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CES MÈRES CÉLIBATAIRE

CES MÈRES CÉLIBATAIRE

Auteur:: Plume de la Romance
Genre: Nouvelle
Grâce Muta, 26 ans, a tout perdu à cause de l'amour. Orpheline de mère, son père l'a rejetée après son remariage avec Martha. Abandonnée, elle a trouvé refuge chez son petit ami, Florian, croyant en son amour. Mais après être tombée enceinte, il l'a quittée, emportant toutes ses économies et brisant ses rêves d'études. Parti au Canada, il l'a définitivement abandonnée deux ans plus tard, marié à une autre femme qui lui a donné un fils. Aujourd'hui, Grâce travaille comme cuisinière et serveuse pour subvenir aux besoins de sa fille, Bénédicte, âgée de quatre ans. Sa priorité est son éducation. Mais les épreuves continuent : Roland, un nouvel homme dans sa vie, vient de raviver sa douleur. Est-ce une malédiction d'être mère célibataire ? Trouvera-t-elle enfin l'amour ? Elle n'y croit plus. Ses rêves se sont évanouis, et elle ne peut plus se permettre d'espérer l'impossible. Natacha Ouedraogo, 24 ans et mère de deux enfants de pères différents, raconte son parcours marqué par des choix audacieux et des désillusions. Tombée enceinte à 17 ans alors qu'elle entretenait plusieurs relations, elle n'a jamais su qui était le père de son premier enfant. Rejetée par les trois hommes concernés, elle a élevé son fils seule, sous le regard sévère de sa famille. Après avoir abandonné l'école par honte, elle a suivi une formation en coiffure grâce à sa mère. Plus tard, elle s'est installée avec un homme qui l'a soutenue, mais l'a chassée après qu'elle ait eu une liaison avec son frère. Aujourd'hui, elle profite de la vie sans chercher l'amour, vivant des relations éphémères. Seul Pascal l'a poussée à envisager une relation stable, mais l'absence de satisfaction intime la fait douter. Peut-elle réellement être en couple ou se ment-elle à elle-même ?

Chapitre 1 Chapitre 01

La nuit a été plus courte qu'à l'accoutumée. Grâce passe le week-end chez Roland, cet homme avec qui elle entretient une relation depuis un mois et une semaine. Depuis qu'ils se sont mis ensemble, il ne reste jamais loin d'elle, ni même de son corps.

Allongés sous les draps froissés, ils profitent encore de la chaleur du lit lorsque le téléphone de Roland vibre soudainement sur la table de nuit. Il émerge doucement du sommeil, tend le bras et jette un coup d'œil à l'écran. Son cœur rate un battement en voyant le nom affiché « Lydia »

Sa fiancée.

D'un bond, il se lève, le téléphone serré dans sa main moite. Il jette un regard rapide par la fenêtre, scrutant la rue avec inquiétude. Aucun signe de Lydia. Ni voiture, ni silhouette suspecte. Soulagé mais nerveux, il s'éclipse discrètement vers la salle de bains avant de décrocher.

- Allô, ma reine...

- Mon amour, tu es toujours au lit ? » demande Lydia d'une voix douce.

- Oui... c'est ton appel qui m'a réveillé. J'espère que tout va bien ?

- Oui, mais je veux que tu viennes me chercher à l'aéroport.

Roland se fige. Son souffle se coupe un instant.

- Quoi ?! Tu es déjà au pays ? Mais... hier encore, tu m'as dit que tu devais rester une semaine de plus...

- C'était pour te faire une surprise !» rit Lydia. « Ma mission est terminée plus tôt que prévu, et maintenant, on va enfin pouvoir planifier notre mariage.

Roland passe une main nerveuse dans ses cheveux et tente de maîtriser sa voix.

- D'accord, ma reine... Je vais me préparer tout de suite et venir te chercher.

- Chéri, tu es sûr que tout va bien ? Ta voix est étrange...

- Oh oui, tout va bien !» Il force un sourire qu'elle ne peut pas voir. « Juste un peu de fatigue.

- D'accord... Je vais en profiter pour faire quelques achats au centre commercial avant ton arrivée. Une fois à la maison, je te préparerai ton plat préféré et on passera une belle soirée ensemble.

