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Brisée par amour

Brisée par amour

Auteur:: Astermania
Genre: Romance
Natalia a fui. Elle s'est réfugiée à l'orphelinat où l'a envoyé Elisa. Elle a décidé de devenir nonne et de renoncer à cette vie de péché et de luxure. En dépit de tous ses efforts, les caresses, les mots, la voix et le contact de Andres reviennent la hanter. Il l'a marqué tellement profondément. Elle continue à éprouver cette chaleur épouvantable en repensant à lui. Il a marqué son cœur et son corps. Andres ne décolère pas depuis la fuite de Anastasia. Elle a trahi sa confiance, mais plus que tout a détruit les sentiments qu'il avait à son endroit. Il ne peut pas rentrer directement chercher cette femme, qui continue à l'obséder. Il doit lui-même faire face à ses ennemis et aux ombres du passé. N'empêche qu'il ne se passe pas une nuit sans qu'il ne pense à elle, à son corps et à sa vengeance quand il la retrouvera. Parce qu'il en est convaincu. Il sait qu'il finira pas la retrouver et qu'il fera tout pour que ce soit le cas. Ils se sont quittés. Pour mieux se retrouver ? Pour mieux s'aimer ? Ou pour mieux se haïr ? Obligatoire de lire le Tome 1 : Une femme imbrisable Conseillé de lire : Sous l'emprise du diable (pour une meilleure compréhension de certains éléments de l'histoire) Suite : L'emprise de l'amour

Chapitre 1 Prologue

Ils sont tous rassemblés dans une salle de réunion. Cela doit bien faire 3 ans qu'ils n'ont pas tous été convoqués au même moment par leur patron. Aujourd'hui est un grand jour. Il doit se connecter par visio et leur expliquer la raison de leur venue. Lorenzo siège en bout de table. Il est leur chef. Ils sont 5 normalement, lui compris. Il y a Romeo, Alessandra, Daniel, Ivan et lui. Ils dirigent tous une partie de l'organisation des Ouroboros blancs à l'étranger comme dans le pays. Ivan est avec leur patron donc ils ne sont que 4 réunis dans la salle. La tension est à son comble.

- Pourquoi il nous a fait revenir Lorenzo ?

C'est Daniel qui prend la parole en premier. Il gère tout ce qui se passe à la frontière pour eux du côté mexicain. Il ne quitte presque jamais son poste, vu qu'il est très sensible.

- Moi ça me fait toujours plaisir de le revoir, Alessandra s'exprime à son tour.

Elle est leur yeux et oreilles aux USA. Mais surtout, elle s'occupe de la distribution de la drogue dans tout ce qui est bordel. Elle est leur lien vers cette partie de ce monde illégal. Le pont vers la prostitution. Elle aimerait que leur groupe se lance dans ce business mais leur patron est strictement contre.

- Tu veux dire que tu aimerais coucher avec lui plutôt, renchérit Roméo. Lui gère le transport, la distribution et l'argent qui se fait de l'autre côté de la frontière mexicaine. Je suis rentré avec un assez joli pactole. Nous allons devoir décider comment le blanchir rapidement.

- Le patron s'occupera de ce détail. Il secoue positivement de la tête après la réponse de Lorenzo. Alessandra je te rappelle que le patron est marié.

- Je ne l'ai pas encore vu. Il ne nous l'a pas encore présenté. Surtout ils ne sont pas mariés à l'église. Donc pour moi cela ne veut rien dire.

- C'est vrai que tu es toujours autant une pute, ils entendent dire brusquement la voix de Michelle dans leur dos. Elle vient de pénétrer dans la pièce. Tu devrais changer, peut-être que tu trouveras quelqu'un.

