Le temps change les gens. C'est ce que l'on dit. Et ces deux frères l'ont largement prouvés. C'était a l'époque de la Royauté, des chevaliers, des Hideos et des Assassins. Deux enfants orphelins grandirent comme des frères dans la même confrérie, sous les regards attentifs de leurs aînés et mentors. Tout deux se lièrent rapidement au point de ne plus rien faire l'un sans l'autre. Pleins d'ambition, tout deux admiraient la force et la fierté de leurs ascendants, souhaitant plus que tout devenir comme eux ; de grands assassins.
Ils effectuèrent ensemble leur apprentissage et obtinrent leur marque et leur baptême d'assassin dans le même temps. Le Royaume de l'Est prospérant dans une aire de paix, les missions et assassinats se faisaient peu nombreux. La plupart des membres de la Confrérie passaient leurs journées a s'entraîner ou a discuter entre eux. Laissé par ce quotidien morose, qui l'avait beaucoup déçu en brisant son idéal de la vie d'assassin, l'un des deux orphelin commit un acte de traîtrise a l'âge de vingt-deux ans. En effet, voulant se retirer de ce rythme de vie ennuyeux, cherchant l'excitation, l'inconnu et la nouveauté, le jeune homme quitta la Confrérie pour se rallier a la royauté en tant qu'assassin personnel de la reine au pouvoir, Daenerys des Roches Pourpres. Il resta bien sur dans l'anonymat pour garder son identité secrète au sein des hautes sphères du royaume. Seul la reine connaissait son véritable nom. Car, pour rester un inconnu, il se faisait appelé l'Aigle au serres écarlate par les nobles et villageois de la cité.
Cette traîtrise mit fin a son amitié fusionnelle avec le second orphelin. Ce dernier en était même arrivé au point de haïr celui qui était autre fois, son meilleur ami, son frère. Ce jurant d'être celui qui le tuerait. Car telle était la sentence des traîtres au sein d'une confrérie d'assassins.
Cela faisait déjà trois ans qu'Altaïr, le traître, avait rallié la reine et travaillait a son service. Il effectuait principalement des missions de renseignement et de protection de temps a autre. Mais, plus que les missions données par la reine, c'était de savoir sa tête mise a prix qui donnait du piment a son existence. Devoir ruser pour détourner l'attention. Se cacher. Risquer sa vie a chaque instants. Il se sentait vivre. Il sentait son cœur battre d'excitation. Bien plus qu'au sein de la confrérie. Et puis, les combats. Oui. Il avait déjà affronté a plusieurs reprises son frère, Aguilar. Celui-ci avait d'ailleurs radicalement changé. Sacolère s'était transformée en haine et en soif de sang. Tuant pour son bon plaisir ou a la solde de personnages hauts placés aux intentions malsaines. Violant l'une des valeurs principale de la Confrérie : Toujours œuvrer pour la justice et le bien du peuple. Il restait donc caché quelques part dans la cité, loin du quartier générale des siens pour fuir les représailles. Et surtout, pour traquer celui qu'il haïssait plus que tout, son propre frère. Ne sortant de sa cachette que pour tuer.
De leur dernière affrontement, Altaïr en était sortit avec quatre balafres sur le côté droit de son visage, dont une traversant sonnez pour s'arrêter sous son œil gauche. Mais pour lui, ça n'était qu'un trophée de plus. Prouvant une fois encore qu'il était sortit vivant d'un combat.
Vêtu de sa tenue habituelle, le visage camouflé derrière une capuche et un foulard blanc, le balafré passa les grandes portes du château et s'avança devant le trône pour poser un genoux a terre. Il baissa ensuite la tête en fermant les yeux, amenant son poing droit a son cœur.
- Vous m'avez demandé, votre majesté ?
La reine, une jeune femme douce au long cheveux d'or, sourit et ferma son ouvrage avant de se lever pour s'avancer en voyant entrer le jeune homme, contente de le voir.
- Altaïr. Oui, en effet. Il semblerait qu'un homme agisse dans l'ombre pour semer la terreur dans la cité. Mes soldats ont relevés plusieurs disparitions et meurtres dans le courant de la semaine.
