par me racler la gorge.

Un peu de tenue tout de même !

- Bien ! Mademoiselle Graham, j'ai regardé de près votre curriculum vitae et je dois avouer que j'ai

été stupéfait. Surtout au vu de votre âge et de votre cursus scolaire. Vous avez tout d'abord étudié la communication et l'industrie avec, à la clé une Licence et un Master communication médias et industries créatives. Puis vous avez poursuivi votre parcours dans le domaine de la gestion et du marketing en empochant un Master marketing et gestion commerciale.

- C'est exact, monsieur Carrera

- Le seul petit bémol à ce CV parfait, c'est cette absence de deux ans. Pouvez-vous m'en dire plus ?

exige-t-il une pointe de curiosité dans la voix.

- Evidemment, il fallait s'y attendre. Une pause de plusieurs mois, trente-six pour être précise, ne

passe pas inaperçue. Pourtant, cette expérience fait partie de mon passé. Je ne souhaite pas en parler, ni aujourd'hui ni plus tard et aussi, cela ne vous regarde pas, tranché-je anxieuse.

Il me regarde perplexe, mais ne renchérit pas.

- Très bien, Mademoiselle Graham. Pour en revenir au poste que vous allez occuper à partir

d'aujourd'hui, je veux être certain que vous savez dans quoi vous vous engagez ! Ce n'est pas un travail à prendre à la légère. J'impose une rigueur et un professionnalisme à toute épreuve. Aucun retard ne sera accepté. Est-ce clair ?

- Limpide, monsieur Carrera.

Ça ne va pas être coton de travailler avec lui.

- Parfait ! Pouvez-vous m'expliquer en quoi consistent vos tâches ? m'interroge-t-il.

= Eh bien, pour tout vous dire.

c'est un peu vaque.

J'ai postulé pour un poste d'assistante

communication et marketing, sauf que les missions ne correspondent pas réellement au profil d'un emploi de cette catégorie.

- Oh et pouvez-vous me dire quelles sont les missions propres à une assistante de communication et

marketing dans ce cas?

La panique me saisit, néanmoins j'y fais abstraction et réponds d'une voix assurée.

- Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu'une assistante n'est pas là pour servir le café à

son patron. Il est d'après mes connaissances, normal de gérer votre emploi du temps, retranscrire les comptes-rendus des réunions avec les différents directeurs de services...

- Je vous demande pardon ? me coupe-t-il d'une voix intransigeante.

- Je...

- Ça suffit ! m'interrompt-il, une seconde fois. Je crois qu'il y a une erreur. Vous êtes bien embauchée

en tant qu'assistante, mais en aucun cas, je n'ai besoin de vous pour servir mon café. Écoutez nous allons tout reprendre depuis le début.

Je reste sans voix par tant de rigueur. Il dégage une aura que je ne saurai décrire, presque animale.

- Bien. Pour commencer, vous serez mon assistante personnelle, mais également chargée du

service communication et marketing. Il est l'élément central de mon entreprise et participe au développement d'activité et de la stratégie, il évalue également la qualité d'un service proposé ou d'un produit. Ensuite...

- Cela veut dire que je vais assumer deux postes. Ce qui veut dire double casquette pour votre

entreprise. Pouvez-vous m'expliquer le lien entre les deux postes et aussi les missions que je vais opérer ?

- Bien sûr, mademoiselle Graham, j'allais y venir. Le lien entre les deux est simple, je suis le PDG de

cette société et j'ai un regard minutieux et méthodique sur l'ensemble de mes employés, et surtout sur les services, plus particulièrement, sur le service communication et marketing puisqu'il reflète l'image de mon entreprise.

Mon fessier m'en lâche. Heureusement que je suis assise.

- Pour les missions du côté marketing, vous aurez en charge : le suivi de l'offre des marchés produits

et services, la recherche de nouveaux fournisseurs, clients et partenaires. Le suivi de la production, des commandes et des livraisons. La mise à jour des fichiers interne et externe et la mise en œuvre des comptes rendus. Concernant le côté communication, vous devrez participer à la rédaction et l'élaboration du journal interne, des bulletins d'information et des affiches. Vous mettrez en place également des réunions de travail ou d'informations. Vous préparerez le suivi avec la presse et vous aurez aussi accès à mon agenda.