- Tu n'as pas trop tort Alessandra. A voir ce qu'il en dit personnellement quand il arrive. Je pense savoir pourquoi il nous cherche. Bonjour Michelle, la salue Roméo par la suite. Il semblerait que la femme du patron ait disparu comme par magie depuis 3 mois au moins. Le regard de Lorenzo est insondable. Tu ne pensais quand même pas que je ne le saurais point après avoir déposé une prime sur sa tête, non seulement au Mexique mais également aux USA. Je suppose que Daniel était aussi au courant. L'intéressé se trahit par un petit sourire en coin. Je suppose donc qu'il nous a fait appeler pour qu'on la retrouve. Et qu'on la tue.

- Pourquoi la tuer ? Si elle a disparu et qu'on a toujours pas de mandat ou d'arrestation sur la tête cela veut dire qu'elle n'a pas parler. On devrait peut-être la laisser et faire comme si de rien était.

La tension dans la pièce pèse encore plus après l'intervention de Michelle. Tous les regards ont changé. Les mines sont devenues plus sérieuses. L'écran devant eux s'allume soudainement et leur attention se porte sur lui. Leur mines changent à nouveau. A l'écran apparaît l'image de Andres, un regard froid et durci, avec à ses côtés Ivan.

- Je vais aller droit au but. Vous devez sûrement tous le savoir, j'ai épousé une femme il y a quelques mois. Elle s'est fait la malle et nous n'arrivons pas à la trouver. Je n'aime pas mélanger professionnel et personnel mais je veux que vous la trouviez et la rameniez. C'est prioritaire désormais. Je veux que vous la trouviez avant mon retour, d'ici 3 semaines.

Ils acquiescent en silence et l'écran redevient noir. Roméo se tourne alors vers Michelle et sa voix claque.

- Si tu es acceptée dans cette pièce, c'est pas respect pour ton mari Michelle. Ne l'oublie jamais. Tu n'as aucun droit à la parole. Il se tourne ensuite vers Lorenzo. En parlant de respect, nous commençons à le remettre en question. Surtout si il ne peut même pas te tenir en laisse.

- Je ne te permets pas de me manquer de respect de la sorte. Elle se tourne vers son époux qui reste silencieux. Lorenzo, tu vas les laisser me parler de la sorte ?

- Tu es notre chef Lorenzo, on t'a mis à cette place au vu de tes capacités. Romeo s'exprime en dédaignant l'intervention de Michelle. Si tu n'arrives pas à retrouver cette femme jusqu'au point où nous devons également la chercher, peut-être que tu ne mérites plus cette place. Si tu ne la trouves pas et que je la trouve, pour moi elle est morte.

- Je vais la chercher personnellement et je la ramènerai vivante Roméo. Tu devrais sortir Michelle, nous avons d'autres points à discuter. Rentre à la maison.

Michelle mord sa lèvre violemment et quitte la pièce où on vient tout bonnement de l'humilier. Elle aurait cru qu'il la soutiendrait mais non, il l'avait encore plus enfoncé.

Quand Lorenzo rentre chez lui, il fait nuit depuis un moment. Il passe dans les chambres de ses enfants et s'assure qu'ils dorment tous. Il les berce et les embrasse chacun avant de se rendre dans leur chambre maritale. Sa femme n'est pas venue l'accueillir mais il sait qu'elle est à la maison. Un de ses hommes lui a confirmé tout à l'heure. Il pénètre dans la pièce et sa femme est assise sur un sofa regardant par la fenêtre, sans grande motivation à lui souhaiter la bienvenue.

- Je suis allé voir les enfants, dit-il en commençant à se déshabiller. Ils dorment à poing fermé.

Aucune réponse à son commentaire. Aucune réaction. Elle ne le regarde même pas. Il suppose qu'il aura droit au traitement par le silence jusqu'à ce que Madame ne change d'avis. Il souffle bruyamment et rentre dans la douche. Il a assez de problème avec le retour des 3 autres pour devoir gérer la petite crise de son épouse. Il aurait besoin de détente maintenant qu'il est de retour chez lui, pas d'une autre source de stress. Le jet d'eau froide apaise ses pensées. Il réfléchit à la suite de ses actions. Il sort de la douche serviette au rein et voit sa femme couchée sur leur lit en train de lire un livre. Il sourit inconsciemment et son envie se réveille. Cela fait un petit moment qu'ils ne l'ont pas fait ensemble. Il s'installe sur son côté du lit et se rapproche d'elle. Une fois assez proche, il dépose un baiser sur son épaule découverte par sa nuisette. Puis un second dans son coup. Il en profite pour se rapprocher.

