01.
**************Prologue***************
-je vous sers un autre verre Madame ?
-non merci se sera tout
-très bien
La serveuse me regarda aimablement et retira le verre avant de s'éloigner loin de moi, j'ouvrais mon porte-monnaie et déposait l'addition sur le petit plancher et pris mon sac en me levant, il faisait tard à ma montre, 14h 30 j'avais attendu longtemps mais maintenant il était temps pour moi de lever le camp
On s'était donné rendez-vous à midi précises pourtant que lui était-il donc arrivé ? elle aurait pu téléphoner au moins pour décommander mais mon le contraire m'aurait étonné, j'avais désormais l'habitude de ses petits moments d'égarement
Je me levais donc et me dirigeais vers la salle d'eau me repoudrer le nez une dernière fois avant de m'en aller enfin, quand j'ouvris le bâton du restaurant, la lueur du soleil me frappa en plein visage, il faisait beau aujourd'hui décidément dommage que je n'aie pas eu de bonne compagnie pour accompagner tout ça, je marchais en direction de ma voiture quand mon téléphone sonna, j'attendis d'arriver dans la voiture pour voir qui c'était, mon sourire disparu aussitôt en voyant le nom qui s'affichait sur l'écran
-allô dis-je l'air sceptique
-ma chérie
-tu es en retard comme toujours et tu n'as même pas pris la peine de me faire signe
-je suis vraiment désolée mais j'ai eu un empêchement de dernière minute
-humm
-allez sois gentille et fais-moi un sourire
-même si je le faisais tu ne le verrais pas
-ah oui c'est vrai en plus s'exclama-t-elle mais pour me faire pardonner j'ai une bonne nouvelle
-laquelle ?
-ta sœur rentre dans deux jours !
-vraiment ?
-oui !
-et c'est pour ça que tu m'as planté dans ce restaurant pendant deux heures ?
-ma chérie !
-maman ! ce n'est pas une excuse tu aurais très bien pu me dire que tu ne pourrais pas venir
-je suis coincée dans les embouteillages depuis un moment en fait
-et tes embouteillages s'appellent shopping ?
Elle se tue, car elle savait que j'avais vu juste, mais bon ce n'était pas grave je n'avais qu'à passer l'éponge et oublier tout court
-on peut faire une trêve ? Me supplia-t-elle, ma petite princesse va rentrer sois heureuse s'il te plait
-je le suis maman
-eh bien sûr toi tu es ma Reine
-humm...
-bon je te laisse on se voit demain matin pour préparer son arrivée ? tu la connais elle va faire une crise si je ne lui fais pas un gage de bienvenue digne de ce nom
-pff soupirais-je, je sais oui, à demain alors puisque tu n'as pas de temps pour moi aujourd'hui
-allez bisou ma chérie fais un bisou à mon gendre de ma part
-je n'y manquerais pas
Clic...
Elle raccrocha, je soupirais vraiment si je pouvais je changerai de mère mais je ne le pouvais pas, cette dame de 45ans avait très bien réussi dans sa vie, après s'être battue pour nous donner tout le confort possible elle avait usé de tout pour mettre notre éducation au top de tout, abandonnée par ses parents quand elle était tombée enceinte elle avait dû se battre pour réussir et se relever, ils disaient qu'elle avait fait la honte de sa famille et l'avaient donc chassé à coup de pied, notre père ayant refusé les charges elle s'était retrouvée seule, et avait donc dû débrouiller seule pour y arriver, toutes petites elles nous protégeais comme une vrai lionne rien n'y personne ne devait toucher à ses filles, elle pouvait tuer pour nous et remuerais ciel et terre pour qu'on ne manque de rien
Son secret croquer l'or des hommes riches et elle en était fière, elle disait toujours qu'il y en avait assez pour tout le monde et que si ces hommes venaient vers elle, c'est parce qu'ils recherchaient le bonheur, eh oui ma mère était coquine et fière de l'être, elle avait réussi à se hisser au sommet en ayant pour amant des hommes d'exception
Ministre ou avocat, en passant par des PDG de sociétés, lais elle avait une devise : rester célibataire et libre sans attache, mais surtout trouver le meilleur parti pour ces filles, sur ce elle avait investie en nous envoyant étudier en France, dès qu'elle l'avait pu, nous avons donc grandi loin de ce beau pays que j'aime tant, mais ce train de vie ne me convenait pas vraiment j'avais donc pris le premier avion une fois mon diplôme en poche pour rentrer chez moi
Elle n'était pas d'accord du tout mais ne pouvait m'obliger à quoi que ce soit alors elle m'avait laissé faire car je n'étais pas rentrée seule, j'étais rentré avec mon fiancé elle s'était bien entendue attardée sur le fait de vérifier s'il avait un compte en banque blindé avant d'accepter qu'il m'épouse et finalement tout s'était très bien passé...
Quatre ans plus tard nous voilà, 28 ans, directrice d'étude d'un lycée français car oui j'aimais ça l'éducation même si ma mère ne cessait de s'indigner devant le travail que j'avais choisi avec mon niveau d'étude j'avais décidé que je ferai ce que j'aimais le plus, un mari formidable, une vie de rêve quoi, et voilà que j'apprenais le retour imminent de ma très chère sœur
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Quand j'arrivais devant chez moi, je me garais dans un coin et descendis de la voiture, j'étais exténuée, j'enlevais mes chaussures et m'étendais sur le canapé pour respirer un peu, je déposais mon sac sur le côté et décidais de faire un tour aux toilettes, j'ouvris un petit carton et tira un bâton en le regardant fixement, je m'assis sur la chaise anglaise et déversa mon urine en priant intérieurement
Je restais ensuite silencieuse jusqu'à ce que le minuteur sonne comme pour me ramener à la réalité, je sursautais et tirais le bâton l'envers, ah Seigneur me dis-je intérieurement, faites que ce soit positif, j'ai une semaine de retard
Je tournais ensuite le bâton pour voir et la déception qui se dessina sur mon visage en disait long, je jetais donc le test dans la corbeille prise de rage et tira la chasse d'eau avant de sortir
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20 heures
J'étais allongée dans le salon quand je l'entendis entrer, j'avais beaucoup dormi en l'attendant e temps m'avait semblé infini
-mon cœur dit-il en me donnant un tendre baiser
-oh mon chéri tu es là
-je t'ai manqué ?