Je suis définitivement figée face à autant de responsabilités. Cela ne me fait pas peur, je pense avoir

les qualités nécessaires pour cet emploi. Cependant, quelque chose tique dans mon esprit.

- Est-ce que vous comprenez mieux les missions de votre poste ?

- Oui, c'est parfait. Je ne vais pas vous décevoir, affirmé-je d'une voix déterminée. En revanche,

pouvez-vous m'expliquer pourquoi la fiche de poste n'est-elle pas la même d'un site à l'autre ?

- Je ne comprends pas ?

- Excusez-moi. Je vous ai lancé sur le sujet des missions pour une bonne raison. Avant de postuler,

j'ai fait le tour des différents sites pour l'accès à l'emploi. J'ai remarqué que votre annonce est apparue plusieurs fois pour le même poste, mais avec différentes missions à chaque fois. D'où ma remarque sur le café. Je ne suis pas ici pour vous faire du tort mais à l'avenir si je peux me permettre, faites une vérification avant de valider une offre d'embauche.

- J'en prends bonne note, miss Graham, et j'espère que ce faux pas ne se reproduira pas. Et pour

répondre à votre remarque pertinente, je suis effectivement le PDG et je me dois d'être plus regardant sur des missions aussi basiques que celle-ci. Merci de m'avoir fait prendre conscience que je vous tiendrais à l'œil pour le bon fonctionnement de ma société. Maintenant suivez-moi, je vais vous faire visiter puis vous montrer votre bureau, m'invite-t-il en se levant.

Je dois apprendre à me taire à l'avenir.

À peine sortis de son bureau, que Barbie siliconée se jette littéralement dans les bras de notre patron.

J'ai loupé un épisode ou c'est comment ? Je les regarde éberluée, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés. On dirait une carpe hors de l'eau.

Ne me dites pas qu'il couche avec l'une de ses employées !?

- Emilio, mon chéri, es-tu prêt pour qu'on parte d'ici et qu'on rentre à la maison. J'ai une surprise pour

toi, lance-t-elle d'une voix suave.

J'ai ma réponse et non, ce n'est pas une blague. Comment peut-on se taper un bout de plastique ?

C'est écoeurant ! À cette pensée, un frisson de dégoût parcourt mon corps.

- Rebecca, pas maintenant et je t'ai déjà dit qu'au travail, tu devais rester professionnelle. On ne

mélange pas le personnel et le professionnel ici, aussi, comme tu peux le voir je suis occupé, explique-t-il, me lançant une oeillade confuse.

- Je vois ! C'est à cause de cette traînée que tu refuses ma proposition. J'ai été gentille avec elle

pour ne pas la froisser et je me suis tenue de manière professionnelle, mais j'aurais dû lui expliquer les codes dès le départ.

C'est juste une salope qui vient trémousser son cul et toi, tu n'y vois que du feu. Elle est comme la

précédente, crache-t-elle agressivement tout en me pointant du doigt.

C'en est trop ! Elle se prend pour qui Barbie ? Nous n'avons pas élevé les vaches ensemble il me

semble ! Sans plus me contrôler, je lui balance d'une voix cinglante :

- Je vous demande pardon ! Vous vous prenez pour qui exactement, la nouvelle Kim Kardashian ?

Écoutez-moi bien, car je ne vais pas le répéter, restez à votre place et notre relation s'en portera très bien. Je ne vous permets pas de m'insulter et encore moins de me pointer du doigt comme un vulgaire insecte. Comme l'a précisé, monsieur Carrera, nous sommes ici dans le cadre professionnel et non personnel. Si vous ne connaissez pas la différence, je vous invite à prendre un dictionnaire et regarder les définitions.

À bout de souffle, je termine ma tirade. Je n'en reviens pas moi-même d'avoir dit toutes ces choses.

J'espère que cette altercation ne va pas avoir des conséquences négatives concernant mon embauche. Ce serait le pompon, à peine arrivée, que je me fasse virer ! J'ose lancer une œillade timide à mon patron et au vu de son sourire en coin, je peux affirmer que finalement, tout est au vert. Cela me soulage.