- Maintenant tu veux du sexe ? Il s'arrête automatiquement quand il entend le ton de sa femme. Cela va repartir dans des histoires. Il la connaît très bien. Tu crois que je suis à ta disposition ou quoi ?

- Michelle calme-toi...

- De me calmer ? Je te soutiens dans toutes les histoires illégales dans lesquelles tu trempes. Je te demande juste de me soutenir à mon tour. Tu les as laissés m'humilier de la pire des façons.

- Tu agis comme si tu ne savais pas comment fonctionne notre monde. Tu n'avais pas à t'exprimer à cette réunion. Tu t'es mise volontairement en premier ligne et ils ne t'ont pas raté. Tu t'attendais à quoi ? Que je leur dise de te laisser t'exprimer ? Alors que tu n'avais pas ton mot à dire.

- Oui je voulais que tu fasses quelque chose de la sorte, dit-elle la voix ébranlée. Que tu montres que je ne suis pas que ta poule pondeuse ou celle dans laquelle tu te déverses quand l'envie t'en prend.

- Tu n'as pas le droit de me faire une tel commentaire. Je t'ai toujours soutenue devant mon clan et ma famille. Mais là tu franchis une ligne. Arrête de pousser mes limites pour voir jusqu'à quel point je peux céder pour toi.

Il se lève furieux et sort un sac de leur dressing. Il commence à ranger des affaires à lui dedans. Michelle se lève à son tour et va le rejoindre en entendant le bruit.

- Tu fais quoi ?

- Je devais partir demain pour aller retrouver Natalia. Mais je pense que je vais y aller maintenant et dormir à la villa pour ce soir.

- Pourquoi tu ne la laisses pas où elle est ? Il passera à autre chose d'ici quelques temps.

- C'est une supposition. On n'en sait rien. Il a fait revenir les autres pour la chercher donc je doute fort. Mais surtout je n'ai pas besoin de savoir. Si il veut qu'elle revienne, je la retrouverai.

- Même si elle risque de souffrir. Il va la punir et peut-être même la tuer.

- Cela ne me concerne pas. Et par extension ne te concerne pas également.

- C'est mon amie. S'il te plaît ne fais pas cela. Elle doit avoir trouvée une issue maintenant.

Il se redresse et se tourne vers sa femme. Son regard est dur.

- Dis-moi que tu n'as rien à voir avec sa fuite Michelle. Aucune réponse. Elle se mord juste les lèvres. Tu n'es pas aussi bête. Il réfléchit quelques secondes. Mais tu étais au courant de ce qui se tramait ? Sa femme ne répond toujours pas. Des veines commencent à se dessiner sur ses tempes. Putain....

- Lorenzo...

- N'ose même pas prononcer mon prénom. Tu étais au courant. Comment ?

- Je les ai entendu discuter du plan quelques jours avant qu'elle ne disparaisse.

- Les ? Elle a un complice ? Qui est-ce ? Sa femme se tait à nouveau. Putain tu as de la chance de porter cette foutue alliance. Tu aurais pu, non tu aurais dû m'en parler. On aurait pu éviter tout ce bordel en premier lieu.

- Elle voulait partir. Elle en avait marre. Je voulais qu'elle soit heureuse.

- Quitte à trahir le clan et le chef.

- Ton chef. Toujours lui. Il passe même avant ta propre famille.

- Comment peux tu dire un truc pareil après toute l'aide qu'il nous a apporté dans notre relation ? C'est le parrain des enfants. Il est toujours affectueux avec toi.

- Tu t'éloignes de moi à cause de lui, à cause de ton allégeance.

