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Bound by his boss's son.

Bound by his boss's son.

Auteur:: Scarlt
Genre: Romance
LIÉ AU FILS DE SA PATRONNE Brisée par un père qui la hait pour une faute qu'elle n'a jamais commise, Siara Dlamini, dix-huit ans, découvre trop tôt que l'amour est un luxe réservé aux autres. Chassée de chez elle et « vendue » comme domestique à une riche famille londonienne, elle entre dans un monde où tout scintille... sauf les cœurs. Dans l'ombre des lustres et des bals mondains, elle apprend à se taire, à servir, à survivre. Jusqu'au jour où son regard croise celui de Léano Whitmore, l'héritier charismatique et réservé de la maison. Élevé par une mère autoritaire et marqué par l'absence d'un père qu'il n'a jamais connu, Léano s'est construit une carapace de perfection et de contrôle. Fiancé à Sabrina, une femme de la haute société aussi brillante que calculatrice, il pensait avoir une vie tracée, sans place pour l'imprévu ni l'émotion. Mais dès qu'il croise Siara, tout bascule. Son monde, réglé comme une mécanique sans faille, vacille sous le poids d'un sentiment qu'il n'avait jamais éprouvé. Entre eux, naît une passion interdite, fragile et dévorante, qui franchit les frontières du rang, du devoir et de la raison. Mais que se passe-t-il lorsque le destin fait irruption sous les traits d'une domestique au regard blessé ? Quand une domestique bouleverse l'univers d'un homme puissant, jusqu'où peut-il aller pour nier ce qu'il ressent ? Sabrina acceptera-t-elle de voir son monde parfait s'effondrer face à une menace qu'elle n'avait pas anticipée ? Et si, malgré les promesses, les convenances et les interdits, c'était Siara que Léano avait toujours attendu sans le savoir ? GENRE : ROMANCE DRAMATIQUE, PASSION INTERDITE.

Chapitre 1 01

GENRE : ROMANCE DRAMATIQUE/PASSION INTERDITE.

ÉPISODE 01.

La petite ruelle sombre semblait interminable. L'air était lourd, le silence pesant, seulement troublé par le bruit régulier des pas de Siara. Elle pressait le pas, son sac accroché à son épaule, craignant déjà la réaction de son père. Il était tard, bien trop tard.

Elle revenait de plusieurs heures épuisantes au restaurant : laver des assiettes, servir des clients insistants, esquiver leurs remarques déplacées... Ses jambes étaient lourdes, son corps courbaturé, mais elle n'avait pas d'autre choix.

Elle portait un jean froissé qui épousait malgré tout ses courbes, un tee-shirt noir simple, et des chaussures plates. Ses longs cheveux noirs, soigneusement entretenus, volaient légèrement au gré du vent avant de retomber sur ses épaules. Son teint métissé, éclatant, contrastait avec l'obscurité de la ruelle, et ses traits, malgré la fatigue, restaient lumineux sous le ciel étoilé.

SIARA.

Je m'appelle Siara Dlamini, fille unique de Christophe et de feu Sarah Dlamini. J'ai 18 ans et je vis avec mon père depuis le jour où je suis née... le jour même où ma mère a perdu la vie.

J'ai grandi seule avec mon père, mais il ne m'a jamais donné l'amour qu'un père devrait offrir à sa fille. Pour lui, je ne suis qu'une erreur, une abomination, celle qui lui a volé sa femme. Il me le répète sans cesse : que je suis responsable de sa mort, que je suis une malédiction.

Mais comment aurais-je pu vouloir la mort de ma propre mère ? J'étais un bébé... Pourtant, malgré ses paroles qui me transpercent le cœur, je l'aime. Il est la seule famille qu'il me reste, et pour lui, je me bats chaque jour pour lui offrir un avenir meilleur.

J'ai dû arrêter l'école faute de moyens. En troisième, il a refusé de payer mes frais de scolarité. Alors, j'ai commencé à travailler comme domestique chez notre voisine : nettoyer, laver le linge, m'occuper de ses enfants, tout en allant encore à l'école. Ce petit salaire me permettait de payer mes fournitures et une partie de ma scolarité.