- Eum... Loin de moi l'idée de vous offenser, votre majesté. Mais vous comme moi savons que la cité a toujours été sujette aux disparitions et meurtres. Les assassins en sont la cause.
- Je le conçois, Altaïr. Mais nous sommes en temps de paix et ils se font nombreux. Je crains qu'un noble soit derrière cette histoire.
- Si tel est le cas, votre majesté. J'ai bien peur de ne pas pouvoir faire grand chose pour vous aider ; répondit calmement l'assassin en gardant la tête basse et un ton neutre. Mais je ferais de mon mieux.
- J'ai confiance en toi. Tu ne m'as jamais déçu en trois ans ;affirma la reine en souriant. Va et trouve ce trouble faite.
- A vos ordres.
L'assassin se redressa pour saluer sa souveraine dans une révérence. Avant de faire volte face. Une certaine grâce émana de lui dans ce mouvement, accentuée par son foulard soulevé par le vent. La reine le regarda partir. Cet homme était si mystérieux. Fort, libre et insaisissable. Il était aussi doté d'une grâce presque royale. Et ,même si il restait souvent tête basse en sa présence, elle avait eut l'occasion de voir ses yeux. Ses iris vertes émeraude renfermaient un calme et un sérénité presque étrange pour un homme dont la tête était mise a prix. Mais ils renfermaient aussi une fierté et une détermination sans égal. Rien ne semblait pouvoir l'effrayer et il paraissait avec déjà vécu énormément de choses. Qui était réellement cet homme aux milles et uns mystères ?
A l'extérieur, devant les grandes portes du château, ce dernier levait la tête pour regarder le ciel. La nuit tombait et le soleil se faisait dévorer par l'horizon. Il pourrait passer rapidement a l'action. Ayant déjà sa petite idée sur l'identité de l'auteur de ses crimes, il n'aurait pas a chercher bien loin. Le fauteur de trouble agirait certainement une fois la nuit tombée sur la cité. Il est plus facile de passer aux actes la nuit lorsque personne ne se doute de rien. Frapper puis disparaître sans laisser de traces. Telle était la façon d'agir des assassins.
Un frisson parcourra alors l'échine du balafré. Il connaissait plutôt bien cette sensation depuis trois ans. Celle de se sentir épié de tous côtés. Le son des tuiles le fit lever la tête vers les toits des habitations entourant le château. Une silhouette fine et élancée de détachait du paysage sur l'un d'entre eux. Ces yeux félins le fixait avec intensité. Sans un mot, Altaïr baissa la tête et reprit silencieusement son chemin. S'engouffrant comme a son habitude dans les ruelles les plus sombres. Vivre caché. Se déplacer sans être vu. C'était son quotidien. Il était une ombre qui agissait la nuit pour disparaître au retour du soleil. Et c'est ça qui lui plaisait.
Comme il s'y attendait, le félin qui le guettait depuis sa sortie du château, atterrit devant lui. Lui barrant la route en rugissant, la queue battante, exprimant colère et agacement. Sans une once de crainte, l'assassin fixait l'animal dans le regard. Il savait pourquoi il était la. Qui il était. Et surtout, qu'il n'était pas seul.
- Ténèbre... Où est Ayla ?
L'animal resta immobile face a lui. L'homme tourna alors le regard en entendant le vent siffler. Il suivit des yeux le carreau qui effleura sa joue avant de s'encastrer dans le mur opposé. Laissant le temps aune ombre agile de descendre d'un toit pour se poster derrière lui. Toujours aussi calme au vu de la situation, Altaïr ne bougea pas d'un pouce. Seuls ses yeux s'orientèrent vers la nouvelle venue qui cachait son visage sous une capuche blanche, comme lui. C'était presque trop facile. Trop prévisible. Si elle voulait le prendre de court, elle allait devoir revoir ses plans. Mais elle restait tout de même l'assassin la plus discrète qu'il connaisse.
- La discrétion est un art que tu maîtrise a la perfection, chère Ayla ; annonça-t-il , brisant le silence nocturne qui régnait sur la ruelle.
- La discrétion est une des valeurs de la fratrie. L'aurais-tu oublié, Altaïr ? Répondit la jeune femme sur un ton où sonnait la colère et la rancune. Décomposant le nom du balafré. Tandis que ce dernier souriait derrière son foulard en entendant ce mot qui symbolisait ceux qui l'avait vu grandir.