Lorenzo se met à rire. Michelle est surprise par sa réaction. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive.

- Tu crois vraiment ? Il me garde sur le droit chemin surtout. Si je ne rentre plus aussi souvent c'est pour éviter ce genre de crise et de dispute quotidienne. Je n'ai pas l'énergie à la fin de la journée pour tes petages de plomb. Je n'ai pas l'énergie pour te supplier de me laisser te baiser ma chérie. D'autres sont plus participatives et moins chiantes.

Quand il dit cela, Michelle n'en revient pas. Des larmes lui montent aux yeux. Son cœur se brise.

- Tu te rappelles ce que tu as dit tout à l'heure. Tu es ma femme. Oui. Tu es la mère de mes enfants. Oui. Tu es celle que j'aime. Oui. Mais tu n'es pas celle que je baise régulièrement.

Michelle tente de rester digne en dépit de tout ce qu'elle entend. Elle a l'impression de voir son monde s'écrouler.

- Tu es un monstre Lorenzo. Tu peux partir mais tu peux être sûre que tu ne nous reverras plus jamais. Ni moi, ni les enfants.

A ce moment, le regard de son époux devient animal. Il se maîtrise difficilement.

- Ne me menace plus jamais de me prendre les enfants. Il ramasse son sac et se dirige vers la porte de sa chambre. Si tu penses que je vais te laisser aller quelque part, tu te trompes. Ne me mets pas au défi.

- Va te faire voir. Tu me dégoûtes.

Il s'arrête à son niveau. Il lâche son sac et d'une mouvement brusque, rapproche leur deux corps et leur deux bouches. Il insinue sa langue dans sa bouche, mais est obligé de reculer quand elle le mord. Il ne crie pas, il sourit même.

- On réglera cela à mon retour. Je te ramènerai ta petite copine.

Il la lâche et s'en va. Michelle tombe au sol. Elle a envie de s'arracher le cœur de son corps. Elle a mal, mal parce qu'elle l'aime. Oui elle l'aime.

Chapitre 2 Chapitre 1

A un autre moment, dans un autre lieu.

- Nalia, tu te rases encore les cheveux ? Tu sais que tu n'es pas obligée. Que tu peux les laisser pousser. Ils te vont si bien.

- Oui ma sœur, je sais tout cela. Mais je préfère que ce soit comme cela. C'est un moyen pour moi de ne pas oublier ce que je voulais quitter.

La sœur en face d'elle secoue négligemment de la tête ne la comprenant pas totalement, mais ne tentant de la questionner plus que cela. Elle s'en va par la suite, permettant à Natalia ou Nalia -comme elle se fait appeler ici- de respirer. Cela fait presque 4 mois qu'elle n'a plus de nouvelles de sa famille, plus de nouvelles du gang. Elle repense encore à ses premiers jours une fois arrivée ici. La mère supérieure l'avait accueillie bras ouvert sans lui poser de questions. Elle avait juste lu la lettre que lui avait fournie Elisa en partant. Elle avait du mal à dormir les premières nuits. Elle ne sortait pas de l'orphelinat. Elle avait trop peur de rencontrer des gens qui auraient pu la reconnaître. Elle passait ses journées à se promener dans le jardin de l'établissement, qui n'était point grand, ou entre les murs du monastère. La présence des enfants soulageait son séjour. Elle avait pensé à rester maximum 1 mois avant de trouver un moyen de quitter le pays. Mais ils l'avaient tous tellement accueillis et adoptés qu'elle s'était retrouvée à rester encore plus longtemps. Et surtout à vouloir définitivement rester. Elle avait annoncé à la mère supérieure qu'elle voulait intégrer les ordres et les aider à s'occuper des enfants ici. Cette dernière lui avait conseillée de bien réfléchir à sa décision et de ne pas s'y jeter désespérément. Elle n'était pas contre qu'elle commence stagiaire et en apprenne plus sur leur vocation. C'est ce qu'elle faisait depuis 2 mois environ. Vérifier un peu plus tous les jours sa réelle motivation pour ce poste.