- Ça me fait tellement plaisir que tu sois enfin de retour...» souffle Roland, les yeux fixés sur la porte de la salle de bain.

- Je sais que tu es en manque de moi » susurre Lydia. « Mais ne t'inquiète pas, je suis là maintenant... et je compte bien combler toutes tes envies.

Roland déglutit difficilement.

- Je n'en doute pas...

- À tout à l'heure, mon roi. Bisous.

- À tout de suite, ma reine...

Lydia raccroche.

Roland prend une grande inspiration, tentant de calmer les battements affolés de son cœur. Avant même qu'il ne touche le robinet pour se rincer le visage, la porte de la salle de bains s'ouvre brusquement.

Grâce est là.

- Tu viens de parler avec qui au téléphone ? » demande-t-elle d'une voix posée, mais trahissant une pointe de méfiance.

Roland l'ignore délibérément. Il ouvre le robinet, laisse couler l'eau et commence à se rafraîchir le visage comme si elle n'existait pas ou qu'il n'a rien entendu.

Grâce ne bouge pas. Elle reste debout derrière lui, immobile, les bras croisés. Lorsqu'il finit et tente de quitter la pièce sans même lui accorder un regard, elle répète, cette fois plus fermement :

- C'est qui, cette « ma reine » ? Tu veux aller rencontrer qui, Roland ?

Il s'arrête net. Pris au piège. Il sait qu'il ne peut plus esquiver la question. Soupirant, il se retourne lentement vers elle et lâche froidement :

- Dépêche-toi de t'habiller. Je vais te déposer avant d'aller là où je dois me rendre. Je n'ai pas le temps pour tes stupides questions.

Grâce plisse les yeux, le dévisage avec incrédulité.

- Quoi ? Tu veux me déposer ? Oh... donc, je ne peux plus passer le week-end avec toi parce que ta reine arrive ?

Roland, déjà en train de fouiller son armoire pour choisir quoi porter, se retourne brusquement. Son regard est dur, glacial.

- Oui, tu as bien compris. Et n'oublie pas de ramasser toutes tes affaires : vêtements, effets personnels, tout. » Il marque une pause avant d'ajouter, d'un ton tranchant « Ma fiancée est de retour. Notre mariage aura lieu dans quelques semaines, alors, s'il te plaît, ne me cause pas de problèmes.

Grâce écarquille les yeux.

- Ta quoi ? Ta fiancée ? Depuis quand ?!

Roland esquisse un sourire sarcastique.

- Oh... je vois. Tu as cru à tout ce que je t'ai raconté ? Ma pauvre... » Il ricane avant de balancer, sans la moindre once de remords « Je t'ai menti. Je voulais juste goûter à ce que tu avais entre les jambes, rien de plus. Tu ne penses quand même pas qu'un jeune homme comme moi, qui s'est battu pour réussir, va se marier avec une mère célibataire ?

Il la scrute avec mépris avant d'asséner le coup fatal :

- Un « camion avec bagages » ? Quelque chose qu'un autre homme a déjà consommé au point d'en faire un enfant ? Jamais.

Grâce recule comme si elle venait de recevoir une gifle en plein visage.

- Quoi ?! C'est à moi que tu oses dire ça ?

Les larmes lui montent aux yeux, brûlantes, incontrôlables. Mais elle refuse de lui donner le plaisir de la voir s'effondrer. Sans un mot de plus, elle tourne les talons et commence à rassembler ses affaires avec des gestes rapides et nerveux. La chambre, qui était encore un cocon de plaisir quelques heures plus tôt, est soudainement devenue une prison suffocante.

Après avoir tout rangé, elle se dirige vers la salle de bains pour faire sa toilette, ignorant royalement Roland, qui s'habille à la hâte, pressé de quitter les lieux. Lorsqu'elle revient dans la chambre, habillée, elle prend son sac contenant ses affaires, elle se dirige vers la porte.

- Tu ne veux pas attendre que je te dépose ? » demande Roland, d'un ton presque détaché.

Elle le regarde, un sourire amer sur les lèvres.

- Non, merci.

- D'accord. Je vais te faire un transfert d'argent... Et sache que je suis désolé pour tout. » Il s'approche légèrement, sa voix prenant une intonation plus douce. « Je pourrai toujours te contacter de temps en temps... quand j'aurai besoin de sentir ta chaleur. Tu es vraiment délicieuse au lit. Mais le problème, c'est que je ne peux pas me voir avec une mère célibataire.