Puis elle a déménagé en ville avec sa famille. Avec mes économies, j'ai commencé à vendre des oranges, des bananes et des ananas. Mais ce n'était pas assez pour payer l'examen, sans compter la nourriture pour moi et mon père.

Oui, lui ne travaillait plus depuis qu'il m'avait interdit d'aller à l'école. Il passait ses journées à boire et à discuter avec ses amis, pour ensuite déverser sa colère sur moi dès que je rentrais.

J'ai continué jusqu'à obtenir mon BEPC, à 15 ans. Mais les responsabilités étaient devenues trop lourdes. Mon corps a commencé à céder, je tombais souvent malade. J'ai dû abandonner l'école pour travailler comme serveuse dans un petit restaurant près de chez nous. Cela fait trois ans maintenant. Trois ans que je nous nourris, que je paie les vêtements, les médicaments...

Et malgré tout, je suis fière. J'ai appris à vivre seule, à supporter les insultes et le mépris. Je n'ai pas d'amis. J'aime la paix et je prie chaque jour pour que mon père me voie enfin autrement.

Après de longues minutes de marche, Siara atteignit enfin la maison. Elle poussa le vieux portail en bois qui grinça légèrement. La cour, petite et propre, baignait dans un silence presque oppressant. Pas de fleurs, pas de jardin, juste les murs ternis par le temps.

Elle avança jusqu'à la porte du salon, tourna la poignée et entra. Dès qu'elle alluma la lumière, son cœur fit un bond.

Son père, Christophe, était assis sur le canapé, juste en face de la porte. Il était immobile, les yeux rougis par la colère, les traits crispés, la mâchoire serrée.

Elle comprit aussitôt qu'il l'attendait et que la soirée ne se passerait pas bien.

Elle inspira profondément, s'approcha doucement.

Siara (poliment)

_ Bonsoir papa, Pourquoi étais-tu dans le noir ? Tout va bien ?

Christophe, sans répondre à sa fille, se leva d'un bond, le visage déformé par la colère.

SPLASH.

La gifle magistrale claqua contre la joue de Siara. Sa peau rougit instantanément sous la violence du geste. Elle porta une main tremblante à sa joue brûlante, ses doigts effleurant la brûlure encore vive. Malgré la douleur, son regard resta calme, fixé sur son père, tandis qu'une larme solitaire perla à l'angle de son œil pour glisser lentement sur sa joue.

Siara (voix tremblante)

_ Papa, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi tu me... ?

Christophe (furieux)

_ Où étais-tu ? C'est à cette heure que tu rentres du travail ? C'est quoi ce foutu boulot que tu fais, et pourquoi tu rentres au milieu de la nuit ? Réponds-moi !

Les mains de Siara se crispèrent, ses paupières se mirent à trembler alors que les larmes menaçaient de déborder.

Siara (au bord des larmes)

_ Papa, je suis désolée, je n'avais pas fini vite et...

Christophe (criant de colère)

_ Et quoi ? Tu as quitté cette maison tôt ce matin et tu reviens à cette heure ? Et tu oses me dire que tu n'avais pas fini ton travail ? Tu me mens ?

Un sanglot secoua la poitrine de Siara.

Siara (pleurant)

_ Mais non, papa, je ne te mens pas. Il y avait beaucoup de clients aujourd'hui et je...

Christophe (hurlant)

_ Tais-toi, sale idiote !

Sa voix tonna si fort que Siara sursauta, reculant d'un pas. Ses yeux baignés de larmes fixaient son père, dont le regard brûlait d'une rage dévorante, comme si sa simple présence était une offense.

Christophe (rouge de colère)

_ Tu n'es qu'une enfant ratée. À cause de toi, ta mère est morte, et la seule chose que tu sais faire, c'est te laisser tripoter par les hommes du village en prétendant que tu travailles.

Le visage de Siara se figea, choqué et blessé.

Siara (choquée)

_ Quoi ? Tripotée par des hommes ? Mais papa, où as-tu entendu ça ? Je...