-beaucoup, tu vas prendre une douche ? je vais faire la table
Il alla dans la chambre me laissant là mes occupations, une demi-heure plus tard nous étions à table, alors qu'il mangeait avec appétit, je picorais dans mon assiette sans y toucher un bout
-tu vas bien ? me demanda-t-il alors
-...
-chérie ?
-non ça ne va pas, tu ne remarques rien ?
-quoi donc ?
-chéri nous sommes là assis tous les deux à manger comme si de rien n'était mais rien ne va ! moi je ne vais pas bien ! je suis fatiguée de tout ça, toujours les mêmes démarches, toujours es peines je pensais pourtant que cette fois tout serait différent mais non !
-qu'est-ce qui se passe me demanda-t-il tendrement
-j'ai... j'ai fait un test de grossesse et il est négatif... encore... pourtant j'ai une semaine de retard je ne comprends pas, pourquoi ça m'arrive à moi ?
-rien n'arrive sans raison sois patiente mon cœur ça viendra ne t'inquiète pas
-mais quand ? quand hein dis-moi ? c'est toujours le même refrain quatre ans ! quatre ans Liam et toujours rien, je suis fatiguée dis-je en laissant couler mes larmes d'amertume
-sois patiente, dis-toi que ça nous laisse du temps, je sais que bientôt on aura notre enfant mais ne t'inquiète pas ma chérie et maintenant essuie tes larmes tu es si belle quand tu souris
-...
-allez souris-moi
-non je n'en ai pas la force
-souris-moi s'il te plait
J'esquissais un semblant de sourire mais mon cœur n'y était pas, j'avais beau avoir tout le bonheur du monde mais mon cœur n'y était pas...
Alors oui vous l'avez compris, mariage de rêve, vie de rêve, époux formidable mais pas d'enfant, quatre ans à chercher sans rien trouver, comme quoi derrière des murs blancs et des voitures de luxe, les gens à l'intérieur ne sont toujours pas heureux, ne jamais envier les autres et moi j'avais un combat celui d'être mère
-viens allons-nous coucher tu rangeras tout demain
-...
-Méghan ?
-oui mon cœur
-ne t'inquiète pas tout ira bien
Vous l'avez compris mon nom est Méghan Boussengué née Avomé, de mère et je suis à la recherche d'un enfant...
02.
Bienvenue à l'aéroport international Léon-Mba, la température est de 22°C, nous espérons que vous avez fait bon voyage et que nous vous reverrons bientôt
Je descendais les marches, regardant autour de moi, bon sang qu'il fait chaud ici !
Libreville, dix longues années sans rentrer dans ce pays que j'affectionnais mais jadis ne faisais plus partie de mes gênes, j'avais beau me dire que j'étais d'ici je me sentais plus heureuse à l'extérieur pour avoir grandi loin de ce pays mais j'avais hâte de revoir ma mère et ma sœur le temps était passé si vite depuis leur retour au bercail que je ne savais plus à quoi elles ressemblaient
Ma vie n'avait été que rêve et bohême, j'avais toujours été hissée au haut niveau, du haut de mes 28ans je croquais la vie à pleine dents, rien n'était impossible à mes yeux, tout me souriait
J'ai grandis avec beaucoup de tendresse et de douceur, ma mère a toujours tout fait pour que nous ne manquons de rien cependant j'avais un caractère très différent, j'ai toujours voulu avoir plus toujours plus, avec des études de haut niveau et un diplôme d'ingénieur en réseau télécom j'avais un très bon poste à Paris, rentrer à Libreville était un sacré défi, je verrai bien si je tiendrais longtemps
Du haut de mes talons, j'avançais dans les marches et regardais autour de moi, les gens s'agitaient avec des bagages qui allaient d'ici et là un peu partout, je cherchais ma famille des yeux, n'y avait-il donc personne pour me recevoir ici ? S'ils avaient oublié mon arrivée ils allaient me sentir ça c'est sûr !
-La voilà ! entendis-je alors elle est de retour parmi nous
Je reconnaissais cette voix, elle m'avait bercé toute mon enfance, toutes les fois que je me sentais mal elle était là, elle me rassurait et me faisait sentir toujours plus belle et savait me mettre en valeur je l'aperçu au loin et marcha droit devant
-ma petite chérie que voilà !
-maman ! dis-je la serrant très fort dans mes bras
-te voilà enfin je t'ai attendu depuis tout ce temps quelle joie !
-normal que tu m'attendes je suis ta préférée
Je tirais mon traulet et avançais vers la voiture, c soleil me ternissais mon beau teint il valait mieux pour moi de me mettre à l'abris je gardais jalousement mon éclat
-alors tu as fait bon voyage ? me demanda ma mère
-oui maman, je suis juste fatiguée le vol a été long
-je sais ma chérie mais nous allons bientôt arriver à la maison
-tant mieux parce que je meurs de faim
-toujours aussi capricieuse à ce que je vois
-pourquoi veux-tu que je change ? lui dis-je d'un sourire espiègle
Je posais ma tête sur son épaule et me laissais aller au vent qui passait par-dessus les vitres teintées
Une demi-heure plus tard on arrivait devant une grande bâtisse, je remarquais que c'était très beau et propre surtout, l'entrée brillait de mille feux et les murs étaient peints en blanc, il y avait des fleurs tout le long et un petit ruisseau un peu plus loin, je regardais ma mère très surprise, je n'y comprenais absolument rien
-maman ? dis-je donc d'un ton interrogateur
-je sais ma chérie tu as beaucoup de question mais ça a beaucoup changé ici en effet
-beh dis donc tu as fait fort à ce que je vois c'est juste le lux absolu !