Grâce éclate d'un rire froid. Un rire rempli de douleur et de mépris.

- Si tu ne veux pas d'ennuis, je te conseille de ne pas envoyer ce transfert. » Elle le fixe droit dans les yeux, sa voix vibrante de colère. « Je ne suis pas une prostituée, Roland. Et n'ose plus jamais composer mon numéro.

Elle s'avance, ouvre la porte et disparaît sans un regard en arrière. Roland reste figé, le téléphone en main, incapable de dire un mot. Il vient peut-être de commettre la pire erreur de sa vie.

Une fois au portail, Grâce marche quelques mètres avant de voir un taxi approcher. D'un geste rapide, elle l'arrête, donne son adresse sans même discuter du prix et monte immédiatement.

À peine assise, le chauffeur démarre. C'est à cet instant précis que ses larmes, qu'elle retenait avec peine, se libèrent enfin, ruisselant silencieusement sur ses joues. Elle fixe le vide à travers la vitre, incapable de croire à ce qui vient de se passer.

Comment en est-elle arrivée là ?

Sa poitrine se soulève sous le poids d'une douleur qu'elle connaît trop bien. Elle ferme les yeux, plonge dans ses pensées et commence à se parler intérieurement « Ai-je commis un crime en donnant naissance à un enfant ? Pourquoi les hommes nous considèrent-ils comme des femmes sans valeur simplement parce que nous sommes mères célibataires ? Après tout, je ne suis pas tombée enceinte toute seule... Un homme, comme eux, est aussi responsable de cette grossesse. Est-ce que cela signifie que je ne mérite plus d'être aimée et chérie ? » Elle essuie rageusement une larme du revers de la main, mais d'autres viennent aussitôt prendre sa place. « J'ai tout fait pour éviter une telle douleur... Je voulais juste me concentrer sur mon travail et sur ma fille. Mais j'ai été naïve. Une fois encore. J'ai cru aux belles paroles d'un homme qui ne voulait rien d'autre que profiter de moi. » Elle serre les dents, sa gorge se noue sous l'émotion.

Je m'appelle Grâce Muta. J'ai 26 ans. Orpheline de mère. J'avais dix-neuf ans quand mon père m'a mise à la porte, juste après la mort de maman. Il s'était remarié avec Martha... Cette femme qui l'avait sûrement envoûté, car il ne me reconnaissait plus comme sa fille aînée et unique après leur mariage. À cet instant-là, je n'avais plus personne. Mais mon petit ami, Florian, m'a demandé de venir habiter avec lui. Et moi, aveuglée par son amour, j'ai accepté. Je me disais qu'il m'aimait sincèrement... Jusqu'à ce qu'il me mette enceinte.

Je lui ai donné toutes mes économies, celles que j'avais gagnées en vendant des vêtements et des articles pour femmes à l'université. Pour lui, j'ai abandonné mes études. Après la naissance de ma fille, Bénédicte, il a décidé de partir pour le Canada. Deux ans plus tard, il m'a écrit pour me dire de ne plus compter sur lui et de refaire ma vie. Je croyais à une mauvaise plaisanterie, jusqu'au jour où j'ai vu ses photos de mariage avec une autre femme... Une femme qui lui avait même donné un fils.

Oui... L'amour m'a aveuglée. Et j'ai tout perdu. Alors, pour m'en sortir, je travaille aujourd'hui dans un restaurant comme cuisinière et serveuse. C'est dans ce restaurant que j'ai rencontré Roland... et aujourd'hui, il vient de planter un nouveau couteau dans une plaie qui n'a jamais réussi à cicatriser.

Ma fille a quatre ans maintenant. Elle a déjà commencé l'école, et elle est si intelligente que j'ai décidé de la mettre directement au CI. Je suis prête à tout pour elle. Tout.

Mais est-ce un crime ? Une malédiction d'être une mère célibataire ? Aurai-je un jour la chance de vivre cet amour dont j'ai toujours rêvé ? Non. Je n'y crois plus. Je ne peux plus me nourrir de ce rêve irréalisable.