- Non Ayla. Les valeurs de la fratrie son ancrées en moi a tout jamais. Même si j'avais souhaité les oublier, cela me serait resté impossible ; la corrigea-t-il en regardant la panthère la rejoindre.
- Cela ne t'a pourtant pas empêché de nous trahir. Toi qui était l'un de nos meilleurs éléments.
- Trahir... ;soupira Altaïr. Un bien grand mot... Je n'ai fais que suivre mon cœur comme ne cessait de nous le répéter Père.
- Tuas quitté la fratrie pour devenir le chien domestique d'une bourgeoise ; fit remarquer la jeune femme en plissant les yeux. Tu as renié notre marque. Il n'existe pas de pire trahison.
- J'ai déjà eut cette conversation avec Aguilar qui est sûrement celui qui t'as mise au courant ; la coupa l'assassin en se tournant assez pour pouvoir la regarder dans les yeux. Cette une discussion qui ne mènera nulle part car nous sommes tout deux sur de nos convictions. J'ai choisis ma voix et tu as choisis la tienne. Je pense être assez grand désormais pour savoir ce que je veux et pour avoir conscience de mes actes.
- Fait comme tu veux ; souffla Ayla. Mais souviens toi que le jour où tu sera seul et que tu aura besoin d'autrui, la fratrie ne s'abaissera pas à te porter assistance.
- Cela fait bien longtemps, même avant ma, soit disant, trahison, que j'ai cessais d'espérer l'aide de mes frères et sœurs. Et désormais, ma tête est mise a prix.
- C'est toi qui l'as voulu.
- Je ne suis pas effrayé, je fais mon devoir.
- Ton devoir ? Ton devoir ?!
- Je parle de mon devoir en tant qu'assassin de la reine ; précisa Altaïr en remarquant qu'elle s'énervait. Celui en tant que membre de la confrérie, je l'ai terminé.
- Un jour, Altaïr, je te tuerais... ; grogna la jeune femme en se tournant pour s'avancer de quelques pas. Puis elle leva le bras et utilisa son arbalète comme grappin pour se hisser sur l'un des toits, Ténèbre sur les talons sous le regard du balafré, qui fit demi tour pour s'éloigner dans la direction opposée en fermant les yeux, avant de disparaître.
- Ce jours la, ma chère sœur, j'aurais disparu de ta vie, de celle d'Aguilar, et de celle de la confrérie...
A nouveau seul dans les ruelles sombres de la cité, Altaïr débuta ses recherches au sujet des meurtres et disparitions. Surprenant des conversations dans les rues dans l'espoir d'en récolter quelques informations. Mais peu de personnes parlaient de tout ceci. Certainement effrayés a l'idée d'y passer aussi. Au bout d'un certain moment a épier les conversation, il s'arrêta pour réfléchir non loin de deux personnes âgées qui discutaient a la belle étoile.
Les yeux dans le vague et la main au menton, il ne repéra pas le serpent qui glissa de la rigole et vint s'entourer autour des jambes de l'un des deux anciens. Bien évidemment, comme tout homme normal, celui ci se mit a hurler en voyant le reptile monter sur sa jambe pour venir lui siffler au visage. Réaction qui fit lâcher un juron a notre assassin qui s'éloigna pour éviter d'être repéré. Durant ce temps, une flèche, tirée d'une arbalète, transperça sans malle crâne de l'homme que le serpent avait visé. Altaïr s'éloignait de la scène quand un autre serpent entièrement noir tomba d'une gouttière pour atterrir sur son épaule. Il s'arrêta et le regarda, surprit mais pas tellement effrayé. Voir pas du tout d'ailleurs étant donné qu'il l'attrapa pas la queue et le laisser pendre devant lui alors qu'il sifflait de colère.
- Un mamba noir, rien que ça. Que fais-tu la ? Fit l'assassin alors que le serpent ne cessait de lui siffler au visage. Rho... ca va. C'est toi qui m'est tombé sur l'épaule alors cesse de siffler ainsi. Je sais que tu es un animal sauvage et que tu fais ce que...