-je sais dit-elle en souriant
-tu es bien ma croqueuse de diamant préférée je te reconnais bien là
-j'ai tout préparé pour que tu sois reçu comme il se doit, tout a changé ici tu es dans un nouveau palais
-oh maman tu es la meilleure
-Eddy descend ses valises et monte les au premier étage
-bien madame répondis le chauffeur en s'exécutant sans discuter
Il prit mes affaires et les monta à l'endroit indiqué, je suivais donc ma mère qui me fit faire le tour du propriétaire avant de m'indiquer ma chambre à coucher, elle était grande et très spacieuse, mon sourire se fit de plus en plus grand en découvrant la salle de bain qui elle était digne d'un rêve paradisiaque, je ne me sentirais pas si dépaysée finalement me dis-je en voyant toutes ces merveilles, j'avais peur que mon retour ici ne soit synonyme de changement de mes petites habitudes luxueuses en terme immobilier mais non ! j'avais tout ! absolument tout
-alors tu te plais ici ? me demanda-t-elle
-oui ça va jusque-là il n'y a aucune faute de goût
-très bien, je te laisse te changer et te reposer un peu il faudra que tu sois prête à 20 heures précises
-pourquoi donc ?
-je t'emmène quelque part c'est une surprise
-alors là j'attends de voir ça
-bon je te laisse me dit-elle, j'ai des courses de dernières minutes à faire on se verra plus tard !
Elle tourna les talons en toute élégance et s'en alla, je refermais la porte derrière moi et m'assis sur le lit et prit mon téléphone, je n'avais pas encore de numéro du pays cependant j'avais encore un peu de connexion, je lançais donc un appel skype, la sonnerie retentie une fois et finalement l'interlocuteur décrocha
-allô
-alors ça va ou quoi ? dis-je avec douceur
-tu es rentrée ? entendis-je dans un cri
-et comment ma copine ! je suis là ! c'est comment ?
-eh ma co je suis trop heureuse de te savoir de retour on a beaucoup de chose à rattraper oh tu es où même ?
-je suis chez moi, je me repose un peu le voyage a été long
-je suis super heureuse j'ai hâte qu'on se voie
-et moi donc ? mais dis un peu toi là tu as changé ton langage hein à peine deux ans que tu es rentrée tu t'es déjà mise au langage courant ?
-tu voulais que je fasse quoi ?
-humm ma chère quand on est BG on se démarque des autres pardons tu me fais peur là on ne dirait pas une femme de bonne famille quoi tu as déjà flanché pour un compatriote ?
-ah arrête me dit-elle l'air un peu déçu
Mais je n'étais pas là pour la caresser au sens du poil il fallait qu'elle se revoie elle se laissait trop aller
-revoie tes priorités ma chère j'espère que tu ne vas pas venir me présenter un mec dépourvu d'argent ? tu me connais assez pour savoir que j'y suis très allergique
-sincèrement parfois je ne sais pas pourquoi on est toujours amies
-oh mais tu connais très bien la raison, ma mère est riche jusqu'aux dents pas que je minimise la condition sociale de tes parents mais tu es légèrement au bas de l'échelle par rapport à moi compte tenue de ma notoriété et de mon nom tu n'as pas d'autre choix que d'être mon amie pour qu'on te respecte aussi
-c'est ça tchiip
-eh oui ma chère lui dis-je malicieusement, bon ce n'est pas tout mais j'espère qu'on se verra pour que je te refasse un cours de français
-humm ah plus tard
-bisou ma chère
Clic... je raccrochais en riant aux éclats, ah je sais je suis parfois machiavélique mais que voulez-vous ? on aura beau avoir étudié en Europe de longues années ça ne veut pas dire qu'on joue dans la même catégorie, on ne reçoit pas le même montant et nos parents n'ont pas la même situation, pour cela je choisissais toujours soigneusement mes amis, le critère était très simple, filles de bonnes familles tout en me laissant une longueur d'avance sur tout, j'aimais ça le pouvoir et l'autorité n'est pas mon amie qui veut !
Pour faire court, j'ai tout ce que je désire, ma vie est belle si bien que je ne l'échangerai pour rien au monde, j'ai une situation sociale de haut niveau, une éducation très particulière, homme et femme sans condition s'abstenir, je choisis soigneusement mes amis et je suis très heureuse, la belle vie quoi ! Grâce aux relations de ma mère j'ai réussi à me hisser très haut dans la société, avec ma beauté et mon intelligence mon succès n'a pas attendu pour pointer son petit bout de nez
Un homme dans ma vie ? non ! contrairement aux apparences je ne suis pas dans le besoin, je tiens à ma liberté donc c'est non merci pour moi je ne suis pressée du tout ça attendra
Allez ce n'est pas tout mais je vais me reposer maintenant...
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20 heures 30
-tu es prête ? entendis-je au loin
-oui maman ! criais-je
-dépêches-toi on va être en retard !
-je descends tout de suite !
J'enfilais mes escarpins et repassais un dernier coup de pinceau sur mon visage, parfait, je pris la brosse et peigna mes extensions quand j'entendis des coups à ma porte
-madame ?
Je jetais un coup d'œil pour me rendre compte que c'était l'une des servantes de ma mère
-oui ? dis-je alors en continuant de peigner mes cheveux
-votre mère vous attend en bas
-j'ai dit que j'arrive je descends dans une seconde
-bien madame
-au fait
-oui madame
-prenez mon sac et descendez avec dans la voiture
-bien madame
Je passais un dernier coup de peigne et enfin j'étais prête, quand j'arrivais en bas ma mère semblait assez remontée, j'avais tendance à perdre du temps mais c'était pour une bonne raison
-tu dois toujours prendre tout ce temps pour t'habiller ?
-je suis ta princesse maman je fais ce que je veux
-si je n'étais pas contente de te voir je t'aurais laissée pour que tu prennes une autre voiture pour me suivre
-ah maman, allons-y maintenant tu veux ? je lui fis un bisou pour la réconforter
-tu es magnifique ma chérie
-merci maman, bon alors on y va ?