Grâce ferme les yeux, laissant le taxi la ramener chez elle, loin de cette illusion qui vient, une fois encore, de s'effondrer. Comment sera cette histoire selon vous ?

Chapitre 2 Chapitre 02

Quelques rayons de soleil parcourent la pièce, filtrant à travers les rideaux. Dans la cuisine, Natacha est absorbée par la préparation du petit déjeuner pour son fiancé, Pascal. Un homme qu'elle a rencontré récemment, après sa séparation avec le père de son deuxième enfant. Pourtant, ce matin, elle ressent une profonde lassitude.

Elle jette un regard autour d'elle. Cette maison commence à l'étouffer. « Je ne veux plus passer une minute ici...» La nuit ne s'est pas déroulée comme elle l'espérait. Comme d'habitude, Pascal n'a pas su l'amener à l'orgasme.

Après avoir réchauffé les repas, elle décide d'aller réveiller son fiancé. Lorsqu'elle entre dans la chambre, elle s'arrête un instant, le regard figé sur Pascal, profondément endormi. Un rictus de dégoût traverse son visage. « Mais qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour être aussi fatigué ?»

Elle croise les bras, l'observant avec froideur. « Même un seul coup, il n'a pas pu donner cette nuit... Il ne sait pas du tout comment prendre une femme au lit. C'est vrai qu'il a de l'argent, et malgré le fait que je sois mère célibataire avec deux enfants de pères différents, il a accepté de prendre soin de moi et de mes enfants, prêt à faire sa vie avec moi... Mais s'il ne trouve pas une solution à son incapacité au lit, cette relation ne mènera à rien. »

Elle inspire profondément, mais la frustration en elle ne faiblit pas. « Moi, j'aime qu'on me prenne bien au lit, qu'on me torture pendant des heures, qu'on me cogne fort, qu'on me fasse ressentir chaque seconde du plaisir que je mérite. » Ses doigts se crispent légèrement alors qu'elle baisse les yeux vers Pascal. « Mais lui... Même dix minutes, c'est trop pour lui.»

Elle serre la mâchoire, son regard s'emplissant d'amertume. « Par respect pour lui, je fais semblant. Mais en réalité, je suis obligée d'aller assouvir mes envies ailleurs... Chez Éric. Mon meilleur ami, mon confident, et surtout... mon sexfriend. Lui, au moins, sait comment me prendre, comment me détruire au lit. »

Elle se mordille légèrement la lèvre en sentant la chaleur monter en elle. « J'ai promis à Pascal de ne plus mener ma vie d'avant, alors je dois être discrète. Très discrète. » Elle jette un dernier regard à l'homme qui dort paisiblement, inconscient de ce qu'elle s'apprête à faire. « Je dois me dépêcher avant qu'Éric ne sorte de chez lui... Mon corps est en feu. Pascal n'a fait qu'attiser une flamme qu'il est incapable d'éteindre. »

Suite à ces mots, Natacha s'approche de Pascal et le touche doucement pour le réveiller. Il grogne, se tourne sur le côté, puis, après quelques instants d'ignorance volontaire, il finit par ouvrir les yeux, la voix ensommeillée.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Tachou ?

Elle croise les bras et répond d'un ton calme, mais détaché :

- Je vais rentrer. Je t'ai déjà préparé ton petit-déjeuner et réchauffé les repas.

Pascal se redresse brusquement, les sourcils froncés.

- Quoi ? Mais... tu étais censée passer tout le week-end ici, non ?

- Oui, mais je viens de me souvenir que j'ai un rendez-vous avec une cliente, et je dois aussi faire des courses pour mon salon de coiffure. Désolée, bébé... Si je termine vite, je repasserai ce soir.

Pascal soupire bruyamment et secoue la tête, visiblement contrarié.

- Natacha, pourquoi tu me fais ça ? On dirait que tu n'es toujours pas prête à faire ta vie avec moi... Je t'ai proposé de venir habiter ici avec les enfants, mais tu refuses sans même m'expliquer pourquoi. Pourtant, tu vis dans un petit appartement inconfortable alors que j'ai une grande maison avec assez d'espace pour nous tous. Honnêtement, on dirait que ta vie de passer d'homme en homme te convient mieux...

Natacha lève les yeux au ciel, exaspérée.