Christophe (furieux)

_ Tais-toi ! Je ne t'ai pas demandé de parler. Je sais très bien que quand tu quittes cette maison, c'est pour te prostituer. Tu ramènes de l'argent sale ici, et tu m'empoisonnes avec ça. Tu veux aussi me tuer, comme tu as tué ta mère ? Comme ta malchance ne m'a pas tué, tu veux me tuer à petit feu ?

Le cœur de Siara se serra violemment, une douleur sourde l'envahit. Ses yeux débordèrent et des larmes chaudes roulèrent sans fin sur ses joues.

Siara (en pleurs)

_ Comment peux-tu dire ça, papa ? Tu sais très bien que je suis honnête. Je n'ai jamais laissé aucun homme me toucher ni prendre d'argent de qui que ce soit. J'ai toujours gagné mes sous en travaillant dur depuis que tu as refusé de subvenir à mes besoins. Comment peux-tu penser que je veux te tuer avec de l'argent de prostitution ? Tu penses vraiment ça de moi ? Tu crois que je suis une prostituée ?

Christophe (cruel)

_ Arrête de verser ces larmes de crocodile et dégage de ma vue. La prochaine fois que tu rentreras tard, assure-toi de trouver un endroit où dormir, parce que je ne veux pas d'une prostituée dans ma maison. D'ailleurs, je vais te trouver un autre travail, et tu quitteras cette maison. Je ne sais pas à quoi tu me sers, à part me préparer à manger.

Figée, Siara regardait son père, hypnotisée par ses paroles cruelles. Ses larmes coulaient sans fin sur ses joues, tandis que son corps entier semblait se fendre en silence sous le poids de la douleur.

Christophe (hurlant)

_ Tu n'entends pas ? J'ai dit dégage de ma vue !

Sursautant, elle dépassa son père sans un mot et se précipita dans le couloir. Arrivée devant sa chambre au fond du couloir, elle tourna la poignée, ouvrit la porte, puis la claqua violemment. Elle courut jusqu'à son vieux petit lit simple et s'y laissa tomber, épuisée. Elle retira son sac qu'elle jeta au hasard sur le côté avant de se recroqueviller sur elle-même, ses sanglots éclatant dans le silence de la pièce.

Chapitre 2 02

SIARA.

Mon père vient de m'insulter de prostituée. Je n'arrive pas à y croire. Je savais qu'il allait me gronder parce que je suis rentrée un peu tard, mais entendre ça, c'est autre chose... ça m'a brisé le cœur.

Je me sens tellement mal. Je n'ai jamais connu d'homme jusqu'à présent. Au travail, plusieurs garçons me font la cour, notamment les clients à qui je vends, mais jamais je n'ai laissé aucun d'eux me toucher. Je n'ai jamais pris l'argent de qui que ce soit. Et maintenant, mon père pense le contraire.

Pourquoi est-ce qu'il ne m'aime pas ? Je veux juste qu'il me montre un peu d'affection. Je me sens tellement seule. Ça fait très mal de se sentir aussi abandonnée alors qu'on a encore un parent vivant.

Elle pleurait, profondément seule, laissant le sommeil l'emporter peu à peu, ses larmes imbibant son oreiller.

LONDRES – MANOIR DES WHITMORE

Dans la chambre luxueuse, Léano était allongé sur son lit, les yeux rivés au plafond, vêtu uniquement d'un boxer qui dessinait nettement sa virilité. Son regard était chargé d'impatience. Il attendait sa fiancée Sabrina, enfermée depuis plusieurs minutes dans la salle de bain, prétendant vouloir prendre une douche avant qu'ils passent à l'acte. Son membre était déjà durci, brûlant de désir.

LÉANO

Je me demande ce que Sabrina fait dans cette salle de bain depuis tout ce temps. On passait un moment intime, et soudain elle m'a dit qu'elle devait prendre une douche avant qu'on continue. Je viens à peine de rentrer, après deux semaines éprouvantes en Californie. J'avais besoin de me détendre, de relâcher toute la pression accumulée. Ces derniers jours ont été un vrai marathon, mais j'ai réussi à conclure le contrat qui m'avait fait partir là-bas.