Elle me sourit et se leva enfin...
On arrivait en plein centre-ville, place de l'indépendance, la ville brillait de mille éclats, tout était beau, la voiture se gara devant le grand Hôtel le Cristal, oh Seigneur que c'était beau mais que faisions nous ici ? elle ne m'en avait pas dit plus j'étais curieuse de voir la suite
Nous entrions donc dans l'hôtel en se dirigeant au restaurant elle me regarda avec un grand sourire
-maman il se passe quoi là ?
-viens ma chérie entre donc me dit-elle en entrant dans le restaurant
-je la suivais curieuse quand soudain
-surprise ! s'écrièrent les gens autour en allumant des lumières délicieusement tamisées avec une décoration somptueuse à en couper le souffle
-oh waouh ! mais... mais que c'est beau ! merci maman c'est juste magnifique !
-bienvenue à la maison ma chérie tu pensais vraiment que je n'allais rien faire ? ma princesse est de retour !
-merci maman lui dis-je en souriant
On avançait donc au centre de la salle, il y avait beaucoup de monde avec des hommes influents mais ça ne m'étonnait pas avec une mère comme la mienne on pouvait qu'avoir droit au gratin sophistiqué de Libreville, tout ce qu'elle faisait n'était que grandeur
Je tournais cependant mon visage quand j'aperçu au loin celle que j'attendais le plus avancer vers moi le sourire aux lèvres, elle semblait si joyeuse, elle accouru vers moi, je posais donc mon sac sur une table et alla l'embrasser
-qui vois-je là ! m'écriais de bon cœur, Méguy Méghan !
-toi aussi tu m'as maqué sœurette dit-elle en m'enlaçant dans ses bras
-j'ai cru que tu ne viendrais pas me voir, vue que tu ne m'as pas accueilli à l'aéroport ce matin
-la princesse et ses caprices me lança-t-elle gentiment, j'étais occupée mais je suis là maintenant tu as fait bon voyage ?
-oui mais difficile de m'adapter ici comment tu fais d'ailleurs ?
-tu vas t'habituer ne t'en fait pas
Elle recula un instant et fit un signe de main à quelqu'un qui s'approcha de nous, c'était un homme de la trentaine d'année, il s'approcha de nous et posa sa main sur son épaule
-chéri commença-t-elle alors, je te présente ma sœur jumelle : Pipa
Oui vous l'avez compris, je suis Pipa Avome, la sœur jumelle et je fais mon grand retour, parait que ma sœur s'est mariée eh ben ! dommage que j'ai manqué ça mais elle semble heureuse alors c'est tant mieux pour elle mais en attendant voyons voir ce que me réserve cette belle ville...
03.
-alors la rumeur était vrai
-quelle rumeur ?
-que tu es mariée
-tu as refusé d'y assister tu ne t'en souviens pas ? me fit-elle remarquer
Ce n'était pas faux d'ailleurs, j'avais trouvé déraisonnable qu'elle choisisse de se marier alors qu'elle n'avait que 24ans j'avais eu l'impression qu'elle m'avait tourné le dos, je lui avais dit que c'était une erreur de se marier si jeune, on avait toujours été ensemble pourtant, rien que nous deux, je ne supportais pas que quelqu'un se mette entre nous mais elle avait fait son choix
Plus jeunes nous étions très soudées, l'on ne pouvait être l'un sans l'autre, il fallait toujours que nous soyons ensemble, on faisait tout ensemble, on allait à l'école ensemble, vous savez ces jumeaux fusionnels au point où on en a peur ? eh bien c'était notre cas
Plus fusionnelles que nous vous mouriez, mais le temps avait passé et l'adolescence avait fait son effet inverse sur chacune de nous, j'étais devenue plus vive et explosive tandis qu'elle eh bien, elle s'était assagie, elle l'avait toujours été d'ailleurs mais avec le temps ça avait empiré, elle ne sortait jamais, restait à la maison quand je m'amusais avec des amis, refusais de faire des choix sur les gens à fréquenter, elle restait simple alors que moi je la voulais sophistiquée
J'avais alors décidé qu'il était préférable que l'on fasse nos choses séparément, au départ ça n'était que pour la titiller un peu histoire qu'elle se réveille mais non, elle n'avait dit mot et s'était contenté de faire ce que j'avais dit, pour c'était le signe que je ne comptais plus à ses yeux, je n'étais plus sa priorité
Elle continuait de me sourire en touchant mes boucles d'or
-elles sont fabuleuses tes boucles
-je sais oui lui répondis-je, est-ce que tu m'en veux ? ajoutais-je alors
-pourquoi je t'en voudrais ? tu avais fait ton choix et je l'ai respecté
-c'est bien là ton problème Méghan, tu m'as envoyé une invitation et je n'y ai pas répondu, comment voulais-tu que je pense que ma présence comptait à tes yeux ?
-tu ne devrais même jamais avoir des pensées aussi sordides, la seule raison pour laquelle tu as refusé de venir à mon mariage c'est parce que tu ne voulais pas que je me mari
Elle marquait un point pensais-je, en effet ça restait d'actualité, pourquoi se marier si tôt ? elle avait tout gâché de plus elle obtenait toujours ce qu'elle voulait, ça m'exaspérait par moment
-je suis toujours d'avis lui lançais-je d'un air un peu désinvolte, je pense toujours que tu n'aurais pas dû, tu m'as laissé toute seule à Paris et tu es rentrée ici
-mais on a grandi Pipa, je ne pouvais pas rester avec toi indéfiniment
-à quoi me sert-il d'avoir une sœur jumelle alors ?
-dis plutôt qu'avoir une sœur tout court ne te suffit pas, tu en demandes toujours plus c'est la règle avec toi je te connais très bien pour savoir que partager ne fait pas partie de ton vocabulaire
-humm fis-je en souriant
Elle marquait un autre point
-mais bon ce qui est fait est fait
-et il s'appelle ?