- Pascal, comment peux-tu me parler comme ça ? Tu ne vois donc pas tous les efforts que je fais pour qu'on construise quelque chose ensemble ? Franchement, si tu ne réalises pas ça, je ne sais plus quoi faire.

Elle marque une pause, hésite une seconde, puis lâche, le regard froid :

-Tu n'arrives même pas à me satisfaire au lit comme j'aime, et pourtant, je reste. Je fais des efforts. Mais toi, tu refuses de prendre des compléments ou même d'essayer des méthodes naturelles pour améliorer ta performa...

- Arrête ça tout de suite ! » l'interrompt-il brusquement, son ton plus dur.

Elle le regarde, défiant.

- Je t'ai déjà dit que c'est toi qui devrais consulter un médecin, pas moi. Moi, je ne vais pas me rendre malade ou bousiller mon organisme juste pour passer des heures sur une femme au lit ! J'ai d'autres préoccupations plus importantes que ces conneries.

Il la fixe avec irritation avant d'ajouter, cinglant « Il y a des choses que je n'ai jamais faites, comme... lécher une femme, par exemple. Mais pour toi, j'ai brisé cette barrière. Alors, s'il te plaît, arrête de me saouler avec ça. Je ne suis pas impuissant et tu le sais très bien. Simplement, je ne suis pas prêt à passer des heures à ça. C'est toi qui as un problème, pas moi.

Natacha reste silencieuse un instant, les lèvres pincées. Puis, d'un ton sec :

- Ok. J'ai compris. Plus besoin d'en parler.

Elle attrape son sac et se dirige vers la porte. Pascal tente de dire quelque chose, mais elle ne lui laisse pas le temps. Elle claque la porte derrière elle et sort de la maison.

Une fois arrivée au portail, son téléphone se met à vibrer. Elle jette un œil à l'écran. C'est Éric.

Un sourire effleure ses lèvres tandis qu'elle décroche.

- Allô, chéco, je suis déjà en route.

- Natacha, je t'ai dit que j'ai un programme tout à l'heure...

- Oui, je sais, mais s'il te plaît... Tu sais bien que je ne peux pas tenir si je ne ressens pas une vraie bite me traverser comme j'aime... Alors, attends-moi, j'arrive.

Un petit rire à l'autre bout du fil.

- D'accord, mais dépêche-toi.

- Promis, mon sucre.

Éric raccroche. Sans perdre une seconde, Natacha interpelle la première moto-taxi qui passe et sans plus tarder, ils ont pris la route.

Je m'appelle Natacha Ouedraogo, j'ai 24 ans, et je suis mère de deux enfants, un garçon et une fille, de pères différents.

J'ai eu mon premier enfant à 17 ans, alors que j'étais en troisième secondaire. À l'époque, j'entretenais des relations avec trois mecs en même temps, et jusqu'à aujourd'hui, je ne sais toujours pas qui est le père. Quand j'ai découvert que j'étais enceinte, j'ai préféré attribuer la grossesse au seul dont les parents avaient une bonne situation financière. Mais il a refusé catégoriquement d'en assumer la paternité, tout comme les deux autres. Résultat : mon fils est né sans père.

Certaines filles se retrouvent dans cette situation par manque de moyens ou parce que leurs parents ne prennent pas bien soin d'elles. Mais pour moi, c'était autre chose. J'aime le sexe, j'aime les sensations fortes. Depuis ma première expérience, l'homme qui m'a initiée m'a fait découvrir un monde auquel je n'ai plus voulu renoncer. Pourtant, je n'ai jamais manqué de rien.

Après mon accouchement, mes parents ont insisté pour que je reprenne les cours, mais j'ai refusé, par honte et par peur du regard des autres. L'école, c'était fini pour moi. Ma mère, malgré tout, m'a soutenue et m'a permis de suivre une formation en coiffure. Mais à la maison, c'était devenu l'enfer. Mes frères et sœurs se moquaient de moi, et mes propres parents me faisaient vivre un calvaire.

Trois ans plus tard, j'ai rencontré un autre homme. Il me satisfaisait bien au lit, et il m'a proposé de venir vivre chez lui. Avec tout ce que je subissais chez mes parents, j'ai sauté sur l'occasion. J'ai quitté la maison avec mon fils et je suis allée m'installer chez lui.