La tête levée et la langue sortie du reptile le coupa dans ses paroles. Survinrent ensuite des bruits de pas alors qu'il lâchait sans brutalité l'animal. Un homme apparu alors devant lui. Retrouvant un sérieux plat, le balafré regarda le nouveau venu. Habillé tout de noir, celui ci restait muet alors que le mamba rampait vers lui pour monter sur son épaule.
- C'est la soirée des retrouvailles... mon frère... ; entama Altaïr en regardant faire l'animal. Il s'agit de ton acolyte.
- ...Pas vraiment. Disons... Qu'on se ressemble.
- Une vipère et un mamba, assez en effet ; ironisa le balafré.
- Un rat et un aigle ; se défendit son interlocuteur en le regardant de ses yeux vert. Vous ne vous ressemblez guère.
- Tu parles d'Airgear ? Répondit-il en regardant l'aigle bleu et noir posé sur son épaule droit depuis sa sortie du château. Il a voulu me chasser mais je l'ai amadoué. Pour un rat, je suis plutôt fière de moi.
- ...Tu me semble plutôt bien repus pour un rat.
- Et toi points assez pour un serpent assoiffé de sang.
- Je m'en sors plutôt bien.
- Tu es le trouble faite qui sème la terreur au sein du royaume ; affirma Altaïr en croisant les bras. N'est-ce pas ?
- Moi ? Que t'amène-t-il a cette conclusion ?
- L'ancien que tu as assassiné d'un carreau en pleine tête il y a quelques minutes ; fit-il remarquer en roulant des yeux.
- Mais qui te fait croire qu'il s'agissait de moi ? Demanda le jeune homme dans un sourire machiavélique.
- Ne me fais pas ce sourire. Tu n'as jamais été le membre le plus discret de la confrérie. Nous savons tout deux qu'Ayla est passée maître dans cette art. Pas toi.
- Dit-il alors que tout le monde sait que tu es l'assassin au service de la reine...
- Je n'ai jamais eu l'intention de le nier. A la Confrérie particulièrement.
- Mais plusieurs villageois commencent à savoir que la reine a un chien assassin qui rassasie sa soif de meurtre ; fit remarquer Aguilar non sans une once rancœur.
- Tsss... ;souffla Altaïr. Je ne tue pas par pure plaisir. J'ai peut être trahit la confrérie mais toi tu as bafoué ses valeurs. Nous sommes tous les deux des traîtres.
- J'ai certes bafoué les valeur de notre fratrie, mais je n'ai pas renié ma marque.
- Celle la ? Questionna le balafré en portant une main a son visage pour retirer son foulard et sortir sa capuche en tendant le cou, dévoilant une marque gravée au fer rouge dans son cou sous son oreille droite. La marque ressemblait a un œil félin. Je ne les pas reniée. La confrérie reste la seul famille que j'ai connue. Mais, l'oiseau finit toujours par quitter le nid. Et pas toujours pour prendre le chemin que souhaiterais ses aînés. J'ai choisis le mien. Et je remercie nos frères et Père pour m'avoir tout apprit.
- Tu dois choisir ton camp ; le mit en garde le jeune homme vêtu de noir alors qu'un autre serpent venait le rejoindre.
- Je sais ; lui répondit calmement Altaïr en haussant les épaules.
Sur ses mots froids, Aguilar fit demi tour et s'en alla dans les ombres de la cité sous les yeux calmes de son ancien frère. Ce dernier se savait grandement menacé par celui qui avait autrefois été celui en qui il avait le plus confiance. Quel dommage que personne ne puisse comprendre son choix. Silencieux, il souffla et reprit le chemin du château. Il n'apprendrait rien de plus cette fois, alors autant aller se coucher. L'assassin avait élu domicile sous le toit de l'une des tours du château. Se contentant largement d'une poutre pour faire un petit somme, après avoir refusé l'offre d'une chambre au château par la reine. Arrivé, il s'installa alors qu'Airgear prenait place sur une poutre plus petite. Plutôt content d'avoir rencontré ceux qui avaient été ses amis les plus proches, Altaïr ferma les yeux et somnola jusqu'à s'endormir. La lune traça son chemin jusqu'à laissé sa place au soleil. Les premiers rayons servirent de doux réveil au balafré qui se leva et remit sa capuche et son foulard. Il leva les yeux vers la poutre où se trouvait son compagnon volatile et remarqua par son absence qu'il était sûrement partit en chasse pour se nourrir. L'assassin descendit ensuite de la tour et partit attendre devant les portes que la reine soit prête a l'accueillir. Bien évidemment, elle ne se levait pas aussitôt que lui et elle prenait un petit déjeuner. Luxe que le jeune homme ne pouvait s'offrir en tant que renégat. Quand les portiers l'autorisèrent enfin a rentrer, Altaïr ne se fit pas attendre et pénétra l'enceinte du château jusqu'à la salle du trône pour poser un genoux a terre face a celui-ci, tête baissée en signe de respect.