-Liam intervint l'homme à ses côtés, Liam Bousséngué, je suis juste à côté alors j'ai tout entendu mais ce n'est rien faites comme si je n'étais pas là
-oh non du tout vous avez le droit d'entendre tout ce qu'on se dit après tout je partage ma sœur avec vous n'est-ce pas ?
-Pipa ! me lança Méghan en me regardant d'un air intimidant
-bah quoi c'est vrai !
-n'exagère pas non plus, ce n'est pas une situation dramatique
-je sais, et d'ailleurs je suis la princesse de la soirée alors je dis ce que je veux
-humm soupira-t-elle en caressant mes cheveux
-quoi qu'il en soit je suis ravie de vous rencontrer
Liam dis-je d'un cœur joyeux et je le pensais vraiment, c'était la première fois que je le rencontrais et s'il avait réussi à éloigner ma sœur de moi c'est qu'elle était vraiment heureuse en foyer
-merci dit-il en serrant ma main aimablement, moi aussi je suis ravie de rencontrer enfin la sœur jumelle de ma femme j'avoue que c'est assez déconcertant mais c'est un plaisir, il la regarda et l'embrassa tendrement sur le front
-heu Méghan dis-je alors pour couper court à leur moment d'intimité, je peux te parler un moment ? ce ne sera pas long
-très bien dit-elle en regardant son mari, tu nous excuse un instant chéri ? on revient tout de suite
-évidemment allez-y je serai assis à table tu pourras m'y trouver
-d'accord
Elle caressa son épaule et me suivit de l'autre côté de la pièce, on arrivait vers le comptoir où je pris place l'indiquant le siège en face, elle s'assit à son tour et posa son sac sur le côté, je l'observais, la regardais, scrutais ses traits fins, ils m'avaient tant manqué, dix longues années sans voir ces grands beaux yeux à mon réveil, dix longues années sans chamaillerie et petites taquineries, je l'avoue elle m'avait vraiment manqué
-alors raconte me dit-elle en me souriant avec amour, comment vas-tu ?
-je vais bien comme tu peux le constater, je suis encore plus belle qu'avant, lui fis-je remarquer
-la princesse et ces airs malicieux
-mais tu le sais que je suis une princesse
-je n'en doute pas, et tu es là pour combien de temps ? car j'ai été surprise de savoir que tu rentrais
-je sais mais c'était une surprise, je ne sais pas trop combien de temps je vais rester mais je suis là et je compte bien en profiter, j'espère seulement qu'on pourra faire des choses ensemble ?
-bien entendu me dit-elle, j'aimerais que tu viennes à la maison dans la semaine voir où j'habite
-est-ce qu'il est riche ? lui demandais-je alors
-disons juste qu'il a une bonne situation
-je suppose que si Berthe l'a approuvé c'est qu'il en a dans son compte
-ah oui je l'avais oublié celle-là
-et ils sont où vos enfants ?
Elle baissa les yeux et resta silencieuse un instant, avant de les relever mais cette fois d'un air plus joyeux
-il n'y en a pas encore, on est pas pressé je prends mon temps
-ah oui ? ça m'étonne un peu Berthe ne t'harcèle pas avec son envie de petits enfants ?
-non ça va elle n'est pas encore arrivée à ce stade
-humm fis-je sceptique, je parle d'enfants et elle change de mine, en tout cas c'est à voir
En parlant de Berthe, je la vis arriver à notre niveau le sourire aux lèvres, toute belle et scintillante
-je vois que mes deux bébés ont trouvé leur chemin
-maman ! s'écria Méghan
-appelez-moi Berthe quand vous m'appelez maman je me sens vieillir hein
-arrête tu es encore jeune et belle lui dis-je pour la rassurer
-ça va vous deux ? ça fait du bien de vous retrouver ?
-beaucoup assura Méghan, je suis ravie qu'elle rentre au bercail
-que voulez-vous, aucune de vous n'a voulu rester en France il fallait bien que je vois ce que vous êtes devenus !
On éclatait de rire, bon ce n'est pas tout mais j'ai aperçu un bel homme au bout de la pièce je vais passer devant pour voir s'il ne m'a pas bien vu, je suis tout de même la plus belle de la soirée ! je fis signe à Méghan que j'allais rejoindre le jeune homme au fond de la salle, Berthe nous dit que c'était un jeune Directeur de la place et que c'était un très bon parti je jubilais intérieurement j'avais peut-être décroché le gros lot ce soir
Bah quoi je m'amuse ! je suis là pour ça alors autant en profiter ! humm attention beau gosse la princesse arrive...
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(Dans la tête de Méghan)
J'étais exténuée, la soirée avait été longue et riche en émotion, j'étais heureuse de revoir ma sœur, dix longues années sans se voir, c'était un choix personnel qu'elle avait fait que je respectais mais la vie ne se limitait pas à ça, désormais je n'étais plus seule, j'étais mariée et heureuse
Elle n'avait pas changé, toujours aussi vivace et sophistiquée, la princesse comme elle aimait si souvent le dire n'avait pas beaucoup changé à la seule différence que désormais c'était une femme avec des goûts très particuliers, j'avais été peinée lorsqu'elle avait refusé mon invitation à mon mariage, sa raison ? elle n'avait pas pu se libérer mais la connaissant j'avais compris qu'elle ne l'acceptait pas et qu'il lui fallait du temps et je ne m'étais plus attardée sur le sujet
Deux nous deux j'étais la plus calme, la vie à cent à l'heure ne m'avait jamais plus, la richesse de ma mère ne m'étais pas monté au visage non plus, j'avais gardé mon sens de jugement et ma personnalité posée, tout le contraire de Pipa ce qui la concerne elle c'est une toute autre histoire, je souriais rien que d'y penser
J'enlevais mes chaussures pour laisser mes pieds respirer et avança vers Liam qui descendit ma fermeture éclair pour ôter ma robe
-magnifique s'exclama-t-il en voyant le spectacle
-tu n'y penses même pas lui dis-je en avançant avec sensualité alors qu'il regardait ma lingerie fine
-chérie... comment résister devant une telle beauté ?