Un an plus tard, il m'a mise enceinte à son tour. J'ai accouché d'une petite fille... Mais ensuite, j'ai fait une erreur monumentale. Son frère était venu passer du temps chez nous, et j'ai couché avec lui. Mon homme l'a découvert et m'a mise à la porte.

Heureusement, il ne m'a pas retiré le salon de coiffure qu'il avait mis en place pour moi. Grâce à ça, j'ai pu garder mon indépendance et subvenir aux besoins de mes enfants.

Aujourd'hui, je profite de la vie. Je ne vais pas dire que je me prostitue, mais je ne cherche plus l'amour. Je vais à des rendez-vous, je dîne avec des hommes, on couche ensemble, ils me donnent de l'argent, et je passe à autre chose. J'aimais juste les aventures sans lendemain.

Pascal est le seul homme qui m'a donné envie d'essayer une relation sérieuse et de croire, ne serait-ce qu'un peu, à l'idée de fonder une famille. Mais il ne me satisfait pas du tout au lit comme j'aime, et je sais que ça finira par être un vrai problème entre nous.

Alors, je me pose des questions. Ai-je vraiment ma place dans une relation amoureuse ? Dans un couple ? Dans un mariage ? Ou bien suis-je juste en train de me mentir à moi-même ?

Résidence de Maxwell...

Le vent de la dispute souffle une fois de plus dans cette maison, comme d'habitude, depuis que Maxwell a épousé Monique, une mère célibataire d'un garçon. Et aujourd'hui encore, le père de l'enfant refait surface, semant le trouble dans leur mariage.

- Monique, je commence à être dépassé par tout ça.

- Comment ça ? Il est le père de mon enfant, il a le droit de le voir.

- Son enfant ? Il était où tout ce temps ? Et pourquoi est-ce toi qui dois te rendre chez lui ? Il ne peut pas venir ici pour voir l'enfant qu'il a abandonné, celui qu'il a laissé dans la misère ?

- Arrête, Maxwell, s'il te plaît. Je vais juste le déposer chez lui et rentrer directement.

- C'est ce que tu as dit la dernière fois... Pourtant, tu es rentrée tard dans la nuit, avec tout un lot de mensonges pour te justifier.

- Vraiment ?

- Oh que oui. J'ai mené mes propres enquêtes, ma chère.

- Crois ce que tu veux.

Sans ajouter un mot de plus, Monique attrape la main de son fils, ouvre la porte et sort de la maison.

Chapitre 3 Chapitre 03

Maxwell ne sait plus quoi dire. On aurait dit que Monique lui avait jeté un sort, car c'est toujours elle qui impose ses décisions sans jamais tenir compte de son avis. Pourtant, cela n'a rien à voir avec la sorcellerie. Ce n'est que de l'amour. Oui, l'amour. Il aime Monique profondément, malgré son passé, malgré son enfant, et malgré l'opposition de sa propre mère, à qui il a tenu tête pour pouvoir l'épouser.

Il se laisse tomber sur le sofa, perdu dans ses pensées. Peu à peu, toutes les mises en garde de sa mère refont surface dans son esprit. « Non, cela ne peut pas être vrai... Monique n'oserait pas me tromper après tout ce que j'ai fait pour elle... Non, je dois penser positivement... »

Pendant ce temps, Monique a déjà sorti la voiture que Maxwell lui a offerte et s'apprête à refermer le portail lorsqu'une autre voiture fait son apparition. C'est celle de sa belle-mère. Elle s'arrête immédiatement, laisse le portail ouvert et attend que le chauffeur de Chantal, la mère de Maxwell, fasse entrer le véhicule.

Une fois le portail refermé, Monique attend par politesse que sa belle-mère descende de la voiture pour la saluer. Mais Chantal ne lui accorde même pas un regard et, sans répondre à son salut, lui demande directement :

- Mon fils est là ?

- Oui, maman, il est à l'intérieur. Je ne savais pas que vous alliez venir...

- Ok.