- Votre majesté.
- Que me vaut cette visite, Altaïr ? La salua la reine en posant les yeux sur lui.
- J'ai quelques nouvelles sur vos craintes. Hier soir, j'ai aperçu un homme se faire assassiner. Mais il était trop tard pour intervenir. Par contre, je pense savoir qui est l'auteur de tout ces meurtres.
- Qui ? Demanda la souveraine en reprenant du sérieux.
- Il s'agirait de l'un des membres de la confrérie d'assassin a laquelle j'ai appartenu. Nous avons grandit ensemble et je le connais bien. Depuis ma trahison, il semble s'être découvert un certain plaisir a tuer et le fait sans aucunes raisons.
- Quel est son nom ?
- Mamba Noir.
- Son véritable nom, Altaïr ; précisa-t-elle.
- Avez-vous véritablement besoin de le savoir, votre majesté ?
- Oui.
- ...Son nom est Aguilar ; avoua l'assassin avec déplaisir. Même si il avait quitté la confrérie, divulguer le nom d'un frère restait pour lui comme une deuxième trahison. Aguilar, le Mamba Noir.
- Le Mamba Noir... ; répéta la reine en plissant les yeux. Elle connaissait plutôt bien ce nom. Depuis un certain temps, il sortait de la bouche de beaucoup de villageois et de soldats, sonnant comme un sombre requiem.
- Je suis coupable de son comportement aberrant et je m'en excuse ; s'imposa Altaïr en gardant la tête baissée.
- J'ai du mal a concevoir que tu puisse en être le responsable ; lui répondit la reine dans un regard compatissant.
- Aguilar et moi étions très proches au sein de la confrérie... Ma trahison ne lui a pas été supportable. C'est en quittant ma famille que j'ai transformé mon frère en monstre assoiffé de sang ; l'informa l'assassin avant d'ouvrir les yeux en se rendant compte qu'il en avait trop dit, il baissa encore un peu plus la tête. Je ne devrais point vous parler de tout ceci, pardonnez moi.
- Ne t'excuses point, Altaïr. Je conçoit que cela doit être dur pour toi de faire ainsi face à ton frère. C'est pourquoi je ne te solliciterais plus a propos de cette affaire.
- Personne d'autre que moi ne pourra stopper la folie d'Aguilar ; se brusqua l'assassin en relevant la tête avec sérieux, laissant entrevoir une lueur dans ses pupilles. Une lueur de colère, mais non pas envers quelqu'un. Non, envers lui même.
- Mais il reste ton frère.
- Je sais depuis bien longtemps qu'Aguilar et moi sommes destinés a nous affronter et nous entre tuer ; déclara le balafré. Sûrement l'une des raisons qui m'a poussée a trahir ma fratrie pour vous rejoindre. Nous mourrons sous les coups de l'un et de l'autre.
- Chaque homme a le choix de son destin. S'il ne te convient pas, tu peu le modeler à ta guise.
- Il y a certaines brides du destin que l'on ne peut changer. Même avec toute la détermination du monde ; cita Altaïr qui ne put réprimer un sourire lourd de sens avant de lever les yeux vers la reine. Je ne suis pas destinée a avoir une longue vie.
- C'est bien dommage... ; souffla la reine en faisant un pas vers lui.
- ... ;surprit, l'assassin resta silencieux en la regardant avant de se rendre compte de son regard et de baisser la tête, honteux, lui tournant le dos. Désolé de vous avoir importuner, votre majesté...