-essais pour voir il y a un début à tout
-humm... quoi c'est un régime imposé ?
-tu as tout compris lui répondis-je en me tournant vers lui dangereusement
-dis-moi n'est-ce pas écris dans la bible que tu ne peux pas me refuser le plat de résistance ?
-et c'est quoi ton plat de résistance ? lui demandais-je en laissant tomber mon soutien-gorge à même le sol
-heu... heu j'ai perdu le fil des idées
-oh déjà ? ajoutais-je en laissant glisser mon string
Il se frotta la tête nerveusement et s'assit sur le lit les yeux illuminés par cette expression que je connaissais désormais si bien
-tu as perdu ta voix ? ou tu n'as plus faim ?
-je... si ! j'ai très faim
-tant mieux pour toi parce que tu vas dormir affamé
-c'est-à-dire que tu n'as p...
-tu disais ? lui coupais-je en embrassant ses lèvres tendrement
-tu es magnifique pu-t-il enfin sortir avant de me dévorer complètement
-je veux faire un enfant lui susurrais-je alors à l'oreille
-non ne dis pas ça, s'il faut que ce soit pour tomber enceinte qu'on se touche tu vas finir par rendre ça mécanique ne gâche pas ça s'il te plait, avec ou sans enfant je t'aime quand même
-humm
-allez n'en parlons plus maintenant...
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02h00
Je regardais Liam qui dormait à point fermé
J'avais beau me dire que tout allait bien le vide restait énorme dans mon cœur, cet homme qui m'avait rendu heureuse pour qui j'aurai tout donné m'aimais avec mes défauts cependant la réalité était telle que je n'arrivais pas à concevoir et ça commençait à me détruire intérieurement
Je m'assis au bord du lit en caressant mon ventre, la réflexion de Pipa m'avait fait froid dans le dos, il avait suffi qu'elle pose la question pour raviver ces chimères qui me gâchaient la vie au quotidien, je gardais toujours cette peine pour moi, je priais en secret et espérais que Dieu écoute mes prières
Ma mère ne savait pas ce que j'en durais, la seule raison que je donnais quand elle soulevait la question était que nous prenions notre temps, mais une fois chez moi entre mes quatre murs, je fondais en larme
Je n'en demandais pas trop pourtant, je voulais juste un enfant même s'il était unique je n'en voulais qu'un Seigneur alors pourquoi ?
Pourquoi est-ce si dur de me bénir avec un enfant ? rien qu'un seul ?
Je touchais de nouveau mon ventre en espérant qu'un jour prochain je serais aussi bénie à mon tour
Liam bougea en tapotant le lit de la main, il ouvrit ensuite les yeux réalisant que je ne dormais pas
-tu ne dors pas ?
-j'ai eu le sommeil coupé
-humm... viens là mon cœur
Je m'approchais de lui et m'allongeais dans ses bras
-tu réfléchis beaucoup il fait tard
-j'ai tellement peur Liam
-tout ira bien me dit-il en embrassant mes lèvres, dors maintenant ma chérie une longue journée nous attend demain
Je fermais mes yeux le cœur lourd, demain peut-être Dieu écouterait mes prières...
04.
Il faisait beau temps aujourd'hui, Liam m'avait déposé au Lycée Blaise Pascal, c'est là que j'exerçais depuis maintenant cinq ans, j'étais passé de professeur de langue à Directrice d'étude pour le bonheur des enfants qui m'entouraient, j'avais nouée de très bonnes relations avec chacun d'eux et ils me respectaient énormément
Contrairement à ma sœur, j'avais étudié la langue, j'étais une grande passionnée du monde extérieur et tout ce qui le concernait je m'étais donc attelée à faire le plein, étant donné que ma formation faisait office d'envoie des étudiants à l'étranger en stage afin de pratiquer, j'avais donc eu l'opportunité d'aller en Espagne, aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne car j'étais une passionnée d'allemand, après chaque stage j'en ressortais comblée
De retour chez moi, j'avais postulé au Lycée Blaise Pascal et ma connaissance de langue avait surpris pas mal de monde mais j'en étais fière et depuis j'y suis restée, contre la volonté de ma mère qui me répétais sans cesse que j'étais folle de gâcher ma vie en enseignement mais que voulez-vous ?
J'aime ce que je fais alors peu m'importe ce qu'elle peut me dire je ne pense pas arrêter un jour
Je regardais les bulletins du premier trimestre des élèves de terminal, tout en les imprimant afin qu'ils soient soumis aux parents quand on frappa à ma porte, je n'avais pas l'habitude d'être dérangée mais je demandais à la personne d'entrer
-Madame ? dit le garçon en face moi
-oui Justin il y a un problème ?
-oui madame, en fait je vous apporte ici une lettre de ma mère qui demande une petite dérogation de paiement des frais de scolarité
-ah bon ? dis-je mais pourquoi ? que se passe-t-il avez-vous un problème ?
-elle dit qu'elle est un peu coincée en ce moment si vous pouviez juste lui accorder une semaine de plus madame et elle viendra solder les comptes
-ah mais Justin c'est très délicat ce que tu me demandes là quand même, tu sais pertinemment que je vous ai laissé deux semaines déjà
-je sais madame mais les devoirs de classes commencent cette semaine et si je manque ça je ne m'en sortirai pas s'il vous plait madame accordez-nous encore une semaine
-humm
Vraiment je ne comprends pas les gens, cette femme est toujours comme ça, plus difficile qu'elle il y en a pas, elle a mis son fils dans un lycée français et elle passe l'année à demander des dérogations tout le temps alors qu'elle se pavane dans le lycée en talons aiguilles et IPhone 6 en main pour montrer qu'elle est friquée alors pourquoi toujours mettre l'éducation de son fils entre parenthèse? Un garçon si intelligent de surcroît
Sincèrement si elle savait qu'elle allait privilégier sa vie de luxe en détriment de l'avenir de son fils au point de ne pas pouvoir supporter les frais de cours pourquoi elle l'a mis ici ?