Sans un mot de plus, Chantal entre dans la maison, son sac à la main. Monique, elle,quitte la cour, murmurant pour elle-même « Je me demande bien ce que j'ai fait à cette vieille femme pour qu'elle me traite toujours ainsi... Quel est son problème ? Après tout, je n'ai pas forcé son fils à m'épouser ! Elle me regarde comme si j'étais la seule mère célibataire au monde, comme si j'ai forcé son fils à se marier avec moi... »

Une fois installée dans la voiture, elle attache sa ceinture, jette un regard tendre à son fils et lui adresse un sourire avant de démarrer. Direction chez Franck.

Je m'appelle Monique Kakpo, je suis cuisinière pâtissière et j'ai 26 ans. Orpheline de père et de mère, je résidais chez ma tante paternelle. Après l'obtention de mon BEPC, j'ai décidé de suivre une formation en cuisine et pâtisserie. Ma tante n'a pas refusé et m'a inscrite dans un centre de formation. Elle faisait de son mieux pour que je ne manque de rien, son seul souci étant que j'obtienne un diplôme professionnel et un travail afin de devenir indépendante.

Pendant ce temps, j'étais en couple avec Auriol, un garçon avec qui j'avais étudié. Après le BEPC, il avait poursuivi ses études tandis que moi, je me lançais dans la cuisine. J'avais 17 ans, et avec lui, j'avais déjà découvert le sexe. Il m'avait déflorée, et dès que l'occasion se présentait, nous allions au sexe.

Mais tout a basculé entre nous avec l'arrivée de Franck dans ma vie. Il est beau, charmant et suivait la même formation que moi. Très vite, nous avons commencé à nous fréquenter, et une véritable flamme est née entre nous. Je n'arrivais plus à me contrôler, j'étais follement amoureuse de lui. Nous vivions une histoire d'amour parfaite jusqu'au jour où j'ai découvert que j'étais enceinte.

J'en ai parlé à une amie du quartier dans le but de trouver un moyen d'avorter, mais cette dernière, incapable de garder un secret, a tout raconté à ma tante. Furieuse, ma tante, qui m'avait déjà mise en garde plusieurs fois, m'a chassée de chez elle après avoir dit à Franck qu'elle ne va jamais entendre parler d'un avortement, surtout devant son mari, qui est commissaire.

N'ayant nulle part où aller, j'ai rejoint Franck dans la petite chambre qu'il avait louée. Malgré son âge, il était toujours sous la dépendance de ses parents, qui lui envoyaient de l'argent depuis le village pour subvenir à ses besoins. Mais nous avions du mal à nous nourrir correctement, et parfois, je devais demander de l'argent aux hommes qui me faisaient la cour par le passé.

La situation s'est encore compliquée lorsque le père de Franck, apprenant ma grossesse, a décidé de couper toute aide financière à son fils. Selon lui, il ne lui avait pas envoyé suivre une formation pour qu'il aille enceinter une fille.

Mais malgré ces difficultés, Franck continuait de draguer d'autres filles, et il allait jusqu'à coucher avec elles dans des chambres de passage. Il ne restait que quelques mois avant mon accouchement quand, du jour au lendemain, Franck a disparu. Je l'ai cherché partout, mais il était introuvable.

Heureusement, Becca, la fille du propriétaire de la maison où nous vivions, m'a soutenue et m'a aidée à mettre au monde mon fils, Junior. Elle tenait un petit restaurant dans lequel je travaillais avec elle.

Des années se sont écoulées, et toujours aucune nouvelle de Franck. J'ai fini par décider de passer à autre chose, mais tous les hommes avec qui je me mettais ne s'intéressaient qu'à ce que j'ai entre les jambes. Alors, je faisais avec, jusqu'au jour où j'ai rencontré Maxwell Johnson.

Maxwell est l'aîné et premier héritier d'une famille très riche. Ils ne sont que trois enfants : lui, son frère Amour et leur petite sœur Clarisse. Leur père n'est plus de ce monde, et c'est Maxwell et son frère qui gèrent les entreprises familiales, bien que son frère ne s'intéresse pas vraiment à la fortune qu'ils ont héritée.

Ma vie a pris un nouveau tournant lorsque j'ai laissé Maxwell entrer dans celle-ci. Mais sa mère, Chantal s'est farouchement opposée à notre union lorsqu'elle a découvert que j'étais mère célibataire. Malgré cela, je suis devenue sa femme, et il m'a ouvert un restaurant ainsi qu'une pâtisserie. J'ai une belle voiture, et mon fils fréquente l'une des meilleures écoles de la ville. Il a maintenant six ans et est au CP. Maxwell prend bien soin de lui, comme s'il était son propre fils.