J'attends ma fiancée depuis plus de dix minutes. Elle sait que j'ai envie d'elle, que je l'aime, et elle joue avec ça.

Léano (criant)

- Bb, tu viens ou pas ? J'attends toujours là.

Sabrina sortit enfin de la salle de bain, les cheveux encore mouillés et le visage rayonnant. Elle s'approcha lentement, enveloppée dans sa serviette, et vint se placer devant lui. En la voyant, Léano se leva, un sourire tendre au coin des lèvres, posant doucement ses mains sur ses hanches.

Léano (souriant)

- Tu es magnifique.

Sabrina (souriante)

- Merci bb. J'ai envie d'être à toi, comme avant.

Elle se blottit contre lui, et leurs lèvres se frôlèrent. Le contact fit remonter une vague de chaleur et de désir longtemps retenue. Léano la serra contre lui, respirant profondément son parfum.

Mais alors que la tension montait, Sabrina se détacha lentement, posant une main sur son torse.

Sabrina (doucement)

- Attends... je préfère qu'on s'arrête là pour ce soir.

Léano resta un instant interdit, incapable de comprendre.

Léano (surpris)

- Quoi ? Pourquoi tu t'arrêtes maintenant ?

Sabrina (calme)

- C'est juste que... je suis en période de fécondité. Je préfère qu'on fasse attention.

Il se redressa brusquement, la mâchoire serrée.

Léano (avec colère contenue)

- Sérieux ? Tu choisis de me dire ça maintenant, au milieu du moment ?

Sabrina (soupirant)

- Je suis désolée, bb. Mais tu sais très bien que je ne veux pas prendre de risque.

Il passa une main dans ses cheveux, essayant de calmer la colère qui grondait en lui.

Léano (amer)

- On est ensemble depuis deux ans, Sabrina. Et tu ne me fais toujours pas confiance ?

Sabrina resta silencieuse, baissant le regard.

Léano se détourna brusquement, se dirigeant vers la salle de bain. Il ouvrit la porte d'un geste sec et la referma violemment derrière lui.

SOUS LA DOUCHE

L'eau brûlante ruisselait sur son corps, mais n'effaçait pas la frustration qui lui tordait la poitrine. Sabrina avait encore interrompu leur intimité au dernier moment. Il ne comprenait plus. Était-ce la peur, le doute, ou simplement un manque d'envie ?

Je l'aime, pensa-t-il. Mais parfois, j'ai l'impression qu'elle garde une distance que je n'arrive pas à franchir.

Pendant qu'il tentait de calmer ses nerfs, dans la chambre, Sabrina s'habillait tranquillement. Elle enfila une robe légère, se regarda dans le miroir et attrapa son sac.

Elle s'approcha de la porte de la salle de bain et lança d'une voix douce :

Sabrina (criant)

- Mon cœur, je dois rentrer maintenant. On se voit demain. Promis, je me rattraperai. J'ai une réunion tôt demain matin. Je t'aime !

Sans attendre de réponse, elle quitta l'appartement.

De l'autre côté, Léano entendit ses mots et sentit sa colère remonter d'un coup. Il coupa l'eau, sortit de la douche, encore trempé, attrapa ses vêtements et s'habilla rapidement, les gestes brusques.

Il jeta un regard au lit défait, soupira profondément, puis s'y laissa tomber, le regard vide. La frustration le rongeait autant que la déception. Ce soir, il se sentait rejeté, blessé, incompris.

« Je ne sais plus quoi penser d'elle » , murmura-t-il pour lui-même.

Chapitre 3 03

LE LENDEMAIN.

VILLAGE DE KIRKWOOD / CHEZ SIARA.

Le jour venait à peine de se lever, baignant la petite cour de la modeste maison d'un calme presque sacré. L'air était frais, la brume du matin s'accrochait encore aux branches des arbres, et le chant lointain des oiseaux brisait doucement le silence paisible.