Avant de quitter les lieux sans un mot de plus, ne voulant pas allongé la discussion au vu du tournant quelque peu étrange qu'elle avait prit. La reine le suivit de ses yeux de feu. Cet homme était vraiment mystérieux. Dans sa façon d'être et dans ses paroles. Elle souffla et retourna dans ses appartements.
Quand il fut sortit et assez loin du château, Altaïr secoua violement la tête pour se remettre les idées en place. Cette discussion avec la reine avait prit un tournant étrange. Pour quelle raison lui avait-il dévoilé tout ceci ? Et... Pourquoi avait-elle eut cette réaction a son égard ?
La tête pleine de questionnements, il décida d'aller se détendre en allant boire un coup dans un bar de la cité, dont il connaissait bien le propriétaire. Apres avoir passé plusieurs ruelles, il entra dans un bâtiment animé par les rires et les discussions, pour s'assoir sur un tabouret en bois de chêne au bar. Il regarda autour de lui. Cet endroit qu'il connaissait et qu'il appréciait particulièrement grâce a son ambiance détendue. Ici, il n'y avait aucun conflit. Pas de bagarre. Pas de regard de travers. Juste des rires, des sourires et des discussions autour d'un verre. Contrairement aux autres bar ou les bagarres entre gaillards étaient fréquentes. Le balafré sourit et se tourna vers le bar, perdant de nouveau son sourire pour une mine dépitée en se remémorant sa discussion avec sa majesté un peu plus tôt.
- Sers moi un double, s'il te plais; demanda-t-il au barman qui arrivait devant lui. Un homme a peu prêt de son âge, blond aux yeux bleus azur.
- Et bin. C'est quoi cette tête de six pieds de longs que tu nous tire ? ricana le barman en voyant la tête de son ami, lui servant sa demande.
- Mal dormis...; souffla Altaïr après avoir bu deux gorgées.
- Ca se voit. Tu as un peu trop festoyé hier soir ?
- J'ai une tête a faire la fête ?
- Tu m'as compris. Combien y sont passés cette fois ? sourit Luke en rangeant le verre qu'il nettoyait dans l'étagère derrière lui.
- De mes mains, personne ! se défendit derechef l'assassin en levant les mains qu'il reposa et lia pour fixer le bois du bar. Aguilar a encore frappé... La reine m'a demandé d'enquêter sur les meurtres et disparitions qui sévissent le royaume. Et, elle a voulut confié cette tâche a un autre en apprenant qu'Aguilar est mon frère.
- Je vois... C'est ça qui te perturbe; releva le barman avec calme. Remarque... C'est compréhensible.
- Je lui ai fais comprendre que je suis le seul a être en mesure d'arrêter la folie meurtrière d'Aguilar; continua Altaïr après avoir nié de la tête a la remarque de son interlocuteur. Que nos deux vies sont destinées a prendre fin sous les coups l'un de l'autre. Mais... son regard a changé après cela. Et elle m'a répondu que ceci était bien dommage...
- Vraiment ? s'étonna le barman en haussant un sourcil. La reine ? Notre reine t'as exprimée ces paroles ?
Un simple hochement de tête servit de réponse de la part de l'assassin qui ne cessait de se torturer l'esprit a essayer de comprendre pour la reine avait réagit de cette manière. Il savait bien qu'elle avait la réputation de prendre soin de ses servants. Mais là, ça en devenait tout ce même bizarre. Ca n'était pas seulement de la sympathie, il y avait autre chose. Mais quoi ?
- Hm... C'est étrange. Notre reine ne laisse jamais ses mots dépasser sa pensée. Cela voudrait dire qu'elle t'a dis cela en toute connaissance de cause.
- Je trouvais déjà cela étrange qu'elle veuille d'un parfaite inconnu a son service; soupira Altaïr, dépassé.
- Tu lui a peut être tapé dans l'oeil; proposa Luke dans un sourire vicieux.
- Quoi ?! réagit-il en se redressant d'un coup. Non ! C'est impossible ! Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle me trouve ?
- Houla, tout doux...; fit Luke en levant les mains comme pour s'innocenter. J'ai dis "peut être". Ce n'est qu'une hypothèse. Mais si elle est vérifié, c'est peut être ton côté rebelle et farouche qui l'attire.