Mais aujourd'hui, je me sens de plus en plus confuse. Franck est réapparu, et il me dit qu'il veut toujours de moi. Il veut que nous formions une famille, lui, notre fils et moi. Il travaille désormais dans une entreprise de construction et s'en sort plutôt bien.

Le problème, c'est que malgré tout ce qu'il m'a fait subir, il y a cette flamme qui continue de brûler en moi pour lui.

Résidence de Grâce ...

Grâce arrive enfin à la maison dans laquelle elle et son amie Sabine ont loué un appartement de deux chambres et un salon. En entrant dans leur chambre, elle voit Sabine en train de s'amuser avec Bénédicte, sa fille.

Dès que Sabine pose les yeux sur Grâce, elle est surprise de la voir si tôt, surtout qu'elle avait dit qu'elle passerait tout le week-end chez Pascal. Elle laisse alors la petite avec ses jouets et suit Grâce dans leur chambre, tout en lui demandant ce qui ne va pas.

Une fois dans la chambre, Grâce s'assoit sur son matelas, et les larmes commencent à couler de ses yeux.

- C'est sérieux ça, ma chérie ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que Pascal t'a fait ?

- Il m'a brisé le cœur, Sabine. Il jouait avec moi depuis le début... Je suis rentrée avec mes affaires parce qu'il part chercher sa fiancée à l'aéroport. Pascal est fiancé ! Et d'après ce qu'il m'a dit droit dans les yeux, leur mariage est dans quelques semaines.

- Quoi ? C'est une plaisanterie ou quoi ?

- Pourquoi est-ce que je plaisanterais avec quelque chose qui me fait aussi mal ? J'ai mal, Sabine, j'ai vraiment mal... Il m'a regardée dans les yeux et m'a dit qu'il n'a jamais envisagé de faire sa vie avec une mère célibataire, que je ne suis pas assez bien pour lui. Pascal m'a dit qu'un jeune homme comme lui ne peut pas se battre pour réussir sa vie et finir avec une mère célibataire... Il a dit que quelqu'un d'autre m'a déjà dégusté au point d'avoir un enfant avec moi, et qu'il ne veut pas d'un camion avec bagages.

- Il a vraiment osé te dire tout ça ?

- Je n'arrive toujours pas à y croire...

- Et tu es rentrée juste comme ça, avec tes affaires, sans lui rendre la monnaie de sa pièce ? Pourquoi tu te laisses marcher dessus comme ça ?

- Je devrais faire quoi ?

- Tu allais rester là à attendre qu'il aille chercher sa fiancée. Non mais tu sais quoi, on y va tout de suite ! C'est quoi cette foutaise ?

- Je ne sais pas ce que ça va m'apporter... Et je ne vais pas obliger un homme à rester avec moi. On n'ira nulle part. Je sais maintenant que je n'aurai jamais de chance en amour, qu'aucun homme ne voudra faire de moi sa femme à cause de mon statut de mère célibataire. Alors, je vais juste me concentrer sur mon travail et ma fille.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu vois, c'est pour ça que je t'ai toujours dit de ne plus avouer à ces hommes qui te draguent que tu as un enfant !

- C'est plus simple de dire la vérité dès le début, pour éviter de se créer des problèmes plus tard. Je ne suis pas si désespérée que ça pour cacher l'existence de ma fille juste pour plaire à un homme. Et puis, tu le sais bien : la vérité finit toujours par éclater.

- Tu as toujours raison... Je ne sais même plus quoi dire. Je suis désolée, ma chérie. Mais s'il te plaît, ne renonce pas à l'amour. Ton prince charmant, celui qui t'acceptera comme tu es, existe quelque part. Tu le rencontreras un jour. Alors, arrête de pleurer...

Sur ces mots, Sabine prend Grâce dans ses bras et la serre très fort contre elle, tout en essayant de la consoler.

Résidence d'Éric...

Éric est assis dans son salon et attend Natacha. Cette dernière entre dans la pièce après avoir toqué à la porte, sans attendre une seconde de plus, elle se jette sur Éric. Ils commencent à s'embrasser, et les caresses suivent aussitôt.

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