Elle rentre dans la douche une fois avoir fini de raser ses cheveux. Elle se regarde dans le miroir, tentant de se reconnaître. Elle a repris du poids et ses cernes se sont un peu atténués. Elle arrive maintenant à sortir faire des courses en tenue de nonnes. Mais les cauchemars continuent. Cauchemars où elle rêve qu'il la rattrape et lui fait payer sa fuite, qu'il découvre l'implication de Elisa dans sa fuite et la torture pour qu'elle balance sa position, qu'il retrouve sa famille et l'utilise pour la faire chanter. Trop de scénarios se bousculent dans sa tête ces nuits là. À ce moment, elle se met à prier longuement et ces moments la soulagent. Elle essaie de positiver. Le temps va passer sans qu'il ne la retrouve. Elle serre fortement la croix sur sa poitrine et tente de se rassurer de son mieux. Elle entend une voix l'appeler par la suite, lui demandant de de dépêcher car le dîner sera bientôt servi.

Le repas a été délicieux comme d'habitude. Les enfants en ont redemandé plusieurs fois. De vrais gourmands ceux là. Ils sont trop mignons. Elle rigole en repensant à la figure gymnastique de Christian. Un vrai farceur lui, mais il met le feu et de l'animation à chacune de leur soirée. Il est un des plus âgés ici et joue très bien son rôle de grand frère pour les plus jeunes. Il aura 15 ans cette année. Il sait qu'il a peu de chance de se faire adopter. Mais il semble le vivre assez bien. Il attend ses 18 ans pour se trouver un travail. En attendant il apprend avec les sœurs certains basiques. Natalia s'est beaucoup attachée à lui. Encore plus qu'avec les autres enfants. Il a perdu brutalement ses 2 parents. Mais il ne se laisse pas détruire ou démoraliser par la vie. Il rêve de trouver un bon métier et de pouvoir aider l'orphelinat qui lui a tant donné. Il est clair que la situation à l'orphelinat n'a jamais été aussi désastreuse. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. Natalia aimerait pouvoir les aider mais elle sait qu'en s'impliquant encore plus, elle risque de les mettre en danger.

Andres est constamment aux Pays de Galles depuis 2 semaines. La chaleur et la dynamique de Mexico lui manquent énormément. Il se lève de son lit et sort une cigarette de son paquet. Il cherche le briquet quand une flamme s'allume devant lui. La prostituée de la nuit dernière lui tend. Il allume sa cigarette, avant de souffler une taffe lentement. Il profite de la sensation de plaisir que lui procure la drogue dans sa main. Il n'a jamais autant fumé que depuis les 3 derniers mois. La charmante créature dans ses draps se déplace et récupère la cigarette de ses mains. Elle souffle une taffe à son tour, en lui lançant un regard en dessous de ses cils. Il n'est plus d'humeur pour la supporter.

- Tu peux prendre tes affaires et rentrer chez toi. Tu récupéreras le fric chez mes hommes en bas.

Elle ne s'offusque pas, mais de la déception se lit dans son regard. Elle doit avoir l'habitude de ce genre de traitement à la fin de sexe. Elle aurait aimé rester et profiter de lui un peu plus longtemps. Mais on l'a déjà averti de ne pas s'amuser à lui imposer ce qu'elle veut ou à lui désobéir. Sauf si elle veut le payer cache. La fille prend ses habits en silence et se rhabille avant de quitter sa chambre. Il rentre dans la douche et demande à quelqu'un de faire changer les draps avant qu'il n'en ressorte. Il a besoin de repos. Il est stressé depuis qu'il a convoqué ses 5 lieutenants. Il a réveillé le monstre à cause d'une femme. Lui-même n'en revient pas. Il va devoir s'expliquer en rentrant et gérer la merde qui est arrivé. Il perdra définitivement la face si tout le pays apprend que sa femme s'est barrée aussi facilement. Rien que de penser à ce terme ou de le prononcer, lui fait ressentir une colère viscérale.