- C'est impossible. Elle est reine. C'est une noble. Et je suis un orphelin assassin. Non. Ca doit être autre chose.
- A part ça; reprit le barman en posant les coudes sur le comptoir. Que penses-tu d'elle ?
- C'est une reine qui prend très au sérieux son rôle.
- Il n'y a pas... Autre chose ?
- Non; répondit sèchement Altaïr en comprenant ce qu'il cherchait.
- Rhaaaa; râla le barman en roulant des yeux. Mais physiquement. Il n'y a rien qui t'attire chez elle ?
- Je ne me permet pas de poser les yeux sur sa majesté; se défendit-il en tournant la tête.
- T'es pas drôle, Altaïr... Tu m'as au moins regarder dans les yeux une fois.
- Ouais...
- Et donc ?
- Des iris de feu...; lâcha l'assassin, ne contrôlant pas ses paroles. Les flammes dansent dans son regard...
- Et ces flammes; sourit Luke. Comment étaient-elles ?
- Sublimes...
- Elles t'attirent ?
- Oui...; mais il reprit ses esprits et amena ses mains à son visage en baissant la tête. Bon sang, Luke... Que me fais-tu dire ?
- Moi ? sourit le barman en passant ses bras derrière sa tête, l'air innocent. Rien. J'ai juste posé quelques questions et tu as toi même avoué ton attirance pour notre reine.
- J'ai juste dis qu'elle a des yeux magnifiques...; se défendit Altaïr en essayant de se convaincre, ses joues virant légèrement au rouge. Ca ne veut rien dire.
- Tes joues disent le contraire; ricana Luke en appuyant sur l'une des joues de son ami. Tu ne peux les faire mentir.
- Arrête ça ! réagit celui ci en éloignant sa main. Et même si c'était le cas, c est impossible. Elle fait partit de la noblesse et moi de la pire espèce. Elle perdrait son trône et elle ne peut pas se le permettre... De mon côté, il est hors de question de mettre quelqu'un en danger.
- Chaque souverain peut avoir ce qu'il désire. Si elle le veux, elle peut très bien te donner un titre et un fief.
- Jamais je n'accepterais; affirma-t-il avant de montrer la marque qu'il avait dans le cou. J'étais, je suis et je resterais pour toujours un assassin.
- Ou alors, tu peut très bien être près d'elle sans que le pays ne le sache. Après tout, c'est une reine, elle fait ce qu'il lui plaît.
- Rester à ces côtés serait la mettre en danger. Ma tête est recherchée par la confrérie, par la plupart des nobles et par Aguilar. Ca ne peut pas marcher. C'est un amour impossible... un amour interdit.
- Si personne n'a réussi à découvrir que tu es son assassin personnel, je doute que tu te fasse démasquer. Surtout avec l'entraînement de la fratrie, centré sur la discrétion.
- Luke. Il est hors de question que je tombe sous son charme. Je suis son assassin et elle ma reine. Rien de plus.
- Trop tard; le fit remarquer le blond dans un sourire. Vu ta réaction il y a peu, tu es déjà tombé.
- J'aurais peut être dus rester au sein de la confrérie, finalement; souffla l'assassin alors qu'Airgear passait les portes du bar pour se poser calmement sur son épaule droite.
- C'est toi qui l'a voulu; lui rappela Luke avant de remarquer que son verre était vide. Je t'en resserre un ?
- Ouais merci...
Le barman resservi un verre a l'assassin qui le but rapidement avant de se relever. Il expliqua calmement a son ami qu'i avait oublié de demander a la reine ses ordres pour la suite des évènement. Un détail qui étira encore le sourire de Luke. L'assassin avait vraiment du attirer le regard de la reine pour qu'elle ne l'ai pas jeté au cachot a se comportement. Altaïr le remercia de l'avoir écouté et sortit pour retourner au château avec une certaine boule au ventre. Redoutant la future discussion avec la reine. Pour une matinée d'été, les rues de la cité étaient particulièrement calmes. Les villageois semblaient rester cloitrés chez eux. Dans un sens, c'était parfaitement compréhensible. Un tueur sans scrupules rôde dans la cité pour tuer le premier malheureux qui tomberait sous sa lame. Alors valait-il mieux rester a l'abri dans son chez sois, caché du regard meurtrier du serpent. Au château, il entra sans mal avec la permission des gardes et vint s'agenouiller devant le trône, faisant acte de présence. La reine le salua avec son calme habituel après avoir réglé un conflit entre deux marchand, et lui demanda l'objet de sa venue. Quand il eut répondu, la souveraine soupira de peine mais lui ordonna de continuer ses recherches et de faire en sorte qu'Aguilar cesse de nuire au royaume. Sans vraiment de mal, Altaïr remarqua la peine dans le comportement et la voix de la jeune femme.