Dans sa chambre, Siara s'éveillait d'une nuit agitée. Son sommeil avait été troublé par des cauchemars, par la douleur persistante au fond d'elle, et surtout par les paroles de son père la veille, ces mots durs qui résonnaient encore dans sa tête comme un écho oppressant.

Elle se redressa lentement sur son lit, bâilla discrètement, ses yeux gonflés et rougis par les larmes séchées de la nuit. Son visage, pâle et fatigué, trahissait son état. Avec un effort visible, elle posa ses pieds nus sur le sol froid, frissonnant légèrement, puis se leva.

Elle traversa la pièce et ouvrit la porte de sa chambre avec lenteur, comme si le simple geste lui coûtait. Ses pas résonnaient doucement dans le couloir encore plongé dans une semi-obscurité, menant au salon. Ses cheveux en bataille encadraient son visage marqué par la fatigue, et chaque mouvement trahissait la douleur sourde dans son corps.

Arrivée dans le salon, elle laissa son regard balayer la pièce silencieuse. Personne. Son père n'était pas là.

Elle resta un moment immobile, figée, tandis que les paroles blessantes de la veille lui revenaient en mémoire, comme si son père se tenait encore devant elle pour les lui lancer au visage.

Sans vraiment réfléchir, elle fit demi-tour. La chambre de son père se trouvait juste à l'entrée du couloir, avant la sienne, au fond. Elle voulait rejoindre sa chambre, mais ses pas s'arrêtèrent devant la porte fermée. Une envie soudaine la traversa : vérifier s'il dormait encore ou s'il était déjà parti. Il avait souvent l'habitude de rendre visite tôt le matin à l'un de ses amis, un homme riche du village, chez qui il empruntait parfois de l'argent. Des dettes que Siara devait rembourser une fois son salaire reçu.

Elle posa doucement sa main tremblante sur la poignée. Son cœur battait vite, mais elle la tourna malgré tout, avec lenteur, comme si elle craignait de déranger. Elle ouvrit la porte à moitié, passa la tête et constata, surprise, que le lit était vide.

Son père n'était pas là.

Siara (murmurant)

– Mais... où est Papa ? Où est-ce qu'il est allé alors qu'il est encore si tôt ?

Elle referma la porte doucement, retourna dans le salon et s'approcha de la porte d'entrée. En l'ouvrant, une bouffée d'air frais du matin lui caressa le visage, faisant frissonner son corps. Ses yeux restèrent fixés sur le portail, comme si son père allait y apparaître d'une minute à l'autre.

Siara (inquiète)

– Mais où est-il passé ? Il est encore tôt. Est-ce qu'il n'a pas dormi à la maison cette nuit ? J'ai tellement peur. J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

Elle resta ainsi plusieurs minutes, le regard rivé sur l'entrée, puis se résigna à rentrer. Elle prit le balai et commença à nettoyer le salon, espérant que son père allait bien et qu'il était simplement chez son ami.

PENDANT CE TEMPS...

Dans un salon vaste et bien décoré, Christophe était assis confortablement, un verre d'alcool à la main. Ses yeux rougis fixaient le liquide qu'il buvait par petites gorgées, attendant son ami Rodrigue. Il avait quitté la maison avant même le lever du jour pour solliciter, encore une fois, son aide financière.

Rodrigue, un homme d'une cinquantaine d'années, entra dans la pièce. Sa tenue simple, un débardeur blanc moulant sur son gros ventre rond, un pantalon noir et des lunettes légèrement de travers sur le nez, contrastait avec le confort de la pièce. Il avança vers Christophe avec un large sourire et s'installa dans le canapé en face de lui.

Rodrigue (souriant)

- Mon frère, tu es bien matinal aujourd'hui, hein... Que me vaut ta visite ?

Christophe (soupirant)

- Vraiment... Si je suis ici, c'est pour te demander de me prêter un peu d'argent. Ma fille te remboursera une fois qu'elle aura pris son salaire. Je n'arrive plus à tenir jusqu'à la fin du mois avec les miettes que cette gamine ramène à la maison. Franchement, je ne sais même plus à quoi elle me sert, si ce n'est pas pour me faire à manger.