Une fois sorti de la douche, il remarque que ses draps ont été effectivement changés. Il s'habille rapidement et appelle Ivan. Ils sortent ensemble prendre un petit-déjeuner. Ivan est sur ses gardes avec lui, depuis son petage de plomb après l'annonce de la fuite de Natalia. Il lui a promis de ne plus perdre le contrôle de la sorte, mais il sait que c'est bien plus difficile qu'il ne l'aurait cru.

- Tu vas la voir tout à l'heure ? Ivan le ramène sur terre. Il prend du temps avant de comprendre de quoi il parle. Je parle d'Anastasia.

- Oui je vais la voir. Je pense que nous avons assez duré ici. Je vais accélérer les préparatifs. Je vais lui demander de m'épouser aujourd'hui et lui laisser quelques jours pour qu'elle puisse y réfléchir.

Cela fait quelques mois maintenant qu'il travaille avec la femme de son demi-frère dans son projet d'orphelinat dans son pays sous une fausse identité. Elle ne sait pas qui il est et quand il discute avec elle, elle n'a pas l'impression qu'il sache qui est son frère également. Sa naïveté l'a encore plus surprise qu'il n'aurait cru. Elle est très naïve et elle se sent mal de la situation dans laquelle elle se trouve. Elle se sent mal pour son époux, qu'elle a trompé. Il a l'impression que c'est de famille de s'attacher à une femme qui ne les voulait pas au premier abord et à qui ils se donnent parce qu'ils tombent stupidement amoureux. Ces femmes finissent toujours pas les trahir d'une façon ou une autre.

- Vous pensez que vous l'avez assez charmée ?

- Je pense que j'ai fait ce qu'il fallait. En plus la situation joue en ma faveur. Elle est enceinte, elle n'a aucune idée de qui est le père. Elle a été mariée au prince d'Angleterre. Elle est elle-même une princesse. Qui voudra l'épouser à nouveau dans leur milieu et s'occuper de cet enfant, qui risque de souffrir de la honte que lui a causé sa mère en décidant de le mettre au monde ? Je peux lui donner certaines choses dont elle a besoin : une stabilité émotionnelle et financière, un mariage, un foyer peut-être loin de cet univers qu'elle préfère éviter, une nouvelle vie, de l'amour...

- Tout cela est totalement fictif.

- Pour moi oui, mais pour elle non.

- Je vous rappelle que vous êtes déjà mariés ?

- Je ne compte pas me marier Ivan, une fois de plus. Je vais l'épouser mais tu sais que comme je suis déjà marié, cela ne comptera pas dans notre pays. Je la laisserai tomber à ce moment. Je l'aurais déjà séparé de mon frère. Il ne reviendra plus jamais à elle, parce qu'elle a été avec moi.

Chapitre 3 Chapitre 2

- Il ne s'est jamais rien passé de sexuel avec elle.

- Cela il n'en sait rien. Comme elle l'a déjà trompé, il ne la croira pas. Et ce n'est pas moi qui nierait. De plus, on ne sait pas encore. Il ne faut pas vendre la peau de l'Ours avant de l'avoir tué. J'aurais peut-être une chance de la mettre dans mon lit avant le mariage.

Ivan reste silencieux, réfléchissant au plan de son patron. Il se trouve parfois sans cœur mais la personne en face de lui, l'est encore plus une fois qu'on le cherche. Il n'aimerait jamais être son ennemi. C'est beaucoup trop dangereux à son goût. Il boit une gorgée de son café en secouant affirmativement la tête.

- Je vous rappelle aussi que l'on doit aller revoir le parrain italien la semaine prochaine pour discuter des derniers contrats et de l'arrivée de la marchandise.

- Je n'oublie pas.

- Il veut se rendre indépendant de la mafia russe qui les fournit majoritairement. Si ce n'est pas avec nous qu'ils font ce marché, ils le feront avec d'autres et nous auront perdu un gros deal.