- Ai-je dis quelque chose de mal, votre majesté ?
- Quelque chose de mal ? se surprit la reine en le regardant. Bien sur que non. Pourquoi crois tu cela ?
- Vous... N'avez pas été très sur de vous au début de votre réponse; fit remarquer l'assassin en gardant son calme malgré le faite que qu'il ne comprenait pas sa réaction. Comme si vous ne vous attendiez pas à ce que je vous demande cela.
- A vrai dire...; avoua-t-elle en cherchant ses mots, décidant de jouer la carte de l'honnêteté. J'aurais espéré que tu te représente devant moi seulement pour me voir. Mais je ne dois point me bercer d'illusion.
Le regard du brun se figea sur le sol carrelé de la salle du trône, ne répondant rien. Bon sang... les suppositions de Luke étaient-elles donc bien fondées ? La reine serait-elle amoureuse de lui, un assassin de la pire espèce ? Il avait du mal a y croire. Pourquoi une noble de haut rang tomberait sous le charme d'un renégat ? C'était impensable. Mais... son ton de parole. Elle était honnête, c'était certain. Elle venait d'exprimer le fond de sa pensée. L'assassin ne savait que dire. Ce fut donc Daenerys qui brise le silence après un moment, s'étant rendu compte qu'elle en avait trop dit.
- Mais je sais pertinemment que seul le devoir de justice t'appelle lorsque tu viens en ces lieux. Je le sais tout aussi bien que je connais les lois de ta fratrie.
Calme et toujours aussi mystérieux dans ses pensées, le jeune homme se leva en gardant la tête baissée. Finalement, il savait comment agir pour l'affaire d'Aguilar. C'était a lui de régler le problème. Il n'avait pas besoin des directives de la reine pour faire quelque chose pour laquelle il était entraîné depuis sa plus tendre enfance; assassiner. Et puis, il était temps pour lui de quitter ses lieux qui n'était pas sa place. Hors de question de se laisser embarquer et de perdre le contrôle. Il n'en avait pas le droit. Non, ILS n'en avaient pas le droit. Autant elle que lui. C'était inimaginable. Impossible. Rien que d'y penser était déjà un crime en soit.
- Je doute que vous connaissiez les lois et valeurs qui régissent ma vie, votre majesté... Sur ce, je me retire de ce pas. Pardonnez le dérangement. Je viendrais rendre mon rapport le plus tôt possible. Vous savez comment me contacter si vous avez besoin de mon aide. Bonne fin de journée, votre majesté.
Et c'est en silence qu'il tourna le dos a la reine pour quitter la pièce. N'attendant pas sa réponse pour ne pas prendre le risque qu'elle le retienne. En tant qu'homme d'honneur, un tel comportement envers la reine ne lui plaisait guère mais il n'avait pas le choix. Il se devait de quitter cet endroit au plus vite. Une fois à l'extérieur du château, l'assassin ne put se retenir de donner un coup de poings sur les pierres blanches de la façade, y laissant une marque écarlate. Quel idiot. Si il avait réfléchis une minute, il ne serait pas revenu au château et n'aurait ni dérangé ni déçu la reine. Altaïr tourna les yeux vers les portes et les regarda un instant avant de s'éloigner. Il devait neutraliser Aguilar et oublier tout ceci. Cette jeune femme devait surement être déjà promise à un homme pour un mariage arrangé entre deux familles de haut rang, pour sauvegarder la paix du royaume. Même si il le voulait, il ne pourrait jamais se rapprocher d'elle. Leurs origines étaient bien trop différentes. Il devait rester professionnel en sa présence. Et ne rien montrer de ce qu'il ressentait réellement.