Les gens qui aiment les statuts là vraiment c'est compliqué hein !
-bon dis-je alors en soufflant, je t'apprécie beaucoup et tu le sais ?
-oui madame
-mais là ça fait trop tu comprends ? j'ai laissé assez de temps à ta maman et chaque fois qu'elle demande une dérogation ça devient une habitude au point de venir nous faire un scandale ici alors je serai évidemment triste que tu n'assiste pas aux cours et que tu manques tes devoirs mais il va falloir dire à ta mère qu'elle doit payer dans les délais donnés je ne peux plus accorder une dérogation c'est la troisième fois depuis que l'année a commencé
-mais madame je vous en prie, elle ne m'écoutera pas je n'ai pas envie de manquer mes cours
-je suis vraiment désolée Justin mais je ne peux pas faire plus, dis à ta mère de se présenter à la comptabilité dans les délais pour solder ta scolarité
-bien madame dit-il d'un air triste et abattu
J'étais très triste pour lui, mon cœur se serait vraiment de douleur pour cette situation qu'il subissait à cause de sa maman, une femme très spécial je vous assure mais je n'avais pas le choix que de respecter les règles que l'école imposait, c'est donc au prix d'un effort surhumain que je lui rendis cette lettre de dérogation qu'il m'avait apporté
Il s'en alla d'un pas lourd me laissant le cœur meurtri par cette situation, mais je me devais d'être professionnelle sinon ça deviendrait un jeu, il était de mon devoir de rappeler aux parents qu'ils avaient pris des engagements et qu'il leur fallait respecter cela jusqu'à la fin d'année cette école n'était pas une compétition pour enfants riches, je crois que certains parents comprennent mal le but d'une école et ça me
dépasse
Je retournais à mes occupations jusqu'à midi ensuite je me levais pour aller prendre un café au restaurant d'en face, j'étais très affamée car je n'avais rien avalé depuis ce matin, je pris donc mon sac et ferma mon bureau à double tour avant de me diriger vers la sortie, j'entendis cependant quelqu'un m'interpeler
-Meg !
Je me tournais pour voir qui c'était
-ah Sophie c'est toi
-oui j'ai besoin de toi
-oui dis-moi
-je voulais savoir, tu as entendu parler du cas de Justin ?
-oui il est passé dans mon bureau il y a une heure
-vraiment ça me fond le cœur pour ce garçon il est très intelligent pourtant
-je sais mais je ne peux rien faire d'autre c'est la règle
-et tu as parfaitement raison me dit-elle, cependant attendons-nous à voir sa mère débarquer ici comme d'habitude et faire un vrai scandale
-ce n'est pas à moi de gérer ça, je pense que la réception s'en chargera à mon niveau je ne peux rien cette femme me dépasse trop
-humm fit-elle ahurie, en tout cas oh, mais tu allais où comme ça ?
-manger un bout au restaurant je suis affamée depuis ce matin je prends donc une petite pause
-d'accord
-au fait ajoutais-je, les bulletins sont déjà prêts tu pourras passer les récupérer à mon retour ? j'ai déjà imposé ma signature
-ça marche à tout à l'heure alors
-à plus tard Sophie j'y vais...
Je me dirigeais donc vers la sortie et alla en face du lycée, je pris place au fond de la salle et m'installa en commandant un café et des viennoiseries, j'avais très faim mais je n'avais pas envie de me goinfrer non plus
-voilà pour vous madame me dit la serveuse
-merci lui dis-je aimablement
-vous désirez autre chose ?
-oui une bouteille d'eau s'il vous plait
-très bien
Elle me quitta et retourna au comptoir pendant que j'entamais mon déjeuner, je pris ensuite mon IPad pour voir quelques notes sur les cours que j'avais gardé soigneusement quand quelqu'un se dirigea vers moi avec fracas
-Méghan ? c'est toi ?
Je levais ma tête pour voir qui c'était et là je tombais des nues
-Nana ? Nana Ntsame ! Mon Dieu !
-elle-même euh ! eh Méghane mais je suis ravie de te revoir !
-et moi donc ! humm Ntsame mais tu as grossi dis donc ! quel est ton secret ?
-ma chérie c'est la maternité qui a fait son effet oh, je cherche un bon régime même
-ah fis-je alors d'un air triste mais ravie pour elle, j'aperçue alors un bébé dans un couffin endormie
-je te présente Héléna ma toute dernière
-la toute dernière ? dis-je mais finalement tu en as combien ?
-trois ma chérie les deux premiers sont à l'école ce sont des garçons
-ah... félicitation ma chérie je suis ravie pour toi, tu as battu le record tout de même lui fis-je remarquer avec sourire
-je sais oh ma chérie mais que veux-tu si ce n'est pas leur père-là qui aime pomper les enfants on dirait même je suis devenue une poule pondeuse on va faire comment encore ?
-je vois... mais assieds-toi lui dis-je en l'indiquant le siège en face
-merci, je profite maintenant qu'elle dort parce que quand elle va se réveiller là s'en sera fini pour moi
-j'imagine bien
-alors comment vas-tu ? toujours à sablière chez la maman ?
-oh non je suis mariée maintenant j'ai déménagé chez mon mari depuis près de quatre ans
-tu es mariée ? s'écria-t-elle mais je n'étais pas au courant !
-ça ne m'étonne pas j'ai fait un mariage discret
-ah d'accord, mais je vois que tu es en face du Lycée Blaise Pascal, tu attends tes enfants ?
-non dis-je en toussotant, en fait, je travaille ici
-sérieux ? eh Meg tu n'as pas changé hein toujours aussi conventionnelle, mais dans ce cas ils sont où tes enfants
-euh... euh
J'ai failli avaler mon café de travers, tellement sa question me donna l'impression d'une giffle en plein visage
-en fait... je... je n'en ai pas pour l'instant
-pourquoi ?