Andres secoue la tête lentement. Il n'oublie pas la donne que peut constituer ce deal. Mais aussi le danger et l'exposition. Ils ont déjà la police et des agences comme le FBI et la CIA à leur trousse. Il ne sait pas si vouloir une part du gâteau européen vaut le coup de se mettre sous les radars des agences européennes. C'est cette réflexion qui le fait douter du bien-fondé de cette alliance. Ivan le sait aussi mais il doute moins que lui. Ils finissent de consommer et ensuite ils se séparent, chacun allant poursuivre ses activités.

En arrivant chez Anastasia, il fait face à la protection maternelle et suspicieuse de Sarah, sa domestique. Il a l'impression que sa présence lui plait autant qu'elle la met mal à l'aise. Il a l'impression qu'elle a de nombreux soupçons à son égard. Si sa maitresse les prend autant en compte, qu'elle ne prend en compte ses avis et conseils, il risque à avoir du mal à mener sa mission à bien. Ce matin, ils auraient dû avoir une réunion, mais ses nausées l'ont empêchée d'être présente. Tout ce qui ne pouvait qu'arranger Andres, qui a passé toute la nuit occupée et la matinée à se détendre. Jouer ce rôle à la perfection l'épuise assez en réalité. Il arrive à la terrasse de la maison, où il voit Anastasia installée. Sarah semble finir de l'informer de sa présence quand il arrive. Elle se retire silencieusement par la suite, tout en lui laissant un regard plein de sous-entendus, dont il tente de faire abstraction. Il débarque avec son éternel sourire ravageur et s'approche pour lui faire la bise.

-Ça n'a pas l'air d'aller si bien que cela, dit-il avant de lui tendre le bouquet de fleurs qu'il lui a apporté.

- Oui, c'était un peu difficile ce matin, mais là je vais mieux, le rassure-t-elle en prenant les fleurs, avant de les déposer sur la table. Je suis désolée d'avoir dû annuler la réunion de travail de ce matin.

- Non ce n'est rien, ta santé et celle de ton bébé sont prioritaires. On n'en a jamais parlé, mais où est le père de ton bébé, Anastasia ?

Il tente la question avec le ton le plus précautionneux et soucieux possible. Il sait qu'elle évite ces questions depuis qu'ils ont commencé à approfondir leur relation. En connaissance de cause, il faisait tout pour ne pas lancer le sujet. Mais aujourd'hui est un jour différent. Surtout que faire comme si il n'en sait rien, commence à le gonfler de plus en plus.

- Euh... Il ne vit pas ici.

La gêne, le bégaiement et la réponse qui suit ne le surprennent pas. Il l'a clairement mise dans une position inconfortable. Il reprend son rôle de gentleman.

- Si ça te mets mal à l'aise, on n'en reparlera plus. Mais je veux vraiment que tu saches que je suis là pour toi, quelque soit la situation. Et que je serais là aussi pour ton bébé.

- Merci Andres, dit-elle tout en le gratifiant d'un sourire.

Il laisse le silence prendre la place et fixe l'étendue de pelouse, sur laquelle donne la terrasse. Elle lui propose une tasse de thé. Il accepte et elle le sert dans la tasse prévue en plus dans le service. Il la fixe longuement. Sa beauté, il l'a immédiatement remarquée. Son intelligence, sa vivacité, sa force, il les a découvert en la côtoyant. Il comprend pourquoi son frère est amoureux. Il aurait surement pu tomber amoureux lui-même d'une fille comme elle ou d'elle tout simplement, si il n'y avait pas autant de variables. Que celles-ci soient liées à son passé, à sa vengeance vis à vis de sa famille paternelle, ses sentiments qu'il essaie de réduire à néant à l'endroit de Natalia, sa colère et sa rage à son encontre. Il est lui-même perturbé dernièrement, il le sait.

- Tu es mariée ?