- Comment osez...

- Stop, Rebecca ! Retourne à ton poste et à l'avenir abstiens-toi de réagir de manière capricieuse et

hautaine. De plus, tu n'as pas à insulter qui que ce soit ici. La prochaine fois, je devrais prendre une décision disciplinaire à ton encontre. Suis-je clair ?

- Mais...

Ne tente pas de répondre. Le sujet est clos. Oh et nous aurons également une discussion portant

sur la mise en ligne des prochains postes à pourvoir au sein de la société. Maintenant retourne à tes tâches et ne m'importune plus de la sorte.

Elle ne pipe mot. Il faut dire que le regard noir que le patron lui lance ne laisse aucune place à la

discussion. Elle finit par abdiquer et retourne furibonde s'asseoir, le tout dans un silence absolu à l'exception de ses escarpins hors de prix qui claquent sur le sol à chacune de ses foulées.

Monsieur Carrera et moi enchaînons la visite des lieux, il me présente plusieurs collaborateurs et

quelques membres importants et hauts gradés de certains services. Une fois de nouveau à l'étage de la direction, nous traversons le couloir et nous nous arrêtons devant une porte située pas très loin de son bureau. Il ouvre celle-ci d'un mouvement rapide et m'invite à y entrer.

Je reste un instant subjuguée par la vue qui s'offre à moi. Le bureau est plus petit, mais tout aussi

beau que le sien. Il donne sur une magnifique baie vitrée à la vue incroyable. Je repère à droite de ce panorama une armoire et sur la gauche une commode. De plus, j'ai à ma disposition une imprimante sans fil qui par chance comprend les fonctions scan et photocopie.

Au moins, pas besoin de sortir et de croiser cette peste de Rebecca !

- Voici donc votre lieu de travail, mademoiselle Graham. Celui-ci vous convient-il ?

- Il est parfait ! m'extasié-je.

- Bien ! Dans ce cas, c'est officiel, vous faites à présent partie l'équipe. Votre travail commence

demain à 9h précises, mademoiselle Graham. Je ne vous retiens pas plus, vous avez certainement beaucoup de choses à faire.

- Excusez-moi, mais est-il possible que je reste encore un peu ici afin de pouvoir m'imprégner

davantage des lieux ?

- Bien sûr ! Au revoir, mademoiselle Graham. Oh, et n'oubliez pas, aucun retard ou vous êtes virée

sur le champ!

Il m'adresse un sourire énigmatique puis se dirige vers la porte pour retourner à ses occupations.

C'est incroyable, je suis bel et bien l'assistante du grand patron. Je n'en reviens pas, c'est dingue. Toujours sur mon petit nuage et ne pouvant plus tenir, je décide de téléphoner à Nina.

- Allo, Nina, tu ne devineras jamais ! m'égosillé-je comme une hystérique.

- Salut à toi aussi ! Tu as eu le poste, c'est ça ? Quelle question, la réponse est évidente, c'est oui !

Je le savais, il ne pouvait pas en être autrement, tu es la meilleure, hurle-t-elle, manquant de me rendre sourde.

- Exactement, je ne peux rien te cacher. Tu sais toujours ce qui m'arrive avant même que ça ne se

produise.

- Je ne suis pas ta meilleure amie pour rien. Et sinon comment est-il ?

- Qui donc ? l'interrogé-je incrédule.

- Le voisin ! rétorque-t-elle blasée. Je l'imagine déjà se taper le front et souffler d'exaspération. Je te parle de ton boss, andouille !

Oh ! Eh bien... Heu... Très professionnel, intimidant, sûr de lui, charismatique. Il est très à cheval

sur la ponctualité et...

- Bon sang, Haylee, je m'en fous. Je veux savoir à quoi il ressemble ! Il est sexy ? Aller avoue, me

coupe-t-elle.

Je souris face à l'interrogatoire de ma meilleure amie. Toujours à vouloir connaître les détails

croustillants comme elle le dit si bien. Mais quelque part, elle a raison, il est carrément à tomber. Il dégage quelque chose de sauvage, d'animal.

Haylee, stop ! Ressaisis-toi, c'est ton patron. Il ne peut rien se passer entre vous et puis tu n'es pas ce

genre de fille à sauter sur le premier venu.