Rodrigue, en entendant ces paroles, inspira profondément. Son regard s'assombrit un instant, signe de son agacement. Pourtant, il se força à sourire pour ne pas le montrer.

Rodrigue (calmement)

- Si c'est ça, alors trouve-lui un autre travail. Un travail qui lui permettra de gagner plus. Là, tu auras chaque mois ton argent de poche.

En entendant cette phrase, Christophe se tut. Il fixa Rodrigue, comme s'il voulait décortiquer chaque mot.

Christophe (intrigué)

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Où veux-tu que je trouve, dans ce village, un travail qui paye bien pour Siara ?

Rodrigue resta silencieux un moment. Puis un sourire lent et mystérieux s'étira sur ses lèvres.

Rodrigue (souriant)

- Eh bien, j'ai la solution pour toi, mon ami.

Christophe (curieux)

- Tu parles de quoi, là ?

Rodrigue (fier)

- Une de mes sœurs vit à Londres. Elle est immensément riche. D'ailleurs, c'est elle qui m'aide à gérer mes affaires à l'étranger. Si aujourd'hui je suis stable ici au village, c'est grâce à elle. Elle est très gentille, très agréable... Et elle a une maison immense. Je suis sûr qu'elle pourrait avoir besoin de domestiques pour entretenir la propriété.

Christophe (méfiant)

- Et tu veux que Siara aille là-bas pour devenir sa domestique ? Hmm... Mais est-ce qu'elle a vraiment besoin d'une fille du village comme elle ? N'a-t-elle pas déjà des servantes ?

Rodrigue (souriant)

- Bien sûr qu'elle a des servantes. Mais une de plus ne changera rien. Elle aime les filles obéissantes et polies. Ta fille est très docile et respectueuse, elle sera contente de l'engager. L'année dernière, j'ai même amené deux filles d'ici pour qu'elle les embauche. Ma sœur préfère les villageoises, elles sont plus respectueuses. Et je crois que ta Siara aura beaucoup de chance si tu acceptes. Elle gagnera plus, pourra t'envoyer de l'argent chaque mois et même reconstruire votre maison si elle économise bien.

En entendant le mot argent, les yeux de Christophe s'illuminèrent. Ses lèvres s'étirèrent légèrement. Dans son esprit, une idée sombre et égoïste venait déjà de germer.

Christophe (souriant)

- Parfait, C'est une bonne proposition. Je suis d'accord, elle ira. Mais il y a une condition.

Rodrigue (intrigué)

- Quoi donc ?

Christophe (fermement)

- Chaque mois, c'est moi qui recevrai son salaire. C'est moi qui vais gérer son argent.

Rodrigue écarquilla les yeux, surpris.

Rodrigue (curieux)

- Tu veux dire... Elle travaillera, mais c'est toi qui toucheras son salaire ?

Christophe (souriant)

- Oui. Exactement.

Rodrigue (hésitant)

- Tu es sûr ? Va-t-elle accepter ça ? Parce que...

Christophe (coupant, ferme)

- Siara est ma fille. Elle fera ce que je veux. Et puis, je vais garder l'argent pour créer quelque chose ici au village. Le jour où elle reviendra, elle saura que son dur travail a servi à bâtir quelque chose.

Rodrigue hocha la tête, convaincu par les paroles... ignorant les véritables intentions de son ami.

Rodrigue (souriant)

- Très bien. Elle a vraiment de la chance. Cette semaine, je fais une expédition vers Londres. J'appellerai ma sœur ce soir pour lui annoncer. Ne t'inquiète pas, elle acceptera.

Christophe (satisfait)

- Et donc, on aura besoin de quoi ? Tu veux que je te paie pour ses papiers ?

Rodrigue (rassurant)

- Non, pas besoin. Envoie-moi juste son acte de naissance. Je m'occupe du reste. Si tout se passe bien, dans deux jours elle pourra partir. Elle voyagera avec ma fille, donc pas d'inquiétude.

Christophe esquissa un sourire victorieux. Dans son esprit, il venait de trouver un moyen de se débarrasser de Siara... tout en gagnant de l'argent facilement.

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