La question lui a échappé. Elle a tout simplement glissé hors de sa bouche. Son visage ne sourit plus quand il lui pose cette question. Il redevient sérieux et la sonde longtemps, attendant sa réponse. Comme pour répondre à sa place, elle détourne le regard et sa main droite vient toucher un court moment son annulaire gauche, qui ne porte aucun anneau.

- Je ne sais pas... Disons que théoriquement oui, mais en réalité nous sommes séparés.

- Puis-je savoir pourquoi ?

- Infidélité...

Au moins, elle a le courage de ne pas lui mentir. Il continue son petit jeu, la poussant toujours plus à se confesser.

- Il t'a trompée ?!

- C'est un peu plus compliqué. Au début, notre mariage était arrangé. Donc nous ne nous connaissions pas. Il couchait où il le souhaitait. Ensuite, nous avons pris le temps de nous connaître et je suis tombée amoureuse de lui. À ce moment, il a dû voyager pour le travail et je l'ai trompé.... Donc je dirais que c'est plutôt moi qui l'ai trompé...

- Et le bébé ?

Il pose sa question d'une voix soucieuse, un peu mal à l'aise mais surtout surprise.

- On ne sait pas de qui il est, mais je suis sûre que c'est le sien. Ou plutôt c'est vraiment ce que j'espère. Mais il n'est pas prêt à faire un test ADN et il m'a en quelque sorte répudiée.

- Ça va aller... Il rapproche sa main de la sienne et la serre doucement. Si vous divorcez, je veux que tu saches que tu ne te retrouveras pas seule et que je pourrais toujours faire office de père pour ton bébé. Maintenant qu'il a son attention et qu'elle semble lui faire assez confiance pour lui parler de sa situation matrimoniale, il pense qu'il peut se lancer. Tu me plais Anastasia, je ne vais pas me leurrer et j'aimerais qu'on passe à une autre étape ensemble. Mais je ne peux pas prendre la décision tout seul, il faut aussi qu'elle vienne de toi. Donc c'est sans pression, mais réfléchis y aussi s'il te plait...

Quand il finit de s'exprimer, le choc est lisible sur son visage. Elle semble réfléchir à beaucoup de choses différentes, poser le pour et le contre, voir la viabilité de la proposition qu'il vient de le faire, réaliser que c'est surement la meilleure et la plus sûre option qui se présentera jamais à elle. Mais quelque chose la bloque dans son choix et dans le plan de Andres.

- Tu sembles perdue dans tes pensées, lui dit-il pour la faire sortir de sa léthargie. J'espère que ce n'est pas ma déclaration qui te met dans un tel état. Il ne faut pas que tu t'inquiètes. Ce n'est pas bon pour le bébé, je te rappelle.

Anastasia est touchée qu'en dépit de son silence et de son absence, il fasse passer toujours en priorité son enfant et elle avant tout.

- Non ne t'inquiète pas, lui répond-elle les larmes aux yeux. C'est juste que tes paroles me font énormément de bien. Le fait de savoir que je plais encore à un homme, me montre que je n'ai rien perdu. Maintenant je le sais. Je suis toujours moi, malgré mon erreur et mon échec maritale. Cela ne me définit pas.... Merci beaucoup pour tout...

- Ne me remercie pas encore, je n'ai encore rien fait, dit-il en suggérant tout ce qu'il pourrait lui apporter si elle décide de le choisir.

- J'ai combien de temps pour te donner ma réponse ?

- Prend ton temps, je suis là jusqu'à la fin du projet et après selon ta décision, je resterai plus longtemps ou je rentrerai chez moi. Mais le plus important que tu dois savoir, c'est que c'est ton bonheur qui doit précéder sur le reste et sache que je ferais tout pour te rendre heureuse.

- C'est ma femme que tu veux rendre heureuse, je crois que tu es mal placé pour cela Andres, dit une voix glaciale dans leur dos qu'il peut facilement reconnaitre.

Il se tourne vers la personne, en même temps que Anastasia qui semble aussi surprise que lui. Il fait face à Louis, le mari de Anastasia et son demi-frère.

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