- Haylee ! Haylee, tu es toujours là ? entends-je la voix inquiète de mon amie.

- Pardon ! Je disais, tout se passe bien, mais je pense m'être fait deux ennemis. Particulièrement

deux femmes que je qualifie de potiches.

À peine ai-je fini ma phrase, qu'une tornade brune entre dans mon bureau sans même avoir frappé.

Rebecca m'adresse un regard glacial et ne se préoccupe pas de me voir au téléphone.

Vive la correction!

- Nina, je te rappelle plus tard, j'ai une affaire à régler, raccroché-je sans même lui laisser le temps

de répondre.

- On ne vous a pas appris à frapper à la porte avant de rentrer comme vous venez de le faire !?

lancé-je sarcastique.

- Écoute-moi bien, car c'est la première et dernière fois que je te préviens. Emilio est à moi, je ne

veux plus que tu t'approches de lui. Suis-je bien clair ?

- Comment ?! Désolée, j'ai dû mal comprendre. Il m'arrive parfois de ne pas comprendre ce qu'on

m'impose. Aussi, j'ai une petite question, qui je l'espère, vous fera réfléchir à comment vous comporter à l'avenir.

Vous avez été élevée où exactement? En pleine brousse ou dans un zoo peut-être. Pour votre information, quand on a minimum d'éducation on vouvoie une personne que l'on ne connaît pas, après tout, nous n'avons pas élevé les cochons ensemble.

Je suis fière de l'avoir remis en place et surtout d'avoir réussi à lui faire fermer sa grande bouche.

J'observe son visage déformé par la colère, si des fusils étaient à la place de ses yeux, je serais morte depuis longtemps. Elle s'apprête à répliquer, mais je ne lui laisse pas le temps et continue.

Ensuite, je vous demande à l'avenir de frapper à ma porte et d'attendre que je vous donne

l'autorisation d'entrer, mon bureau n'est pas un moulin. Si vous n'êtes pas capable d'appliquer le respect, vous n'avez rien à faire ici et pour finir, je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne suis que son assistante ni plus ni moins et donc, il va m'être difficile de ne pas pouvoir m'approcher de lui.

Elle fulmine si bien qu'elle ne sait plus quoi dire. Après quelques secondes à nous tuer du regard, elle

reprend la parole.

- Je t'ai à l'œil gamine. Un seul faux pas et je te fais la misère. Emilio et moi sommes fiancés, si tu ne

l'as pas encore remarqué. Alors ouvre tes grands yeux et imprime-toi l'image dans ta petite tête, agite-t-elle sa main devant moi.

- Très belle bague, quoique, j'ai vu mieux ! Et puis de toute façon, j'ai déjà un petit ami alors pour

quelle raison irais-je voir ailleurs. Je ne suis pas comme la plupart des femmes et encore moins comme vous ! la défié-je.

Elle me toise longuement puis finit par sortir de mon bureau. J'expire tout l'air bloqué dans mes

poumons et me laisse tomber sur mon siège.

La fin de journée a sonné et heureusement, je n'ai pas revu cette morue siliconée. Arrivée chez moi,

j'enlève mes talons qui commencent à me faire mal et je me dirige vers ma salle de bain. Pour une détente totale, je me fais couler un bon bain chaud, j'allume quelques bougies, me déshabille et entre doucement dans ma bulle de chaleur. J'ai besoin de calme pour oublier, ou du moins décompresser. Je profite un maximum de mon bain, mais très vite, mes pensées divergent sur un homme plus que charmant. Son charme éblouit et fait tourner toutes les têtes. Je me remémore ma journée en sa compagnie et une douce chaleur s'insinue au creux de mon ventre.

Bon sang, Haylee tu divagues complet. Voilà que je commence à fantasmer sur mon patron. Ce n'est

pas un bain que j'aurai dû prendre, mais une bonne douche froide pour me remettre les idées en place.