Mais pourquoi elle insiste avec vraiment ? j'essaie de dévier le sujet de toutes les manières mais elle continue d'insister là-dessus
-je... je ne suis pas pressée dis-je nerveusement
-tu n'es pas pressée ? répéta-t-elle incrédule les yeux ronds, tu n'es pas pressée ? mais Meg tu as quel âge au juste, tu penses vraiment que le temps va attendre que tu sois prête ?
-mais pourquoi me dis-tu ça Nana ?
-ah Méghan je ne voulais pas te blesser mais j'essaie juste de te mettre à l'évidence que le temps ne t'attendra pas hein, l'âge passe tellement vite ma chérie et nous autres femmes, nous avons cette histoire d'horloge tu devrais vraiment y penser
Je ne sais vraiment pas pourquoi elle me dit ça mais c'est tellement méchant ! pensais-je sentant mes larmes me monter aux yeux, je les retins tout de même et resta impénétrable en gardant ma voix droite
-ne t'en fais pas pour moi Nana mais c'est un choix que j'ai fait, très bientôt je vais avoir un enfant aussi
-humm je l'espère oh !
Je regardais son bébé avec insistance, en espérant que ce soit le mien, elle était si minuscule et toute petite ! oh Seigneur comme elle était belle
-tu veux la prendre ? me demanda-t-elle alors sentant que j'en mourrais d'envie
-je peux ? lui demandais-je alors hésitante
-bien sûre, elle dort profondément donc tu peux la prendre attends je te la donne
Elle la sorti de son couffin et me la mit entre mes bras, je la pris avec délicatesse, et lui caressa tendrement, elle gesticula un peu avec une moue désabusée et referma ses petits doigts sur la mienne, je pouvais sentir sa tendresse et son aisance, mon cœur se serra de tristesse, un bébé, un si beau bébé
-tu es vraiment sûre de ne pas vouloir faire un enfant ? lança-t-elle alors, tu sembles apprécier sa compagnie pourtant
-non... je vais prendre mon temps
-si tu le dis... Et Pipa tu as des nouvelles ?
-oui elle est de retour depuis quelques jours maintenant
-ah bon ? eh ! la princesse a fait son grand retour hein
-je t'assure, je ne pensais pas qu'elle reviendrait mais elle est là et j'en suis ravie
-en tout cas j'espère la revoir d'ici là
Je lui souris tout simplement...
Une demi-heure plus tard, elle s'excusa car elle devait aller chercher ses autres enfants, j'en profitais donc pour retourner à mon travail aussi, la journée se déroula sans problème mais l'image de ce bébé me revenait à l'esprit, je n'arrivais pas à me sortir ça de la tête
Sur le chemin du retour, ses questions taraudaient mon esprit, elle avait tellement insisté sur cette histoire de temps et d'horloge comme si je ne le savais pas déjà ? je passe toutes mes nuits à pleurer et prier Dieu qu'il me donne un enfant pourquoi a-t-il fallu qu'elle me le rappelle ? à quoi bon ?
J'arrivais devant chez moi et me dirigeais droit dans ma chambre où je m'asseyais à même le sol, je ne supportais plus cette situation, ces femmes qui avaient toutes des enfants, Nana a le même âge que moi et elle a déjà trois enfants ?
Qu'est-ce que je n'ai pas fait pour tomber enceinte ? j'ai tout fait, visité des docteurs, suivi des traitements avec Liam mais rien absolument rien, oh Seigneur comme c'est dur !
La sonnerie de mon téléphone me ramena à la réalité, je sursautais et essuyais mes larmes pour me calmer avant de décrocher enfin
-allô ?
-ça va soeurette ?
-Pipa dis-je en essayant de ne pas faire trembler ma voix, comment vas-tu ?
-je vais bien, il n'y a que toi qui ne m'a pas fait signe de la journée
-ah oui c'est vrai, excuses-moi j'avais oublié, je suis très occupée depuis un moment
-on devait se voir aujourd'hui pourtant ou bien tu n'as pas envie de me voir ?
-ah Pipa arrête de faire tourner le monde entier autour de toi, j'étais juste occupée c'est tout, on peut se voir demain si tu veux
-d'accord, demain ça me va, mais tu es sûre que tu vas bien ? ta voix est bizarre
-je vais bien lui dis-je tout simplement, et toi ça va à la maison avec maman ?
-oui ça va elle est tout le temps parti et moi je m'ennuie un peu donc je serai ravie de passer la journée avec toi demain surtout que ça sera samedi
-humm
-allez je te laisse je dois sortir là je suis invitée quelque part
-d'accord amuse-toi bien
-à demain Méguy
Clic...
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21 heures
J'étais endormie dans ma baignoire, je n'avais pas vu le temps passé, tant j'étais restée toute la soirée allongée dans ce bain d'eau que j'avais coulé pour ne pas m'entendre pleurer
Mes cheveux attachés en chignon j'avais beau me dire que le temps de Dieu existait mais je n'en pouvais plus, voir ce bébé aujourd'hui m'avait littéralement bouleversée
J'entendis la porte de la douche s'ouvrir et Liam apparu à la porte, il ne m'avait pas vu alors il commença à se déshabiller pour prendre une douche mais quand il se tourna enfin face à moi il cria de peur
-oh mon Dieu Méghan! que fais-tu là ? que se passe-t-il ?
-...
-Meg chérie pourquoi te mets-tu dans cet état tu es toute pâle ça fait combien de temps que tu es dans cette eau ?
-je... je ne sais pas dis-je en versant des larmes
-viens là sortons d'ici je vais te sécher
Il me ramena dans la chambre et me passa un peignoir
-Meg qu'est-ce qui ne va pas ?
-j'ai vu un bébé aujourd'hui Liam, un beau bébé... j'ai vu un bébé et il n'était pas le mien lâchais-je cette fois avec toutes les larmes de mon corps
-oh Méghan blêmit-il en me serrant fort dans ses bras...
Il pouvait dire ce qu'il voulait mais ce soir je souffrais énormément...