Je décide après trente minutes de sortir. C'est agréable, mais je n'ai pas envie de me retrouver toute

fripée comme une mamie de 90 ans. Je me sèche, enfile ma nuisette puis mon peignoir par-dessus. Je pars en fripée comme une mamie de 90 ans. Je me sèche, enfile ma nuisette puis mon peignoir par-dessus. Je pars en direction de la cuisine pour voir ce que je vais me mettre sous la dent ce soir. En ouvrant le frigo, la réponse est limpide, plus qu'à commander une bonne pizza. Je m'empare de mon téléphone, compose le numéro de la pizzéria du coin et passe commande.

En attendant, je m'installe sur mon canapé, allume la télévision et regarde les programmes tout aussi

nuls les uns que les autres. La sonnette retentit, je lance une œillade sceptique à mon horloge et remarque que cela fait à peine dix minutes que je patiente. Malgré tout, je me lève et récupère mon portefeuille. Je m'avance jusqu'à ma porte d'entrée, ouvre la porte et sans un regard pour la personne, je lui dis :

- C'est du rapide chez vous ! À peine dix minutes d'attente. Combien je vous dois ?

- Bonsoir ! Gronde une voix qui me paralyse sur place.

Chapitre 3 Chapitre 3

Emilio

Cette journée forte en rebondissement est enfin terminée. Je repense à mon rendez-vous qui a pris

un temps infini. Je déteste qu'on me prenne pour ce que je ne suis pas; après tout, je ne suis pas n'importe qui, mais bel et bien Emilio Carrera, le multimilliardaire international le plus puissant et surtout le plus craint.

Cette entrevue qui aurait dû être bouclée en vingt minutes a finalement duré deux heures. Une

éternité à débattre de sujets sans importance ainsi qu'à tourner en rond. Je suis un homme d'affaires avant tout, non un homme lambda qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

En effet, cette réunion avait pour but de faire une première présentation du projet et de rencontrer les

différents partenaires susceptibles de m'aider selon leur domaine d'expertise. Personne ! Aucun représentant des différents partenaires que je visais n'est venu aujourd'hui. Cela m'a particulièrement énervé, car je deteste les

impondérables de ce genre. A la place, j'ai dû convoquer les différents directeurs de filiales, pour une assemblée de travail hebdomadaire. Finalement, cela a eu du bon, j'ai pu faire une mise au point et remettre certaines choses en place. J'espère seulement que je n'aurai pas à le refaire de suite.

Néanmoins, je n'oublie pas un détail capital, il faut que j'aie une conversation avec Rebecca. Elle était

censée contacter les différents partenaires d'après la liste que je lui ai transmise et leur adresser une invitation électronique. C'est son rôle en tant que secrétaire, du moins en apparence. Je lui ai donné plus de responsabilités. juste le temps pour moi de trouver l'assistante parfaite et qualifiée pour le poste ; cette période d'essai aura été lamentable.

Il faut dire qu'elle est aussi intelligente qu'une huître, me souffle ma conscience.

Heureusement, j'ai trouvé, à mon sens, la perle qui réussira à faire les tâches administratives aussi

basiques que celle-ci et plus encore.

Pour en revenir à ce changement de dernière minute, j'ai une ambition grandissante et qui me tient à

cœur, celle de monter un projet humanitaire sur le continent africain, notamment sur le sol camerounais. Ce pays magnifique, riche de ses paysages, de sa faune sauvage, mais aussi de sa culture, souffre en silence d'une vie difficile. Les médias, tout comme les agences immobilières, vendent du rêve aux touristes venus des quatre coins du monde. La vérité est bien loin de toutes ces idées idylliques que les personnes s'imaginent. La corruption, la violence ainsi que la pauvreté y règnent ; malheureusement personne ne fait rien pour changer cela. Ce qui me révolte davantage, c'est que le gouvernement ferme les yeux et ne propose aucune solution pour enrayer ce chaos et apporter paix et sérénité à son peuple.

Ce pays m'a toujours fasciné et pour cause, ma mère était infirmière puis un jour, elle a décidé de

parcourir le monde en proposant ses services dans différentes organisations humanitaires et associations. Elle a beaucoup voyagé à travers le monde, mais son pays de cœur, son préféré, était le Cameroun. Elle me racontait toutes ses aventures et ses découvertes, elle était fière d'apporter un peu d'amour, de protection et de lumière dans les yeux des enfants, des femmes et des hommes qu'elle côtoyait dans le cadre de ses missions. J'étais fière d'elle et je le suis toujours bien qu'elle ait quitté ce monde, il y a maintenant huit ans.

La seule chose que je regrette dans ma vie, c'est la disparition de ma mère, mon modèle, ma vie.

C'est pour elle que j'ai créé cette entreprise afin de changer le monde dans lequel nous vivons. Il est important pour moi de lui rendre hommage et, d'une certaine manière, de perpétuer son souvenir à travers chaque idée que

j'entreprends.

Ainsi, quand je lis la presse people, plusieurs émotions me submergent. Un mélange de colère,

d'amusement, de grandeur, mais avant tout de honte. Il est vrai que je donne une image de moi différente de l'homme que je suis réellement. En effet, d'après les différentes rumeurs, je suis décrit comme étant un homme à femmes, sexy, intransigeant, imbu de sa personne, manipulateur et j'en passe. Je ne suis pas cet homme tel qu'il est décrit dans ces torchons ; j'aime la simplicité et surtout la discrétion sur ma vie privée. Je ne dévoile rien de ce que je peux ressentir ou vivre à tous ces chacals prêts à bondir sur le moindre morceau de potins et qui n'attendent qu'une seule chose: ma descente aux enfers. L'unique élément que je peux confirmer concerne l'intransigeance.

Cette

caractéristique que je qualifie de qualité est une obligation pour moi en tant que jeune PDG. Je refuse de paraître faible devant ces différents hommes d'affaires, tous hypocrites, arrogants et redoutables. Leur seul but est de me voir couler et pour cela tous les coups sont permis.

Alors oui, je suis intransigeant, autoritaire, froid, mais sous cette carapace d'homme d'affaires

impénétrable, je suis avant tout un homme brisé par la vie. Mon enfance n'a jamais été épanouie et aimante. Malgré les absences répétées de ma mère, j'avais de ses nouvelles très souvent et elle faisait tout son possible pour concilier sa passion et sa vie de femme. Elle représentait à elle seule un amour inconditionnel pour la vie. En revanche, mon père, c'était tout le contraire et encore à l'heure actuelle. Il a toujours été dur, distant et violent. Il n'a jamais accepté qu'on lui tienne tête, et encore moins une femme, surtout ma mère. Pour lui, il n'y a aucune place pour les sentiments, c'est une faiblesse. Avec lui, aucune marque de compassion ou d'amour, un carriériste, un robot sans émotion aucune, voilà ce qui le représente.

Un être égoïste et méchant.

Contrairement à moi, il n'a jamais hésité à tromper, humilier et faire souffrir ma défunte mère. Jamais

un mot gentil, une attention ou un geste d'affection pour elle, juste du mépris, du dégoût et de la haine. Plusieurs fois, j'ai pris sa défense face à lui, j'ai pris des coups pour lui éviter le pire. À plusieurs reprises, j'ai essuyé ses larmes, nettoyé ses plaies et pansé ses blessures. Il n'a jamais compris cette relation qui nous unissait, elle et moi ; encore aujourd'hui, il reste dans l'ignorance et l'incompréhension. Il me répète encore et toujours que ce n'est pas grâce à elle, mais grâce à lui que j'en suis là aujourd'hui.

Il n'a rien compris et sera toujours dépourvu de cette capacité.

Je sors de mes pensées, quand je m'aperçois que j'arrive près de chez moi. Je gare ma voiture dans

le parking, sors de mon véhicule et me dirige vers l'ascenseur privé de la résidence. C'est pratique, il me dépose directement chez moi. Ce trajet dans cette cage en fer me permet de revenir sur mademoiselle Graham. Je n'ai jamais vu une beauté pareille; ses magnifiques yeux bleu lagon m'ont hypnotisé, sa bouche pulpeuse que je rêve de goûter, ses fines jambes élancées qui n'attendent que d'être caressées.

Stop ! Mais qu'est-ce que je raconte ? Il faut que je me reprenne !

J'ai un compte à régler avec celle qui me sert de fiancée, Rebecca. Quand je repense à son attitude de petite princesse capricieuse, mais aussi à la manière qu'elle a de parler à mademoiselle Graham mon sang se fige.

Elle se prend pour qui?

Elle a été insultante, méprisante, hautaine, arrogante et méchante. Je ne tolère en aucun cas cela. En même temps, elle est toujours comme ça ; c'est Rebecca !

Le dong de l'ascenseur me prévient de mon arrivée. En rentrant dans mon appartement, je m aperçois que Rebecca est déjà présente. Je n'ai absolument pas envie de la voir, mais je dois régler rapidement la situation et mettre les points sur les i. Elle ne va pas s'en tirer aussi facilement.

Elle s'avance d'un pas félin jusqu'à moi, m'entoure le cou de ses bras, colle sa poitrine refaite à mon torse et tente de m'embrasser. Je détourne la tête juste avant, elle paraît surprise.Que se passe-t-il mon amour ? s'enquiert-elle d'une voix qui se veut suave.

Tu me poses franchement la question. À ton avis, Rebecca ?

Elle me regarde avec incompréhension, je souffle et décide de lui répondre d'un ton froid et sans

- Ton comportement ! Voilà ce qui se passe. Tu as été irrespectueuse envers mademoiselle Graham.

Que ça ne se reproduise plus à l'avenir !

-Mais.

Je lui lance un regard noir pour lui faire comprendre qu'elle doit arrêter ses manières. Ça ne fonctionne pas avec moi. Néanmoins, elle continue.

- Je n'ai pas confiance en cette fille. Elle n'arrête pas de minauder devant toi et de te faire les yeux doux. Nous sommes fiancés, je te rappelle, et bientôt mariés. Il est hors de question qu'elle se mette entre nous deux.

- Tu racontes vraiment n'importe quoi. Elle est mon assistante, ni plus ni moins.

Menteur ! Me nargue ma conscience.

- De toute façon, le problème est résolu. J'ai eu une discussion avec Haylee. Elle m'a même révélé être en couple, mais j'ai des doutes. Quoi qu'il en soit, elle va s'en tenir à des rapports professionnels avec toi.

Elle est en couple ? Non, c'est impossible !

- Tu as fait quoi ? Crie-je. Je t'interdis de refaire ça. Mademoiselle Graham est mon assistante, que cela te plaise ou non. Si tu n'es pas contente, tu peux toujours trouver un poste ailleurs, ce n'est pas ce qui manque à New York.

- J'ai fait ça pour nous Émilio, réplique-t-elle en s'approchant de moi.

Elle essaye de me prendre dans ses bras, mais je la repousse.

- Reste loin de moi ce soir, c'est mieux pour nous deux.

Je pars en direction de mon bureau, claque la porte et m'installe avec un verre de whisky à la main.

Ma colère est grandissante. Je ferme les yeux un instant afin de reprendre une contenance et éviter de tout casser.

Après quelques minutes, j'ai repris le contrôle de moi. Je prends mon téléphone et je compose le numéro de mon assistant informatique. Au bout de la deuxième sonnerie, il décroche.Patron, il y a un problème ?

Bonsoir Drake. J'ai besoin de tes services.

De qui s'agit-il ?

Mon assistante, Haylee Graham.

Je m'attelle aux recherches et vous réponds dans moins de dix minutes.

Je raccroche et patiente pendant que je me délecte de mon alcool. Drake est un hackeur que j'ai découvert par hasard, j'ai tout de suite pris position et l'ai embauché. Personne n'est au courant au sein de l'entreprise, c'est mieux ainsi. Je termine mon verre quand je reçois les éléments. Je me lève comme si je m'étais brûlé le cul et sors à la hâte de mon appartement.

Je suis devant la porte de chez mademoiselle Graham. Je reprends un semblant de calme puis indique ma présence en posant mon doigt sur la sonnette. Je l'entends à travers la porte s'affairer. J'attends à peine quelques secondes qu'elle ouvre le battant. Sans un regard sur moi, elle lance de sa voix douce :

- C'est du rapide chez vous ! À peine dix minutes d'attente, je vous dois combien ?

Je souris, amusé et réponds un simple bonsoir.

Elle relève immédiatement sa tête de son portefeuille, se fige dans son geste, et à la fois intriguée.

- Pardon... J'oublie mes bonnes manières. Entrez.

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